GOMMES
Il reste rnahileimnl à examiner les opérations chirurgicales qu'on a tenU'es sur les tumeurs du corps t lijroïde , lorsque l'art n'avait pu en obtenir la résolution par des moyens plus doux : et Ton voit ici qu'il ne s'agit pas toujours de goitres simples, dans le sens que nous avons attaché à cette expression. Néanmoins, on trouve quelques observations exactes , dans lesquelles l'extirpation a été tentée, sur le corps thyroïde simplement hypertrophié, sans aucune désorganisation. 11 faut dire aussi qu'on ne trouve que des cas malheureux, bien que l'opération ait été entreprise, dans les conditions les plus favorables en apparence, par des hommes d'une habileté reconnue , et avec un succès , au moins sous le rapport de l'exécution , qui permettait d'espérer mieux. Nous ne ])arlons pas d'ailleurs des faits , racontés sans aucune circonstance propre à en garantir l'aulhenticilé , dans lesquels un coup de sabre enlève la tumeur de la manière la plus heureuse; ou bien ilans lesquels le malade lui-même, à l'aide d'un couteau , se débarrasse de la difTormilé qui l'incommodait ; et autres plus ou moins analogues. Trop long-temps la science a été encombrée de ces faits rapportes par des observateurs infidèles, qui ne peuvent supporter la comparaison avec des hisloires de maladies exactement consignées. Ce n'est cependant ])as la crainte de l'hémorrhagie qui devrait détourner de l'opération ; cet accident n'a eu lieu que par suite de l impruilence ou du défaut d'habileté. On a toujours pu se rendre maître du sang, dans les cas où l'on a opéré méthodiquement; bien plus , on en a perdu extrêmement peu , peut-êire pas assez , et les malades ont succombé à un état nerveux qui suit souvent les opérations longues et difficiles. L'ablation partielle de la tumeur a réussi ; et peut-être , dans les cas de goitre volumineux, la prudence voudrait-elle qu'on fît l'extirpation à plusieurs reprises.
Si donc ou ne doit pas proscrire absolument l'ablation des goitres , toujours esl-il que cette opération est extrêmement difficile et délicate, à plus forte raison dans les cas où l'hypertrophie est compliquée de désorganisation. Il est d'ailleurs impossible de lixerdes règles pour le manuel opératoire. 11 n'y aurait rien à dire au chirurgien qui ne saurait pas ménager assez de peau pour recouvrir la plaie, disséquer la iuraeur en ménageant les nerfs et les vaisseaux dont abonde la région thyroïdienne, et se rendre maître du sang par des ligatures placées à mesure que les artères sont divisées.
On a également proposé de traverser la tumeur avec un séton , afin tl'y provoquer et d'y entretenir inie inflammation et une suppuration propres à fondre par degrés la tumeur. Ce procédé, auquel ou attribue quelques succès, peut fournir un moyen d'appliquer plus directement aux parties malades les préparations d iode , ou tel autre médicament. Mais on ne peut se dissimuler qu'il est douloureux, incommode, et qu'il n'offre pas des probabilités favorables assez déterminées pour qu'on s'empresse d'y avoir recours.
On dit aussi avoir employé avec quelque avantage la compression modérée de la tumeur par une plaque de plomb d'un volume proportionné. Bien qu'on puisse tenter cette pratique, au moins sans inconvénient, il ne nous parait pas qu'on puisse en attendre beaucoup, si ce n'est dans les cas où le goitre est récent et disposé à la résolution. Ce peut être un auxdiaire utile d'autres moyens théraj)eutiques, mais bien peu puissant en lui-même , si l'on réfléchit à l'impossibilité d'exercer sur la partie antérieure du cou nue compression un peu réelle.
Jiaad. Miimoire sur le Ijioncliocùlc Ju [jays Messin. Naocy, 1777, iu-12.
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D. Larrej. Cliniiiue cliiiurgieale, t. 2, p. 65. Paris, iS'fiO.
(BoeiLLALD et IIatif.b.)
GOMME. Ce nom , pris dans un sens vulgaire , s'applique à un grand nombre de substances qui découlent des végétaux , quelle que soit leur nature chimique. Ainsi les commerçans ne se contentent pas de dircifown.'e arahitjucj i^omineadrugaiillic , i^oniine de cerisier, etc., noms qui appartiennent h de véritables sucs gomracux ; ils disent aussi gomme animé , gomme copal, gomme élérni ^ quoique ces corps soient de nature purement résineuse; gomme ammoniaque y gomme gutle , pour désigner des gommes-résines; gomme claslicjue , jjour caoutchouc j etc. Celles de ces substances qui sont les plus usitées, ont été ou pourront êlie décrites dans des articles spéciaux , <*els que gomme Aukagakthe, gomme Araiu^iub, Assa-i-oet(da , Galiîakum , M yiuihe , etc. ; il sera traité plus succiucleiucnl des auties sous leurs titres générifiques Gommes ou IIésikes.
, (GuiBOURT.)
GOMME ELASTIQUE ou CAOUTCHOUC , substance d'une nature particulière (|ue l'on rencontre dans un grand nombre de végétaux, surtout dans ceux qui apparlicniicul aux familles des euphoi biacées et des urticées, mais que l'on extrait le plus abondamment d'un arbre nommé par Aublet hefea guiancnsis (si/jlonia cahucu, Willo). Il croit surtout au Brésil et dans la Giiiane. Le suc qui découle de cet arbre est appliqué , couche par couche , sur des moules de terre friables, et séché a mesure à l'air. Loisque la couche est iugée assez
épaisse, on brise le moule el on le fait sortir par fragmens par une ouvcrtur laissée au vase , qui se trouve fabriqué par ce moyen.
Le caoutchouc, tel qu'on l'obtient ainsi , est demi-transparent , lorsqu'il es en lame mince, très-souple et éminemment élastique. 11 se fond au fen , s boursoufle considérablement , et brûle avec flamme en répandant une fume noire, odorante, très-épaisse. 11 fournit de l'ammoniaque h la distillation , c qui indique qu'il contient de l'azote , et le distingue des résines. 11 est insolubl dans l'eau froide, se ramollit et se soude dans l'eau bouillante , est insolubl dans l'alcool , et soluble seulement dans l'élher et les huiles volatiles.
Le caoutchouc est une substance précieuse pour la fabrication des sondes bougies , pessaires , et autres instrumens chirurgicaux; mais la difficulté de 1( dissoudre , et surtout celle de le faire sécher complètement lorsqu'une fois il a été dissous , font qu'on lui substitue le plus souvent l'huile de lin cuite avec la lilharge , combinaison qui acquiert par l'action prolongée de l'air une cousis tance à peu près semblable à celle du caoutchouc. (Gcibouht.)
GOMME GUTTE , gomme résine qui vient de la presqu'île de Caniboge el de l'île de Ceylan , où elle est produite par un arbre de la famille des guttifère! nommé stalagmilis camhogioides ; elle est sous forme de masses cylindriques brunes jaunâtres à l'extérieur, et d un jaune rougeâtre à l'intérieur. Elle es< friable, opaque, inodore et d'une saveur presque nulle , laissant, cependaill dans le gosier une légère âcrclé. Sa poudre est d'un jaune pur très-éclatant, et elle forme avec l'eau une soi te d'éraulsion d'un jaune magnifique qui est forl usitée dans la peinture. Elle est composée, d'après M. Braconnot, de 0,20d"un(( gomme presque entièrement soluble dans l'eau, et de 0,80 d'une résine solubl^ dans l'alcool et dans les alcalis. Employée à l'intérieur, elle e.xerce une actioB purgative assez forte pour avoir mérité d'être comptée au nombre des médica-. mens drastiques : aussi ne doit-on l'employer qu'avec prudence et chez des inJi vidais lymphatiques ou peu irritables; tout récemment encore, on a signait plusieurs accidens graves arri^és à des enfans qui avaient mangé des bonbonj colorés en jaune avec de la gomme gulte ( Journal de Chimie médicale , tome 8 page 35'!). Elle fait partie des pilules hj^dragogues de Boniius. (Guiboi'rt.)
GOMME D'OLIVIER. Celte substance paraît découler de l'olivier sauvagi dans les pays chauds, et principalement en Ethiopie. Elle est en larmes ou ei masses assez volumineuses, d un brun rougeâtre, avec des parties opaques qiij lui donnent un peu l'aspect du benjoin amygdaloïde. D'après l'analyse qu'en faite M. Pelletier, cette substance n'appartient réellement ni aux gommes, ii aux résines , ni aux gommes-résines. Elle se dissout entièrement dans l'alcoo rectifié , comme les résines; mais le soluté évaporé forme une abondante cristal lisalion d'une matière sui generis , fusible et soluble dans l'eau bouillante , qu a reçu le nom A'olivile. La gomme d'olivier était en grande réputation chez le anciens, et entrait dans un grand nombre de compositions externes contre le maladies des yeux, la guérion îles plaies et des blessures, la gale, etc. Depui long-temps elle est devenue fort rare , et est à peine connue. (Guibociit.)
GOBÏME proprement dite. Les gommes sont des produits végétaux cor crets , inodores, d'une saveur fade, solubles dans l'eau ou susceptibles de ,s' gonfler et de lui communiquer plus ou moins de consistance. Lorsqu'elles son ainsi divisées par l'eau , on leur donne le nom de mucilage. Elles sont iiisolu' bles dans l'alcool , dans l'élher et dans les huiles fixes et volatiles ; elles fondent pas au feu, mais s'y cliarbonnent en dégageant fous les produits de substances végétales non azotées. Elles contiennent toutes une petite quanlit de sel calcaire, soit que la chaux y soii unie aux acides acétique ou maliquei ainsi que l a pensé 'Vauquelin , ou qu elle soit combinée au principe gomuieu lui-même, ce qui me paraît aussi avoir lieu. Enfin, elles donnent, lorsqu'oi les traite par l'acide nitrique, ouîre les acides malique et oxalique , uu acid narticulier qui porte le nom d'acù/e mucique et aussi celui d'acide sacchlao tique , parce que c'est par la réaction de l'acide nitrique sur le sucre de lai que Schéele l'a obtenu d'abord.
Il existe de la gomme dans un grand nombre de végétaux, d'où on peut l'a: traire par l'eau; mais toutes celles du commerce découlent naturellement dé arbres , sous la forme d'un suc liquide qui se concrète à l'air. Déjà nous avon traité séparément des gommes Arabique et Adragakthe, qui sont les seules usi tées en médecine; il nous suffira de dire ici quelques mots des autres.
La gomme d'acajou est produite par le cassufium occidentale , Lam. , arbri térébenlhacé qui fournit également la noix d'acajou. Cette gomme est en larme allongées , stalacliformes , jaunes , transparentes , dures , à cassure vitreuse, e ressemblant 'a du succin. Elle se fond difiicilement dans la bouche, et s'atlacli fortement aux dents. Elle ne se dissout qu'en partie dans l'eau; la partie sohibl parait semblable :i la gomme arabique et la partie insoluble à la gomme Bassora.
Gomme de Bassora. Deux substances d'origine et de propïiétés différenit ont porté ce nom. L'une d'elles parait venir de l'Inde , et suivant M. Théc|Ti dore Marlius , qui la nomme gomme kulera , elle serait produite par l'acaci'l À leucophlœa de Roxburg. C'est celle qui a été examinée par 'Vauquelin, et dc| ciife dans l'Histoire ahrégce des Diogues simples , comme gomme de Bassor;| ' Elle est en morceaux très-irréguliers, rarement arrondis, plus souvent applalij 1 el allongés , quelquefois d'un volume assez considérable; elle est d'un blan| argenté ou d'une couleur de miel, non transparente, seulement translucidci ( insipide et se divisant sous la dent, en produisant une espèce de cri. Mise dan l'eau , elle s'y gonfle et y prend la forme de flocons gélatineux , tous isolés U , i li/ii ^/e^ «tiîref, se suspendant dans l'eau par l'agitation ; mais s'en précipitar, ^ de nouveau par le repos. C'est à celte matière, qui est remarquable par i'isc « lemcnt complet et l'entière in:-olubilité de ses particules ; que l'on a doue i