SOI
Bjei,
*tfll •^''1 Cûiti îiiliiia
«■Onl,
•itluei *!" tac
lié
*(liin|
GAZ
GAZ
le-chaussée, et à Tcpoque où tout le monde a été éveillé, on a allumé plusieurs Chandelles qui n'ont produit aucune explosion. Toutefois, nous émettons ici aie opinion qui n'a pour base qu'un seul fait, et qui par conséquent doit rece- [ oir l'appui de nouvelles observations pour être dtSfinilive. 1^ Reportons cependant notre attention sur les autres clémens du gaz light. U'hydrogène et l'azote sont généralement considérés comme inertes; l'acide lydrosulfurique ou l'hydrosulfate d'ammoniaque auraient-ils pu jouer un rôle important dans cette asphyxie? Une seule circonstance pourrait nous porter à e penser : c'est la coloration du foie. Ayant ouvert à la Morgue, pendant l'anlée 1829, le catlavre d'un homme qui était tombé dans une fosse d'aisance, où lavait succombé, j'ai observe la même teinte à la peau, moins foncée, il est ■rai, mais aussi foncée au foie. Le cadavre exhalait une odeur d'hydrogène sul- ;uré insupportable; ce qui me porte à penser que ce gaz prédominait dans le ^quide de la fosse. Cependant, si, à côté de ce rapprochement d'un fait isolé, jin a égard aux circonstances : 1° que l'acide hydrosulfurique ou l'hydrosulfate l'ammoniaque ont une odeur sui generis très-reconnaissable ; que lors de la luile du gaz on n'a senti que l'odeur habituellement perçue; 2° que quelques liimistes mettent en doute leur existence dans les produits de la distillation de j houille, et qu'au moins leur quantité dans le gaz light est infiniment petite, n verra qu'ils n'ont pu jouer qu'un rôle très-secondaire dans ces empoisoune- |iiens, si même ils ont agi.
Peut-on supposer que le jour de l'accident le gaz contenait plus de carbure e soufre qu'a l'ordinaire? Mais le caibure de soufre ne devient délétère que prs de sa combustion, parce qu'il se transforme alors en acide sulfureux et en Icide carbonique; or il ne s'agit pas ici des produits d'une combustion, puisu'il n'y avait que fuite ou épanchement de gaz.
Enfin les proportions d'oxide de carbone et d'hydrogène quadricarbonc sont rcs-faibles, eu égard à la quantité de gaz épanché. Peut-être l'huile empyreulatique joue-t-elle un rôle par son odeur; mais il est difficile de le spéciher.
Il nous reste maintenant à déterminer si la mort du jeune Mauté est entièreaent due à l'action du gaz liglu. L'ouverture du cadavre, tout en faisant conlaitrc des altci-ations d'organes et de fluide, a cependant appris qu'un haricot «xislait dans la bronclie du poumon droit. Ici s'élève une nouvelle question : elle de savoir si l introduction de ce corps étranger a eu lieu pendant la vie ou •près la mort? Chaussier, frappé de l'existence d'alimens dans la trachée des oyés, et de plusieurs individus qui avaient succombé à d'autres genres de mort, oulut s'assurer si le phénomène était cadavérique ou vital. En le regardant omme cadavérique, il fallait supposer que des gaz se développaient dans l'esjmac et dans les intestins, en chassaient les alimens en les faisant refluer dans œsophage, et qu'arrivé dans l'arrière - bouche ils s'introduisaient dans la
a( bée. Celte explication était tl'autant plus satisfaisante que ce phénomène observe, ainsi que nous l'avons constaté un grand nombre de fois, très-rareiCiit en hiver; qu'il est, au contraire, très-commun en été, et qu'il est beau- 3U|3 plus fréquent chez les noyés que dans toute autre espèce de cadavres; et u en été, il n'est pas un noyé ayant quelques jours de séjour dans l'eau, qui e devienne le siège d'un développement général de gaz, soit avant, soit après jvoir été retiré de la rivière. Néanmoins Chaussier voulut avoir la preuve matérielle du fait , et pour y arriver, il introduisit dans l'estomac de plusieurs cadales des mélanges fermenlescibles. L'abdomen se développa bientôt, et l'on vit arlir de l'œsophage des alimens, dont une partie s'introduisit dans la trachée, t dont l'autre s'échappa par la bouche.
Chez le jeune IMaulé, le même phénomène pouvait avoir eu lieu; et nous unies quelques instans d'incertitude. Ea effet, la température de l'atmosphère tait assez élevée; une teinte verdâlre existait déjà aux parois abdominales qui ipissenl la région iliaque droite. L'abdomen était tendu; à son ouverture, les itestins sortirent distendus par des gaz. L'estomac seul était vide; mais on ûuvait supposer que la compression exercée sur lui par les intestins avait peut- Ire bien pu produire le même phénomène, ce qui a lieu au surplus chez quelues noyés. Cependant les circonstances que je vais retracer nous firent bientôt iloigner cette supposition; et nous n'hésitons pas à regarder l'introduction du laricot comme ayant eu lieu pendant la vie, très-probablement vers deu.s .eures du matin, à l'époque où Bourotte avait observé que le jeune Wauté était iUns fonnaissunce , qu'jZ ai/ail de l'écume à Li bouche; que l'ayant placé à son eant, des vomissemens avaient eu lieu et avaient été accompagnés de mowetens convulsifs cl d'une raideur telle que, ne poux'ant plus le soutenir dans ses rasj il avait été obligé de l'abandonner pour aller chercher du secours. On uvre les fenêtres, et en ce moment le jeune Mauté avait des convulsions épou- •AiitabLs ; cependant aucune des personnes incommodées n'a offert des convulfions. On le saigne, il profère quelques mots : mais sa respiration était alors
Iès-difficilc , et elle n'a cessé de l'être jusc[u'au moment de la mort. On fait ouverture du corps; et on trouve, outre le haricot, de l'écume d'un rouge pâle ans la trachée et dan» les bronches; le poumon gauche est blafard, et ne |ontient pas de sang; le poumon droit, dans lequel se trouve le corps étranger, ||st gorgé de sang. L'estomac ne contient plus que quelques débris de haricots :aangés le soir, et un peu de liquide analogue pour la couleur à l'écume de la i'achée.
j Les phénomènes observés , et que nous venons de signaler plus spécialement fuenous ne l'avions fait, ne sont-ils pas ceux dépendans ordinairement de l'in- ^'odiiction brusque d'un corps étranger dans la trachée? L'écume n'a-t-elle pas 'h pour se former le liquide du vomissement? Si elle avait été le résultat de ^asphyxie chez un jeune homme de dix-huit ans, ne l'cùt-on pas trouvée ^3ut-à-fait sanguinolente et en moins grande quantité?-
Dans tous les faits rassemblés pour ce qui concerne le gaz à l'éclairage où domine l'hydrogène carboné, nous croyons devoir conclure que ce gaz doit être rangé parmi ceux qui sont délétères; qu'il détermine l'asphyxie lorsque, mêlé à l'air atmosphérique , il ne constitue pas même un mélange détonnant.
Que c'est à tort que Nysten et la plupart des auteurs ont placé ce gaz parmi ceux qui ne sont qu'impropres à la respiration.
Enfin , pour terminer l'article qui concerne I hydrogène carboné , nous indiquerons son mode de préparation et ses caractères essentiels. On mélange portion par poi lion deux parties d'acide sulfurique et une partie d'alchool, en versant l'acide dans l'esprit-de-vin ; on introduit le tout dans une fiole à médecine à laquelle on adapte un tube propre à recueillir le gaz; on chauffe, et lorsque la matière commence à brunir , on obtient I hydrogène deuto-carboné. La théorie de sa production se rattache ti op intimement à celle de l'éther pour que nous l'eu séparions ( voj-ez Étuer). Il est incolore , insipide, d'une odeur forte et empyreumali([uc; il s'enflamme à l'approche d'un corps eu combustion , cl il forme de l'eau et de l'acide carbonique.
Hy drogène proto et perphosphoré (gaz). Ces deux gaz s'obtiennent pendant la même opération, dans laquelle on réunit du prosphore , un alcali et de leau pour opérer la décomposition de celle-ci et mettre à nu son hydrogène ; c'est dans le commencement de ro|iération , et lorsque la quantité de phosphore est considérable, que l'hydrogène perphosphoré se produit, tandis qu'il ne se forme que de l'hydrogène prolophosplioré , lorsque la quantité tle phosphore est trop faible pour saturer la quantité d'hydrogène qui provient de la décomposition de l'eau.
Ces deux gaz sont incolores et répandent une odeur d'ail très-prononcée; l'hydrogène perphosphoré s'enflamme aussitôt qu'il a le contact de l'air, et brûle en répandant une vapeur blanche, épaisse , d'acide phosphorique ; il se produit aussi de l'eau. C'est ce gaz qui, lorsqu'il sort de l'eau sous forme de bulle, donne lieu par sa combustion à des couronnes qui conservent leur forme plus ou moins long-tcmiis, suivant l'état tranqujlle ou agité de l'air. L'hydrogène protophosjihoré se distingue du gaz en ce qu'il faut approcher de lui un corps en combustion pour l'enflammer.
Nysten, qui d'après les expériences qu'il a faites sur les animaux semble atténuer l'action délétère de tous les gaz, regarde celui-ci comme irritant; mais il ajoute qu'il peut être injecté dans le système veineux des animaux en petite quantité , sans déterminer d'accidcns primitifs graves ; or , comme toutes les préparations de phosphore sont vénéneuses, même à petites doses , et que leur action est d'autant plus énergique que le phosphore y est plus divisé, il y a tout lieu de penser cjue les deux gaz dont nous parlons doivent être rangés au nombre des préparations phosphorées les plus délétères ( voj-ez Phosphore ).
//rcf/'oii/Z/îi/v'çKe (hydrogène sulfuré) . Ce gaz est un des plus délétères. 'Voici quels sont ses caractères chimiques distinclifs : incolore; d'une odeur sui generis infecte, que l'on compare à celle des œufs pouris; ce qui peut se traduire eu disant que l'acide hydrosulfurique répand l'odeur d'acide hydi osulfurique, puisque-c'est l'un des gaz qui se forment pendant la décomposition des œufs; il'une saveur désagréable; rougissant facilement la teinture de tournesol; i! s'enflamme à l'approche d'un corps en combustion pour former de l'eau et de l'acide sulfureux et en laissant sur les parois des verres où se font l'expérience une couche de soufre plus ou moinsjaune.Le chlore que l'on fait arriver dans une cloche d'acide hydrosulfurique produit le même dépôt de soufre, en sorte qu'il est impossible de méconnaître ce gaz hl'aide de ces caractères; l'odeur seule est tellement reconnaissable qu'elle sert à le spécifier dans la plupart des cas. On l'obtient par un grand nombre de procédés. Le plus simple consiste à mettre dans de l'eau du sulfure de fer grillé et pulvérisé , et à verser dans ce mélange de l'acide sulfurique qui y détermine aussitôt le dégagement du gaz. On obtient toujours une certaine quantité d'hydrogène pendant cette opération. On peut encore prendre du sulfure d'antimoine et le traiter par l'acide hydrochlorique affaibli et chauffé; mais il se volatilise toujours une portion de l'acide employé. C'est en faisant traverser de l'eau par ce gaz que l'on obtient la dissolution d'acide hydrosulfurique qui est journellement employée comme réadtif. Celte dissolution n'est presque jamais pure, elle est le plus souvent altérée par l'acide qui a servi au dégagement du gaz hydrogène sulfuré : mais il suflit de placer dans le tube de 1 appareil un petit papier roulé sur lui-même pour éviter cet 1 inconvénient.
Outre cette dissolution , il existe de l'acide hydrosulfurique liquide que l'on obtient par les deux procédés de condensation que nous avons décrits dans les notions générales que nous avons données sur les gaz.
L'acide hydrosulfurique exerce sur l'homme et sur les animaux l'action la plus énergique; ce qui résulte des expériences de MM. Dupuytren, Thénard et de Chaussier. Les premiers ont mesuré son action , et sont arrivés à conclure qu'un air contenant un deux-millième de ce gaz tue sur-le-champ les oiseau.v que l'on y plonge. Les chiens succombent dans une atmosphère renfermant de un deux-centième à un trois-centième de gaz hydrosulfurique , et que les chevaux peuvent en supporter une proportion plus forte. En règle générale , les animaux vivent d'autant plus long-temps dans un air vic'é par l'acide hydrosulfurique , qu'ils sont plus gros ; mais aucun ne résiste à l'action du gaz pur qui les tue tous avec la même rapidité. Aussi l'asphyxie des fosses d'aisances, généralement connue sous le nom A'asphjxie parle plomb , doit-elle sa source à cette substance énergique ; or on sait que certains vidangeurs tombent frappés comme par la foudre à l'ouverture de certaines fosses; ce n'est pas en effet la seule cause d'asphyxie par les gaz des fosses d'aisances {voyez avlicle Méphitismb).
GAZ
GAZ
Les symptômes auxquels ce gaz donne lieu quand il est respiré mélangé d'air, consistent dans un ralentissement gradué de la respiration qui reste pendant long-temps laborieuse, une diminution et un affaiblissement des contractions du cœur, et des battemens du pouls ; un affaiblissement de la contracfilité de tout le système musculaire, avec un état de stupeur des fonctions de l'innervation ; aussi la convalescence de ces asphyxies est-elle fort longue. Il agit sur le sang , le rend beaucoup plus noir et moins coagulable.
Du reste, sans les faits nombreux d'accidens et de mort survenus sous l'influence de l'acide hydrosulfurique , et les expériences de MM. Dupuytren, Tliénard et Chaussier, on serait encore porté , d'après son injection dans les veines , à le regarder comme moins délét'ere. Son action se prononce toutefois , (juel qne soit le mode d'expérimentation que l'on suive : car il est même absorbé par la peau des animaux, et donne lieu aux mêmes effets lorsqu'on le fait agir de cette manière.
Tout récemment, M. Thénard a lu h l'Institut une note sur l'usage que l'on pourrait en faire dans les bàlimens, les granges , les écuries et tous les lieux infectés par les rats et les souris. Quelques expériences tentées par lui, dans le but de détruire ces animaux, lui ont démontre qu'il suflisait de rechercher les ouvertures des repaires de ces animaux et d'y inlroduire le col d'une cornue où l'on met le mélange propre à dégager l'acide hydrosulfurique en ayant soin de luter le point de jonction. Ce moyen paraît infaillible. Les rats et les souris périssent asphyxiés , et il suffit de reboucher ensuite les fissures pour purger les bâtimens de ces animaux destructeurs.
Il existe un antidote puissant de l'acide hydrosulfurique : c'est le chlore. Déjà l'on a vu qu'il le décomposait à froid et en précipitant du soufre. Cette action , qui se passe dans un vase à expériences , se produit avec la même rapidité dans les organes de la respiration , soit que l'hydrogène sulfuré soit pur, soit qu'il se trouve mêlé à de l'air. Mais il ne faut jamais employer le chlore qu'avec ménagement, par les motifs que nous avons fait connaître quand nous en avons traité, f^ojcz au surplus , pour ce qui est relatif à son mode d'administration dans le cas d'asphyxie par les fosses d'aisances, le mot Mé-
PHITISME.
Acide nilreiix' Ce gaz est produit lorsque l'on décompose le nitrate de plomb par le feu, et dans tous les cas où l'on décompose l'acide nitrique par un agent quelconque. Aussi peut-il devenir la source d'empoisonnemens par accident, dans les fabriques d'acide nitrique; et l'on en a des exemples. Il est extrêmement facile de le reconnaître , puisqu'il se présente sous la forme de vapeurs irritantes , répandant une odeur nauséabonde extrêmement forte. Il tache en outre la peau en jaune quand il est concentré sur un point quelconq\ie du corps. Il se liquéfie faciiement par un faible abaissement de température, et constitue alors l'acide nitreux anliydré, si toutefois il a été obtenu parle procédé que nous avons indiqué.
C'est l'un des gaz irritans qui agissent sur l'économie avec le plus d'intensité; il provoque une toux légère suivie d'un sentiment de brûlure dans les voies aériennes et d une anxiété générale exti êmement vive; bientôt une soif intense se déclare, une grande agitation , des mouvemens convulsifs et la mort. Du reste , ces phénomènes sont très-variable pour leur intensité , suivant les proportions dans lesquelles le gaz entre dans l'atmosphère que l'on respire.
L'ammoniaque est le seul contre-poison à employer.
Oxyde de carbone. Insipide , incolore , inodore , s'enflammant à l'approche d'un corps en combustion, et se transformant en acide carbonique dont on peut constater la pi ésence en versant de l'eau de chaux dans l éprouvelle où la combustion s'est opéré.^ ; tels sont' les caractères essentiels de l'oxyde de carbone : ce dernier ne devient toutefois probant qu'autant que l'expérience a été failc dans un eudiometre , attendu que 1 hydrogène carboné et sa variété fournissent le même produit dans les mêmes circonstances; mais ils en diffèrent en ce qu'ils donnent en outre de l'eau. On se procure ce gaz par beaucoup de procédés qui tous le donnent plus ou moins impur. Le plus certain sonsiste à mêler six parties d'acide sulfurique avec une partie d oxalate acide de potasse et à porter le tout à l'ébullilion. On obtient alors un gaz qui est composé de parties égales d'oxyde de carbone et d'acide carbonique; mais on absorbe ce dernier ;i l'aide d'une dissolution de potasse. Lorsque l'on veut se borner à faire des expériences de laboratoire , un procédé fort peu dispendieux consiste à mêler la craie avec un excès de charbon bien pulvérisé , et à chauffer le mélange dans une cornue de grès que l'on porte rapidement au rouge.
Nyslen a encore placé ce gaz au nombre de ceux qui n'agissent sur l'économie que par leur non-inspirabilité y c'est-à-dire ceux qui n'agissent pas : cependant, si nous extrayons ici ce qu'il dit lui-même de son action sur l'homme et sur les animaux , nous verrons qu'il est loin d'être inerte. « Le gaz oxyde de carbone asphyxie les animaux qui le respirent. Les douleurs de tête, l'espèce de stupeur et d ivresse qu'occasione la respiration de la vapeur du charbon, qui est en grande partie formée d'oxyde de carbone , indique une action de ce gaz sur le .système nerveux ; mais cette action n'est pas assez forte pour contribuer à la cessation de la vie dans les asphyxies par ce gaz, comme le prouve la facilité avec laquelle on rappelle ii la vie les animaux qu'il a asphyxiés. « Et plus loin -> : Ce gaz qui se dissout facilement dans le sang , injecté en certaine quaullte dans le .systl-me veineux, produit, par une action mécanique , beaucoup plus de trouble dans la circulation et la respiration que l'acide carbonique. Les cris douloureux cl l\,giiaUon comme coni'uh.i^e qui suivent ces injections , tn ont paru en disproportion avec l'action purement mécanique de ce gaz : l'abattement général , le chauccllomcnt dans la marche , le tremblement qui ont ensuite ele observés, m'on fait penser qùc le gaz injecté agissait aussi sur le
système nerveux.» Enfin dans le paragraphe suivant : » Le gaz oxyde de car bone injecté dans les veines , influe aussi sur la coloration du sang artériel | qu'il rend beaucoup plus brun que le gaz acide carbonique et que le gaz hydroM gène carboné ; ce qui dépend de ce qu'il contient probablement plus de carH bone que ces deux gaz. «
N'est-il pas évident qu'il est impossible de considérer comme inerte un qui développe de tels sym[)tômes et qui produit une telle altération du sang i
Oxygène. Le lecteur sera peut-être bien surpris de trouver l'oxygène aii nombre des gaz délétères , quand c'est le seul fluide élastique qui puisse entrél tenir la vie; nous étions nous-mêmes portés à l'isoler de tous les autres, ainsi que l'ont fait tous les auteurs qui ont écrit sur ce sujet : mais de même que non avons tracé l'histoire de chacun des gaz su/;/;o5e/Ju/' et non pas mêlé dans di certaines proportions avec les autres; de même que nous avons établi- leiir| qualités délétères , leur action sur l'homme et sur les animaux, dans la supi position où ils agissent isolément ; de même nous devons considérer l'oxygèàa comme un gaz délétère , si un animal plongé dans sa seule atmosphère périf avec rapidité et par l'effet de son action énergique. C'est la considération qufl nous a guidé dans cette classification.
Ce gaz, que l'on obtient pur en décomposant le chlorate de potasse par M feu , ou le peroxyde de manganèse privé de carbonates de fer et de chaux qii'ii contient habituellement, est incolore , inodore ; il accélère la combustion d« tous les corps qui présentent un point en ignition, allume ceux qui sont susfj ceptibles de s'enflammer. Cette propriété le distingue de tous les autres corpi du même genre, à l'exception du protoxide d'azote; mais si on enflamme danil un eudiomèire un volume d'oxigène avec deux volumes d'hydrogène , oïl obtient de l'eau sans résidu d'aucune partie des gaz employés , tandis qu'eijl répétant la même expérience avec le protoxide d'azote , il y a formation d'eau;) mais résidu de gaz.
L'oxigène exerce sur l'économie une action excitante extrêmement vive voici ce qu'apprennent à ce sujet les expérrences tentées sur les animaux. Ll comte Morozzo , ayant placé sous une cloche remplie de ce gaz plusieu moineaux, les vit périr en peu d'instans ; le premier plus vite que les autreset tous en offrant une accélération très-grande d^Ja respiration. Si on l'injec' en quantité modérée dans le système veineux des animaux , il se borne à accé lérer la respiration et la circulation , et h provoquer une toux plus ou mohi vive. Les mêmes phénomènes se manifestent quand on le fait respirer l'homme ; il se développe en outre un sentiment de chaleur à la poitrine , qiise propage dans les membres. Le pouls devient beaucoup plus fréquent, le yeux rouges , saillans ; la force est accrue ; une transpiration abondante se ma nifesle , avec une augmention dans les forces générales et une exaltation de facultés intellectuelles; enfin Fourcroy a pensé que la gangrène inflammatoir des poumons serait le résultat de la prolongation de la respiration'^de ce gaz.
Il peut donc être regardé comme délétère , puisqu'il porte une excitatio si vive dans l'économie. Hâtons-nous de dire que celte excitation devien nécessaire à l'homme et aux animaux, quand l'oxigène est mêlé à lazot dans le rapport de quatre cinquièmes de ce dernier pour un cinquième d l'autre.
Sa propriété stimulante a dû fixer l'attention des médecins sur les avantage, que l'on pourrait en retirer dans les maladies. Aussi l'a-t-on employé dani l'aslhme humide , la chlorose , le scorbut , la phthisie , et quelques autres a( fections. On crut d'abord avoir obtenu de bons effets de son emploi dans cett dernière affection, car les malades présentaient une amélioration notable; mai bientôt la continuité de l'inspiration de ce gaz amena de la fièvre, qui donni à la maladie une activité qu'elle n'avait pas, et qui jconduisit les malades a( tombeau dans une période de temps beaucoup plus courte que s ils avaient él abandonnés à eux-mêmes.
Pendant l'épiilémie du choléra-morbus qui vient de régner, on a aussi essay' l'oxigène comme propre à opérer une réaction : ce moyen , comme la plupar de ceux que l'on a mis en usage , a eu dans les mains de certains médecins d' bons résultats, et dans celles des autres , il a été regardé comme de nulle va leur. Toutefois , il n'a jamais produit assez de succès pour qu'il ait été em ployé par un grand nombre de médecins.
Sulfureux (gaz acide) . C'est en traitant le mercure , le charbon , le soufre le cuivre et d'autres corps simples par l'acide sulfurique et en chaufl'ant le m" lange que l'on obtient l'acide sulfureux. Il est incolore , d'une odeur forte e piquante , d'une saveur très-acide ; son odeur , analogue à celle du soufre brùle, est tellement reconnaissable qu'elle en constitue le caractère essentie' Il estsoluble dans l'eau, et sa dissolution constitue ce que l'on nomme comraui, nément l'acide suHureux liquide. Mais comme on peut actuellement liquéfiel ce gaz , on obtient alors une autre liqueur extrêmement volatile , et qui ser' même à la condensation de plusieurs gaz par l'abaissement de températiir qu'il produit en s'évaporant. M. Bussy s'en sert avec de grands avantages dan ces sortes de cas.
Aucune expérience n'ayant été faite sur les animaux pour mesurer son actiô' délétère, on pourrait être porté à croire que la toxicologie ne peut pas four nir de données positives à son sujet. Riais comme cet acide , même mêlé à l'air provoque, aussitôt son inspiration, la toux la plus vive et même la suffocation' il n'est pas douteux qu'il ne doive être rangé parmi les gaz irritans les plu énergiques. Il ne porte ])as seulement son influence sur les membranes mu j qiieuses , il agit encore sur les plaies et les excite au plus haut degré. Il sliraul très-fortement la peau; aussi la thérapeutique a-t-ellc profité de cet agent et se 1 est-elle approprié dans le traitement de presque toutes les affections eu
GAZ
( tl09 )
GELATINE.
inées , et principalement de celles qui sont chroniques : la gale , les dartres , es pustules syphilitiques et toutes les alTections du même genre qui ont résisté \ l'emploi des moyens ordinaires , guérissent souvent sous 1 influence de l'acide ulfureux. On va plus loin , et on le conseille dans toutes les affections anienncs des organes , où I on croit utile d'appeler sur la peau une dérivation.
Ses usages ne sont pas bornés là : il est employé avec avantage pour le blan- :himent de la soie et la décoloration de plusieurs tissus. Son action sur les (natieres animales l'a fait conseiller comme un agent propre à purifier l'air , et lorsqu'il s'agit de désinfecter de vastes bâtimens , nous devons ajouter qu il Produit constamment de bons résultats. L'acide sulfureux rend souvent de frands services pour l'extinction du feu des cheminées. Il suffit , quand le feu |j)rend au tuyau d'une cheminée , de souffler fortement le l'eu qui est dans l'àtre |;t d'y répandre de la fleur de soufre. 11 se produit aussitôt une quantité l^norme d'acide sulfureux , qui remplit le tuyau de la cheminée et qui arrête la fOmbustion de la suie , à cause de l absence d'oxigène qu'il détermine. I Si l'on était appelé à apporter des secours à un individu asphyxié par l'acide ulfureux , on pourrait lui faire respirer de l'ammoniaque , mais avec la plus jrande réserve.
t En résume, dans l'énuméralion des nombreux gaz déléières dont nous venons ne parler, on aura pu remariper qu'il en est bien peu qui , dans 1 état habituel fie la vie , donnent lieu à des asphyxies. C'est qu'en ellel la plupart de ces gaz ke se préparent que dans les laboratoires , et qu'ils y sont recueillis sous des floches, de manière à laisser l'atmosphère assez pure pour ne pas causer l'accidens. On peut réduire à cinq les gaz contre l'action délétère desquels e médecin est le plus communément appelé à donner des soins : l'acide hydrofulfurique, l'acide carbonique , l'oxide de carbone , l'hydrogène carboné et l'azote, dont il sera parlé à l'article Méphitisme. A part l'acide liydrosulfuri- ,jue , il n'y a pas d'antidote connu pour anéantir les effets de ces gaz; en sorte j|ue nouscroyonsdevoir renvoyer lelecleuraux moyens généraux quenousavons jConseillés à l'article Asphyxie. ( Voy ez ce mot. )
On aura pu remarquer que , dans le cours decetarticle sur les gaz délétères, lous avons cherché à prouver que l'on ne devait pas ajouter trop de confiance uix expériences qui avaient été faites sur les animaux pour connaître les effets lelétères des gaz, et surtout à celles dans lesquelles on les a injectés dans le ■yslème veineux. iXon pas que nous regardions les expériences sur les animaux somme inutiles dans ces sortes de cas, mais parce que les effets sur l'homme ont toujours été beaucoup plus funestes. Il n'y a pas ici exagération, nous avons cru ievoir chercher à diminuer l'influence immense que les travaux d'un homme justement recommandable avaient pu exercer sur l'esprit des médecins , et nous n'en rendons pas moins hommage à ses talens.
Gaz kon délétères. Lorsque nous avons traité de l'asphyxie, nous avons renvoyé à l'article Gaz tout ce qui était relatif à l'air non renouvelé , à l'hydrogène, ^ l'azote et au protoxide d'azote. Nous n'entrerons que dans peu de détails au sujet de deux de ces gaz, parce qu'ils ne présentent aucune application soit hygiénique, soit thérapeutique.
L'air non renouvelé ne doit s'entendre cjue de l'air d'un lieu habité par un certain nombre d'individus, et où , par conséquent, il se fait une absorption jd'oxigène que remplace une exhalation d'acide carbonique dans les mêmes 'proportions. Dès lors il doit nécessairement arriver un moment où la quantité d'oxigène est insuffisante pour entretenir la vie , et où des phénomènes d'asiphyxie doivent se montrer. Ce moment n'est pas celui ou l'oxigène n'existe plus dans cet air : car quelles que soient les circonstances dans lesquelles on place un animal, il périt toujours au moment où il reste une proportion pius ou moins grande de ce gaz. Mais il s'élève ici la question de savoir si la trop faible proportion d'oxigène est la seule cause de l'asphyxie , ou si l'acide carbonique exhalé par les animaux ne concourt pas à sa production. Celte dernière opinion , qui n'a pas encore été admise , probablement parce que , jusique dans ces derniers temps , on n'attachait pas à ce gaz l'idée du rôle qu'il jjoue réellement ; cette dernière opinion nous parait tout-à-fait admissible , quand on a égard aux analyses qui ont été faites par M. Barruel sur l'air altéré par la combustion du charbon , et à celles dont nous avons parlé quand nous avons traité de l'acide carbonique, et qui sont dues h M. Collard de Martigny. Hiklons-nous cependant d'ajouter que l'analyse de l'air pris dans ces circonstances ne donne plus que un Irois centième d'oxigène. Ainsi donc nous admettrons que, dans toute asphyxie par l'air non renouvelé, il y a deux causes de production des phénomènes : \° le défaut d'oxigène; 2" la présence de l'acide carbonique.
Rien n'est plus propre à retracer le mode d'action de cet air vicié que la narration d'un des exemples les plus remarquables en ce genre, qui a été inséré par M. Percy dans le Journal de médecine (tom. 20, pag. 382) , et qu'il avait extrait de l'histoire des guerres des Anglais dans l'Indostan. Cent quarante-six personnes furent renfermées dans une chambre de vingt pieds j[carrés,qui n'avait d'autre ouverture que deux petites fenêtres donnant sur !|une galerie. Les premiers effets éprouvés par ces malheureux furent une sueur ï abondante et continuelle , une soif insupportable. A cette soif succédèrent de 1 grandes douleurs de poitrine et une difficulté de respirer approchant de la sufifocation. Ils essayèrent plusieurs moyens pour être moins à l'étroit et se procurer de l'air ; ils ôlèrcnt leurs habits , agitèrent l'air avec leur chapeau; et . prirent, enfin, le parti de se mettre à genoux tous ensemble et de se relever si- I multanément au bout de quelques instans. Ils eurent recours trois fois dans une heure à cet expédient, et chaque fois plusieurs d'entre eux, manquant de force, tombèrent et furent foulés aux pieds par leurs compagnons. Ils de- Dicr. DE MÉDECI^E et de Chirurgie pratiques.
mandèrent de l'e.iu : on leur en donna; mais, se disputant pour s'en procurer, les plus faibles furent renversés et succombèrent bientôt après. Ils étaient tous dévorés d'une fièvre qui redoublait à chaque instant. Pendant la cinquième heure de leur réclusion , tous ceux qui restaient encore en vie et qui n'avaient pas respiré aux fenêtres un air moins infect, étaient tombés dans une stupidité léthargique ou dans un affreux délire. On se battit deux fois pour approcher des fenêtres, et enfin après huit heures environ de détention on ouvrit les portes de la prison , et il n'en sortit vivant que vingt-trois hommes dans l'état le plus déplorable , et portant sur leur visage l'empreinte de la mort à laquelle ils venaient d échapper.
Les animaux qui périssent par des expériences faites dans des conditions analogues , présentent des altérations d'organes que l'on rencontre ordinairement dans les asphyxies {noyez ce mol). Quant aux secours à donner dans ces sortes de cas, ils se trouvent aussi exposés dans le même article. Que si l'on était appelé à déterminer dans quels rapports se trouvent l'oxigène, l'azote et l'acide carbonique dans ces sortes de cas , il faudrait suivre les procédés ordinaires de l'analyse de l'air. (Voyez ce mot.)
Hjdroi^ène et azote. L'hydrogène et l'azote sont deux gaz non respirables, mais non délétères. 11 résulte des expériences faites par Hallé et Nysten que l 'on peut injecter impunément des quantités considérables de ce gaz dans le système veineux; que les animaux qui ne respirent que l'un ou l'autre de ces gaz succouibent , mais en s'affaiblissant graduellement et sans présenter aucun phénomène qui puisse indiquer une action délétère ; ils meurent parce qu'ils ne respirent pas d'oxigène. Ils ne sont d'aucun usage en médecine.
Protoxide d^azole. Le protoxide d'azote a fixé pendant un certain temps l'attention des médecins, à cause des phénomènes singuliers auxquels il donne lieu quand on le respire , sans toutefois exercer une influence que l'on puisse qualifier de délétère. On prépare ce gaz en décomposant par le feu et à une douce chaleur le nitrate d'ammoniaque; on recueille tous les produits, et on obtient le gaz pur. Il est incolore , inodore pour la plupart des personnes : cependant il faut qu'il produise une sensation sur quelques-unes , puisqu'elles éprouvent un plaisir indicible à le respirer. 11 accélère la combustion des corps , comme l'oxigène , et rallume ceux qui présentent un point en ignition ; mais ces phénomènes ont lieu avec moins d'intensité. Ce qui le dislingue d'avec ce gaz, c'est que, mêlé à deux fois son volume d'hydrogène , il donne de l'eau et un résidu gazeux , phénomène qui n'a pas lieu avec l'oxigène.
Davy a le premier respiré ce gaz; il en a éprouvé un sentiment d'accroissement de force très-marqué, et ce phénomène paraît être assez constamment suivi ; mais des expériences ayant été faites en grand par des sociétés d'amateurs, la plupart furent portés aune gaité extraordinaire et éprouvèrent un rire inextinguible. C'est de là qu'il lire son nom de gaz hilariant. Mais quelques autres personnes tombèrent dans un état d'abattement, de faiblesse et de stupeur très-marqué ; d'où il suit que, si cet effet est commun, il n'est pas constant. Je connais une personne qui , lorsqu'elle a respiré du gaz protoxide d'azote , s'empare de tout ce qu'elle trouve sous sa main , et a un plaisir extrême à le briser. Dans tous les cas, ces effets ne sont que passagers , et la respiration du gaz n'amène pas de trouble notable dans la santé.
On paraît avoir obtenu des effets avantageux de la respiration du gaz protoxide d'azote dans l'épidémie du choléra qui vient de sévir; c'est surtout à Orléans que ses essais ont été faits, toujours dans le but d'amener la réaction.
H.-B. Gaspard. Gazéification vitale. Paris, 1812, ia4<'.
A. Gérardin. Reclierches pliysiques sur les gaz intestinaux. Paris , 1814, in-4».
P.-H. Nys/en. Reclierches de pliysiologie et de cliimie pathologique. Paris, 1811 , in-S».
Coutanceav. Expériences relatives à la respiration. [Révision des Doctrines chimico-phjsiologiques. Paris, 1821 , in-S".)
TV. -F. Edwards. De l'inQuence des agens physiques sur la vie. Paris , 1824 , ia-S".
Baumes. Lettres sur les causes et les effets de la présence des gaz ou des vents dans les voies castriques. Lyon , 1832 , in-8'^.
(Alph. Devergie.)
GÉLATINE, Ge/ati'/ia. La gélatine est une substance extrêmement répandue dans la nature , et d'un immense emploi dans les arts. Nous ne devons la considérer ici que relativement à la médecine, c'est-à-dire sous le rapport de ses propriétés nutritives et de son action médicamenteuse. Wous avons dit que la gélatine était répandue dans la nature , et non pas seulement dans le règne animal, parce qu'on trouve dans les végétaux une substance fort analogue, appelée par quelques- uns du même nom, par d'autres ge/ee végétale; et à laquelle M. Braconnot , dans ces derniers temps , a donné le nom d'acide pectique. Mais celte substance n'est guère employée, si ce n'est réunie aux acides végétaux , au sucre, à la fécule, ou à la gomme, avec lesquelles elle se trouve ordinairement réunie dans les fruits et dans diverses parties des végétaux. Néanmoins elle mériterait d'être étudiée dans diverses applications : car elle offre avec la gélatine proprement dite des analogies dont l'examen amènerait sans doute des résultats intéressaiis. Les gelées fournies par les groseilles , par les pommes, par diverses espèces de lichens et de fucus sont d'une grande importance, comme substantes alimentaires, et ne sont peut-être qu'une modification préliminaire de la substance gélatineuse fournie par les substances animales. Regrettons que la découverte de l'acide pectique n'ait été encore jusqu'à présent qu'un objet de simple curiosité.
Il n'en a pas été de même de la gélatine proprement dite, et aucune substance peut-être n'a été l'objet de travaux plus étendus et plus sava^ns; et pour
GELATINE.
GELATINÉ.
laiit , par une «le ces bizarreries si communes dans l'histoire des sciences, il sembla que ces propriétés , qu'on pouvait croire bien connues , soient de nouveau mises en question. Jusqu'à présent au moins , la discussion n'est ouverle que sur ses applications, et l'on est resté d'accord sur ce qui est relatif à son cxfraclion et ses préparations , sur lesquelles les laborieuses recherches de M. Darcet ont répandu tant de lumières.
La gélatine se trouve en quantité considérable dans la peau , les membranes , tant muqueuses que séreuses , le tissu fibreux, les cartilages et les os : le système niuscul.iire en contient moins , si ce n'est lorsque l'animal est très-jeune. Les poissons en sont presque exclusivement composés. On l'extrait de ces divers tissus par dilTérens moyens qu'il n"est pas de notre objet d'exposer ici; mais elle reste mêlée de diverses substances étrangères, dont il faut la séparer pour l avoir parfaitement pure.
Dans cet état, elle se présente sous la forme d'une substance s'eche , cassante et diaphane, sans couleur, sans odeur, offrant une saveur fade et un peu visqueuse, et ne se montrant d'ailleurs ni acide ni alcaline. Mise en contact avec l'eau froide, elle se ramollit et se gonfle. Dans l'eau chaude, elle se dissout avec une grande facilité, surtout lorsqu'elle a subi cette macération préliminaire. La solution aqueuse, par le refoidissement , se prend en une masse tremblante et plus ou moins limpide, qui se divise avec facilité, et présente peu de cohi'sion. Une partie de gélatine suffît pour solidifier cinquante parties d'eau. D'ailleurs la solution gélatineuse est précipitée par l'éther et par l'alcool, qui ne dissolvent pas la gélatine; elle lest plus sûrement encore par le tannin , qui foi me avec elle un composé imputrescible, connu sous le nom de cuir. Lorsqu'on la traite par l'acide sulfurique et la chaleur , elle se convertit en sucre cristallisable. La fermentation acide s'en empare souvent lorsqu'elle est abandonnée à l'air libre après avoir été dissoute dans l'eau ; et bientôt après elle se putréfie en exhalant une odeur insupportable.
On n'a point de travaux particulières sur les différentes espèces de gélatines , qui sont assez nombreuses , et qu'autrefois surtout on considérait en quelque sorte comme des substances distinctes. Telles sont l'ichtyocolle ou colle de poisson , à laquelle on a long-temps accordé la préférence, et qu'on obtient de la vessie natatoire de plusieurs espèces de poissons ; les tablettes d'Hockiack ou de ))eau d'âne ; la gelée de corne de cerf; la colle de Flandre, préparée avec divers débris d'animaux ; enfin la gélatine qu'on extrait des os après les avoir dépouillés de leur partie calcaire par l'acide hydrochlorique, ou seulement en les soumettant "a l'action de la vapeur. Il ne parait pas que la diversité d'origine leur imprime de différence notable dans leurs propriétés essentielles, lorsqu'elles sont bien purifiées.
De tout temps on a reconnu la propriété nutritive de la gélatine combinée avec d'autres substances alimentaires ; et tous les observateurs ont constaté que les alimens gélatineux étaient d une facile digestion , et nourrissans, bien qu'.H un degré moir/di e que les matières plus animalisées. Ils ont également remarqué que ces alimens exerçaient sur l'éconnomie une action d'autant plus jclâchante et débilitante qu'ils étaient employés sans mélange, sans addition d'assaisonncniens , et cuits dans l'eau ou dans des liquides aqueux. Dans celte dernière condition, la gélatine, pour peu qu'on en continue l'usage pendant un certain temjjs, tiaverse rapidement le canal digestif, sans éprouver de sa part aucinie altération Le sujet n'est pas nourri ; un état de susceptibilité extrême de l'estomac et des intestins se manifeste par des vomissemens et de la diarrhée ; phénomènes qui se dissipent sous l'influence d'une alimentation plus substantielle. 11 est un grand nombre de personnes qui ne peuvent pas manger de veau sans être purgées ; et le bouillon qu'on prépare avec la chair de cet animal est d'un usage trop général en médecine pour qu'il soit besoin d'en rappeler les effets. (Voyez Aliment et Régime. )
Mais la gélatine seule est-elle nutritive? Telle est la question soulevée depuis long-temps, et sur laquelle les opinions opposées sont soutenues par des hommes également honorables et éclairés. M. D'Arcet aussure avoir nourri un chien pendant plus de six semaines avec de la gélatine pure. L'aniuial , qui jouissait de la meilleure santé , s'échappa sans qu'on put savoir ce qu'il devint. Ce f.iit , bien insuflisant , il faut l'avouer, est néanmoins le seul sur lequel M. D'Arcet appuie la propriété nutrive de la gélatine donnée comme unique aliment. De son côte , M. Donné affirme que des chiens qu'il a nourris de gélatine pure, après les avoir préalablement pesés, ont d'abord maigri, bien qu'il leur administrât à dose très-considérable la substance eu question , et ont tini , au bout de peu de jours , par n'en vouloir plus manger , et se laisser en quelque sorte mourir de faim à côté. Une expérience analogue a eu lieu, dit-on, sur des chevaux. Mais ces faits ont moins de valeur que ceux qui ont été observés chez l'homme. M. Donné , lui-même, après s'être préablement pesé, se soumit à l'usage de la gélatine, par laquelle il remplaçait son déjeuner liabilucl , conservant pour le repas du soir ses habitudes ordinaires : il prenait (le la gélatine à dose trcs-considérable , ayant soin d'en varier l'assaisoiniement j.our éviter le dégoût. Malgré cela , au bout de huit jours il avait perdu deux livres de son poids; qu'il recouvra promptemcnt des qu'il reprit son légimc accoutumé. D'ailleurs, dans la première période, il n'éprouvait pas, après le repas du malin , le sentiment de plénitude et de satiété convenables qui accompagne la digestion d'aliniens substantiels. Diverses autres expériences ont <lonnc des résultats analogues, et sembleraient prouver que la gélatine pure , employée comme unique aliment , n'est pas de nature à nourrir suffisamment et d'une maniore durable. De même que la gomme, que le sucre , que la fécule , la gélatine peut empêcher de mourir de faim , pendant un certain temps, mais non pas entretenir la santé et favoriser le développement. D'ailleurs cette
insuffisance j)araît n'être pas exclusive aux substances qui viennent d'être cU; tées. Il faut, pour que la nutrition s'opère régulièrement, que la substance nutritive soit extraite des substances qui la renferment par l'action successive des diverses parties de l'appareil digestif: lorsqu'elle est présentée séparée des matières inertes auxquelles elle est unie , et sous un petit volume , elle ne produit pas de résultats aussi avantageux.
D'ailleurs ces faits et ces réflexions, qui pourraient au premier abord être défavorables à la gélatine, ne s'appliquent qu'à son usage exclusif. Lorsqu'elle est mélangée avec des substances végétales , elle les animalise et les rend plus; nutritives. Des expériences faites en grand à ce sujet ont donné les résultats les| plus satisfaisans. Mais pour les obtenir, il faut les plus grandes précautions! dans la conduite des appareils destinés à la préparation de la gélatine; sansi quoi, l'on n'a que des produits imparfaits et même défectueux. C'est proba-j blement à des circonstances de ce genre qu'on doit la différence et même lal 3 manière opposée dont a été apprécié l'emploi de la gélatine dans les grandsi " établissemens. Ainsi , tandis qu'à la Monnaie des médailles les ouvriers ont été' -ii nourris pendant un certain temps de la manière la plus satisfaisante et la plusl * économique, avec des légumes préparés à la gélatine; tandis qu'à R,eims lesj lit indigens ont été nourris au moyen d'un appareil dirigé par les soins de M. Cora-j mesny : les médecins de l'Hôtel-Dieu de Paris, dans un rapport inédit à radun.| nistration des hôpitaux, se sont prononcés contre l'usage de cette substancel -^lil. alimentaire. Il paraît, d'après quelques renseignemens que j'ai pu me procurer| ijll avec peine de divers côtés, que le bouillon préparé à la gélatine est louche. i W fade et nauséeux, souvent d'une odeur désagréable et se recouvrant d'une '"'1' pellicule visqueuse ; qu'il tourne fréquemment à l'aigre ; que les malades Ie «* prennent avec dégoût, et que plusieurs fois il a produit des vomissemensj et de la diarrhée.
Autant que j'en ai pu juger d'après les éclaircissemens que j'ai tâché d'ob-! tenir , la fabrication est la véritable cause de ces dissidences , et telle est là difficulté qui l'environne f|u'un simple coup de feu de plus ou de moins suffit pour donner tantôt du charbon, tantôt de l'eau chaude. Quelques personnes mêmes pensent que les chances de perte, jointes aux frais de manutention.! de premier établissement et d'entretien des appareils, absorbent l'économit qu'on avait espéré introduire dans divers services publics par l'adoption de la gélatine.
Tous ces reproches cependant, qui sont récens et qui ont succédé à un en-.i thousiasme , peut-être irréfléchi , en faveur de cette substance , ne s'adressent! qu'à sa fabrication et à son emploi mal dirigés, et ils ne doivent en aucune manière faire renoncer à une source immense de substance alimentaire. 11 esl à remarquer que l'on a eu des produits répondant parfaitement à l'attente qu'on avait conçue, toutes les fois que les appareils d'extraction à la vapeur ou par les acides ont pu être dirigés par des personnes ayant le désir sincère de! réussir et la capacité nécessaire pour cela. C'est ce qui est toujours arrivé dans les premiers temps: puis , lorsque la direction a passé entre les mains de genii salariés, souvent inexacts ou négligens , les consommateurs ont trouvé les! alimens mauvais, et ils s'en sont dégoûtés. Corruptio oplimi pessima.
Voilà tout ce que j'ai pu recueillir sur cette question qui est pendante devan l'Académie des sciences, et dont s'occupe l'administration des hospices. Il esll à souhaiter qu'elle soit examinée avec tout le soin dont elle est digue; et il es probable qu'elle sera résolue en faveur de la gélatine , non pas pure, mais associée à d'autres substances alimentaires , et préparées avec toute la per l'ection qu'on peut attendre des progrès de la technologie. La question d'écono. mie ne doit pas nous occuper.
Nous devons rappeler ici que l'usage alimentaire de la gélatine consiste à eR préparer des bouillons dans lesquels on fait entrer seulement le quart de la' quantité ordinaire de viande de boucherie, remplaçant les trois autres quarts chacun par une huitième en poids de gélatine sèche. Ainsi 50 livres d'eau , I livres de viande de boucherie , 4 livres 1/2 de gélatine sèche, 4 livres de sel, 161 à 20 livres de légumes et assaisonnemens , donnent 192 rations de bouillon On peut aussi introduire et la gélatine et la graisse que fournissent les os par hi vapeur, dans des potages préparés avec toute espèce de légumes cuits en. semble, comme on le fait à la Monnaie des médailles de Paris ainsi qu'au bureau de bienfaissance de Reiras , par les soins de MM. de Puymaurin fils et Commesny. Quant aux gelées de table par lesquelles on i-emplace les crêraei maintenant passées de mode, ce sont des préparations de fantaisie , peu nui tritives, et dont on tire parti chez les convalesccns auxquels une alimentation très-digestible et peu stiraidante est nécessaire. On ies fait avec la colle d« poisson (gélatine la plus pure) dissoute dans l'eau (2 pour 100), et aroman tisée, suivant le goût, avec tics sucs de fruits, diverses substances odorantes cl quelquelois même avec des liqueurs spiritueuses.
Les substances animales dont la gélatine forme la base sont d'un emploi jourj nalier ; et la chair du veau , de l'agneau , du poulet , de même que celle de laj tortue , de la vipère , de la grenouille , les limaçons , les huîtres, sont rangea parmi les alimens adoucissans et réparateurs , lorsqu'on les prescrit dans les circonstances opportunes , après les préparations et avec les assaisonnemens convenables {voyez l'article Alimens). Remarquons d'ailleurs que la qualité nutritive des substances que nous venons d'énumérer est en raison inverse d<j la prédominance de la gélatine.
Des propriétés alimentaires connues de la ge'latine résidtent ses propriété! médicamenteuses, si l'on peut considérer comme médicament une substanc* aussi peu active. Elles se réduisent à uneaction relâchante, salutaire sani; dou e , mais tout-à fait analogue à celle qu'on observe dans le mucilage et 1