‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 42 sur 311 · GAROU · texte numérisé non relu

GAROU

1,1 faut encore s'y conformer rigoureusement, dans tous les cas où la mortification se manifestant à la suite de commotions violentes , de cougéliUions profondes, ou de brûlures très-élendues , on ne peut déterminer, sur le membre, généralement enflammé ou engorgé , jusqu'à quelle hauteur la déperdition de substance doit s'avancer. Mais, ainsi que M. Larrey et feu M. Gailée en ont établi le, précepte et donné l'exemple, ou peut amputer avant que la gangrène soit limitée , lorsqu'elle résulte de coups de feu ou d'autres accidens traumaliques , suivis d inflammation excessive, mais bornée à des portions circonscrites et bien déterminées des membres. Dans ces cas graves , autant que critiques , il faut nécessairemeut opérer non-seulement au-dessus des parties déjà raortiîiées , mais encore à une certaine distance de celles que l'inflammation envahit , et autant que possible sur une division du membre supérieure à la maladie. Ainsi , dans les cas de gangrène par suite d'écrasement ou d'autres lésions analogues de la main ou du pied , il convient de porter l'instrument sur l'avant-bras ou la jambe , et , par la même raison , lorsque ces dernières parties sont afl'ectées , c'est sur le bras ou la cuisse que le chirurgien doit opérer.

La raison de ces préceptes différons est facile à faire comprendre. Dans les gangrènes dites séniles ou spontanées, la cause du mal étant intérieure, il e»t impossible d'en calculer , d'en prévoir les ravages , et il se pourrait que , si haut que l'amputation fût faite , elle restât encore cependant au-dessous du point déterminé en quelque sorte par la nature pour fixer ses limites , et que la uiortificalion se manifestât consécutivement dans le moignon. Lorsque tout un membre commué, congelé, ou frappé par le feu, est engorgé et enflammé, il est encore impossible de déterminer à yvrtori' jusqu'à quelle hauteur l'irritation sera assez intense, quelque moyen que l'on emploie afin de la combattre, pour amener la gangrène. 11 faut attendre que celle-ci soit bornée. Mais lorsque la lésion est locale, circonscrite, que la cause du mal est externe, accidentelle, et qu'au dessus des parties affectées, les tissus sont dans l'état sain, il n'est pas à craindre en divisant ceux-ci d'y voir la gangrène survenir, puisque le foyer d'où elle part et qui pourrait la propager jusque-là est emporté.

On a dit que dans la gangrène spontanée, ou consécutive à l'artérite, l'amputation ne peut pas réussir lorsque, bien que la mortification soit bornée, les pulsations ne se font plus sentir dans l'artère principale jusqu'à la base du membre. Cette assertion est erronée. On conçoit très-bien en effet que l'artère principale soit oblitérée , et que les branches d'anastomoses , nées au-dessus du point où finit l'oblitération , suffisent pour entretenir la vie , après comme avant l'amputation dans les tissus supérieurs à la gangrène , et que celle-ci ne menace plus , puisqu'elle est déjà bornée. Mais cette considération pourrait ne pas dissiper tous les doutes si les faits ne venaient s'y ajouter. J'ai amputé, il y a quelques mois, le bras gauche à un officier, atteint de maladie organique du cœur et d'artérite du membre thoracique , avec un succès complet , bien que l'artère brachiale fût oblitérée jusqu'à l'aisselle , et qu'après la section des parties elle n'ait pas fourni une goutte de sang. La mortification atteignait la main, et s'était bornée à la partie supérieure de l'avant-bi-as , à quelques travers de doigt au-dessous du coude. L'oblitération artérielle à la suite de l'inflammation dont les effets sont bornés, n'entraîne pas plus d'inconvéniens , relativement à la nutrition des portions du membre restées vivantes , que celle qui résulterait d'une ligature; et dans ce dernier cas, certes , aucun praticien n'hésiterait, la gangrène étant parfaitement limitée, à amputer au-dessus d'elle, sur la portion d'artère devenue imperméable.

L'extrême faiblesse du sujet peut engager ou à retarder, ainsi qu'il a été dit plus haut, autant que possible l'époque où le travail de la suppuration rendra l'amputation indispensable, ou à retrancher seulement la plus grande partie des tissus mortifiés, en amputant près des parties vivantes, afin de ne produire aucune douleur et de n'occasioner aucune perte de sang, double circonstance qui détermine toujours un notable affaiblissement des individus. Quant au précepte qui consiste à diviser les tissus, à l'occasion de la gangrène, entre les parties mortes et celles qui vivent encore, l'expérience en a fait justice, d'abord parce qu'ime semblable ligne de démarcation n'est qu'imaginaire, toutes les fois que la nature n'a pas opéré la séparation des escarres, et qu'ensuite l'irrégularité presque constante de cette ligne rendrait une semblable amputation irrégulière et moins avantageuse qu'une opération plus , méthodique pratiquée dans les tissus sains. Si, cependant, toutes les parties molles étaient détachées, que la plaie présentât des conditions favorables, que les os seuls fussent restés intacts, et que d'ailleurs la débilité du sujet fût grande, il vaudrait mieux se borner à une résection déjà presque entièrement faite par la nature, que d'exécuter une opération nouvelle et grave. {^Vojez Amputation.)

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Ou trouve des détails précieux sur les causes et les accidens de la gangrène, ainsi que SM les moyens de traitement qu'il convielit de lui opposer, dans un grand nombre de traités g neraux de cbirurgie , parmi lesquels nous devons spécialement ci ter le Trailé de cbirurgiei.l Hichter ; les Mémoires et Campagnes de M. larrey ; le Trailé des Maladies chirurgicalé« (.| M. Bojer ;\e Précis des Maladies chirurgicales de M. Delpech; les Principes de Cliirurgie* P(?a;\îo/i ; les Principes de Chirurgie militaire de Hennen ; \e TrMé des Plaies d'armes if' de Guthrie ; les OEuvres de Chirurgie de M. Astley Cooper ; les nouveaux Elémens de ft tholo^ie médico-chirurgicale de M M . jRocAe et iÇa/iio/î. Sous le rapport de la tbéorie de cet' affection, les écrits de //«n/er , de MM. Thomson et Gendrin , sur l'indammation et ses n sultats , seront consultés avec fruit.

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