‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 56 sur 311 · GOMME SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

GOMME SYPHILITIQUE

le nom 'de bassorine. Elle n'éprouve pas de coloration sensible de la part de l'iode.

L'autre matière , qui porte , dans Valmont de Bomare , le nom de gomme de \Bassoin , avait été nommée antérieurement par Bruce , gomme c/e sassa , du nom de l'arbre qui la produit en Abyssinie [inga sassa^ Willd.). Cette f^omrae, lorsqu'elle est petite , blanche et vermiculée, ressemble presque entièrement i la gomme adraganthe, mais s'en distingue toujours cependant par une moins grande solubilité dans l'eau et par une coloration plus intense , au moyen de l'iode. Souvent aussi , elle est en masses mamelonées très-volumineuses , ou figurée en ammonites. Alors elle est d'une couleur roussâtre et très- peu soluble jians l'eau, qui ne fait presque que la gonfler et la blanchir. La solution d'iode la colore en bleu presque à l'égal de l'amidon. Cette gomme sert, dans plusieurs ïontrées de l'Orient, pour apprêter les étoffes. Dans le commerce, on l'emploie i falsifier la gomme adraganthe.

j Gomme de France. Celte gomme découle, dans notre pays, des différons irbres qui composent le genre pfunus de Linné , tels sont entre autres le pruiier, le cerisier, le merisier et l'abricotier. Elle suinte du tronc et des branl;hes, et se dessèche à l'air, mais d'une manière imparfaite ; de sorte qu'elle est )resque toujours en morceaux agglutinés et salis par beaucoup d'impuretés, îlle est transparente, ordinairement rouge, et très-imparfaitement soluble lans l'eau , avec laquelle elle forme un mucilage très-èpais. Elle n'est pas usitée b pharmacie. Lorsque la gomme de Sénégal est d'un prix élevé , la gomme de rrance est employée par les chapeliers pour l'apprêt du feutre; mais depuis lusieurs années elle est absolument sans prix et sans usage.

Gomme du Sénogal. Voyez Arabique (gomme). (Giibocrt.)

GOMMES-RESINES. Les gommes-résines sont des produits végétaux qui articipent de la nature des gommes et des résines , et qui paraissent résulter je l'union de ces deux genres de corps.

Les végétaux qui les fournissent sont le plus souvent herbacés, et croissent lans les pays chauds. Elles y sont dissoutes dans un véhicule aqueux, et forlent un suc laiteux et visqueux ; elles diffèrent en cela des résines qui sont disputes dans une huile essentielle.

On se procure les gorames-résines par incision des végétaux et dessication au aleil des sucs qui en découlent.

^es gommes-résines ne sont que très-imparfaitement solubles dans l'eau , et pur dissolution est opaque et laiteuse , à cause de la résine , qui n'y est que uspendue. Elles ne sont également qu'en partie solubles dans l'alcool pur, pais elles se dissolvent en entier dans l'alcool faible bouillant, ce qui offre un loyen de les purifier bien préférable au vinaigre, que l'on employait autrefois. \ vaut encore mieux, néanmoins, toutes les fois qu'on le peut, choisir les ommes-résines assez pures naturellement, pour qu'on n'ait pas besoin de leur lire subir de préparation.

Parmi les gommes-résines les plus usitées , cinq sont dues à la famille des omellilères, ce sont: \à gomme ammoniaque , Vassa foetida, \e galbnnum, Vopopaax , elle sagapénum ; i]eus., savoir: [' oliban cila, myrrhe , auxquelles sans doute I faut joindre le ôi/e///um , sont dues à la famille des térébenihacées , la gomme Wfe appartient aux guttilères , Veuphorbc aux cuphorbiacées , et la\$ca/?zTOoe'e à la famille des convolvulacées. 'Voir ces diffcrens noms. (Guibourt.)

GOMME. Gummi. (Thérapeutique.) A une époque où les sciences physiques iit fait de si immenses progrès , où les corps sont analysés avec tant de précion, où l'on a su découvrir, imiter même les diverses transformations qu'ils libissent , et reconnaître les élémens des diverses combinaisons que la nature DUS présenle, il n'est plus permis au médecin de rester en dehors de ce moubment général , et d'attribuer des propriétés différentes à des substances dont :i chimie a démontré l'identité de composition, ni d'aller obstinément chercher u'loin et à grands frais les médicamens que notre climat nous offre en abon- 'ance , et même d'une qualité supérieure.

On sait maintenant que , malgré quelques différences dans la proportion de îurs élémens constituans , les gommes , considérées sous le rapport de leur dion sur l'économie animale, peuvent être, sans inconvénient réel, subslijées les unes aux autres.

Les propriétés physiques et chimiques des gommes ne laissent pas présumer es vertus médicamenteuses bien énergiques; et c'est cette action douce et xçmpte de toute perturbation qui la fait employer dans une foule de circon- ^ances. Elle ne produit sur nos organes aucun effet bien sensible , et l'on ne aurait admettre , avec un médecin ennemi de l'école physiologique , que les •erforations intestinales qu'on observe dans les fièvres graves, puissent être ttnbuées à l'usage immodéré des boissons gommeuses. Quand les organes diestifs sont dans l'état sain , la gomme est digérée avec facilité , et fournit une limentalion qui peut suffire même pendant assez long-temps, mais qui ne peut tre considérée comme suffisamment réparative, comme cela s'observe d'ailleurs jour tous les produits immédiats végétaux ou animaux. Lorsque ces organes jont irrités , les boissons gommeuses sont souvent seules supportées. Il est néanfioins des cas dans lesquels les boissons gommées surchargent l'estomac , et sont ejetées par le vomissement, tandis que des boissons plus stimulantes, et même jesalimens solides sont conservés. C'est ce qu'on a observé fréquemment chez es malades qui, soignés par des médecins peu attentifs , mouraient de faim par uite d'une gastrite imaginaire. C'est à raison de ce qu'elle nourrit faiblement it sans produire d'excitation directe ou secondaire dans les parties enflammées , lue la gomme (comme la fécule et la gélatine , avec lesquelles elle a tant d'ana- !)gie) a été recommandée comme adoucissante , émoUiente , béchique , pectoale, etc. On lui attribue des propriétés curatives , tandis qu'en effet elle est

■t)lCT. DE MÉDECISE ET DE CuiRUEGlE PRATIQUES.

presque inerte. Il n'y a pas d'expériences comparatives pour prouver que , dans les phlegmasies des voies digestives , des poumons, des organes génito-urinaires , la solution de gomme soit effectivement plus eflicace que ne le serait l'eau pure ou l'eau chargée d'un peu de fécule, de mucilage ou de sucre.

Mais l'opinion vulgaire continue de faire loi. Il n'y aurait pas sûreté à vouloir contester que la gomme est souveraine dans le rhume, la fluxion de poitrine , etc. , et que sans elle on ne peut parfaitement guérir ces maladies. Laissons donc en paix cette antique réputation , mais pour ceux qui veulent ne rien croire sans démonstration, laissons subsister les réflexions qui précèdent.

Peu de médicamens sont d'un usage aussi fréquent que la gomme. On l'emploie en substance, soit en la laissant fondre dans la bouche et en humectant de ce liquide visqueux et adoucissant la membrane muqueuse qui revêt l'arrière-bouche et l'entrée des voies aériennes , soit en la faisant dissoudre dans une assez grande quantité d'eau , pour une boisson habituelle; soit enfin en formant , avec une petite proportion de liquide, un mucilage plus ou moins épais qu'on associe à l'huile , au sucre et à divers médicamens pour en composer des loochs et des potions diverses , dans lesquelles alors la gomme est réduite au rôle secondaire d'excipient. C'est encore dans ce sens que la gomme est employée pour former des pâtes , des tablettes , des pastilles, des trochisques , etc. Les doses sont , comme on peut le penser, d'une assez faible importance quand il s'agit d'une matière si peu active. Il en est de même du choix des espèces , qui sans doute intéressent le pharmacien , jaloux de n'avoir que des substances de la plus belle apparence, et de la meilleure qualité, mais auquel le médecin accoutumé à considérer l'action réelle des médicamens , ne peut donner le même degré d'attention. (F. Eatier.)

GOMMES-RÉSIINES. [Thérapeutique.) Si les substances connues sous le nom de gommes-résines présentent entre elles quelques anologies qui permettent d'en parler collectivement , elles offrent aussi de nombreuses différences qu'il faut chercher aux articles spéciaux. Ce sont des corps composés dans lesquels la gomme joue un rôle peu important, attendu qu'elle se trouve riunieà des principes bien autrement actifs ; savoir les résines et les huiles volatiles , quelquefois le tannin , etc. Au lieu de vouloir faire des gommes-résines une classe de médicamens à part, il faut donc, pour être exact et judicieux , les rapporter aux résines ou aux huiles volatiles, selon que ces principes y prédominent plus ou moins. [Voj-ez Huiles volatiles et Résines.) Ces substances ont d'ailleurs des propriétés médicamenteuses non équivoques : elles sont plus ou moins irritantes pour la surface sur lesquelles on les applique. Plusieurs d'entre elles, telles que l'euphorbe, la gomme-gutte, la scammonée , sont des purgatifs fort énergiques et d'un emploi très-commun. Ce sont d'ailleurs à peu près les seules dont l'usage se soit conservé jusqu'à nos jours : quant aux autres, dont les anciens faisaient une immense consommation et leur attribuaient des vertus auxquelles on a cessé de croire, elles sont tombées dans un oubli presque complet , et d'où il n'est guère probable qu'on se hâte de les retirer. Les doses et le mode d'administration se trouvent aux articles Assa foetida > Bdellium , Euphorbe , Gomme gutte , etc. (F Ratier.)

GOMME SYPHILITIQUE , Tumeur gommeuse , Gummi, Tumor gummosus , Apostema gummosum. A l'article Exostose, nous avons déjà indiqué notre opinion sur cette affection , que les syphiliographes anciens avaient considérée séparément. Nous devons ici examiner avec plus de détails en quoi elle consiste, quelles sont les causes qui la produisent, les circonstances qui favorisent son développement, et les moyens de traitement qui lui sont applicables. En portant quelque lumière sur les affections diverses qu'on a réunies sous la dénomination commune de maladie syphilitique , nous parviendrons à distinguer ce qui lui appartient réellement , de ce qui lui a été attribué à tort ; à pouvoir tracer son histoire complète , et par ce moyen à fixer sa thérapeutique jusqu'à présent si incertaine. (Foyez Syphilis.)

Les auteurs qui se sont occupés des tumeurs gommeuses (nous ne discuterons pas ici cette dénomination ridicule et insignifiante) ont confondu, sous le nom de gomme, des tumeurs de diverses espèces. Les unes sont des abcès froids lentement développés à la surface des os , situés presque immédiatement sous la peau , et qui sont fréquemment la conséquence de quelque point de carie ; les autres sont des exostoses [voyez ce mot) qui , au lieu de suivre une marche régulière , c'est-à-dire au lieu de parcourir successivement et sans intervalle leurs périodes de sécrétion plastique , de transformation cartilagineuse et d'ossification , éprouvent des alternatives de diminution et de recrudescence d'inflammation. Cette dernière espèce est la plus commune.

Nous rapprocherons de ces gommes une autre espèce de tumeur qui tient à la fois du furoncle et de l'abcès froid , et qui n'a point été décrite, ce nous semble , par les auteurs. Il s'agit de l'inflammation circonscrite du tissu cellulaire souscutané des membres en dehors des aponévroses d'enveloppe. Il apparaît au début une élévation le plus souvent sans douleur, sans changement de couleur à la peau , laquelle conserve sa souplesse et sa mobilité. Peu à peu la tumeur prend de l'accroissement , elle s'échauffe , adhère à la peau , qui perd ses qualités physiologiques, s'amincit, fait corps avec l'engorgement sous-jacent; puis , au bout d'un temps plus ou moins long , elle se crève et laisse couler une sérosité purulente. L'ouverture s'étend peu à peu par une sorte d'usure de ses bords, et le fond de l'ulcère blanchâtre est formé par du tissu cellulaire mortifié que l'on enlèvfi par lambeaux , véritables escarres , qui ne se résolvent jamais en pus. Après cette sorte d'exfoliation , l'ulcère prend un bel aspect, et la cicatrice, quoique lente dans sa marche, se complète très-bien. Ces tumeurs se manifestent chez des sujets de tempérament divers , mais qui ont eu précédemment des symptômes syphilitiques. Elles sont toujours multiples , isolées

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