‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 38 sur 311 · FUMIGATIONS · texte numérisé non relu

FUMIGATIONS

quîté, et chez les peuples les plus différens parleur position géographique, l'usane de ce moyen , identique au l'oud , nialgié quelques diffei ences dans les appareils destinés à radministrer , et dans la manière d'en faire usage. Nous n'entrerons pas dans les détails historiques auxquels ce sujet pourrait donner lieu, mais nous ferons remarquer que les bains, parmi lesquels les fumigations tenaient une place distinguée, constituèrent pendant long-temps presque toute la médecine des Romains, et que maintenant encore , ils sont extrêmement employés sous deux latitudes Lien différentes , par les Turcs et par les Russes, et comme moyen hygiénique , et comme un agent thérapeutique, sur lequel l'expérience et des succès nombreux les ont accoutumés à compter. Chez nous , ce moyen , assez usité jadis, était tombé en désuétude, et ce n'est que depuis quelques années qu'on a songé à le remettre en usage. Mais le prix considérable des bains de ce genre, et des préjugés vulgaires les ont empêchés de jouir de toute la faveur qu ils méritent. Il serait à désii er que des établissemens s'élevassent où pour un prix modique tout le monde put, par un bain de vapeurs , entretenir ou rétablir la transpiration cutanée. Ce serait un immense service rendu à la classe indigente , chez laquelle la malpropreté engendre et entrelient tant de maux. A Rome . à l'époque de sa splendeur, le moindre citoyen pouvait asse lavnri; et mènie la munificence de quelques personnages lui offrait des bains sans rétribution.

L'accroissement de l'excrétion cutanée exerce une si grande influence sur toutes les autres fonctions, qu'il n'est pas surprenant de voir les moyens qui la provoquent puissamment produire des résultats très-avantageux dans le traitement de la jilupart des maladies , soit aiguës, soit chroniques, et principalement dans ces dernières : et, pour peu qu'on examine les choses avec attention, on reconnaîtra que la thérapeutique ne possède guère de moyen aussi énergique. On doit penser que l'on peut obtenir de grands succès dans les diverses affections qui affligent l'humanité, si, le sujet étant placé dans des conditions favorables, au moyen du régime et de médications concomitantes ou préparatoires, on exerce sur la vasie surface de la peau une excitation sécrétolre énergique et réitérée. Car c'i:st ainsi, et seulement ainsi qu'on doit opérer pour tirer des fumigations tous les services qu'elles sont susceptibles de rendre dans la pratique , et l'on ne doit pas leur supposer de vertus spécifiques. Elles doivent être employées avec discernement, car il est des maladies qu'elles aggraveront inévitablement, ou du moins auxquelles elles ne sauraient convenir à telle ou telle époque de leur durée, à moins qu'on ne les fasse précéder, accompagner ou suivre de diveises précautions ou de divers agens soit hygiéniques soit curatifs. Il n'est pas permis de supposer qu'un praticien ignore les principes généraux de thérapeutique, et qu'il se laisse guider par une aveugle et imprudente routine.

C'est à des succès multipliés et positifs que les fumigations, en général , ont dû la vogue qu'elles ont acquise et qu'elles conservent même encore parmi nous. Mais l'enthousiasme irréfléchi s'en est mêlé , et y est devenu une source d'incertitude et d'erreurs bien capables de décréditer un moyen qui aurait eu moins de valeur réelle. On a prétendu que ces fumigations jouissaient d'une vertu en quelque sorte spécifique , et alors la foule ignorante et servile des imitateurs s'est empressée de les appliquer à tous les cas. Mais le médecin observateur a pu reconnaître alors, profitant d'expériences que sa prudence l'aurait euipéché de tenter, que ce moyen pouvait être également salutaire ou funeste , suivant qu'on rappli(|uait dans telle ou telle circonstance ; que certaines médications préliminaires ou accessoires peuvent en préparer ou en assurer le succès, tandis que, privées de cet appui, les fumigations restent inelîicaces , ou même peuvent devenir dangereuses; que, toutes choses égales d'ailleurs , elles conviennent peu dans les maladies aiguës, de même que dans les affections chroniques accompagnées de réaction fébrile ou de lésions graves des organes de la circulation , de la respiration et de la digestion , tandis que , au contraire, on en obtient d'excellcns effets dans une foule de maladies chroniques très-diverses, mais sans fièvre. La liste des affections contre lesquelles les fumigations ont été essayées avec avantage , est extrêmement étendue dans les ouvrages composés spécialement sur ce sujet ; et, bien qu'on ait lieu de penser que les auteurs ont envisagé ce moyen thérapeutique avec trop de complaisance, peut-être, il est cependant facile de comprendre qu'il a été souvent d'une grande eflicacité, surtout quand il a été dirigé par un bon praticien. C'est principalement dans les affections cutanées opiniâtres , vulgairement désignées sous le nom de dartres , que les fumigations ont été préconisées. Celles qu'on a surtout vantées d'une manière excessive sont les fumigations faites avec le soufre , amené par la couibustion à l'état d'acide su'f'ureux ; mais les observations plus exactes qu'on a faites depuis t|uel([ues années ont bien montré l'exagération des éloges qu'on leur avait donnés , et restreint leur emploi dans des limites convenables.

Ainsi que nous l'avons déjà indi(|uê , au commencement de cet article , dans toutes les fumigations, les effets immédiats et locaux senties plus évidens , et ceux, par conséquent , sur lesquels on a le plus le droit de compler. Voilà pouiquoi, dans les maladies de la peau, ces agens tliérapculiques agissent d'une manière non équivoque , soit en bien soit en mal. Nous disons soit en bien soit en mal , parce que , à notre avis , il n'y a pas grand fonds à f„-ire sur un remède toujours innocent , et dont l'application intempestive n'entraîne pas d'accideus. Dans CCS effets , d'ailleurs , il laut faire une assez large part au calorique , lequel agit directement d'aboid , puis ensuite dispose les parties à recevoir, dans des conditions différentes, l impression des vapeurs sulfureuses , mercurielles, aromatiques ou autres. Ainsi, par exemple , il est probable que les médicamens dont nous venons de parler n'agiraient pas sur la peau avec la même intensité, étant disjous dans uu bain , que quand ils sont administrés en fumigation à haute

température. Le calorique seul agit dans les fumigations, ou plutôt dans le étuves sèches ; il entre pour beaucoup dans l'action de l étuve humide. Dan les fumigations sulfureuses , mercurielles, sulfureuses et mercurielles tout à 1 fois ( cinabrées ) , une impression excitante fort énergique s'exerce, en oulrei sur les parties qui sont soumises à ce mode de traitement.

La portion de substances médicamenteuses qui peuvent être absorbées doi^ elle être comptée pour beaucoup dans les résultats observés? On ne peut pa| répondre h cette question d'une manière absolue. Lorsque la température n'es pas très-élevée , et que le médicament n'est pas très-irritant pour la peau, l'abi sorption peut en introduire dans l'économie une portion plus ou moins consi dérable. Dans les conditions opposées, l'absorption est nulle ou trop peu considérable pour que l'on puisse lui attribuer une part bien considérable des effelii obtenus. Ou voit que cette observation n'est pas stériie, et qu'efle offre à 1î thérapeutique une double ressoLirce dans le même moyen , suivant qu'on l'eimi « ])loie de deux façons différentes , ou plutôt à deux degrés.

C'est dans les articles consacrés aux maladies et aux médicamens en particm lier qu'on doit chercher ce c(ui est relatif aux applications spéciales des fumigaij fions de diverses espèces , et à l'effet particulier qu'on en peut attendre. Poui nous , nous avons observé que , quant ù leur impression primitive , elle était analogue ; et , pour ce qui concerne les résultats thérapeutiques, nous avom vu souvent réussir également bien , dans des affections analogues, les diverses fumigations sulfureuses , mercurielles, etc. C'est principalement dans les maladies cutanées attribuées à la syphilis que nous avons eu l'occasion de remarquai ce fait, qui n'est pas sans importance pour la pratique.

Si l'on examine dans les auteurs qui ont écrit sur les fumigations, la liste de! affections contre lesquelles elles peuvent être employées avec succès , on y verra figurer la plupart des maladies connues ; et quoique , au premier abord , on ne puisse pas se défendre d'un sentiment de défiance contre un agent thérapeutique auquel on attribue tant de pouvoir, on est cependant ramené à comprendre qu'il en est réellement ainsi ; ou plutôt on voit , en analysant les faits , que les modifications , introduites dans le degré de température, la nature des vapeurs, la durée de l'application, la disposition des sujets qu'on y soumet, constituent des circonstances très-différentes en efl'et , et n'ayant de commun que l'aspect extérieur auquel s'arrête , il est vrai , la foule superficielle et paresseuse de ceux qui prennent le nom d'observateur.

Quelle que soit tl'ailleurs l'opinion qu'on se fasse des effets curatifs des fumigations et les explications qu'on en veuille donner, exposons maintenant les divers appareils au moyen desquels on peut administrer les fumigations , et les précautions qui doivent en accompagner l'emploi. Lorsqu'on emploie seulement la chaleur sèche ou les vapeurs humides qui n'ont pas d'action dangereuse sur les organes respiratoires , on les laisse se répandre libi-ement dans une chambre close , dans laquelle on fait entrer les malades. Ainsi sont construits les appa- j reils grossiers qui dans le nord de l'Europe sont employés pour administrer leJ*! bains de vapeurs; d'après les mêmes principes , mais avec les raflinemeus queîl comportait une civilisation plus avancée, et surtout des habitudes plus recher«j chées , sont établis des bains du même genre en Égyple et en Turquie. CheM nous, cet appareil consiste dans une chambre hermétiquement fermée, dansji|| laquelle s'échappe la vapeur ]iar un tuyau placé au milieu : des gradins y soulij disposés de manière à ce qu'on puisse trouver à volonté une atmosphère plusJ ou moins chaude ; un thermomètre pour apprécier la température ; une soupape,;, et un robinet pour la régler à volonté en sont les parties essentielles qu'on peut'! disposer avec plus ou moins de luxe et d'agrément. Pour nous qui aimons sur- i tout ce qui est simple et peu coûteux, nous nous empressons de dire qu'on ■ peut, au moyen d objets qui se trouvent sous la main de tout le monde , admi» i nistrer des fumigations qui n'en seront pas moins efficaces. Ainsi l'on peut, i comme le faisait Chaussier, donner des fumigations aqueuses, émollientes out« aromatiques , en soulevant avec un arceau les couvertures du lit, et en faisantl) arriver au moyen d'un tube la vapeur formée par le liquide en ébullition. Uri|( tonneau, un sac de toile cirée, une grande caisse, des tubes et un fourneaui peuvent servir, pour peu qu'on ait d'adresse et de sagacité, à disposer de divcrseSiti manières un appareil fumigatoire très-suffisant, lorsqu'on n'emploie pasdesub-*'^ stances qui , vaporisées , ont sur les voies pulmonaires une action fâcheuse. j

C'est à cause de celte circonstance , et pour soustraire le malade au désagré- \ ment, et quelquefois même au danger d'avoir la tête plongée dans une atmo- I sphère de vapeur qu'il est également obligé de respirer, qu'ont été imaginés < divers appareils plus ou moins parfaits, construits d'après ce double principtf < de n'exposera la vapeur qu'une partie du corps plus ou moins étendue, do ♦ pouvoir introduire facilement les substances destinées à être vaporisées , en \ même temps qu'on en règle à volonté la distribution et la température. Tout le < monde connaît les machines ingénieuses imaginées par M. Darcet ; elles sont! employées dans divers établissemens tant publics que particuliers. L'expérience j y a fait apporter des modifications plus ou moins imjjortantes , le luxe lésa ( embellies dans quelques endroits avec une extrême recherche. Mais en somme, \ ce sont des boîtes ou plutôt des caisses , dans lesquelles le malade peut être' ( assis et même couché au besoin, etilans lesquelles on peut soumettre à l'action I de la vapeur le corps entier, ou telle partie qu'on juge convenable. Des appa- ■ reils convenablement ménagés empêchent que les vapeurs ne se répandent dan» ( l'almosphère , au moins en quantilê notable , les font circuler dans l'appareil I de manière à ce qu'il n'y ait pas d'irrégularité de température ; enfin , un thermomètre indicateur et des robinets permettent de disposer à l'instant même I de la vapeur contenue dans la caisse, et de soustraire les malades non -seule- ■ ment à tout danger, mais même à la moindre incommodité. ^

F UOTIGATIONS.

FU RONCLE.

Pour (liriçier les vapeurs sur telle ou telle partie du corps en particulier, on sert d'appareils disposes pour ces usages spéciaux ; ainsi , lorsqu'on veut le re agirdans quelque cavilé, on emploiedes canules qui peuvent s'adapter a i'as, au vagin , etc. 11 est facile également avec un tube, terminé par un bec us ou moins fin ou par une tète d'arrosoir, d'administrer une douche de vaur sur une portion plus ou moins circonscrile de la peau , et d'y déteriuiner rolonlé rubéfaction , vésication , et même formation d'escharres plus ou moins ofondes. On conçoit tout le parti qu'on peut tirer dans la pratique du mode iction différent de ces divers modes d'application ; d'autres appareils sont stinés à porter les vapeurs dans les voies aériennes; ils sont plus ou moins mpliquées suivant la nature de la substance qu'on veut administrer ainsi, ux qu'on emploie pour le chlore sont indiqués au mot Chlork. Quant aux 'ets qu'on en peut obtenir, il faut consulter les articles qui trailent des malaes des voies respiratoires. Mais une observation générale dont la place est ici , 'St que les fumigations pulmonaires fournissent plus que les autres à l'absorpn; probablement parce qu'on emploie les vapeurs à un moinilre degré de Irnpérature , d'une part ; ensuite, parce que la membrane muqueuse bionchile est plus absorbante que la peau. On doit considérer dans l'administration s fumigations plus ou moins composées , le degré de volatilité des substances l'on y emploie. En effet, dans diverses formules que nous avons sous les yeux, est probable que le principe aciif du médicament ne se volatiii'se pas ; et I ainsi les bons effets de la fumigation , quand on en obtient, ne peuvent être tnbués qu'à sa température.

D'après la manière dont nous avons envisagé les fumigations , on comprend en que nous ne saurions fixer ni le nombre , ni la durée, ni la température ;s bains. Tout doit être relatif au degré de sensibilité naturelle ou morbide de

peau , ainsi qu'aux effets généraux qu'on en observe, et au but qu'on se pro- )se d'atteindre. Tel malade ne supportera pas quinze minutes de bain , tandis le pour un autre, il y aura de l'avantage à y rester une heure et plus; à y lire, suivant l'expression de M. Alibert.

r L administration des fuiliigations ne peut être confiée qu'à des personnes ligueuses autant qu'éclairées. Plus ce moyen est actif, plus il est capable de Inre lorsqu'il est employé sans discernement et sans précaution. Il est utile de lire succéder les divers degrés de température auxquels sont les malades, afin éviter les réactions fâcheuses auxquelles des transitions brusques ne manleiaieut pas de donner lieu. Ainsi , le malade se déshabillera dans une pièce Khauffée de douze ou quinze degrés ; et, quand il sortira de l'appareil, il sera jecessaire de le revêtir d habillemens chauds et de le retenir quel((uc temps ins une température douce avant de laisser s'exposer à l'air libre. L adminisation d'une boisson alimentaiie un peu excitante , comme un bouillon , une isse de chocolat, un peu du vin sucré , ne peut que lui être utile, sauf quelues exceptions qu'il est inutile de signaler à des praticiens. D'ailleurs , l'intenjon qu'on a dans l'emploi des bains de vapeur règle également la manière dont doit procéder dans les détails. A-t-on en vue de provoquer des sueurs abonjanles ? il sera bon de faire mettre le malade au lit en sortant du bain, et penntque l'activité tie la peau est accrue, de favoriser l'exhalation , par d'épaisses uvertures et par l ingestion abondante et rapide de boissons chaudes, aqueu- ;s , qui sont peut-être celles qui jouissent au plus haut degré de la propriété idorifique. Si au contraire on n'a pas dessein que la transpiration continue, in peut facilement l'arrêter par des affusions d'eau froide, et même par 1 imnersion instantanée dans ce liquide. L'expérience et l'exemple des peuples qui jsent journellement des fumigations, prouvent que celte pratique est exempte Je tout danger, et qu'elle n'a d'autre résultat que de s'opposer à l'aclion débiitaute d'un agent qui exagère si promptemeutles fonctions de la peau. Mais il est ■ien entendu aussi que l'application du froid ne doit être ni lente ni partielle , ans quoi elle ne produirait que de mauvais effets. Pour ajouter au bons résulats du bain de vapeurs , on peut employer accessoirement la flagellation , les rictions, les onctions simples ou médicamenteuses , le massage , etc. ; pratiques lont la plus simple réflexion démontre les avantages et dont les anciens, ainsi ue leurs écrits le témoignent, savaient tirer un si grand parti. C'est en réunissant ces mêmes conditions; c'est en appréciant avec soin l'inluence qu'exerce sur la peau une certaine température des vapeuj s de différentes spèces, que quelques médecins sont arrivés à faire de ce moyen thérapeutique ne sorte de panacée, ou plutôt à y trouver les secours les plus nombreux conire M maladies. Par leurs études, ils ont servi la science, en montrant que ces Bssources n'étaient pas bornées parle rejet d ane foule d'agens insignilians ; ar les établissemens qu'ils ont fondés , ils ont ofîert à l'humanité de puissans îcours conire les malailies qui l'assiègent. Parmi les établissemens de ce genre, il n'en est pas de plus complet peut- Ire que celui fondé depuis peu à Paris par le docteur Bouiliand , qui en a créé éjà deux autres à Marseille et à Montpellier, et qui , dans le dernier qu'il vient 'ouvrir ici, a profité de toute l'expérience qu'il avait acquise dans ses voyages t dans la dn-ection des deux autres. Aussi , ses bains présentent-ils un si' haut egré de perfection, que nous croirions notre article incomplet, si nous n'eu arlions avec quelques détails.

Laissant de côté tout ce que nous y avons vu de remarquable , sous le raport de l'élégance et de l'agrément, que le médecin ne doit pas cependant egliger tout à fait , exposons les diverses parties dont se compose cet élablisîment, digne de servir de modèle en ce genre.

1». L'étwe. Elle est destinée aux bains généraux, aux douches et au massage; a y administre le bain de vapeurs à la manière des Russes , ou bien également ■ bam à l'orientale, dont tous les voyageurs s'accordent a vanter les boas

DlCT. DE MÉDECIME ET DE CttlRL-fiGUI PRAXiODEa.

effefs. Le sujet est couché sur un lit de cannes; au-dessous de ce lit e! dans toute sa longueur est établi un tuyau en cuivre où s'introduit la vapeur simple ou composée. Ce tuyau est criblé de trous capillaires dans ses parties moyenne et supérieure , de sorle qu'on reçoit les vapeurs sur tout le corps à la fois , en même temps qu'on peut être frictionné , massé , etc. , sans qu'on soit oblige de suspendre la fumigation.

2°. Lebaiii par encaissement. L'appareil est destiné à soumettre à l'aclion de vapeurs sèches ou humides une portion du corps plus ou moins étendue, en même temps qu'on peut isoler complètement celle qu'on juge convenable de soustraire à leur inûuence. Ainsi, on peut plonger le malade jusqu'au cou, ou seulement jusqu'à la ceinture. On a de plus l'avanlage de le faire coucher sur un lit de canne, où il peut recevoir tout à la lois un bain général de vapeurs et des douches sur telle ou telle partie du corps , de manière à réunir les bons effets de ces deux sortes de bains. Dans ce même appareil on peut introduire séparément ou mêler ensemble diverses espèces de vapeurs. On peut les faire succéder l une à l'autre , si bien qu'une femme délicate et susceptible peut prendre, sans s'en douter, une fumigation sulfureuse, parce que, après avoir vidé la boite du gaz acide sulfureux qu'elle contient , on peut la remplir d une vapeur parfumée; on peut également , avec une rigoureuse précision , graduer la température , l'élever ou l'abaisser. Les vapeurs ne peuvent s'échapper de !a caisse , et conséquemuient elles ne sauraient exercer aucune impression pénible sur les organes de la respiration ; on peut même jusqu'à certain point ouvrir la caisse , sans que les vapeurs se répandent au dehors. On les voit onduler à l'ouverture , se replier, en quelque sorte , sur elles-mêmes, et se précipiter dans l'intérieur de la caisse, d'où elles sortent par des tuyaux d'appel destinés a leur émission. Dans tous les cas , avant que le malade sorte du bain , on vide parfaitement la caisse en quelques inslans , et sans qu'il y ait la moindre diminution de température.

Lorsqu'on veut soumeltre la tête à l'action de la vapeur, on se sert, au lieu du capuchon qui avait l incoiivénient de laisser passer le gaz ou d'être trop serré, d'une boite cubique renversée, percée d'une ouvertu re ovale dont le contour est garni d'un coussinet. Le malade y appuie la face, et les yeux , le nez et la bouche se trouvent complètement garantis.

Les douches se composent de toutes les substances qui peuvent se dissoudre dans l'eau réduite en vapeurs, et lui communiquer quelques-uns de leurs principes. Ces deux conditions doivent être |)rises en considération dans l'emploi de toute espèce de vapeurs ; car il faut bien remarquer que , dans une foule de circonstances, les juatieiens n'ont pas pris soin de conslaler 1» si la substance qu'ils voulaient aduiinistrer ainsi était susceptible de vaporiser ; 2" si , en se vaporisant, elle ne subissait pas une décomposition capable d'en altérer et même d'en anéantir les propriétés.

Divers ap[)areil3 ont été imaginés pour spécialiser l'emploi des douches. Au moyen de conques de forme variée et adaptée à celle des parties auxquelles elles sont destinées , les douches peuvent être dirigées sur une étendue plus ou moins circonscrite. Ces conques ont de plus l'avantage de garantir les parties voisines de l'action de vapeurs chargées de principes actifs. D'autres conduits ou cornets servent , les uns à augmenter l'intensité de la chaleur au point de rubéfier, ou même de cautériser la peau ; les autres à porter les vapeurs sur les organes profondément situés.

On conçoit facilement les effets que l'action rubéfiante et caustique de la douche est susceptible de procurer et les applications médicales qu'on en peut faire. On conçoit à combien d'indications on peut satisfaire, et combien on peut faire de médecine sans sortir de l'établissement dont nous venons de donner une courte description, et seulement en utilisant soit simultanément, soit successivement les ressources qu'il présente au praticien. (F. Ratier.)

FURONCLE , yïirartC((/«i , dV^îvij ; tumeur dure , circonscrite , s'éievant du tissu cellulaire à la surface de la peau , offrant au centre une saillie pointue qui lui a fait donner le nom vulgaire de clou. Le professeur Alibert l'a placé parmi les dermatoses eczémateuses.

Le furoncle n'est autre chose que l'inflammation des prolongemens du tissu cellulaire sous-cutané, qui ])énètrent dans les mailles du derme , accompagnés des vaisseaux et des nerfs qui s'épanouissent à la surface de la peau. A cette inflammation, il faut ajouter aussi celle du derme lui-même, en sorte que les prolongemens cellulo-vasculaires el nerveux qui les traversent éprouvent promptement une sorte d'étranglement provenant de l'accroissement de leur propre volume et de l'étroitesse augmentée des ouvertures qui leur donne passage , ce qui empêche leur nutrition et les convertit en un véritable corps étranger que l'on appelle hourlnUon.

On a souvent considéré le furoncle comme un moyen de dépuration des humeurs qui se ferait par la peau ; on l'a plus souvent encore attribué à un état morbide des voies digestives , parce que , ainsi que la plupart des maladies cutanées , il marche habituellement accompagné de symptômes gastriques. Une observation attentive prouve que , daus la plupart des cas, on doit le regarder comme constituant une affection entitremcnt locale.

Le froissement soutenu de la peau , l'application de corps gras et irritans, et souvent une cause inconnue , déterminent l'apparition de furoncles isolés , que l'on pourrait appeler sporadiques. D'autrefois ils se développent sous l'influence d une cause épidémique , dont la nature échappe à nos investigations; enfin , on les voit naitre encore à la fin de beaucoup de maladies, surtout à la suite de celles qui ont principalement alfcclé la peau : la variole, par exemple. On les attribue alors à un effort critique ; et plusieurs auteurs , Fernel, entre autres , les considèrent, dans celte circonstance, comme un moyen de dépuration de

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