‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 50 sur 311 · GEN OU · texte numérisé non relu

GEN OU

L'infusion, soit des baies, soit du bois de genévier, se fait à la dose d'une once par pinte. On administre les baies en substance, depuis vingt-quatre jusqu'à trente-six grains , triturées avec du sucre. La dose de l'extrait de genièvre est d'un demi-gros à deux gros. On donne I huile essentielle depuis deux jusqu'à dix gouttes sur un morceau de sucre qu'on fait dissoudre dans de l'eau. La teinture de baies de genièvre se donne à la dose de une à deux cuillerées à café dans une tasse d'une infusion lliéiforme.

( Léop. DESLA^DES. )

GENOU (maladies du). L'étendue de cette articulation, sa complication, ses usages, sa situation surperlicielle , l'exposent à un grand nombre de lésions. Ce sont: Iodes dérangemens matériels causés mécaniquement par une violence étrangère, tels que contusion, distension ou entorse, plaies, rupture du tendon des extenseurs , du ligament de la rotule, fracture de cet os, des condyles du fémur ou du tibia , luxations de la rotule ou des os de la jambe ; 2» des irritations vasculaires , nerveuses, sécictoires, nutritives, arthrite aiguë et chronique , rhumatisme; goutte, hydarthrose , corps étrangers articulaires, tubercules, induration chronique du tissu cellulaire et des ligamens , et dégénération fongueuse de la synoviale , double altération comprise dans la dénomination vague de tumeur blanche, abcès, ulcères, usure des cartilages, nécrose, spina-ventosa des extrémités osseuses, adhésion et soudure de leurs surfaces ou ankylose , inflammation, hydropisie, corps étrangers des synoviales tendineuses et des bourses muqueuses qui entourent l'articulation, kystes ; 3" des modifications lentes de la nutrition et du développement qui changent graduellement la forme , les dimensions, la densité des parties qui entrent dans la composition de l'articulation, et produisent ainsi la rigidité (ankylose fausse), le relâchement et la mobilité excessive (diastase), ou l'inclinaison des surfaces articulaires (déviation). Ces affections ont été considérées ailleurs d'une manière générale {vnjez Articdlatioks) ; celles des premier et deuxième groupes sont décrites en particulier dans d'autres articles ; je ne m'arrêterai donc ici que sur celles du troisième.

lo. Rigidité oufousse ankjlose. — Les causes et la nature de cet état morbide ont été signalées au mot Ahktlose. Il affecte rarement les deux genoux à la fois. J'ai vu un cas de ce genre sur un enfant qui présentait une flexion permanente des articulations ilio-fémorales et fémoro-tibiales , survenue après des convulsions. Le genou peut ne point affecter de position constante, comme dans la simple raideur qui succède à une longue immobilité. Toutefois , la flexion est alors plus bornée que l'extension , parce que le membre est ordinairement tenu dans cette dernière attitude. Plus souvent le genou est dans une flexion plus ou moins grande, et ne peut être étendu ou même fléchi davantage, sans des efforts proportionnés au degré de l'affection. Les muscles fléchisseurs contractés forment, dans ce cas, une corde tendue et résistante , lorsqu'on cherche à ramener le membre dans l'extension. Cet état rend la station et la progression difficiles ou même impossibles.

La flexion et l'extension alternatives de la jambe , lorsque les malades commencent à marcher, ou les mêmes mouvemens imprimés à larticulation par une main étrangère, suffisent fréquemment pour dissiper la raideur commençante du genou. Mais, lorsque le membre, retenu dans la flexion, ne peut éprouver que des mouvemens très-bornés, les efforts des muscles sont totalement impuissans , et ceux que l'on cxei ce avec la main insuflisans pour rétablir la mobilité. 11 faut alors une action constante ou du moins prolongée , qui tende incessamment à surmonter la résistance des parties. On compiendra facilement qu'il est des circonstances où cette action pourrait nuire, s'il y avait , par exemple , une tendance manifeste à l'irritation de la synoviale, et qu'il en est d'autres où elle doit échouer , par l'obstacle invincible que les parties opposent au redressement. Ce dernier cas est rare , lorsqu'il n'y a point ankylose v;«i'e, c'est-à-dire union des surfaces contiguës. L'on conçoit, en effet, que si cette union est telle que les os soient continus, comme on le voit dans quatre cas de soudure du tibia et du fémur , représentés dans le Muséum analomicum de Sandifort , les moyens extensifs ne sauraient être applicables.

Les puissances que l'on fait agir sur le genou fléchi peuvent être diversement disposées. Pour en prendre une idée, on n'a qu'à se représenter un compas ouvert sous un certain angle , dont il s'agirait d'écarter les deux branches jusqu'à les amener sur une même ligne droite. Ou y parviendrait également, soit en portant directement les deux extrémités en sens opposé , soit en appuyant sur la saillie de l'angle ou en attirant en bas son côté rentrant , soit enfin par un effort agissant du côté extérieur , comme pour rapprocher les deux branches dans ce sens , ou par une puissance placée au dedans , et tendant alors à les repousser. Or, les mêmes procédés peuvent être employés pour redresser la jointure du genou pliée angulairement. Les moyens d'exécution diffèrent suivant qu'ils nécessitent ou non un point d'appui hors du membre , à un bois de lit ou 'a un fauteuil , sur lesquels le malade est assis ou couché. Un simple poids suspendu à l'extrémité inférieure pendante , dans la station assise ou le décubitus sur un plan incliné atteint ])arfaitement le but dans les cas les plus simples. Une traction pratiquée à l'aide d'une talonnière unie par un cordon à un appareil extensil' quelconque , tandis que le tronc est lixé par une contre-extension sur le lit ou le siège du fauteuil , agit de la même manière , et permet en outre de graduer l'effort dans tous les instans , et d'employer une force élastique, si l'on lait entrer des ressorts dans le système d'extension. Cette traction devient plus puissante , si l'on dirige en avant le cordon qui tire sur le pied, en même temps que l'on agit sur le genou au moyen d'une large courroie matelassée , qui le repousse d'avant en arrière, ou à l'aide d'un cordon li.sé sous le jarret à une genouillère et tirant dans le même sens. Une gouttière

attachée par des courroies le long de la partie postérieure de la cuisse et de la jambe, et dont les deux parties sont réunies à la hauteur du jarret sous un angle plus ouvert que celui que forme le membre , fait effort comme les moyens précédons pour en changer la direction , et a l'avantage de convenir dans toutes les positions et même dans les mouvemens généraux du corps. Cet appareil agit comme une sorte de coin qui écarte les deux parties du membre^ fléchi , avec d'autant plus de force que la courroie qui passe sur le genou esb plus serrée. Si la gouttière porte au niveau du genou une articulation que l'on puisse rendre immobile à volonté, il devient facile de graduer son action, en faisant varier l'ouverture de son angle. L'appareil sera doué d'élasticité , si la résistance , à son mouvement angulaire, jouit de cette propriété. On peut encore déterminer l'extension du genou fléchi , en plaçant sur les deux côté* du membre ou sur un seul , des barreaux ou tuteurs brisés au niveau de l'articulation , et munis dans cet endroit d'un mécanisme propre à retenir et k solliciter les parties dans le sens de l'extension , par un procédé semblable à celui que l'on emploie contre certains pieds-bots. Enfin , la puissance n'aurait pas moins d'efficacité placée à la partie antérieure du membrej dispositiooit peu en usage toutefois, parce qu'elle n'est d'une application commode qu'autant que la flexion n'est pas portée trop loin.

C est par des moyens analogues , mais en donnant aux forces des directions contraires , que l'on ramènerait le genou dans le sens de la flexion , s'il se. trouvait dans un extension permanente. I! serait aussi facile de combiner l'action et de la mettre en jeu 'successivement dans les deux sens , si l'on voulait^ produire des efforts de flexion et d'extension alternatives.

On trouve dans V Orlhomorpliie de M. le professeur Delpech deux Cguresj représentant des appareils contruits selon les principes que nous venons d'ex-J poser. L'un est une gouttière brisée, unie par son extrémité supérieure à ur cadre horizontal , et mobile par l'inférieure , qu'une courroie enroulée sur uil treuil à cliquet fait descendre ou monter le long du cadre , suivant qu'elle esi ou non réfléchie sur une bobine placée à l'extrémité de celui-ci, ouvrant oij fermant ainsi, selon l'indication , l'angle de la gouttière, qui peut, en outre! être abaissé directement par une autre courroie fixée à sou côté rentrant. L'au tre se compose de deux tuteurs placés à la partie externe du membre , et muj dans le sens de l'extension ou de la flexion , au moyen d'une vis sans fin enj grenée avec un quart de cercle denté que présente le barreau inférieur danl l'espèce de nœud de compas qui le joint au supérieur.

Le fauteuil dit oiCiZ/atoz're de M. Jalade-Lafond (Recherches sur les diffoi* milés) offre une autre application des mêmes données. Dans cet appareil , u| cordon abaissant le jarret, un autre relevant le pied , s'attachent à des poinîl fixes après avoir passé sur des poulies elliptiques, que le malade fait tourncB sur elles-mêmes à l'aide d'un arbre à manivelle qui traverse l'une d'elles , (Il deux roues dentées et d une chaîne à la 'Vaucanson , qui communiquent à l'aij tre le même mouvement. Ce mécanisme compliqué produit des alternatives tl tension forte et faible, en rapport avec les diamètres inégaux que les pouhiJ présentent successivement aux cordons dans leur rotation. On obtient un effif analogue dans les autres appareils , en variant l'intensité de la puissance.

2°. Diastase. — Dans l'état naturel , la résistance des ligamens , et surtout | tendance continuelle des muscles au raccourcissement, retiennent incessanJ ment le fémur et le tibia serrés l'un contre l'autre. L'affaiblissement de Cil moyens d'union et leur allongement permettent aux surfaces osseuses de s'j loigner du point de contact , et augmentent la mobilité à un tel point , que s jambe peut être renversée en avant au delà de l'extension complète, et qil l'on lui imprime facilement des mouvemens latéraux ordinairement impossl blcs. C'est cet écartement que nous désignons sous le nom de diastase, ej pression presque bannie de la chirurgie pour les cas auxquels on l'a restreintij et parfaitement applicable à celui cjui nous occupe. Cette affection se manif chez les enfans débiles , lymphatiques, quelquefois chez les adultes, prinfl paiement les femmes , à la suite de longues maladies, ou après des lésioi articulaires qui ont entraîné une inaction prolongée et l'atrophie des musclel ainsi que dans les désordres de l'action nerveuse qui exercent la même il fluence sur la nutrition de ces organes. Le poids du corps , celui de la jambi les inflexions du genou dans diverses altitudes, deviennent alors des cauS eflicaces de la distension des ligamens , soit parce que ceux-ci n'étant pl.! secondés par l'action musculaire ne peuvent à eux seuls résister à l'effort, sJ parce que leur propre cohésion est diminuée par la même cause qui affaibi le système musculaire. L'extrême mobilité qui en résulte nuit à la solidité membre dans la station et la progression. Flexible en tous sens , le genou ob| à toutes les impulsions et ploie sous le poids du tronc. Dans un cas rappoifj par M. Delpech (ouvrage cité ), l'allongement des ligamens était tel que;' jambe pouvait être fléchie en avant sur la cuisse, jusqu'à former avec celle' un angle moindre que l'angle droit. Des douleurs dans l'articulation avait; accompagné l'extension graduelle du tissu ligamenteux.

Il est manifeste que l'on ne peut remédier à cet état qu'en rendant aux ml des et aux ligamens leur force et leur résistance naturelles. Ce changetnfl peut arriver spontanément dans les circonstances mentionnées plus haut, (U les progrès de l'âge , le rétablissement des forces ou l'exercice du membre, sera hâté par les moyens généraux appropriés à l'état des fonctions , par frictions et les douches excitantes, les bains de même nature, etc. Il est, outre , essentiel de s'opposer aux mouvemens exagérés du genou , afin d'évi • la distension répétée des ligamens, et de permettre leur rétraction et ci ' | des muscles. On y parvient en faisant porter au malade une genouillère lac i et mieux un appareil portant un tuteur brisé , dont les deux pièces sont nu ' |

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