‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 52 sur 311 · GENTIANE · texte numérisé non relu

GENTIANE

nlères ne saurait être aussi sûr que celui des autres. La légèreté dont elles doivent être douées pour ne pas trop embarrasser les mouvemens , rinflueiice du poids /:lu corps, opposée à la leur d.ins la station , la nécessité d'une conslriction modérée si I on veut conserver la mobilité des brisures , sont autant de causes qui diminuent leur force etnuisent à leur efficacité. Aussi convient-il de laisser l'appareil appliqué la nuit , ou d'en adapter un autre plus commode au lit, et dans toutes les déviations un peu anciennes et un peu prononcées , de condamner le membre au repos une partie du jour, afin d'agir sur lui avec plus d'énergie. Il est quelquefois même nécessaire de ne faire marcher le malade qu'avec des béquilles , afin de décharger le membre du poids du corps et de prévenir les inflexions vicieuses que la gène de la démarche, augmentée encore parla présence de l'appareil, pourrait déterminer dans d'autres parties. J'ai donné mes soins à une jeune Anglaise , affectée dans son enfance de la déviation d'un seul genou en dedans , et chez laquelle l'application d'un appareil un peu pesant n'avait eu d'autre résultat que la déviation de l'autre genou dans le même sens , et une courbure considérable de la colonne vertébrale. On eût évité ces accidens par l'usage des béquilles.

A. Paré a conseillé , et l'on a recommandé depuis , pour redresser le genou ilévié , une chaussure dont la semelle soit plus épaisse en dedans qu'en dehors. Ce mo)'en , propre à ramener dans l'adduction le ])ied tourné en dehors, ne peut avoir qu'une médiocre influence sur la courbure du genou , et sou utililé est loin d'être démontrée par l'expérience.

L'action des machines est secondée avec avantage par des pressions faites avec la main dans le même sens , et répétées, s'il se peut, plusieurs fois par jour. On dispose encore les parties à céder, par l'emploi des émolliens et des relâchans que l'on recommande dans le traitement delà fausse ankylose, comme les bains , les douches de vapeurs, etc.; quoique leur effet soit moins prononcé dans le cas qui nous occupe, parce que la résistance dépend en partie des os, sur lesquels ces moyens sont sans action. On leur substitue les excitans locaux, tels que les bains froids et aromatiques, les douches sulfureuses, les bains de mer, etc., lorsqu'il existe un grand relâchement des ligamens , comme cela arrive souvent chez les enfans très-jeunes.

On parvient, à l'aide de ce traitement à redresser, dans l'espace de quelques mois à un an ordinairement, des déviations qui produisent entre les pieds un écartement de cinq, six, sept pouces et davantage. Après la cessation de l'accroissement, on obtient encore quelquefois ce résultat, qui serait plus commun si les douleurs causées par la force qu'il faut employer dans ce cas , n'obligeaient souvent de suspendre le traitement. Aussi ne doit-on l'entreprendre à cette époque, que lorsque la courbure est portée au point de gêner notablement les mouvemens.

Quand le redressement est opéré , on soutient le membre pendant quelques mois encore avec un appareil léger , en même temps que l'on cherche à fortifier les ligamens et les muscles par tous les excitans locaux, afin de prévenir une î^cidive.

La déviation du genou en dedans peut-elle disparaître spontanément par les seuls progrès de l'âge , sans le secours des moyens mécaniques? Il est difficile de l'admettre pour des courbures prononcées , datant de plusieurs années ; mais on ne saurait nier que des déviations légères , existant dans le bas âge, n'aient quelquefois laissé presque aucune trace dans un âge plus avancé. M. le professeur IMarjolin (Dictionn. de Médecine) dit avoir assez souvent observé ce fait, qui doit engager à suivre pendant quelque temps la marche de ces déviations commençantes , en se bornant aux moyens pro])hylactiques indiqués , avant de soumettre des enfans très-jeunes à des pressions et à des constrictions dont il ne faut leur faiie subir les inconvéniens que lorsqu'elles sont d'une absolue nécessité.

2". Déi'iation en de/iors. Elle est toujours consécutive à la courbure des os de la cuisse et delà jambe en dehors; et l'on concevrait, en effet, difficilement qu'elle pût se manifester sans un changement préalable dans la manière dont le poids du corps est transmis du fémur au tibia. Elle n'est jamais portée aussi loiu que la précédente , et consiste presque uniquement dans la disparition de l'angle que la jambe forme naturellement avec la cuisse, par suite de l'arcure générale du membre, plutôt que dans le développement d'une courbe dirigée en sens contraire. Ses effets se confondent avec ceux de la courbure des os qui l'accompagne, et son traitement est celui de cette dernière. Nous renvoyons donc ]iour ces deux points, afin d'éviter les répe'titions , aux articles Membres (maladies des ) et Rachitis. (IÏocvier.)

GENTIANE, grande gentiane, i^cntiana lutea. Spielmann piétend que cette plante a été ainsi nommée parce que Gentius , roi d'IUyrie, est le premier qui ait vanté ses propriétés. La gentiane est une plante vivace de la pentanJrie digyiiie àe Liunée , et de la famille des gentianées de Jussieu. Elle croit en Auvergne et en Suisse; on la trouve sur les Alpes , les Pyrénées et les Vosges. Les animaux l'évitent dans les pâturages où ils la rencontrent. La racine est la partie de celte plante employée en médecine.

Cette racine , longue de quatre à six pouces, est inégalement cylindrique et présente de quatre à huit lignes de diamètre. Sa surface est brunâtre , rugueuse et iirofondémeut striée, surtout vers le collet. Son parenchyme, charnu, fibreux et d'apparence spongieuse, est d'une assez belle coulguir jaune', d'une saveur amère , franch e, tri s-prononcée , et répand une odeur aromatique assez vive. On trouve cette racine divisée en fragmens dans les pharmacies.

L'infusion , la décoction cl la poudre de cette racine sont d'une couleur jaune et d'une saveur amère. D'après M. Planche, son eau distillée contient un principe nauséabond volatil , qui agit sur le cerveau à la manière des plantes

vireuses. Une cuillerée de cette préparation a occasioné à ce pharmaci^ distingué des nausées et même une sorte d'ivresse. Les habitans du Jura et ( Tyrol obtiennent, en distillant le produit de la macération de celte planti une eau-de-vie d'un goût tlésagréable et dont l'odeur rappelle celle delà gei tiane. Cette liqueur provient de la décomposition du sucre que l'on troui parmi les principes de la gentiane. En effet, d'après l'analyse faite pj MW. Henry et Caventou , la gentiane contient : 1" un principe odorant fugace sorte d'huile volatile; 2» un principe amer, neutre , qu'ils ont nommé gei ïi'(2«m ; 3" une matière analogue à la glu ; 4» une matière huileuse, verdàtn fixe, plus soluble dans l'alcool que la plupart des huiles grasses ; 5" un aci( qui semble se rapprocher, par ses propriétés , de l'acide acétique ; 6° du suc: incristallisable ; 7" une gomme visqueuse; 8" une matière colorante fa uv6 9" du ligneux.

Le gentianin est peu soluble dans l'eau froide , plus soluble dans l'eau cha de, se dissout très bien dans l'élher et dans l'alcool. Il s'en sépare par l'évap ration spontanée sous forme de petites aiguilles d'une belle couleur jaune d'une saveur très-amère, un peu aromatique , mais dépourvues d'odeur.

Les décodions de gentiane se troublent par le refoidissement, parce que principe amer de cette plante est plus soluble dans l'eau chaude que dan l'eau froide. Le vin , l'alcool et l'éther dissolvent très-bien les principes acti) de celte racine.

La grande gentiane n'est pas la seule espèce de la famille qui soit employé) eu médecine. En Angleterre on lui substitue la gentiane rouge , et en Norvég la gentiane pourprée. Si nous examinons avec De Candolle les plantes de 1 même famille qui peuvent jusqu'à un certain point la remplacer, nous trouve rons parmi celles qui croissent dans nos contrées les G. antarilla, G. campes tris, G. cruciata , chlora perfoliata , menyanthes trifoliata , villarcia nynr phoïdes. D'après Martius ( Bulletin des sciences méd., Férussac , t. 17 , p. 335 on donnerait en Russie la G. ainarilla ou gcntianelle comme préservatif de 1 rage , à la dose d'un gros et demi de la plante en fleur et séchée. On emploie rait aussi dans la même intention la décoction coneenlrée. Parmi les espèce exotiques les plus importantes, nous citerons la G. chirayiia , que les Indice nomment aussi chiretia , et dont les racines sont employées au Bengale comm fébrifuges, toniques et stomachiques, en décoction ou en infusion, à la doi d'une demi-once en deux fois dans la journée. Currie a cru lui reconnaîtr une action spéciale sur les organes abdominaux, principalement sur le foie parce que pendant son usage les selles deviennent plus bilieuses et le teint pl clair. Cette plante , que M. Leschenault surtout a fait connaître en Europe n'est point encore usitée chez nous ; mais il paraît qu'en Angleterre on la prei crit contre la goutte, etc. ( De Candolle , Essai sur les propriétés médicaU des plantes , 18 16. Mérat et De Lens , Dictionnaire universel de matière méd cale , 1831 . )

On regarde la gentiane comme l'un des toniques les plus puissans elles pl utiles de la matière médicale , soit qu'il faille stimuler l'appareil digestif l'économie tout entière. Elle augmente l'action de l'appareil digestif et activ la circulation. C'est donc surtout lorsque ces fonctions et les organes qui le exécutent sont dans l'atonie , que la gentiane peut être employée avec avantage Nous avons dans plusieurs circonstances fait usage de ses préparations ave avantage , lorsque dans les convalescences difficiles les malades conservaien un teint blafard, de la dyspepsie sans soif vive , de la lenteur dans la diges tion , une faiblesse notable dans le pouls et une disposition marquée à l'œdé malie des membres inférieurs. Je l'ai vue , dans un cas de convalescence diffi cile qui suivit une hépatite et une ictère très-intenses , ramener rapidemeiïl l'économie à un état de santé satisfaisant. La gentiane est employée quelque fois ulilemenl dans les affections vermineuses. C'est dans les cas de scrofules où les amers sont indiqués , l'un de ceux que l'on peut prescrire avec le plus d succès. On a vanté son emploi dans beaucoup d'autres circonstances, et ei* 1 particulier contre les fièvres intermittentes. Mais rellicacité bien reconnue di quinquina fera toujours préférer avec raison celte dernière substance à la gen' tiane. Nous devons cependant dire que la réunion de ces deux médicamens quelquefois produit des effets avantageux, que le quinquina seul n'avait pai| procurés. La gentiane ne doit point être administrée tant qu'il existe des signci

lanifestes d'inflammation aiguë de l'appareil gasiro-intestinal. On donne la gentiane en poudre , depuis quelques grains jusqu'à un gros I i On i>eut la prescrire en infusion ou en décoction , depuis demi- gros jusqu'i ( deux ou trois gros , dans une pinle d'eau. L'extrait sert à composer des piliilel ' toniques. On emploie souvent le vin ou le sirop préparés avec celle racine, c| | l'on en donne depuis une demi-once jusqu'à deux, trois , ou quatre onces dan'' I les vingt-(iuatre heures, Les préparations alcooliques de cette racine conlicnneu' J plus de principes actifs que les autres formes médicamenteuses obtenues pa | ] l'intermédiaire de l'eau. On unit la gentiane avec beaucoup d'autres substance I ( médicamenteuses. Son union avec le fer constitue un mélange qui modifie favo ' , rablement les vicialions hyposthéniques de l'hémotose. La gentiane entre dan.' î la composition de plusieurs médicamens officinaux. Elle forme l'une des partiel i les plus actives de la poudre anti-arthritique de Portland. Combinée avec un'j ])elite proportion de sous-carbonate d'ammoniaque et d'eau-dc-vie , elle con | j stilue l'élixir de Peyrilhe , dont l'usage nous a paru favorable , à la dose d'uni' ou deux onces mêlées à un excipient, dans les maladies asthéniques du syslènn' i lymphatique. On a dans ces deiniers temps prescrit le gentianin à la dose A \ quelques grains, ou sous la forme de sirop ou de teinture, pour remplace j les autres préparations de gentiane. Cette innovation n'ofl'rant pas d avantage) réel n'a pasjusqu'h présent obtenu de succès Cependant on pourrait l'cmployei

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