‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 39 sur 311 · GAI AC · texte numérisé non relu

GAI AC

rcconoraie. Cette tlicorie peut être applicable à quelques cas , mais le plus souvent ce dévcloppemont consécutif des furoncles tient à rirritation occasionée à la peau par la malatlie antécédente. Enfin, il arrive fréquenament de voir des furoncles se développer sous rinflueni;e syn)pathi([ue d'une irritation des voies gastro-intestinales , ou d'un état saburral de l'estomac.

Les adoiescens et les adultes , les sujets lymphatiques, ceux qui habitent des contrées humides et froides, sont plus ordinairement que d'autres affectés de cette maladie.

Le furoncle envahit toutes les parties du corps ; cependant il est plus commun de le voir paraître h la marge de l'anus , au.\ fesses , sur le dos, et en général sur les régions |)ourvues d'un tissu cellulaire abondant , et dont la peau présente une certaine résistance.

11 se montre sous la forme d'une petite tumeur dure , circonscrite, chaude, douloureuse, d'abord peu saillante à la peau , où elle forme une légère saillie pointue, qui se prolonge en s'élargissant dans le tissu cellulaire. Bientôt la tumeur augmente et prend une couleur violette ; la douleur devient plus considérable , surtout lorsque la maladie occupe une partie dense et pourvue de nombreu.t filets nerveux; les vaisseaux lympalhiques qui , de la tumeur, se rendent aux ganglions de l'aine ou de l'aisselle, deviennent rouges , saillans , et décèlent le trajet qu'ils parcourent en formant une sorte de cordon douloureux qui s'étend sur la longueur des membres. La fièvre accompagne ordinairement ces symptômes locaux. Le sommet de la tumeur ne tarde pas à s'élever davantage , à présenter un point noirâtre surmonté d'une phlyctène , et à s'ouvir pour donner issue à un paquet de tissu cellulaire qui prend le nom de bourbillon. Dès lors, quand la tumeur est seule , la douleur ne se fait plus sentir, la fièvre cesse, l'engorgement de la peau et du tissu cellulaire qui l'environnaient diminue graduellement, et l'on voit disparaître la rougeur des vaisseaux lymphatiques enflammés ; la cavité formée par la sortie du bourbillon fournit pendant quelques jours un peu de sanie puriforme , puis ses bords diminuent d'épaisseur, son ouverture se rétrécit , et elle ne tarde pas à se cicatriser.

Dans quelques cas , le furoncle ne suit pas cette marche; il se termine par résolution ou par induration; il peut aussi s'élcndre davantage et entraîner la gangrène d'une certaine quantité de peau et de tissu cellulaire.

Le furoncle présente de nombreuses variétés pour le volume : quelques-uns ne dépassent pas la grosseur d'un pois , d'autres acquièrent un pouce ou deux de diamètre. Rarement le furoncle est isolé ; le plus souvent ou eu voit surgir simultanément ou successivement un certain nombre sur les diverses parties du corps. Dans d'autres cas , plusieurs de ces furoncles , dix , vingt ou trente , sont agglomérés, et forment une tumeur cij'conscrite , rénitenle , douloureuse et violacée , qui bientôt offre de nombreuses saillies, puis un nombre égal d ouvcrtures : c'est l'anlhrax bénin des auteurs. L'aspect qu'il présente lui a fait aussi donner les noms de vsspajus , vespasio, guêpier.

La forme du furoncle, la marche qu'il suit, sa situation dans la peau et le tissu cellulaire, rendent son diagnostic facile.

Son pronostic n'a rien de fâcheux. Dans beaucoup de cas , Jkrrfialadie^st tellement peu inquiétante , qu'on lui laisse parcourir ses diverses périodes sans réclamer les soins du médecin. Cependant, le volume de la tumeur, la place qu elle occupe et les dispositions particulières du sujet (lu'elle affecte, sont susceptibles de rendre le pronostic plus grave. L'art possède alors plusiec.rs moyens pour accélérer la marche du furoncle , et rendre sa terminaison favorable. On ne doit pas non plus négliger d'avoir recours à ces moyens lorsque la maladie se prolonge et occasionne de notables douleurs.

On peut obtenir la résolution du furoncle en appliquant sur la tumeur qu'il forme, et dès le comnienceiuent, six, dix ou quinze sangsues, dont il est .souvent nécessaire de réitérer l'usage. On fait, de cette manière , avorter l'inflammation du derme aiusi que celle du tissu cellulaire, qui pénètre à travers ses mailles étroites j dès lors la formation du bourbillon est empêchée. On arrivera plus aisément à ce but en ajoutant au moyen dont nous venons de parler , l'usage de la saignée générale, des bains prolongés, de cataplasmes émolliens, etc. On l'obtient aussi quelquefois par l'application de la glace.

Lorsque la maladie est plus avancée , cl qu'il est indiqué d'en entraver la marche , on y parvient à l'aide de l'incision de la tumeur. Ce moyen douloureux opère le débridement et 1 étranglement ; il empêche les accidcns consécutifs. L'opération que nous venons île recommander est préférable , pour remplir cette indication, aux divers procédés de caulérisalion que l'on a également mis en usage.

Lorsqu'après l'emploi des adoucissans et des narcoticpies la marche de la maladie continue, et que la suppuration devient imminente , on la lavorise par l'application d'emplàties de (iiarhy Ion gommé , et mieux encore par des cataplasmes de farine de lin , dans les(|uels on ajoute de l'a.xonge ou de l'onguent tlelamère, de l'oseille ou des ognons de lis cuils sous la cendre et piles. Quand la partie affectée en permet l'emploi, on prescrit en outre l'usage de bains éiuollieus prolongés; enfin, aussitôt que la suppuration commence , il est bon, par la pression latérale , que l'on peut opérer instantanément à l'aide du pouce et de l'index, de lui donner issue, afin défavoriser la sortie du boui biUon, et d'accélérer la fin de la maladie. Si le malade avait quelque courage , on pourrait, au lieu de presser la tumeur, l'inciser avec le bistouri. On continuera ensuite les cataplasmes, surtout ceu.x de riz ou de farine de riz et d'eau, qui sont émolliens et résolutifs , et qui n'ont point, comme ceux de graine de lin , l'inconvénient de déterminer un érythème incommode sur les parties qu ils recouvrent; enfin , un pansement simple convient ensuite pour amener la cicatrisation de la plaie ([ui succède au furoncle.

Des boissons adoucissantes, acidulés ou légèrement amères, selon l'indiq cation , seront prescrites au malade. Plusieurs praticiens ont l'habitude de t'ai prendre, vers la fin de la suppuration , des purgatifs salins : leur usage n'« pas toujours indiqué. Il faudrait s'en garder s'il existait une irritation éviden i de l'ai)pareil gastro-intesl inal. Mais dans le cas d'embarras gastrique ou inte i final , dans le cas d'une persistance opiniâtre de l'éruplion furonculaire . l'ei , ploi de ce moyen thérapeutique serait avantageux, soit pour modifier l'état > | la membrane muqueuse , soit pour y opérer une révulsion utile. j

(Martik Solon.)

GAIA.C ou GAYAC. Gajacum officinale. Le gayac, nommé aussi guiaiac gaiac , bois saint , bois de vie, est un grand arbre appartenant à la décandri moiiogynie, Linn. , et a la famille des rustacées , Jnss. Son bois a été iulrodui dans la matière méilicale eu 15U8, époque à laquelle la maladie vcncrieiu e.xerçait de grands ravages en Europe , où , suivant des auteurs recommandi bies, elle se montrait alors pour la première fois. Accueilli d'abord avec i enthousiasme extraordinaire , et vendu au poids de l'or, le nouveau médicamei qui avait fait des miracles, si I on en croit les écrivains contemporains , fi bientôt détrôné par le mercure. Ainsi passent et tombent dans un juste oubi les réputations usurpées! ainsi des prôiieurs absurdes compromettent souveii par des louanges maladroitement exagérées , des choses qui ne sont pas mêu) dépourvues d'un certain degré d'utilité. C'est ce qui est arrivé pour le gayaoi que la plupart des médecins ont abandonné aujourd'hui , auquel surtout ii refusent des propriétés anti-syphililiques , bien que ce médicament puisi! être employé avec avantage dans le traitement méthodique et raisonne de 1 sj'philis et de diverses autres maladies , sans qu'il soit pour cela uécessaiti de le considérer comme un spécifique.

On est Irappé en lisant les auteurs de matière médicale de la patiente com plaisance avec laquelle ils se sont copiés les uns les autres , se gardant bien de discuter des croyances établies par l'expérience des siècles. Pour moi. dussé-je encourir une fois de plus encore l'anathèine de ces idolâtres du tempt passé , j'examinerai sans ménagement les propriétés réelles du médicament, e) je chercherai à me rendre compte de la part qu'elles ont eues dans les gué risons qu'on leur attribue, et de la manière dont elles ont pu y contribuer évitant surtout, autant cju'il sera en moi , de substituer , comme on l'a fait i souvent, une erreur à une autre erreur.

Envisagé sous le rapport de son histoire médicale , le gayac est une des sub stances les mieux connues, et sur laquelle les travaux des pharmacologiste i ne laissant aucune équivoque. Il est maintenant apporté en Europe bien plu pour les besoins de l'industrie que pour ceux de la médecine , qui n'a qu le rebut de la première ; heureuse encore lorsqu'ils ne lui parviennent pai falsifies par de frauduleux mélanges. C'est surtout lorsqu'on achète le gaya< râpé qu'on doit se défier de cette adultération, bien diflicile d'ailleurs ii constaler. Le bois de gayac entier est très-coloré , très-pesant et très-solide i le cœur, la partie la plus parfaite, est d un vert obscur, tandis que l'aubier moins abondamment pourvu de principe résineux , est au contraire d'une coui' leur moins foncée , en même temjis qu'il est plus léger et plus poreux. Le ' petits cristaux qu il présente sont, d'après l'opinion de M. Guibourt , dt l'acide benzoïque; îles observateurs non moins recommandables les considèrenii comme étant des parcelles de résine. C'est cette résine qui exsudant à l'cxté»! rieur, donne à l écorce du gayac l'aspect gras qui Jui est propre ; c'est elle qui produit une fumée odorante lorsqu'on brûle le bois qui est naturellement | sans odeur, si ce n'est quand on le r.àpe ; car , alors il excite assez vivement l«l membrane muqueuse du nez. i

La partie essentiellement active du gayac réside dans une substance gommoji résineuse , qui en déoule soit spontanément soit h la suite d'incisions pra«' tiquées à dessein, et dont le bois reste encore plus ou moins imprégné. Sui? vaut Brandes , c'est un produit immédiat spécial auquel il a donné le'! nom de gayacine , se fondant pour l'isoler des résines et des gommes, sur ce qu elle se dissout en totalité dans l'alcohol et en partie dans l'eau ; tandis que traitée par l'acide, nitrique, elle se convertit en acide oxalique; d'ailleurs ce suc se trouve sous forme de larmes transparentes et incolores lorsqu'il a coulélj spontanément , ou lorsqu'on l'a obtenu par incision et même par I action du»! feu, en masses plus ou moins colorées , transparentes , friables , d un bruB'f' verdâtre qui devient plus prononcé par l'exposition à l'air; d'une saveur plutè ou moins amcre et piquante. Il brûle en répandant une odeur assez an*"|( logue à celle du benjoin. L'analyse éclaire peu sa nature ; on y a trouvé» i( eau, 5.5; huile brune épaisse , 24,5; huile empyreumatique peu consistante»! 3j,0; charbon, 30,5, gaz, 9,5 ; total 100 parties. i

On n'a véritablement aucune exprérience directe et bien faite pour con*i| staler les propriétés médicinales de ce bois, et son action tant immédiate que ' secondaire sur l'économie animale. D'après quelques essais , je n'ai pas vu qu'il I jouit d'une activité bien remarquable. La décoction de deux onces de bois par * pinte d'eau ne m'a pas paru produire d'effet notable sur des sujets dont lei j voies digestives étaient en bon état. Les mêmes individus ont trouvé lourde i la décoction plus concentrée (six onzes de bois pour deux livres de liquide )j I ils eu ont été légèrement purgés. La purgation a été égalenaenldé terminée par i

GAIAC.

G AL ACTIRRHÉE.

'adaiinistralion de la résine de pjayac, pour peu qu'on l'ait donnée à la dose e 20 à 30 frrains. Je n'ai pas eu le loisir encore de pousser cette étude aussi uin que je l'aurais voulu , et d'administrer a l'intérieur la gayacine pure. J ai Il autrefois donner I.» teinture de s^ajac dans la tisane sudorifiqueà divers maides qui n'en éprouvaient aucun clian£;cment iuimédiat dans l'exercice de leurs onctions, non plus qu'aucune modification notable dans la marche de leur laladie. J'ai surtout constaté, que dans les cas soumis à mon observation, : prétendu sudorifique n'a pas fait suer : c'est un point qu'il n'est peut-être ias sans importance de bien établir , et ce fait se retrouve à l'occasion de I plupart des médicamens appelés sudorifiques. Il est vrai que jamais cliez jous le gayac n'a été employé comme il l'est dans le pays d'où il nous est ijpporté. Dans les colonies , où la méthode sudorilique était employée avec eaucoup de confiance et de succès , on opéi ait de manière à en obtenir, les malades , maintenus au lit et bien couverts , dans un appartement clos t cbaullé, y prenaient une décoction de gayac extrêmement chargée (douze nces <le bois par pinte) , et ils la prenaient chaude. Quelle merveille y t-il alors qu'ils éprouvassent des sueurs abondantes? Qu'on fasse de même ici, t l'on aura des résultats semblables; résultats qui, pour le dire en passant, put infinemenl salutaires dans les affections syphilitiques. C'est principalement contre les ail'eclions vénériennes opiniâtres et rebelles u mercure que le gayac a été préconisé : et la guérison fameuse d'Ulric de

iutten, qui avait infructueusement employé onze traitemens par le mercure, it un de ces faits cités banalement depuis quatre cents ans par les adversaires u mercui e, souvent aussi aveugles que ses partisans. I-.es uns et les autres pâlissent ignorer que quand l'abus du mercure a produit des accidens, toutes les uclhodes de traitement qu'on lui substitue amènent de bons résultats, par cela ^ul qu'on cesse d'employer ce qui nuisait; et qu'on atteindrait le but aussi nement et plus promptement peut-être encore, si I on se bornait purement et midcment à supprimer une médication intempestive ou exagérée. De nos jours le gayac est à peu près abandonné dans le traitement de la maulie vénérienne. L'expériénce des siècles qui l'avait mis en vogue, l'a précipite ■liis \ ouhU, e seifipre bene. « Chez nous, disent les auteurs du Dictionnaire niversol de matière médicale et de tiiérapeiuique générale, le gayac seul ne aérit pas la syphilis; ce n est qu'un adjuvant du mercure, plus ou moins utile nvant la manière dont on l'adniinisti e. « Rien n'est inoins prouvé que la uécesté de celte association, non plus que l'exclusive spécificité du mercure que îmble conçacrer ce passage {Fojez Sri-HiLis).

Le gayac a été vanté d'une manièi e presque aussi active contre le rhumatisme ; la goutte, par divers auteurs anciens, et même récemment encore, un méîcin l'a conseillé k forte dose contre le rhumatisme même aigu et fébrile. On e conçoit pas qu'à l'époque où nous sommes on cherche des spécifiques contre ille ou telle telle maladie, au lieu de déterminer quelle médication convient ms des circonstances déterminées; et je ne m'arrêterai point à discuter des sertions de ce genre, surtout quand l'auteur afiirme avoir guéri toujours et en m de temps... Que dire de la pro|)riété qu'on attribue à la décoction de gayac 3 modérer la salivation mercurielle, comme s'il n'y avait pas vingt moyens arriver à ce résultat? et surtout lorsque les mêmes auteurs disent quelques ;nes plus haut, et d'ailleurs sans le prouver davantage, que la décoction de »yac produit la salivation (f^oj ez Salivation). Faut-il répéter encore qu'elle été administrée avec succès dans la leucorrhée, dans les névralgies rhumatis- .ales, les maladies de la peau, les scrofules, les alï'eclions des os, etc.

C est la racine de gayac flissoute dans l'alcool plus ou moins concentré qui rme la base d'un grand nombre de teintures, d elixirs anti-goutteux, etinstament du fameux remède des Caraïbes, qui a joui d'une grande réputation, et li, son auteur le disait du moins, guérissait immanquablement la goutte. 11 est cile de comprendre comment, dans certains cas, un remède stimulant aussi ;tif pouvait avoir de bons elfets; comme aussi il est é\ident que dans une foule 3 circonstances il devait indubitablement aggraver le mal. Nul doute que cerines aménorrhées n'aient pu être guéries par l'emploi de cette teinture; mais n'est pas un praticien qui n'ait obtenu de pareils succès de diverses teintures us ou moins analogues, ou même seulement de l'usage intérieur du vin ou de ilcool. Les mêmes réflexions se représentent pour les applications très-variées u'on a pu faire d'un médicament pourvu de propriétés excitantes incontesbles, mais dont l'action ne parait pas se diriger d'une manière spéciale vers 1 ou tel organe, mais semble s'exercer d'abord sur l'appareil digestif, etdétcriner ensuite une réaction sympathique plus ou moins étendue. N'est-il pas rident, par exemple, que chez un sujet à circulation lente et faible, chez lequel ne fracture tardait à se consolider, la guérison plus in-ompte après l'usage de

teinture de gayac est moins une preuve de l'efficacité spéciale de ce médicaent qu'un argument propre .î prouver l'avantage de la médication tonique et imulante. Et qui oserait soutenir qu'en pareil cas la teinture de quinquina ou a gentiane, ou même un vin généreux et une nourriture animale, n'auraient is été au moins aussi puissans? On peut expliquer de la même manière les bons fets que Hunter dit avoir retirés de son usage interne dans le traitement des !cères syphilitiques. On voit chaque jour des ulcères syphilitiques ou réputés la et fort anciens, entretenus par un état de faiblesse générale , guérir par împloi de moyens analogues. Tout cela ne rentre-t-il pas dans les règles d'une flérapeutique raisonnée , qui n'a pas besoin d'aller chercher au loin les agens Qu'elle emploie ?

Pour toute pei sonne familière avec les études pharmacologiques , il est évi- ■nt que la résine de gayac est véritablement la partie active , et qu'en conséiience c'est à elle qu'il conviendrait d'avoir recours toutes les fois qu'on aurait

lieu d'employer ce médicament d'après des indications bien précises ; ef quelques variations dans la formule sont tout-h-fait insignifiantes quand elles ne portent ni sur les doses ni sur la nature de la substance importante. Ainsi la décoction est une préparation peu efficace, puistiue l'eau n'enlève pas au bois tous les ])rincipes actils qu'il renferme , malgré la précaution iniliquéc de le râper, de le laisser macérer pendant plusieurs heures avant de le faire bouillir et d'employer une grande quantité de bois relalivcmenl à la qua)itité d'eau. I-.'extrait alcoolique et la lésine obtenue par l'exsudation spontanée ou les incisions est donc la préparation qu'il faut |)référer. Après cela il est à peu près indifférent qu'on en fasse une teinture , en faisant dissoudre deux onces de cette matière dans une pinte de taliia (et non d'eau-de -vie , comme le recommande expressément l'auteur) pour| avoir le remède anti-gouteux des Caraïbes ; qu'on en prépare un sirop au vin ou à l'eau ; qu'on en extraie une huile essentielle à odeur de vanille , qui très-probablement ne doit cette odeur qu à l'acide benzoïque qu'elle renferme. Ce qui est véritablement important c'est de l'administrer dans des conditions convenables , et d'après la connaissance de l'action immédiate qu'elle exerce sur 1 économie. Sur ce point il n'y a pas de règle à tracer aux vrais praticiens ; quant aux routiniers ils doivent chercher ailleurs de vaines et inintelligibles discussions.

Nous rappellerons ici que le gayac entre dans ce qu'on appelle les quatre bois sudorifiijues ; qu'il fait la base d'une tisane sudorilique , qu'on rend quelquefois laxative par l'addition du séné ; que son extrait entre dans la composition des pilules aiiti-syphilili(|nes conseillées par M. Dupuytren; que sa résine faisait partie de la ihériaque céleste ; qu'on en faisait des pilules avec le savon , enfin que l eau-de-vie de gayac est considérée comme ayant la propriété d'assainir la bouche , de raffermir les gencives et île calmer les douleurs de dents.

Les doses sont assez peu impoilanles à fixer : on peut aller loin sans danger. On a employé jusqu'à une livre de bois en décoction dans six pintes d'eau réduites à deux, par une ébullition prolongée; laquelle, soit dit en passant, doit faire échapper toutes les parties volatiles du médicament. Chez nous on n'emploie guère plus de deux oiices en décoction , qu'on prend encore sans aucun des soins propres à amener ou du moins à assurer l'effet sudorifique. La teinture des Caraïbes se donne à la dose d'une ou deux cuillerées à soupe chaque jour; on boit par dessu' une tasse de thé ou bien un verre d'eau. Ce remède doit être continué pendant plusieurs années. On voit que s'il guérit complètement . au moins il le fait à loisir. La résine de gayac purge assez activement à la <lose d'un gros. ( F. Hatier. )

GALACTIRRHEE , galactirrJiœa , perte excessive de lait. Par celle expression on ne doit entemlre autre chose qu'une excrétion surabondante de l'humeur formée dans les mamelles et évacuée par le mamelon. Toutes ces affections si variées et si nombreuses que le vulgaire connait sous le nom de lait répandu , que les anciens médecins appellent maladies laiteuses , ne doivent point trouver place ici. Les unes , comme certaines douleurs rhumatismales , n'étaient attribuées au lait que sur des théories imaginaires ; d'autres , comme quelques dartres, étaient dites laiteuses , sans doute à cause de leur ressemblance avec les achores des enfans à la mamelle que l'on a coutume d attribuer moins à leur âge qu'à leur régime , quoique la diète lactée n'ait jamais produit, à elle seule , de pareils effets ; d'autres maladies n'ont dû leur éliologie supposée qu'à la ressemblance apparente de leurs produits avec ceux de la sécrétion mammaire. C'est ainsi que le pus de certains abcès , de certains ulcères , l'albumine ou fibi ine concrète des péritonites puerpérales , la mucosité puriforme de certaines leucorrhées , de certains catarrhes pulmonaires , la couche couenneuse du sang tiré des veines dans les maladies inflammatoires ont été , en raison de leur couleur et de leur consistance , assimilés au lait , au caséum, etc., et dès lors la déperdition de ces fluides lactiformes a pu constituer , pour les yeux du vulgaire et des médecins qui s'en rapprochent , de véritables pertes de lait, des galactirrhées indirectes. |

La galactirrhée réelle peut se montrer sous l'influence de plusieurs états trèsdifl'érens , dont les uns , purement morbides , constitueront une première division sous le nom de galactirrhée anormale ; les autres sont naturels , mais seulement le but est dépassé; il en résulte des galactirrhées hypernormales.

A. Galactirrhée anormale. Ou sait que , chez le fœtus el le nouveau-né , quel que soit son sexe , les mamelles sécrètent un fluide lactescent dont on peut , par une compression modérée , faire jaillir quelques goulles ; il est permis de douter que ce soit la du lait véritable , et que ces glandes soient déjà aptes à une pareille sécrétion, qui, d'ailleurs , ne devient jamais surabondante.

Si quelque engorgement se forme là, il est tout inflammatoire, et s'il s'y amasse alors un liquide, c'est du pus. Mais quand , après la puberté, les glandes ont pris un certain développemenl , quand surtout elles ont une ou plusieurs fois déjà rempli la fonction à laquelle la nature les desline, il peut arriver que la sécrétion laiteuse s'y établisse et devienne même habituelle , gênante et débililante. Quelquefois une excitation locale a seule produit cette sécrétion accidentelle : on a vu de jeunes filles , des hommes même, dit-on , fournir du lait après avoir approché souvent de leurs mamelons la bouche d'un enfant en bas âge ; mais de pareils faits sont bien rares , et il ne paraît pas d'ailleurs que l'écoulement du lait ait survécu à la cause qui l'avait excité et entretenu , ni qu'il ait, par conséquent , amené aucune incommodité. Cet écoulement de lait est en quelque sorte idiosyncrasique chez quelques femmes. Frank en cite une dont les mamelles sécrétaient habituellement beaucoup de lait , et perdait cette faculté durant la grossesse.

Le plus souvent c'est sympathiquement et par l'effet de quelque dérangement des organes génitaux internes , de l'aménorrhée , de la dysménorrhée ,

GALACTIRRHEE.

GALE

de 1.1 mcfrite , des sqiiirrhes de l'utérus ou des ovaires , etc. ^ plus souvent encore c'est à l'occiissioii d une fausse grossesse qu'on a vu les mamelles d'une femme non enceinte stcréter et perdre du lait. Dans certains cas, à peine y avait-il turgescence, douloureuse ou non , de ces glandes , et suintement léger à la surface des mamelons ; dans d'autres , l'écoulement laiteux ou lactilorme était assez abondant pour humecter continuellement les linges dont la malade se couvrait , et pour contribuer beaucoup à son amaigrissement ; c'est ce dont nous avons été une fois témoin. 11 ne faut pas confondre cette sécrétion irrégulit're , anormale, sans doute, mais exécutée par des organes vraiment sécréteurs, avec un autre suintement qui s'établit en quelques circonstances , et surtout lors de la cessation des menstrues , par les orifices dont les conduits galactopliores percent le mamelon. Le suintement dont je parle ici est séropurident, toujours accompagné de prurit, d'engorgement, non de toute la glande ou de la majeure partie de son étendue , mais seulement de la région qui recouvre J'auréole ; eu un un mot. de la portion du sein occupée par le renflement des conduits que je viens de nommer.

Il n'existe ici qu'une inflammation chronique de ces conduits, ou seulement peut-être de leur membrane interne , inflammation qui peut durer fort longtemps sans inconvéniens graves, qui peut aussi se terminer par des ulcérations qui minent l'auréole , et font tomber le mamelon. C'est là ce qu'Astruc a nommé cancer bénin ; expression inipro|jre , puisque , de son propre aveu, cette maladie n'a , du moins dans le principe, rien de cancéreux.

D'après ce que nous avons dit, on a pu comprendre que la galactirrhéc anormale est rarement fâcheuse, et que, quand elle devient incommode , c'est à la cause productive qu'il faut d abord s'adresser : supprimer toute excitation locale , régulariser , autant que possible , la menstruation , employer peut-èti e eu quelques circonstances des astringens à l'intérieur ou à l'extérieur, telles sont à peu près les seules ressources que l'art mette alors à notre disposition ; car, que faire quand l'incommodité est sous l'influence d'une lésion grave et incurable de 1 utérus , etc. ? ce ne serait point d'ailleurs ici le lieu d'exposer le traitement qui peut leur convenir.

B. GaLaclirrhée hjpernorinaLe. Quoique les mamelles se gonflent à chaque époque menstruelle chez quelques femmes, il n'y a point là de travail sécrétoire , et ce n'est qu'une sorte d'érection sympathique. 11 n'en est pas ainsi dans la grossesse : cette turgescence donne alois naissance à une sécrétion , bornée quelquelois à une si faible quantité d'humeur laiteuse, que la résorption s'opère dans les canaux lactilères avec autant d'activité que la production , de sorte qu il ne s'en montre point au dehors, à moins d'une pression exercée à dessein sur la base du mamelon. Plus souvent quelques gouttes s'échappent et mouillent légèrement les linges ; quelques femmes même en perdent assez abondamment pour en être gênées , mais non affaiblies , et la patience , la propreté sont alors les seuls remèdes que nous ayons à leur proposer. Un écoulement bien plus copieux, accompagné , le plus souvent, de plénitude , de distensions douloureuses aux mamelles, succède souvent au sevrage, il peut continuer à affaiblir une nourrice débilitée déjà, il la menace d'ailleurs d'engorgemeus d'.ibord en quelque sorte mécaniques, mais bientôt inflammatoires, de phlegmons, d'abcès, etc. La galactirrhee, dans ce cas, réclame les mêmes soins que les engorgemens auxquels elle expose; le repos au lit, l'immobilité des bras , la diète, les boissons adoucissantes, les sudorifiques aqueux , les diurétiques , les laxatifs ; enfin toute la série des moyens que nous avons déjà énoncés au mot Ablactatiok. Nous n'insisterons donc pas davantage sur ce point, et nous finirons par la galactirrhee hypernormale la plus commune, la plus réelle , celle des nourrices durant la lactation.

Il faut distinguer ici la galactirrhee absolue et la relative; telle perte de lait qui, pour une femme robuste, n'amène aucun affaiblissement sensible, épuise une femme d'une constitution grêle et débile. On a remarqué depuis long-temps que les femmes maigres et à mamelles médiocres donnent plus de lait que les femmes grasses et pourvues d'un sein très-volumineux. Aussi une femme maigre, si sa maigreur n'est pas jointe à une certaine force de constitution , deux choses qui ne sont nullement incompatibles , scra-t elle plus promplement épuisée qu'une femme obèse. Celles surtout dont la poitrine est menacée ou déjà atteinte, mais au premier degré seulement, de la phthisie. ont assez fréquemment cette surabondance de lait qui tourne à leur détriment. D'autres femmes souffrent promptcment d'une déjjerdition laiteuse, même ordinaire, parce qu'elles dépensent d'autre part une portion de leurs principes nutritifs: ainsi, lorsque la grossesse survient durant la lactation, si la sécrétion nediminue pas au point de forcer le sevrage, il est rare que les femmes n'en soient pas bientôt fatiguées à l'extrême. Il en est exactement ainsi d'une menstruation surabondante, d'une leucorrhée continue et forte durant rallaitemcnt. Voilà des cas où l'écoulement d'une quantité de lait, point du tout ou tle fort peu supérieure aux besoins d'un enfant , devient cependant excessive relativement a I état de la femme ; il en est d'autres où la production de ce li(|uide et son évacuation sont tellement surabondantes que la plus forte constitution n y peut résister si elles se prolongent quelque temps. Cette disposition est , selon Frank, quelquefois héréditaire.

On peut lire dans la physiologie de Haller des exemples de femmes qui ont fourni chaque jour une , deux et trois livres de lait au-delà de ce que consommait le noiurisson ; on parle même de trois bouteilles de.lait superflu (lib. 28, § |j). Celle déperdition est ordinaire, mais à un bien moindre degré, dans les premières semaines de i'allaitcnicnt ; nous ne l'avons guère vu dépasser une livre et demie dans les vingt-(|ualrcs heures , et elle ne se prolongeait pas audelà du premier mois ; sans cela , nul doute qu'un promiit épuisement u'eu

eut été la suite. Il y a des femmes qui peuvent nourrir deux et même trois enfans et supporter cette galaclirrhée provoquée , mais la ])lupart n'en pourraient nourrir deux au-delà de deux mois. La majeure partie des nourrices mêmes sentent , dès le quatrième et le cinquième mois, la nécessité de joindre quelques alimens solides au régime liquide de leur nourrisson , qui , en prenant des forces et de la taille, prend aussi des besoins nouveaux.

Que la gaiactirrhée soit spontanée ou provoquée par l'avidité de l'enfant,! que la femme soit faible ou forte de constitution, les symptômes qui apprennent que cet état de choses devient alarmant sont à peu près les mêmes, savoir: amaigrissement, pâleur, abattement universel , surtout après avoit donné le sein à l'enfant; tristesse, palpitations de cœur, tiraillemens dans la région épigastriipie , nausées, céphalalgie et surtout douleur et fatigue coii' tinue ou presque continue dans les lombes et le dos , quelquefois même doU' leur de poitrine, dyspnée, toux sèche et fréquente, fébricule le soir et sueur< dans la nuit, en un mot plusieurs des symptômes d'une phthisie imminente, mais qui se dissipent sans retour , pour l'ordinaire , dès que l'on a fait cesser la cause qui minait les forces.

Pour y parvenir, il faut remonter à l'origine de la gaiactirrhée r est-ellfl provoquée par des succions trop réitérées , par 1 exigence d'un enfant mal dirigé dans ses habitudes, ou d un enfant trop fort, ou de plusieurs enfans! on peut ■<j remédier en réglant les repas, eu les éloignant de plusieurs heuresii en doublant les intervalles durant la nuit, et satisfaisant , s'il le faut, au< besoins immodérés ilu nourrisson par des boissons plus ou moins nutritives! L'eau sucrée suflit à ceux dont 1 avidité n'est qu'une mauvaise habitude; 1 eaij d'orge , le lait pur ou coupé, les crèmes de pain , de riz, le tapioca , etc. , sond un supplément de nourriture indispensable a d'autres. Malgré ces précautionsf; il est des femmes si délicates et si épuisées , quand elles appellent le médecin^ que l'ablactalion redevient pour elle une nécessité. Mais si la galactirrhee est spontanée , si le lait est perdu en bien plus grande abondance que l'enfant ne U demande , il est plus difficile de s'y opposer. Néanmoins on recommandera \i repos, on tâchera de régulariser et d'éloigner les tétées , a6u de stimuler \k moins possible les organes sécréteurs; on tiendra la nourrice à une dièWi modérée , évitant surtout les boissons stimulantes , et pourtant préférant ïé viande aux fécules. Les seins seront soutenus sans compression , et au lieu de cuvettes de verre ou de métal destinées, comme nous l'avons dit ailleurs, à recevoir le lait superflu , on se contentera ici de linges propres ; car les cuvettesi favorisent trop l'écoulement du lait en comprimant l'auréole et laissant l4, mamelon libre, allongé. A plus forte raisou se gardera-t-on de faire téter et' superflu par un petit chien ; ou d'en débarrasser les mamelles par quelque autre mode de succion. On a conseillé, pour les cas opiniâtres, l'opium et lei dérivatifs , comme pédiluves , sangsues à la vulve, ventouses au dos, vésicatoi' res aux cuisses , diurétiques , laxatifs et sudorifiques. On sent quelle modéra- jj tion il faut apporter dans l'emploi de pareils moyens , il faudrait êl re plus | réservé encore sur celui des astringens , des spiritueux, des aromatiques ap- , pliqués sur les mamelles; les émoiliens seraient moins à craindre. Si la faibless* est grande, on aura recours aux toniques, au vin de Bordeaux, au kina , À l'exercice en plein air, et surtout au sevrage^ (Ant. Ducès.)

GALBANÛM. Le galbanum est une gomme-résine qui est apportée de Syrii et de Perse , où elle est produite par une plante ombellifère que l'on croit ètJ"^ être le bubon galbanum , L. ; mais, iiidépen dammant de l'incertitude où l'on est encore à cet égard, j'ai déterminé il y a quelques années qu'il existai! deux espèces de galbanum qui peuvent venir de deux contrées dittërentes , el n'être pas produites par la même plante. La première espèce , celle qui sa* trouve décrite dans l'Histoire abrégée des Drogues simples , et la seule que je| connusse alors , est en larmes et en masses; mais \.OM']OVLr& molle , gluante clj comme vernissée à l'extérieur, ce qui est cause que les larmes les plus pure» et les plus sèches s'agglutinent toujours en une seule masse. Cette espèce a une odeur forte , tenace et légèrement fétide. Je n'y ai jamais trouvé de semencestlj La seconde espèce n'existe, à ma connaissance, que depuis quelques année(j dans le commerce; elle est , comme la première, en larmes ou en masses; ma ' elle est beaucoup plus sèche , et les larmes qui ne sont ni gluantes ni verni: sées à leur surface, ne se réunissent pas en masse ; l'odeur en est aromatiq et non désagréable, quoique toujours très-analogue à la précédente. J'ai trou^ij dans cette espèce un graml nombre de semences gorgées de gomme-résine blanchâtres, longues de neuf lignes environ , larges de quatre ; aplaties , uni peu terminées en pointe aux deux extrémités, non bordées d'une membrane. Le galbanum était employé autrefois à l intérieur contre l'asthme, Ihyslérie, les coliques venteuses , etc. Il n'est plus usité aujourdhui dans la médecine magistrale ; mais il fait encore partie d'un assez grand nombre de compositions officinales, telles que la Ihériaque, le diascordium, le baume de ï'ioraveuti, l emplâtre diachylon gommé , etc. (Gdibodkt.)

GALE, s f. Inflammation cutanée, apyrétique , contagieuse, caractériséa| par des vésicules acuminées , légèrement élevées au dessus du niveau de la peau transparentes à leur sommet, contenant un liquide visqueux et séreux, conr stamment accompagnées de prurit , pouvant se développer sur toutes les par lies du corps , mais particulièrement sur l'abdomen , sur les plis des articula' tiens des membres et dans l'intervalle des doigts.

§ I''-. Lorsque la gale a été coaimuniquée , quelques jours après il survient à la personne qui l'a contractée, un léger prurit sur les parties du corps qui( ont été le plus immétliatement exposées à la contagion. Ce prurit augmente pendant la nuit , par l'action de la chaleur du lit , et dans le jour par l eiret des boissons alcooli([uci , des alimeus acres , et de toutes les causes qui déterminent

GALE

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ifilux du sang vers les tégumens. Bientôt on voit paraître de petites élevures ni dépassent à peine le niveau de la peau. Cette éruption a lieu chez les enfans j'dinairement quatre ou cinq jours après le moment de la contagion ; chez les luîtes du huitième au quinzième et même au vingtième; et chez les vieillards 1 les individus afTectés de maladies chroniques , quelquefois un ou plusieurs ois après l'infection.

Les vésicules de la gale se montrent d'abord sur les points où le contact s'est Fectué , sur les mains chez les tailleurs et les fripiers , sur les fesses chez les ifans à la mamelle , etc. Ces élevures ont une teinte rosée chez les individus unes et sanguins ; souvent elles conservent la couleur de la peau , surtout chez s hommes valétudinaires; elles se répandent peu à peu sur les parties voiries. Bientôt leur caractère se prononce et on peut apercevoir très-distincteent la petite vésicule qui se forme à leur sommet. Si les vésicules sont peu )mbreuses , le prurit qu'elles occasionnent est léger , et elles conservent longmps leur forme primitive ; si au contraire elles se multiplient rapidement , les se rapprochent , et dans leurs intervalles, la peau participe, jusqu'à un rtain point, à ces inflammations disséminées. Le prurit devient plus général, us fort, plus pénible à supporter : déchirées par l'action des ongles, les sicules laissent échapper le liquide visqueux qu'elles contiennent ; celui-ci se invertit en petites c/'oii^ei minces, légères et peu adhérentes; enfin lorsque s malades se sont grattés avec plus de violence , les vésicules sont remplacées ir de petites croiifes noires , analogues à celles qu'on observe dans le prurigo. (Chez les individus sanguins et robustes ou adonnés à l'usage des excitans , la ;le abandonnée à elle-même , peut, en envahissant de proche en proche la ] esque totalité de la peau , donner lieu à des symptômes plus ou moins graves : ii vésicules s'étendent , s'enflamment de plus en plus et prennent bientôt spect et les caractères de véritables pustules (scabics purulenta ^ Bateman); ' elquefois même dans leurs intervalles se développent des furoncles ou des j slules analogues à celles de l'eclhyma.

^ If. Dans les climats méridionaux, dans l'été et le printemps , dans la jjnesse, chez les individus robustes et sanguins, chacune des vésicules par- <urt rapidement ses périodes, lorsqu'elle n'est point déchirée par les ongles; lir marche est plus lente dans le nord , dans l'hiver et l'automne, chez les V'iilards et les individus alfaiblis.

Cette maladie ne se termine jamais d'une manière spontanée : elle pourrait

< rer toute la vie chez un individu qui négligerait de la combattre. Sa durée Dveniie est de douze à quinze jours lorsqu'elle est convenablement traitée, .le disparaît quelquefois , pendant quelques jours , sous l'influence dune idadie aiguë, sans que celte dernière en soit influencée d'une manière appré- «ible. M. Sabatier a cité l'observation d'un homme afl'ecté d'une gale déjà ; cienne et des mieux caractérisées , chez lequel une pneumonie double s'étaiit iclarce avant qu'il n'eût fait aucun traitement, on vit s'allaisser et bientôt (iparaitre les vésicules ; et ce ne fut que quinze jours après, et lorsque la con- Moscence fut bien établie que la gale reparut avec tous ses caractères. D'un ; tre côté , Ramazzini , Testa et quelques autres observateurs , assurent avoir 1 1 hématurie, des affections du cœur, et plusieurs autres maladies graves, sivenir après la rétrocession de la gale .-je n'ai point observé de faits ana- ];ucs.

5 III. La gale peut se compliquer avec d'autres maladies cutanées , qui l ulent quelquefois son diagnostic obscur. Néanmoins il est rare que les autres ilammations vésicuLeuses se montrent sur la peau en même temps que cette niption. Lorsque l'ecthyma vient la compliquer , c'est presque toujours après i mploi de lotions ou des frictions stimulantes. J'ai vu cependant des vésicules snblables à celles de l'eczéma et de véritables bulles analogues aux ampoules, ( veloppées sur les faces dorsales et palmaires des mains , lorsque celles-ci i iciit le siège d'un très-grand nombre de vésicules psoriques. C'est presque tijoius avec les inflammations /xïyOu/euiM que la gale se trouve compliquée.

:.orsque ses vésicules se multiplient sur un grand nombre de points chez un ilividu jeune et robuste, elles provoquent souvent le développement du 1 len , dont les papules sont disséminées ou rapprochées en groupes. Le prut 0 se déclare quelquefois aussi chez les individus atteints de gales anciennes ; «constance qui a fait supposer à tort qu'elles pouvaient dégénérer en une iection papuleuse. Lorsque l'irritation de la peau est très-vive , les pustules

< l'eclhyma et même àen furoncles peuvent s'associer aux vésicules de la gale. On a vu des gales anciennes . très-étendues et très-intenses , être suivies

(ino inflammation de la membrane muqueuse gastro-pulmonaire.

^orsque la gale est contractée par des individus atteints de maladies des <;ai;es digestifs ou des poumons , quelquefois ses vésicules se flétrissent, s'ét louent , et ne tardent pas à disparaître rétrocession de la gale \, lorsque ces actions font de nouveaux progrès ou lorsqu'elles s'aggravent par des écarts

< régime.

L,a marche de la gale est à peine modifiée par les scrofules et la syphilis. 1 ns le scorbut les vésicules prennent une teinte livide. Lorsqu'elles sontras- Sûldées en grand nombre, elles se compliquent souvent avec l'ecthyma t •hecticuin.

) IV. La gale est une des maladies conlagieuses le ]dus généralement ré- |adue; elle se transmet par le contact de l'humeur de ses vésicules. On l'ob- « ve dans tous les climats , dans toutes les saisons, dans toutes les âges et dans 'ites les conditions de la vie : le plus souvent elle attaque les individus Imgés dans la misère ou qui négligent les soins de propreté. Quand elle ( letre dans les familles riches et aisées , elle y est presque toujours apportée I" les nourrices , les domestiques ouïes bonnes d'enfans. Les marias, les ■

DiCT. DE MÉIJECIKE ET DE CaiRUnClU PR.VTIQHES.

soldats, les ouvriers , les prisonniers réunis dans les vaisseaux , les caserne* les ateliers , les prisons, etc., eu sont souvent affectés. La gale n'est ni endémique, ni épidémique ; ce n'est point par des causes climatériques et par des conditions locales qu'elle se propage, dans certaines contrées , mais bien par des habitudes de malpropreté. Tout semble prouver que les épidémies de gale dont Frédéric Hoffmann et quelques autres auteurs nous ont transmis l'histoire, étaient des éruptions vésiculeuses qui se rapportent à d'autres genres.

Quelques pathologistes , Fabrice de Hilden , Rivière , Pringle , etc. , ont pensé que dans quelques circonstances la gale pouvait se développer spontanément , comme crise de quelques maladies aiguës ou chroniques {gale crilir/ue) ; et ils assurent que des malades en proie depuis long-temps à des affections graves , ont été guéris par l'apparition spontanée de cette maladie. Je n'ai point observé de faits analogues ; et il est permis de penser que des éruptions vésiculeuses ou papuleuses , telles que l'eczéma ou le lichen , ont été prises pour la gale , à une époque où leurs caractères distinctifs n'étaient pas bien connus.

On a cité plusieurs exemples de ^a/e , transmise des animaux à l'homme ; mais la plupart des maladies auxquelles les vétérinaires ont donné ce nom {gale du bœuf , du chat , du chci'al . du chien , du dromadaire , du cochon , du mouton , du singe, etc.), sont fort inexactement décrites; les exemples qu'on m'a montrés analogues à l'eczéma et au lichen , par leurs caractères extérieurs , m'ont laissé beaucoup d'incei titude sur leur nature , et la possibilité de leur transmission à I homme ne m'est pas démontrée. Toutefois M. Monronval cite plusieurs exemples de gales transmises du chien à I homme.

Dans ces derniers temps, quelques auteurs ont assuré qu'ils avaient observé, dans les vésicules de la gale , un insecte aptère presque invisible à l'œil nu , pourvu de pattes rouges, et qu'ils ont désigné sous le nom à'acarus scabiei. Déjà Ingrassias et Joubert avaient supposé l'existence de cet insecte ; mais c'est dans le Theairum insectorum de Moufet qu'il en est parlé pour la première fois , avec quelques détails. Hauptman publia le premier la figure d'un de ces insectes, dessiné, dit-il , d'après nature, et le représenta pourvu de six pattes. De nouvelles observations publiées par François Rédi parurent mettre hors de doute l'existence de cet insecte. ( Extrait de la lettre de Gioi'an-Cosimo Bonomo , où se trouvent consignées les expériences d'Hyacinthe Cestoni ) : « Tandis que , guidé par vos vues et sous vos auspices , je faisais des expériences sur les insectes, je vis par hasard que leciron était un très-petit ver qui se formait sous la peau des galeux, et dont la morsure causait une très-vive démangeaison. Ayant trouvé depuis que Guiseppe Lorenzo adopte celle même opinion , j'eus la curiosité de vérifier le fait par moi-même. Je communiquai ce dessin à M. Hyacinthe Cestoni , il m'assura avoir vu pl usieurs fois de pauvres femmes dont les enfans étaient galeux, tirer avec la pointe d'une épingle des plus petites pustules , avant qu'elles fussent mures et purulentes . je ne sais quoi qu'elles écrasaient sous l'ongle, non sans un petit craquement; et qu'à Livourne les galériens se rendaient réciproquement le même service; il ajouta qu'il ne savait pas avec certitude , si les cirons étaient effectivement des vers. Ainsi nous résolûmes tous deux de nous en éclaircir : nous nous adressâmes donc à un galeux, en lui demandant l'endroit où il sentait la plus forte démangeaison ; il nous montra un grand nombre de pustules qui n'étaient pas encore purulentes. J'en ouvris une avec la pointe d'une aiguille très-fine; et après avoir exprimé un peu de la liqueur contenue , j'en tirai un petit globule blanc presque imperceptible. Nous observâmes ce globule au microscope et nous reconnûmes avec toute la certitude possible, que c'était un ver dont la figure approchait de celle des tortues, decouleur blanchâtre, le dos d'une couleur un peu plus obscure, garni de quelques poils longs très-fins ; le petit animal montrait beaucoup de vivacité dans ses mouvemens ; il avait six pattes, la tête pointue et ornée de deux petites cornes ou antennes à l'extrémité du museau. Nous ne nous tînmes pas à cette première observation ; nous la répétâmes un grand nombre de fois sur diverses personnes attaquées de la gale, d'âge , de tempérament et de sexe différens , et en différentes saisons de l'année; nous trouvâmes toujours des animaux de même figure. On en voit dans presque toutes les pustules aqueuses ; je dis presque toutes , jjarce qu'il nous a été quelquefois impossible d'en trouver. Il est parfois très-diffcile d'apercevoir ces insectes sur la superficie du corps , à cause de leur extrême petitesse et de leur couleur semblable à celle de la peau. Ils s'introduisent d'abord par leur tête aiguë; ils s'agitent ensuite, rongeant et fouillant jusqu'à ce qu'ils soient entièrement cachés sous ]'é|)iderme , où il nous a été facile de voir qu'ils savent se creuser des espèces de chemins couverts ou de routes de communication d'un ]îoint à un autre ; de sorte qu'un seul insecte produit quelquefois plusieurs pustules aqueuses; et quelquefois aussi nous en avons trouvé deux ou trois ensemble , et pour l'ordinaire fort près l'un de l'autre. Nous étions très-curieux de savoir si ces petites animaux pondaient des œufs ; et après de longues recherches , nous eûmes enfin la satisfaction de nous assurer de ce fait ; car ayant mis sous le microscope un ciron pour en faire dessiner la figure par M. Isaac Colomello , il vit, en dessinant , sortir de la partie postérieure de cet animal un petit œuf blanc, à peine visible et presque transparent : il était de figure oblongue comme un pignon. Animés par ce succès, nous recommençâmes à chercher les œufs avec la plus grande attention , et nous en trouvâmes beaucoup d'autres en différens temps : mais il ne nous arriva plus de

les voir sortir du corps de l'animal sous le mici-oscope Les cirons passent

aisément d'un corps à l'autre par le seul contact de ces corps ; car ces petits animaux ayant une extrême agilité , et n'étant pas tous continuellement occupés à se creuser des passages sous l'épiderme, il s'en trouve souvent quelques-uns sur la superficie de la peau , et ils sont très-prompts à s'attacher à la première personne qui se présente, et en quelque petit nombre qu'ils aient été reçus, ils

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adressée à Rédi 1687. Collection -4», tom. IV , pag. 574.

r fait lui-même des observations semblables. « J'eus oc-

multiplient prodigieusement en pondant leurs œufs , etc. » ( Obscr.aHons sur Z cirons ou insectes de la pe.u des galeux , publiées «ous le nom du docteur Giovan-Cosimo Bonorao, dans une lettre académique étrangère , in-

Morgani assure avoir fai , - i i ,

casion dit-il , de donner des soins a une dame d un rang cleve, dans le temps nue i'exercais'la médecine dans mon pays. Après plusieurs crises qu'éprouva celle dame à lafin d'une maladie grafe et très-longue, j'en remarquai une qui était tout entièrement psoriqi.e et qui se manifesta par une éruption très-abondante sur tout le corps et particulièrement sur les mains. Le prurit que ressentait celte malade était assez violent pour l'empêcher de goûter quelque repos. Comme les vésicules qui formaient cette éruption étaient remplies de sérosité et ressemblaient à celle où I on découvre des insectes , j'en/is ouvrir une par la domestique- et après m'êtrearmé de mes lunettes, je l'examinai avec attention ; ie ne fus pas lon^-temps sans y reconnaître un animal errant et présentant la forme que les modernes ont si bien décrite. Je ne me contentai pas d'examiner une seule vésicule , je répétai mon expérience sur plusieurs ; dans toutes je trouvai des insectes plus ou moins pleins de vie. Je m'assu,-ai >}u aucun des gens

• „f,p,.ocl,nienC cette dame na^'ait la gale ; je pense que ces petits insectes

'étaient accrochés aux vétemens de Tuu d'eux et étaient parvenus jusqu'à la

Lallle. ( sedibus et causis morhorum. Epist. 55. )

Les recherches ullérieures de Linnée , de Geer , de Fabncuis , ont eu prin-

t pour but de fixer le caractère de cet insecte. Son existence ayant

éirrévonuée en doute par plusieurs pathologistes , M. Galès fit de nouvelles

, . ' .oi-) pt o„Mia nu'il avait observé plus de trois cents cirons de

expériences en loiz , CL ei.;.u , ' , ,. - ■

1 le - nu'ils avaient toujours la même tonne, a la grosseur près ; que le nombre^de jattes était tantôt de six , tantôt de huit , ce qu'il était porté à attribuer à h diirérence des sexes. i . n • • > t^i

D'un autre côlé des observateurs fort habiles , Galeotti et Chiarugi, a Flo- MM Lu"ol , Biett, Mouronval, à Paris, ont cherché vainement sur un "^"^aiurnombre d'e galeux , à apercevoir cet insecte, à l'aide de fortes loupes où d'Txcel'lens microscopes. Je n'ai pas été plus heureux dans mes recherches , cuelques soins que j'y aie apportés. Je n'ai jamais observé à la surface .le la

au de "aïeux, d'autres insectes que des pedicuh , lorsque ces personnes vivaient da^n s l'incurie et dans la malpropreté, et le je ne sais ^uot qui craquait l'oncle dont parle Ct'stoni , n'était probablement pas autre chose. ¥.n ouvrant les' vésicules de la gale , et après avoir exprimé la liqueur qu'elles contenaient, je n'ai jamais pu apercevoir , dans leur intérieur, les globules blancs animés dont parle Bonomo , ni les chemins couverts que tracent ces prétendus insectes sous l'épiderme. Voulant apporter dans ces recherches tous les soins propres à en garantir l'exactitude , je me suis aidé des lumières de M Vincent Chevalier fils , opticien fort habile et familier avec les recherches microscopiques. Je citerai , enlr'autres exemples , celui de trois enfans , frères et sœurs atteints de la gale, et qui n'avaient subi aucun traitement. Après avoir ouv'ert avec la pointe d'une lancette une vésicule psorique, accuminée et bien caractérisée , j'en ai recueilli la sérosité sur une lame de verre qui a été vlacée sur-le-champ, par M. Chevalier, sous ua de ses microscopes acliromaîiques d'un grossissement de cinq cents diamètres. Cette liqueur nous a paru composée de globules circulaires et immobiles, au milieu desquelles nous n'avons pu distinguer d'être animé, M. Asselin , médecin à Cherbourg, MM Henri , Petroz et Pelletier, membres de l'Académie royale de Médecine , qui assistaient à cette expérience, ne virent comme moi dans la liqueur , que les elobnles circulaires et immobiles dont je viens de parler. Nous avons examine de nouveau cette liqueur, cinq, dix, et quinze minutes après l'avoir recueillie, nous l'avons ensuite étendue d'eau tiède, puis d'eau froide, en proportions variées, sans jamais avoir aperçu de traces d'aca;-«5 , sous le microscope. Non content d'avoir déposé sur une lame de verre toute la liqueur que contenait la vésicule , j'ai raclé légèrement son intérieur avec le bord d'une lancette afin d'enlever tout ce qui pouvait être resté adhérent à la peau , j'ai recueilli ainsi une gouttelette de sérosité légèrement sanguinolente dans laquelle , en prenant les précautions ci-dessus indiquées et en variant nos essais, nous ne pûmes découvrir rien qui ressemblât à un insecle. Nous répélûmes ces expériences, et sans plus de succès , sur la sérosité d'un grand nombre de vésicules psoriques bien caractérisées, développées entre les doigts sur les poignets, et les plis des bras de ces trois enfans. L'examen de la sérosité purulente des vésicules enûammées ne nous a également fourni que des résultats uégatil's.

Le même jour, nous examinâmes au microscope la poussicre d un vieux fromage , dans laquelle nous vimes très-facilement et très-distinctement un grand nombre de mittes (acarus-siro, L.) , et nous fûmes frappés, M. Asselin et moi, d'une observation que j'avais déjà faite , de la ressemblance de ces animaux, bien figurés par Leuweiihceck. , avec le prétendu acurus scabici , représenté parM?Galès, etc. Celle ressemblance est même portée à un si haut degré, qu'il y a sans contredit plus d analogie entre telle figure de Yacarus scabici et celle de la mitte du fromage, représentée par Bonomo , qu'entre les deux figures du sarcopte de la gale , publiées par Cestoni et M. Galès.

En résumé, il est démontré pour moi, que Vacarus scabiei , diversement fi-Turé par Hauptman, Cestoni et M. Galès , n'existe pas dans les vésicules de la gale de l'homme ; et , si l'on m'opposait les observations déjà citées de Cestoni et de Morsagni, je répondrais que Uonomo et Cestoni parlent aussi de chemins couverts que l'acare de la gale se fraie sous la peau , et qu'eux seuls les ont vus ; enfin , qu'il est surprenant que Morgagui ail aperçu avec de simples lunetles

(chez une femme qui avait gagné la gale dans son lit , sans qu'aucune des per sonnes qui l'entouraient en fût atteinte) , un insecle qu'on ne peut aujourdhu découvrir avec les meilleurs microscopes.

§ V. Les maladies que I on confond le plus ordinairement avec la gale, soni l eczéma, le lichen , le prurigo, l'ecthyma, les inflammations vésiculeuses o 1 papuleuses artificielles.

Lorsque la gale est simple et qu'un assez grand nombre de vésicules sou' intactes, avec un peu d'attention on distingue facilement ces élevures des pa pules du lichen et du prurigo , et des pustules de l'ecthyma. {(^oyez Ecthïmj, Inflammations cutakées artificielles, Lichen, Phurigo.)

L'eczéma simple a plus d'analogie avec la gale, puisqu'il appartient à la mêm forme; mais il en diffère par plusieurs caractères , et en particulier par la pro priélé non contagieuse de ses vésicules , qui sont plus animées et plus aplatie, que celles de la gale. Le diagnostic de cette maladie est moins facile, lorsqu les vésicules ont été détruites ,• car , si les petites croûtes minces et peu adhé rentes de la gale sont bien distinctes des croûtes de l'ecthyma , incrustée dans la peau , et des excoriations sèches ou fluentes de l'eczéma chronique, elle le sont moins des petites croûtes de prurigo , et de celles produites par la pi qûre d'une grosse épingle sur les poignets ou entre les doigts {gales simulées] Enfin, lorsque la gale a été combattue par des lotions ou des pommades irri tantes, qui ont produit des éruptions accidentelles , lorsque les vésicules psc riques sont dénaturées et que les petites croûtes qui les ont remplacées sor éparses entre des pustules ou des papules, ce n'est qu'après une étude mint tieiise de la forme et du siège des diverses altérations que présente la pea {vésicules, papules, pustules, croûtes, excoriations), qu'on parvient à détei', miner le nombre, la nature et l'importance des lésions variées qui constitucE ces cas complexes.

§ VI. Si la gale est beaucoup plus bénigne qu'on ne le croit vulgairement il est rare aussi que son développement exerce sur quelques maladies aioué ou chroniques, l'heureuse influence que quelques auteurs lui ont attribuér (Jerzeinski, de Scabiei salubrilale in affectibus lijdropicis ; Halêe, 1/77 )

§ VJL Lorsque dans les gales anciennes , les vésicules psoriques très-non; breuses et trcs-rapprochées sont accompagnées d'une vive inflammation de 1 peau ou d'éruptions accidentelles, il est avantageux si la constitution le permede commencer le traitement par une saignée du bras, des lotions émollientes et quelques bains simples. Mais , lorsque la gale est simple ou récente on e obtient facilement la guérison sans traitement préparatoire , à l'aide de mééjli cations locales , dont l'expérience a démontré les avantages.

Les frictions avec la pommade soii/'rce {prenez nxonge , une livre soufi sublimé et lavé, huit onces), ou avec la pommade d' Uelmei-ick {prenez axon^i une once ; soufre , deux gros ; sous-cai bonate de potasse, un gros) , ou la poudi de Pj'horel , guérissent ordinairement la gale, dans l'espace de quinze jours mais elles ont l'inconvénient de salir le linge.

La pommade soufrée s'emploie à la dose de deux onces par jour en deu frictions , que l'on pratique sur toutes les parties occupées par les vésiculei Lorsqu'on se sert de la pommade d'Helraeric, et c'est celle que j'emploie i ])lus ordinairement, on commence parfaire prendre au malade un bain savoi neux ; on fait ensuite avec cette pommade trois frictions, d'une once chacune par jour. On termine le traitement par un bain savonneux pour neltojerl peau. Dans la méthode de Pjhorel , il suflit de délayer un scrupule de sulfu» de chaux dans un peu d'huile, et de se frotter, avec ce mélange, la paum des mains, matin et soir.

Les bains s ilfureux artificiels ou naturels conviennent , surtout chez les ewill fans; mais ce traitement qui exige une vingtaine de bains , est dispendieux Ldt lotions sulfureuseï, et surtout la suivante {prenez sulfure de potasse, une onctîl eau de rivière, une livre ; acide hydiochlorique, une once; eau distillée uniln livre; versez une once de chaque liqueur dans quatre onces d'eau chaude) procurent ordinairement une prompte guérison. Elles ne salissent pas le ling comme les pommades, mais elles irritent quelquefois la peau de manière donner lieu à des cruplions vésiculeuses et papuleuses artificielles, qu'il fan souvent combattre par la saignée et des bains simples.

La lotions alco/ioliques sat^onneuses , moins sûres dans leurs effets, peuveB être recommandées aux personnes riches qui ont quelque intérêt à tenif leur maladie secrète , ou qui montrent de la répugnance pour les préparatioï* sulfureuses : je les emploie rarement. Lesfumigutions sulfureuses , uduiinistréii''* dans quelques hôpitaux n'occasionnent point de dépense , n'ont point d'odeu ■ et n'altèrent pas le linge ; mais la longue durée du traitement compense C6i avantages.

Je ne puis entrer dans beaucoup de détails relativement au (raitement d«l complications de la gale avec l'eczéma , le prurigo , le lichen , l'ecthyma , etcj chacune de ces maladies de la peau exige des soins particuliers , qui seront o qui ont été exposés {voyez Ecthyma , Lichen , Prurigo, etc.) Lorsque ce complications se déclarent au début de la gale, il convient d'alterner l'empl» des bains simples avec celui des bains sulfureux ; administrés tous les jour» ces derniers pourraient exaspérer l'inflammation de la peau , comme je l'ai t dans plusieurs cas , où ces complications avaient été prises pour des varicl( de la gale. Lorsque ces maladies ou des inflammations artificielles surviciinei à la fin du traitement , on les aggraverait aussi en persistant dans l'emploi di préparations sulfureuses; il ne faut pas regarder ces afrections accidentell» comme des modif calions , des détériorations de la gale.

Lorsqu'on a obtenu la disparition complète des vésicules psoriques, il fai eu prévenir le retour. On désinfectera les vêlemens, surtout ceux de laioe, •! ll«it(ii

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