‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 46 sur 311 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Gastro-en téra I iries .

Castro - enlèriles .

uleur vive , aiguë , déchirante, intermittente.

— diminuant par la pression.

— moins vive après le repas.

— se manifestant plus souvent le matin.

!ingue quelquefois décolorée.

— large.

— nette.

Tpélil souvent exagéré.

— souvent déprave.

-sir des alimcns de haut goût et des boissons alcoholiques.

; veur métallique.

— acide, illemens fre'quens.

ïmissemens muqueux.

. ternatives de chaleur et de froid à l'abdomen, l it ordinaire.

îsir de boissons tantôt chaudes, tantiît froides.

'instipalion fréquente.

. "jeclions naturelles.

— inodores.

llemens exagérés de Tépigastre.

— intermittens.

— non isochrones avec ceux du cœur.

cvre ordinairement nulle.

— intermittente, pcès le matin.

:ines claires.

abondantes, pâleur de la peau naturelle, n^igrissement peu sensible et lent, jysionomie peu altérée, (ractère irascible, craintif, morose, agnostic quelquefois obscur, onosiic moins dangereux, raetères anatomiques équivoques , nuls.

Douleur sourde , obtuse.

— continuelle.

— augmentant par la pression.

— plus vive après le repas.

— s'exaspérant plus souvent le soir.

Langue presque toujours rouge.

— étroite.

— saburrale.

Appétit souvent nul.

— jamais dépravé.

Aversion pour les alimens et les boissons alcoholiques.

Saveur amère.

— pâteuse.

Bàillemens nuls.

Vomissemens d'alimens.

Chaleur continuelle de l'abdomen.

Soif augmentée.

Désir constant de boissons froides.

Diarrhée fi équente.

Déjections bilieuses, glaireuses et sanguinolentes.

— félidés.

Battemens naturels.

— continuels.

— isochrones avec ceux du cœur.

Fièvre très-fréquente.

— continue.

Paroxysme le soir.

Urines colorées.

— diminuées.

Chaleur delà peau augmentée.

Amaigrissement prononcé et rapide.

Teint décoloré , face grippée.

Facultés affectives peu altérées.

Diagnostic ordinairement manifeste.

Pronostic plus dangereux. Caractères constans, quoique variés.

Traitement général des gastro-entéralgies. Il est peu des maladies dans leselles la thérapeutique ait autant varié que dans les gastro-entéralgies; etcela vait être, puisque les formes sous lesquelles elles apparaissent, variant ellesêmes à l'inliui, rie pouvaient admettre de méthodes exclusives de traitement. )utefois, ici comme dans toute autre affeclion , les indications peuvent se rélire à écarter les causes prochaines ou éloignées , à combattre les symptômes tuels , à prévenir le retour de la maladie. L'hygiène et la pharmacologie, qui vraient toujours demeurer inséparables dans l'esprit du praticien , ont surtout soin,|poui' atteindre ce triple but, de s'associer et de se prêter un mutuel appui. 1» Moyens hygiéniques. Nous plaçons en première ligne cette série de oyens comme renfermant les plus puissantes ressources que le praticien puisse poser aux gastro-entéralgies : il suffit , pour se pénétrer de cette vérité , de irrèter aux causes de cette maladie ; presque toutes , en effet , sont du ressort l hygiène, et doivent par cela même réclamer l'intervention des règles de lygiène ; et d'abord , il e.st certain que le choix de I habitation et du régime, int au traitement moral, suffisent souvent à la guérison des gastro entéralgies, iidis que rarement la pharmacologie peut à elle seule atteindre un tel but. expérience ne prouve pas seulement la fréquence des névralgies gastro-intes- Riales dans les grandes villes, ainsi que leur rai-eté dans les campagnes , mais ' icore les heureux effets du séjour à la campagne, dans un air sec et vif, sur 1 lieu un peu élevé , dont la température soit modérée.

Une alimentation douce , mais substantielle , plutôt animale que végétale, diète lactée et féculente, des viandes rôties , des œufs frais , des boissons jzeuses , aromatisées avec quelque peu de vin de Bordeaux, ou autre analoue , concourent efficacement à la guérison de certaines formes de gastro-

DlCT, DE MÉDPCINR ET DE ChIBIBGIE PRATIQUES.

entéralgies. C'est surtout dans ce cas que le médecin doit tenir compte de» appétences et des aversions que témoignent presque toujours les malades pour certains alimens ou certaines boissons. Une foule d'exemples prouvent que des goût» en apparence bizarres , et que semble condamner l'hygiène , ont mis le médecin sur la voie du traitement. L'estomac offre tant de nuances de vitalité . tant d'anomalies ou de caprices de sensibilité, qu'il est presque impossible d'établir à priori des préceptes de régime. Des malades ne digèrent bien que les alimens et les boissons pris à une température très-chaude; chez d'autres, le contraire a lieu ; rarement les boissons tièdes se digèrent aussi facilement que les boissons froides; mais quelquefois encore, il en est tout autrement. Tel individu ne digère que des alimens très-grossiers , de la viande de porc , par exemple, et ne peut supporter les alimens réputés les plus digestibles ; tel autre ne témoigne d'appétit que pour des substances insolites, et ce sont celles-là seules qu'il parvient à digérer.

Un exercice modéré à cheval, en voiture ou h pied, suivant l'état et les habitudes du malade, des occupations manuelles, quand la maladie n'est pas arrivée il un point qui doive les interdire , des travaux intellectuels capables de distraire les malades de sensations actuelles, dominantes et exclusives, contribuent également à la guérison de beaucoup de névralgies gastro-intestinales. Dans beaucoup de cas , même, la thérapeutique tie ces maladies doit consister dans un traitement purement moral ; ce qui n'est pas dire que ce traitement soit le plus facile et le plus constamment suivi de succès; car il en est des secours moraux comme des moyens pharm.iceutiques , tous doivent être variés à l'infini, comme les dispositions morales elles-mêmes , qui souffrent autant de nuances qu'il existe d'individus, ou de dispositions organiques ; aussi n'est-ce pas sans raison que les disciples deSlhal ont dit que l'étude de la médecine doit commencer par celle du cœur humain. 11 est certain, en effet , que pour mettre en pratique la médecine morale , le médecin a besoin de s'identifier avec le malade , de connaître ses goûts , son caractère, et jusqu'à ses affections : c'est le moyen de faire entendre avec fruit le langage de la persuasion, et d'invoquer avec succès , tantôt les secours de la raison et de la philosphie , tantôt ceux de la religion ou de la morale.

Moyens pharmaceutiques. Une foule de remèdes ont été employés contre les névralgies gaslro-inlestinales : tels sont principalement les antispasmodiques, lesélhers, les ojùacés , les Ioniques , les amers , les ferrugineux , les aromatiques, les absorbans, les alcalins, l électi icité, le galvanisme, le magnétisme, etc., et la plupart, même ceux vantés par l'empirisme ou ex|)loités par le charlatanisme , ont pu avoir leurs succès suivant l'opportunité de leur emploi , qui sera d'ailleurs subordonne aux variétés infinies des causes et des symptômes de la maladie. Ces causes sont en e.Tet si dissemblables , ces symptômes si contraires à eux-mêmes , qu'il devient extrêmement difficile de poser ici des règles généwles de traitement. Un premier soin du médecin qui est en présence d'une névralgie gastro-intestinale, doit être d'analyser en quelque sorte les élémens ctiologiques et physiologiques de la maladie; car c'est seulement alors qu'il pourra tenter avec quelque chance de succès les médications nombreuses qui ont été proposées conire les gastro-entéralgies.

Sous ce rapport, l'observation prouve que les gastralgies portent tantôt sur des désordres ou des anomalies de la sensiblité , tantôt sur des désordres ou des anomalies de la motilité; elle prouve aussi que toutes peuvent être liées à une affection, ou de l'estomac, ou du cerveau, ou de quelque point du système nerveux, affecter une marche aiguë ou chronique , continue ou rémittente, fébrile ou apyrétique, reconnaître par conséquent des causes slhéniques ou asthéniques , physiques ou morales, rémittentes ou intermittentes, sporadiques ou épidémiques , etc. ; de là autant de formes de gastro-entéralgies , et autant de méthodes de traitement à établir dans la piatique; ainsi, dans les gastralgies aiguës avec surexcitation de la sensibililé générale ou spéciale (cardialgie, pyrosis, boulimie, malacie), les symplônies dominans semblent devoir exclure les stimulans difTusibles, et réclamer plus particulièrement les bains , les narcotiques, les sédatifs directs , les révulsifs cutanés, la diète lactée, le régime féculent. Quand celte surexcitation porte sur la faculté contractile du tube digestif ( crampes d'estomac, vomissement, choléra), outre ces premiers moyens généraux , on a préconisé les linimens huileux et laudanisés , les potions antispasmoiliques avec l'éther, l'eau de laurier cerise , les boissons gazeuses , la glace , l'oxide blanc (le bismuth , les emplâtres opiacés, etc. Lorsqu'il y a en même temps augmentation et altération des sécrétions intestinales , on emploie avec avantage les absorbans, tels que la magnésie anglaise , les pastilles de Darcet, l'eau de chaux, l'eau magnésienne, les sous-carbonates de soude ou de pqlasse . etc.

Lorsque les gastro-entéralgies se présentent avec un appareil de phénomènes fébriles , ceux-ci affectent ordinairement, comme la maladie elle-même dont ils dépendent , une marche intermittente ou rémittente ; tel est le cas des affections décrites par Morton. Lauttcr, etc., sous les titres de fièvres intermittentes cardialgique, atrabilaire, cholérique, etc.. dans ce cas, on a recours avec avantage aux préparations de quin([uina , et surtout au sulfate de quinine uni à l opium.

Dans les ga.stro-entëralgies chroniques affectant la sensibililé ou la moitié de l'appareil digestif ( anorexie, dyspepsie, hypochondrie , etc. ) , on emploie avec plus ou moins de succès les préparations ferrugineuses, les eaux gazeuses et alcalines, en même temps qu'on a recours au régime tonique, à la diète animale , et surtout à l'influence de l'air et de l'exercice de la campagne.

Comme toutes les formes de gastro-entéralgies que nous avons signalées à l'attention des praticiens , constituent autant de faits pathologiques spéciaux,

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qui ont clé ou seront, clans ce Dictionnaire , le sujet d'articles distincts ; nous renvoyons, ])our plus de détails sur chacune d'elles en particulier, aux mots Anorexie, Bodlimie , Dyspepsie, Polydipsie , Prnosis , Vomissement, etc.

Cil. Jf^rlf^- TraîlR (les maladies nerveuses , hypocondriaques et liyslériqucs , traduit de l'anglais , Paris , 1777, in-S".

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J'. Schmidlmann. Sumnia observationum niedicarura ex praxi clinicâ. Berlin, 1828, in-S".

{ P. JOLLY

GASTRITE , s. f . , gastritis, inflammatio ventrihuli , causas ; itiflammatioii de l'estomac. Tels sont les noms principaux par lesquels on désigne l'inflammalionde l.i membrane muqueuse de l'estomac. On ne connaît bieii cette plilcgmasie que depuis les travaux de M. Broussais. Elle se montre sous les formes conlinue et intermiltente ; elle est tantôt aiguë et tantôt chronique-

Gastrite aiguë. L'inflammation delà membrane muqueuse gastrique est beaucoup moins commune à l'état aigu qu'à l'état chronique. Rarement atissi la phlogose est-elle bornée à l'estomac, elle occupe presque toujotirs en même temps une étendue jdus ou moins coiisitlérable de l'intestin grêle ij^oj'. Gasthoentiîrite). Il faut , en général , pour qu'elle reste circonscrite dans le premier de ces organes , que la cause qui la produit agisse directement et excUisivement sur lui. Cependant elle s'y développe aussi quelquefois sous l'influence d'une cause générale sans se propager au duodénum.

Nous ne connaissons qu'une seide condition organique qui prédispose réellement à contracter cette phlegmasie ; c'est la sensibilité trop vive de la membrane muqueuse de l'estomac ; mais tous les âges , tous les tempéramens , et les deux sexes , y sont à peu près également exposés. Parmi les circonstances hygiéniques, la chaleur excessive est une de celles qui en favorisent le plus le développement; aussi observe-t-on des exemples plus nombreux de gaslrile aiguë dans les pays chauds que dans le nord. Certains miasmes très-actifs, tels que ceux qui se dégagent quelquefois dans les ports de mer , exercent aussi une influence puissante sur sa production.

Mais on voit surtout naître la gastrite aiguë sous l'influence des causes suivantes : l'emploi des médicamens irritans , tels que l'émctique, par exemple, lorsque l'estomac est trop irritable ou déjà irrité, ou bien après un accès de colère ; les boissons glacées prises dans cette dernière circonstance ou quand le corps est baigné de sueur ; toutes les stimulations violcnles de cet organe exercées dans le même moment où l'on cherche à faire disparaître par les répercussits , les narcotiques ou les astringens , une inflammation extérieure , comme la goutte, tine dartre vive, un érysipèle, etc.; les excès de liqueurs alcoLoliques ; l'ingestion des poisons acres , caustiques , corrosifs, narcolicoâcres ; les alimeus qui ont subi un commencement de fermentation putride; les oeufs de certains poissons, tels que ceux du brochet et du barbeau ; les moules à certaines époques de l'année; la présence d'un corps étranger , tel qu'une pièce de monnaie, un fragment aigu d'os; la privation prolongée d'eau et de tout liquide propre à clancher la soif pendant une chaleur violente ; la faim non satisfaite pendant plusieurs jours ; les passions violentes et concentrées ; enfin les fortes compressions , les coujis et les chutes sur la région épigastrique. L'action de toutes ces causes sur l'estomac étant immédiate, et celle de la plupart d'entre elles très-énergique , on conçoit que l'effet en tloit êire violent et prompt, et c est aussi ce qui a lieu le plus communément. Cependant toutes les gastrites aiguës ne sont pas violentes, d'une part, parce que l'estomac, habitué de bonne heure à recevoir des substances de nature et de propriétés très-variées , réagit en général avec une grande puissance d'énergie contre lei agens propres à l'cnflamtner , et d'une aulre part , parce qu'il s'eiiflamtne aussi quelquefois sous l'influence de causes beaucoup moins puissantes que les précédentes, et dont les effets sont par conséquent moins prononcés. Qtielles sont ces causes? Il est probable qu'elles ont leur source pour la majeure partie dans l'alimentation même des individus , et (jue des stimulations peu exagérées mais journalières, des digestions pénibles se reproduisant fréquemment , en sont les principales.

Les symptômes de la gastrite aiguë diffèrent, suivant qu'elle est légère ou qu'elle est intense. Dans le premier cas , voici ce que l'on observe ordinairement : l'appétit est diminué, quelquefois accru , et parfois naturel ; mais dans tous les cas , une ou deux heures après l'ingestion des alimens , un poids se fait sentir à la région épigastrique , de la tension et quelquefois même de la douleur l'acconapagnent ; la soif s'allume , la gorge se sèche , des rapports aigres avec rejet d'un liquide huileux briiient le gosier, la langue rougit à la pointe, quelques nausées se déclarent, la tête devient etnbarrassée ou douloureuse , tpielques personnes éprouvent un sentiment d ivresse et même de véritable congestion cérébrale avec un battement des artères temporales; le pouls s'accélère; enfin une chaleur incommode, plus sensible au ventre, à la tète et à la paume ties mains tpie partout ailleitrs , fatigue le malade; des lassitudes se [font sentir dans les membres. Passagers, ces symptômes .sont ccu.x d'une indigestion , ou tout au moins d'une digestion difîicile et douloureuse ; continus , ils indiquent un premier degré de gastrite aiguë. Ainsi, pour nous résumer, perle ou augmentation d appétit, pesanteur, tension ou douleur épigastrique, soif inacconlumée , sécheresse de la gorge , rapports aigres , rougeur de la pointe de la langue, nausées , cépiialalgie , fréquence du pouls , chaleur sèche de 1 abdomen , du front et de la paume des mains , lassitudes spontanées : tels sont les symplûmcs directs et sympathiques d'une inflammation légère de la membrane muqueuse de l'estomac.

GASTRITE

Ou bien les symptômes que je viens d'énumérer s'aggravent jusqu'au degr, de la gastrite très-aiguë, ou bien cette phelgm^sie débute brusquement ; e dans les deux cas, voici quels en sont les symptômes , à celte seule différenc. près que , dans celle qui débute tout à coup , un frisson plus ou moins loni ouvre la scène. L'appétit est entièrement aboli , la soif est au contraire excès sive, mais le malade ne peut souvent ingérer la plus petite quantité de liquide sans le rejeter par le vomissement ; il désire des boissons froides et acidulés il n'y a pas toujours douleur épigastrique , mais elle existe souvent , et parfoi même elle est intolérable; elle se fait aussi ressentir parfois ailleurs qu'à l'épi gastre : ainsi, sous le diaphragme, derrière le sternum , entre les épaules dans l'un ou l'autre hypoc'ondre ; et dans ce dernier cas , elle s'étend souvent.' I épaule et au bras du même côté ; le plus ordinairement elle consiste dans ur sentiment de brûlure intérieure ; quelquefois l'abaissement du diaphragme dans les mouvemens d'inspiration l'augmente , ce qui gène beaucoup la respiration. La gorge est en même temps sèche et quelquefois enflammée ; les vomissemens sont fréquens, souvent continus et douloureux, et toujours suivis de soulagement ; ils n'entraînent souvent que les liquides ingérés , un peu de bile,! et quelques stries sanguinolentes; d'autres fois, ils contiennent beaucoup de bile verte , ])orracée et acre ; la langue est rouge , pointue et rétractée , la tête) douloureuse (ce symptôme n'est jias constant) ; il y a quelquefois hoquet, aphonie , délire, soubresauts des tendons, mouvemens irrégulieis des muscles dfe la face, et convulsions. Le pouls est d'une fréquence et d'une petitesse ei-i trême , quelquefois inégal, convulsif, intermittent; et dans quelques cas il est lent , comme si la douleur enchaînait les contractions du cœur. La chaleur* est brûlante et générale, quoique toujours plus vive toutefois à rabdomenjij quelquefois même elle est toute concentrée vers cette partie, et les extrémité»i| sont froides. Le malade se découvre continuellement pour apaiser le feu quils^ dévore ; il est dans une anxiété extrême et dans une agitation continuelle ; queÉ<| quefois il se couche sur le ventre. Enfln la sueur et les urines sont supprimées^! ou si cette dernière excrétion s'opère, ce n'est qu'en très-petite quantité| quelquefois avec cuisson , et l'urine est alors rouge et concentrée. '.s Entre ces deux extrêmes de la gastrite aiguë , il existe une foule de nuança» qu'il est impossible de décrire; mais on peut facilement s'en faire une idée.'! Tout ce que je puis dire ici , c'est que , chez les enfans , la gastrite la plus le/if légère , celle qui n'est produite que par une simple indigestion , s'accompagne fréquemment de phénomènes cérébraux qui lui donnent une apparence de lji^ni gravité propre à induire en erreur. Ainsi , l'assoupissement, le coma , la con-iluin traction et la dilatation alternatives des pupilles , le renversement du globe de lifir l'œil, le grincement des dents, le serrement des mâchoires, les mouvemens convulsifs et le délire , se manifestent souvent chez eux à l'occasion de l'irritaMutt tion même légère de l'estomac. Chez les femmes , le délire , les soubresau^n des tendons elles mouvemens convulsifs se joignent aux symptômes directs dit la gastrite bien plus facilement que chez les hommes. Enfin, chez les vieil- | lop lards, au contraire, une inflammation violente dévore quelquefois la membrane muqueuse de l'estomac , sans que , en raison du petit nombre et du pett de vivacité des sympathies mises en jeu , l'on puisse en soupçonner l'intensité et quelquefois même l'existence. Ces différences se représentent chez les diveriii indiviilus , suivant que leur tempérament et leur idiosyncrasie les rapproc de l'enfance ou de la vieillesse, de l'un ou de l'autre sexe ; elles s'explique]?|«l par l'activité dont l'encéphale est le foyer dans l'enfance , par la vivacité sympalhies à cet âge et chez les femmes , par l'irritabilité extrême des uns des autres ; enfin par l'absence de toutes ces conditions chez les vieillards, sent de quelle importance doit être la connaissance de ces particularités pout le diagnostic et le pronostic de la gastrite. i tii

Pour peu que la gastrite aiguë se prolonge , elle ne tarde pas à envahir tube intestinal , du moins dans le plus grand nombre des cas ; et alors de nou- (({^ veaux symptômes , que nous ferons connailrc en traitant de la gastro-entérite, jus | ou que nous avons déjà décrits à l'article Ektérite , se déclarent. Cette phlegmasie peut être mortelle en quelques heures , mais il est rare que sa march^ soit aussi rapide ; cela ne s'observe guère que dans les cas d'empoisonnemenW et alors c'est plutôt le poison t(ui tue que la phlegtnasie. En général , elle u'eqi traîne la mort qu'après quinze ou vingt jours de durée ; le danger est en prqi^|(^(|| portion de son intensité ; dans le plus grand nombre des cas elle guérit. Elle^î jjjjj termine par résolution , par ulcération , par le passage à l'état chronique; quelquefois , mais très rarement , par la gangrène ; enfin par la perforation 4|^;tpj membranes de l'estomac. On ne l'a jamais observée épidémique. Elle est fQ^Hii|i|, jours plus diflicile à guérir lorsqu'elle succède à la gastrite chronique que lo; qu'elle est primitive.

A l'ouverture des cadavres des individus qui succomljent à la gastrite aigui on trouve la membrane muqueuse de l'estomac diversement altérée , suivant jj^j que l'inflammation a été plus ou moins rapide et plus ou moins intense. Ordinal- l|„( rement elle est rouge et épaissie, et ses vaisseaux sont considérablement injcC jL^ij tés ; cette coloration varie , en parcourant toutes les nuances entre le rose vifj le brun violacé , et elle pénètre plus ou moins profondément l'épaisseur Ae\ membrane , qui ordinairement est en même temps ramollie. On peut en général apprécier assez exactement le temps qu'a duré la phlegmasie par la .nuauce plus ou moins foncée de la coloration de la muqueuse : .une teinte d'un rose vif indique que l'inflammation était récente; la teinte brunâtre, au contraire, prouve qu'elle avait déjà un certain temps de durée lorsque la mort est survenue. Le volume de l'estomac est quelquefois diminué , au point que cet organe rétracté sur lui-même ne forme plus qu'une poche dont la capacité diffère a peiae de celle de l'intestin. La membrane muqueuse est quelquefois convertie

«il;

te I me!

GASTRITE

GASTRITE

p une sorfe de bouillie gélatiniforme que l'on enlevé facilement en râclant |t qui laisse , (Iniis une clencluc plus ou moins gi ancle , les parois de l'estomac éduiles h un état d'amincissemenl exti ùme. Dans quelques cas rares , les tunilues de cet ora;:ine , dans une surface plus ou moins étendue, vont en dimiluant gradiieliement d'épaisseur et comme par une sorte d'usure , de la irconicrence au centre où elles sont excessivement minces ou même perforées, elle altération appartient, il est vrai, plutôt h la gastrite chronique qu'à l'aiguë; [ans celle-ci , lorsqu'il y a perforation , il est plus ordinaire de voir les memu-anes percées à pic et comme par un cmporle-pièce. Les ulcérations de la meai- Irane muqueuse gastrique sont assez rares ; sa gangrène l'est encore davantage. Traitcnient. Le traitement de la gastrite aiguë doit être entièrement antiilogistique. Dans les nuances légères , il suOit ordinairement de queUpies urs de diète et de l'usage des boissons gommeuses , mucilagineuses ou acidulés ur faire disparaître tous les accidens en peu de jours. Lorsqu'elle est plus innse , il faut joindre à ces moyens les saignées locales à l'épigastre et les to|)iiies éuiollicus sur cette même région. C'est 1 habitude clinique qui apprend à l-opurlioiiner le nombre des sangsues et des applications que l'on en doit iaire, l inlensité de la [)hlegmasic , a la force, au tempérament et à l âge de cha- 10 malade. Dans les cas d'extrême intensité , il est souvent utile d actom- 'gner ou de faire précéder les saignées locales par une ou deux saignées . iiérales ; ou bien lorsque les forces sont tellement prostrées par la violence î la plilegmasie que le pouls bat à peine et que les extrémités sont froides , il iporte souvent, avant toute évacuation sanguine ou tout au moins en même I iips qu'on y a recours , de provoquer une sorte de réaction au moyen de siipismes et des vésicatoires. Les boissons doivent être administrées troides et jpSme glacées , à très-petites doses , par cuillerées trcs-rapprochées si elles sont ip a glace . afin d'éviter de donner à la réaction qui suit toujours leur effet sé-

fltif le temps de s'opérer. Si l'estomac ne peut pas même les garder en si lite quantité, il faut se borner à donner au malade quelques tranches de jron ou d'orange h sucer pour tromper sa soif. On peut en même temps apj i|iierde la glace sur la région de 1 estomac. Une remarque irapoi taule à 1 i'c , c'est que , dans ces gastrites excessivement violentes dans lesquelles la ,ti jleur semble enchaîner le pouls , on voit ordinairement , après la première iflpiication de sangsues , 1 artère monter rapitlcment de soixante à qualreigts , cent , cent vingt , et cent trente pulsations par minute. Bien loin d inaier un accroissement de symptômes, ce phénomène annonce une légère ainution , mais en même temps la nécessité de revenir aux saignées locales, iderai remarquer encore que plusieurs personnes ne peuvent pas supporter acides : les personnes blondes , les individus très-nerveux et les lemmes :t en général dans ce cas ; on remplace alors ces boissons par les tlécoctious ij-légères d orge , de mauve , de chieiulent , par les solutions du gomme ou bumine , et même par de l'eau pure, si ces liquides surchargent encore ip l'estomac.

|ves bains sont en général d'un médiocre secours dans la gastrite aiguë , endant on y a recours quelquelois avec succès -pour combattre un des ptùmes les plus ialigaiis de cette phlegmasie, savoir le vomissement opire. On doit dans ce cas y laisser séjourner les malades pendant plusieurs res ; on ajoute toujours à leur eilîcacite en les composant avec une dccoccmollieiite. On a combattu quelquelois aussi ce symptôme par l'application 1 vésicaloire sur la région épigastrique. Les lavemens la\atits concourent épient à le faire cesser. Lorsque la douleur épigastrique est en même temps vive, on retire parfois de bons ell'ets de l emploi du laudanum en frictions l'épigastre , et même à 1 intérieur, mais à petites doses ; mais en'géncral les ;otiques sont de peu d'utilité dans cette affection. On peut poser en principe plus le traitement de la gastrite aiguë est simple , et plus les chances de ès sont grandes. Une diète sévère, absolue, est indispensable tant que les symptômes ne sont pas dissipés ; et l'on ne doit revenir aux alimens i la convalescence qu'avec les plus grandes précautions , et en commençant si.p les plus légers , tels que le lait d'abord , puis les potages maigres, puis les mes , les œufs frais , le poisson et enQn les viandes blanches, rsque la gastrite est l'elfet d'un empoisonnement , les premiers soins du lecin doivent avoir pour but de provoquer l'expulsion de la substance vénée , ou de la neutraliser si elle en est susceptible, ou de l'étendre dans la grande quantité de liquide possible , ou enfin de l'invisquer dans un mu- ;e pour en atténuer les effets. Les moyens de remplir ces indications ont ignalés , mieux que je ne saurais le faire , par noire collaborateur M. Deie , à Tarlicle Empoisonnement ; nous n'y reviendrons donc pas ici. J'aj erai seulement qu'une fois ces indications remplies , le traitement ne diffère de celui dont j'ai posé ci-dessus les buses. istrite clironique. Celte phlegmasie est très-commune. Long-temps méue , c'est encore aux travaux de M. Broussais que nous devons ])resque t^s les connaissances que nous possédons aujourd'hui sur cette maladie. Elle suède souvent à la gastrite aiguë ; mais plus fréquemment encore elle se dé loppe primitivement sous cette forme par l'action des mêmes causes que .1 a précédemment énumérées , mais agissant avec moins d'énergie , d une iiiiière continue et pour ainsi dire chronique. Elle est très-rare dans l'enfa»e et attaque peu les vieillards ; ce sont surtout les individus depuis l âge de viit ans h peu près jusqu'à celui de cinquante qu elle tourmente, sans doute pa ceque c est dans cette belle ])ortion de la vie que l'on abuse le plus des stiulans gastriques. Tous les âges y sont cependant exposés , mais certains ini/idus plus que les autres; ce sont ceux dont l'estomac est déjà naturelleme irritable.

Les plus fréquentes , les plus efficaces de toutes les causes de la gastrite chronique sont les excès de table, l'usage habituel des alimens de haut goût, des mets poivrés , épicés , des viandes noires , des liqueurs spiritueuses surlout à )eun, du vin très-chargé d'alcohol , l'abus du calé et des médicamens amers et slimulans. L'action de ces causes est favorisée par la chaleur , l'oisiveté , les passions tristes et prolongées, travaux de cabinet et les veilles excessives, l'habitation dans un lieu humide, marécageux, les pressions répétées sur la région épigastrique, les phlegmasies chroniquesde la peau, surlout lorsqu'elles viennent à disparaître brusquement. Ces dernières causes peuvent également produire seules la gastrite chronique.

Les symptômes de la gastrite chronique varient suivant son degré d'intensité , son ancienneté , son siège dans les diverses portions de la membrane muqueuse gastrique, le degré de la désorganisation de cette même membrane , enfin suivant l'idiosyncrasie des individus. De là plusieurs formes ou plusieurs aspects sous lesquels elle se montre ; je me bornerai à en décrire les principales nuances.

Ïj'' embarras gastrique des auteurs est certainement une des formes |iassagéres de la gastrite chronique. Ses symptômes consistent ilaiis un sentiment de gêne et de pesanteur à l'épigastre ; la perte de l'appétit ; mais sans soif ; un goût d'amertume dans la bouche, des éructations , des nausées , des rapports nidoreux ; des efforts de vomissement , de bile jaune , verdàtre et amère ; la coloration en jaune des ailes du nez et de la lèvre supérieure, enfin un sentiment de fatigue et d'abattement. Il se peut que la présence d'une certaine quantité de bile dans l'estomac soit quelquefois la cause principale de ces symptômes : mais dans ces cas même l'estomac est irrité par ce liquide ; il y a une nuance , un commencement de gastrite chronique.

La forme suivante de gastrite chronique est plus tranchée que la précédente. Dans-celle-ci , les malades éprouvent à la région de l'estomac une sensation douloureuse qui se dissipe par l'ingestion des alimens, ce qui leur fait dire qu'ils ont de Iréquens besoins de manger. Mais cette douleur se renouvelle une ou deux heures après les repas , et alors elle est plus vive qu'avant l'ingestion des alimens. Les malades se plaignent d'avoir l'estomac gonflé ; ils ressentent souvent dans cette région des battemcns qui pourraient faire croire à l'existence d'un anévrysme de l'aorte ventrale ; ils éprouvent en outre de la soif, de la chaleur à la paume des mains , des rapports aigres ou des flatuosités , des lassitudes dans les membres , un peu de douleur de tête et quelquefois de la tendance au sommeil aussitôt après les repas ; enfin ils sont tourmentés par une constipation opiniâtre. Tous les jours, ajirès chaque l'cpas ou du moins après le plus copieux, cette scène se renouvelle. L'appétit ne se fait presque jamais sentir. Les slimulans soulagent momentanément. Presque tous les malades atteints de cette forme de gastrite chronique sont tristes ; on la trouve décrite chez les auteurs sous le nom de dyspepsie.

Dans une troisième forme de gastrite chronique , la douleur et le gonflement épigastriques suivent immédiatement l'ingestion des alimens. Si la phlegmasie occupe la portion splénique de l'estomac. , on sent en palpant la région épigastrique , le muscle droit du côté gauche se contracter sous la main qui le presse , tandis que celui du côté opposé reste immobile , la même contraction musculaire a lieu à droite, au contraire, lorsque l'inflammation a son siège dans la portion p3 dorique , et dans ce cas les sensations douloureuses s'accroissent deux heures a|)rès le repas , lorsque la pâte chymeuse va passer dans le duodénum. La douleur est ordinairement perçue au moment même de l'arrivée du bol alimentaire dans l eslomac, lorsque la phlegmasie occupe le cardia.

Si l'on néglige ces premiers symptômes de gastrite , et surtout si on les exaspère ])ar un régime stimulant , des phénomènes plus sérieux ne tardent pas à se manifester. Les vomissemcns se rapprochent et deviennent de ])lus en plus répétés , les pommettes rougissent [)eiulant la digestion, le pouls s'accélère et la peau devient sèche et aride pendant l accomplissement de cet acte, et une petile toux sèche à secousses , non suivie d'expectoration , et provoquant assez souvent le vomissement , se déclare. ( C'est la loux gastrique des auteurs.) Dans tous les degrés précédens de la gastrite , l'embonpoint peut être conservé et la région épigastrique n'être pas sensible à la pression ; mais dans celle-ci l'amaigrissement et la sensibilité épigastrique .«ont presque conslans. On voit cependant quelques malades chez lesquels la nutrition continue à se bien faire malgré un état Irès-avancée de la maladie.

I;es progrès du mal continuant de s'accroître , on voit bientôt les symptômes siiivaiis s'ajouter à ceux qui précèdent. Des douleurs lancinantes se font sentir sous l'appendice xyphoide ou dans 1 hypocondre droit. Dans le premier cas, la région épigastrique est rénitente , et on y sent la paroi antérieure de l'estomac manifestement épaissie; dans le second cas, une tumeur oblongue , d'autant mieux appréciable que l'amaigrissement fait plus de progrès , se prononce vers la région pylorique; presque tous les alimens sont rejetés |)ar le vomissement quelques heures après leur ingestion , le pouls est continuellement accéléré , la peau brûlante, sèche et aride, et ces deux symptômes augmentent encore après le repas ; le visage présente un aspect terreux ou d'un jaune de cire. Enfin les vomissemens finissent par devenir continus , et tout est rejeté, jusqu'aux boissons le plus légères et en si petite quantité que les malades les prennent. Quelques personnes cependant (et ce fait n'est ])as rare ) conservent la faculté de digérer les alimens jusque dans l'état le plus avancé de la maladie , et lors même qu'il existe une désorganisation cancéreuse de l'estomac; elles ne vomissent qu'un liquide incolore , et parfois une partie des boissons. Lorsque la gastrite dure depuis un certain temps à ce degré , la désorganisation squirrheuse ou cancéreuse de l'estomac ne tarde pas à s'opérer. Plus tard enfin , la matièr

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des vomissemens devient noirâtre semblable à du marc de café ou à de la suie délayée ; la désorganisation cancéreuse est alors complète. On cite poiulant quelques exemples de malades qui ont présenté ces vomissemens noiràires, au point de faire croire à l'existence d'un cancer de l'estomac , et qui n'en ont pas moins guéri avec une rapidité qui écartait toute idée d'une pareille désorganisation. ( f^oyez Cancer. )

Chez les individus très-nerveux, irritables, habitués à étudier leurs sensations, et dont les sympathies entre l'estomac et le cerveau sont très-actives et facilement réveillées par les impressions les plus fugaces, la gastrite chronique, outre les symptômes précédemment décrits, s'accompagne souvent aussi de migraine, de tintemicns d'oreilles, d'éblouissemens, de vertiges, de tristesse, de terreurs paniques, d'insomnie, de penchant au suicide. Les malades sont en outre dans une inquiétude continuelle sur les maux qu'ils éprouvent, et ils s'en exagèrent singulièrement la gravité ; ils sont dans l'impossibilité presque absolue de s'occuper d'.iutre chose que de leur santé; ils se croient affectés de tous les maux dont ils entendent parler ou dont ils lisent la description; on les voit changer à chaque instant de médecins et de remodes. Un sentiment de gonflement et de douleur dans les hypocondres accompagne toutes leurs digestions, ils rendent par la bouche une grande quantité de gaz inodores qui s'échappent avec bruit; enfîn ils sont tourmentés par une constii)ation opiniâtre. Celte forme de la gastrite constitue une des variétés de V hypocondrie ; mais elle est bien plus fréquemment de nature nerveuse que dénature inflammatoire, et réclame alors un ti-aitement tout particulier. Foj'ez , pour le diagnostic différentiel de ces affections, l'article Gastralgie.

Je ne décrirai pas d'autres formes de la gastrite chronique; j'ajouterai seulement que l'on a donné des noms particuliers à plusieurs symptômes de cette maladie. Ainsi , on a nommé anorexie, la perte d'appétit; boulimie, la faim excessive; cardial^ie , la douleur vive, aiguë, du cardia, qui se fait sentir ordinairement derrière l'appendice xyphoïde ou sous 1 hypocondre gauche; irtilgie, gailrodjnic et épiguslralgie, la douleur violente dans un point quelconque de l'estomac ; pica, la dé{)ravalion tlu goût; py rosis ou Jer chaud, une sensation de chaleur ardente dans l'estomac se propageant le long de I œsophage et suivie de l'éructation d'un li(|uide très-acide et brûlant. La plupart de ces symptômes, il est vrai, appartiennent plutôt aux névroses de l'estomac qu'à son inflammation, (l^oj ez Gastralgie, Hypocondrie.)

Pendant le cours d une gastrite chroni((ue, sous quelque forme qu'elle se présente, s'il survient tout à coup une douleur atroce à 1 épigastre; que le malade éprouve une sensation de chaleur insolite qui se répand dans tout l'abdomen ; qu'il fasse des efl'oris inutiles de vomissement, ou rejeté , dans le premier moment seulement, quelques gorgées d'alimens; que ses forces soient subitement brisées; qu'il ait le pouls faible ou dur et toujours très-fréquent, et la figure profondément décomposée ; que ses douleurs soient cruelles et continues ; qu'il ait le sentiment d'une lésion profonde et de sa tin prochaine; enfin, si aucun moyen ne parvient h calmer ces effrayans symptômes, la mort survient ordinairement dans les vingt-quatre heures, le ventre se ballonne considérablement s'il ne l'était déjà pendant la vie, et à l'ouverture du cadavre, on trouve l'estomac perforé, et des liquides et des alimens épanchés dans la cavité péritonéale. On a décrit cet accident sous le nom de perj'oralion sponlanée de l'estomac : il est presque toujours consécutif .à une gastrite aiguë ou chronique , mais beaucoup plus à celle-ci qu'à la première : les poisors caustiques ou corrosifs la produisent quelquefois.

La gastrite chronicjuc est toujours lente et de longue durée, parce ([ue, d'une part, les digestions s'opèrent ordinairement bien pendant trè.s-long-temps , malgré la souffrance de l'estomac, et que les .symptômes sont souvent fort légers pendant les premiers mois; et, d''une autre part, parce que la plupart des personnes qui en sont alleirites réclament le plus tard qu'elles peuvent les secours de la médecine. Chez les femmes, qui en général abusent moins des stimulaus et sont plus lymphatiques que les hommes, et chez lesquelles surtout l'écoulement menstruel opère tous les mois une i-évulsion salutaire, la gastrite chronique semble se prolonger indéfiniment; et ce n'est souvent qu'à l'époque de la cessation des règles ((ue cette afl'ection commence h prendre assez de gravité pour réclamer les secours de l'art. Chez tous les individus elle redouble ordinairement vers l'approche de la nuit , souvent même elle laisse les malades dans un état de calme assez parfait pendant une partie de la journée et ne se fait sentir que le soir. Elle se termine par résolution, ulcération, induration, cancer et perforation. Le [)ronostic varie suivant l'ancienneté de la [ihlegmasie, son intensité, le degré de désorganisation qu'elle a opéré, l'âge et la force du sujet; il est en général plus favorable chez les femmes, par les raisons exposées ci-dessus, et en outre parce qu'elles supportent plus facilement la diète ou le régime sévère qui forment la base principale du trailement de celle atTeclion. Mais si pendant le cours de la maladie, les règles viennent h cesser de paraître, sans que I on puisse attribuer leur cessation à l'âge des malades, le pronostic en est plus grave que chez l'homme, toutes les circonstances étant égales fl'ailleurs. Ce n'est pas à dire pour cela qu'il soit toujours funeste ; mais, en général , dans les alTections chroniques des femmes, l'aménorrhée est un mauvais signe, à moins cependant qu'elle n'ait précédé l'invasion du mal; lorsqu'elle en est I effet, au contraire, elle annonce souvent qu'une désorganisation s'opère.

La rougeur, la coloration en brun ou gris ardoisé, et l'cpaississemcnt de la membrane mu(|ucuse gastrique, sont les alléralions que l'on rencontre le plus fiéquemmcnt a la suite des gastrites chroniques. On trouve quelquefois cette membrane détruite dans une plus ou moins grande étendue, ou bien convertie en bouillie gélaliiiifonne. Souvent elle est épai.ssic, et convcriic en une sub-

stance lardacée et partout homogène; cette disposition s'observe surtout au pylore, qui présente plus souvent aussi que les autres parties de l'organe la matière encéphaloiide , les mélanoses, les transformations cartilagineuses et osseuses. Mais cette altération n'appartient déjà plus à la gastrite chronique c'est le commencement de l'état squirrheux. Quelquefois 1 cpaississement des] parois de l'estomac est presque entièrement formé par la tunique musculairci qui est hypertrophiée. Les ulcérations sont rares, mais plus fréquentes cepen-j dant, comme je l'ai déjà dit, qu'après les gastrites aiguës; elles occupent ordi-l nairement les portions épaissies et dégénérées de la membrane. On les trouve» quelquefois cicatrisées : l'estomac de Béclard en a fourni un exemple. Les per^ forations sont aussi moins rares dans 4es gastrites chroniques que dans les aiguës j cette altération est peu commune.

Trailemeni. La première condition à remplir dans le traitement de la gas-ji trite chronique, comme dans toutes les affections en général, est d'éloigner lesi «auses d'excitation de 1 organe malade et de le condamner au rejios plus oui moins complet. La diète ou un régime sévère satisfont à cette première indica' tion et suffisent quelquefois pour guérir la maladie lorsqu'elle est légère; m»ij, dans la majorité des cas, ces moyens échoueraient si l'on n'en secondait l'efel parles saignées locales, les boissons émollientes, acidulés ou gommeuses, lei topiques émolliens et narcotiques, l'exercice, les bains, les frictions sèches sut la peau , l'emploi des révulsifs plus ou moins énergiques sur la région même de 1 estomac; enfin, dans les cas extrêmes, par les sétons et les moxas sur la mèoiej région. 'V^oici comment on doit diriger l'emploi de tous ces agens théni^ peutiques.

Suivant l'ancienneté et l'opiniâtreté de la phlcgmasie, l'âge et la force dili sujet, il faut débuter par mettre le malade à la diète absolue pendant six, XntÀ quinze, vingt jours au plus, cki bien lui imposer un régime sévère. Ce régima consiste dans l'abstinence complète de tous les stimulans, tels que vin, caH^ liqueurs, eau-de-vie, viandes noires, gibier, ragoûts salés ou é|)icés, consomméf^i bouillons, etc., et dans l'usage exclusif des fécules, du laitage, des légumes, dell herbes cuites, des fruits rouges dans la saison, du poisson, des huîtres et des viandes blanches. Les repas doivent être pris à des heures fixes, et être pcii ' copieux : on mesure la quantité des alimens qui doivent les composer, par le résultat des digestions. Ainsi, tant, que leur ingestion est suivie de soif, df ^ sécheresse de la gorge ou de mal de tête, de lassitude dans les membres, dt^. tension épigastri(|ue ou de malaise, on les diminue jusqu'à ce que 1 on arrive U point que la digestion ne soit accompagnée d'aucune sensation pénible. Mai|^ je le répète, il est toujours plus avantageux de commencer le traitement pîil' quelques jours de diète complète.

Ou applique en même temps dix, douze, quinze ou vingt sangsues à l'épi gastre; on en renouvelle l'apidication deux ou trois fois de suite dans les piiftH miers jours pour diminuer les plus possible l'irritation, après quoi on ne0 répète plus que tous les quatre, huit ou quinze jours, chaque fois que la phlegtl masie semble depuis quelque temps stationnaire et ne plus faire de progrès vcrw la guérisou. Je choisis toujours le moment des exacerbations pour appliquer;!»! sangsues, parce que j'ai depuis long-temps remaix]ué qu'à tout autre momeiki|| elles affaiblissent les malades sans presque diminuer l'inflammation. J'ai i'el^l| de si bons effets de cette pratique , que je n'hésite pas à en faire un précepte.

I,es boissons, ai-je dit, doivent être émollientes, acidulés ou gommeiisMi suivant le goût des malades ou même le caprice des estomacs : telles sont'If décoctions d'orge , de gruau, de racine de guimauve, de chiendent , de pomn^ de rainette; les infusions de fleurs de mauve ; l'eau de poulet ou de veau, 411 de grenouilles ; l'eau acidulée avec le gaz acide carbonique ; les sirops de vins gre, de groseille, de limon ; les sucs d'orange, de citron, de grenade; l'eau, réglisse, ou bien l'eau tenant de la gomme arabique en dissolution , ou encore chargée d'albumine , ou seulement sucrée, ou édulcorée avec les siroj de guin>auve , de capillaire , de gomme, de violette, etc. , ou enfin l'eau pillH elle-même. Quelle que soit celle de ces boissons que l'on prescrive, on doii|l| faire prendre en très-petite quantité à la fois , mais à doses souvent répétéeij froide autant que possible , et en général peu chargée des principes émollienl.^ acides ou gommeux. On doit surtout en faire usage après le repas pour facililei ^ la digestion de la petite quantité d'alimens qui a été ingérée; l'eau pure ou se* lement sucrée est celle qui convient le mieux à ce moment. Il est bon de,|C alterner pour ne pas fatiguer l'estomac par l'usage trop continu de la mêm n'est pas mal non plus que les malades fassent usage de deux ou trois de -tisanes à la fois.

A ces moyens principaux , essentiels , il ne faut pas négliger de joindre l'dè' ploi des cataplasmes émolliens , des emplâtres opiacés , ou des linges trenitfii dans l'eau froiile ou l oxycraf , de vessies remplies de glace, si le malade dH les supporter , sur la région épisgastrique. Il faut aussi avoir recours aux IH mens émolliens et rendus même légèrement laxatifs par l'addition de l'huileifll^ en les composant d'eau de casse, pour remédier à la constipation toujours (1J|I niâtre qui accompagne les gastrites chroniques. L'exercice modéré, mais j-.i porté jusqu'à la fatigue , les bains tièdes et les frictions sèches sur la pi enfin l'habitation à la campagne, si cela est possible, et les distractions,, partie nécessaire du trailement.

Si tous ces moyens sont impuissans, il faut y joindre l'emploi de quel révulsifs sur la région épigaslrique. L'un des plus généralement prescrit! pareils cas , le plus efficace peut-être, c'est la pommade stibiée. On eU'i faire des frictions sur f'épigastre jusqu'à ce qu'il y ait une éruption assez COBI dérable de boulons ; on continue ces frictions pend.int quelques jours eiiCW J^J pour forcer le développement de ces boutons ; cl lorsqu'ils sont assez volU!»'||j,^^

GASTRITE

G A STRO -ENTERITE.

ÎM s on suspend Tusa^je de la pommade pour y revenir aussitôt qu'ils s'éteigint. On entrelient de la sorte, et pendant autant de temps qu'il est nécessa3, une inflammation delà peau et une suppuration qui exercent une révulsion cojiinue et très-puissante sur la plilegmasie intérieure. Enfin , si cela ne suffit psi on a recours à l'application d'un sélon ou d'un moxa. Cette dernière médicapn est plus puissante que la première ; mais elle expose , lorsque les parois al'pminales sont minces ou le sujet trop irritable, à produire un accroissement su t et violent de la plilegmasie , qui peut entraîner la mort en peu de jo s. Le séton a de son coté l'inconvénient d'être très-douloureux à panser, de soe qu'il est difficile de dire lequel des deux moyens est préférable. Je les ai alidonnés l'un et l'autre, et les ai remplacés par l'application de la potasse caitique , qui en général est peu douloureuse et dont on peut graduer 1 action à 'Ionté. Je produis ainsi plusieurs escarrhes à des intervalles plus ou moins él^nés , j'entretiens la suppuration des plaies qui succèdent à leur chute, en leîxcitant au moyen d'une pommade irritante , telle que celle de garou, par e.':nple, et sans jamais les convertir en cautères au moyen de pois ; et lorsqi.'lles se cicatrisent malgré les onguens irritans, j'ai de nouveau recours au castique pour en produire de nouvelles. Il serait inutile d'essayer la révulsion aimriyen des vésicatoires ; en général , ils n'ont aucune efficacité dans celte m ailie et sont excessivement gênans.

ans la convalescence de la gastrite chronique, il est de la plus haute importa j;e de ne revenir aux alimeiis que par une gradation soigneusement ménagée. C'pest aussi qu'avec la plus grande précaution que l'on peut administrer des ^jjiulans; il faut en surveiller continuellement les effets , et s'arrêter aussitôt ni l'on s'aperçoit qu'ils surexcitent. Quelques jours de diète sont souvent ssaires pour réparer le mal qu'ils ont produit. En général , il vaut mieux abstenir ; et lorsqu'on les juge nécessaires, comme chez les individus mous, phatiques, peu irritables , dans les contrées et les saisons froides et humi- At\ et lorsque les membranes muqueuses visibles et la peau sont pâles et dolorées, le vin , les bons bouillons et les consommés sont de beaucoup à pi erer aux toniques médicamenteux.

i je n'ai pas parlé jusqu'ici des emétiques , des prétendus fondans , des d-obstruans , des savonneux, des eaux minérales , et autres moyens analogues çcseillés par tous les auteurs contre les embarras gasti iques , les dyspepsies , Wobstructions du pylore^ le cancer de L'estomac, etc., c'est parce que les fiprictés de ces médicamens sont plus que douteuses, qu'ils nuisent dans un Dr -grand nombre de circonstances, que l'on n'a pas encore pu préciser les cas lesquels ils sont utiles, et qu'en conséquence je n'ai pas cru devoir recomiider des agens thérapeutiques dont je ne puis pas j)réciser les indications, it ce que l'on sait sur l'emploi des émétiques , c'est qu'il faut le borner aux dans lesquels la langue est jaune ou limoneuse , sans rongeur à son limbe , haleur et la douleur épigastriques nulles , les rapports nidoreux, et, comme ai dit ci-dessus pour les toniques , chez les individus gras , mous , lymphales, peu irritables , et dans les saisons et les contrées froides et humides. Ils isissent en général assez bien dans cette première forme de gastrite que les îurs nomment embarras gastrique. L'eau de Vichy pure , ou mieux coupée : le lait ou avec la décoction d orge , mérite peut être d'être exceptée dans e proscription. Je l'ai vue réussir dans plusieurs circonstances, et en particucliez des femmes. Les légers anli-spasmodiques , tels que les infusions légcde fleurs de tilleul et de feuilles d'oranger , réussissent assez bien chez les mes nerveuses , et dans cette forme de la gastrite chronique avec phcnomènerveux qui touche de si près à la gastralgie. ( f^oyez ce mot. ) Dans cette ne de la gastrite, il est souvent utile de pratiquer quelques saignées locales rière les oreilles ou aux tempes, de faire des applications froides sur la tête, l'employer de temps h autre les pédiluves sinapisés. Eu général les évacuais sanguines soulagent peu dans ce cas; ce n'est guère qu'en les pratiquant inus que l'on en retire quelques avantages. Les narcotiques sont en général s utiles , mais ils ontsouvent l'inconvénient d'exciter la membrane muqueuse trique. On l'évite en les donnant à petites doses, étendus dans beaucoup éhicule , masqués par un sirop, ou mieux encore dans les lavemens. J'ai ninistré plusieurs fois avec succès en pareil cas un quart de grain d'acétate morphine dans un demi-lavement de décoction de graine de lin. Les moyens raux , les distractions, les voyages, les occupations de jardinage, concourent ssammentà la guérison de toutes les formes de la gastrite chronique , mais tout à celle de cette dernière.

les accidens qui surviennent à la suite de la perforation de l'estomac étant ceux la péritonite violente, c'est par les moyens qui conviennent contre cette plileg- ;ie qu'il faut les combattre. Mais tous échouent, parce que le passage des tières , de l'estomac dans la cavité pé/itonéale , entretient et aggrave sans ise l'inflammation et la rend rapidement mortelle. Toutefois, comme on ne ut pas rester témoin impassible et inactif de la mort des individus, il faut ter quelque chose; on à donc recours à un traitement antiphlogistique trèsergique , et principalement aux saignées locales abondantes. îastrite inlermillente. Tous les symptômes aigus et chroniques précédemment rils ont été observés intermittens : c'est dire que la plilegmasie à laquelle ipparliennent peut être intermittente. Les anciens, ne sachant pas rapporler «j phénomènes à leur véritable source, les ont confondus avec plusieurs autres lus le nom générique de /îèirei intermittentes , en ajoutant l'indication du Ipe ; seulement , lorsqu'ils les ont observés avec une douleur très-intense , jédominanl sur les autres symptômes et paraissant avoir son siège à l'orifice • rdiaque de l'estomac , ils en ont fait lay/èi^re intermittente pernicieuse carlalgicpie. Je dois dire que la plupart des auteurs modernes considèrent aujour-

\)lCT. DE MkdfCIKE et DE ChII\URGIE PBATIÇCES..

d'hui cette maladie comme étant de nature nerveuse et non pas inflammatoire. Quoi qu'il en soit, la plupart des causes que nous avons reconnues à la gastrite peuvent la produire intermittente , si leur action est intermittente elle-même ; mais la plus ordinaire et la plus efficace est l'action des miasmes marécageux. Cependant la gastrite chronique affecte très-souvent la marche intermittente quotidienne , sans être produite par les émanations des marais ; mais ce n'est pas là de la véritable intermittence, c'est cette exacerbation de symptômes qui se fait remarquer le soir dans presque toutes les affections chroniques avancées.

Les symptômes delà gastrite intermittente ne diffèrent pas essentiellement de ceux de \a gastrite continue ; ils présentent seulement de ])lus un frisson au début de chaque accès et de la sueur à la fin. Quelquefois il s'y joint en outre une douleur très-vive au cardia. Dans ce cas , si la douleur est très-violente, elle est accompagnée de nausées , de vomissemeiis , d'anxiété extrême , de défaillance , qui font croire aux malades que la vie va les abandonner ; le pouls est en même temps petit , concentré, à peine sensible. Les traits sont affaissés la face pâle et cadavéreuse. Le caractère de cette ilouleur est d'être souvent comparée par les malades à un sentiment de coiistriction , de torsion ou de morsure; elle n'est pas toujours aussi vive , ni par conséquent les symptômes qui l'accompagnent aussi violens; enfin souvent elle n'existe pas.

Les accès reviennent tous les jours ou tous les deux ou trois jours; ils sont plus ou moins intenses , et durent uue ou plusieurs heures; ils sont souvent séparés par une apyrexie complète ; souvent aussi ils laissent entre eux un peu d'excitation. Lorsqu il y a douleur cardialgique , elle survient ordinairement au déclin du frisson , dans le premier accès, puis dans l'accès suivant elle commence plus tôt, et enfin dans un troisième accès, qui est souvent mortel , elle se fait sentir aussitôt que le frisson commence. La gastrite aiguë intermittente ordinaire peut en général se prolongerfort long-lemps sans compromettre la vie du malade; cela dépend au reste de la force et de la durée des accès , et du plus ou moins grand espace de temps qui les sépare; elle est d'autant moins dangereuse que les accès sont plus faibles , plus courts et plus éloignés , et vice versd. Elle se termine ordinairement par résolution, soit spontanée, soit provoquée parrart,et passe presque toujours parl'état continu avant de se terminer par la mort. Celle qui s'accompagne d'une vive douleur cardialgique est au contraire très-grave et souvent mortelle au troisième ou quatrième accès, et quelquefois au deuxième.

Les caractères anatomiques de la gastrite intermittente ne sont pas connus. Son traitement est celui de toutes les affections intermittentes; antiphlogistique pendant les accès, antipériodi(|ue dans l'apyrexie. Les moyens antiplilo-> gistiques sont en effet les seuls convenables pendant la durée des accès , tous les autres ont des iiiconvéuiens plus ou moins graves ; il en est de même dans les cas où l'apyrexie n'est pas complète. Il faut avoir le soin seulement, s'il devient nécessaire d'avoir recours au.x sangsues , de ne les appliquer que pendant la période de chaleur; peudaut le frisson , pendant la sueur, et dans l'intervalle des accès, elles seraient beaucoup plus nuisibles qu'utiles. Dans 1 apyrexie, c'est au contraire au quinquina, à ses préparations, ou à ses succédanés qu'il faut avoir recours. On doit surtout se hâter de l'administrer dans la forme cardialgique de la maladie. Disons plus : cette médication doit être généralement préférée à la précédente; les saignées locales ne sont réellement utiles que pour disposer l'estomac, s'il conserve de l'irritation dans l'intervalle des accès, à recevoir le sulfate de quinine. Mais il vaut encore mieux , dans ce cas , administrer le quinquina ou le sulfate de quinine par l'anus que de le déposer sur l'estomac , siège actuel ou récent d'une irritation qui ne lui permet que difficilement d'en supporter le contact. Je renvoie pour tous les détails du traitement par les antipériodiques à l'article Fièvres , dans lequel notre savant collaborateur M. Bouillaud a exposé toute la thérapeutique des fièvres intermittentes.

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On consullera tes articles GASTRITE publiés dans les trois dictionnaires qui ont précédé celui-ci. Us ont pour auteurs MM. Guersent , Buissseau ,Cliomel.

(L. Ch. Roche.)

GASTROCÈLE. Foyez Hernies.

GASTRODYNIE. A'o/ezGASTRALGIE.

GASTRO-ENTÉR ALGIE. Fojez Gastralgie.

GASTRO-ENTÉRITE, s. gastro enteritis , de y<t'slY,p, eslomac, et i;v7<7Mv intestin. M. Broussais a le premier désigné sous ce nom l'inflammation de la membrane muqueuse de l'estomac et des intestins , inflammation de toutes la

GASTRO-ENTERITE.

G ASTRO- ENTERITE.

plus fréquente, et cependant méconnue jusqu'à ce savant professeur. On peut affirmer que sur cent malades d'affeclions aiguës , il y en a toujours au moins soixante afteclés de cette plilegmasie, seule ou compliquant celle des autres organes. Son histoire se trouve en partie déjà tracée aux articles CHOi.ÉK.i Mon- BL's, ENTÉniTE et Gastrite. Ce que j'ai dit de la distinction de l'entérite en v:lleuse ,foLlicuLeuse et membraneuse , est également applicable à la gastro-entérite, mais nous décrirons en outre une gaslro-entérile wec ramollissement gé- Litiniforme; elle est aiguë ou chronique , continue ou intermittente.

La gastro-cnlérite attaque iiidistincteaieiit tous les âges , les deux sexes , et tous les tcmpcramens. Elle se développe sous t'influence de toutes les causes directes ou indirectes d'excitation de la membraue muqueuse gastro-intestinale, telles que les boissons alcoholiques , l'abus eles acides , du café , les substances vénéneuses, les drasttiques , les éméliques , les alimeiis trop épicés , les salaisons, les viandes gâtées, les eaux corrompues, toutes les substances végétales ou animales de mauvaise qualité, le séjour dans les lieux humides et dont l'air est chargé de miasmes , l'insolation, la suppression brusque d une hémorrhagie habituelle , ou d'un exanthème , enfin les passions tristes et la colère. Afin d'éviter des répétitions , je renvoie pour les détails aux articles que j'ai cités ci-dessus. Enfin , la gastro-entérite, simple ou compliquée , précède ou accouipagne presque toutes les éruptions cutanées; elle se di veloppe sympathiquement sous l'influence de toutes les inflammations un peu étendues de la peau et du tissu cellulaire, telles que l'érysipele simple , l'érysipèle phlegmoneux , le phlegmon proprement dit , et les brûlures ; les phlegmasies articulaires aiguës et un peu intenses la provoquent aussi très-fréquemment.

Les symptômes de la gaslro-entérite pure, simple, franche, sont les suivans : peau chaude et sèche; pouls fréquent et peu développé, langue piquetée, rouge aux bords et à la pointe, couverte au centre d'un enduit plus ou moins épais ou d'une simple teinte blanchâtre, grise ou jaune; bouche pâteuse ou amère; soif; perte d'appétit; nausées ; envies de vomir , vomissemcns ; pesanteur , tension, douleur épigastrique; chaleur pins considérable de la peau de l épigastre et de tout le ventre que du reste du corps; borborygmes ; vents : coliques; constipation ou diarrhée , selon que riiitlammation ne dépasse pas l'intestin grêle ou qu'elle s'étend au colon ; douleur de tête sus-orbitaire ; lassitudes spontanées ; courbature; sentiment de brisement des membres dans leur continuité; urines rares, rouges, et déposant un sédiment briqueté, quelquefois troubles, épaisses et blanchâtres, et déposant une matière grise au fond du vase.

11 n'est pas besoin sans doute que tous ces symptômes se trouvent réunis pour caractésiser une gastro-entérite; il suffit pour cela de l'existence des principaux d'entre eux, de ceux qui émanent directement des organes malades, tels que les nausées, les coliques, la sensibilité épigaslrite , ou bien la rougeur de la lai'.gue, la soif et la perte d'appétit. D'un autre côté, ces symptômes peuvent recevoir quelques modifications de certaines circonstances hygiéniques ou de particularités d'organisation, d'âge ou de tempérament; enfin quelques autres phénomènes morbides peuvent venir s'y associer sans que la maladie ait pour cela changé de nature. De là résultent diveises formes de la gastro-entérite que nous devons décrire chacune en particulier.

Gastro-cnlérite villeuse. — La première forme decettefphlegraasie, c'est \a gastro-entérite aiguë auec super-sécrétion bilieuse, ou la gastro-duodénite. Elle est caractérisée [)ar les symptômes suivans : épigastre brûlant, souvent douloureux et tendu ; rougeur prononcée de la langue à ses bords et à sa pointe, et enduit jaunâtre de toute sa surface; perte d'appétit , dégoût, amertuuie de la bouche ; toif vive, désir des boissons froides et acidulés ; nausées , vomissemens de bile jaune ou verte; constipation; pouls petit, serré, fréquent et dur; coloration jaune de la face, et surtout des conjonctives, des ailes du nez et du pourtour des lèvres, quelquefois même ictère général; céphalalgie sus-orbitaire ordinairement intense; douleurs contusives dans les membres.

Celte plilegmasie réagit promptement sur le cerveau, lorsqu'elle acquiert un haut degré d intensité. Mais chez les enfans , il n'est même pas nécessaire que l'inflammation soit intense pourqu'elle s'accompagne de phénomènes cérébrau,\ assez graves, tels que l'assoupissement, le coma , le grincement de tients le renversement du globe de l'œil sous la voûte de l'orbite , les soubresauts des tendons , et même les mouveraens convulsifs. Une indigestion suffit même quelquefois à cet âge, pour produire ces symptômes. Il est alors souvent difficile du savoir laquelle, de l'eucéphalile ou de la gastro-entérite , est la principale. Si la chaleur de la peau est intense , le pouls très-fréquent, la soif vive, la langue très-rouge etl'épigastre douloureux , et si surtout ces symptômes ont eu l'initiative, il est très-probable que ceux de l'encéphale sont sympathiques. 11 est un moyen d'investigation qui jette souvent le plus grand jour sur le siège du mal : c'est la pression épigastricpie. Si cette région est douloureuse, on voit, au moment où l'on exerce celte corajn ession, tous les sympliiuies cérébraux se réveiller s'ils étaient assoupis, ou s'éveiller s'ils existent encore; nul doute alors que la plilegmasie gastro-intestinale ne soit le principal mobile du désordre. S'il reste quelque incertitude, on combat les deux irritations par les moyens locaux que nous indiquerons en parlant du traitement.

Celle lornic de la gaslro-entérile est très-commune dans les pays chauds ; dans nos contrées , on l'observe principalement au printemps et en été. Elle allecte <lc preléreucc les individus trcs-bruiis, secs, d'un tempérament bilieux, et les personnes adonnées aux liqueurs spiritueuses et faisant un usage fréquent des alimens acres, salés , épicés , et des viandes de haut goût. Toutefois , aucun pajs, aucune saison , aucun individu n'en sont à l'abri. Elle règne quelquefois d une manière épidémitpie. C'est \o> fièvre gastrique , ardente , mésentèlique, cliuiéru,ue, bilieuse, méningo-gastrique des auteurs. Lorsqu'elle s'ag-

grave, elle offre les mêmes symptômes que l'entérite villeuse intense ; nous ti les décrirons pas une seconde fois.

2' I alternent. Le trailemeiit de la gastro-entérite en général, et de la gastri entérite villeuse en particulier , se compose de saignées générales et locales, d fomentations , cataplasmes et lavemens émolliens, de topiques rétrigérans, boissons acidulés ou gommeuses , froides et même glacées , et de l'abstirieni des alimens et des stimulans de toute espèce.

Les saignées générales couviennent rarement dans les gastro-entériles ord naires de nos climats: elles y sont cependant quelquefois indispensables, ■ voici dans quelles circonstances : lo lorsque le malade est très-pléthoriqual 2" loisque la gastro-entérite est accompagnée d'une pneumonite même légère* comme cela arrive fréquemment dans les saisons et les contrées froides et hi mides. Il n'est pas rare de voir dans ces circonstances hygiéniques , des gastn enlériles qui résistent aux saignées locales les ))lus abondantes : si l'on auscnl alors les malades, on découvre souvent une pneumonite latente. C'est ceti plilegmasie , qui ne donne pourtant aucun signe d'existence, qui enraie aini les cH'orts du médecin. Une saignée générale produit dans ce cas les meilleù efiets. 3" Il faut encore avoir recours à la saignée générale au début des gaàl entérites dont l'invasion est violente et dans lesquelles la région épigastrit est très douloureuse. Dans les autres cas , les saignées locales doivent èlf préférées. L'expérience a appris que la région épigastrique est le lieu où.li applications de sangsues produisent les meilleurs effets. Cependant on en même temps les pratiquer à l'anus lorsqu'il y a diarrhée, c'est-àlorsque la phlegmasie gaslro-intestinale s'étend jusqu'au colon.

Les fomentations, cataplasmes et lavemens émolliens ne sont que d'i utilité secondaire dans le traitement de la gastro-enlérite aiguë, cependant il lj| faut pas les négliger. Un moyen bien plus puissant consiste dans l'applicatioiiâ la glace sur l'abdomen ; mais il ne convient d'y recourir que dans les cas gravé»; et surtout lorsque la faiblesse du sujet et la quantité de sang qu'on lui a tirén permettent plus d'employer les saignées. Le danger de faire naitredes pneunao niles ou de les accroître lorsqu'elles compliquent déjà la gaslro-entérite, et! violence de la réaction qui suit quelquefois l'application du froid, sont les dei gra^e^inconvénlensqui s'opposent à l'emploi plus fréquent de ce moyen effi- Les boissons froides ou à peine tièdes conviennent dans tous les cas, exci lorsqu'il existe une complication de phlegmasie bronchique, pulmonaire" pleurale ; elles doirent être le moins possible chargées de principes nutriti et gommeuses, acidulés, mucilagineuses ,ou simplement sucrées, suivant goût des malades. Ainsi les décoctions d'orge , de chiendent , de fleurs mauve , de racine de guimauve; les sirops de gomme, de guimauve , de suci d'orgeat, de groseille etde Tinaigre dansl'cau ; la limonade, l'orangeade , ïë chargée d'albumine , sont les buissons les plus généralement usitées. On un grand nombre de gastro-entériles légères sans a))plications de sangsu par le seul usage de l'une de ces boissons , glacée et administrée à pelites°do>i fréquemment répétées ; cela réussit surtout dans la gastro-enlérite villeuse. pendant il est plus prudent , lorsque ces aflections sont intenses , d emploj»^ en même temps les saignées locales. Les boissons acidulés glacées sont auss très- efficaces contre les vomi.ssemens opiniâtres et pour élaucher la soif. Il f,i«l les administrer à doses assez rapprochées pour ne pas donner le temps à.il réaction de s'opérer, sinon elles seraient plus nuisibles qu'utiles, et lorsquC Teut les suspendre , on ne doit ramener que par gradation les malades à boissons d'une température plus élevée.

Dans toutes les gastro-entérites , la dièle est indispensable. En génér; plus l'abstinence des alimens est complète , et moins la guérison de ces affe lions se fait attendre, et vice versa. Lorsqu'elles soul légères même, quelqu) jours de diète et l'usage des boissons délayantes suflisent pour les faire di.spi raiire. On ne saurait trop le répéter : les voies digestives irritées se trouvent 1 toujours fort mal d être forcées au travail d'une digestion , quelque lé"ère i qu'elle soit. Quand les symptômes diminuent et que l'appctit se prononce « ' n est qu'avec de grandes précautions , liroportionnées d'ailleurs à la duréeci ■ à l'intensité de la maladie , qu'il est permis de revenir aux alimens. On est sou- : vent obligé de c ouuneiicer l alimentation par les substances ciui exi'Tent le * moins d'efforts digestifs , tels que les panades à l'eau , les fécules , les végétaux i elle laitage, et successivement les viandes blanches, la chair des jeunes ani- < maux , avant d arriver aux bouillons et aux viandes plus nourrissantes. Ueau- i coup de rechutes sont dues à l'inobservance de ces préceptes souvent eufreiiits i par l'indocilité des malades. j A l aide de ces moyens combinés et habilement dirigés , on guérit la très*| grande majorité des gastro-entérites villeuses, lorsque surtout elle est acconipaH gnée dune super-sécrélion bilieuse plus ou moins abondante; Sloll et Piuel i' surtout en avaient fait un précepte. Mieux appréciés dans leurs effets depuis la naissance de la nouvelle doctrine, ces médicamens ne sont plus employé» ^ qu'avec beaucoup de circonspection , et sont réservés pour un petit nombre de \\ cas, qui ne sont pas même bien déterminés. Cependant on peut y recourir; (|! quand la chaleur de la peau est peu intense , quand la douleur épigastrique et la rougeur de la langue sont nulles, chez les personnes grasses , blondes, molles et peu excitables , dans les saisons et les contrées froides et humides et dans les pays du nord; hors ces cas, les vomitifs sont, comme la dit M. Broussais, de quitte ou double, et tout médecin prudent doit s'en

abstenir. 11 en est de même des purgatifs ; leur emploi a été considérablemenl restreint dans ce dernier temps , après avoir été pour ainsi dire banal ; l'iiiel avait déjà commencé cette réforme : un peu moins dangereux que les vomitifs, ils cessent de l'être dans les mêmes circonstances.

GASTRO-ENTERITE.

GASTRO-ENTÉRITE

Lorsque la gastro-entérite villeuse a pris une grande intensité , elle réagit jr les méninges et donne lieu aux symptômes dits ataxit/ues. Son traitement lit être alors énergique, mais sans changer de nature. J'ai dit à l'article Em- :rite ce qu'il faut faire en pareil cas; je ne le répéterai pas ici.

Gastro-entérite JoLliculeuse. L inHaminatipu de la meuibrane muqueuse des 'ies digestives se manifeste encore sous la forme suivante : sentiment de pe- 1 iteur et de tuméfaction à l'épigaslre, sensibilité de l'abdomen à la pression, jrte d'appélit , goùl aigre, fade et pâteux de la bouche ; langue recouverte tiin enduit grisâtre , blanc et limoneux , et un peu rouge sur ses bords et a 1 pointe ; aplithes dans la bouche , soif modérée , rapports acides et nidoreux ; iieine fétide ; coliques passagères, quelquefois suivies de selles muqueuses et (htenant parfois des vers intestinaux; diarrhée, si la phlegmasie s'étend jus- (l'ii l'intestin colon ; pouls laible , petit et fréquent , quelquefois lent ; chaleur jLi intense de la peau ; sueurs rares , ordinairement acides; pâleur générale , f blesse, abattement , douleurs vagues dans les meuibres ; urine épaisse, trouii, blanche ou rougeâlre, avec sédiment giisâlre ou briqueté. Cette lorme de iigaslro-entérite indique la prédominance de l'inflammation dans les follicules tilla membrane muqueuse ; c'est la gnstro-eiuértle /bUiculeuse. On la ti ouve ili:rite dans les auteurs sous ies noms de fièfi e méseiildrù/ue , piluiteuse ou $é- I ise , lente ^neiveuse , glulineuse , muqueuse , at/éiiu-méiii/i^ée , et sous celui i|//èi^)v vermineu»e , lorsqu'elle est accompagnée de 1 expulsion de vers , ce (ji arrive assez fréquemment chez les enfans. Lorsque CHtte phlegmasie devient pis violente elle prend les caract'eres de la maladie autrefois désignée sous la diomination de Jièvre adjnamicjue. Les symptômes qu'elle levèt alors ont été (ici s à l'occasion do l'entérite folliculeuse.

Jette forme de la gastro-entérite , se déyeloppe ordinairement dans les con- I es , les saisons et les lieux humides , et elle attaque surtout les individus lius et lympathiques. Ses causes les plus ordinaires sont , les froids humides, i malpropreté, l'usage de mauvais alimens , l'abus des farineux, les fruits a les et non murs, et enlin l'usage des eaux bourbeuses pour boisson habiti lie. Sa durée est toujours assez longue; aussi désorganise-t-elle fréquemment I ti.^bu qu'elle occupe, et la mort en est-elle plus souvent la suite que ne sablerait devoir le faire supposer son peu d'intensité. En traitant de l'entérite I iculeuse, j'ai signalé les causes de la longue durée et de la gravité de cette ) egmasie.

^railement. Très souvent compliquée de pneumonite ou de bronchite , la tro-entérife folliculeuse réclame tréquemment la saignée générale , mais les jcuations sanguines ont rarement besoin d'être portées aussi loin dans cette

Iction que dans les autres formes de la même phlegmasie Les acidulés conment encore; mais on peut , sans inconvénient, les rendre légèrement matiques par l'addition des fleurs de sureau , de tilleul, de feuilles d'oran- , ou un peu amères par la chicorée, le Icucvium chamuedris et d'autres ntes de ce genre , surtout si on a le soin de faire ces boissons légères et de suspendre aussitôt que l'on s'aperçoit qu'elles augmentent la phlegmasie. boudante sécrétion de mucosités , qui forme le caractère principal de cette tro-entérite , protège la membrane muqueuse contre l'action excitante de ces Jicamens. S'il y a des vers , ces boissons seront rendues anthelmiiitiques par anaisie , la coraline de Corse, etc, ; et on en surveillera les efl'ets comme il ué dit ci-dessus. On emploie aussi avec avantage les rubéfians de la peau , qui sent dans toutes les autres formes de la gastro-entérite; mais ce moyen deidc plus de précautions encore que les boissons précédemment indiquées, in , il arrive souvent, à la terminaison de cette phlegmasie , que les memnes muqueuses visibles sont d'une pâleur extrême , et que 1 appétit ne se iblit pas ; c'est le cas alors d'administrer des toniques. Le bon vin est tours préférable aux toniques médicamenteux ; cependant les vins amers et de nquiua trouvent ici leur emploi. 11 faut les suspendre aussitôt que l'appétit t ranime et que les membranes ont repris leur coloration naturelle. Du reste railement général de cette phlegmasie n'en repose pas moins sur les mêmes es que celui de la gastro-entérite villeuse. Enlin , quand elle est très grave [u'elle fait naitre cet appareil de symptômes que l'on désignait autrefois sous lom de fièvre adyiiamicjue , elle présente alors les mêmes indications et rêne le même traitement que l'entérite folliculeuse. ( Voyez Emérite. ) iastro-encérite avec ramollissement gélatin (/'orme. On rencontre quelquefois z les enlans une forme de gastro-entérile toute particulière , qui se caracse par les symptômes suivans : les petits malades éprouvent des coliques entes et toujours suivies d'une diarrhée verte plus ou moins fréquente dont aatière est semblable à de l'herbe hachée; ils vomissent souvent des matièmuqueuses ou bilieuses ; une soif ardente les dévore; ils maigrissent avec I rapidité c|uelquefois prodigieuse et sont aussitôt jetés dans une prostration réme ; ils ont la face pâle et décomposée ; continuellement assoupis, mais nement, ils poussent de temps en temps des cris plaintifs et éprouvent des torsions , probablement par l'elfet des douleurs abdominales; ils sont d'une ême mauvaise humeur; leur pouls est lent et irrégulier; les extrémités sont des. C'est à M. le professeur Cruveilhier, notre savant collaborateur, que is devons les principales connaissances que la science possède sur cette adic. C'est lui qui le premier a rattaché les symptômes que je viens de rire à l'altération pathologique qui les produit, en a signalé les causes, et LQ a posé les principales bases du traitement de cette maladie. iCs causes de cette forme de gastro-entérite chez les jeunes enfans sont sque toujours le sevrage trop brusque, une alimentation trop forte pour la icatesse de leurs organes digestifs, l'abus et souvent même l'usage peu nésaire des purgatifs , du sirop d'ipécacuanha , du sirop anti-scorbutique, etc. ,

et enfin les diarrhées prolongées que l'on respecte dans la croyance erronée qu'elles sont salutaires. Ces causes, comme on le voit, ne diffèrent pas de celles des phlegmasies gastro-intestinales ordinaires.

L'altération pathologique consiste dans un ramollissement gélatiniforme de la membrane muqueuse gastro-intestinale. « Ce ramollissement, dit M. Crun veilhier, procède toujours de l'intérieur vers l'extérieur. Il y a d'abord » simple écartement des fibres que sépare un mucus gélatineux, et par consc- " quent les parois de l'organe sont épaissies et demi-transparentes ; bientôt n les fibres elles-mêmes sont envahies , disparaissent enfin , dételle sorte que » l'estomac ou l inteslin ramollis ressemblent à de la gélatine trunsparenle , » arrondie en tube ou en portion de tube. Si la transformation est complète, « les parties désorganisées sont entraînées couche par couche, et ce qui reste « paraît aminci; le péritoine seul résiste quelque temps ; mais enfin, envahi » lui-même , il s'use , se déchire , et la perforation a lieu. Les parties, ainsi » transformées , sont décolorées, transparentes, d'apparence inorganitjue, com- » plèteiuent dépourvues de vaisseaux, exhalant une odeur aigrelette semblable » à celle ilu lait caillé, sans odeur ni de putréfaction ni de gangrène. Un fait «digue d'intérêt, c'est que les parties ramollies se décomposent beaucoup n moins prompteraent que les parties non altérées dans leur organisation.

I L'ébuiiition qui convertit en gélatine l'estomac et les intestins donne une « idée parfaite de ce genre d'altération. Je dois noter ici un phénomène bien

II remarquable, ajoute M. Cruveilhier : c'est la coloration noire des vaisseaux » qui avoisinent l'altération , couleur que je n ai jamais rencontrée ni dans les « parties désorganisées ni dans les liquides contenus. «

M. Cruveilhier ne pense pas que cette altération soit l'effet d'une phlcgmasiej il l'attribue bien à une irritation gastro-intestinale, mais cette irritation est, selon lui , d'une nature spéciale sur laquelle il ne s'explique pas davantage. 11 n'est pas éloigné de croire toutefois, qu'un liquide d'une nature inconnue, produit par la maladie, ne concoure , du moins après la mort , à convertir ainsi les tissus en matière gélatiniforme , et il s'appuie sur ce que le ramoUiasement dans l'estomac s'observe presque toujours à son extrémité splénique , lieu où s'accumulent les liquides dans tous les cadavres que l'on place dans la supination, et, sur cet autre fait , que le ramollissement se propage souvent d ua tissu au tissu contigu par une sorte d'imbibition , de l'estomac , par exemple, au diaphragme, de l'œsophage au médiastin et jusqu'au poumon, du gros intestin à la surface «l'un rein , etc. ; mais il pense que ces derniers effets sont cadavéricfues.

Si l'on veut faire une maladie de cette altération morbide, il est difficile sans doute de se prononcer sur sa nature. Elle difi'ère assez au premier coup-d'œil des phlegmasies ordinaires des voies digestives pour faire douter qu'elle ait avec elles la moindre analogie. Mais lorsque l'on considère que ces différences portent principalement et presque uniquement sur les lésions anatomiques, et qu'au contraire les causes de la maladie, ses symptômes principaux, et les moyens de traitement qui lui conviennent , sont à peu près les mêmes qu« dans les gastro-entérites ordinaires, on revient malgré soi à l'opinion qui la fait consister dans une phlegmasie. Le ramollissement gélatiniforme des tissus n'est plus alors que le dernier terme de cette phlegmasie, qu'un état de désorganisation qui lui a succédé , qu'une transformation d'une altération pathologique antérieure. Un fait vient encore à l'appui de cette manière de voir ; c'est que souvent la maladie débute par un appareil fébrile assez considérable, puis tout.! coup la désorganisation gélatiniforme s'opère , et aussitôt le pouls perd toute fréquence, et la peau non-seulement cesse d'être brûlante , mai« encore se refroidit. Ce qui veut dire , si je ne me trompe , que la maladie com- • mence comme toutes les gastro-entérites, mais que, par une particularité inconnue , elle entraine plus promptement la désorganisation des tissus que dans les circonstances ordinaires. L'âge tendre des enfans, chez lesquels on 1 observe le plus communément, favorise probablement cette désorganisation.

Les adultes n'en sont pas cependant à l'abri. M. Louis en a rassemblé plusieurs exemples dans un mémoire intitulé : Du ramollissement avec amincissement, et de la destruction de lu membrane muqueuse de l'estomac . Tous les faits rapportés par ce médecin étayent l'opinion que je viens d'émettre sur la nature de cette maladie. Aussi M. Louis, dont le défaut n'est pas certes d'agrandir le domaine de l inflammation , essaie-t-il de prouver par les symptômes de la maladie, par l'examen des lésions anatomiques , et par la comparaison de ce ramollissement avec celui qui succède à une inflammation de la peau , cjue le ramollissement de la membrane muqueuse de l'estomac est le résultat de l'inflammation de cette membrane , d'une véritable gastrite ; et ce qu'il dit de l'estomac s'applique entièrement aux intestins. En effet , cette désorganisation n'a pas de causes spéciales , toutes celles de la gastro-entérite sont les siennes puisqu'elle n'est , à vrai dire , qu'un mode de terminaison de cette phlegmasie. Ses symptômes n'offrent rien de particulier; comme dans la gastro-entérite ordinaire , ils consistent dans la perle plus ou moins complète de l'appétit, une soif plus ou moins vive , des douleurs épigastriques , des nausées et des vomismens , de la diarrhée, l'accélération du pouls et l'augmentation de la chaleur de la peau. Enfin , ses caractères anatomiques seuls la distinguent de la phlegmasie gastro-intestinale ordinaire ; mais qu'y a-t-il à cela d'étonnant puisqu'elle est comme la gangrène , par exemple, un mode particulier de terminaison de cette phlegmasie? Nous allons voir d'ailleurs dans la description que, d'après M. Louis, je vais donner de ces lésions, qu'elle conserve fréquemment des signes qui en décèlent l'origine.

L'estomac, car c'est dans cet organe principalement que l'on a observé le ramollissement gélatiniforme, l'estomac, dis-je, est tantôt rétréci et tantôt

GASTRO-EWTÉRITE.

gastro-ewtérite.

plus volumineux que dans l'état normal. A l'extérieur il n'offre rien de remarquable ; à l'intérieur, il présente dans une partie variable de sa surface, une couleur d'un blanc pâle, plus ordinairement bleuâtre, continue ou disposée par plaques plus ou moins rapprochées, irrégulièrement arrondies. C'est dans ces points que la membrane muqueuse est ramollie , amincie ou détruite. Lorsqu'elle n'est que ramollie , elle est quelquefois grise ou rosée ; mais le plus ordinairement elle est transformée en une espèce de mucus glaireux, pàle et demi-transparent. Les vaisseaux qui rampent à la surface du tissu sous-muqueux , sont très-apparens , larges et vides. Les autres membranes de restomac sont ordinairement saines , mais quelquefois elles participent à la désorganisation, et dans quelques cas même , le péritoine seul reste intact. Autour des portions ramollies, amincies ou détruites, la membrane muqueuse est quelquetois rosée ou d'un rouge assez vif, souvent grisâtre , épaissie et mamelonnée ; dans quelques cas, on y rencontre des ulcérations plus ou moins prolondes.

M. Cruveilhier appelle pultacé le ramollissement que nous venons de décrire, et pense qu'il n'est pas de même nature que le ramollissement gélatiniiorme. Suivant lui cette altération est un effet purement cadavérique. Cette opinion est peut-être vraie. 11 est bien certain du moins que le ramollissement gélatiniiorme des adultes et même celui des enfans, ne sont que les derniers termes de l'inflammation de la membrane muqueuse gastro-inteslinale , et ne méritent réellement guère le nom de maladies. Ou devrait peut-être en reléguer l'histoiie dans les traités d'anatomie pathologique.

Traitement. La thérapeutique du ramollissement gélatiniforme se ressent de l'incertitude qui règne encore sur la nature de cette affection. Si , comme je le crois, ce n'est qu'une désorganisation , suite et lin d'un état inflammatoire , l'art est impuissant contre elle , et le seul but que le médecin doive se proposer d'atteindre, c'est d'en prévenir le développement en traitant énergiquement les gastro-entérites auxquelles elle succède. M. Cruveilhier qui , comme je l'ai déjà dit, considère cette altération pathologique comme le résultat d'un état morbide spécial, du moins chez les enfans , a essayé de lui assigner un traitement particulier. Suivant lui, la faim et la soif, la diète lactée, les bains, et l'opium sagement administré, en sont les moyens curatifs ; il repousse les soignées locales de son traitement. Je ne parlage pas l'opinion de notre savant collaborateur sur l'utilité de l'abstinence des liquides dans cette maladie. J'ai peine à croire qu'il puisse être de quelque avantage de priver impitoyablement de boissons de petits malheureux qu'une soif ardente dévore; je me persuadelais difficilement que l'eau pure, par exemple, prise en petite quantité à la fois , pût augmenter la phlegmasie. Les saignées locales ne me paraissent pas non plus jugées en dernier ressort par la condamtiation portée contre elles par M. Cruveilhier. Je conçois bien qu'elles doivent être d une utilité équivoque lorsque la désorganisation est opérée , mais , comme moyen de la prévenir , je les crois efficaces.

Gastro entérite membraneuse. Cette forme de gasiro-entérile est très-rare. On n'en connaît ni les causes particulières, ni les symptômes caractéristiques , ni le traitement. On sait seulement que dans quelques gastro-enlériles , les malades rejettent par le vomissement ou par les selles des débris plus ou moins considérables de fausses membranes. A l'ouverture des cadavres on a'qtielqucfois rencontré toute la membrane muqueuse gastro-intestinale, depuis le cardia jusqu'à l'anus, recouverte par une exsudation membraniforme blanche et solide { Broussais, RuUier); plus communément la fausse membrane n'occupe qu'une portion des voies digestives , telle que l'estomac, la portion pylorique de cet organe, la fin de l'intestin grêle, lecœcum ou le colon. MM. Andral, Broussais, D cnis, Brctonneju, Querseiit, Guibert et Louis, rapportent tous des exemples de ces exsudations membroniiormes partielles. Ces fausses membranes, ])lus ou moins adhérentes à la muqueuse digeslive, sont molles, minces, blanches, jaunes ou jaunâtres ; elles se montrent tantôt sous la forme d'une couche mince qui tapisse la surface interne de l'estomac ou de l'intestin et en revêt toute la cavité , ou bien sous l'aspect de plaques ou de bandelettes plus ou moins nombreuses, frangées et irrégiilières ; au-dessous d'elles on trouve la membrane muqueuse rouge et enflammée. J'ai déjà dit en traitant de l'entérite membraneuse que cette maladie paraissait former avec l'angine couenneuse et le croup une espèce particulière d'inflammation; mais l'histoire en est encore à faire.

Choléra-morbus. Enfin , une dernière forme de la gastro-entérite est celle que nous avons décrite dans ce Dictionnaire sous le nom de choléra-morbus. Je renvoie le lecteur à cet article pour tout ce qui concerne le choléra-morbus sporadique; mais je crois qu'il convient de tracer ici l'histoire du choléra-morbus qui vient de régner épidémiquement en Europe , d'autant que nous ne trouverions plus l'occasion d'en entretenir nos lecteurs dans ce Dictionnaire.

La cause générale, atmosphérique ou terrestre, qui produit le choléra épidémique nous est entièrement inconnue. On ignore si c'est un miasme, un état électrique j)arliculier , ou tout autre chose. Ni l'analyse de l'air, ni les observations météorologiques n'ont pu rien apprendre à ce sujet. A en juger d'après ses effets , elle parait agir tout à la fois , et à la manière de certains poisons , les narcotico acres , qui enflamment et qui stupéfient en même temps le système nerveux, et à la manière des substances vénéneuses que l'on injecte dans les veines, lesquelles provoquent des vomissemens et des garde-robes fréquentes. Nous en reparlerons plus tard.

Mais si celle cause nous échappe , nous connaissons du moins la plupart do relies qui prédisposent h contracter le choléra-morbus épidémique, et qui souvent même en accélèrent on en provoquent immédiatement le développement. Ainsi I humidité, les fortes chaleurs. U s temps d'orage et les variations brusques tl considérables dans la température on dans l élal hygrométrique de l'air,

exercent une influence, difficilement appréciable, sans doute , mais non contestable sur sa production. On est surtout généralement convaincu du danger des indigestions, de l'abus des liqueurs spiritueuses et de toutes les boissons stimulantes en général, des inconvéniens qu'entraîne même le simple usage des alimens de mauvaise qualité, celui du veau , du porc frais , de la charcuterie ,du; gibier, des ragoûts épicés, des substances grasses, des fruits verts, des fromages! fermentes, et enfin celui du cidre et de tous les acides. Des faits nombreux et irrécusables attestent en outre que le chagrin , la terreur , la colère , et le coit peuvent déterminer l'invasion du choléra-morbus épidémique chez les individus' soumis du reste à l'influence de la cause mystérieuse qui le produit, c'est-à-dire vivant au sein du foyer de l'épidémie. D'où il suit que deux ordres de causes' principales provoquent le développement de celle maladie, les nns agissent! directement sur les voies digestives , les autres directement sur le systèmei nerveux.

On retrouve dans le choléra-morbus épidémique tous les symptômes du cho-l lera sporadique, mais il en présente en outre quelques-uns que l'on n'observe! pas dans celui-ci. La manière dont ils se succèdent et s'enchaînent offre aussi cjuelque chose de particulier, ce qui a fait partager la marche de la maladie eot plusieurs périodes. Nous en distinguerons quatre bien tranchées. ,■

Dans la première , que quelques auteurs nomment période d'incubationtà I' d'autres cholérine , les malades éprouvent de la céphalalgie, des vertiges , deill i cblouissemeus, des défaillances, de la diminution ou la perte complète de l'ap-fl ' pélit, une soif plus ou moins vive; ils ont les yeux cernés, la langue recouvert* I d'un enduit épais, d'un jaune grisâtre, ou bien humide, blanchâtre et visqueuse; ils ressentent de la pesanteur et de l'embarras à la région épigastrique ; ils ont f plusieurs selles liquides par jour , précédées ou accompagnées de borborygmej I ou de coliques, la matière de ce» garde-robes est jaunâtre ou noire; enfin leut 1 pouls est accéléré et la chaleur de la peau plus considérable que dans l'état'' normal. , \

Après quelques heures, un, deux, trois ou huit jours de durée, ces symptômesi' sont tout-à-coup remplacés par ceux delà seconde période, ou bien, ce qui ( arrive souvent, ils se dissipent spontanément. Fréquemment aussi les phéno- " mènes morbides de cette seconde phase de la maladie se manifestent des 1 iii- ' vasion, et sans avoir été précédés par ceux que nous venons de décrire.

Soit donc que les phénomènes morbides de cette seconde période éclatent ' tout-à-coup, soit qu'ils succèdent à ceux de la choléi *ine , ils présentent un as-^-i' pect particulier qui ne permet plus d en méconnaître la gravité. Ordinairemeoj un ou plusieurs vomissemens se déclarent, les premiers n'entraînent que d( alimens, les seconds rejettent des matières bilieuses jaunes ou vertes, et bie; tôt enfin ils sont formés par un liquide blanchâtre semblable à du petit 1 trouble; les gardes-robes deviennent plus fréquentes, elles sont liquides , j] reuses , blondes, troubles ; elles contiennent des flocons albumineux, et ressemblent assez bien à du petit lait ou mieux à une décoction de riz dans laquelle nageraient les débris du riz lui-même, elles s'échappent quelquelois involoulairement et à l'insu des malades; elles n'ont en général presque pas de fétidité, mais elles exhalent une odeur particulière que l'on retrouve dans toutes la sécrétions des malades et que l'on ne peut plus méconnaître une fois qu'on l'a sentie. Les borborygmes se font sentir et quelquefois même cntentiM sans interruption; la face se colore d'un rouge vif, les paupières devieffil nent rougeàtres ; eu même temps des crampes plus ou moins douloureusSi et que le mouvement réveille, se font sentir dans les orteils, dans les molleUin dans les cuisses , quelquefois dans les doigts et les avant-bras ; la langue plate, humide, vis(|ueuse et décolorée ; la soif est en généi-al peu vive; les m^l lades éprouvent un peu d'anxiété , de l'oppression , quelquelois un sentimeift de consiriction douloureuse de la base de la poitrine, des mouveraens tuniiJr tueux du cœur, ou des palpitations violentes, subites, passagères; le tronc cA liaque ou l'aorte abdominale battent avec force ; la sécrétion de l'urine est cofr sidérablement diminuée et parfois suspendue; le pouls rarement accéléré, quej' quefois ralenti, petit et concentré , n'offre souvent rien de particulier; la c leur de la peau est quelquefois déjà diminuée sans que les malades s'en api coivent; les pieds et les mains ont surtout une grande tendance à se refroii ou sont déjà froids ; l'épuisement des forces est rapide et extraordinaire. A signes , il n'est plus possible de méconnaître le choléra ; quelques auteurs pellent la maladie parvenue à cette période choléra conjirmé.

La troisième période succède plus ou moins promptement à la précéden en deux heures quelquefois la maladie les a parcourues l'une et I autre. Al? symptômes précédemment décrits viennent alors se joindre les suivans : % face devient violette, plombée ou livide; les yeux s'enfoncent dans les orbitei:; des taches d'un rouge foncé ou bleuâtres se forment quelquefois sur la conjonctive oculaire, qui est desséchée par l'absence de toute sécrétion des larmes ;l6« paupières , à demi-fermées , sont rougeàtres et parfois dans un état de rigidité douloureuse; la peau prend une teinte violette aux pieds et aux mains, çà et là, aux cuisses , aux jambes et quelquefois sur le tronc, on y remarque des ecchy-j|| moses de la même teinte, elle se ride à la paume des mains et au bout des doigUi jll comme après une immersion prolongée dans l'eau; elle est sèche, sans élasticité, ff' et conserve long-temps les plis qu'on y forme eu la pinçant; les extrémités ,1* I' nez, la langue, l'haleine même sont glacés; la température de tout le reste d» 'jj corps est considérablement refroidie; la voix est raiiqiie , très-affaiblie ou tout- j à-fait éteinte: le pouls est d'une faiblesse extrême, quelquefois on le cherche en vain à l'artère radiale, à peine se fait-il ,sentir aux plus grosses artères ; la secrétion de l'urine est entièrement suspendue, et il en est probablement d* ., même de celle de la bile ; qucbjues malades sont en proie à des mouvemen» ,)

GASTRO-ENTÉRITE

CASTRO -ENTÉRITE

■ nvulsifs violens; d'autres ac-cusenl une sensation d'ardeur dans l'estomac et ] ventre; la plupart éprouvent une anxiété considérable, mais sans se plaindre; ( elques-nns cherehent h se découvrir sans cesse, ils s'aî^itent continuellement, tangent fréquemment de position et cherchent même h sortir de leur lit ; <ez un certain nombre de malades enfin , les douleurs abdominales sont très- 1 ilenles , le ventre est fortement rétracté , et tout le corps est couime ramassé ( boule autour de la partie souffrante. Quand la maladie a atteintce haut degré (Intensité, la mort en est la fin presque inévitable et presque toujours trèsjjmpîe. C'est h cette période de la maladie c[ue l'on a donné le nom de choléra fidpy choléra bleu, choléra nsphjxique.

quatrième période enfin est celle de réaction. Elle s'annonce par le retour i la chaleur et du pouls, le rétablissement des sécrétions, la disparition c| ecchymoses , la diminution graduelle des crampes , des gargouillemens , A voinissemens et des selles, et une sueur abondante. Quand elle est motrée, le pouls rejiarait mais ne s'accélère pas, la face se colore mais .sans Xcctcr, la peau reprend sa température naturelle, mais ne la dépasse pas, l e diaphorèse considérable s'établit. Lorsque au contraire la réaction est trop fie, la peau se réchauffe , puis devient brûlante ; le pouls se ranime , puis screlère et devient plein et dur, la figure et les yeux s'injectent, les facultés i eliccluelles se troublent, il survient de la rêvasserie et du délire, des s ilMcsauts dans les tendons , des mouvemens convulsifs ou bien de la stupeur c lu coma , et le malade ne tarde pas à périr. Quand enfin le mouvement réact nnuire est trop faible, la peau ne se réchauffe qu'incomplètement , la lang,; i(>ste froide, le pouls reparait à peine , la sécrétion urinaire ne se rétablit ! , la sueur qui se manifeste est froide et visqueuse , I ceil reste terne quoiil s'humecte , et , bien que les crampes , les vomissemens et les selles s'arrêt souvent en pareil cas , les malades n'en succombent pas moins et presque jouis promptement.

}hcz quelques malades on a vu la réaction suivie de symptômes graves de hus , el chez d'autres de congestion pulmonaire ; je ne pense pas qu'il soit essaire de décrire ici les nouveaux phénomènes morbides qui se manifcs -

■ t dans ces cas ; c'est un travail que chacun peut faire.

.près avoir ainsi tracé la marche et l'enchaînement des symptômes du cho- I morbus épidémique, je ferai remarquer qu'ils appartiennent à deux ors de troubles fonctionnels bien distincts , et qu'ils doivent émaner par conlent de deux appareils organiques di(férens. Les uns , qui consistent dans oif . les envies de vomir, les nausées , les vomissemens , les borborygmes , envies fré(juentes d'aller à la garde-robe, la diarrhée, la sensation d'une re douloureuse s'étendant d'un hypocondre à l'autre, la chaleur incomle qui se fait sentir dans l'estomac et les intestins , les douleurs vives qui ersent le ventre en tous jens. les coliques, la sensibilité de l'épigastre , la région ombilicale, ou des flancs à la pression , le battement du tronc iaque ou de l'aorte abdominale, tous ces phénomènes morbides, dis-je , t abdominaux, et témoignent trop évidemment d'un trouble profond des îtions digestives pour que je m'arrête à le démontrer. Les autres, qui comnnent les crampes , les mouvemens convulsifs , la douleur de tète, le sentiit tie constriction des régions temporales, la rigidité douloureuse et l'injec- I rougeâtre des paupières, les mouvemens tumultueux du cceur , les palpions , l'oppression avec constriction douloureuse de la base de la poitrine , lisposilion à la syncope et les syncopes au plus léger mouvement . le tremment des membres , l'épuisement rapide et profond des forces , le ralenement du pouls , la disparition des baltemens artériels , le refroidissement corps , de la langue et de l'haleine , le ralentissement et la faiblesse des ivemens respiratoires , la perte de l'élasticité de la peau et sa coloration làtre , et la mort par asphyxie . ceux la partent des principaux centres ner- X et surtout de la moelle épinière. Remarquons , en effet, que ces derniers ordres appartiennent, tous à l'innervation , à l'action musculaire , à la cirition et à la calorification , fonctions plus spécialement placées, directeit on indirectement, sous l'influence du cordon rachidien. Qui ne sait sn opérant la destruction partielle de cet organe chez les animaux ( dans artie supérieure) , on voit la respiration et la circulation se ralentir , l'héose diminuer et bientôt cesser île se faire, le corps se refroidir , enfin l aal périr bientôt dans un état d'asphyxie offrant la plus grande analogie : la période bleue du choléra.'' Personne n'ignore non plus que la noix lique, dont l'action sur le cordon rachidien est incontestable, détermine crampes, des secousses douloureuses dans les membres, en tout sembla- ( à celles que l'on observe chez les cholériques. Enfin , dans les exemples dammation ou de compression de la moelle épinière que renferment les aeils d'observations et les ouvrages qui traitent des maladies de cet organe, retrouve en détail tous lessymtômes non abdominaux du choléra : chez un ade , les crampes, les mouvemens convulsifs; chez un autre, l'oppression, •alentissemenl de la circulation et I hématose incomplète , chez celui-ci les aitations, les syncopes et le sentiment de constriction de la base de la poile; cliez celui-là, le ralentissement du pouls, la diminution de la tempe'ire du corps , etc. Nous verrons bientôt qu'à ces deux ordres de phénoilies morbides correspondent des lésions cadavériques dans les appareils 0 aniques que je leur assigne pour point de départ.

■lais ce sur quoi je veux surtout fixer l'attention dans ce moment, c'est sur ctait important pour le diagnostic de la maladie , savoir, que l'un de ces deux Oires de symptômes manque quelquefois complètement ou presque complément chez quelques malades. Ainsi, on en voit qui n'éprouvent que les » id< ns abdominaux, vomissemens , coliques, diarrhée blanchâtre et iout-à-fuit

OiCT. DE Ml-;OE<.lûE ET DU C.Hl l\ 1' :;C I U l>B \T!0 1' tS.

cholérique, etc., sans une seule crampe, sans ralentissement du pouls, sans refroidissement, sans coloration bleuâtre. Pour être rares, ces faits n'en sont pas moins incontestables. J'ai vu au contraire les phénomènes rachidiens du choléra se montrer à peine accompagnés de quelques borborygmes et d'une ou deux selles cholériques, et la mort n'en être pas moins la suite. J'ai vu, surtout plusieurs fois , les crampes , les palpitations, les mouvemens désordonnés du cœur, l'oppression , les syncopes ou la disposition à la syncope, le tremblement des membres, l'épuisement rapide et profond des forces, le ralentissement du pouls , le refroidissement des extrémités et de la face, la douleur de fête . la constriction des tempes, la douleur des yeux et même jusqu'à la coloration rougeâtre ou bleuâtre des paupières , chez des personnes qui n'a vaient éprouvé que de faibles borborygmes. Enfin, j'ai vu tous ces accidens chez quelques malades qui n'avaient absolument rien ressenti du côté des voies digestives. Il est peu de praticiens à Paris qui n'aient eu occasion d'observer les mêmes faits.

Le pronostic du choléra-morbus épidémique est pres(jue toujours funeste dans la période algide : il est grave encore dans la seconde et la quatrième période. L'absence du pouls, la coloration bleuâtre de la peau et la perte de son élasticité , le froid glacial des extrémités , de la langue et de I haleine , les sueurs froides et visqueuses , les ecchymoses de la conjonctive oculaire, et la suppression des urines sont les signes les plus délavorables. Il est rare qu'un malade qui les présente tous réunis ne périsse pas f rès-promptement. Le coma ou le délire se manifestant avant la réaction , sont presque toujours aussi des signes mortels. Presque tous les malades auxquels les crampes arrachent de hauts cris succombent. Il en est de même de la plupart de ceux qui éprouvent des mouvemens convulsifs violens , surtout avant la réaction , de ceux qui ont des douleurs abdominales très-violentes et dont les jambes sont rétractées et le corps roulé en boule. En général, toutes choses égales d'ailleurs , le pronostic est'd'autant moins grave que les individus sont moins avancés en âge ; il faut en excepter toutefois les deux extrêmes de la vie , les enfans au dessous de cinq à six ans , et les vieillards au dessus de soixante-dix. Le rétablissement des urines est de tous les signes le plus favorable; on tire toujours aussi un heureux présage de l'apparition de la sueur ; le retour de la voix à son timbre naturel est aussi d'un fort bon augure. Je n'ai pas besoin de dire que la diminution graduelle et la disparition successive de tous les symptômes graves de la maladie promettent un rétablissemeut prochain ; mais je dois prévenir fju'un amendement dans tous les symptômes qui n'est pas accompagné du rétablissement de la sécrétion urinaire est suspect. Il ne faudrait pas prendre non plus pour une amélioration , la cessation subite des crampes, des vomissemens et de la diarrhée , lorsqu'elle a lieu pendant la période algide et sans être par conséquent l'effet de la réaction ; dans presque tous les cas, ce calme apparent est le précurseur de la mort. La plupart des rechutes sont funestes. La maladie n'est pas eontagieuse.

A l'ouverture des cadavres des individus qui succombent au choléra, on trouve la membrane muqueuse des voies digestives presque toujours d'un rouge plus ou moins foncé depuis le rose tendre jusqu'au rouge lie de vin , et souvent dans toute son étendue; cette rougeur est tantôt continue et tantôt disséminée par plaques ; la membrane est en même temps ramollie, ses follicules sont très-souvent développés, saillans, et simulent une éruption; dans quelques cas rares , lorsque la mort a été très-rapide , cette membrane est décolorée dans toute son étendue. L'estomac et les intestins contiennent en même temps une (juantité plus ou moins considérable du liquide blanchâtre qui formait la matière des vomissemens et des garde-robes, ils en sont parfois distendus ; quelquefois ce liquide est épais, crémeux , semblable à du pus de phlegmon , celui f[ue l'on rencontre dans le colon offre ordinairement ces caractères. En poursuivant ces recherches vers les autres organes, on trouve les méninges cérébrales et rachidiennes injectées , toutes leurs veines ainsi que les sinus de la dure-mère sont gorgés de sang noir , la substance grise a «ne couleur plus foncée que dans l'état normal ; quelquefois la moelle épinière offre une densité et une élasticité remarquables. Le cœur est ordinairement rempli à gauche par un sang noirâtre , cailleboté , offrant la consistance de la gelée de groseille, à droite par du sang noir, visqueux mais liquide , ses veines sont distendues par du sang noir et liquide, le ventricule droit est souvent flasque et le gauche trèsferme ; on voit quelquefois le long du bord gauche de cet organe et sur l'oreillette du même côté des taches rouges , violettes , ecchymosées. Les reins contiennent souvent un liquide analogue à celui des intestins ; leur tissu est ordinairement plus foncé que dans l'état normal et injecté de sang noir, la vessie est vide et contractée ; on la trouve quelquefois aussi tapissée par le même mucus que les bassinets et la surface intestinale; tous les autres organes sont sains.

De tout ce que nous avons dit jusqu'ici , nous pouvons conclure que le choléra-morbus épidémique est un véritable empoisonnement , dont les effets anatomiques appréciables consistent dans une inflammation de la membrane muqueuse gastro-intestinale , et dans une irritation , une congestion de la méduUe spinale et du cerveau. Mais cette définition ne rend pas encore complètement ma pensée , et j'ai besoin d'entrer dans quelques détails pour la rendre plus claire.

L'agent inconnu qui produit le choléra-morbus épidémique pénètre par voie d'absorption el le sang en est le véhicule ; rien de plus pi obable que celte supposition. 11 doit donc se comporter d'une manière analogue aux substances vénéneuses que l'on injecte dans les veines. Or , les effets les plus conslans de celte injection sont les vomissemens et la diarrhée , et loisqiie l'on ouvre les

GA.STRO -ENTERITE.

GA.STR0-EKTE11ITE

cadavres des animaux victimes de ces expériences , on trouve la membrane muqueuse gastro-intestinule rouge et gonflée dans une étendue plus ou moins considérable , et ses iollicnles souvent développés. Un autre ell'et non moins constant de ces mêmes injections , c'est l'apparition de phénomènes cérébraux, et racliidtens , variables suivant que le poison est ou narcotique ou irritant, ou l'un et l'autre à la fois , variables encore suivant l'espèce même du poison, mais exprimant toujours bien clairement la souffrance des principaux centres nerveux ; et à l'ouverture des cadavres , on rencontre une injection toujours très- prononcée du système veineux des méninges cérébrales et racliidiennes. Quelquefois , en outre , on trouve des ecchymoses sur le cœur et sur les reins ( f ojei les expériences de MM. Roulin , Gaspard , Gendrin , Bouillaud , etc. ). L'analogie ou plutôt la ressemblance entre ces phénomènes et ceux du choléramorbus épidémique est donc des plus frappantes. INous devons donc en conclure que le choléra-raorbus est , comme je le disais , un véritable empoisonnement par absorption ?

Mais quelle est donc la propriété spéciale du poison qui le produit? Ne pourrions-nous pas l'apprécier par ses etfets et en consultant encore l'analogie? Il me semble que cela se peut. N'interrogeons pas pour cela les symptômes gastro-intestinaux et les lésions matérielles des voies digestives , car, quelle que soit la nature de la substance vénéneuse introduite dans l'économie , les phénomènes morbides du côté de l'abdomen consistent toujours dans des vomisseniens , de la diarrhée et des traces de phlegmasie, parce que tous les a"ens nuisibles qui pénètrent dans le torrent circulatoire , provoquent un effort éliminateur qui les tlirige vers les principaux cmonctoires , la muqueuse gastrointestinale , les reins et la peau, mais en tète desquels il faut placer sans contredit les voies digestives , et que cette action, la même pour tous, doit nécessairement amener des effets identiques pour tous aussi. Mais à l'aspect des symptômes, partie slhéniques et partie astliéniques , c[ui partent des centres nerveux , à la vue des lésions matérielles que présentent ces appareils organiques , on ne peut méconnaître la grande analogie qui existe entre les phénomènes morbides que produit l'agent cholérique et ceux que provoquent les poisons narcotico-âcres ; les champignons , par exemple. Telle est donc dans la réalité la nature de cet agent. Par sa propriété irritante , il détermine l'injection sanguine et active du cordon rachidien et de ses enveloppes principalement , et de là naissent la douleur du dos , les crampes , les mouvemens convulsifs , la constriction de la base de la poitrine , etc. Par sa propriété stupéfiante , il tarit l'innervation dans une de ses sources principales ; de là l'affaiblissement si prodigieux des forces, celui des contractions du cœur, le ralentissement du pouls , la diminution, puis la cessation de 1 hématose , et par suite le refroidissement du corps, le défaut d'oxigénalion du sang , sa carbonisation incessamment croissante , et la mort par asphyxie.

Voilà comment je conçois la pathogénie du choléra-morbus. Dans cette hypollicse tous les faits de la maladie s'expliquent admirablement. Les stimulans gastriques et intestinaux , cérébraux et rachidiens , en sont les causes provocatrices les plus puissantes , parce que tant que dure l'épidémie , les appareils digestifs et cérébro-spinal sont sous l'influence de l'agent cholérique , attendu que c'est sur eux que pèse principalement l'action toxique de toutes les substances absoibables dont l'air peut être le véhicule. Les symptômes gastrointeslinaux manquent ou sont presque nuls , quand l'effet éliminateur se dirige vers la peau ; les phénomènes cérébio-rachidieus ne se manifestent pas ou se montrent à peine, quand l'intoxication est peu considérable. La maladie présente deux phases principales , qui se succèdent toujours dans le même ordre : la première , d'asthénie profonde , est entièrement dominée par le poison cholérique qui enchaîne et va bientôt détruire toutes les puissances de la vie ; la seconde , de réaction , témoigne des eff'orts de l'organisme pour résister à l'agent destructeur. La matière qui caractérise les selles cholériques se retrouve souvent dans les reins et la vessie , parce que ce sont les voies d'élimination supplémentaires des membranes muqueuses et de la peau. La sueur et le produit des vomissemens et des selles ont une odeur caractéristique qui leur est commune , parce qu'un même principe les imprègne, c'est le poison cholérique. Le sang que I on tire des veines est plus consistant et plus noir, d une part , probablement par une action directe sur lui du poison cholérique , comme on voit les autres poisons injectés dans les veines modifier les qualités physiques et sans doute les qualités chimiques de ce liquide ; mais d'une autre part aussi , parce que , faute d'un influx nerveux suffisant , comme il arrive dans la ligature des nerfs pneumo-gastriques , l'air inspiré ne subit qu'incomplètement les chaiigemens qu'il doit éprouver à la surface pulmonaire , et ne débarrasse par conséquent pas le sang de son carbone ; parce qu'enfin , les sécrétions abondantes qui s'opèrent à la surface gastro-intestinale privent ce liquide d'une grande partie de son sérum , et contribuent de la sorte à accroître sa consistance et la proportion de sou carbone et de sa matière colorante. Les sueurs soulagent et guérissent , parce qu'elles oflTrent une vaste voie d'élimination à l'élément morbifique , et que l'excitation cutanée qui les accompagne n'exerce pas sur l'économie la même influence qu'une excitation , même plus faible , de la membrane muqueuse gastro-intestinale , et n'entraîne pas les mêmes accidens. La peau se couvre quelquelbis d'une éruption , s'irrile à leur suite , comme la membrane muqueuse des voies digestives , beaucoup plus irritable , s en/lamme par le contact du poison qui produit le choléra et par l exagération du travail physiologique nécessaire à son élimination. La saignée agit , comme le prouvent toutes les expériences toxicologiques sur les animaux ° en débarrassant le torrent circulatoire de l'agent cholérilique , et en diminuant les congestions et les plilegraasies qu il a fait naître. L'ipécacuauha guérit quand il

est donné de bonne heure, en favorisant l'élimination de la cause productrii du choiera ; mais son emploi , comme celui des purgatifs , aggrave souvent li accidens, parce qu'il accroît la phlegmasie de la membrane muqueuse gastn intestinale. La glace , les sangsues , combattent et détruisent les accidei inflammatoires , effets de l'agent toxique ; l'opium , les accidens nerveux de i maladie , etc. , etc.

Je pourrais pousser plus loin ces explications , et faire voir qu'il n'est aucu des phénomènes de la maladie dont on ne puisse aisément se rendre compte pt les lois ordinaires de la physiologie, en adoptant les idées que je viens d'émei tre sur la pathogénie du choléra-morbus épidémique. Or, une hypothèse qi explique tout l'ordre de faits pour lequel elle a été créée , possède tous les ca ractères et les avantages de la vérité. Qu'est-ce donc autre chose , sinon de hypothèses , s'il m'est permis de comparer de grandes choses aux petites , qu les théories de l'attraction , de l'aflinité , des ondulations sonores, des oudiilaj tions lumineuses , de la matérialité du calorique, etc. , etc. Je n'ai tait qu'unij supposition, celle de l'introduction dans l'économie par voie d'absorption, d'ad] agent qui offre les plus grandes analogies avec les poisons narcotico-âcr(fi| cette supposition, tout le monde l'admet; je me suis seidement attaché poursuivie dans toutes ses conséquences , et, par une logique inflexible , cte conduit à la théorie que je viens d'esquisser ; je suis donc forcé de la rega^ der comme l'expression rigoureuse de la vérité. Mais je m'arrête ; j'ai déjà trop cédé peut-être au plaisir d'enchainer des faits; il est temps d'ailleurs de s'occui per enfin de la thérapeutique de la maladie.

Traitement curatif du choLéia-morbus épidémique. — La plupart des méde<i cins sont d'accord sur l'utilité de la saignée du bras , au début de la maladie e dans la période de réaction ; mais la plupart aussi la regardent comme dangftjli reuse dans la période algide. Dans cette phase de la maladie , en elTet, outra c[u"elle est souvent impraticable , l'ouverture des veines et celle même des a^iN teres ne fournissant parfois pas une seule goutte de sang , on a vu fréqueidti ment la mort survenir pendant l'écoulement tle ce liquide , dont la perte vaèm semblait l'accélérer. 11 était au reste lacile de prévoir ce résultat , en se ra^j pelant que la saignée avaitété signalée déjà comme dangereuse etcomme souvenii mortelle dans le frisson des accès des Jièvves pernicieuses ; frisson qui représenta assez bien en petit les phénomènes de la période algide du choléra. Quelque» praticiens cependant y ont eu recours même pendant les symptômes d'aiii phyxie ; ils disent en avoir retiré de bons effets : ils facilitaient l'écouleme^Jt du sang en versant de l'eau chaude sur le bras , ou en le tenant immergé dai ce liquide. Tous ces résultats , contradictoires en apparence , s'expliquent aisi ment. Quelle que soit l intensile de la péi iode algide , s'il reste encore chez It malade assez de puissance de réaction , la saignée soulage en débarrassant, || sang, comme je l'ai déjà dit, du principe chplérifique qui l'infecte ; si , ffll contraire , la puissance de réaction est presque nulle , la saignée achève de li détruire , et devient ainsi mortelle. Or , comme il est très-difficile de prévoit bi si la réaction pourra s'opérer ou non , il me paraît beaucoup plus |)rudent de j', n'employer la saignée qu'aux deux époques de la maladie précédemment indiquées , savoir, au début des accidens chez les sujets jeunes , vigoureux et san- |t guins , et dans la réaction , lorsqu'elle menace de devenir trop forte. Elle est f encore utile dans cette période pour combattre les congestions qui , comme lu nous l'avons vu, surviennent quelquefois vers iles organes respiratoires ou vew lii le cerveau , pendant le cours de la maladie. Enfin , chez quelques malades , W III voit aux vomissemens blancs succéder des vomissemens verdûtres , plus fatigaDJ lli souvent que les premiers. A l'anxiété pénible c[u"ils causent, s'il se joint de in la plénitude ou de la dureté dans le pouls , la saignée procure toujours un «I prompt soulagement. n

Les saignées locales par les sangsues m'ont toujours paru d'une application in plus générale et d une utilité plus grande que la saignée du bras. D'abord chez les enfans , chez les vieillards et chez les individus dont la constitution «sti frêle et détériorée, on doit toujours les préférer. En second lieu, on peut A | employer avec beaucoup moins de crainte que la phlébotomie pendant la piriode algide ; leur action étant bornée au système capillaire, elles n'ont paa. ¥ sur la grande circulation et sur le système nerveux , cette influence rapidemeitt " débilitante qui entraîne la syncope et parfois la mort. Enfin, appliquéefeil l anus ou sur le trajet du colon , elles arrêtent la diarrhée beaucoup plus sûl ment que ne le fait la saignée; placées à la région épigastrique , elles combf tent plus eflicacement les douleurs vives de l'estomac et les vomissemeiH derrière les oreilles et aux tempes , elles sont plus utiles aussi contre les syat^ tomes cérébraux ; enfin, posées le long du rachis , elles font plus prompteinei' cesser les crampes, 1 oppression, les mouvemens tumultueux du cœur, etB. Elles ofl'rent , en un mot, contre tous les accidens locaux d inflammation ou de congestion cholérique , une ressource précieuse que la saignée ne fournit pM au même degré. C'est aussi au début de la maladie et pendant la période d« réaction, qu'elles rendent les plus grands services. Dans aucun cas , on ne peut li les rerajdacer par les ventouses scarifiées.

JjCS boissons délayantes, telles que l'infusion de fleurs de mauve, l'oraii-l geade , l'eau gommeuse et les tisanes légèrement astringentes , comme l'infu-l sion de ratanhia , et surtout la décoction de riz, sont de beaucoup préférable» | aux infusions de menthe poivrée , de thé, de camomille , de mélisse, si vantée! i et si prodiguées par quelques médecins. Cependant, dans la période algide» i il peut être quelquefois utile d'avoir recours h ces dernières pour favoriser lu I mouvement réactionnaire. Chez les individus d'une faible énergie vitale , che* ceux qui sont épuisés par les privations ou par des souffrances antérieures, f chez ceux qui ont l'habitude des liqueurs fortes , et lorsque la langue est froide i»

GASTRO-ENTÉRITE

GASTRO-ENTÉRITE

e p;ile , ce qui est le plus ordinaire avant la réaction , on en retire , en général , tissez bons effets. Mais dans toutes les autres circonstances , il vaut mieux adu listrer les boissons débj'antes , et les donner froides s'il existe des nausées

0 des vomissemens , ou seulement si le malade les préfère. Celle de ces tisanes ql m'a le mieux réussi , c'est la décoction très-légère de riz , à laquelle je fais> iijouter , par pinte , un demi-gros à un gros de gomme adragant et une a ti IX onces de sirop diacode. L'orangeade plait, en général, davantage aux i)|lades ; je l'ai très-souvent fait alterner a-vec la précédente.

Hais quelque légères que soient les boissons , a quelque température qu'on

1 administre , en quelque petite quantité qu'on les fasse prendre , il arrive fhuemment que l'estomac les rejette, soit immédiatement , soit peu de temps ai ès leur ingestion. Dans ce cas , la glace offre la plus précieuse ressource. ( la fait avaler aux malades par fragmens ; ils la prennent presque toujours a c un plaisir infini ; on peut leur en donner aussi souvent qu'ils le désirent ; fit le moyen le plus sûr peut-être d'arrêter les vomissemens ; et si j'en juge jjMes résultats de mon expérience personnelle, c'est très-certainement aussi r;enl le plus efficace pour favoriser et déterminer la réaction. Je l'ai vue amen promptcment ce résultat chez des malades que l'on avait vainement toinnntés par les stimulans les plus énergiques. Sans elle , il serait souvent fort (1 icile de faire passer les potions opiacées ou stimulantes auxquelles on est qjilquefois obligé d'avoir recours; un morceau de glace dans chaque cuillerée <l*potion , ou immédiatement après, permet au' contraire à l'estomac de les ciserver. La glace est encore très-utile somme moyen topique sur la région é gastrique , pour calmer cette sensation d'ardeur que plusieurs malades é cuvent dans l'estomac. Elle dissipe très-bien aussi ce battement incommode d tronc cœliaque et de l'aorte abdominale, tantôt continu et tantôt intermitl<it , qui ne se montre guère , en général , qu'à une époque assez avancée de fcaériode de réaction, et persiste souvent pendant plusieurs jours avec une g nde opiniâtreté. Enfin , elle tarit souvent mieux que toutes les boissons p sibles la soif dévorante qui brûle beaucoup de cholériques. A moins d'en a ir été témoin , on se fait difficilement une idée des services que la glace a rudus dans l'épidémie de Paris. Je plains les populations et les médecins qui »iit privés de cet agent.

le n'aurai que peu de mois à dire de l'emploi des cataplasmes et des laven [is. Les cataplasmes émolliens sur l'abdomen sont conseillés par tous les méd ins : on ajoute beaucoup h leur efficacité en les faisant avec une forte décoctii de tètes de pavots, ou en les arrosant de laudanum; ils ont pourtant r coiivénicnt de charger beaucoup l'abdomen et d'accroître ainsi l'oppression et Idialaise; aussi les malades les supportent-ils, en général , assez difficilement; se plaignent que leur poids les suffoque. Les lavemens de décoction de graine lin ou de riz avec addition d'une cuillerée à café d'amidon et de six à huit ttes au plus de laudanum de Rousseau, administrés par quarts et de six 1res en six heures , contribuent puissamment h arrêter la diarrhée. Mais il 1 est pas de plus efficaces que ceux dans lesquels on fait dissoudre deux s de diascordium : j'ai très-souvent arrêté immédiatement les selles diariques par un seul de ces lavemens.

lusieurs médecins ont employé dans la période algide du choléra, les bains uds à trente-deux degrés du thermomètre de Réaumur , comme principal ren de provoquer la réaction. Dans les commencemens de l'épidémie, j'y ai fréquemment recours; ils ne m'ont pas paru aussi puissans que je m'atteni à les rencontrer. Cependant j'ai vu la réaction s'opérer et les vomissemens uspeudre sous leur influence ; mais souvent aussi les accidens n'ont pas lé à reparaître , bien que j'eusse prolongé le séjour des malades dans l'eau, dant deux , trois , quatre et même cinq heures. En général , plus on proge la durée du bain et plus les effets en sont marqués et durables ; mais heureusement peu de malades , si j'en juge encore par ce que j'ai vu , peut supporter long-temps le séjour dans l'eau pendant la période algide du léra j l'oppresion et l'anxiété qui les tourmentent en sont toujours considélement accrues ; quelques-uns même paraissent menacés d'une suffocation linente si on ne les en retire promptement. Ces inconvéniens m'y ont fait oncer de bonne heure, et il m'a paru que l'on pouvait aisément les rempla- , comme moyens de réaction , par les stimulans externes et par la glace et Dpiacés à l'intérieur. Ce n'est d'ailleurs pas toujours le meilleur moyen de lauffer les malades, que de les plonger dans un bain très-chaud , comme îst tenté de le croire à priori. Avant d'avoir vu l'épidémie , je lui supposais e propriété; mais l'expérience m'a bientôt appris que , quelquefois utile s doute , lorsque le refroidissement est peu considérable, il n'accélérait auement la réaction quand la période algide était intense, et à plus forte on dans la période bleue , et que peut-être même il faisait alors perdre un ps précieux, beaucoup mieux employé a tenter les autres moyens de rapîr la chaleur. Le bain de vapeur, que je n'ai vu essayer qu'une fois , ne doit être plus efficace. 11 s'agit en effet, bien moins ici de communiquer du •rique aux malades, que de favoriser le développement et la répartition ^1e de leur chaleur naturelle. Or, pour y parvenir, il faut surtout chercher à iiiver les deux principaux foyers de la chaleur animale , l'innervation et la d uiation , qui semblent prêts à s'éteindre. Aussi les affusious froides jouis- »<t-elles d'une bien plus grande efhcacité : plusieurs praticiens les ont empyées avec le plus grand succès.

lais si l'ulilité du bain chaud est très-contestable dans la période algide du dléra, personne ne la met en doute dans les phases d'invasion et de réaction. On w. bien encore quelques malades le supporter difficilement, mais la plupart, »i;ojitraire , y séjournent volontiers. Il concourt très-puissamment alors à ar-

rêter la diarrhée, les vomissemens et les crampes. Il calme merveilleusement^ surtout lorsqu'on l'a rendu émollient en y ajoutant de l'amidon ou une forte décoction de son ou d'herbes émoilientcs , il calme , dis-je, très-promptement les vomissemens verdàtres dont j'ai déjà parlé , quand toutefois ces vomissemens ne sont pas accompagnés d'une rougeur vive de la langue, de chaleur de la peau et de fréquence du pouls , cas dans lequel les sangsues à l'épigastre l'emportent sur lui en efficacité. Enfin le bain devient de plus en plus favorable, à mesure que les symptômes inflammatoires perdent de leur intensité ; les malades finissent par le désirer et s'y trouvent bien. On ne dissipe bien que par ce moyen les douleurs plus ou moins vives que les crampes laissent dans les membres chez quelques malades.

La diète doit en général être absolue dans toutes les phases du choléra-morbus. Cependant il arrive quelquefois que l'on est obligé de donner un peu de bouillon aux malades , à une époque encore peu avancée de la période de réaction. 'Voici dans quel cas : Les malades sont pris ou menacés à chaque instant de syncopes et de nausées , aussitôt qu'ils veulent fermer les yeux pour céder au sommeil qui les poursuit; leur vue se trouble, leurs oreilles tintent, ils ont la plus grande répugnance pour toutes les boissons; les nausées ou les vomissemens reparaissent même cjuelquetois à la suite de l'ingestion de la plus petite quantité de liquide , et cependant la langue est pâle et humide, la peau reste fraîche et le pouls est petit et faible. Une ou deux cuillerées de bouillon au plus , étendu dans une quantité double d'eau , et donné à la glace, font ordinairement cesser immédiatement ces accidens. On peut en laisser prendre une seconde dose pareille au bout de trois heures ; mais en général il faut suspendre i^romptement ce commencement d'alimentatioti pour y revenir au besoin, sinon , la langue ne tarde pas à se pointillcr de rouge, la peau s'échauffe, le pouls s'accélère, la soif s'allume , et les borborygmes et la diarrhée reparaissent. J'ai cependant vu quelques malades qui, dès l'instant où ces signes de besoin d'alimens se sont manifestés , ont pu prendre , et depuis continuer toutes les trois heures , cette petite quantité de bouillon coupé , jusqu'à la gucrison. Dans ces cas, il faut surveiller avec lej plus grand soin , et à chaque instant du jour , l'état des voies digestives , et revenir à la diète absolue, aussitôt que l'on voit se hérisser quelques papilles de la langue.

Autant l'opium a été préconisé coutre le choléra-morbus , autant aussi il 0 trouvé de détracteurs. De part et d'autre il y a eu de l'exagération. L'opium, administré sagement , est un médicament précieux ; il produit au contraire des accidens graves, s'il est donné sans mesure : tout l'art d'en retirer de bons effets consiste donc à n'en prescrire que des doses modérées. Trente à quarante gouttes de laudanum de Sydenham, dans une potion , à prendre par cuillerées plus ou moins rapprochées suivant l'intensité des symptômes, six à huit gouttes par quart de lavement, une à deux onces de sirop diacode par pinte de tisane , sont des doses suffisantes et que je n'ai jamais dépassées ; je suis même resté plus généralement au-dessous. On ne doit les augmenter que lorsque les boissons sont promptement rejetées par les vomissemens, et les lavemens par les selles. Dans ces cas , j'ai plusieurs fois administré avec succès l'extrait gommeux d'opium par quart de grain, toutes les trois ou quatre heures. Ce médicament, et la glace par morceaux , étaient alors les seules choses que l'estomac des malades pût supporter. L'opium administré avec cette mesure m'a toujours paru contribuer puissamment à arrêter les vomissemens , la diarrhée et les crampes, et à favoriser les sueurs ; je ne l'ai jamais vu suivi de mauvais effets. On sait qu'à doses trop élevées il a l'inconvénient de jeter souvent les malades dans un coma clont rien ne peut plus les sortir.

Les révulsifs cutanés jouent un rôle important dans le traitement du choléramorbus. C'est en effet au moyen de sinapismes aux malléolles ou à la plante des pieds, aux mollets, autour des genoux, etc. , des linimens irritans, des bouteilles remplies d'eau très-chaude dont on entoure en quelque sorte les malades , des briques brûlantes enveloppées de linges trempés dans le vinaigre et placés de chaque côté du malade , des fers à repasser et des bassinoires garnies de feu , pi'omenés entre les couvertures sur toutes les parties du corps , c'est, dis-je , à l'aide de ces moyens que l'on parvieut surtout à accélérer la réaction. Ils ont certainement bien plus d'efficacité que les excitans internes et n'entraînent pas les mêmes inconvéniens. Il ne faut pas cependant s'en exagérer la puissance , ni surtout se faire une fausse idée de leur manière d'agir. C'est moins le calorique qu'ils communiquent , que la vive stimulation qu'ils exercent sur la peau , qui fait leur vertu. Aussi les sinapismes , la vaporisation du vinaigre , et tous les rubéfians cutanés, sont-ils plus rationnels, à mon avis, que les simples réchauffans , et, quoique je manque d'expériences comparatives assez nombreuses pour décider la question , je n'Jiésile pas à les croire plus efficaces et à les conseiller de préférence. Je n'ai pas essayé la rubéfaction de la peau du rachis par l'ammoniaque liquide ou par le vésicatoire ; il paraît que plusieurs malades ont été rappelés des portes du tombeau par cette révulsion puissante. Si j'avais occasion d'employer cette médication , je donnerais la préférence à l'ammoniaque liquide sur le vésicatoire , en raison de la plus grande rapidité de son action. Je ne comprends même pas que , dans une maladie dont la marche est souvent si rapide, on puisse se résigner à l'emploi d'un moyen qui ne commence à agir qu'au bout de plusieurs heures. Toute perte de temps devient irréparable dans la période asphyxique du choléra ; or, on n'a guère recours à cette énergique révulsion que dans cette période de la maladie ; on doit donc préférer les agens dont l'action est plus prompte. Quelques guérisons , presque miraculeuses, obtenues par cette médication , la recommandent à l'attention des praticiens ; elles viennent confirmer , en même temps, ce que j'ai dit du siège d'un des foyers de la maladie dans la moelle épinièrc.

GASTRO-EKTERITE.

G ASTRO -ENTERITE.

C'est ici peut-être le lieu de parler d'un moyen que je ne sais trop dans quelle catégorie placer; il s'agit du sac de taffetas ^'omnie, dans lequel on a proposé d enlcrmer les cholériques. Il ne peut avoir d'autre action que celle d'isoler les malades , et d'empèclier les corps ambiaus de leur enlever du calorique; mais comme on ne se refroidit pas dans le choléra parce qu'on perd de la chaleur, mais bien parce que l'on n'en produit plus, ce moyen ne s'adressant qu'a l'effet sans combattre la cause , ne peut être que d'une faible utilité ; i! ne dispense pas du moins de l'emploi des rubéfians de la peau et des stimulans internes; sans leur concours , son action , purement négative , serait insuffisante et presque nulle.

L'utilité des excitans de la peau ne cesse pas avec la période algide du choléra ; ils trouvent encore leur emploi lorsque la réaction est opérée. Ainsi, les sinapismes fournissent à toutes les époques de la maladie , le meilleur moyen d'apaiser les crampes; le vésicaloire sur la région épigastrique a quelquefois fait cesser des efforts de vomissemens, contre lesquels les autres moyens avaient échoué ; dans quelques cas , on ne parvient à apaiser les accidens cérébraux , tels que délire, assoupisseniens, soubresauts des tendons, etc. , que par un vésicaloire à la nuque ; enfin , de temps en temps , dans le cours de la maladie, lorsque les vomisseraens et les garde- robes se reproduisent, on doit, pour les <lissi|)er, revenir à l'emploi de tous les moyens précédemment indiqués, comme les plus propres à rappeler la transpiration cutanée-

J'arrive enfin à parler de l usage des stimulans internes, dont cjuelques médecins ont voulu faire la base principale du traitement de la maladie. Dcjà nous avons exprimé notre opinion sur quelques-uns d'entre eux. Après en avoir bien observe les effets, après y avoir mûrement réfléchi , je demeure plus que jamais, convaincu cjiie toutes ces infusions aromatiques de menthe , de thé , de mélisse , de camomille , etc., ont fait plus de mal qu'elles n'ont rendu de service. Cependant il ne laut pas les proscrire d'une manière absolue. Peut-èire leurs mauvais effets ont-ils tenu, dans beaucoup de cas , moins à leurs propriétés stimulantes qu'à l'usage généralement atlopté de les administrer à une température assez élevée. Il m'a semblé, en effet, qu'en les donnant froides, elies étaient en général beaucoup mieux supportées par les malades. Quoi qu'il en soit , il faut s'en abstenir dans les prodromes de la maladie et aussitôt que la réaction commence; elles ne sont de quelque efficacité que dans la période algide et dans la cyanose ; encore faut-il avoir le soin de n'en pas gorger les malades : on ne doit pas hésiter à les suspendre , pour peu qu'elles protluisent de chaleur dans l'estomac. Une simple infusion tie fleurs de tilleul et de feuilles d'oranger, de l'eau de Seltz coupée avec un peu d'eau , les remplacent presque toujours avec avantage. On peut y joinilre l'usage de 1 éthcr et de l'acctate d'ammoniaque. Le premier calme [larfois assez jiromplemenl les crampes ilouloureuses de 1 estomac et les vomissemens ; le second excite puissamment la sueur et favorise la réaction; ni l'un ni l'autre n'oflrent autant d'inconvéniens ipic les infusions précédemment signalées. Mais le punch, mais les vins de Matière et de Malaga, mais tous les alcoholiques , doivent être sévèrement proscrits. TJn grave inconvénient, commun à tous ces stimulans énergiques , outre celui d'accroître les phénomènes inflammatoires de la maladie, c'est qu'ils impriment aux réactions qui suivent leur emploi un caractère d'intensité qui les rend beaucoup plus dangereuses et plus dilliciles à maîtriser. 11 paraît cependant qu'il faut faire une exception en faveur du café : je ne l'ai pas essayé.

On a beaucoup vanté les avantages de l'ipécacuanha , administré à doses vomitives ; à en croire quelques médecins , ce serait le médicament qui compte le plus de succès. Ils disent que si I on a soin de l'administrer dès le début de la maladie , on en prévient souvent le développement, on la fait en quelque sorte avorter; ils ajoutent que l'on peut encore le donner avec avantage au commencement de la période algide , et qu'il jirovoque alors une sécrétion abondante de bile, change assez promptement la nature des vomissemens et des selles , et détermine une réaction prompte et facile ; enfin, dans leur prédilection pour cet agent, ils le conseillent encore dans la période asphyxique ; non pas qu'ils le prescrivent plusieurs fois à un même malade, et au début de chaque période du choléra , mais ils pensent que l'on doit commencer le traitement de tout cholérique çjr cette médication , à quelque époque de la maladie que 1 ou soit appelé. Mais ce qu'ils ne disent pas , c'est que très-souvent , dans les deux premières périodes du choléra, les accidens s'aggravent à la suite de l'emploi de ce médicament, et que dans la période bleue surtout, il est beaucoup plus dangereux qu'utile. Toutefois, les faits de guérison que ces médecins rapportent, n'en restent pas moins constans ; ils s'expliquent très-bien en disant que l'ipécacuanha favorise et accélère l'éliminalion de l'agent cholériGque, de même que l'on se rend compte de son action nuisible par la stimulation qu'il exerce sur la membrane muqueuse déjà enflammée ou prête à le devenir. Ce serait , certes , rendre un grand service à la science , que de déterminer d'une manière assez précise pour que I on pût le prescrire sans crainte et l administrer sans danger, les cas dans lesquels il doit réussir. Quel bienfait pour l'humanité, que de pouvoir faire avorter des le début, ne lût-ce que chez un petit nombre de malades, une affection aussi meurtrière, et dont le traitement est hérissé de tant dr. (lillicultés ! l^lalhcureuscment nous n'en sommes pas encore là; on sait seulement que l'emploi de rij.écacuanha offre d'autant plus de chances de succès , que l'on y a recours de meilleure heure , au début de la maladie, dans sa fi.rme dite ch.dérinc , et sous certaines conditions , que j'essaierai de préciser bientôt .

Quel,|ues praticiens ont aussi recours, au début de la maladie, à l'usage des pur;;alils It^gers. et, en particulier, au sulfate et à lliy.lrochloralp de soude, et d.seiuen jnuu retiré de bon. cffcls. Leui manière d agir étant la même que

celle des vomitifs, et? présentant les mêmes inconvéniens à côté des même avantages, tout ce que j'ai dit de l'ipécacuanha leur est applicable.

Le quinquina, le sulfate de quinine, le sous-nitrate de bismuth, le sulfati d'alumine, le camphre, la valériane, l'acétate de plomb, etc., essayés par divei: médecins, n'ont, en général, pas produit d'effets assez constans pour que l'o ait pu bien apprécier leur degré d'utilité dans le choléra-morbus. Quant a charbon préconisé par plusieurs praticiens distingués, tout ce qu'on en péri dire de plus favorable, c'est qu'il n'a jamais été nuisible, comme quelques uni des médicamens précédons.

Que dirai-je des gaz, tels que l'oxygène, le chlore et le proloxide d'azote que I on a fait respirer à quelques malades, dans le but de ranimer la circula tion languissante? que ces moyens n'ont eu et ne pouvaient avoir aucun succè.' 11 en sera toujours ainsi de toute médication qui ne combattra que les effets o l'ombre de la maladie, et c'est aussi ce qui est arrivé de l'injection dans le veines de substances alcalines, telles que le sous-carbonate de soude, injectio; par laquelle on se proposait de rendre au sang la fluidité qu'il a perdue, ou d lui conserver celle qui lui est propre. De pareils essais témoignent sans dout du zèle et des connaissances chimiques des praticiens qui les tentent, mais l succès seul pourrait les justifier aux yeux de la science, et cette justificatioi leur manque.

Ici se termine ce que j'avais à dire d'une manière générale sur chacun de moyens thérapeutiques, qui, de l'avis de la plupart des praticiens de la capitalt comptent le plus de succès dans le choléra-moi bus. Il me reste à indiquer 1 manière de les combiner et de les employer dans les diverses phases de la ma ladie, à exposer la méthode de traitement la plus convenable, à guider, en uii mot, le praticien au lit du malade. C'est ce que je vais essayer de faire en peii de mots. I

Le traitement de la première période se compose d'un petit nombre di moyens. Il suffit souvent, pour la guérir, de prescrire un peu d'eau de riij gommée que l'on édulcore avec du sirop de coings; des Iavemens avec une déil coction de racine de guimauve ou de son, ou de graine de lin, et de têtes diî pavot, auxquels on ajoute de l'amidon et du laudanum ; des cataplasmes sur I ventre, des bains chauds et la diète : les bains sont très utiles dans cette périod'l de la maladie. Mais pour peu que les symptômes aient cpielque intensité, il fau ! avoir recours à la saignée du bras, si le sujet est jeune et pléthorique, sinon an \ applications de sangsues à l'anus, à l'épigastre, ou sur le trajet du colon. Ici l'expectation serait imprudente, car le mal peut fuendre tout-à-coup les caraci tères effrayans du choléra confirmé; il vaut mieux trop faire, en pareil cas qu'attendre et rester spectateur inactif de la maladie, et malgré le peu de gravit des accidens, malgré même la con\iclion où l'on serait, qu'en temps ordinaire un peu de régime et (]uelques moyens simples suffiraient à les dissiper, il fau ' se dire que toute la population se trouvant placée sous la faulx de l'épidémie ceux rjui en ressentent déjà les atteintes, quelque fajbles qu'elles soient, S(ui clans l'imminence d'un plus grand danger. Dans les premiers temps de l'épidé mie surtout, il faut voir toute attaque de cholérine avec un microscope, ei grossir les symptômes de toute la peur que doivent inspirer ses suites possibles et la traiter en conséquence. Il n'y a nul inconvénient à se conduire ainsi tandis qu'il y a péril extrême à s'endormir «ans une imprudente sécurité. Oi ne doit jamais oublier que le choléra-morbus débute bien rarement avec lou le cortège de ses plus graves symptômes, que presque toujours, au contraire des accidens légers en précèdent l'invasion, que dans le plus grand nombre de ' cas peut-être, on pourrait en prévenir le développement, et que, par conséquent, il faut en traiter les prodromes comme si cette maladie, était dè|i déclarée.

Lorsque, des le début, la diarrhée'se montre accompagnée de vomissemens. si h langue est en même temps sans rougeur sur ses bords et;i sa pointe, et recouvert* d'un enduit limoneux, si la bouche est priteuse, la soif peu vive, la peau fraiclu et le pouls à peine accéléré , on peut tenter de faire avorter la maladie par 1 ad ministration de l'ipécacuanha , en ayant le soin , toutefois , aussitôt son efiè vomitif produit, de favoriser, par des boissons chaudes, la sueur générale qu'i a presque toujours fait naître. S'il est une circonstance dans laquelle ce médicament puisse être donné en pleine sécurité, c'est, sans contredit, celle-cij mais, hors ce cas, je ne conseille pas d'y avoir recours, d'autant que l'on peul obtenir aussi souvent le même résultat , et sans courir de chances défavorables par la méthode antiphlogisliquc.

Le traitement par les boissons adoucissantes et légèrement astringentes, pat les Iavemens et les cataplasmes émoHiens et narcotiques, par les bains chauds par les évacuati(.ns sanguines et par la diète , convient encore dans la second* période du choléia-morbus ; mais on sent qu'il doit être beaucoup plus énergique. La saignée du bras, et surtout les applications réjiétées de sangsues deviennent surtout l'ancre du salut. Il faut veiller avec soin à ce que les extrémités inférieures ne se refroidissent pas; on place en conséquence, à cet effet,' des vases remplis d'eau chaude aux pieds et auprès des jambes du malade; on' cherche même à provoquer la ti'anspiration cutanée, cette sécrétion , lorsqu'ellt ' est abondante, diminuant toujours les vomissemens, les coliques et la diarrhée; enfin on combat les crampes par des sinapismes et des potions laudanisées et antispasmodiques. Que l'on se garde bien de recourir à l'emploi des stimulant internes dans cette période île la maladie; quelque faibles qu'ils soient, il est rare qu'ils n'aggravent pas très-promptement les accidens; le moment de les administrer n'est pas encore venu.

Deux indications se présentent à rem|)lir dans la troisième période ou période algide du choléra-moibus, d'abord, celle de modérer et calmer les vomissemeus

GASTRO-ENTÉRITE

GASTRO-ENTÉRITE

diarrhée, les coliques et les crampes, comme dans les périodes précédentes, en d'autres termes, celle de combattre les accidens inflammatoires, et ensuite, il celle de provoquer la réaction.

Pour remplir la première, une saignée du bras, si le refroidissement n'est pas très-considérable et si le malade n"a pas encore subi d'évaculion sanguine, car Ijplus tard je la crois dangereuse par les raisons que j'en ai déjà données; des (sangsues aux lieux convenables, des cataplasmes et des lavemens, etc., tels sont Sencore les moyens auxquels il faut recourir. Si les envies de vomir prédominent jsur la diarrhée, on prescrit des boissons acidulés, telles que l'orangeade, la ilimonade, l'eau de Sellz factice. Si la diarrhée l'emporte au contraire en inlenisité, on administre de l'eau de riz, de l'eau de gomme ou des sirops do gomme, Ide guimauve ou d'orgeat dans de l'eau. Dans l'un et l'autre cas, on fait avaler ide la glace par fragmens ; et dans le double but de combattre en même temps ices symptômes et les accidens nerveux, on fait prendre en outre au malade une ijpotiou antispasmodique et opiacée, composée, par exemple, ainsi qu'il suit : ^quatre onces d'eau distillée de fleur de tilleul, trente gouttes de laudanum de iSydeuham , vingt gouttes d'éther acétique, une once de sirop de guimauve et lune deuii-once d'eau de fleur d'oranger. Le vomissement se moutre t il opiniâtre, jlowt en persistant dans l'emploi des évacutions sanguines locales, on retranche 'toutes les boissons, et l'on se borne à faire prendre de la glace; s'il continue palgré ces moyens, on a recours à l'extrait gommeux d'opium par (^larls de ^rain, et enfin au vésicatoire sur la région épigastrique. J'ai vu un de mes malades calmer très-bien ses vomisseaiens en conservant un fer à repasser bien Ijchaud sur cette région, dans laquelle il éprouvait une sensation de froid remar- Iquable. La potion de Rivière n'a en général qu'une action de courte durée; jsouvent même elle ne produit aucun eflTct; on la remplace toujours avec avantage par l'eau de Seltz factice. Est-ce le dévoiement, au contraire, qui se montre iincoërcible? on répète les applications de sangsues à l'an'us, on augmente la jdose du laudanum dan.s les lavemens, mais on administre surtout les iavemens, Itenant en suspension deux gros de diascordium et six gouttes de laudanum de iRousseau, dont j'ai déjà parlé, et qui m'ont si bien réussi.

On satisfait à la seconde indication que réclame la période algide du choléra, en enveloppant d'abord le malade dans une couverture de laine bien chaude, jen promenant ensuite des sinapismes sur les divers points des extrémités, en (vaporisant du vinaigre dans le lit, de la manière que j'ai précédemment indi- Iquée, en entourant tout le corps de bouteilles d'eau et de briques très chaudes, ^enfîn, en communiquant en outre de la chaleur au moyen de fers ij repasser ou jd'une bassinoire cfue l'on promène sur le malade. Il faut employer ces moyens jsans relâche, jusqu'à ce ((uc l'on ait obtenu le résultat désiré, ou que l'on en ait perdu l'espérance. Je ne parle pas des frictions avec la flanelle, avec des brosses îou avec ces linimens irritans parmi lesquels l'absurde mélange connu sous le nom de Uniment hongrois jouait un si beau rôle; l'expérience a prouvé qu'elles étaient au moins inutiles quand elles ne contribuaient pas à refroidir davantage les malades. Si le froid de la peau est très-considérable, le pouls insensible, la Jangue pâle est froide, si la cyanose commence, on associe à ces moyens extéjrieurs l'emploi des infusions de tilleul et de feuilles d'oranger, de menthe, de camomille, de mélisse, de thé, de café; on donne aussi de l'élher et.de l'acétate [d'ammoniaque. Ces boissons peuvent être alternées avec les boissons acidulés [ou adoucissantes précédemment indiquées; on les administre seules, si l'on juge que la stimulation ait besoin d'èlre un peu énergique; dans tous les cas, on continue la glace : mais lorsque l'on fait usage de ces excitans, on doit revoir fréquemment sou malade, afin d'en suspendre immédiatement l'emploi, pour «'en tenir aux stimulans externes, aussitôt que la réaction commence.

J'ai déjà dit que plusieurs praticiens avaient employé les afTusions froides comme moyen de réaction , d'autres la rubéfaction de la peau du rachis par 1 ammoniaque liquide, et que le succès avait fréquemment couronné ces tentatives Irès-rationnelles. Bien que je n'aie pas eu recours à ces moyens , et que par conséquent je n'aie pu en apprécier par expérience la valeur thérapeutique , je n'en conseille pas moins leur emploi , et je les crois efficaces. Justifies par la théorie, leur utilité a été constatée par la pratique de plusieurs médecins distingués ; on ne doit pas hésiter à y recourir dans la période asphyxique du choléra.

Enfin, la réaction vient-elle à s'opérer, le rôle du médecin diffère suivant qu*e!le est trop forte ou qu'elle reste renfermée dans des limites convenables. Dans le premier cas, il consiste à combattre toutes les congestions, toutes les phlegmasies qui se manifestent ou s'accroissent, par les saignées générales ou locales , et par toute la série des moyens antiphlogisliques connus. Rien ne peut plus justifier alors l'emploi des stimulans interne.': , tandis que celui des excitans delà peau continue de trouver son application. Lorsque , par exemple , des symptômes de typhus viennent à éclater, on doit aussitôt révulser sur les extrémités inférieures, au moyen des vésicatoires et des sinapismes , tout en appliquant des

[Sangsues derrière les oreilles et de la glace sur la tête. Mais il ne faut pas prendre pour des accidens fyphiques le coma qui survient chez quelques malades, que l'on ait ou non abusé des narcotiques. Ce coma n'est acompagné ni

j de douleur de tête , ni de surdité , ni de soubresauts des tendons , etc. C'est un commeil de plomb qui conduit à la mort. Les infusions de thé et de café , et ies révulsifs cutanés , me semblent les meilleurs moyens de combattre cet assou-

! pissement , contre lequel viennent souvent échouer tous les efforts du médecin.

I Dans le cas , enfin , où la réaction est régulière et modérée , le praticien devient surtout observateur. Entretenir la sueur pendant deux jours au moins , en un mot jusqu'à ce que tous les accidens aient disparu ; continuer l'usage de la glace , des opiacés et des boissons acidulés ou émollieules , et la diète , c'est à

DiCT. DE MÉDECINE ET DE ChIUURGIE PRATIQUES.

peu près là tout ce qui lui reste à faire. Cependant il ne faut pas croire que le retour à la santé suive toujours immédiatement la réaction la plus régulière et la plus modérée. Loin de là, il est assez fréquent de voif survenir sans cause connue , tantôt quelques vomissemens , tantôt un peu de diarrhée , souvent une vive douleur dans les hypocondres , dans le flanc droit, autour de l'ombilic , parfois tous ces symptômes réunis, et toujours alors un commencement de refroidissement. J'ai vu ces accidens se reproduire ainsi deux et trois fois chez le même malade. Dans ces menaces de rechute , les bains chauds, émolliens, et prolongés , sont d'un grand secours , surtout lorsqu'au sortir de l'eau on a soin déplacer le malade entre deux couvertures de laine, et de provoquer une forte transpiration , à l'aide des moyens déjà tant de fois signalés dans le cours de cet article. Quelquefois il suffit de rappeler la sueur pour faire cesser les vomissemens , la diarrhée et les points douloureux de l'abdomen; mais il faut toujours pour cela en prolonger la durée pendant vingt-quatre heures au moins. Rarement j'ai dû recourir aux émissions sanguines locales pour combattre ces accidens ; les ventouses sèches , les bains , les sueurs , et l'emploi des opiacés , m'ont presque toujours suffi. Cependant lorsqu'une pression légère accroît les douleurs abdominales ou épigastriqucs , lorsque surtout elle fait découvrir quelque point engorgé, ce qu'il n'est pas rare de rencontrer dans le flanc droit ou près de l'ombilic du même côté (ces tumeurs sont probablement formées par la fin de l'intestin grêle , le ccecum et le commencement du colon, enflammés ), une ou deux applications de sangsues deviennent encore indispensables. Il en est de même si la langue rougit, si ses villosités se hérissent, si la soif s'allume , si le pouls devient dur ou s'accélère , et si en même temps les vomissemens reparaissent.

Enfin, il est un symptôme incommode qui se prolonge souvent jusque dans la convalescence : c'est le battement , ordinairement non-continu , du tronc cœliaque ou de l'aorte abdominale. L'application d'une vessie remplie de glace, chaque fois qu'il se manifeste , le fait en général assez promptement cesser. Les émulsions et le sirop d'orgeat concourent efficacement à l'arrêter.

La convalescence des cholériques, continuellement traversée par de nouveaux accidens , exige les plus grandes précautions. Sans cesse on la voit troublée par les causes en apparence les plus insignifiantes. Parmi ces causes , le froid, les impressions morales , et les écarts de régime sont celles qui exercent la plus fâcheuse influence. Et telle est la susceptibilité des malades , je n'ose dire des convalescens , que le plus léger refroidissement des pieds, une simple contrariété , un bouillon plus fort que de coutume , suffisent pour provoquer une rechute. Toute la surveillance du médecin doit donc porter sur ces trois ordres de causes , toutes les précautions doivent être dirigées dans le but de les écarter. Les convalescens éviteront donc de sortir trop tôt, et surtout le soir , de s'exposer à un courant d'air frais , de rester découverts pendant le sommeil ; ils ne reviendront que le plus tard possible aux alimens trcs-nourrissans , aux consommés et aux viandes noires ; ils s'abstiendront surtout de liqueurs spiritueuses et de café , jusqu'à ce que leur guérison soit parfaitement consolidée. Mais que l'on se garde bien surtout de s'entretenir auprès d'eux de la mortalité qui les entoure et des ravages de l'épidémie; qu'on leur épargne avec soin ces descriptions effrayantes de symptômes , auxquelles certaines personnes semblent se complaire; point de ces récits de morts rapides qui les effraient, alors ruéms qu'il s'agit de personnes indifférentes ou qui ne leur sont pas connues ; à plus forte raison , le silence le plus absolu sur la mort , et même sur l'état de maladie de leurs parens ou de leurs amis ; il faut écarter d'eux , enfin , tout co qui pourrait devenir l'occasion d'une contrariété ou d'un chagrin , d'effroi , ou d'un accès de colère. J'ai vu se développer des accidens graves à la suite des plus légères émotions pénibles; j'ai vu rechuter une de mes malades immédiatement après un accès de colère : trente-six heures étaient h peine écoulées qu'elle avait cessé de vivre. Dans toutes les maladies les rechutes sont dangereuses ; mais dans le choléra-morbus , elles entraînent souvent une mort presque instantanée. Le traitement de ces rechutes ne diffère pas de celui de la maladie elle-même.

Les convalescens du choléra sont souvent tourmentés par une constipation trèsopiniâtre; on y remédie aisément, en général , par un suppositoire de savon : quelquefois on est forcé d'avoir recours à l'eau de Sedlilz ou à l'huile de ricin pour la surmonter.

Traitement préseri'atif. — On ne connaît aucun moyen de se garantir du choléra-morbus , et il en sera ainsi autant de temps que I on ignorera la nature et la manière d'agir de la cause qui le produit. Le camphre, l'ail, les vinaigres aromatisés, les alcoholats, les sels odorans , les emplâtres de toute espèce , les chlorures sous toutes les formes , ne me paraissent posséder aucune vertu préservative. De graves inconvéniens ont même été la suite de l'abus de quelques-uns d'entre eux ; du camphre et des chlorures en particulier. Le premier a occasioné des maux de tête , des tintemens d'oreilles , des éblouissemens et des vertiges , chez beaucoup de personnes ; j'ai vu des femmes nerveuses se trouver mal à chaque instant, jusqu'à ce qu'elles eussent enlevé le sachet de camphre qu'elles portaient sur la poitrine. Les chlorures ont provoqué de la toux , de l'irritation à la gorge , et des chaleurs de poitrine , chez un très-grand nombre d'individus. J'ai vu ces accidens prendre beaucoup d'intensité chez une dame enceinte. Cependant il ne faut pas proscrire entièrement ces derniers, mais il faut en réserver l'usage pour désinfecter les lieux d'aisances , les plombs , les gargouilles , les salles d'amphithéâtres , les prisons , les hôpitaux , et tous les lieux où se rassemble un grand nombre d'individus. Restreint dans ces limites , l'emploi des chlorures ne peut qu'être Irès-ulile. Quant au camphre, il n'a que des inconvéniens , sans aucune compensation.

GA STRO- ENTERITE.

GASTRO-ENTERITE.

Toulc la prophylaxie du choleïa-morbus se borne donc , comme je l'ai déjà dit à écarter les deux ordres de causes prédisposantes , déjà tant de fois signalées savoir : les excilans des voies digestives elles excitations cérébro-spinales. Nous allons l'exposer en peu de mots.

En "énéral , les personnes qui ont habituellement un régime sobre, quel qu'il soit, n'y doivent rien changer. C'est une grave erreur que de croire , par exemple , qu'il faille se priver de légumes et de toutes les substances végétales , pour se mettre à l'abri de l'épidémie ; l'abus seul de ces choses peut nuire , mais leur usage fait nécessairement partie d'un bon régime. Plus d'un choléramorbus a probablement pris sa source dans l'alimentation exclusivement animale, .à laquelle beaucoup d'individus ont cru devoir s'astreindre. L'abus du thé et de toutes les autres boissons aromatiques n'a pas été moins funeste.

Quels sont donc les alimens dont il faut se priver ? Tous ceux d'abord dont la digestion est en général diflicile, tels que les haricots, les choux , la pâtisserie, etc. ; tous ceux ensuite qui, en temps ordinaire, provoquent le dévoiement chez beaucoup de personnes , comme la viande de cochon, celle de veau , les fruits verts ou de mauvaise qualité ; tous ceux encore qui excitent trop fortement les voies digestives , comme le gibier , les viandes salées ou fumées , et par conséquent les épices , la moutarde et autres condimensde haut goût; enfin les fraises et le melon, qui, tous les ans, produisent quelques exemples de choléra sporadique. Les glaces doivent être proscrites par la même raison.

Outre ces causes directes d'irritation gastro-intestinale , il en est dont l'action , pour être indirecte , n'en est pas moins réelle , et qu'il importe par conséquent aussi d'écarter; tels sont principalement le refroidissement des pieds et celui du ventre, et l'humidité en général. C'est pour prémunir contre leur action que l'on a généralement conseillé l'usage des chaussons et des ceintures de flanelle. Quoi qu'on ait pu dire de ces précautions , je les crois bonnes.

Je ne sais si les excès vénériens ont été beaucoup moins funestes pendant l'épidémie que les écarts de régime. Des faits assez nombreux prouvent du moins que leur influence sur la production du choléra-morbus n'est que trop réelle. On cite l'exemple de plusieurs élèves en médecine, frappés par le fléau après une nuit passée chez des filles publiques. Ou raconte la mort de plusieurs personnes , arrivée peu de jours après leur mariage ; enfin , deux malades que j'ai pu interroger sur ce point , m'ont avoué que cette cause pouvait bien n'être pas étrangère à l'invasion de leur maladie. Ne pourrait-on pas soutenir, avec quelque apparence de raison , que les enfans doivent en grande partie à l'absence de cette cause, l'immunité presque complète dont ils jouissent ? N'est-ce pas en partie aussi parce que le coït détermine un ébranlement beaucoup plus considérable dans les système nerveux chez les hommes que chez les femmes, que la mortalité pèse davantage sur les premiers ? Tout cela ne me parait pas dénué de fondement , et je crois très-sérieusement que , pour se ])réserver du choléra , il importe autant d'être continent que d'être sobre.

Tout le monde connaît la nécessité du calme, de la sécurité , et de la tranquillité d'esprit dans les épidémies. Depuis long-temps on a remarqué que l«s hommes colères, ceux qui sont en proie à de profonds chagrins, et surtout ceux que la peur de l'épidémie poursuit sans cesse, en étaient assez ordinairement les premières victimes. Mais comment inspirer du calme et du courage? Ici la médecine est impuissante ; c'est à la raison qu'il faut en appeler. Tous les moyens de guérir les imaginations malades doivent être mis en oeuvre.

Enfin , il est quelques préceptes d'hygiène générale , toujours applicables , toujours bons à suivre , mais qu'il importe surtout d'observer en temps d'épidémie. Ainsi , la malpropreté , en s'opposant à la libre transpiration cutanée, en entourant sans cesse les individus de miasmes , prédispose, sans aucun doute , dans tous les temps , à contracter des maladies ; elle peut donc , dans une époque d'épidémie, devenir fatale. En conséquence . on doit recommander de changer très-fréquemment de linge, de prendre de temps en temps des bains peu prolongés et de simple propreté. On doit veiller attentivement à l'entretien des plombs , des gargouilles et des fosses d'aisance , etc. , etc.

L'entassement des individus dans des espaces étroits, en viciant l'air qu'ils respirent, l'humidité des habitations et des localités, en afl'aiblissant la constitution des individus et les rendant plus impressionnables à l'action des causes de maladie, portent toujours un préjudice notable à la santé : à plus forte raison doivent-elles être nuisibles lorsqu'une épidémie menace ou sévit déjà. De l'air, de l'espace , des habitations salubres , voilà donc ce que réclame 1 hygiène publique ou privée , mais malheureusement ce que la philanthropie la plus active ne peut procurer à tous.

Gastro-entérite chronique. Il est assez rare qu'une inQammation chronique occupe à la fois l'estomac et l'intestin grêle; l'un de ces deux organes est ordinairement seul afi'ecté. Cependant cela a lieu quelquefois et c'est ordixiairement alors l'estomac et le duodénum qui sont le siège de la phlegmasie ; telle est la gastro-entérite des buveurs. C'est cette gastro-entérite que M. Casimir Broussais a décrite sous le nom de duodénite ; c'est elle qui détermine le plus grand nombre d'affections chroniques du foie. Plus rarement elle occupe l'estomac et la fin de l'intestin grêle ou l'intestin colon. La fièvre hectique des auteurs est souvent une gastro-entérile chronique; c'est ce qui a lieu surtout dans celle qui accompagne les alfecîions chroniques extérieures.

Je ne consacrerai pas un long article à cette affection : causes , symptômes , désordres organiques ; traitement , etc. , tout lui est commun avec la gastrite et l'entérite chroniques ; je renvoie en conséquence à l'histoire de ces phlegmasies. Est-il besoin d'ajouter qu'à intensité égale elle est plus grave que la gastrite et l'entérite séparées ?

Gastro entente intermittente. De même que la Sastro-entérite aiguë continue

est la plus fréquente de toutes les inflammation.s de ce type , de même la gas tro-entérile intermittente est la plus commune des irritations intermittentes La plupart des maladies appelées /lét'res intermittentes ordinaires , simples bénignes , sporadiques , se rapportent à cette phlegmasie intermittente de 1 membrane muqueuse gastro-intestinale.

La gastro-entérite intermittente résulte de l'action des mêmes causes qu développent la gastro-entérite continue , mais agissant d'une manière intermit tenle, ainsi quej'ai essayé de le démontrer ailleurs {Nouveaux ÉLémens depathîi^ logie médico-chirurgicale , tom. I). Mais , parmi ces causes , il en est quelque* I unes qui la produisent plus spécialement, telles sont : les miasmes marécageu» les alternatives de froid et de chaleur, de séchéresse et d'humidité , et les sti mulations gastriques résultant de l'alimentation ou de l'ingestion habituelle e Ijériodique de certains alimens. J'ai eu occasion d'observer , pendant deu: printemps et deux automnes consécutifs , un fait qui démontre combien es grande l'influence des variations atmosphériques sur la production de cette ma i ladie. Dans une des salles de l'Hôtel-Dieu, où l'on recevait les gendarmes elle pompiers de Paris , on voyait parmi ces militaires de nombreux exemples d ces irritations intermitlentes dans les saisons précitées ; tandis qu'à la mêmi' même époque, on en observait à peine quelques-uns parmi les malades troi' fois plus nombreux de la même salle. C'était presque toujours à des patrouille pendant la nuit qu'ils attribuaient leurs maladies.

Les symptômes de la gastro-entérite intermittente sont aussi les mêmes que ceu« de la gastro-entérite continue. Comparez en effet les phénomènes morbides d'un gastro entérite villeuse ou folliculeuse de moyenne intensité , avec ceux d'un Jièvre intermittente simple , et vous verrez qu'il n'existe entre eux d'autre diffé! rence que celle du frisson qui précède , et de la sueur qui suit les accès inter, mitlens. Que sont les Jièvres intermittentes bilieuses, cholériques et muqueuse des auteurs , sinon des phlegma.«ies gastro-intestinales intermittentes ? Je n décrirai donc pas de nouveau ces symptômes.

La gastro-autérite intermittente affecte tous les types , on l'observe quoti dienne , tierce , quarte , etc. Les accès sont plus ou moins longs , plus ou raoiiii violens , et l'apyrexie plus ou moins complète , sans qu'il soit possible d'établi!! aucune règle à cet égard. Quand cette affection est sporadique et surtout quant elle n'est pas produite parles miasmes marécageux , elle se dissipe fréquem ment d'elle-même , après cinq , six ou sept accès ; les accès vont alors e< s'éloignaiit et en diminuant graduellement d'intensité. Quelquefois elle se prc longe beaucoup au-délà de ce terme ; sous le type quarte , par exemple , on 1' vue durer des mois et même des années entières , sans que rien pût la faire dis paraître. Elle se termine rarement par la mort ; et quand cela arrive , ce n'e: ordinairement qu'après qu'elle a passé au type continu. Nous allgns voircepen dant,en étudiant le mécanisme de quelques-unes des lésions cadavérique qu'elle entraîne parfois à sa suite , qu'elle peut encore devenir mortelle dan i quelques autres circonstances.

La science ne possède que peu de faits d'anatomie pathologique sur la gas tro-entérite intermittente , comme en général sur toutes les phlegmasies de c type. Cependant tous les auteurs qui se sont livrés à ce genre de recherche s'accordent à dire qu'ils ont presque toujours rencontré, dans les cadavres de j individus qui ont succombé aux Jièvres intermittentes ordinaires , des traces d \ phlegmasie dans les voies digestives. Mais ce qui a surtout frappé i'altentioi des investigateurs , c'est l'engorgement des ganglions mésentriqties , du pao! créas, du foie , et surtout celui de la rate, qu'ils ont fréquemment observés • la suite de ces fièvres. Aussi en ont-ils tour-à-tour placé le siège dans chacuil de ces organes. Mais il n'est pas possible d'admettre que la phlegmasie quelqu vive qu'on la suppose, d'organes aussi peu influens, aussi peu irritables, fonctions si obscures , et tellement à l'abri des stimulations directes de tout ( espèce , que le sont les ganglions du mésentère , le pancréas et la rate , puiss devenir le mobile de phénomènes aussi intenses que ceux d'une fièvre inter mitlcnte un peu grave. La seule phlegmasie intermittente du foie pourrait pro duire des symptômes assez violens pour expliquer cette issue funeste : mais ci connaît les symptômes de l'hépatite aiguë, on les a décrits , lorsqu ils se sonl. offerts interinittens , sous le nom de fièvre pernicieuse hépatique , et il est touj^ simple qu'à leur suite ont ait trouvé des traces de phlegmasie de foie. Mais san qu ils aient existé, et alors même que, pendant la vie, des symptômes di gastro-entérile intermittente seuls se sont manifestés , il est arrivé que l'on i observé l'engorgement sanguin du foie , le plus ordinairement accompagné d(' celui de la rate : or cet engorgement n'est nullement la source des phénomènci qui ont existé pendant la vie, comme l'ont cru quelques auteurs. Quelquefois! peut-être , il est sympathique de l'irritation des voies digestives ; mais , dam le plus grand nombre des cas , c'est évidemment un elfel mécanique du refouij ' lement du sang de l'extérieur à l'intérieur, du système capillaire sanguin de lil* périphérie dans le système capillaire sanguin du centre , produit par le frisilj sou. Examinez en eflét ce qui se passe dans ce phénomène : la peau se crispiij i et pâlit , le sang fuit le système capillaire extérieur , il afflue vers le centrw i comme par une espèce de refoulement. Où va-t-il se rendre ? Que l'on y réflc' i chisse, et l'on verra que ce ne peut être que dans les gros faisceaux de capillaire sanguins susceptibles de céder et de se distendre à son abord. Quels sont cei faisceaux Tout le monde répond : la rate , le foie et les poumons. Ces organe: s'engorgent donc, et si la mort survient pendant la période de frisson, or trouve alors ces engorgemens, dont les auteurs ont parlé, et de plus la phleg ' \ masie gastro-entérique , si les symptômes que j'ai dit lui être propres ont existi 1 1 pendant la vie. L'engorgement du foie et de la rate surtout se remarque davan ' , tage que celui du poumon après les gaslro-enlcriles intermittentes , parce qui' j

GASTRO- ENTÉRITE

GASTRO -ENTÉ RITE

le sii'ge de la phlegmasie contribue déjà à déterminer la congestion du sang dans l'abdomen , et qu'en outre ces deux organes sont sympathiquement exicités par elle. 11 est si vrai que cette dernière cause contribue à produire les iengorgemens splciiiques et hépatiques , que chez les personnes à poumons irritables, l'afflLix du sang se fait vers la poitrine : je l'ai malheureusement éprouvé plus d'une fois sur moi-même; mais elle ne fait qu'y contiibuer , et n'en est pas la principale cause , ainsi que le prétendent quelques auteurs; autrement on jdevrait les observer fréquemment dans les gastro-entérites continues , et ils y isont au contraire très-rares. Le mécanisme de ces engorgemens est le même [que ceux (|ui sont produits dans la rate , le foie et les poumons par une course jlorcée , et celui de la glande tyroïde pendant les efforts de l'enfantement ; les icauses seules diffèrent.

ij Quelquefois l'engorgement sanguin de la rate ou du foie se dissipe dans l'interjvalle des accès ; mais souvent aussi il persiste en totalité ou en partie , et cela |a lieu particulièrement dans la rate, dont la texture lâche et molle réagit à (peine sur le sang qui l'obstrue. Alors chaque frisson vient encore augmenter ^'obstruction ; et si les accès sont nombreux , il reste dans l'organe un noyau itl'engorgement qui peut à la longue entraîner sa désorganisation. Ces obstructions peuvent exister pendant des années entières dans la rate , sans gêner putrement que par leur masse et leur poids ; et ce fait dépose fortement contre jl'origine inflammatoire que l'on veut leur attribuer, et milite en faveur de celle |que nous leur supposons. Mais enfin elles finissent par irriter les parties environnantes, par s'enflammer elles-mêmes , et conduire le malade au tombeau par le marasme. 11 arrive quelquefois aussi que la rate désorganisée et ra'- ;)nûllie, ne pouvant plus opposer une résistance à l'abord du sang dans un inouveau frisson de gastro-enlérite ou de toute autre phlegmasie intermittente , ae rompt et donne lieu à un épanchement abdominal promptement mortel, pans le foie,, organe plus irritable et plus important que la rate dans la chaîne des fonctions, V obstruction devient plus promptement une cause de phlegmasie chronique, et entraîne plus rapidement la mort; et comme les symptômes ponservent, sinon le type intermittent , du moins des exacerbalions à certaines fleures du jour, ainsi qu'il arrive dans toutes les phlegmasies chroniques, on ^le manque pas d'attribuer la fièvre intermittente qui a ouvert la scène , à la phlegmasie du foie dont ou découvre les traces. Sans doute il en est ainsi quelquefois , puisque la phlegmasie aiguë du foie peut être intermittente; mais dans le plus grand nombre des cas les choses se passent ainsi que je viens de l'exposer : l'analyse des symptômes des premiers accès en fournit la preuve. I Quant à la tuméfaction des ganglions mésentériques et du pancréas , elle est jrop évidemment l'effet sympathique de la phlegmasie de la membrane mufjueuse gastro-intestinale pour que je ne me croie pas dispensé d'insister lonçuemeiit sur ce point. Est-il besoin d'ajouter que ces obstructions , dont la ■lature et la cause diffèrent beaucoup de celles des précédentes, peuvent aussi 'iitraîner la mort par leur seule inflammation et celle des parties environnan-

es ; la phlegmasie gastro-intestinale intermittente ayant totalement disparu.

('oyez ce que j'ai dit à l'article ENTÉniTE.)

(l Enfin , un épanchement de sérosité est fréquemment la suite des diverses obstructions dont il vient d'être question; et c'est ce quia fait dire aux auteurs jue les fièvres intermittentes produisaient souvent Vascite. (f^oyez Hydropisie.)

On voit combien sont nombreuses et variées les lésions cadavériques qui se l'attachent aux gastro-entérites intermittentes; car les engorgemens dont nous ivons parlé sont susceptibles de présenter toutes les dégéuéressences propres (ux phlegmasies chroniques de chacun des organes auxquels ils appartiennent. Ifaut donc être bien pénétré du vrai mode d'enchaînement de tous ces désordres , si l'on veut se livrer avec fruit à des recherches anatomico-pathologiques iur l'afl'ection qui nous occupe.

Traitement. Avant la découverte du quinquina , on traitait les irritations ntermittentes comme des irritations continues , les saignées faisaient partie du iraitement de la plupart d'entre elles ; mais lorsque cette précieuse écorce fut connue en Europe, ses propriétés la firent bientôt préférer à tous les autres Doyens , et elle finit, dans ces derniers temps, par être presque exclusive- (nent employée. Sans doute, ce médicament possède de grandes vertus ; mais il est soumis , dans son emploi , à certaines conditions qu'il n'est pas permis de Reconnaître sans. danger, et que nous devons par conséquent essayer de prépiser avec exactitude.

j En infusion, décoction , extrait, teinture , poudre , on a employé l'écorce fhi Pérou sous toutes les formes. La poudre était presque seule employée, il y f quelques années, dans les irritations intermittentes : elle possédait, en effet, ie grands avantages sur toutes les autres préparations. On l'administrait à la lose de deux gros jusqu'à deux onces dans l'intervalle des accès , par prises l'un, deux, trois, et même quatre gros, en commençant par les plus fortes et erminant par les plus faibles. Aujourd'hui on se sert de préférence de sulfate le quinine, et des milliers d'expériences ont attesté sa supériorité surloutes les lutre préparations du quinquina. La dose moyenne est de douze grains , en Ijuatre prises de trois grains chacune ; mais il agit souvent à des doses moindres , comme trois , quatre, six ou neuf grains ; quelquefois, au contraire , on est Sibligé de les porter jusqu'à vingt-quatre grains et au-delà. Dans ces derniers j.emps, M. Bailly en a porté les doses jusqu'à quarante grains et plus , sans que j estomac lui ait paru ressentir une fâcheuse influence de cette médication ; au i^ontraire, il a cru remarquer, qu'administré à hautes doses, le sulfate de [cjuinine était sédatif , ralentissait les contractions du cœur, et dissipait même j inflammation de l'estomac , qui persiste quelquefois assez vive dns l'intervalle Ses ^ccès. Ces résultats curieux demandent à être confirmés par de nouvelles

expériences. En attendant, nous devons dire que M. Magendie s'est assuré , par des expériences aussi , que la plupart des fièvres intermittentes sporadiques pouvaient être facilement dissipées par de faibles doses de ce médicament , et <jue trois grains suffisaient ordinairement à cet effet.

Dans les gastro-entérites intermittentes légères, on peut ordinairement administrer le sulfate (le quinine dès les premiers accès , et sans en faire précéder l'emploi par les saignées générales ou locales ; mais lorsqu'elles sont très-intenses, que les accès sont longs et l'apyrexie de courte durée, il est toujours avantageux de débuter par une saignée du bras ou une application de sangsues à l'épigastre , pratiquées pendant la période de chaleur. Cette précaution est indispensable quand l'apyrexie n'est pas parfaite ; elle assure toujours le succès du sulfate, qui sans cela devient incertain. Il est à peu près superflu d'administrer ce médicament à doses décroissantes à mesure que l'on se rapproche de l'accès , mais il importe que la dernière prise soit donnée une heure avant les premiers frissons. On doit s'enabstenir lorsque l eslomacest tropirritab!e,etne pas insister sur son emploi , comme on le faisait pour le quinquina en poudre , lorsqu'il est rejeté par le vomissement , ou seulement lorsqu'il excite beaucoup de soif et de chaleur , ou des coliques , ou de l'anxiété ; dans ce cas il faut l'administrer par la voie du gros intestin , et en même temps avoir recours à la méthode antiphlogistique des gastro-entérites continues, employée princij)alement pendant les accès. La diète, ou au moins un régime très-ténu; les boissons délayantes , acidulés, gommeuses, etc., concourent efiicaccment avec les moyens précédens à sa prompte guérison.

On guérit la plupart des gastro-antérites intermittentes par le sulfate de quinine, mais quelques-unes résistent à ce médicament , et cèdent seulement à la méthode antiphlogistique. Plusieurs autres moyens comptent aussi des succès; nous allons les faire connaître.

Les vomitifs , et en particulier l ipécacuanha , donnés dans l'apyrexie , et dans les circonstances que j'ai signalées en parlant du traitement de l'entérite, préviennent très-souvent le retour des accès. Les purgatifs produisent également cet effet, mais quelquefois aussi ils rappellent les acccs lorsque tléjà ils étaient depuis long-temps disparus, ce qui doit rendre très-circonspect dans leur emploi. On obtient quelqutois les mêmes résultats par les sinapismes trèschauds , appliqués entre les deux épaules ou sur les genoux , ou même sur toute autre partie du corps; par l'immer.sion dans l'eau froide, par un bain trèschaud, par l'application de linges chauds , par 1 ingestion de cjuelques gouttes d'ammoniaque étendu d'eau , si on a le soin d'employer ces moyens au moment où le frisson commence , et aussi par la ligature des membres quelques instans avant qu'il ne se déclare, lorsque les pandiculations se manifestent. Enfin plusieurs gasiro-entérites intermittentes sporadiques cèdent au laudanum liquide, à la dose de quarante ou cinquante gouttes dans cinq ou six onces de véhicule , donné par cuillerées d'heure en heure pendant l'apyrexie.

Les sulfates de fer, de zinc, de cuivre, d'alumine et de potasse ont été employés contre les gastro-entérites intermittentes avec des succès divers : le premier de ces agens paraît être celui qui en compte le plus. Ces moyens n'ont d'autre inconvénient que d'être incertains : mais il en est un des plus dangereux , très-usité en Angleterre , et que l'on n"a pas craint de prôner en France : c'est l'arsenic, et spécialement l'arséuiate de soude ou de potasse. Je regarde comme un devoir de le proscrire avec force , malgré quelcjues succès qui semblent en justifier l'emploi.

Je ne finirais pas si je voulais énumérer tous les médicamens qui ont été employés dans cette affection. On a surtout cherché dans le règne végétal des substances qui pussent remplacer le quinquina; tous les efforts ont été infructueux. La racine de valériane en poudre, à la dose d'un à trois gros dans l'intervalle des accès, a produit cependant des guérisons assez nombreuses tntre les mains de MM. Fournier et Vaidy. Il en est de même de la poudre de houx, autrefois signalée par Durande comme aussi efficace que le quinquina, et récemment employée de nouveau avec succès par M. Rousseau à la dose de deux à trois gros , macérés à froid pendant douze heures dans un verre de vin blanc, et administrés en une seule prise avant l'accès. Enfin, M. Pallas a obtenu des effets assez remarquables de l'extrait d'olivier, à la dose d'un à quatre ou cinq gros. Mais, jusqu'à ce que des expériences nouvelles aient mis hors de doute l'efiicacilé de ces nouveaux médicamens, le quinquina et les antiphlogistiques , seuls ou réunis, doivent être préférés dans tous les cas , leurs bons effets étant presque constans. Dans les gastro-entérites intermittentes des marécages , on doit sans hésiter avoir recours de suite au c|uinc(uina, excepté dans les cas particuliers que nous avons fait connaître; savoir, l'irritabilité trop grande des voies digestives et l'apyrexie incomplète. Souvent une Jièvre intermittente résiste au sulfate de quinine et cède au quinquina en poudre, et réciproquement; il ne faut donc pas se décourager : c[uand la maladie se montre rebelle à l'une de ces préparations , on en essaie une autre. Ou accroît en général beaucoup la propriété antipériodique des diverses préparations de l'écorce péruvienne en les associant à l'opium.

Le traitement des gastro-entérites rémittentes repose sur les mêmes bases ; seulement la méthode antiphlogistique est toujours avantageuse au début, pour rendre l'intermission plus complète et permettre l'administration des fébrifuges. Quelques-unes demandent à être traitées comme des affections continues ; ce sont celles dans lesquelles les symptômes d'irritation sont encore très-prononcés pendant la rémittence; on les considère alors comme des phlegmasies continues avec des exacerbations.

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GASTRORAPHIE.

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Je crois devoir ajouter ici la liste tles principaux ouvrages qui ont été publiés sur le choléra-morbtis depuis que cette maladie a paru en Europe.

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F.'J.-T^. Broussais. Le cboléra-morbus cpidémique observé et traité selon la méthode physiologique, 2^ édition. Paris , 1832 , in-8".

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J. Delpech. Etudes du cboléra-morbus en Angleterre cl en Ecosse. Paris , 1832, in-8".

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Rapport du conseil de sanié d'Angleterre sur le choléra spasmodique. Paris, 1831, in-8°.

Rapport de l'académie royale de médecine sur le cboléra-morbus , 1831 , in-8"— Rapport et instructions sur le cboléra-morbus, rédigés sur U demande du gouvernement par l'académie royale de médecine. 1832 , in-8".

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/■ oisin. Mémoire sur le choléra-morbus observé à l'hôpital S.-Louis. Paris , 1832 , in-8".

( L.-Ch. Roche.)

GASTRO-IIYSTÉROT03IIE. Voyez Césarienne.

GASTRORAPHIE, s. f. ; de -/«ît,-^ ventre, et de pufi, couture : c'est la suture des parois abdominales.

Imaginée par Galien , la gasirorapbie a subi diverses modifications importantes : ce ctlèhre médecin ,/oz./a,( que Ion percdt d'un côté les Usamens et les muscles avec fai^iudle poussée de dehors en dedans , sans aller au péritoine , et .,ue Von traversât de dodans en dehors cette membrane et le reste de la paroi ohdominale du côté opposé; après quoi on devait percer de même de ce dernier cote, nde dehors en dedans , la paroi abdominale . jusqu'au péritoine exclusi-

vement , et traverser du premier côté , de dedans en dehors , le péritoine et le' autres parties de la paroi du ventre; et ainsi de même jusqu'à ce que la sutur fût siijjisanic pour la réunion de la plaie. Plus tard , on se contenta , pour fairr la gasirorapbie, d'employer la suture entrecoupée ordinaire; mais depuis Fai brice de Hilden, on a généralement préféré pour la réunion des plaies du ventrii la suture enchevillée ou emplumée.

La gastroraphie est surtout nécessaire dans les plaies pénétrantes de Tabdo men, pour empêcher à la fois l'issue des viscères au dehors, l'introduction di l'air sur la surface très-irritable du péritoine et la formation consécutive d hernies ; toutefois , on se tromperait si l'on croyait que cette opération ne peu pas quelquefois trouver sa place dans les cas des plaies non pénétrantes ; et effet, lorsque ces plaies sont larges et profondes , elles sont souvent accompa gnées d'une forte diduction de leurs lèvres ; et par suite, si elles n'étaient rap prochées immédiatement a. l'aide de la suture , la cicatrice s'établissan dans cet état, il en résulterait un affaiblissement considérable de la paroi abdominale à ce niveau , et une tendance insurmontable à la formation d(i hernies.

Pénétrantes ou non pénétrantes, les plaies de l'abdomen réclament plutô la gastroraphie, lorsqu'elles sont grandes que lorsqu'elles sont peu éteii j dues , lorsqu'elles sont transversales que lorsqu'elles sont verticales , lors qu'elles sont courbes et plus ou moins demi-circulaires que lorsqu'elles son droites.

Le nom que l'on a donné à la suture qui nous occupe indique assez la parti du corps pour laquelle elle a été imaginée , et celle à laquelle elle convier spécialement; cependant elle peut avantageusement être mise en usage dan quelques autres cas; et, par exemple, M. Lalleraand de Montpellier 1' appliquée avec succès au traitement des fistules vagino-vésicales. On coiicoi qu'elle puisse également être employée dans beaucoup d'autres circoni stances.

Pour pratiquer la gastroraphie , des aiguilles courbes , de force et de dimerr > sion variables , sont nécessaires; il faut aussi préparer des fils cirés, de peti(: cylindres de bois, des dos de plumes, ou bien de petits rouleaux de sparadrap Les fils préparés d'avance seront doubles et armés d'une aiguille à leurs deu extrémités. Nous ne parlons pas des iiistrumens particuliers qui peuven être nécessaires pour diriger les aiguilles quand on pratique la gastroraphi ailleurs que sflr les parois abdominales; il en est question dans les articles de c Dictionnaire , auxquels ces détails appartiennent ( voyez Fistules vÉsico-vy GiNALEs , etc. ).

Le nombre des points de sulure qui doivent être faits varie nécessairemer suivant l'étendue de la solution de continuité; au reste, le mode opératoire étar le même pour chacun d'eux , il nous suffira d'une simple description pour 1 faire comprendre. Le malade étant placé d une manière convenable , le chirui gieu saisira entre le pouce et l'index de la main gauche Tune des lèvres de 1 plaie , de façon à exercer sur elle une pression favorable à l'introduction d l'aiguille ; puis saisissant l'une des aiguilles Ae la main droite , comme pour i /]iire agir de dedans en dehors , et devant soi, il traversera la paroi abdomi nale , du péritoine vers la peau , et il entraînera au dehors , avec l'aiguille l'extrémité du fil double passé dans son chas ; puis saisissant de la même ms nière la lèvre opposée de la plaie, il la traversera avec l'aiguille placée à l'auft e.xtrémité du fil double , et en la dirigeant de dedans en dehors , comme la prt mière , mais contre lui ; ainsi placé le fil double formera une anse qui corre! pondéra à la partie profonde de la plaie , et dont les chefs seront placés a dehors. Si la plaie est petite et si un seul point de suture suffit à la réunion , faut procéder immétliatement à l'achèvement du point qui vient d'être coir mencé ; mais si plusieurs points de suture sont nécessaires , il faut placer tou les fils comme le premier, avant de rapprocher la plaie définitivement. A reste , celte dernière et importante partie de l'opération se fait de la même mai nière, pour chaque point de suture; un aide pousse les lèvres de la plaie l'un vers l'autre, et pendant ce temps le chirurgien écarte les deux brins qui former, par leur réunion chaque extrémité des fils, il place dans leur intervalle un de petits cylindres dont il a été fait mention , et d'abord d'un côté il arrête Ifi deux brins du fil sur lui , à l'aide d'un double nœud; ensuite il tire fortemer sur l'extrémité opposée du fil double , sépare les deux brins qui le forment , < place dans leur intervalle un nouveau cylindre sur lequel il les réunit cnsuili au moyen d'un double nœud. On peut là borner l'opération de la gastroraphii mais de la sorte , il est facile de voir que la partie profonde de la plaie est seul réunie , tandis cp'au contraire la partie extérieure est bâillante ; inconvénier assez sérieux , car il empêche l'agglutination immédi ite dans cette partie, et dispose la paroi abdominale, dans ce lieu , à une faiblesse dangereuse. Poii' éviter tout cela , il convient , après avoir arrêté les fils sur l'un et l'autre cylin dre , de les réunir entre eux au devant de la plaie, en serrant un peu fortemeni de façon à meltre en contact les bords de la peau ; le fil , à l'aide de celte mod fication , entoure toute la plaie et exerce une égale pression sur toute la surfaci en avant comme en arrière , et l'agglutination devient plus prompte et ph solide par la suite.

On maintient les fils pendant quatre jours ainsi placés ; et alors , mais seuhi ment alors, on les enlève avec précaution. Pour cela on les coupe sur rund('^ cylindres , le plus près possible de la peau de la paroi abdominale ; on enlève cylindre , devenu libre par le fait de celle première manœuvre , puis on sais avec des pinces le cylindre opposé , on exerce sur lui une traction légère, i on l'entraîne avec le fil qui passe derrière la plaie. Pendant cette extraction, u aide doit soutenir la paroi abdominale et pousser l'une vers l'autre les dei

GASTR ORRHÉE.

{ noi )

GASTROTOMIE.

(lèvres de la solution de continuité , pour empêcher que l'ébranlement produit ipar l'effort exercé sur les fils ne détruise le travail île réunion.

Pendant plusieurs jours après l'ablation des fils , il faut encore soutenir la Iplaieavec des bandelettes agglutinatives , mais surtout avec une ceinture, dont on favorise l'action sur la plaie à l'aide de compresses graduées; on doit aussi appliquer immédiatement sur la plaie un plumasseau enduit de cérat simple ou saturné.

Parfois la gastroraphie a été suivie de graves accidens , soit qu'elle ait été faite d'une manière trop serrée et par conséquent peu convenable , soit que , I pratiquée sur des sujets très-nerveux , elle ait produit des douleurs excessives jet une violente inflammation. Dans le premier cas , la faute ne doit pas être imputée h l'opération, mais au chirurgien inexpérimenté qui l'a employée; dans le second cas , il en est autrement. Quoi qu'il en soit, dans ces deux circonstances on doit enlever les points de suture , maintenir la plaie rapprochée aussi exactement que possible , avec un bandage unissant , et calmer les accidens avec les moyens appropriés; mais un chirurgien judicieux doitse garderde s'appuyer [Isur ces faits, d'ailleurs rares et exceptionnels, pour blâmer la gastroraphie , et ■ |lpour se priver des précieux avantages que procure le plus souvent son em|)loi jméthodique. ^ ( Fréd.-Pli. Bi.akdin. )

G.iSTRORRHEE , s. f . , yxTZY.p , estomac , et ^rw, je coule; catarrhe cfirom'c/ue de l estomac . Je nomme ainsi l'irritation secrctoire ou rhypdrdiacrisie de r |la membrane muqueuse de l'estomac, dont le principal et souvent l'unique symp- ■; Itâme consiste en un vomissement d'un mucus limpide et filant, ordinairement i. fînsipiile , mais quelquefois salé, acide, offrant la plus grande ressemblance avec I ile blanc d'œuf.

„ t Les «auses de cette affection ne sont pas connues , on a remarqué seulement ,< Iqu'elle était plus fréquente chez les individus adonnés à l'usage des liqueurs

spiritueuses el qui surtout ont l'habitude d'en prendre à jeun , chez les hommes

replets et qui mangent beaucoup. Ou ne l'observe jamais chez les enfans, ni \ même dans l'adolescence ; elle est rare encore chez les adultes; les exemples , les plus nombreux en sont fournis par les hommes dans l'âge viril et par les

veillards. Il semble qu'elle ne puisse se développer que chez les personnes dont (, I l'estomac peu irritable résiste énergiquemenl aux stimulans et secrète abon- (. idamment du mucus sous leur influence au lieu de s'enflammer. Telles sont en

I effet les conditions dans lesquelles se trouve l'estomac de la plupart des vieilli jlards, ainsi que celui de quelques individus trcs-lymphatiques. L'humidité de

l'air parait y contribuer.

B I Ce vomissement s'opère en général avec une grande facilité ; chez quelques ;: malades c'est par une simple régurgitation que le mucus est rejeté ; quelquefois [ cependant il exige un peu d'efforts, mais rarement on le voit laborieux, et ; quand cela arrive , un peu de bile colore ordinairement le mucus rejeté. C'est , le matin à jeùn que ce vomissement a lieu le plus fréquemment ; et , cho.se lit digne de remarque , les personnes chez lesquelles il est dégénéré en habitude, f ne peuvent , en général , pas prendre d'aliniens tant que l estomac ne s'est pas

I I ainsi débarrassé de ce produitdesécrélion morbide; que si elles mangeaient aupali ravanl, elles ont, comme elles le disent, le cœurbarbouMè toute la journée (envie 11, légère de vomir) , plusieurs fois même il leur arrive de rejeter leurs alimens. (f I Cbez quelques malades le vomissement se répète plusieurs fois par jour, et alors

II 1 C'est presque toujours après chaque repas qu il se déclare, mais avec celle parflticularité fort remarquable C[u'il n'entraîne jamais d'alimens. Une foule de 1 j circonstances qui ne sont pas toujours bien appréciables influe d'ailleurs sur la

I reproduction de ce phénomène morbide ; les variations dans la température s I ou dans l'état hygromélri([ue de l'air , la nature des alimens et des boissons, : j paraissent être celles dont l'influence se fait le plus sentir ; il disparait quelque- J I fois jiendant un assez long espace de temps sans cause connue, et revient de J i même.

I j En général cette maladie n'a aucune gravité. La plupart des personnes qui en J I sont atteintes conservent leur appétit , leur embonpoint et leurs forces; ce vo- - j missement n'est pour elles qu'une incommodité. Quelques individus cependant [ \ CD éprouvent delà fatigue et même de l'a'maigrissement; ils n'ont pas d'appétit, ; I recherchent les alimens de haut goût, sont pâles , tristes et laiiguissans. La , durée de la gastrorrhée est toujours longue; on la voit se prolonger pendant : 1 des mois, des années, et quelquefois pendant toute la vie.

La gastrorrhée, telle que je viens de la décrire, accompagne souvent les af- I factions nerveuses de l'estomac , et principalement celle que l'on désigne com- I munément sous le nom de gastralgie (fojez ce mot). Ce n'est plus alors une maladie, mais un symptôme, qui devient souvent la source d'indications spéciales , mais jamais l objet principal du traitement. Les autres symptômes de I la gastralgie qui , en pareil cas , existent toujours en même temps que lui, empêchent toute erreur de diagnostic.

La guérison de la gastrorrhée ne s'obtient pas toujours fort aisément. On a conseillé les vomitifs et en particulier 1 ipécacuanha, les purgatifs amers , et de préférence la rhubarbe; mais ces moyens ne guérissent que momentanément I el n'empêchent pas la maladie de se reproduire. Il faut ordinairement, pour parvenir à en enrayer la marche, recourir à un traitement général el long temps continué. Ce traitement consiste dans l'usage d'une infusion légèrement arop matique, dans celui des viandes rôties ou grillées , dans l'emploi des eaux lerjl rugineuses et de la magnésie calcinée, et enfin dans l'usage des vêtemens de flai| nelle sur la peau. J'ai administré avec un succès très-prompt l'extrait gommeux 1 d'opium à la dose d'un demi-grain à un grain, et la magnésie calcinée à la dose d'une cuillerée à bouche dans un demi-verre d'eau sucrée, le soir en se couchant, chez deux malades qui ne vomissaient qu'une fois le matin à leur réveil,

DiCT. DE MÉDECINE ET DE CliinUKOIE PRATIQUES.

mais qui rendaient par ce vomissement une quantité considérable de mucus limpide. La même médication m'a réussi contre cet accident dans la gastralgie. Chez quelques malades qui vomissent après les repas , j'ai retiré de bons effets de quelques grains de rhubarbe el de magnésie mêlés ensemble, et pris un instant avant de manger. M. Chomel pense que l'emploi des substances balsamiques auxquelles on a recours avec avantage dans les irritations secrétoires des bronches, de la vessie et de l'urètre, telles que le baume de Tolu, la ihérébenthine de Venise , pourrait cire utile dans la gastrorrhée; je le crois aussi ; c'est à l'expérience à prononcer.

Il va sans dire que quand on connaît la cause qui a produit la maladie, le premier soin doit être île chercher h l'écarter ou à la détruire. Ainsi, lorsque c'est un changement de régime «jui a provoqué le mal , on conseille au malade de revenir au régime qu'il a quitté ; si c'est le froid qui rappelle le vomissement, on redouble de précautions pour en préserver le malade aux approches de l'hiver; on le couvre de flanelle, on lui conseilled habiter une chambre au miiti, on stimule la peau par des frictions aromatiques , ou bien on lui conseille le séjour du midi pendant qiielc[ues hivers si cela est possible. Enfin, on établit un exutoire, on prescrit des bains de vhpeur, etc., lorsque l'on a quelques raisons de croire que la maladie a succédé à la disparition brusque d'une dartre ou d'une douleur rhumatismale.

( L.-Ch. Roche. )

GASTR OTOMIE, s. f.; gastrotomia; de ■/a<j--r,p^ ventre, estomac , et de rc//)!, incision. La double acception du mot yy.i--t,p^ qui signifie en même temps ventre et estomac , a fait employer le mot gaslrotomie pour désigner plusieurs opérations différentes. On a nommé ainsi non-seulement l'incision pure et simple des parois du ventre, ou cette incision suivie de celle des parois de l'estomac ; mais encore l'incision du ventre suivie de l'incision des parois de tous les organes creux renfermés dans la cavité abdominale.

C'est ainsi que les opérations faites pour extraire les épanchemens sanguins ou purulens renfermés dans la cavité du péritoine , que l'incision des abcès ou des kystes du foie, que l'opération de la hernie étranglée , que celle qui a été proposée pour lever les diverses espèces d'étranglement interne, pour opérer l'extraction du fœtus passé, par suite de la rupture de la matrice, dans la cavité da péritoine , pour extraire le produit de la conception dans certaines grossesses extra-utérines , que la cystotomie suspubienne, etc. , ont été tour-à tour désignées sous le nom de gaslrotomie. Toutefois, pour éviter la confusion , on a cherché à distinguer par des noms composés celles de ces opérations dans lesquelles on ne se borne pas à diviser les parois abdominales : et l'on a créé les mots Gastro-histéhotomie et Castro cystotomie, etc., dont la signification est trop claire pour que je doive m'arrêter à l'expliquer. Cette méthode est bonne, et je pense qu'il faudrait l'adopter, dût-on nommer gastro-gastrolomie l'opération par laquelle on extrait les corps étrangers contenus dans la cavité de l'estomac. Quoi qu'il en soit, comme on trouvera aux articles Foie, CÉsARiEWMf., Grossesse extra-utérike, iMATiiicEel Vagi» ( ruptures), PLAiE.(du ventre), etc., la description des opérations nécessaires pour les abcès et les kystes développés dans le parenchyme de l'organe sécréteur de la bile , par le développement du produit de la conception hors de la cavité de l'utérus , par son passage dans la cavité du péritoine à la suite de la rupture de la malrice ou du vagin , par les épanchemens de sang compliquant les plaies pénétrantes de l'abdomen, et que l'on trouvera aussi à l'article Cystotomie la description de la taille hypogastrique, il ne me reste à décrire dans celui-ci que la gaslrotomie consistant dans l'incision pure et simple des parois abdominales cl celle quia pour objet l'extraction de quelque corps étranger engagé dans le canal digestif.

A. La gaslrotomie en tant qu'incision des parois abdominales est le premier temps de toutes les opérations de ce genre , qu'il constitue seul dans un certain nombre de cas.

Le lieu sur lequel on la pratique varie comme le siège du corps étranger auquel on veut ouvrir une issue. Si son siège est constant, ou qu'il ne peut être déplacé, c'est là où il se fait sentir qu il faut pratiquer l'incision. C'est ainsi que les épanchemens sanguins se rassemblent ordinairement sur les côtés de la rérégion hypogastrique, on a conseillé de faire l incision destinte à favoriser leur évacuation parallèlement au bord externe du muscle droit antérieur abdominal et à un demi-pouce environ de ce bord , en la faisant partir de cinq à six lignes au-dessus du niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure , et la prolongeant jusqu'à un pouce au-dessus de l'anneau inguinal ; c'est encore ainsi que , si I on rencontrait un cas analogue à celui qu'a observé M. Billard, chirurgien en chef de la marine à Brest, et dont le sujet fut un matelot qui, dans une chute, s'enfonça l'appendice xyphoide et éprouva des accidens très-graves d'irritation de l'estomac auxquels ou ne put remédier que par une opération, il faudrait, à l'imitation de ce praticien, inciser la paroi abdominale sur l'un des côtés de l'appendice déplacée , afin de pouvoir passer au dessous un levier à l'aide duquel on la relèverait. Mais lorsque le corps peut être déplacé de manière à ce que l'on puisse le ramener vers la ligne blanche , ou lorsqu'il se présente de lui-même derrière la |)arlic moyenne de la paroi antérieure de l'abdomen, c'est parallèlement à la ligne blanche qu'il convient de faire l'incision , parce que l'on n'est exposé ni à diviser aucun vaisseau important, ni à couper les muscles, ce qui laisse toujours un point faible par lequel se forment souvent des hernies.

Lorsque , ainsi que cela a lieu le plus ordinairement , c'est sur la paroi antérieurede l'abdomen que l'on opère, on donnera à l'incision une direction verticale , parce qtie l'on sera moins exposé de cette manière à rencontrer les vais-

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seaux épigastriques , et que les lèvres de la plaie peuvent être plus facilement

réunies. i r .•

Quoi qu'il en soit , lorsque l'on veut procéder a 1 opération , il faut disposer sur un plateau l'appareil instrumental qui se compose d'un bistouri à tranchant droit ou convexe, d'un bistouri boutonné, de pinces à ligatures , de sondes cannelées et de ciseaux droits ou courbés, d'aiguilles courbes à sutures , de fils cirés et de deux bouts de plume ou de sonde de gomme élastique ; des éponges fines des bassins vides , de 1 eau chaude et froide , des bougies allumées et des alcue's compléteront les objets nécessaires à l'opération , tandis que des linges fins fénétrés et enduits clecérat,des pkimasseaux de charpie fine, des compresses de diverses formes et un bandage de corps ou une grande bande formeront l'appareil de ce pansement.

Tout étant ainsi disposé, et le malade étant couché sur le dos, les cuisses et la poitrine légèrement fléchies , l'opérateur, placé au côlé droit du lit, divise successivement et couche par couche la paroi abdominale; si ces vaisseaux fournissent du sang, on les liera à mesure qu'ils seront divisés, afin de prévenir répanchement du sang dans la cavilédu péritoine. Enfin quand il n'y aura pUis que cette membrane à diviser, on l'ouvrira au moyen d'une très-petite ouverture, soit en continuant de diriger l'instrument comme il l'a été pour couper successivement les autres couches de la paroi du ventre , soit en commençant h le soulever avec des pinces à disséquer pour l'éloigner des viscères et en l'incisant en dcdolant. On introduit alors dans l'ouverture «ne sonde canelée dont on se sert pour conduire un bistouri droit avec lequel on prolonge l'ouverture en liaut et en bas ; ou même, on y introduit un bistouri boutonné, et aussitôt que cela se peut, le doigt indicateur de la main gauche qui sert à conduire l'instrument en même temps qu'il garantit les viscères de toute lésion. Il faut , en effet, toujours se rappeler, quand on ouvre le ventre, que les intestins remplissant exactement cette capacité, sont toujours tout prêts à en sortir par la moindre issue qui leur est ouverte, à se présenter par conséquent au tranchant de l'instrument qui divise les parois de la cavité qui les contient.

L'incision terminée, on opère par des procédés variables, et qui seront exposés ailleiu s, l'extractiou des corps étrangers liquides ou solides, dont la présence produit les accidens qui ont rendu l'opération nécessaire.

/]. Quant à la gastrotomie ayant pour objet de pénétrer jusque dans la cavité del'estomac pour y aller chercher des corps étrangers qui le blessent ou l'excitent, cette opération ne peut être soumise à des règles bien fixes. Le premier temps est en tout semblable à l'opération que je viens de décrire, seulement il faut toujours inciser la paroi de l'abdomen sur la saillie formée par le corps étranger , et proportionner l'étendue de l'incision au volume présumé de ce corps.

Presque toujours, ainsi que cela a été dit (i/q/ez Conps étrakgeiis) , ce sont des instrumens aigus , comme des couteaux ou des fourchettes, ou d'autres corps très-allongés et aigus , qui produisent les accidens pour lesquels on opère, et alors ces corps se sont engagés dans la paroi de l'estomac et y ont même déterminé une inflammation qui a produit son adhésion à la paroi abdominable. On n'a donc alors autre chose à faire que d'inciser sur la pointe du corps jusqu'à ce qu'on le découvre , en ayant le soin toutefois de ne pas dépasser les adhérences pour éviter d'établir une communication entre la cavité del'estomac et celle du péritoine. Quand on a mis a nu le corps étranger , on le saisit avec des pinces et on l'extrait parallèlement à son grand diamètre. Il ne parait pas pourtant qu'il soit indispensable qu'une adhérence soit établie entre l'estomac et les parois correspondantes du ventre pour opérer avec succès. On a opéré aussi po;ir prùt'enir les accidens ; mais cette conduite ne saurait être imitée par aucun chirurgien prudent. On a conseillé de ne point inciser l'estomae près de ses bords et de sa grande courbure , pour éviter la lésion des vaisseaux considérables qui se rencontrent dans ces régions ; et, pour lui faire présenter sa face antérieure, l'on a pensé qu'il serait convenable d'attendre qu il se fut débarrassé d'une partie des matières qu'il renferme s'il était trop plein, ou de le remplir médiocrement de liquide s'il était tout-à-fait vide. Mais l'on n'a pas réfléchi que les accidens qui rendent l'opération nécessaire ne se manifestent ordinairement que parce que le corps étranger a entamé les parois de l'estomac , et ([u'il faut nécessairement inciser le viscière là où l'on sent que la pointe du corps étranger s'eat engagée dans sa substance.

( L.-J. Sahson. )

GAZ. {Chimie médicale, médecine légale et thérapeutique.) La nature de cet ouvrage ne comportant que peu de détails physiques et chimiques , nous nous attacherons à exposer seulement ceux qui sont indispensables aux médecins. L'expression de gaz , employée primitivement 'par '^anhelmont, et introduite dans la chimie par Marquer pour remplacer le mot air, était encore adoptée il y a peu d'années pour désigner les fluides élastiques permanens et les distinguer des vapeurs. Depuis les travaux de MM. Faraday et Uussy , il devient diliicilc de donner une signification exacte à ce mot , puisqu'il établissait entre les gaz et les vapeurs une ligne de démarcation tranchée qui, aujourd'hui, n'existe plus ; certains gaz étant reconnus susceptibles d être liquéfiés à l'instar des va peuis. Cependant en réfléchissaiU aux deux circonstances indispensables à la li quclaclion des gaz , une compression excessivement forte, ou un très-grand abaissement de température , il nous semble que la distinction des gaz en ceux qui sont permanens et en ceux qui ne sont pas permanens , la première usitée pour designer les gaz propreu.cut dits, la seconde pour caractériser les vapeurs doit seule di=para.l.e, el qu .1 faut entendre aujourd'hui sous le nom de gaz tous les fluides aenlormes susceptibles de résister à une forte pression ou à un abaissement de femp. rature de plusieurs degrés au-dessus de zéro En effet

observons que quoiqu'un gaz réputé autrefois permanent soit aujourd'hui suj ceplible de se liquéfier , il y a encore une différence énorme entre la fon moyenne pour opérer cette liquéfaction et celle que l'on met en usage pour faii passer une vapeur de l'état acriforme à l'état liquide ; celte différence pei très-bien établir encore une démarcation tranchée entre les deux genres d corps.

A'ous excluons de cet article tout ce qui est relatif aux vapeurs , et nous ii nous occupons que de gaz proprement dits. Les gaz sont pour la plupart il colores : il faut cependant en excepter le chlore, le protoxide et le deutoxid de chlore , qui sont jaunes verdàtres. Les uns sont inodorores , comme l'hj drogèue , l'azote , l'oxigène , le protoxide d'azote ; d'autres ont , au contraire une odeur tellement forte qu'elle devient caractéristique. JN'ous citerons poi exemple l'acide hydrosullurique , le chlore. Il en est d'insipides , comm l'oxide carboné , 1 hydrogène carboné; et de sapides , comme tous les gaz acides le chlore , l'hydrogène arséniqué, etc. Le plus léger de tous est l'hydrogène; 1 plus pesant est l'acide hydrodique. Nous croyons devoir réunir dans le lablea suivant les poids spécifiques de tous les gaz. La premièie colonne compren les poids énoncés d'après les dernières recherches de M. Thompson , la second représente les poids spéciliqiies établis dans tous les ouvrages de chimie. De deux colonnes suivantes , l'une fait connaître le poids d'un décimètre cube d gaz , établi d'après l'expérience et représenté en grammes ; l'autre exprime 1 poids de cent pouces cubes de gaz représentés en grains.

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