L.-J. BÉGi
GARANCE, ruhîa tinctorum ; plante vivace de la famille des rubiacées etjjt! la tétrandrie monogynie, croisant naturellement dans le midi de l'Europe, ditotl le Levant et en Afrique; mais cultivée aussi dans plusieurs autres pays, pourW racine, qui est très employée dans la teinture en rouge. Cette plante pousse dS' tiges herbacées, faibles, tétragones, rameuses, armées de petits crochets, e très-rudes; les feuilles sont verticillées, sessiles, lancéolées, aiguës, hérissée d'aspérités; les fleurs sont petites, d'un jaune verdâtre, à quatre divisions; le fruits sont formés de deux baies accolées, noires et succulentes; la racine é^i longue, rampante, de la grosseur d'une plume d'oie, formée d'une écorce roug^ dans laquelle surtout réside le principe colorant, et d'un méditallium jaunâfr^' Elle a une saveur amère et styptique. Administrée en décoction à l'intérieur elle jouit de la propriété de teindre en rouge le lait, l'urine et les os. Elle a cti préconisée autrefois comme diurétique et emmènagogue, et quelques praticien; ont annoncé en avoir obtenu d'heureux effets contre l'ictère et le rachitis; mail aujourd'hui elle est presque inusitée.
Beaucoup de chimistes se sont occupe's de rechercher les principes constituant de la garance. D'après M. Kuhlmann elle contient une matière colorante rouge, une fauve, un acide libre, du sucre, un principe amer, une résine odorante, différens sels alcalins, etc. MM. Robiquet et Colin en ont aussi retiré un principeiii colorant rouge, sublimé en aiguilles, devenant bleu par les alcalis, qu'ils regar« | dent comme différent de ceux trouvés par M. Kuhlmann, et qu'ils ont nomméti! alizarin, du nom commercial de la garance, alizari, (GciBOUitT.)
GARGOUILLEMENT. Voyez Auscultation.
GAROU. Ce nom, que l'on a rapporté successivement à plusieurs espèces dj genre daphné, a servi le plus souvent, et paraît devoir servir désormais, à dés. gner le daphne gnidium.
L'omission du mot c/o/^Anc dans ce Dictionnaire, la similitude d'action qiii^ paraît exister entre tous les daphnés, et aussi la difficulté de faire, dans l'état présent de la science, la part vraie de chacun d'eux, nous détermine à les comprendre tous dans cet article.
Les daphnés qui ont été les plus usités sont :
1° Le daphne gnidium (garou, saint bois);
2° Le daphne mezereum (bois gentil, laureole femelle);
3o Le daphne laureola (laureole mâle);
4" Le daphne thymelea (thymelée).
On a aussi admiiiistré comme remède, ou expérimenté, le daphne cannabin, le daphne tartonraira, le daphne cneorum et le daphne Laghetta.
Les daphnés ont été employés comme rubéfians et escharoliques, sialagogues, vomitifs et purgatifs, sudorifiques, diurétiques, emménagogues, etc.
Leur action était dirigée contre les syphilides invétérées, les exostoses et pé* riostoses syphilitiques et non syphilitiques ; la lèpre, l'éléphantiasis et autrely maladies de la peau; les scrofules, les engorgemens glandulaires, l'orchiocèle»! le squirrhe, etc.; contre certains cas d'angine, d'ophtlialinie et de catarrhe puf' monaire; enlin, contre l'hystérie , la fièvre quarte, la coqueluche et le rhumatisme.
Les feuilles du daphnoïde (daphne laureola), écrasées et appliquées sur lapeau, étaient employées comme rubéfiant par les anciens (Matlhiole). La racine^ et surtout l'écorce de plusieurs daphnés, ont été très-usitées, et le sont encore dans quelques pays, pour établir des exutoires. Le garou a particulièrement servi à cet usage. On introduisait un morceau de sa racine dans la conque de l'oreille, pour combattre des migraines ou des ophthalmies opiniâtres. Plu» souvent on prenait un morceau de son écorce ou de celle de bois gentil, qu'on appliquait, après l'avoir fait macérer pendant quelque temps tians de l'eau ou du vinaigre, et qu'on maintenait avec une feuille de lierre ou un morceau de sparadrap. Soir et malin on changeait l'écorce, jusqu'à ce que l'effet soit produili ce qui exigeait au moins vingt-quatre heures, et souvent, trois, quatre et niêtaae