GAROU
GASTRALGIE
uinze jours. Par ces applications, l'épiderme se levait ou se détruisait, et l'on iiiissail par obtenir une .sorte d exutoire qui fournissait un écoulement presque □ujours séreux.
Ce moyen est rarement employé aujourd'hui, surtout par les gens de rart, e qu'il faut sans doute attribuer à la lenteur et à l'incerliluJe de son action, ux démangeaisons et aux douleurs qu'il détermine. On fuit entrer le garou ans la composition de certaines pommades épispastiques très-usitées mainteant. Toutefois, il faut savoir que la plupart des pommades qui portent son om, ne doivent leur propriété qu'aux cantharides.
L'application des daplinés sur les membranes muqueuses y détermine une rritalion plus ou moins vive. C est pourquoi ils ont été désignes comme sternujtoires, sialagogues, vomitifs ou purgatifs. Les semences de plusieurs daphnés, t particulièrement du daphné gnidiura, étaient employées par les anciens omme purgatifs, sous les noms de coccagnicUa, i^ranat^nidia, piper monlanum. ,es accidens graves qui ont fréquemment suivi leur emploi, l'ont fait abanonner. Cependant, les paysans de quelques contrées se servent encore de ce loyen. On peut en dire autant des feuilles, de l'écorceetde la racine des diffél;ns daphnés. Il est bien démontré qu'en les administrant à dose purgative et bmitive, on se met dans le cas de produire de terribles accidens. Sur ce point us les auteurs sont d'accord. Ajoutez que, comme purgatifs et vomitifs, Façon des daphnés est toujours incertaine, ce qui est établi particulièrement pour s feuilles par les expérimentations de M Loiseleur des Longcliamps. Quant jx propriétés attribuées aux daphnés de provoquer les évacuations menruelles, la sueur et les urines, elles n'ont encore pour elles ni la notoriété, ni 3S observations connues. On peut croire que c'est seulement à cause des bons Tels des daphnés mezereum et gnidium, dans certaines syphilides, qu'ils ont é considérés comme sudorifiques par quelques auteurs.
Ce sont les médecins anglais qui les premiers ont combattu certaines affecons vénériennes avec le daphne mezereum. La publication la plus aiicieunc ir ce remède est d'Alexandre Russel : c'est un mémoire imprimé en 1767, dans
Recueil des Ohserfalions et Recherches des Médecins de Londres. Ce travail
t encore ce qu'il y a de mieux sur ce sujet : il contient dix-sept observations, i'on peut trouver courtes, aujourd hui, mais qui portent toutes un cachet rearquable de vérité. Elles sont relatives à des cas d exostose, de périoslose et ; douleurs ostéocopes. Russel n'employa d'abord que l'écorce de la racine, ais il Qnil par employer la racine entière, bien qu'il en regardât la partie
neuse comme peu active. Il l'employait récente; et estimait moins celle que m tire de terre sur la (iu de 1 hiver. Dans ses premiers essais il l'associait à autres médicamens, et particulièrement aux bois sudorifiques; mais il finit r la doniier seule. Voici la formule qu'il avait définitivement adoptée :
Prenez : Écorce de racine fraîche de mézéréon 5 ^'j
Eau de fontaine. . • • • îb '^'j
Faites réduire à îfe iv
Ajoutez sur la fin :
Réglisse concassée 3 ^'J
Il faisait prendre chaque jour en quatre fois deux livres de cette déction.
Suivant Russel , cette décoction n'est pas désagréable au goût. Jamais il ne • vue produire d'accidens , ni augmenter sensiblement une sécrétion;, si ce est chez deux malades où elle a été laxative. Ayant tenté de porter au double dose de la racine, il fut forcé d'y renoncer. Ce fut surtout dans des cas de riostose que Russel réussit. 11 doute de l efficacité de ce médicament , quand s lui-même est atteint. Les douleurs ostéocopes que ce remède apaisait plus promptement étaient celles qui s'accompagnaient de gonflement. Par racine du daphne mezereum , Russel a guéri des affections qui avaient rété à plusieurs traitemens mercuriels , et cependant il pense que l'action de tte racine est aidée par de petites doses de mercure. Souvent il y avait lélioration considérable au bout de quinze jours , et guérison complète rès un mois ou six semaines de traitement. Souvent aussi il fallait un mps plus long. Russel a également réussi dans des cas de périostose et de nflemeut articulaire auxquels le caractère syphilitique pouvait être contesté. Depuis l'époque où Russel publia son mémoire , l'usage du daphne mezeim a été singulièrement préconisé en Angleterre , non- seulement pour cas de périostose , mais encore pour les syphilides cutanées. Les doses et formule de Russe! ont été généralement suivies ; seulement beaucoup de alicieiis ajoutaient la salsepareille ou d'autres bois sudorifiques à la racine daphné. Fothergill l'a employée seuK> avec succès; Hunter l'a vue réussir Ur des nodus ; mais il croit qu'ils n'étaient pas vénériens. Cullen a guéri !c ce moyen des ulcères qui avaient résisté au mercure. Horne , Willan et aaeoup d'autres ont employé avec avantage le daphne mezereum dans des iphilides secondaires de la peau et des os. Swediaur a vu la décoction de ce I phné uni au gayac , guérir radicalement des affections syphilitiques contre Jjquelles il avait employé inutilement le mercure à diverses reprises. Hufelid a combattu avec succès , au moyen de celte écorce , administrée seule I avec le mercure , des douleurs ostéocopes, des gonflemens des os, etc. Il le, entre autres, un sujet qui avait une e.xostose au crâne avec douleurs I ns cette cavité, qui fut soulagé dès le sixième jour de traitement, et guéri au ] ut d'un mois. Le Wright a employé dans les mêmes affections le bois dentelle f ghetta lintearia), qui appartient à la même famille; même il le l'egarde comme léférable aux autres daphnés. En France , M. Lagneau s'est servi avec succès <i aaphne mezereum ajouté à la dose de deux gros par pinte à la décoction de
gayac et de salsepareille , dans des cas de douleurs ou de gonflement des os , d'alfections cutanées ou de tuméfactions indolentes de corps glandulaires ou autres. Cullerier a trouvé le daphné eliicace dans certaines syphilides cutanées. M. Biett tait un très-grand usage des daplinés mezereum et gnidium : il en ajoute un scrupule par pinte à la décoction des bois sudorifiques.
L'emploi du daphne mezereum à l'intérieur a rencontré des opposans. PearsoM regarde cet agent comme dangereux , et le considère comme sans vertu si ce n'est dans quelques exanthèmes. Wedel , Hoffmann et autres se sont aussi élevés contre lui. M. Lagneau a été plusieurs fois forcé d'y renoncer , à cause de la violente irritation intestinale qu'il déterminait. D'autre part, beaucoup d'auteurs assurent avec Russel qu'administré convenablement, ce remède est sans danger. M. Alph. Cazenave , (jui l'a vu souvent appliquer par M. Biett , et qui l'a très-fiéquemment conseillé lui-même, m'a donné l'assurance qu'il ne lui avait jamais vu causer les accidens qu'on lui attribue. Ces contradictions montrent cjue ce point de science a besoin de nouvelles recherches , et elles sont d'autant plus nécessaires , qu'il est constant que l'on a employé ici le daphne mezereum, là le daphne gnidium; que les uns ont fait usage tle l'écorce de la racine , d'autres de la racine entière , et d'autres de l'écorce de la tige ; enfin, parce qu'il est assez probable qu'on a rapporté (|uelquefoi3 à un daphné une écorce ou une racine qui appartenait à un autre.
On a encore employé intérieurement la décoction de mézéréon contre la lèpre, l'cléphantiasis , etc., et extérieurement contre ces maladies et l'orcliiocèle. Cette décoction a été conseillée aussi pour les indurations de la prostate. Home la regarde comme puissante contre les engorgemens de toute nature.
De ce qui pjrécède, il résulte : que les écorces de garou ^et de bois gentil ne doivent être employées pour établir des exutoires que dans des cas assez rares, et à défaut de moyens meilleurs ; que l'on doit renoncer complètement à donner les daphnés à dose vomitive ou purgative, et conséquemment à les employer ainsi pour guérir les hydropisies, la coqueluche , le rhumatisme , l'hystérie , la fièvre quarte, etc., comme les anciens l'ont fait; qu'il paraît positif que les daphnés mezereum et gnidium peuvent rendre des services éminens dans les syphilides secondaires , et particulièrement dans celles du périoste et de la peau ; que cependant , sur ce point comme pour les autres cas où les daphnés auraient réussi , la science attend de nouvelles observations.
( L. D^SLA^DEs. )
GASTRALGIES , G ASTRO-ENTER ALGIES ; de y^ït,'^, estomac , cVT=-^tv, intestin , et dea^/s; , douleur.
Le mot gastralgie , employé autrefois par un très-petit nombre de pathologistes , est presque universellement adopté aujourd'hui pour exprimer un état de souffrance de l'estomac , caractérisée par une lésion ou anomalie de la vitalité de cet organe , le plus ordinairement exempte de toute inûammation proprement dite. Cette lésion pouvant s'étendre de l'estomac à l'intestin par voie de sympathie ou de continuité , on a donné à l'affection nerveuse et simultanée de l'un et de l'autre, le nom de gasCro-enléralgie , comme on a appelé gastroc/ifemeFinflammation concomitlante de l'estomac et de l'intestin. Mais^ comme il est facile de le concevoir, les mots gastralgie et gastro-entéralgie n'e.xpriment nullement une maladie simple et identique , mais bien un état complexe et multiple , un ensemble de phénomènes morbides , variables dans leurs causes , leurs symptômes , leur marche , leur durée , leur traitement.
Toutes les formes qu'affectent les gastralgies ou gastro-entéralgies ayant reçu des dénominations particulières , et devant être , dans ce Dictionnaire , l'objet d'autant d'articles spéciaux , nous n'avons a nous occuper ici que des généralités c[ui leur sont applicables.
Causes. Les causes des gastralgies sont extrêmement nombreuses , extrèmemeut variées et méritent d'autant plus l'attention du praticien, cpi'elles constituent souvent la maladie elle-même, et que dans tous les cas leur appréciation concourt à en éclairer le diagnostic et le traitement. Dans beaucoup de cas, en effet, les gastralgies sont le résultat direct, actuel et nécessaire des causes qui les produisent ou les entretiennent, tandis qu'au contraire les inflammations gastro-intestinales affectent souvent une marche tout-à-fait indépendante des influences qui ont pu leur donner naissance. D'après cela , l'on ne saurait attacher trop d'importance à l'étude des causes générales des gastralgies. Nous les distinguons en organiques et hygiéniques.
A. Causes organiques. L'appareil digestif reçoit son principe d'action et de vie de plusieurs ordres de nerfs qui président aux diffcrens actes physiologiques et pathologiques qui lui sont propres. L'étiologie doit donc tenir compte de cette association d'élémens nerveux. On sait qu'il existe , indépendamment de la double influence des nerfs cérébraux et des nerfs ganglionaires , un troisième ordre d'influence nerveuse qui a sa destination spéciale dans l'exercice de la vie nutritive , et dont la connaissance devient indispensable à l'appréciation des phénomènes morbides de Festomac. Ce sont les nerfs pneumo-gastrique et diaphragmatique , qui plongent pour ainsi dire dans la sphère d'action du système nerveux ganglionnaire , décrivent avec le .système nerveux cérébrospinal une sorte d'ellipse dans laquelle se trouve compris l'appareil digestif, et servent ainsi d'intermédiaire aux deux ordres d'influences nerveuses , et entretiennent entre elles une action réciproque et des sympathies continuelles.
C'est cette triple combinaison d'élémens nerveux qui semble expliquer aussi le triple caractère que peut affecter la gastralgie : 1» avec ou sans douleur , 2° avec ou sans spasme, 3» avec ou sans perversion de la sensibilité, et que représentent tantôt les douleurs vives et déchirantes de l'estomac , tantôt les crampes ou les vomissemens qui les accompagnent , tantôt les nombreuses ano-
GASTRALGIE
malies delà sensibililé gastrique , désignées par les auieurs sous les noms d'anorexie , d'/mtipathi,^ , de boulimie, de pica , de malade, etc.; il devient donc extrêmement important d'établir une distinction entre les diverses sortes de nerfs qui influencent l'appareil digestif pour arriver à la détermination de ses diverses espèces de maladies. Toutelois , il est tligne de remarque que jusqu'à présent les gastralgies ou névralgies de l'estomac ont été décrites d'une manière générale , tout-à-l'ait indépendante des élémens anatomiques qui les différencient, et qui en constituent les caractères spéciaux. Bien plus, l'on a souvent confondu, sous les noms de cart/ialgie , épignstralgie , etc. , des maladies qui sont évidemment étrangères à l'estomac , telles que certaines lésions du muscle ou des nerfs diaphragmatiques , de la moelle épininière ou des racines nerveuses qui en parlent.
Comme toutes les maladies nerveuses, la gastralgie peut être héréditaire, et il n'est pas douteux qu'il ne faille ra()porter à une conformité particulière tlu système nerveux de l'estomac les gastralgies qui se transmettent par voie d'hérédité dans certaines familles , ainsi que j'en ai rencontré un assez grand nombre d'exemples dans ma pratiqua.
Les gastralgies se manifestent tres-fréquemmenl sous 1 influence des causes morales, affectives et intellectuelles , notamment des chagrins domestiques, des passions concentrées , des travaux de l'esprit plus ou moins prolongés , etc.
L'estomac , en raison de ses nombreuses sympathies avec le reste de l'organisme , peut souffrir de fréquentes anomalies nerveuses , dues h quelque affection d'organes plus ou moins éloignés: de là des gastralgies sympathiques, que l'étiologie ne doit pas confondre avec les gastralgies dites essentielles, pas plus que la thérapeutique qu'elle est chargée d'éclairer.
Les causes pathologiques les plus ordinaires des névralgies de l'estomac, sont la plupart des maladies de l'appareil génital, et en particulier !a leucorrhée, la lïiétrite, les dcgénérations squirrheuse ou cancéreuse de la matrice, etc., etc. Il n'est personne qui n ait été à même d'observer la coïncidence presque constante des gastralgies avec ces diverses affections. On sait que l'état de grossesse, ou même l'époque de la menstruation , donnent souvent lieu à des phénomènes nerveux qu'il n'est guère permis de confondre avec aucune autre affection, telles que des douleurs violentes et passagères de l'estomac, des dépravations d'appétit, des nausées, des vomissemcns , etc. Dans quelques cas aussi, la gastralgie est évidemment liée à une maladie du potimon , telles qu'une bronchite chronique , un travail de tubcrculisation , la coqueluche , l'asthme, etc.; ce qui tient à ce que la même influence nerveuse règle pour ainsi dire l'état physiologique des appareils respiratoire et digestif.
Beaucoup d'affections cérébrales deviennent également une cause indirecte ou sympathique ties névralgies gastriques, et l'on en conçoit très-bien la raison, quand on se rappelle les liaisons intimes qui unissent l'appareil digestif au centre nerveux ; de même que l'on en acquiert facilement la preuve quanil on Toit survenir les vomissemens dans les affections de tète, à la suite des coups , des chutes sur cette partie , ou dans les cas de tubercules, de compression, de simple phlegmasie de l'encéphale , etc.
Comme lésion de sensibilité, les gastralgies rentrent dans la loi commune <!es sensations qui supposent nécessairement, clans l'état pathologique comme dans l'état physiologique , le concours d'action du cerveau qui les perçoit, des nerfs qui les transmettent, et de l'organe auquel elles se rapportent; en d'autres termes, les causes organiques des gastralgies peuvent appartenir soit au cerveau , soit aux nerfs de l'estomac , soit à l'estomac lui-même.
B. Causes hygiéniijiifs. Un grand nombre de causes extérieures ou hygiéniques peuvent donner lieu aux névralgies gastro-intestinales, tels sont surtout l'impression d'un froid vif, les vai-iations brusques de l'atmosphère, les temps d'orage, les climats chauds, et certaines influences épidémiques que nous ne pouvons guère connaître que par leurs effets sur l'appareil digestif; tels sont encore l'usage des alimens végétaux , des fruits aqueux, acides et non parvenus à leur maturité; en un mot , de toutes les substances réfractaires à l'action digestive. La présence de vers ou autres corps étrangers dans l'estomac, l'inanition et les vices d'alimentation, toutes les causes capables de pervertir la vitalité actuelle de l'estomac par des sensations brusques et insolites, sont dans le même cas.
C'est surtout dans les affections de l'estomac que le praticien ne doit rien négliger pour s'entourer de toutes les lumières propres h éclairer l'ctioloqie de la maladie; car c'est du rapprochement et de l'appréciation des causes qu'il parvient souvent à coiist ter la nature de la maladie et à fixer les b.ises de son traitement. Les préventions de doctrines sont si promptes h décider en pareil cas , et les méprises de diagnostic et de traitement sont si fréquentes , si sou- Tcnt funestes, que nous ne saurions nous-mêmes trop insister sur ce point; c'est dans celte vue que, non contents d exposer les causes des gastro-entéialgies , nous croyons devoir leur opposer dans un tableau comparatif, celles des gastro enléiites, comme ayant donné plus souvent lieu à des erreurs de diagnostic et de traitement.