‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 40 sur 311 · GANGLION · texte numérisé non relu

GANGLION

les exposant à un courant de gaz acide sulfureux ; on changera fréquemment de linge, et on continuera tous les autres soins de propreté.

§ VIII. Après avoir fait connaître les moyens qu'on emploie avec le plus de succès et d'économie contre la gale , je me bornerai à rappeler , ici , que les onctions huileuses ( Delpeche Journal de chimie méd. , 1827), que les /jo//jmades acides d'Alyon et celle de Crolius , que la pommade d'ellébore réussissent souvent , mais moins bien que la pommade d'Helmerick ; que Veau mercurielle de Piderit et la suivante, composée des mêmes bases : ) prenez mercure deux gros ; aoide nilrique, quatre onces ; étendez la dissolution avec de l'eau distillée , et ajoutez un gros de camphre par litre ) ; et la pommade de Laubert (/>/'e«ez seize parties de soufre, une partie de protoxyde de plomb, axonge, q. s. ) , paraissent avoir quelquefois occasioné des salivations abondantes et troublé les fonctions digeslives; 3" que l'emploi du Uniment de M. Jadelot {formulaire de M. Ratier ) a été suivi, dans quelques cas, de sueurs, de cuissons, de malaise et du développement d'éruptions vésiculeuses et papuleuses artificielles ; 4° enfin que plusieurs autres préparations essayées contre la gale, |telles que les pommades de prolo-iodure et de deuio-iodure de mercure , sont plus nuisibles qu'utiles.

§ IX. Le mot gale n'est pas dérivé de galla ; car tout porte à croire qu'il remonte à une e'poque antérieure à celle où l'on a attribué à un insecte cette maladie de la peau, dont la |)remière apparition, en Europe , remonte à une époque indéleraiince.

On a dit et répété, dans une foule d'ouvrages , que les Grecs avaient décrit la gale sous le nom de psora ; mais cette assertion est inexacte : ipwpx xpKxoT^fM , ^-T^îwsT'; , rei>.-^.-'jvj , désignent d'une manière générale les maladies squammeuses et non une éruption vésiculeuse, susceptible de se transmettre par' contagion. Je dois ajouter que, si dans les ouvrages publiés en latin depuis la renaissance tles lettres , la gale a été désignée sous le nom de scabies, cette dernière expression n'a pas été non plus primitivement employée dans ce sens. La description de Celse s'applique plutôt au lichen confluent et excorié, qu"à la gale, u Sca- 1 bies vero est asperituda rubicomJior ex quà pustiilœ oriuntur , quaedam hu- > midiores , quœtiaui sicciores. Exit ex quibusdam sanies , fitque ex his conti- ' nuata exulceratio pruriens, serpitque in quibusdam cito. Atque in alis quidam 1 ex toto desinit, in aliis vcrô certo tempore anni revertilur. Quo asperior est, 1 quoque prurit ma gis , eo diflicilius tollilur ; itanue eam quœ talis est a.ypist.'j , I ideslferam, Grueci appellant , etc. « Il n'est pas question dansée passage jbscur d un caractère essentiel de la gale, qui n'aurait pu être omis et méonnu, de la contagion : en outre, cette maladie ne se termine pas spontanéueiit, elle ne revient pas à certaines époques de l'année , etc. : ce n'est donc m'en interprétant ce passage d'une manière inexacte , qu'on a pu avancer que es Latins avaient connu et décrit la gale.

Parmi les nombreuses maladies de la peau qu'il comprend sous le nom de cahies y Hafenreffer {wj'ïoyjia'i Kalt^;p[/.o-i , Tubing , in-12 , 1630), ne décrit Joint la gale. Wlllis ne l'a pas séparée avec assez de soin des autres maladies

Ijrurigineuses ; mais il a bien connu sa nature contagieuse et l'utilité du soufre lans son traitement (Pharmac. rational., part. 1, § 3, cap. 6 ). Willan et Batcjaan en ont inulilement multiplié les espèces praclical sinopsis of cutaneous liseuses , 8'>, édit., 1829). M. Fournier (Diclionaire des sciences médicales, rt. Gale) a fait, avec beaucoup de détails, l'histoire des diverses méthodes e traitement de la gale ; M. Biett ( Dictionnaire de médecine , art. Gale ) s'est Ipécialement attaché à démontrer que sa forme primitive était constamment 'csiculeuse ; M. Mouronval a fait connaître les résultats de ses observations sur ( plupart des méthodes employées et spécialement sur les fumigations et les )tious alcolioliques , et les recherches de M. Lugol , sur Vacarus scabici ( Rekerckes et Obsert^ations sur la gale j in-S» , Paris, 1821 ); M. Hurtrel-d'Aroval , Dict. de méd. véiér. , art. Gale) a rassemblé des observations encore )rt incomplètes , publiées sur la gale des animaux domestiques.

( P. Rayer. )

GALLE DE CHENE , ou koix de galle. Les chênes, dans les diverses conées où ils croissent, sont très-sujets à produire, par suite de la piqûre d'in- )Ctes du genre cpiips, des excroissances nommées galles , dont la forme et les ropriétés (lifTèrent beaucoup, suivant l'espèce de l'insecte, Tespcce du végétal tJa partie de l'arbre qui a été piquée. De toutes ces galles , la plus imporinte et la seule usitée en médecine est \a galle du Levant , qui est produite ans la Syrie et la Natolie, sur le quercus inj'ectoria , par la piqûre du cjnips allae tinctoriœ. Elle provient, d'après Ollivier, du bourgeon des jeunes râteaux que la femelle de l'insecte a piqué pour y déposer un œuf. Bientôt il en suite une afiluence de sucs qui soudent les parties du bourgeon, et en forme je protubérance sphcrique de quatre à douze lignes de diamètre , marquée ulement de quelques éminences dans la partie opposée au point d'attache , au centre de laquelle le jeune insecte subit ses métamorphoses jusqu'à ce a'il soit insecte parfait; alors il perce sa prison et s'échappe. On récolte, itant que possible , les galles avant que ce terme soit arrivé , parce qu'alors les ont perdu une grande partie de leur qualité.

On préfère, dans la galle du Levant , celle d'Alep ou de Syrie, à celle de spyrne, et dans chacune , la galle noire ou verte , dure , pesante et non ouïj'te , à la galle blanche ^ légère et ouverte que l'insecte a quittée. La noix de galle peut être placée au nombre des plus forts astringens du egne végétal ; mais elle est plus employée à l'extérieur , en lotions ou en in- 1 étions , qu'à l'intérieur. Dans lés arts , elle est très-usitée pour la tein- § re en noir, et eu chimie, elle sert de réactif pour découvrir le fer dans

les dissolutions , par la couleur noire-violette qu'elle leur communique.

( Gdikourt. )

GAELIQUE (A CIDE ). Cet acide se trouve dans la plupart de végétaux astringens combiné à un autre principe immédiat qui porte le nom de tannin. Il a été découvert par Schèeie dans la galle de chêne d'où on l'a retiré jusqu'ici ; mais , d'après M. Avequin , il existe en plus grande quantité encore et plus facile à obtenir dans la graine de mango (mangifera indica) , yinn. chim. t. 47 , p. 20.

Le procédé qui réussit le mieux pour obtenir l'acide gallique de la noix de galle parait être celui de M. Braconnot. Il consiste à exposer à une température de 20 à 25 degrés , une pâte de noix de galle concassée et d'eau , que l'on humecte de temps à autre à mesure que l'eau s'évapore. Au bout d'un mois environ , on exprime la masse et l'on traite le marc par l'eau bouillante qui dissout alors une grande quantité d'acide gallique; on évapore et l'on fait cristallier ; on purifie l'acide par une nouvelle solution, par la décoloration au charbon animal et par une seconde cristallisation.

L'acide gallique est en aiguilles blanches et soyeuses , inaltérables à l'air ; il a une saveur faiblement acide , avec un arrière-goût sucré ; il se dissout dans l'alcohol plus que dans l'eau. Soumis à l'action du feu, il se décompose en partie et forme un sublimé blanc, privé d'eau , non acide , que M. Berzélius regarde comme 1 acide gallique pur et entièrement privé de tannin. Cet acide ne forme avec les alcalis que des combinaisons peu stables et qui se colorent à l'air, en vert , puis en bleu et en brun. Sa propriété la plus remarquable est celle de former avec les sels de fer non acides, un précipité bleu noirâtre Il n'agit pas sur les sels de protoxide. Il est formé , d'après M. Berzélius , de carbone , 57,61 ; hydrogène , 4,70 ; oxigène , 37,69; sa formule atomique C6H«03.

On sait que plusieurs substances végétales très-astringentes, et nommément j'écore de racine de grenadier, ont été employées avec succès contre le tœnia • quelques personnes avaient pensé que cette propriété était due à l'acide gallique; mais cet acide pur a été essayé sans succès; c'est le principe tannant lui-même , ou la combinaison de l'acide gallique avec le tannin qui parait jouir de la propriété de tuer le taenia ; à moins qu'on n'attribue cette action de certaines substances astringentes, à un troisième principe immédiat non encore déterminé jusqu'ici. ( Gdibodrt. )

GANGLION (pathologie) ; s. m. On donne ce nom à des tumeurs enltys-'» tées et synoviales , développées aux environs des articulations ou des gaines tendineuses de glissement.

La plupart des ganglions apparaissent au devant des articulations petites , serrées , à mouvemens peu étendus , et protégées par des lames fibreuses denses et épaisses , com me celles du carpe et du tarse ; ou sur le trajet de gaines des tendons qui s'attachent au doigts et aux orteils. Ils sont le résultat d'bydropisies véritables des membranes synoviales de ces parties , ainsi que le constate l'inspection anatomique ; et le mécanisme de leur formation est assez facile à comprendre. Dans les grandes articulations ginglymoïdales ou orbiculaires , en eCTet, la sécrétion augmentée de la synovie détermine la distension générale de la capsule, l'augmentation de volume de la jointure , et tous les phénomènes de I'Htdarthrose , dont le genou et le coude présentent d'ailleurs de si fréquens exemples. Dans les petites articulations arthrodiales , et dans les gaines des tendons , au contraire , la membrane synoviale , étant revêtue à l'extérieur par des plans fibreux solides et résistans , ne saurait se dilater uniformément sous l'influence de la même cause. Lorsque de la synovie s'y accumule , elle fait efToi-ts de toutes parts contre les parties qui la soutiennent , et bientôt s'engageant entre les légers intervalles des trousseaux aponévrotiques , ou même y produisant quelque éraillement considérable , elle proémine au dehors, se développe de plus en plus , et reçoit des quantités variables de synovie, de manière à constituer une tumeur ganglionnaire plus ou moins volumineuse. Toutes les fois que l'on ouvre les tumeurs de ce genre ou les trouve formées par des renflemens de la membrane synoviale , souvent fortifiée à l'extérieur au moyen de feuillets celluleux ou fibreux dilatés , contenant un liquide filant, blanchâtre ou jaunâtre , onctueux au toucher , et communiquant avec l'articulation ou la gaîne tendineuse la plus voisine , à l aide d'une ouverture de figure et de dimensions très-diverses.

Les causes les plus communes des ganglions sont les stimulations continues et fatigantes des organes mobiles près desquels ils se développent. L'exercice habituel de certains doigts , les marches prolongées , les pressions incessamment répétées , produites , soit par des chaussures trop étroites , soit par quelques insirumens ou quelques outils, les déterminent fréquemment. J'en ai observé deux le long du trajet des muscles extenseurs du pouce de la main droite , chez des personnes qui jouaient presque continuellement de la guitare. D'autres fois on les voit survenir à la suite de distensions et de renversemens forcés imprimés au poignet ou aux doigts. S. Cooper assure qu'ils sont très-communs audevant de la rotule , chez les domestiques anglais , qui restent long-temps courbés sur leurs genoux pour frotter les appartemens. Mais il est à remarquer qu'alors il s'agit moins de ganglions proprement dits, selon la véritable acception anatomique de ce mot , que de l'hydropisie ou de l'accumulation d'une sérosité non synoviale dans la poche celluleuse qui existe assez souvent entre la face antérieure des tégumens du genou. Il en est de même de quelques tumeurs analogues , développées au-dessus de la portion superficielle dcTolécraDe ou à la fesse , près du tendon du muscle grand fessier. Ces hydropisies ou ces kystes , souvent purulens , ne doivent point être assimilés aux véritables ganglions. Ceux-ci surviennent quelquefois , au surplus , sans cause appréciable,

GANGLIOW.

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