‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 60 sur 311 · ART. III. FAUSSE GROSSESSE · texte numérisé non relu

ART. III. FAUSSE GROSSESSE

On est convenu d'appeler de ce nom des affections morbides qui , non-seulement peuvent simuler la gestation normale, mais ont encore avec elle un autre point de contact, l'identild d'origine. La fausse grossesse consiste dans la présence , au sein de l'utérus, d'une production née sous l'influence de la fécondation, comme le fœtus et ses annexes, mais altérée dans sa texture et détériorée au point de ne pouvoir jtiuir d une existence isolée après son expulsion , et de ne pouvoir môme, pour l'ordinaire, séjourner dans la matrice aussi long-temps que le produit d'une conception normale.

Les productions dont il s'agit ont élé désignées génériquement parle terme de moles , et on les a appelées quelquefois moles légitimes (Mori;a^ni), afin de les distinguer de certaines masses indépendantes , pour leur origine , des actes de la génération , comme des caillots de sang menstruel ou des polypes sarcomateux , tantôt adhérons à l'utérus dont ils ne sont qu'une excroissance, tantôt libres dans sa cavité, ou plutôt devenus libres en s'en échappant par la rupturë de leur pédicule. Ce ne sont point là de véritables moles, pas plus que les restes

GROSSESSE. ( IHO )

du placenta qui, dit -on, peuvent non - seulement séjourner, comme cliacnu en convient, mais encore ^ é-éter dans la matrice après un accouchement ordinaire.

Nous distinguerons trois sortes de moles et par conséf|uent de fausses grossesses : 1° le (aux geruie ; 2" la mole charnue ; 3" la mole hj'dali(i!ie.

§ 1er. /-'aux germe. On sait que, chez les oiseaux , des Icmclies non fécondées pondent des oeufs stériles et qu'on nomme vulgairement œiifs clairs. Il n'en est pas ainsi dans l'espèce humaine : tout œuf descendu dans l'ulérus suppose un acte fécondaleur; mais il n'est point très-rare d'en trouver qui ne renferment point d'embryon. 1-a membrane caduque, le chorion , l'amnios existent et sont bien reconnaissables j celte dernière poche est remplie d'eau, et parfois tics fiiamens floltans dans sa cavité semblent être les restes d un cordon onibilic.il ; ou bien quelque petit corps charnu , informe et morbide , occupe le lieu où loupent supposer que ce cordon a éle d'abord implanté. Tout ceci semble suffisamment indiquer que les premiers linéamens de l'embryon ont existé, mais qu'une cause quelconipie les a bientôt détruits ; en effet, que cet embryon cesse de vivre, et sa trame gélatineuse sera prompteraent dissoute; ses élémens dissociés se perdront dans le liquide ambiant. Or, nous avons dit ailleurs ( art. Foetus ) que l'embryon et ses membranes étaient susceptibles de maladies, d'altérations parfois graves et mêmes mortelles. On conçoit qu'il faut peu de chose pour amener ce résultat dans les piemières semaines de la Aie intra-utérine: un épaiichemeiit de sang vers l'origine des vaisseaux ombilicau\, un simple trouble circulatoire dépeud.int d'une frayeur, d'une secousse physique, etc. , peuvent produire un pareil e^et. Aussi , dans la plupart des faux germes, remarque-t-oa que le tissu feuljé de la caduque et les villosités du chorion qui la traversent sont pénétrés de sang coagulé, combinés, en quelque sorte, à des masses librineuscs qui s'en délachent bien difiicilcment , surtout quand la pièce a été conservée dans l'alcool , et donnent il la coqne renfermant l'eau de l'amnios une grande épaisseur, une compacité qui assimilent le faux germe à certaines moles charnues. Nous allons voir que , du reste , elles n'en difl'èrent V( ritablemnnt que par des altérations aussi réelles qu'elles sont ici apparentes, et par un plus long séjour dans l'utérus, d'où suit une transformation plus complète. Un faux germe efTeclivement ne séjourne guère au-delà de deux ou trois mois , et il est impossible de distinguer sa présence d'une grossesse régulière et ;i pareil terme. De même aussi son expulsion nu diffcre en rien d'un avortement dû à quclqu'autre cause que la destruction de l'cmhryon, ets'opérant à la même époque. La ressemblance même est telle que, si le faux germe n'est pas chassé eu entier, comme c'est toutefois roidinaire,s'il vient à s'ouvrir durant l'expulsion, et à se vider de l'eau qu'il renfermait , il est presque impossible d affirmer qu'un embryon ne s'y trouvait pas naguère encore contenu, et ne s'est pas perdu dans les caillots apr'es s'être détaché des membranes par la rupture de son pédicule et s'être échappé de leur intérieur avec l'eau de l'amnios.

§ II. Mole charnue. Que le faux germe reste plus long-temps dans l'utérus et s'y nourrisse du sang tlestiné au iœtus; que les caillots combinés au tissu placentaire du chorion et de la caduque , c'est-h-dire aux élémens du placenta , prennent une organisation pareille, à peu près , à celle de ces productions normales ; les cnvelop|)CS de l'œuf acquerront une consistance et nne épaisseur extraordinaires. Selon le temps du séjour intra-utérin, selon la gravité des désordres qui auront précède la dégénérescence, tantôt la mole charnue sera creuse, tantôt coA«/jflcîe. Dans le premier cas , son volume varie depuis celui d'un gros œuf jusqu'à celui de la lèle d un enfant naissant ; sa cavité est lisse , remplie d cau , et même quelquefois d'un fœtus , la dégénérescence de ses enveloppes tenant à une cause autre que la destruction ( inola prœgnaiis , mole ctabryounée ). Son extérieur est fongueux , inégal , parfois lobé ou anguleux, plus ordinairement arrondi ou ovoide ; quelquefois recouvert d'une croule calcaire. Dans le deuxième cas (mole compacte), soit que l'absorption du liquide amniotique ait tléterminé l'oblitération de la cavité centrale , soit qu'une crevasse lui ait livré passage, les secondines , restant adhérentes à la face interne de la matrice et s'hy pei trophiant en proportion du temps qu'elles y passent, coustilin nt une masse plus irrégulière encore que dans le cas précédent, et ordinairement beaucoup plus considérable. On en cite d'énormes; mais le plus graïul nombre ne dépasac pas le volume des deux poings. En examinant leur texture , on tombe ici sur un tissu filamenteux , spongieux comme celui du placenta ; là , sur une substance charnue, d'aspect parencliy mateiix ; ailleurs sur des hydatides, sur des caillots (ibrineux et cruoriques; quchpielois même sur des restes de fœtus, des os, des membres entiers, qui s'y sont incorporés, ou qui n'y tiennent que par des adhérences extérieures; telle était celle qu'a figurée Ruyseh , et dans laquelle se voyaient des membres provenant de plusieurs embryons.

Cette circonstance indique assez qu'une grossesse gémellaire peut coïncider avec cette dégénérescence ; mais rarement les deux produits sont simultanément affectés ; car on citerait peu d'exemples de ileux moles existant ensemble <lans l'utérus ; on pourrait dire , à la vérité, qu'il y a eu quelquefois soudure et fusion entre deux œufs détériorés et primitivement distincts. Souvent, au contraire, une mole coexiste avec uu produit normal ; fréquemment même elle laisse s'achever la gestation , et , immédiatement après un fœtus vivant , ou quelques jours après sa naissance, la mole est expulsée; d'autre^ fois elle amène I avortement , et dans des cas bien plus rares encore , on l'a vue êire expulsée la première , à sept mois, par exemple , et l'enfant rester dans la matrice jusqu'à sa maturité parfaite.

La fausse grossesse avec mole charnue est bien souvent difficile à diagnos^ tiquer , surtout dans les deux premiers mois ; on peut même dire que les syrop-^

GROSSESSE

tomes ne dilTèrent p.oinl alors de ceux d'une grossesse normale , mais accompagnée de quchiues incommodités. Un sentiment de pesanteur et de gêne dans! la région pelvienne , de petites pertes , plus ou moins fréquemment réitérées,, d'une sang trcs-séreux et parfois d'eau presque pure, tels en sont d'abord le^ seuls indices , bien vagues et bien incertains. Plus tard on peut reconnailr^ que le ventre a plus d'ampleur et l'hypogaslre plus de saillie que ne le cotn-j porte la date présumée de l'imprégnation. Le corps de l'utérus, examiné du côl^ du vagin et même par l'hypogaslre, semble plus résistant, plus compacte, plu# inégal , plus pesant qu'il ne devrait être ; et le ballotement n'y peut être pcrri^ en aucune manière. Pins tard encore, on cherche vainement à sentir les motH vemens d'un fœtus, à entendre les batlemens de son cœur. La femme ne le; sent pas non plus s'agiter, et elle se plaint d uu îentiment de poids croissant! de jour en jour et tombant sur le côté vers lequel elle s'incline. La réunion de; ces signes peut seul constituer un diagnostic un peu sùr , car le ballottement J par exemple, pourrait n'être pas exécutable si le placenta était greffé surl'otiwi ficc interne de l'utérus. Nous avons éprouvé de semblables doutes en un ci£ pareil , et les mouvemens spontanés du fœtus sont venus seuls éclairer uïj diagnostic que des pertes frétpientes et séreuses , l'inégalité et la dureté lïé l'utérus ne contribuaient pas peu à obscurcir.

Aussi est-il souvent arrivé que l'expulsion de la mole a seule décidé du ci* raclèrc delà grossesse Cette expulsion , quelquefois facile et prompte , est assrâi sou vent aussi pénible, douloureuse et accompagnée, précédée surtout d'hémorrha-i gies dangereuses. Les adhérences irrégulières , inégales de la masse fongueusej avec la matrice souvent malade ellc-mênjc, les décollcmens incomplets, la faibles.-ei des contractions utérines résultaiit de toutes ces circonstances , voilà qui ren»lj assez raison de ces difficultés, des ces dangers. Le plus souvent c'est au troi^t sième, au quatrième mois, au sixième eiTcoie, que s'opère cette parturition;! quand )a masse était volumineuse , son séjour avait été plus long; il avaifr même , en plusieurs cas , dépassé le terme d'une grossesse régulière; la fausse! grossesse avait duré alors onze mois, quatorze mois: on parle aussi de plusieui'Sj années, mais e étaient là des cas exceptionnels. i Le pronostic de la mole charnue n'est pas toujours bien fâcheux ; il est l'are» que 1 hémorrliagie soit mortelle, comme l'a vu Delamotte ; mais elle faligunH souvent la femme , au moins pour quelques semaines. Du reste , bien que h\ récidive ne soit pas impossible , bien que certaines femmes y semblent avoiii une f.àcheuse aptitude , elle n'est pas non plus , à beaucoup près inévitable , c i ne doit nullement faire désespérer d'une bonne grossesse à venir, ( Les secours de l'art sont ici , comme i)our le faux germe , presque entièrcl ment palliatifs. 11 faut attendre, aider, soulager; quelquefois le tsmponnemeit I sera nécessité par une hémorrliagie alarmante ; quelquefois le seigle ergoté i les lavemeus cxcitans (eau salée on vinaigrée ), les fumigations , les bains d.j siège , les injections devront activer les contractions de l'utérus,, ou favoriser 1 j décollement de la mole et la dilatation du col de la matrice. Pour ce demie I objet l'extrait de belladone, incorporé dans une pommade et appliqué sur l contour de l'orifice utérin , pourrait encore offrir de grands avantages. Enfi | les doigts, peut-être la main entière, dans quelques cas bien rares la pince , faux germe de Levret , ou une tenette quclconqué, ou bien encore le croche j mousse de Fabrice de Hilden pourront aider mécaniquement à une expulsioi j lente , difficile , incomplète. | § in. Mo/e vésiculaire. Nous n'entrerons pas ici dans une discussion nouvell j pour prouver que le part hydalique est, comme la mole charnue et le fauJ germe, le résultat d'une conception. Les cas dans lesquels on a vu le placent i d'un enfant à terme contenir de ces vésicules hydatiformes , ceux où un ent bryon était entouré de membranes parsemées de vésicules en grappe, ceux er fin où les (ilamens du chorion, naturellement noueux, représentaient des clii pelets de granulations ve'siculeuscs à ditTérens degrés, ont suffisamment prouw et (]ue les prétendues hydatiles de la matrice n'étaient point des acéphalocyste et que les nulimens d'un placenta futur en étaient le siège immédiat , le prii j cipe réel. Cette véiité ne pouvait donc plus être infirmée par l'absence d'n < embrvon remplacé par un paquet de vésicules appendu à une sorte de corde ^ ombilical et flottant clans, un liquide au centre de la mole; elle reste toi' | aussi évidente lors même qne ce cordon et ces globules manquent comme i reste de l'embrvon , lors enfin que la masse hydalique est sans cavité et n'otTn l à son centre , qu'un noyau filamenteux et charnu. Nous renverrons pour d'ar j Ires détails à l'article FoETt's , où il a déjà été question de cette dégénéra') cencc du placenta. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit, à cet ' ^ occasion, sur le diagnostic , sur le pronostic, sur la durée de la gestation, I sur les moyens curatifs qui d'ailleurs se rapprochent singulièrement de cer qui viennent d'être énonces au sujet de la mole charnue ; nous ajoutcro i seulement un court parallèle entre ces deux fausses grossesses relativement i leurs caractères distinctifs. \° Il est plus rare de voir la mole hydatique que ) mole charnue coexister avec une grossesse normale. 2" La durée de la faus I grossesse hydatique est généralement plus longue que celle de l'autre; on . | mèuie parlé d'une masse vésiculaire du jioids de quinze livres, trouvée sur . I cadavre d'une femme dont l'utérus était distendu depuis cinq à six ans. 3° L ' < lérus est ordinairement moins pesant et moins dur quand il y a dos vésicul • dans sa cavité que quand une masse compacte le remplit; celte règle n< i pourtant pas sans exception. 4" La mole vésiculaire est, plus souvent que ( charnue , expulsée en plusieurs fois et par lambeaux ; il en résulte des doulei j et des inquiétudes prolongées , réitérées , des hémori hagies plus fréquemmt ( renouvelées , et par conséquent plus dangereuses, un événement plus soun t funeste. , I

GROSSESSE

GROSSESSE

ART. IV GROSSESSE EXTRA-CTIiK I NE.

l<r Dcfiniiion. Dii>ision. Par celte expression, on entend le développement lin fœtus et de ses annexes liors de la cavité normale de riilcrus. Ce n'est pas lis motifs que nous avons spccilié par rc|)illiète de normale la cavilé nlcriiie, r l'utérus peut faire partie d'une cavilé anormale en se confondant avec ses irois; il peut même faiie à lui seul les frais de la cavité insolite où s'est placé nibryon , comme il peut lui être tout-à-fait étranger. Toutefois, dans ce irnier cas même , il n'est point sans relations , du moins jihysiologiques , avec

sac acciileutel ([ui semble alors le remplacer : en elTct on le voit toujours quérir dos dimensions doubles ou triples de ses dimensions ordinaires , ses irois s'épaissir, sa cavilé. quoique vide , s'agrandir, et se tapisser d'une fausse tembrane épaisse , véritable caduque qui ne doit point recouvrir, comme dans grossesse normale, un cliorion, un œuf, mais dont la production est due Mumoins à une excitation analogue à celle que la présence de 1 œuf dolt-riiie dans les cas réguliers. La synergie de l'utérus et de la poche gravide se aiiifcsle encore , lors de la maturité du fœtus , par l'établissement fréquent 1111 faux travail dans lequel ce viscère parait être véritablement le siège de 'iitrac lions , de crampes analogues aux douleurs du travail ordinaire. Quant I sac dont nous avons plusieurs fois parlé, il varie dans son épaisseur, sa n^iitance, sa force contractile, et cela suivant le siège de la grossesse extracnne. Sous ce rapport on peut en distinguer quatre espèces principales, et nit-rtre même une cinquième qui, sous le nom de vaginale , a été admise ir Itichter. Selon lui , le fœtus aurait pris une fois son accroissement dans la iilie la ])ius élevée du vagin ; mais ce fait est l'unique dans son genre ; il n eu t pas ainsi des quatre autres espèces, 1 interstitielle , la tubaire , rovariqu<;

la ventrale.

1". La gr ossesse iiitei stiliclle , signalée dans ces dernières années par le docur Breschet , est celle où , dans l'épaissur même des parois de la matrice , établit une cavité fermée de toutes parts en apparence , quoiqu'elle ait péris à un œuf complet d'y pénétrer et de s'y établir. Est-ce une déchirure de

trompe dans la portion de sa longueur qui traverse les parois utérines ? est- ■ l'existence de quelque canal insolite rampant dans ces mêmes parois et jouché avec la trompe même? est-ce un rcti ccissement d'une des cornes, un des angles ou ad-ulerum de ce viscère alors bifurqué , une oblitération msécutive de l'orifice par lequel il communiquait avec le corps de l'utérus, qui jnne lieu à cette disposition singulière? Parmi les faits assez nombreux collés par le' docteur Breschet , il en est qui semblent plus favorables à telle ou lie opinion. Nous en avons cité ailleurs (Prat des acc ) deux plus concluans 1 faveur de la dernière , <raprès Ramsbotham et Eiseiimann. On peut y en G iter un troisième publié par le docteur Ollivier. Dans ces trois cas , la pole annexée à la matrice et contenant l'enfant était feruiée du côté de ce visre, de l'autre elle portait une trompe et un ovaire.

2°. Le mécanisme aujourd hui bien connu de la conception , et les cxpérieiis qui ont contribué à nous le faire connaître , rendent très-aisément conceiblel'arrèt d'un ovule clans un point quelconque de la cavité d'une des trompes rétablissement d'une grossesse tubaire ; aussi les exemples en sont-ils nompeux et manifestes. La trompe distendue forme alors un sac épais à parois preuses et dues à I hypertrophie des fibies contractiles ilu canal élargi. Aux farois de ce sac adhèrent et l'ovaire qui souvent s'en dislingue à peine , et l'u- Mus agrandi comme il a été dit plus haut, et eu même teiups aplati, et queluefois encore diverses portions d'intestin.

La mobilité naturelle de la trompe rend raison de la diversité du siège u'elle affecte quand elle est ainsi occupée par un corps dont le volume s'est raduellement accru. Le plus souvent c'est dans l'hypogaslre ou à la hauteur de ombilic , mais plus d'un côté que de l'autre , et naturellement du côté auquel ppartient la trompe affectée, que se porte la tumeur formée par elle et son ontenu ; mais quelquefois aussi cette tumeur, avant d'avoir acquis beaucoup le volume , rouie en arrière entre l'utérus et le rectum , reste enfoncée dans excavation pelvienne et ne peut bien être touchée cjue par les doigts portés ans la vulve ou dans l'anus.

3o. Cette précipitation doit arriver bien plus facilement encore (\\\anàYovnire été le siège du développement anormal d'un produit retenu dans l'organe 'inéme où les premiers liuéamens en ont été sécrétés. On voit assez fréquemmcnt des tumeurs de l'ovaire , tout autres que celles qui nous occupent ici , iescendre dans le bassin derrière l'utérus et le vagin ; car la longueur du pédicule que forme leur ligament , qui s'allonge encore dans ces circonstances , est fiu moins égale à la portion de la trompe qui remplit le même office dans le cas ^le grossesse tubaire , si celle-ci se forme vei s le milieu de la longueur du canal. On ne peut du reste révoquer en doute 1 existence des grossesses ovariques ; car on en a vu d'assez peu avancées pour que le tissu de l'ovaire fût encore recon- ^aissable ( I/'e ) , et les deux ovaires ont une fois présenté simultanément pette particularité ( Smiih). Plus tard, la texture caractéristique de cet organe a disparu, mais la trompe de son côté est entière dans les parois , ou plutôt sur les parois du kyste; et ce kyste, tout étendu, tout épais et fibreux qu'il est, n'en est cependant pas moins susceptible d'être, en esprit, attribué à l'ovaire que l'on sait très-extensible ( hydropisie ) , et dont la tunique sous-péritonéale paraît fibreuse, peut-être même contractile ( Felpeau).

4". Ces doutes sont , il faut en convenir, plus légitimes pour ce qui conjcnrne les grossesses ventrales. Dans celles-ci on suppose que l'ovule échappe en fmème temps à l'ovaire qui se rompt et à la trompe dont le pavillon devrait } embrasser étroitement, et qu'il tombe dans la cavité du péritoine; il serait

! D'CT. DE MkDECINE et DE ChISURCIE PRATIQUES.

bien possible elTeclivement que l'ovaire conservant plusieurs jours un ovule fécondé, le conservant au-delà du temps que dure l'orgasme et l'érection de la trompe, finit par se rompre au lieu de se distendre, et laissât échapper l'œuf au lieu de lui fournir un kyste. On peut donc admettre comme réels , malgré la dénégation de quelques praticiens , les exemples où l'on a vu , dans l'abdomen , le lœtus entouré de ses eaux et île ses membranes, mais sans kyste , sans envelojipe autre que celle qui tapisse la cavité abdominale. L'œuf n'était alors ]iourvu , à l'extérieur, que tl'un simple épichorion adhérent au péritoine , tapissant , au voisinage , les viscères et les parois de l'abdomen , et n'y adhérant que par des filamens va.sculaires nombreux, injectés, comme enflammés et constituant un placenta membraneux ou simplement vasculcux comme celui du cheval , du pore ; quelquefois aussi ces vaisseaux rassemblés en faisceaux étaient mélanges à des amas de substance spongieuse toute semblable à celle qui caratèrise le placenta humain (Lallcmand). Ce placenta a été trouvé inséie sur l'ovaire et le ligament large (Kellin, L/illeriiand} , sur presque tous les viscères abdominaux ( TumbtiU) , sur le mésentère ( ireiiikneclit ) , le colon (Fera), l'estomac (Courlial) , les fosses iliaques ( Hoinieux) , le sacrum ( Biiudeloccjue ) .

Ce sont là des exemples de grossesse exlra-utcrine complète; on en connaît au moins un de grosse.-se extra-utérine incomplète {Pattma). Le fœtus seul avait été logé dans la trompe; la placenta , devenu globuleux , était resté dans la matrice , circonstance qui semble prouver qu'il n'y avait point eu ici arrêt dans la marche de l'ovule , mais rétrogression d'ime partie des produits de la conception par suite d'une l'upture de l'œuf dans la matrice même, et à une époque où déjà le cordon ombilical avait assez de longueur pour permettre à l'embryon de s'éloigner ainsi de ses enveloppes. Sans doute une cause inconnue avait tenu élargi l'orifice interne de la trompe et facilité le passage d'un corps plus volumineux qu il n'est d'ordinaire susceptible d'en admettre.

§ II. Causes. Il serait difficile de donner ici rien que d hypothétique, rien qui pût être de quelque utilité pratique, soit pour la prophylaxie, soit pour le diagnostic. Ce n'est que par supposition qu'on admettra des secousses physiques et morales peu après la copulation comme capables d'empêcher l'ovule d'arriver jusqu'à l'utérus ; toutefois cette explication offre beaucoup de vraisemblance dans le cas rapporté jiar le professeur Lallemand , ce qui n'empêch.i pas de méconnaître la nature de l'afTection à laquelle on avait affaire. Une surprise et l'émotion qu'elle avait causée immédiatement après le co'it parut être l'origine de cette grossesse ventrale, dont les premiers symptômes furent des coliques et une douleur fixe dans la région iliaque gauche; or, c'est du même côté {[ue fut trouvée, à l'ouverture ilu cadavre, l'insertion du placenta. Quant à la femme qui fait le sujet de l'observation de Patuna , elle avait fait une chute sur le ventre dans les premiers temps de la gestation.

^ III. Signes. Ainsi que l'observe Baudelocque , il est rare, malgré ce que nous venons de dire , que l'on puisse . dès les premiers mois , reconnaître une grossesse extra-iitcrine. C'est qu'en effet les signes de toute grossesse sont fort douteux dans les premiers temps. Ces signes se tirent surtout de la manifestation que le fœtus donne de sa présence, non-seulement par le tléveloppement du venlie , mais encore par ses mouvemens spontanés reconnus de la mère et du chirurgien, par les battemens de son cœur distingués à l'auscultation , et enfin par les mouvemens [lassifs qu'on peut lui imprimer du côté du vagin en le poussant à travers les parois du sac qui le renferme , et le sentant retomber sur le doigt explorateur , ce qui constitue le ballotemenl. Voilà de quoi caractériser une grossesse fœtale, et c'est avoir fait déjà beaucoup pour le diagnostic que d'en avoir éloigné toute idée de tumeuç étrangère à la gestation ; mais nous devons faire observer que cette distinction ne serait plus aussi facile à établir dans le cas de grossesse extra-utérine très-ancienne, dans laquelle le fœtus aurait cessé de vivre et serait en contact immédiat avec les parois du kyste par suite de l'absorption du liquide dont il est ordinairement entouré. 'Voyons maintenant comment on peut distinguer si la gestation est utérine ou non.

On a dit hypoihétiquement que la menstruation persistait durant la gestation extra-utérine , parce que l'utérus était libre ; Baudelocfjue remarque que l'observation a promé le contraire , et que d'ailleurs ce signe serait bien insuflisant s'il existait , puisque la menstruation ne manque pas toujours dans les grossesses régulières. On tirera un parti bien plus réel de la liberté de l'utérus en la constatant physiquement. Le toucher pourra faire connaître que cet organe est un peu agrandi , qu'il est appliqué sur les parois d'une poche qui l'avoisine , le déplace , l'incline et l'abaisse ; peut-être une sonde mousse, portée avec précaution dans son orifice, ordinairement en pareil cas assez largement ouvert , indiquerait-elle bien , parla profondeur à laquelle on la sentirait pénétrer, cette vacuité d'un utérus agrandi; le doigt même pourrait quelquefois s'y introduire et donner, jusqu'à un certain point, les mêmes résultats, comme nous nous en sommes une fois parfaitement assuré après la mort du sujet. Ce même doigt, porté dans le rectum, fournirait ausoi des élémens précieux de diagnostic , et c'est surtout en cas de grossesse interstitielle que le toucher rectal pourrait compléter ce que le toucher vaginal laisserait d'insuflisant , rectifier même l'erreur dans laquelle ce dernier pourrait induire , vu les intimes rapports qu'ont alors et le kyste et l'utérus dont il n'est qu'une dépendance. Il en est de même de la palpation du ventie pour l'appréciation de la tumeur en ce qui concerne la forme et le siège. En général un kyste extra-utérin est plus irrégulier, plus inégal que l'utérus ; il est souvent tout-à fait dévié vers l'un des côtés de l'abdomen , et nous avons dit qu'il était quelquefois descendu entre le rectum et le vagin , ce qui permet de l'explorer par ces deux canaux , d'y reconnaître la fluctuation , le ballotement , etc. Suivant Baudelocque , un kyste ex-

GROSSESSE

GROSSESSE

Ira-utéiin serait généralement pourvu darlères plus grosses et plus noni- Lreuscs que l'utérus même; d'où résulteraient des pulsalious beaucoup plus sensibles à la main palpant Tabdomen. Peut être raiiscultation peruiellrail elle de tirer de celte circonstance un parti plus utile encore; mais ceci ne serait réel , sans doute , que pour les grossesses tubaircs et ovariques , et non pour les centrales qui sont sans kyste vérilable.

§ \Y , Terminaison , durée , e.ic. Si l'on veut faire un relevé approximatif des exemples nombreux de grossesses exlra-ulérines qui, chaque jour, se multij)lient djns les archives de la science , on sera bientôt couvaiucu que la majeure pal lie des feuiuies qui en sont alfeclées n'arrive point au terme de la ikiréc ordinaire à la gestation normale. Ceci s'applique surtout aux grossesses tubaires, ovarisques et interstitielles, c'est-à-dire aux grossesses enkystées. DL^Ienilu bien au delà des limites nalurelles de sou élasticité , le kyste doit s'accroître, shypertrophier , comme l'utérus dans la grossesse ordinaire, pour suffire à contenir un œuf devenant chaque jour plus volumineux; mais d'une part, la trompe et l'ovaire n'ont point été prédestinés par la nature à une pareille hypertrophie, et il n'est pas surprenant i|u"ellc !>'arréte fréquemment de bonne heure ; d'autre part , dans une grossesse inlerbtitielle , l'utérus est fort inégalement distendu ; un des côtés du kyste doit avoir fort peu d'épaisseur, et la ru[)lure s'y faire avec d'autant plus de facilité que le reste de l'organe résiste davantage à la distension. Aussi voyons-nous ces sortes de ruptures être bien fréquemment causes d'une mort rapiile, soit qu'une pression extérieure, une secousse, une vive contraction des muscles abdominaux en ait déterminé le parachèvement, soit que, spontanément et par l'effet d'une contraction spasraodique , le kyste lui-même se soit rompu, comme la matrice le fait quelquefois dans un travail pénible. C'est alors à un travail anticipé et en quelque sorte ahorlij" qu'est due cette terminaison funeste; elle a été observée au premier mois {Cu/ionico) , à six semaines {Tret'iranus) , à deux mois (Fej-hey en , Baudelocque , Fiillerand) , à trois mois (Brescitet , Majer) , à quatre mois (BLizard , James, Rainsbolham , Crweilhier) , du cinquième au sixième {Barbaul) , à sept mois [Clark''). Eniin cette rupture subite n'a eu lieu quelquefois qu'après le terme normal {Baudelocque , Paluna) ; le fœtus ayant acquis alors un volume extraordinaire. Dans tous les cas. c'est iliémorrhagie intéiieure qui a enlevé les malades , tantôt en peu d inslans , tantôt aprè.s tjuelques jours de souffrances. Des douleurs plus ou moins vives , l'affaiblissement rapide , la pâleur, les syncopes, etc. , caractérisent ce fâcheux événement , et à l'ouverture du cadavre on trouve le fœtus dans l abdomen avec des caillots et du sang liquide; le placenta reste contenu dans le kyste, et le cordon ombilical traverse une rupture irrégulière qui rend raison de I hémorragie par la solution de continuité des nombreux et gros vaisseaux dont le kyste se montre encore parcouru dans sou épaisseur.

Dans les grossesses ventrales , la présence de l'œuf et l'excitation qui eu résulte , le mouvement fluxionnaire que déterminent , dans le péritoine , les rapports circulatoires établis entre cette membrane et le placenta , suffisent quelquefois pour produire tous les symptômes et tous les effets d une péritonite chronique et mortelle avant l'époque où se serait opéré un accouclieuient naturel.

Mais quelquefois aussi ces accidens inflammatoires sont plus lents et plus tardifs non-seulement dans ces grossesses ventrales, mais aussi dans celles que nous avons désignées comme enkystées. Alors , pour l'ordinaire , vers le neuvième mois surviennent des douleurs semblables à celles de la parlui ition ; la femme croit toucher au moment de sa délivrance ; parfois même l'accoucheur sentant l'orifice utérin s'élargir, le col se ramollir, quoique conservant sa longueur, partage les espérances de la femme; mais, après un, deux , huit jours même de durée, les accidens cessent, tauLôt pour toujours , tantôt pour reparaître quelques semaines plus tard , et même à deux ou trois reprises. A cette activité, pour ainsi dire musculaire , du kyste et de l'utérus, succède une activité circulatoire , une inflammation entretenue, excitée , ijoussée à la suppuration, à l'ulcération , par la présence d'un corps devenu en quelque façon plus étranger qu'auparavant depuis que le fœtus a cessé de vivre.

De là icsultent des abcès souvent mortels , soit qu'ils s'ouvrent par des fistules étroites à l'extérieur ou dans l'intestin , soit que, produisant des perlorations plus larges, ils permettent aux débris d'un fœtus putréfié de sortir, pièce •à pièce et par lambeaux, ou même tout à la lois s'il est d un volume médiocre. C'est ainsi que l'on a vu s'échapper des osseraens mêlés de matières putritles par l'ombilic, l'hypogastre , l aine ou quelqu'autre région du ventre , plus souvent encore peut-être ppr le rectum, tjuelquefois par les voies urinaires et même par l'estomac. (Vo3'ez Prat. des acc., par madame Lachapelle , tom. m, pag. yi). Cette expulsion n'est pas toujours fatale à la femme ; on en a vu plus d'une guérie après avoir été réduite au dernier degré de marasme; mais mal Leurcuscuient le contraire est moins rare.

Dans quelques cas peu communs , on voit manquer ou cesser toul-à-fait et les plunouiénes de contraction qui pourraient amener la rupture, et ceux d'infl.immation dont l'ulcération est la suite. La femme conserve une santé telle quelle; parlois elle ne se plaint que d une gêne mccanicpie, et peut prolonger loit loin ses jours en portant dans son sein un fœtus comme desséché , momiûé ou pétrifie. Le kyste participe d'ordinaire à cet endurcissement ; il devient sou- \cnt osseux et parfois adhérent à ce fœtus dégénéré. Le merveilleux attaché à ces sortes de faits les a conservés dans les annales de la science , et ils s'y trouvent en assez grand nombre , malgré leur rareté réelle : il faut les connaître , car ils offrent, comme on voit , une espérance de plus aux malheureuses dont rexistcuce est ainsi menacée , et peuvent modifier beaucoup les indications

présentées par ces cas généralement ambigus et difficiles (voj ez ci-après la i notice bibliographique). j

§ V. Indications. En supposant le diagnostic bien établi , les indications ne j sont pas pour cela exemptes d'incertitudes et de doutes; elles ne sont pas noni plus les mêmes , à beaucoup près , dans des circonstances différentes; mais | lût-on bien sûr de l'existence d'une grossesse extra-utérine , il est clair qu'on | ne peut, qu'on ne doit du moins rien tenter avant que l'enfant soit viable,! c'est-à-dire avant le septième mois de la gestation , car il faut chercher à lui | conserver la vie aussi bien qu'à sa mère. |

Toutefois , si des accidens graves surviennent avant celte époque , si le ky.stcl se rompt ou spontanément ou )iar l'effet d'une secousse quelconque , il peutffl s'élever une question importante. Laissera-t-on la femme courir les risques | auxquels l'exposent et l'hémorrhagie intérieure , et l'inflammation consécutive,! effet inévitable de la présence d'un corps étranger dans l'abdomen? L'art ne possède que peu de moyens à opposer au premier de ces effets; le repos , la diète , les réfrigi'rans sur le ventre, les boissons tempérantes et froides n'of-j friront que de faibles ressources , qu'il ne faut pourtant pas négliger de mettre | en prati([ue. Quant à l'inflauimation , ne risquerait-on pas de la rendre au contraire plus intense en incisant l'abdomen pour en extraire le fœlus et ses annexes ? La gastrolomie du'raoins ne devrait être tentée que dès que les synip-| tômes d'une pei te de sang intérieure auraient totalement disparu, et peut-être encore serait-il plus prudent d'attendre que les substances étrangères, pous- i sées vers le point le plus déclive de l'abdomen , se fussent environnées d'adhérl | rences inflammatoires, de sorte que , plus circonscrit, le foyer des accidensi , pût être mis à découvert avec moins de danger.

Mais si nul accident grave n'entrave la marche de la grossesse et le dévelop-i I pemenl du fœtus ; si , au terme normal ou vers le septième et le huitième mois,? I on a la presque certitude que l'enfant est viable et vivant , et qu'alors un tra-n vail de pariurition semble s'établir; ce travail inefficace, dangereux pour Ici;' deux individus qu'il peut tuer à la fois, dangereux surtout pour le fœtus dont il 'l trouble la circulation et défruit bientôt les moyens d existence, ce travail , dist . je , a du moins cette utilité d'avertir le praticien qu'il est temps de prendre unjj parti, d'agir efficacement pour agir avec avantage. Ouvrir le sac où le produiliii de la conception s'est logé , c'est là la seule opération rationnelle dont onl, puisse alors espérer des résultats heureux; mais cette opération est encore bieliN difficile et bien chanceuse. En quelque lieu que soit placé le kyste , quelque faible épaisseur de ])arfies qu'il faille entamer pour l'atteindre, son incisioÉa ne saurait être regardée comme exempte de péril, car nous avons vu queld tristes effets pouvaient résulter de sa rupture. Les gros et nombreux vaisseauj qui le parcourent ne sont pas ici, comme dans l'utérus gravide, environné» d'une chair ferme, éninemment contractile, et dont la condensation, rapidéi et considérable après l'évacuation du sac, puisse comprimer, effacer pour ains» dire leur calibre. D'un autre côlé ce kyste sera toujours situé assez profondé ment pour rendre bien difficile et le tamponnement et l'application des autres moyens hémostatiques. A ces dangers , ajoutez ceux d'une ])éritonite des plus graves dans le cas où le kyste doit être cherché à travers les parois abdorai-. nales ; ajoutez-y encore l'incertitude des rapports de ce kyste avec les parties voisines; et la gastrotomie , cette opération si simple, si facile au premiei! coup d'œil , ne vous paraîtra pas d'une médiocre importance. Baudelocque lui' même n a pu arriver au kyste qu'après avoir, à son insu, fendu verticalemeni la matrice dans toute sou épaisseur, et dans ses deux parois ; aussi la maladii succomba-t-clle promptement à l'inflammation inévitable après de pareils déi sordres : il en a été de même tians plusieurs autres cas cités par ce professeui et contenus dans lesjournaiix de médecine. Néanmoins la gastrotomie compti: des succès réels dans les cas de rupture à la matrice , et riiystéi olomie a auss réussi assez souvent pour encourager les praticiens à ouvrir l'abdomen en ca;' de grossesse extra-utérine. On peut du moins espérer de sauver ainsi la vie di-S Yenianl {Bauddloccjue J Heiin). Oi\ a remarqué même que , dans des malheu ! reuses tentatives , ce n'est pas 1 bémorrhagie qui a paru être la cause de li ! mort, c'est la péritonite ; c'est donc une chance fâcheuse de moins à redouter ii Ces dangers sont au reste infiniment moindres quand le kyste, situé dans V % bassin, peut être attaqué par le vagin dont il repousse en avant la paroi posté rieure. On peut fendre hardiment cetle paroi, et on l'a fait avec avantage {Jour 1 nal hebdomadaire , n" 51 ). «

Quand on a laissé passer la période dont il vient d'être question, quand l'en \ fant est mort, la gastrotomie ne serait indiquée que par l'urgence des acciden i qui menaceraient la mère. Dans quelques cas seulement elle est lormellemen 4 indi(|uée, quoique la vie ne soit pas immédiatement en danger, dans ceux oi • un abcès fait saillir quelque point de la surface abdominale. Ce n'est plus alor lla gastrotomie proprement dite, c'est une incision proportionnée à l'étendue d I foyer, à la forme de la tumeur, au volume des matières qui doivent s'en échap J per. Si en effet le fœtus est réduit en putrilage et ses ossemens séparés , un i ouverture de quelques pouces suffira à une délivrance complète; on sait qu I quelquefois une simple fistule remplit cet office ; mais cette fistule a souvent bc ( soin d'être agrandie : lorsqu'elle s'est ouverte dans le rectum, le sphincter d t l'anus pourrait être incisé pour faciliter l'issue des débris les plus considéra \ bles ; mais ces débris les plus volumineux, comme les os du crâne, pourraieu i être brisés, coupés dans le kyste même , pour arriver au même résultat. ■

Quant aux exemples de grossesse extra-utérine stalionnaire et sans acciden; î on conçoit assez que l'art n'a rien à tenter en pareil cas; il ne pourrait qu'a§ i graver le sort des malades et compromettre une vie .dont elles auront à jou; I encore pendant de longues années. ]

GYMNASTIQUE

\C(/, Le bu s , cic. Recueil Je pièces sur les naissances tardives. Paris , 1764 et ann. siiiv. , Jol. in-8o.

"iitiina. E|iistnla conlinons liistoriam fœlus extra uteruni iovenli , elc. ; in tliesauro Sdudifl. I,ci.le, 1778, iu-4o, t. 3, p. 325. ^lO'ihelly. Connaissance de la grossesse. Paris , 1785 » 2 vol. in-12.

Upit. Lsioj. Essai sur l'Iiistoire nalurellc de la grossesse et de l'accouclicment. Gtnève , l.yjin-S".

T.-C.-G. Svhlefjel. Colleclio opusculorum ad arleni obstclriciam spectanlium. Lipsia;, lij-1796, 2 vol. in-S- , fis.

; est une excollcnic colltclion que l'on ne saurait trop consulter. Je cilerai particulièrement I clissertalions de Fi itze , Disserlalio sislens ohserv. de conceptione lubaria , elc. ; — Tf^ ein- I clit , Disserlalio de conceptione exira uterina , etc. ; — Madaiis , Spécimen sislens anato- 1 fi ovi liiim.iui ftecondati scd deforniis , etc. ; — lîrenner , De failacia iiijiiorum in gravidi-

I — Diipiiy, De lialiieis ante et post païUim; — MjHiis, De signis fœlus vivi et niurlui, etc. Siebold, De diagnosi couceplionis el gravidilatîs, AVurtzbourg , 1798 , in-^".

Maiigars. Dissertation sur les signes de la conccpliou el des dllî'ereutes espèces de grossesse. :ms , 1802 , llièse, in-S".

Tohcrt. Disserlalion sur le régime , etc. , pendant la grossesse. Paris, 1866 , llièse, iix-!^" . l'i'esr/tie. Disserlalion sur la grossesse extra-utérine; thèse , in-4°. Paris , 1806. !:aiitlclncquc. jirt des Accouchcniens. Paris , 1807 , t. 2 , p. 439 et suivantes. t'i'y. Dissertation sur la grossesse extra-utérine; llièse, in-4°. Paris, lb08. i'ti/iiiron. Disserlalio de spuiià gravidilale. Paris , 1811 , llièse, in-4i>.

Ilui'r. Animailversiones iu valeludineni gravidaruni [in Nat. Med. obstetrice ,) Vienua; , l:^ , in-S".

Kcrgaradcc. Mémoire sur l'auseullation appliquée à l'élude de la grossesse. Paris,

II , in-S".

Vo'im'e. Dissei'ialiou sur la grossesse extra-ui érine ; llièse , în-^". Paris , 1822.

Madame Lacliiipelle. Pratique des Accouchenicns. Paris, 1825, t. 3 , p. 86 el suiv.

C, , Brescliet. Mémoire sur une nouvelle espèce de grossesse cxi ra-utérine {Répertoire d'a-

!'imie et de physioloi^te patholo'^iqite. Paris , 1826 , l. l*r , iii-4'' , fig. )

l' . Snyercl Guide. Oliservaiion de grossesse extra-utérine du genre de celle qu'on nomme I l ililielle. [ Journal liehdomadnire de médecine . 1828 , t. l'r.)

t'iiii^nou et Cottcrcau. Observation de grossesse extra-utérine. [Journal hebdomadaire de ■•!,:cine. 1829 , t. 4.)

Ivifin et A. Diigès. Traité pratique des maladies de l'ulérus et de ses annexes. Paris, 1832, io-8° , allas in-ful.

El autres ouvrages ciiés à l'article FOETUS. ( Ant. Dl'GES. )

GRUA.U, grutuni. On donne ce nom à l'avoine dé|)ouillce de son écorce et ossiéiement concassée par une mouture particulière, après qu'elle a été soui-.c à l'action de la vapeur d'eau. On peut piéparer des gruaux avec les diises céri'a;les , et il etl au moins Irès-probaLle , sinon certain, qu'ils auraient :^ propriétés aussi salutaires que celles du gruau d'avoine , auquel, dans un iivrage moderne , on n'a pas craint d'attribuer des qualités plus humectantes , lus Iroides pour ainsi dire ,qu'à aucun autre. Si l'on n'avait pas voulu (aire u gruau, substance purement alimentaire, une sorte de médicament qu'on a lêuie employé en sirop , on ne serait pas obligé de combattre ces assertions i ronées , et ilc |)rouver que c'est seulement à raison de la fécule qu il contient ue le gruau peut être utilisé dans les maladies , et qu'on ne doit pas en atiudre d'autres effets que ceux qui résultent d'une alimentation douce et répaitrice. On voit sans plus de détail les cas dans lesquels on peut en espérer uelque chose d avantageux.

C'est en décoction coupée avec du lait, el édulcorée avec di»ers sirops, qu'on mploie le plus communément le gruau dont on prépare également des potages

l'eau , au lait ou au bouillon. (F. Ratier.)

GUIMAUVE, ailhœa nJJlcLnalis, plante vivace de la famille des malvacées ; !|e pousse des tiges hautes de trois pieds, dures, cylindriques et velues ; les juillcs sont alternes , pétiolces, à trois ou cinq lobes peu marqués , molles et uiices au'loucher. Les fleurs ont un calice double , cotonneux , à neuf divisions xurieures, à cinq pétales d'uu blanc rosé et d'une odeur faillie et agréable; j la racine est longue , cylindrique , branchue , bien nourrie , blanche eu dedans k couverte d'un épiderme jaunâtre.

I Toutes les parties de cette plante sont remplies d'un mucilage abondant jui les rend éminemment émollicntes et atloucissanles. La racine se trouve tans le commerce , dépouillée de soii cpiderme , d'une belle couleur blanche, il'une odeur faible et d'une saveur douce , très-mucilagiiieuse. On 1 emploie en loadie, en infusion , en ilécoction, et elle l'ailla base de diverses préparations Mccharolécs qui portent son nom (sirop , pâte et tablettes de guimauve). Les euilles de guimauve sont principalement employées à l'exiérieur so'us forme [le décoction, et les fleurs à 1 inlérieur, en infusion.

La ratine contient un principe crislallisable que l'on a cru sui generis penilaut quelque temps , et auquel on avait donné le nom à'allliéine ; mais on a leconuu depuis qu'il était identique avec Vasjjaragine de l'asperge (^voyez ces

fuets). (GUIBOURT.)

i GYMNASTIQUE , s. i. , gymnasLica , arl àe soumettre l'appareil locomoteur h des foucLiuns réglées , dans le but de donner plus de force et de préciiiion au.x mouvemens , d'en perfectionner les organes, qui forment presque à eux seuls les formes extérieures du corps; de remédier aux difformités, de contribuer h la santé générale et de concourir à son rétablissement.

La gymnastique , art très-cultivé et très-rcvéré des anciens , véritable éducation de l'appareil locomoteur , est une branche .Spéciale de l'hygiène, quand |Clle a pour objet de perfectionner le système locomoteur et de|prévenir les dérangemens de la santé ; elle devient une branche de la thérapeutique , lorsqu'elle remédie aux difformités, ou lorsqu elle concourt a la cure de quelque affection morbitle. Nous l'envisagerons sous le point de vue hygiénique, et iiou» abandonnerons les applications Ihérapeuliques à notre savant col'.abora-

1143 ) GYMN ASTIQUE.

leur M. Bouvier, que la pratique des maladies orthopédiques meta même de remplir dignement cette lâche.

A la gymnastique, tant chez les anciens que chez les modernes , se rapportent les différens mouvemens d expression , tels que la parole et le chant, les différens moyens de translation à l'aide desquels l'homme supplée en tout ou en partie à l'exercice de ses muscles.

Nous comprendrons sous trois classes les exercices qui entrent dans le domaine de la gymnastique.

PrehiÉbe classe. Exercice actif . — Les exercices actifs sont ceux dans lesquels noire corps se meut de lui-même en totalité ou en partie , mais dans lesquels il est toujours le seul agent du mouvement.

Leurs effets sont ceux de toute autre action organique , c'est-'i-dire locaux et bornés à l'organe , e\. généraux, c'est-à-dire élendant leur influence sur diverses auties parties du corps.

L'effet loral que produit l'exercice musculiire est le suivant : le membre exercé se gonfle par l'alllux plus fréquent et plus considérable du sang , la chaleur s'y développe avec plus d'abondance ; si lo uiouvemeni est continué quelque temps , le membre s'engourdit : on y éprouve une sensation pénible , connue sous le nom de lassitude (premier degré de la douleur musculaire) , et une diflicullé de contraction fpii en est le résultat. Si le mouvement était excessif, et que les élémens organiques fussent appelés dans le membre au delà de toutes les lois physiologiques , il surviendrait une véritable inflammation , et ses fonctions deviendraient plus ou moins dilliciles. L'inflammation du muscle pourrait être assez grave pour produire de la fièvre et se terminer même par suppura'^ tion. Mais si , au contraire, après certains intervalles de repos , nous répétons plusieurs fois les mêmes mouvemens, nous voyons se développer dans la partie qui en est le siège une perfectign d'action dont elle ne jouissait pas auparavant. Il s'y manifeste, en outre, un surcroit de nutrition et d'énergie, dii à l'assimilation plus active tles matériaux nutritifs.

L'effet général des e.\ercices actifs est d'autant plus marqué que plus de parties entrent en mouvement ou sont dans une action plus énergique. Dans ce cas, l'augmentation d'action organique ne se passe pas seulement dans les partics qui sont le siège de contractions musculaires ; elle se répète dans toutes les parties de l'économie, et influence toutes les fonctions. Ainsi , les exercices pratiqués hors le temps de la digestion, excitent la faculté digestive ; pris pendant la digestion, ils troublent celle fonction ; ])ris hors le temps de l'absortion intestinale, ils préparent un enlèvement plus rapide des matériaux aux surfaces muqueuses de l'intestin , rendent également plus énergique l'absorption interstitielle. Les circulations artérielle et veineuse deviennent plus actives par l'exercice actif, qui finit par donner au tissu du cœur une plus grande force. Il en est de même de la respiration, de la calorificalion , des sécrétions synoviales , de l'exhalation cutanée. La même chose a lieu pour la nutrition , fonction que l'exercice augmente non-seulemer.t dans les muscles en mouvement , comme nous venons de le voir, mais encore dans les os , les vaisseaux , les nerfs, la moelle épinièro. Les exercices actifs musculaires laissent dans le repos les différens organes cértbraux affectés aux qualités morales el aux facultés intellecluelles. La seule action de ces organes , pendant les exercices, semble ?e borner à ordonner les mouvemens.

1°. EJJ'ets des exercices actifs poi-lés trop loin. — Ces effets sont encore locaux ou généraux. Les effets locaux, ou ceux qui se passent dans les membres en action , sont, comme nous venons de le ilire , l'inflammation des muscles, un rhumatisme véritable , comme celui qui serait causé par le froid, l'inflammation des membranes séreuses ariiculaires. Les effets généraux des exercices musculaires trop coulinués sont l'cpuisement du système nerveux cérébral et rachiilien, 1 épuisement des organes de relation et des viscères , la gastroentérite, qui naît sous l'influence de l'alimentation slimulante , administrée .i l'estomac après une grande fatigue , ou qui nait même sous l'influence des stimulans , et causée par la seule fatigue. Enfin , d'autres fois, l'inerlie de l'estomac, dont les plans musculeux ne se contractent plus qu'imparfaitement pour opérer- la digestion , et dont la membrane muqueuse peut rester saine et dans l'état normal. Si l'exercice est porté trop loin, mais d une manière moins continue , il vieillit prématurément les individus; il dessèche leurs muscles, rend leurs vaisseaux variqueux, cause tics rhumatismes chroniques. Ces effets se font sentir non seulement sur 1 homme , mais encore chez les animaux que celui-ci emploie pour ses besoins. 11 sufiit, pour se convaincre de cette vérité, de jeter un coup-d'œil sur les chevaux qui courent journellement la poste; ils sont pourtant pourvus d'une nourriture réparatrice abondante. Pour prévenir cf s effets, !a nature nous offre le repos et le sommeil. Pour nous avertir du besoin que nous avons de ces deux étals , nous avons le sentiment de lassitude . Nous devons l'écouter, comme toute sensation interne ; car si l'influence cérébrale s'obstine à braver' cette sensation pénible, il en résulte toujours un mal quelconque.

2°. Effets du repos musculaire. — Le repos continué d'un membre diminue dans ce membre la nutrition. L'espèce d'irritation physiologique causée par le mouvement n'ayant plus lieu , l airiux des élémens organiques qu elle déterminait cesse aussitôt. A la diminution de la nulriiion se joint l'an'uiblissement de la fonction; le membre , resté un cerlain temps dans le repos, n'a plus la même force. Pour peu que ce repos dure plus long-temps , le mouvement du membre devient impossible : car, avec l'affaissement des muscles et la diminution du calibre des vaisseaux, survient aussi (toujours par l'absence du mouvement) un défaut d'exhalation dans les membranes synoviales, qui amène la soudure des articulations. Voilà pour l'effet local. Mais de même que l'exercice actif , qui met en jeu un certain nombre de muscles, ne borne passes cffi-ts aux

GYMNASTIQUE

GYMNASTIQUE

oi'gancs locomoleurs , et porte son influence sur les viscères, <le liiême aussi le repos de tous les muscles du corps influe ( mais d'une manière opposée aux exercices actifs ) sur tous les otganes de la vie assimilai i-ice. Toutes leurs fonctions sont diniinliécs d éiierg e , à l'exception de la sécrclion graisseuse chez quelques individus. Le repos des muscles favorise 1 exercice des lonctions encéphaliques que fout toujours lauguir les exercices musculaires très-violens et trop répétés. Si , au contraire, le repos est intermittent, il favorise la nutrition et le développemeut de la force dans les muscles , il est le meilleur moyen pour rappeler dans ceux-ci l'irritabilité épuisée par la continuité des mouvemens. Il favorise également l'assimilation dans les divers tissus de I cconomie. L'homme qui se livre à des exercices musculaires d'une manière couliune n'acquiert jamais une granile force. Si ces exercices continus sont violcns , la restauration ne peut suffire aux pertes : il s'use promptement. L homnic qui ac(|uicrt le plus de forces est celui qui se livre à des exercices musculaires qui exigent un grand emploi de forces, mais qui sont sullisammenl interrompus par (les inicrvalles de repos. Le repos musculaire est donc et fortifiant et dcbiiitaut , selon la manière dont on en use. Il doit être proportionné à la violence des exercices , à la force des individus , h leur tempérament. 11 est tiès-contraire au tempérament lymphatique; il favorise chez les personnes de ce tempérament les irritations des glandes mésentcriques et de tout le système blanc , que Te.'îercice préviendrait en appelant révulsivenient les fluiilcs à la peau et dans les membres. Les tempéranicns bilieux , dont les muscles sont secs cl les fonctions douées de beaucoup d'énergie, les mouvemens rapides et forts, sont ceux auxquels le repos est le moins défavorable. L'inaction musculaire e»l contraire au tempérament pléthorique , qui , par la continuité des exercices modérés , doit perdre , s'il veut prévenir les apoplexies et autres afTecfions, le su|ierflu du fluide sanguin qui colore tous ses listus. Le repos est indispensable dans les maladies aiguës.

3". Examen de quelques exa cices actifs. — De la marche. — Cet exercice met particulièrement en action les muscles extenseurs et flocînsseurs des cuisses et des jambes, un grand nombre de ceux du tronc, et plus ou moins ceux de l'épaule, suivant la rapitlité de la marche et la projection plus ou moins grande imprimée au bras, qui, dans cet exercice, sert au corps de balancier, et dont le mouvement se fait en sens contraire de celui de la jambe correspondante. Exécutée sur des plans inclinés , la marche exerce sur l'économie une influence plus considérable que lorsqu'elle a lieu sur un sol plane. Si l'on monte, refi"ort s'op'ere dans un sens directemeut opposé à la tendance générale des corps graves; le corps est fortement courbé, le haut du tronc porté en avant; l'action des muscles postérieurs et antérieurs de la eu'sse est considérable; la circulation et la respiration sont bientôt accélérées par la violence des contractions musculaires. Si l'on descend , au contraire, l'cfTort consiste à retenir le corps , qui tend à obéir aux lois de la gravitation , et c'est pour modérer la propension qu'il éprouve à projeter en avant son centre de gravité, que le tronc est porté en arrière, la masse sacro-spinale et les muscles ])Ostérieurs du cou fortement contractés , les genoux fléchis et les pas beaucoup plus courts. La marche modérée exerce la plus douce influence sur toutes les fonctions. Elle se trouve indispensablement liée chez tous les individus à l'exercice d'un ou (le plusie(n's sens externes. Elle reçoit des facultés cérébrales une influence puissante, j)ar laquelle elle est accélérée ou prolongée. Elle attire davantage les fluides dans les membres inférieurs que dans les membres supérieurs , elle donne peu de force à ceux-ci ; elle n'est guère propre à opérer une puissante diversion aux idées des mélancoliques ; et conseiller, comme on le fait ([uelqucfois , la promenade aux hypocondriaques, c'est leur dire de se livrer sans contrainte aux idées qui les tourmentent , et leur donner le moyen d'agravcr leurs maux. La marche sur un terrain plane et doux est un exercice qu'on peut faire sans inconvénient et même avec avantage après le repas. Elle convient aux convalescens , auxquels des exercices plus forts ne sont pas encore permis. Je n'ai pas besoin de dire que dans les promenades que l'on fait on doit avoir égard au choix des lieux.

De la danse, — La danse ne dlfTi^ro pour la médecine de la marche ordinaire qu'en ce que les extensions et les flexions sont plus vivement répétées , et que le corps se trouve à tout moment détaché du sol, et comme suspendu en l'air parle redressement subitdes articulations : aussi, les commotions qu'occasionne ce genre d'exercice sont-elles plus foi tes que celles qui ont lieu dans la marche, et leurs effets sur les viscères bcauco(qi plus sensibles. Quelques fonctions sont bientôt portées au-delà de leur rhythme habituel : la circulation devient plus rapide, la respiration ))lus fréquente, l'exhaUtion cutanée plus abondante, etc. Quant à son influence sur les muscles , la danse n'exerce beaucoup que ceux de la partie inférieure du tronc , ceux des cuisses et des jambes, tpii ordinairement prennent un accroissement marqué aux dépens de la partie .supérieure du torse, du bras et de l'avant-bras. Cet exercice donne aux hommes qui en font leur état habituel, des formes qui se rapprochent infiniment de celles de la femme. Leur bassin paraît considérable parle développement prodigieux des muscles qui l'entourent; leur cou est maigre, leurs bras ronds, leurs épaules peu charnues paraissent fort étroites , et contrastent avec la largeur du bassin , et surtout avec l'énorme proémin-nce des fesses. Les danseurs présentent une constitution totalement opposée h celle des forgerons ou des forts des halles, qui ont tous les épaides , la poitrine et les bras développés aux dépens des fesses et des membres abdominaux. Tout ce que je viens d'émettre touchant cet exercice , se rencontre exactement chez les danseurs et danseuses des théAires ; c est pourquoi les jeimes gens devront toujours associer à la danse un autre exercice qui ait pour but le développement presque exclusif

des membres llioraciqucs. L'exercice de la danse ne convient guère aux hommes! qui ne manquent pas d'occasions d'exercer leurs jambes , et qui , à moius qu'ils n'exercent un métier, en ont si peu d'exercer leurs bras. La danse, pour é!ie I utile à la santé, ne doit pas être exécutée , comme on a l'habitude île le faire, immédiatement après le repas , ni se prolonger j)endant les nuits entières, et| dans des lieux peu spacieux relativement au nombre des danseurs. Dans ces lieux, il s'élève souvent une poussière abondante qui , jointe aux émanations animales , et portée avec l'air dans les voies respiratoires, contribue, avecla plus légère cause, avec le moindre refroidissement, à déterminer dans ces ; parties des irritations. Celles-ci deviennent erisuite d'autant plus graves , que ! les jeuues personnes, celles du sexe féminin surtout, de peur de contrarier! leurs vues de plaisir, prennent ini plus grand soin de cacher à leurs parcns le: début de ces affections. Le plancher des lieux oi'i l'on danse dans la mauvaise' saison, devrait toujours avoir été préalablement ciré et bien frotté. Ce moyen, j joint à des chaussures propres, et exclusivement destinées aux salles de danse, i serait le meilleur h employer pour conjurer la poussière de ces lieux , et rcmé- j dier à leur insalubrité sur ce point. La danse est l'exercice des dames ; elle contre-balance les nuisibles efl'ets de leurs occupations sédentaires : on l'a vantée comme un moyen propre à contribuer à l'établissement de la fonction périodicpie de l'utérus.

De la course. — Dans la course, la masse de nos organes est agitée , commo dans l'exercice précédent, par de forts et continuels ébraulemens qui se succèdent avec rapidité; mais les membres abdominaux ne sont pas les seuls en mouvement, quoiqu'ils soient ceux chez lesquels le développement devieniiel le plus considérable. Il existe en elTet pendant tout le temps que dure la course, une contraction forte et permanente des muscles de l'épaule, du bras et de l avant bras ; contraction qui , bien que très-violente , sert moins pourtant h des: mouvemens étendus qu'à assurer l'immobilité du thorax , contre lequel est rapproché tout le membre thoracique, dont les fléchisseurs et les adducteur» sont fortement contractés. La course est liée à l'exercice des organes de lai respiration d'une manière plus essentielle que la danse. Elle est en rapport dà! vitesse et plus encore de durée avec le développement de ces organes , et con»i séquemment le volume d'oxigène et de sang dont ils peuvent opérer la combiii naison dans leur parenchyme à chaque mouvement respiratoire. Ainsi de deusj hommes dont l'un a le membre abdominal développé, et dont l'autre possède de vastes poumons, le premier peut parcourir plus vite que le second un espac* de peu d'étendue ; mais si la course continue, il sera bientôt gagné de vitesse par celui-ci. Le coureur, après avoir franchi un certain espace, est abattu paft< la difficulté de respirer, bien avant que la répétition des contractions ait détern^ miné la fatigue des membres abdominaux. La course demande donc , comme I»; marche et la danse, un exercice spécial lorsqu'on veut y exceller. La physiologtÇ' nous fournit aussi quelques préceptes dont l'observation peut contribuerai! vitesse et à la durée de cet exercice. Ainsi , porter en arrière la tète et 1* épaules , non-seulement pour corriger la propension de la ligne de gravités s'incliner antérieurement, mais encore pour que la portion cervicale du rachis? les os de l'épaule et les humérus, retenus immobiles , puissent fournir un poini plus fixe à l'action des muscles auxiliaires de la respiration; ne point détruin par un trop grand balancement des bras la fixité du thorax , puisqu'il devient le point d'appui des jiuissances qui retiennent le bassin , et empêchent que cette partie ne présente elle-même aux membres abdominaux un point d'appui chancelant ; ne point multiplier inutilement les contractions musculaires ei relevant les jambes sur les parties postérieures et supérieures des cuisses, etc. sont autant de règles qu'on peut indiquer aux jeunes gens qui se livrent à li, course , et dont l'efficacité leur est bientôt démontrée par l'expérience. Le, course ne développe pas seulement les membres abdominaux, elle a encore uni influence marquée sur le développement de l'appareil respiratoire. Cet exercice j plus encore que les autres , exige que l'on y procède d'une manière progressive! Si , dès les premières fois que l'on s'y livre , ou court trop vite et trop longtemps , il peut survenir des crachemens de sang ou des maux de téte , dei ' anévrismes du cœur et des principaux vaisseaux , surtout si le temps est sec e « fi oid. Les effets de la course varient , comme ceux de la marche, suivant qu'ellij a lieu sur un terrain ascendant ou plane. Cet exercice convient particidièrc'^ ment aux jeuues gens et à ceux surtout qui sont doués d'un tempérament lym,» ph.ilique; il ne doit pas èire prali(jué après le repas.

Du saut. — Le saut consiste principalement et le plus ordinairement dans li il dé[)loieraent subit des articulations , opéré par la contraction brusque et instan |l tanée des extenseurs. Des différentes espèces de sauts décrits dans notre gym ] nastique médicale, la première, ou saut simple, produit principal de l'extensioi. 1 des membres abdominaux qui projettent le corps , soit directement en hau : (saut vertical), soit obliquement en haut et en avant ( saut horizontal , ou mieu: i parabolique), nécessite encore , outre la contraction des membres abdominaux i une action violente des muscles de l'abdomen (surtout lorsque le saut estexcil cu\.c à jiieds joints) , des parties supérieures du dos, antérieures des lombes ,1 de ceux du thorax et des épaules. Le sterno-pubien et le dorso-sous-acromiei , ; sont surtout très-douloureux le jour qui suit celui où l'on a pris cet exercice , | Les sauts que j'ai nommés composé et compliqué , sont ceux dans lesquels ICj ! nieudires thoraciques , après une impulsion préalable communiquée aucorpj] par les membres abdominaux, prennent, avec les mains, un point d'appui oij sur l'objet même qu'on se propose de franchir, ou bien sur le sol au moye j d'une longue perche. Ces sauts joignent à l'exercice des membres abdominaux, j une action forte des muscles du thorax, des bras et avant-bras , et mêmedji ceux de la paume de la main. Le corps ne reçoit plus qu'une dcmi-impulsio ■ i

GYMNASTIQUE

GTiîiNASTÎQ'rE.

■s momhres aLdoniinaux, et celte impulsion est rendue com|)lf le parles efforts lusidérables des membres Ihoracitjues. Ceux-ci, dans le saiil coniptiiiuè: yieriical, ciiaiit leur point d'appui sur la base rtroite et mobile que leur fournit la 'relie, contribuent fortement à élever le corps, et même le maintiennent un ornent suspendu pour le passage des jambes (si l'objet à fi aiichir est très élevé), ant de lui permettre d'obéir à la force de gravité qui doit l'entraîner. Cet .ercice communique au corps , comme les deux pi écédens , ce qu'on appelle lie grande légèreté , une grande souplesse , c'est-à-dire une grande force rela- ;ye des membres abdominaux; mais il est déjà un de ceux qui développent les irlies supérieures. Il convient encore aux tempéramens lympliatiqnes , et aux unes gens; il ne doit pas être pris immédiatement après le repas. 11 peut occaoner des accidens vers le cerveau , la mofelle épinière, si l'on n'a la précaution le flécliir toutes les articulations en retombant sur le sol. Outre les accitlens lés, il peut encore résulter du sciul en profondeur, espèce de chute sans élan, le je passe sous silence, des ruptures du diaphragme. Lorsque l'élévation d'où in s élance est graduellement augmentée, ce saut accoutume l'œil à mesurer us épouvante les distances les plus considérables , en même temps qu'il tanne, par l'habitude les articulations abdominales, à fléchir convenablement us le poids du tronc , et à préserver pai-là les organes contenus dans celui-ci 'S lésions les plus graves. Dans cette espèce de saut la commotion se trouve icore diminuée par la rétention de l'air dans la poitrine , qui s'effectue ]iar jcclusion de la glotte , ainsi que le prouvent les expériences de M. Isidore Durdon.

De la citasse. — La chasse exerce les mêmes parties que la marche , la course le saut, puisque ces derniers exercices peuvent être pratiqués par le chasseur; ; plus, elle endurcit nos organes aux vicissitudes de l'atmosphère, exerce )uie et surtout la vue. Ce dernier sens est souvent en action , puisqu'il s'agit chaque instant de fiwre de l'œil le vol ou la course du gibier, dont la couleur uve se distingue avec tant de peine de celle de la terre dé|iOMillée de ses proictions. La chasse ne met guère en action , parmi les organes cérébraux , que nstinct carnassier, quelquefois celui de propre défense et celui de la vanité, lie a semblé à quelques auteurs un moyen efficace d'étouffer les sentimens ndres, comme l'attachement, l'amour, etc. La chasse n'est guère propre à immuniquer une grande force au système musculaire. Elle le lorme par une pcce d'habitude à résister à la fatigue plutôt qu'elle ne le rend capable de incre de grandes résistances. Bien (|ue le fusil, ou toute autre arme dont le lasscur est nécessairement pourvu , mette en action les membres thoraciques, Ile aclioii est néanmoins si faible, en raison de celle qui se passe dans les embres abdominaux , que ni les uns ni Jes autres ne retirent de cet exercice le grande vigueur matérielle. Si , d un côté , les premiers sont soumis à une lion trop faible pouracquorir un grand développement, de l'autre, les seconds lîvienncnt . par une fatigue trop continue, par une situation verticale trop •olongée, le siège de stagnations sanguines , de dilatations variqueuses , etc., ns acquérir la Ibrce qui lésulte des exercices dans lesquels les muscles subisnt de violentes contractions suffisamment entremêlées d'intervalles de repos.

I jambe d'un vieux chasseur est loin d'être déveloi)pée comme celle d'un danur ; elle est même souvent grêle et couverte de nodosités variqueuses ; il en t ainsi de celle des fantassins vétérans, des routiers , ou des hommes qui ont ujours fait le métier de distribuer des lettres. One autre cause de la constitu- 3n généralement sèche des chasseurs se déduit d'une assimilation insuffisante la réparation des abondantes excrétions cutanées auxquelles les expose la m'iinuité de leurs mouvemens , souvent exécutés dans les saisons chaudes et ;ndant des heures où le soleil darde ses rayons sur l'horizon. Les viscères ictoraux ne reçoivent la plupart du temps dans la chasse qu'une influence peu )Iisidérable. Cet exercice convient au tempérament sanguin bien plus qu'au îlieux. Les chasses de nuit laissent le corps dans l inaction , l'exposent au froid itmide , et cela pendant les heures qui doivent être consacrées au sommeil; les sont donc nuisibles à la santé.

De l'escrime, — L'escrime est un des exercices modernes qui agissent le plus iicrgiquement sur les masses musculaires et organicjues. Certaines parties rennerit cependant dans cet exercice un développement marqué aux dépens e quelques autres. Ainsi, chez celui qui fait des armes de !a main droite, les lembres du côté droit, et particulièrement la cuisse et l'avant-bras , prennent

II développement bien supérieur aux membres du côté gauche , tandis qu'au JTitraire c'est à l'avantage de ces derniers cju'a lieu la nutrition dans la personne ui fait des armes de la main gauche. L'escrime développe plus particulièrement ;s muscles des membres que ceux du tronc, donne une grande scuiplesse au.x gamens articulaires, développe peu les muscles de la jambe, donne une exjnsinn remaï quable à la cavité tlioraciquc, dont les organes éprouvent dans îfirs fonctions une activité semblable ii celle que leur communique la course , t presque aussi forte, L'escrime exerce la vue, et parmi les organes cérébrau.x quelque influence sur la ruse, peut-être sur l'instinct de propre défense , et , ornme tous les exercices qui établissent une rivalité directe entre deux indivins,l'escrime agit puissament sur l'organe de la vanité, qui, pendant les assauts ,'attaes , communique souvent à son tour assez d'influence pour centupler d'éergie tous les mouvemens produits. Cet exercice ne doit pas être pratiqué près le repas : il convient aux jeunes gens et aux tempéramens lymphatiques.

De la natation. — Il existe une multitude de façons de nager, et l'influence [ù exerce la natation sur le système musculaire , varie suivant le procédé dont >n use. Dans la natation sur le ventre, dite en brasse, il y a 1° extension, Icxion, abduction et adduction des membres; 2" dilatation presc[ue soutenue le la poitrine, pour diminuer la mobilité du point d'attache des muscles cjui

I DlCT. DE MÉDEClKIi ET DE ChIUURGIE PHATlQUES.

s'inaèreut aux parois élastiques de cette cavité , et rendre en même temps le corps spécifiquement plus léger; 3° action constante des muscles postérieurs du cou , pour soulever la tête (dont la pesanteur relative est très-considérable) , afin lie donner à l'air une libre entrée dans les poumons. Dans la natation sur le dos, l'action des membres thoraciques est plus faible, puisque le nageur peut se soutenir sur l'eau sans leur secours. Les contractions musculaires se passent principalement dans les muscles des membres abdominaux et dans ceux tle la partie antérieure du cou. Dans le mode de nager sur le ventre, appelé la coupe, les membres thoraciques et abdominaux sont en action; mais comme les premiers sortent alternativement de l'eau, il y a déploiement d'une plus grande somme de force musculaire. Aussi , ce mode de nager, ordinairement mis en usage quand il s'agit de parcourir avec rapidité un espace peu étendu , cause beaucoup plus de fatigue que les deux précédcns, et surtout que le second. Ce n'est pas la peur seule qui empêche l'homme de nager : la natation est un art qu'il doit apprendre, mais à l'apprentissage iluquel la peur peut apporter obstacle. La natation , considérée sous le point de vue des mouvemens combines qu'elle exige, est propre à donner une grande force musculaire; mais les bons effets de la natation ne sont pas seulement le résultat de l exercicc que prennent les muscles ; ils sont encore dus au milieu dans lequel ceux-ci se meuvent. Cependant il ne faut pas, à l'exemple des auteurs , expliquer par la réaction qu'occasionne l'eau froide appliquée à la peau , les effets bien réellement fortifians produits par la natation. Nous avons démontré dans notre gymnastique combien cette explication est erronée.

C'est principalement dans des mouvemens qui n'occasionnent aucune perte, à cause du milieu froid et dense dans lequel ils ont lieu , que sont dues , dans la natation , et l'augmentation considérable des forces générales et la sédatioii du système nerveux. L effet tonique du bain froid sans mouvement ne serait; que momentané, ou plutôt ce bain froid ne serait que stimulant si l'on ne consiilérait que la réaction , puisque Sanclorius a prouvé qu'après le bain froid les corps transpirent davantage , et deviennent sensiblement plus légers.

On conçoit maintenant de quelle utilité la natation doit être, lorsque la tem- ])érature atmosphérique très-élevée commande l'inaction , à cause des pertes excessives qu'entraîne le moindre mouvement. C'est alors qu'elle devient une resssource extrêmement précieuse . la seule même qu'on ait en son pouvoir pour remédier à la faiblesse musculaire, relever l'énergie des fonctions nulriti\ es , etc. Disons donc que la natation est un des exercices les plus avantageux qu'on puisse prendre en été ; qu'elle doit avoir lieu d.tns les eaux courantes et flans la mer, et qu'elle convient particulièrement à ces jeunes gens ardens qu'un irrésistible et malheureux penchant entraîne à faire aux plaisirs de l'amour le sacrifice de leur vigueur. Cet exercice , qui agit si puissamment sur les muscles et sur les poumons , et cpii n'occasionne pas de pertes cutanées , apjiliquc aux jeunes gens dont nous parlons , jouit de l avantage de les fortifier sans les échauffer, sans exciter ceux de leurs organes f[ui sont trop irritables, comme le feraient les toniques internes les moins stimulans. Qu'on joigneà tout cela la distraction, l'appel dans les membres des fluides qui étaient dirigés vers un autre système d organes, l'espèce d'atvophie de ceux-ci, que cause uij exercice aussi éiiergi(iue, et l'on verra quel avantage on peut retirer de la natation , particulièrement dans le cas que je viens de spécifier.

Il est quelques précautions auxquelles on doit avoir égard quand on se livre à l'exercice de la natation. Ainsi, 1" il est prudent de ne se pas mettre à l'eau avant que la digestion ne soit entièrement achevée. La cause du danger réside ici moins dans l'action des mouvemens violens qui troublent ordinairement les digestions . (pie dans l'impression produite par le milieu où ces mouvemens sont exécutés ; 2» on ne doit jamais entrer dans l'eau pendant une transpiration quelque peu abondante qu'elle soit; 3° les personnes douées d'un tempérament pléthorique et sujettes à des évacuations périodiques, telles que des héaiorrhoides , ou bien des éruptions cutanées, feront sagement de s'abstenir de la natation lors de l'apparition de ces affections. Les personnes disposées à l'accident connu sous le nom de crampe , devront avoir égard au choix tics lieux où elles se baignent, si elles ne sont assez exercées dans l'art de nager, pour varier leurs attitudes et pouvoir se passer momentanément du membre où survient la crampe ; 4° il ne sera pas sans utilité pour les personnes délicates, surtout lorsqu'elles se disposent à plonger, de mettre dans leurs oreilles, avant d'entrer dans l'eau, du coton préalablement imprégné d'huile et fortement exprimé. Cette précaution peut épargner des irritations de l'organe de l'audition; 5" quand on se livre à la natation pendant les heures du jour où la chaleur du soleil se fait le plus vivement sentir, et qu'on a une épaisse chevelure, il est bon de la mouiller à chaque instant. Si l'on n'a pas de cheveux, il faut s'entourer la tête d'un mouchoir et le mouiller souvent. Cette pratique peut préserver le nageur d'une phlegmasie de la peau du crâne ou même des méninges et du cerveau. L'heure de se livrer à la natation est le matin, avant le premier repas, c'est-à-dire de sept à huit heures. Le soir, on ne se sèche qu'imparfaitement la chevelure , et l'on contracte des corj'za.

De la lutte. — Cet exercice, pratiqué entre deux individus dans le but de s'entre-terrasser , réunit à lui seul les mouvemens de préhension, de répulsion de constriction , etc. , etc. Les lulteiirs , en effet , se saisissent corps à corps ^ se serrent de leurs bras entrelacés , s'ébranlent par de fortes secousses , se raccourcissent , se soulèvent de terre; se plient en avant, en arrière et sur les cô- 1és. Dans ces divers mouvemens, les muscles du tronc et Jes membres sont à la fois dans une contraction forte et continue. Chaque lois que le lutteur se prépare à l'exécution d'un effort violent , son inspiration est profonde, son expiration suspendue par l'occlusion de la glotte , afin que le thorax puisse présen-

GYMNASTIQUE

GYMN ASTÎQtE.

ter un poinl fixe d'attache aux muscles qui vont entrer en action , et que la force des muscles auxili;iires de la respiralion , devenue inutile à raccom|ilissemcnt de celte fonction, puisse être employée en totalité d.ins les efforts de la lutte. Qciaiid 1 effort est terminé , la circulation et la respiration sont grandement accélérées.

11 résulte de ce qui vient d"être dit, que les hommes adonnés à un exercice aussi violent, ont bientôt acquis une force musculaire étonnante quand les l éparalions sont en proportion des perles , et qu'il existe assez de sues dans l'économie pour fournir au développement énorme des muscles, et à cette grande dépense d'action. Lu lutte, qui , comme l'escrime, aiguillonne puissamment l'amour propre par l'attrait d'une victoire due à la fois à la ioice et à i adresse, est un puissant moyen de soustraire les jeunes gens réunis dans les collèges, aux jic'rnicieuses habitudes auxquelles ils ne s'adonnent que trop souvent à l'époque de la puberté.

Cet exercice, en faisant refluer le sang des gros troncs veineux dans toutes les parties et surtout dans la tète, peut occasioner des congestions cérébrales et des ruptures de vaisseaux. Ces eflets sont si rares, néanmoins , que je n'en ai pas à citer un seul exemple, quoique j'aie vu exécuter et que j'aie exécuté moi-même plus de mille fois cet exercice. Il peut aussi donner lieu à des chutes et par coniéquenl aux fractures. On peut mettre à l'abri de ces dangers en ne permettant la lulle que sur un terrain profondément sablé, et qu'entre jeunes gens de forces à peu près égales. Cet exercice convient particulièrement aux tcmpéramens lymphatiques , et ne saurait être exécuté après le repas.

De la /jltoiiacic ou de ^exercice des organes de la voix. — En parlant des facultés cérébrales, nous avons dit que la nature a donné h cert;iins animaux la faculté du langage, pour qu'ils puissent se communiquer leurs sentinicns divers. Les organes dont nous allons examiner l'exercice , servent h cette communication ; en les développant et en les perfeciionnant, l'homme ajoute aux moyens dont il est doué pour sa conservation.

On exerce les organes de la voix par la con\ ersalion , la lecture à haute voix , le chant et la déclamation.

Les effets primitifs des exercices de la voix en général , se portent d'abord directement sur l'appareil vocal (larynx et dépendances) ; et à cause de la liaison intime qui existe entre la formation de la voix et l'accomplissement de la respiration, ils se portent aussi sur les organes respiratoires. La voi.x est rendue plus forte, plus sonore, plus étendue , plus flexible par le jeu plus complet et plus répété des cordes vocales et des muscles intrinsèques du larynx ; la respiration est rendue plus libre, plus accomplie, plus grande par les inspirations plus profondes, par les contractions jtlus fortes et plus répétées du diaphragme. Les effets secondaires des exercices dont nous traitons , se portent sur l'appareil digestif. Si ces exercices sont portés h un haut degré, leurs eflets s étendent à toutes lei fonctions.

La conversation est l'exercice le plus modéré des organes vocaux. Assaisonné par la gaité , il est le plus salutaire dont on puisse user après le repas et pendant le séjour des alimens dans l'estomac.

La lecture à voix haute diflère peu de l'action de parler. Cet exercice cependant ne procure pas, comme la conversation, des intervalles de repos. Certains ouvrages, dont les périodes sont très-longues , ne laissent même pas au lecteur la faculté de renouveler assez fréquemment les inspirations. Les effets de cet exercice sont donc un peu plus marqués c|ue ceux du précédent.

Le chant exige plus d efforts et de mouvemens que les deux exercices prccédens , et quoiqu'on ne puisse le pratiquer avec une gr.inde perfection dans l'état de plénitude de l'estomac , parce qu'alors cet organe ne permet au diaphragme que des contractions imjiarfaites , le chant modéré n'en contribue pas moins cependant encore, après le repas , à 1 accomplissement de la iligeslion,

La déclamation exerce encore à un plus haut degré que les précédens exercices, les organes de la voix et de la respiration : elle exige souvent des elTorls violens qui peuvent devenir nuisibles.

Les effets que déterminent sur les organes de la voix les exercices dont il est question , sont ensuite relatifs au genre qu'adopte celui qui les pratique habituellement. Ainsi les personnes qui déclament ou (jui chantent des passages qui demandent des tons et une voix graves, finissent par tlévelopper tellement la |)arlie du larynx qui produit ces tons, qu'il ne leur est plus possible de déclamer ou de chanter les tirades ([ui exigent une voix éclatante, aiguè. La gravité et l'acuité des Ions demandent chacune une éducation particulière ; c'est pourquoi les artistes qui veulent briller au théâtre, et qui, pour cet efi'et, jouissent d'ailleurs de 1 oi ganisation convenable, doircnl exclusivement adopter certains rôles; car s'ils les jouent tous indifféremment, jamais leur voix n'acipierra dans aucun ton la perfection convenable. Quand la physiologie ne nous démontrerait pas que la gravité et l'acuité des sons demandent une action différente et isolée dans les parties constituantes du laiynx , ce qui se passe dans l'action de la voix prolongée sur divers tons , tendrait à le prouver. Or, j'.ii souvent fait la remarque qu'après être très-fatigué d'une lecture long-temps prolongée sur un ton fort aigu , je me reposais et pouvais même continuer à lire encore long temps , oi je passais à un ton grave.

L'exercice de la déclamation , auquel on ne peut cl on ne doit se livrer que fort modérément quand on vient de diner, a cause de la diminution de capacité que la poitrine éprouve parla distension de l'estomac , est celui des exercices vocau.\ qui contribue le plus à rendre l'articulation facile et correcte, et à en corriger les vices.

Pour terminer maintenant ce qui a rapport aux exercices appartenant d'une manière spéciale aux org.uiCj delà voix, nous dirons qu'ils produibcnt à un

haut degré sur les fonctions nutritives tous les bons effets ([u'on peut attendre des exercices modérés , qu'ils paraissent très-convenables pour se reposer delà fatigue produite par les exercices violeus, et très-propres à disposer , quand orf vient de se livrer à ces derniers , l'estomac à recevoir des alimens. Si les exercices des organes de la voix durent long-temps et avec quelques efforts, ils peuvent déterminer, chez les pcrsoriues qui sont douées d'une grande irritabilité du système capillaire sanguin, la laryngite, la péripneumonie , l'iiémoptysie , l'apoplexie, etc. C'est pourquoi l'on doit s'en abstenir lorsque l'on a quelque disposition à ces affections.

Lorsqu'on se livre aux exercices de la voix, il faut avoir soin d'enlever sa cravate , ou au moins de l.îcher le nœud qui la fixe : la voix perd la moitié de sa force et de son étendue , si les organes où elle se foriue sont comprimés et lie peuvent exécuter librement les divers mouvemens dont ils deviennent le siège pendant toute espèce de ])honation. Mais outre le défaut d'agrément,; de force et d'harmonie de la voix , qui résulte toujours et même nécessairement de la compression du cou pendant les exercices que nous venons d'examiner^ il peut encore survenir, ])ar l'effet de celle compression, les accidens les plii^ graves. La rupture des vaisseaux céphaliques ou thoraciques, une apoplexie foudroyante peuvent frapper de mort le chanteur ou déclamateur imprudentJ qui , sacrifiant à notre mode absurde et dangereuse, et craignant de déranger] l'élégante économie de son ajustement, a négligé de prendre une précautioBP toujours utile et souvent indispensable aux individus pléthoriques. ,. |

Deuxième classe. — Des exer cices passifs. — Les exercices passifs sont uni des moyens de translation , à l'aiile desquels l'homme supplée à l'action de sei| muscles. Ces exercices sonl ceux dans lesquels notre corps, placé dans un ré-j ceptacle quelconque , est mu avec ce réceptacle par une force étrangère , eli n'est plus l'agent du mouvement qu'il éprou\ e.

lo. Effets des exercices passifs. — Dans les exercices passifs , le mouvemenlj n'a plus son point de départ dans le cerveau, puisque 1 homme ne se meut plus,] Le cœur n'est plus ni influencé ni influençant, puisqu'il n'existe plus de coa-j tractions musculaires. Les effets des exercices passifs ne peuvent donc plus ctrcji comme ceux tics exercices aelifs, divisés en locaux et en généraux, puisque lai tolalilé de l'économie reçoit d'une impulsion étrangère îles secousses auxquellei aucune pariie ne peut pins se soustraire. i

L'influence des exercices passifs sur les fonctions est bien différente de celiflj des exercices actifs. La digestion, que nous avons vue troublée par les mouve'j mens actifs un peu énergiques, ne l'est plus par les mouvemens imprimés <i ceux-ci pourtant , mais lorsqu'ils sont doux et uniformes plutôt que violeHS»j déterminent chez quelques personnes des contractions anti-péristalliques dn l'estomac. Mais ces contractions n'ont rien de commun avec les troubles proj duits par les exercices actifs : elles ont lieu dans l'étal de vacuité comme dait l'état de plénitude de l'estomac.

L'absorption paraît augmentée par les exercices passifs, mais Geulemeutàl surf.ice des membranes muqueuses intestinales , et non dans le tissu lamineu' intermédiaire aux muscles. La circulation , la respiration , la calorification n sont nullement dérangées par les exercices passifs. La plupart des sécrétioii intérieures (si j'en excepte celles des membranes synoviales), que nous avon dit se trouver diminuées par les mouvemens actifs qui appellent les fluides daD les muscles el dans les vaisseaux exhalans cutanés, sont au contraire un pe augmentées par les exercices passifs , qui ne transmettent pas pourtant uneir fluence excitanle aux organes sécréteurs, mais qui laisseiil la nature libre su le choix lie la sécrétion par latpielle elle doit se débari asser de ce qu'il luie* convenable de perdre. Les mouvemens communiqués n'étant pas doués de pnj priélés excitantes , ne suscilent ni diaphorèse , ni sécrétion plus abondante d*i line, de sali\'e, etc. Mais l'économie ayant à se débarrasser de ce qui lui e superflu , choisit, comme elle le fait dans l'état de repos , la voie qui lui noi rient. Or, couime ilans l'inaction musculaire , c'est le rein qu'elle rend le pli ordinairement supplémentaiie des autres organes , c'est aussi lui que , pendai les mouvemens communiqués, elle pousse d'elle-même à une sécrétion pli active. Les personnes qui vont en voiture , surtout en hiver, savent eombit est impérieux et se fait souvent sentir le besoin de rendre les urines. Les cxe eiccs passifs ont une action remarquable sur la nutrition : elle est favorisée p les secousses réfléchies sur tous les points de la machine animale , secousses q semblent, en pénétrant les molécules les plus intimes de ces tissus ,y donn entrée ii une somme de vitalité, et y faciliter l'inlercalation d'une quantité i matériaux nutritifs , qui n'y eussent point pénétré sans ce petit dérangemeii moléculaire et expansif du canevas de nos organes. Sans chercher d'ailleur.'<3| expliquer comment et pourquoi celle fonction se fail avec plus d'énergie, if devient, pour ainsi dire , plus générale par l'emploi des exercices passifs, jjt nous suffit de citer l'exemple des personnes qui voyagent habituellement *i voiture, et y acquièrent une complexion plus riche et des organes dont les 1 , ïl sus sonl beaucoup mieux nourris ; de rappeler que si , dans les exei cices actili | la nutrition est répartie de manière que plus certaines parties sont exercées, pl j è elles acquièrent de prépondérance, relativement à d'autres qui perdent dans i | proportion de ce que les premières gagnent eu puissance; dans les exercii'i passifs, où la distribution a lieu d'une manière égale , c'est aussi dans la p | i parfaite égalité qu a lieu la nutrition. Les exercices passifs n'ont sur les foncti(j | de relation qu'une influence.négative. ' i

L'action immédiate de toutes les espèces d'exercices passifs étant toujourf ' '\ production il'uu ébranlement plus ou moins fort com.miini(|ué aux divers lis \ l dont se compose l'ensemble de l éconoinie, et leur influence n'étant jamais p ' | tiellc j coumic dans certains exercices aelifs , je passerai plu» rapideomi I

GYMNASTIQUE

1- leurs rcsullats, que je ne l'ai fait pour ceux tle la première classe. 2". Examen de quelques exercices passifs. — Progression en voiture. — Le nie des carrossiers s'étudie de nos jours à prouver par réiasticité des ressorts la souplesse des soupentes, jusqu'à quel point il est capable de servir notre ollesse. Ce, rufîinement est porté si loin que non seulement les chocs reçus r les roues ne transmettent plus à nos organes aucune répercussion du tnoument, mais encore que les balancemens les plus doux, arrivent h peine jusqu a iiis. Cette manière du prendre l'exercice de la voiture ne peut avoir uue grande ilité pour rétablir une constitution énervée par la mollesse, les voluptés ou [s travaux de cabinet. Elle n'est propre qu'à accroître cette susceptibilité dite >rveuse , si répaîidue de nos jours ; qu'à nous mettre hors d'état de résister IX plus légers froissemens , qu'à nous rendre plus attentifs encore sur les lances les plus légères des sensations tlésagréables. Le médecin qui présent •xercice de la voiture doit donc avoir égard à la manière dont celle-ci est conduite, au terrain sur lequel on doit la faire rouler, au degré de vitesse avec il[uel elle est traînée.

La réflexion des chocs étant en raison indirecte de l'élasticité des ressorts , directe du degré d'extension des soupentes, les cabriolet* ou chariots dans S([iiels les ressorts sont le moins éListiques et les soupentes le plus forteuient iHlues,me paraissent être les plus convenables : car si d'un côté la colonne du louvement doit ètreassez rompue pour épargner les rudes commotions qu'occa- (inrie la charrette, de l'autre, elle ne doit pas l'être assez pour annidcr les lé- •les secousses qui constituent précisément les avantages île ce genre d'exeicice. !.e degré de vitesse communiqué à la voiture doit être dans un lapporl indi- L't avec l'inégalité du terrain, car les chocs sont d'autant plus répétés dans un mps donné que les roues auront rencontré sur le sol plus d éminences et d'eniicemens.

L'exercice de la voiture , donnant plus de vigueur à nos organes , sans ajou- 1 à l'activité de leurs fonctions; facilitant l'assimilation d'une plus grande liintité de matériaux, sans occasionei' de grandes pertes; jouissant, en un ot, dans le degré le plus élevé, de tous les avantages départis aux exercices isbifs , convient à tous lés âges, particulièrement aux deux extrêmes de la c ; est très-favorable au rétablissement des convalescens qui ne peuvent en- )ic prendre d'exercice actif; aux personnes affectées d'irritations chroniques, u ldiit de celles de l'estomac. Cet exercice peut être mis en usage avec beau- Hi|) de succès par ces Cdnslitutions sèches , irritables, douées d'une trop grande -iivilé sensitive, pourvu, je le répète encore, que leur délicatesse , contraire i\ vues du médecin , ne leur fasse pas rejeter ce qu'il y a de vraiment salutaire ^uis cet exercice, parmi les bons ell'uts duquel ou doit compter encore le reoin ellement continuel de la masse d'air , et la distraction qu'il |)rocure. />(.' la nai'igalion. — La navigation , considérée seulement comme mouvement iijirimé, n'a pas sur l'économie un aussi grand effet que l'exercice de la voi- Ce sont moins des secousses que des balancemens qu'éprouve le navigateur, 'ii^md ces balancemens sont très prononcés, ils donnent lieu, chez certains uluidus, à des accidens connus sous le nom de mal de mer. Ces accidens sont 1 s nausées, des vomissemcns , accompagnés de sueurs froides, d'anxiété , et un abattement qu'il faut avoir éprouve pour s'en faire une juste idée. Mais cet ell'et de la navigation (le mouvement imprimé) , cjue nous avons dû hiccr en première ligne, puisque c'est comme faisant partie des locomotions lUO la navigation est placée dans cette section , n'est pas celui qui influe le plus ur l'économie. Il en est plusieurs autres qui portent spécialement leur action ijr le cerveau ; d'autres enfin qui agissent sur les poumons. .Malgré tous ces iiL't.s , la navigation n'est guère jnopre , comme exercice passif, à développer , perfectionner la constitution : elle peut contribuer au dévelojipement du coua^'e par l'habitude des dangers; niais nous ne. voyons pas qu'elle ait des effets ii( n remarquables sur les organes du passager inaclif. La belle constitution fjiie nous remar([uons chez les gens de mer ne tient pas au mouvement passif ronimuniqué pur le vaisseau , encore moins au mal de mer que le plus grand

Iionibre des marins n'éprouve pas, mais bien au genre d'exercices actifs qu'ils e donnent, exercices qui portent toute leur influence sur les bras et la poitiine, :l sont, ainsi que nous l'avons démontré dans notie gymnasliipie (article Gtm- «ASEs MODERKKs), si avantag8ux pour développer une santé robuste, de grandes forces musculaires et de belles formes.

Si la navigation , considérée indépendamment des exercices actifs que prennent les marins , n'a pas une grande influence sur le peifectionnement de la conslilulion dans l'état de santé , elle est prônée comme un moyen curatif dans les maladies, principalement dans diverses affections cérébrales, mouomaiiies , etc.

D'abord, le mal de mer est un pertubateur révulsif bien puissant dans une jafTeclion mentale, et même dans les affections auxquelles ne participent ni l'estomac ni le foie. Accorder au mal de mer une autre vertu que l'effet révulsif, «erail voir dans la bile une humeur malfaisante.

Ensuite viennent les impressions qui agissent sur le cerveau : elle sont le plus pui.ssant moyen fourni parla navigation dans les monomanies, lorsque le ma- |lade n'a jamais voyagé sur mer, et que son voyage ne doit point être de longue durée. Tout alors est nouveau pour lui : la bruyante agitation des vagues , les ||cris des matelots, lactivité presque continuelle de l'équipage , les évolutions, i les manœuvres qui se font à bord, le spectacle si imposant de la mer, voilà 1 autant d'impressions nouvelles qui transportent le navigateur dans un autre I monde , et font diversion à la série d'iilées fixes dont s'occupait le cerveau. Ces I ell'els seront plus prononcés encore , si le calme de la navigation vient à être rompu par quelques orages. Les coin^aotions qui frappent alors le cerveau for-

1117 ) GYMNASTIQUE

cent le monomaniaqnc le plus profondément affecté à s'arracher à l'objet qui le domine habituellement, pour donner son attention au spectacle terrible qui l'entoure.

Enfin la navigation agi t sur l'économie par la voie des poumons, en exposant ces organes à un air frais , pur, d'une température uniforme, mais non en les soumettant à l'action de certains corps de bitume et de soufre , que Gilcrist sup- ])ose gratuitement contenus dans les vapeurs de l Océan.

Les inconvéniens de la navigation sur mer sont le scorbut , maladie due à l'alléialion des alimens végétaux elanimaux et de l'eau; les afl'ections gastro-hépa- ^tiques , causées chez quelques individus par le mal de mer prolongé. On prévient la |iremière de ces affections en renouvelant les a])provisionnemens du vaisseau, en les conservant d'après divers procédés {tojc'z l'article Alimens) ; enfin eu appliquant strictement les lois générales de l'hygiène à l'assainisseuient du bâtiment. Quand rhabilude ne met pas à l'abri des récidives du mal de mer, on le diminue en se couchant dans les hamacs, parce que la position horizontale de ces lits suspendus ne varie guère dans les mouvemcns du vaisseau.

On pourrait ajouter aux avantages de la na\igatioli celui d'offrir le moyen de gagner avec plus de facilité et moins d'embarras les pays les plus favorables à la constitution des individus et à la giicrison des affections auxquelles on a pour but de remédier.

Si la navigation sur les fleuves offre quelque avantage , c'est en transportant dans une almosplière plus rafraîchie et plus renouvelée, et en procurant une distraction agréable. Du reste, les hommes qui naviguent par état sur les fleuves , sont exposés aux afl'eclions causées par l'application du froid humide à la peau , telles que les rhumatismes , les eatari lies , etc.

Tkoïsième classe. — Des exercices mixtes. — Ces exercices sont, comme les précéilens, rangés dans l'hygiène de la locomolilité, parce qu'ils sont un moyen de progression à l'aide duquel l'homme supplée , non en totalité , comme dans les exercices passifs , mais en partie seulement , à l'exercice de ses muscles. Les exercices mixtes sont donc ceux dans lesquels quelques ])arties de notre corps entrent d'elies-mêracs en action, quoiqu'il soit mu en totalité par une cause étrangère. Ces exercices se composent de deux ordres de mouvement : le premier est communiqué à l'individu p^ir une puissance étrangère ; le second a son principe dans l'individu même , et n'est le plus ordinairement exécuté que pour régler le premier. Les effets de ces exercices ne seront autres que ceux des exercices [Sassils réunis h ceux des exercices actifs.

De L èquitalion. — L'équitation nous foui nil l'exemple de ce que nous venons d'avancer : elle nous présente deux actes bien distincts ; l'un , jiassif , par lequel 1 homme , placé sur l'animal , reçoit, comoïc le ferait un corps privé de vie , la somme de mouvement que cet animal lifi communique chaque fois qu'il se déplace ; l'autre , actif, en vertu duquel l'homme se maintient sur l'animal , épouse ou contraiie ses mouvemens et les dirige. Dans le premier cas, l'équitation communique à l'économie ou de légers ébranlemens ou de violentes secousses, suivant le degré de vitesse du cheval ; sa conformation légère ou |)esante , le terrain, sur lequel il marche, mais surtout suivant les différons modes do progression, artificiels ou naturels désignés sous le nom d'allures.

Dans le second cas , l'cquitalion exige des contractions musculaires qui ont lieu dans la partie postérieure du tronc, interne des cuisses, dans les muscles lomboet iliaco-trochantiniens, etde plus , dans les bi'as et les jambes. Ces mouvemens actifs varient ensuite quant à leur intensité et à leur nombre, suivant qu'on adopte, pour monter à cheval, la méthode anglaise ou fiançaisc. L'homme qui s'est long-temps promené à cheval éprouve , après le repos qui suit sa promenade, de légères douleurs dépendantes des deux ordres de mouvemens <|ue nous avons assignés à cet exercice. Une autre espèce de mouvement j)cut même, ajoutée au |irécédent, causer cctledouleur musculaiie chez l'homme qui a monté Aia cheval dont le trot est dur : ce mouvement consiste dans une contraction simultanée de tout le tronc, une espèce de resserrement que nous exécuton.s d'une manière purement instinctive , pour résister à l'agression des secousses et s'opposer à leui- transmission dans la texture de nos parties les plus sensibles.

Le mouvement général qu'imprime l'exercice modéré du cheval, est un des moyens les plus propres à fortifier la presque universalité des organes du corps humain , et c'est cette propriété tonique par excellence qui le rend si avantageux aux personnes faibles , aux convalescens , surtout à ceux chez qui de longues maladies auraient occasioné une diminution générale des foices. Ce sont surtout les gens de lettres qui doivent pratiquer cet exercice : ils y trouveront un moyen propre à opposer aux dangers de leur genre de vie ; car la position qu'exige l'cquitalion , et les mouvemens qu'elle détermine étant très-favorables à la libre expression des poumons , détruisent avec efficacité l'effet nuisible de la position nécessitée par les travaux de cabinet. Cet exercice est d'ailleurs l'un des plus propres à reposer le cerveau ; puisque, sans fatiguer les membres , s.ins consumer tl'inûux nerveux , il apporte dans les mouvemens a ilaux qui se dirigent vers l'encéphale une diversion, salutaire, mais trop peu considérable pour empêcher cet organe de reprendre bientôt avec la même énergie son action accoutumée.

L'cquitalion peut causer des hémorrhoides , si elle est immodérée. Elle pourrait aussi donner lieu à des hématuries et même au déplacement des viscères abilominaux , si le cheval avait l'allure trop dure. Loin d'atrophier les organes générateurs, comme on l'a prétendu , elle serait plutôt capable d'y occasioner des ii'ritalions , et même de donner lieu à une certaine (u opension aux plaisirs de l'amour. Nous avons dans noire Gymnastique traité avec de grands détails les effets i(u"on attribue à l'équitation ; nous nous bornerons ici à dire qu'elle convioul aux personnes pou chargées d'embonpoint et peu pléthoriques ; gu^

GYMNASTIQUE

î C([t5ilalioii au pas est la seule allure qu'on puisse se poi mclire iainiédialemciit aidés le repas ; que cette allure est aussi la plus convenable aux personnes faibles ou atteintes de maladies chroniques , aux convalescens et aux vieillards ; que les allures qui sont les plus douces après celle-ci sont l amble, si le cheval y est dressé; ensuiie le galop , qui ne l'ait éprouver au ta\ alier que d'agréables mouveraeiis oudulaloires.

L'état de inaigreur de quelques postillons ne peut prouver contre les avantages que nous avons assignes à l'équitatiou , parce que ces hommes en font un usai'e immodéré, sont presque toujours soumis à l'allure la plus falij^ante , le trot; ])assent une grande partie des nuits à cheval , et abusent des liqueurs spiritueuses. (Ch. Lowde.)

GYMNASTIQUE. {7Vtcrn/.>euli(/uc.) ha gymnastique remplit, dans les maladies, les indications suivanles : 1° elle agit comme un excitant sur tous les' appareils organiques, notamment sur les appareils circulatoire et locomotein'; 2" c'est un dérivatif piopre à produire une diversion utile , par la direction spéciale qu'elle imprime à l'action nerveuse; 3° elle régularise les mouvemens et les att:tudes, corrige les inflexions vicieuses, place les os déviés dans la position la plus favorable à leur redressement, et constitue parla un excellent moyen oi iliopédiquc.

A. L'excitation générale que produit la gymnastique est avantageuse dans les scrofules , le rai.-hitis , le scorbut, la chlorose, les fièvres intermillentes anciennes , l'anémie qui succède aux hémorrhagics répétées, dans la convalescence des maladies graves, et en général, dans tous les états morbides caractérisés par la privation on l'altération de la partie rouge du sang , la piédominance des fluides séreux , la bouffissure et l'atonie des solides , la débililc et la langueur des fonctions , pourvu qu'il n'existe point d'irritation locale ipic les inouvemens musculaires puissent exaspérer. On a soin de proportionner l'effort aux forces des malades , en évitant toute fatigue excessive , et en observant une gradation dans les txeicices. Les ressources niulliplices de la gymnastique permettent d'établir une sorte d'échelle dynamique, dont on peut successivement parcourir tous les dogi es , et dans laquelle les exercices les jdus violens , comme les mouvemens les plus tranquilles, se présentent au choix du médecin. Aux eufans très-jeunes , aux vieiliartis languissans, aux jeunes filles énervées par une vie trop sédentaire , à tous les individus affaiblis h un haut degré , l'on prescrira d'abord les exercices passifs, la voiture, rescarj)olette , el parmi les exercices actifs , les dilférentes espèces de marche , de mouvemens sur place , l'équilibre sur une poutre horizontale, peu élevée au-dessus du soi , sur un raàl arrondi , une sorte de pont mouvant, ou une planche élastique nommée tremplin, avec ou sans l aide d'appuis pour les membres supérieurs ; la bascule, réquitalion, l'imitation de ce mouvement sur un cheval de bois; les efforts modérés des membres supérieurs , associés ou non aux mouvemens des membres inférieurs , comme les jeux du volant, de la balle , de la paume, du billard , de la boule, de la bague, le maniement du fusil , l'escrime, l'action de ramer, les travaux du jardinage , le tour el d'autres ouvrages qui sont des applications permanentes de la gymnastique, la sustentation de corps plus ou moins pesans, la pression , la traction, comme celle que l'on exeice sur des cordes de poulies pour élever des poids, l'essai des forces au dynamomètre, la progression horizontale ou sur un plan incliné, l'ascension sur un fauteuil à contrepoids, qui est élevé dans deux coulisses verticales par la force des bras , au moyen d'une corde de poulie , la suspension par les mains à une perche hori» zonlale fixe , etc. Quand les forces sont plus développées, on ajoute à ces exercices les diverses sortes de course et de saut , les différentes manières de grimper aux échelles , aux ra.âts verticaux ou inclinés, unis ou à chevilles, aux perches , aux coides , la suspension et la progression sur deux barres de bois parallèles , la marche avec les mains le long d'une coi de ou d'une perche horizontale, l'équilibre et divers mouvemens sur des poutres tremblantes , plus ou moins élevées , horizontales on inclinées , la lutte, les efforts pour mouvoir ou lancer des corps lourds, la natation, l'action de patiner, etc. Ou varie, dans tous ces jeux, les altitudes et les uiouvemens de manière à exercer successivement tous les muscles. Par l'usage bien dii igé de ce moyen, les forces s'accroissent , l'appétit renait , les digestions s'améliorent, le teint prend du coloris et de la fraîcheur, le sang se répare , les solides acquièrent plus de volume et île densité, les menstrues coulent plus facilement, la force de développement devient plus énergique, tous les symptc'iines produits par l'asthénie el i'appnuvfisscment du sang , ou par l'irritabililé excessive qui les accompagne , dispalaissent comme par enchantement. Les médecins ont journellement l'occasion de voir ces changemens s. livre l'influence salutaire de ICxercice , et les faits de ce genre abondent dans les gymnases modernes. Nous en choisirons un seul exemple entre beaucoup d'antres ; quoi([ue déjà cité dans plusieurs ouvrages, il est trop digne d'intérêt pour ne pas trouver ici sa place. Il est extrait du rapport de M. Daily sur la Gj nmastii/ue èlcinenlairc de M. Clius , et a été coninuini(|ué h ce médecin par une lettre du gymnasiarque de Berne.

Un jeune homme de dix-sept ans , qui se soutenait à peine à trois ans, et qui n'avait marché sans lisières qu'après la seconde dentition , était resté d'une faiblesse et d'une maigreur extrêmes. La poitrine était resserrée et la respiralion gênée parle rapprochement des épaules en devant , l'entendement obtus ; rien n'annonçait la puberté. La pression des mains, au dynamomètre , égalait celle des enfans de sept h huii ans ; les forces de traction, d'ascension et d élan, étaient nulles. Cet inforluné tombait de lassitude après avoir fait cent pas en une minute deux secondes. Un poids de quinze livres le faisait chanceler, et un enfant de sept ans le terrassait avec une incroyable facilité. Après cinq mois J exercices dans le gymnase de M. Clias, sa force de pression était de cinquante

14 i ) GYMNASTIQUE.

livres : il s'élevait par les bras h trois pouces de terre cl restait suspendu trois secondes , il saulail Irois pieds en largeur, parcourait cent soixante trois pas en une minute, et portait trente-cinq livres le même espace de temps. Au bout de deux ans , il grimpait au haut d'un câble et d'un mal de vingt pieds, sautait six pieds el faisait cinq cents pas en deux minutes et demie Au moment où M. Clias écrivait, il faisait cinq lieues sans se gêner, et jouissait d'un embonpoint convenable et d'une forte santé.

La gymnastique fournit des moyens d'excitation locale, lorsqu'il s'agit def diriger la stimulation sur les muscles, les nerfs, les vaisseaux sanguins d'une/ partie. Ainsi l'on rétablit le mouvement dans les membres affectés de paralysie; incoijnplète , en forlifianl par l'exei'cice les muscles affaiblis, et l'on remédie tlo' la même manière à leur atrophie. On dissipe , dans certains cas, les névralgies,' entre antres la scialique, comme dans une observation de M. bally (loco cilalo), le lumbago et d'autres rhumatismes, surtout ceux qui affectent les muscles, la goutte, les phlegmasics muqueuses légères ou anciennes , par un mouvement soutenu et répété , soit que ce moyen agisse en provoquant la sueur, soit qu'il amène directement la résolution. On favorise le développement de la poitrine et l'on prévient parfois la formation des tubercules pulmonaires chez ceux qui sont ilisposés à celte terrible affection, pa-r de fréqiiens efforts des muscles du thorax. t)n détermine la congestion active qui constitue le travail menstruel, ! celle qui )'.rcpare le flux liémorrhoïdal , on arrête quelquefois la leucorrhée, par les exercices qui occasionnent de grands mouvemens et des secousses du' bassin , dans une attitude qui rende celte partie du tronc déclive. 11 est facile,' pour remplir ces intentions pai licnlières , de faire choix d'exercices qui mettent spécialement en action les membres supérieurs ou inférieurs. On exerce aussi aisément un seul côté par la station , le saut , ou les ell'oris d'équilibre sur un ' pied senleraenl, le mouvement imprimé à une roue à l'aitle d'une pédale, poufij le membre inféiieur, et d'une manivelle pour le supérieur; l'action de porterai'' de l.incer des corps pesans , la traction sur une corde de poulie , la suspension 1 par un bras, l'escrime, la lutte, certains jeux , etc. On peut même borner les*' contractions à une classe particulière de muscles , aux fléchisseurs , aux exten-' seurs , aux abducteurs , etc; , par des exercices qui consistent d.ms la répétition^ des mouvemens de flexion, d'extension , d'abduction , d'adduction , de rota-' lion , etc. Le même procédé s'applique aux muscles de la têle et de la colonnp; vertébrale, jiarlielicmcnt lésés dans leur contracl ilité. On emploie, pour agirl sur les organes pelviens , le balancement d'un siège soulevé par des ressorts qui' réagissent après avoir été déprimés par le poids du cor])s ou par les secousses' qu'on lui imprime, l'éqiiililire et la progression, assis ou achevai , sur des] poutres fixes ou tremblantes , la voilure , et surtout l équitalion. '

B. C'est principalement dans les lésions de l'innervation cjne l'action dériva- 1 tive de la gymnastique produit les meilleurs effels, anxfpiels se joignent encore dans ce cas, ceux de la distraction qu'elle procure. Aussi un exercice plus oi j moins actif fait-il une partie essentielle du traitement de l'aliénation mentale | de l'hypocondrie, de l'hystérie, de l'épilepsie, de la chorée. M. Ball3' (/oc. cit. | rapporte qu'un étudiant, frappé d'un élat nerveux cérébral qui entretenait uni^ cruelle insomnie, dut sa guérison à des mouvemens des extrémités supérieure; poussés jusqu'à la fatigue. Dans les névroses du cœur et des organes respira ' toires, dans la dyspepsie et tl'autres névropalhies de l'estomac ou des intestins : le mouvement musculaire ne concourt pas moins utilement à la guérison ou al ) soulagement des malades. L'éréfliisme nerveux des organes génitaux est corn 1 battu avec le plus grand avantage par le même moyen, ([ui contribue par li | puissamment à faire disparaître le priapisme, les pollutions, la n3'mphomnnie ' et à mettre un terme au vice si funeste de la masliirbalion. L'autenrdes Consi Ij déralions qui précêilent la Gj-mnastique élémentaire de M. Clias affirme que lo | exercices gymnastiques ont détruit entièrement , dans la maison des orphelin \ de Berne, cette lèpre des générations naissantes. M. liégin a vuungramil nombre de guérisons fie ce genre s'opérer sans effort, après l'emploi inutile de j moyens mécaniques. Le choix des exercices ne peut être ici tracé d'une manièr générale ; les excès de fatigue sont moins nuisibles que dans les cas de déhilil générale ou locale, à moins que le mal ne jHiisse être exaspéré par des effort trop cous dérables,

C. L'utilité de 4a gymnastique pour i emédier aux difformités du système osseu: a été dès longrtemps reconnue ( voyez les écrits de f^éonard de Vinci, Glisson Andry, Levaclier, etc.). On a dû , en effet, songer de bonne heure à tirer parti de I influence bien nianifesle des mouvemens sur les formes extérieures poiirl ( rétablissement de ces mêmes formes altérées par des dérangemcns organi(|ues|

. Néanmoins le problème est pins compliqué qu'un examen peu attentif pourrai ' le faire croire, et sa solution ne se trouve pas à beaucoup près tout enlicn dans le précepte déjà donné par les premiers qui aient écrit sur celte matière et reproduit de nos jours , t/'ejre/'cpr sur /ei //2ui(7e5 antngonisles de ceux don' ^ t action a dèlerminé la courbure. D'abord, dans la ))luralité des cas, comm nous le verrons ailleurs , la courbure n'est pas le résultat direct de la forc prédominante de certains muscles el de la faiblesse de leurs antagonistes , et I consét|uence tombe alors avec le principe. En second lieu, en assimilant ra( tion des muscles pour courber les parties bien conformées , à celle de letii' antagonistes pour redresser ces mêmes parties devenues difformes, on néglig' un élément important de la question , la considéialion de l'état anatomiqo amené parles nouveaux rapports des organes déviés , lequel suffit pour modi fier totalement, dans le second cas, les effets de la contraction musculaire, faut embrasser les faits d'une manière plus large, el les examiner sous louli leurs faces, si l'on veut apprécier convenablement l'influence de la gymnasiiql dans la cure des déformations du squelette.

GYMNASTI QUE.

On peut r.iiiçer les exercices musculaires en ».leux classes sous le point de ic (jui nous occupe. Dans les uns, en effet, le corps est suppoi lc par les nieai- •es pelviens ou le bassin , et les parties supérieures ne cessent pas de peser sur s inférieures , tandis que les autres ont pour effet de soustraire plus ou moins Ipmplèlement les pai ties décliv'cs à l'action de la pesanteur de celles qui sont li-dessus, et même de faire agir en sens contraire le poiils des premières sur s secondes, en suspendant le corps , en tolalilé ou en parlie, parles membres jor aciiiues , oit en le soutenant dans une direction qui approche plus ou moins i riiorizonlalitc. Nous avons déjà fait pressentir à l'ai ticle Attitude quels )ivenf être, pour l'uppareil locomoteur, les résultats de ces situations oppojes , et Ton remarquera sans doute la ressemblance des effets delà position ins les exercices du second genre, avec ceux que roilliopédic cherche à prolire par divers moyens mécaniques, pour remplir la princijiale indication JUS le traitement des difformités du tronc.

Les deux sortes d'exercices ont la propriété commune de raffermir les artilialions relâchées , en fortifiant les muscles qui les entourent, et de ramener la rectituile les os inclinés en sens contraire de l'action des puissances mises

I j 'u , lorsque cette indexion ne leconnaît poui- causes immédiates que la ibiesse de ces mêmes puissances ou celle des ligamens et le poids des parties ,

II bien l'habitude qu'on a contractée de leur donner celte position , le racxircisseiuent ou le spasme des muscles d'un côté des articulations , la paralysie icomplète des muscles opposés, qui rend leurs antagonistes préilorainans , la •traction occasionée par une cicatrice facilement extensible. C'est ainsi que inclinaison antérieure ou latérale de la partie supérieure du tronc et des épaules. Il de la tète seulement , lorsqu'elle dépend de quelqu'une de ces causes, disaraitsous l'influence des exercices qui augmentent faction des muscles postée eurs ou latéraux de la tète ou du racliis, tels que l'exercice militaire, l'escrime, I natation , la marche, la course sur un terrain descendant; certaines manières e sauter, de grimper, de lutter, certains efforts de traction, certains jeux, ccompagnés du renversement du tronc ou de la tête, en arrière ou de côté ; action de porter ityi fardeau dont on charge le front , pour l inclinaison anléleure, le haut de la tempe, l'épaule, le bras, l'avant-bras, la main, du côté ifléchi , pour l'inclinaison latérale; le mouvement imprimé parla main du lême côté à une manivelle élevée au-dessus du niveau de l'épaule, etc. Il suffit iielquefois d'employer des moyens encore plus simples; par exemple, d'exciter 1 curiosité par quelque objet qui détermine un mouvement contraire à l'attitude lie l'on veut corriger. Andry (Oriliopédie) assure que deux jeunes filles, âgées une de dix, l'autre de douze ans , qui avaient le cou lourné , ont dû en grande a tie leur gérison à leurs efforts pour apercevoir des feux d artifice qu'elles e pouvaient voir qu'en tournant Ta tête du côté opposé.

Le principe que nous avons lejcté plus haut, comme étant trop absolu, trouve, omine on le voit , son application dans les faits de la nature de ceux qui pré rdcut, pourvu qu'on y modifie les termes et que l'on donne plus d'étendue à on énoncé, en établissant d'une manière plus générale, que l'on doit alors xcrcer les muscles opposés aux Jbrces dont l'action détermine la courbure. l\ st beaucoup de circonstances, en elfet , où ce n'est point entre les muscles oiilraires qu'existent le véritable autagonisme, où les articulations ne sont )oint fléchies par l'action des fléchisseurs l'emportant sur les extenseurs, où ce le sont point les muscles latéraux du côté vers lequel le corps penche, qui , dus contractés que ceux du côté opposé, inclinent les os auxquels ils s'insèrent, n\ Li pesanteur est l'agent unique de toutes ces inflexions , la seule force qui oif antagoniste des muscles agissant dans un sens contraire , qui devienne bédiiminante parleur relâchement, et que l'on cherche h vaincre par le surcroît d'énergie que l'on imprime à leurs contractions. Ainsi le tronc se fléchit liabituellemcnt , dans la station, par son propre poids et par le seul relâchement de ses extenseurs, sans aucune contraction des muscles abdominaux, qui [l'agissent que lorsqu'on veut donner à ce mouvement plus de foi ce ou de vitesse; |a tête et le cou se penchent sur la poitrine , non par l'action de leurs fléchisseurs , mais parle relâchement des muscles qui tiennent ces parties droites, ^ans la station du tronc; même mécanisme dans la flexion du bassin et des piembres inférieurs, lorsqu'on est debout , etc. Ces faits sont si faciles à vérijfier, que l'on conçoit à peine qu'on ail voulu soutenir le contraire. Il est clair que, pour corriger de pareilles altitudes devenues constantes , c'est l'influence de la pesanteur, et non une conlraciion imaginaire, que l'on doit contrebalancer par la gymnastique.

Nous venons de voir que des inflexions en quelque sorte volontaii es , ou du moins identiques avec celles que produit la volonté, peuvent également céder aux lieux classes d'exercices que nous avons établies plus haut. Mais il n'en est pas de même des courbures qui reconiiai.ssent pour cause une modification permanente des rapports aiticii laires des os, qu'elles soient ou non la conséquence éloignée des premières, et la confusion qui a été faite des unes et des autres n'a pas peu contribué à jeter de l'obscurité sur le sujet que nous traitons. L'inégale distribution des matériaux nutritifs à la convexité et à la concavité de ces courbures est manifestement aggravée par la piession qu'elles ont ii supporter dans la station, et qu'augmentent encore l'ébranlement qui accompagne les div. rs mouvemens progressifs, les fardeaux dont le corps peut être chargé, les eflurts musculaires, etc. Les exercices du premier genre, ou ceux avec siation des parties supérieures sur les inférieures , sont donc , en général, nuisibles dans ce cas. On se flatterait en vain d'échapper à l'inconvénient que je viens de signaler, en faisant agir plus spécialement les muscles situés du côté convexe de la courbure, afin d'attirer ses extrémités en sens contraire et de l'es ramener sur une même ligne droite. Au tronc, la contraclion des muscles

DlCT. DB MtUEClSiE ET DE ClURt'liClE PRATIQUES.

G YMKASTIQUE.

n'aurait d'autre effet que de fléchir les articulations jïlacées au-dessus ou audessous des parties déviées , et beaucoup plus dis])osées que celles-ci à céder à leur action. C'est ce dont il est facile de s'assurer en examinant à nu les individu» atteints de semblables déformations, pendant qu'on leur fait exécuter divers mouvemens. N'est-ce pas par dfs efforts analogues que les courbures accidentelles de la colonne vertébrale, d'abord uniques, ne tardent pas h se multiplier, par les inclinaisons en sens contraire que produisent les muscles qui fendent à rétablir l'équilibre du Ironc; et ne serait-ce pas tomber dans une contradiction choquante , tout en admettant cette explication . de conseiller un moyen qui ne peut avoir d'autre mode d'action? Qui ne voit que, lorsqu'il existe deux courbures alternatives, comme c'est le plus ordinaire, l'inflexion que l'on croirait propre à diminuer l une tendrait nécessairement à augmenter l'autre? Aux membres, la résistance des parties et la faiblesse des muscles de la convexité, allongés outre mesure , les rendent incapables de rétablir seuls la direction des organes déviés. La gymnastique fournit sans doute d'excellens moyens de seconder, dans ce cas, l'action des machines; mais elle ne saurait se passer de leur secours. (Foj ez Orthopédie , Pied-bot , etc.)

On a cru que les muscles fixés transversalement ou à peu près h la concavité des courbures anormales du rachis pourraient redresser ces déviations , eu ramenant horizontalement vers la ligne médiane les vertèbres du centre de la courbure, et l'on a proposé, sur cette indication, de mettre en jeu, du cote concave, le trapèze et le rhomboïde , au dos , le carré lombaire, aux lombes , par plusieurs exercices déjà indiqués ou d'autres analogues. Il suffit des plus simples notions d'anatomie et de physiologie pour reconnaitre le ])eu de fondement de cette opinion , qui est d'ailleurs complètement renversée par l'observation directe des parties déviées dans les divers exercices.

Concluons : 1° que les exercices de la première classe , laissant subsister une des principales causes de la lésion anatoinique qui constitue les tlifformités du tronc , savoir la pression des parties supérieures, sont insuflisans pour en arrêter les progrès , et à plus forte raison pour rétablir les rapports articulaires dans l'état naturel; 2° que , parmi ces exercices, ceux qui déterminent une augmentation de cette pres.sion peuvent convertir une déviation légère en une déviation fort grave, et que ceux qui s'accompagnent de flexions constantes ou alternatives ont pour effet de multiplier les courbures , s'il n'y en a qu'une seule , ou d'accroître celles qui existent , s'il y en a plusieurs ; S» qu'en prévenant ou en combattant la débilité musculaire, en donnant plus d'acivilé à la nutrition, en corrigeant les attitudes vicieuses, dont l'effet peut se joindre à celui de la déformation articulaire , ces exercices ne satisfont qu 'à une partie des indications du traitement de cette dernière , et cjue conséquemment leur action ne peut être avantageuse , sous ces différens rapports, que lorsque le travail diformateur est très-lent ou entièrement suspendu , et que les parties ont assez de résistance pour que la pression n'exerce pas sur elles une influence fâcheuse ; 4° enfin, que, dans des conditions semblables , on doit, parmi les exercices de cette classe , ])référer les plus favorables à la rectitude du tronc , tels que la marche militaire, la danse, avec la précaution d'éviter les sauts élevés, les exercices d'équilibre sur un plan étroit, arrondi ou mouvant, sur un câble tendu horizontalement, l'action de porter sur la tête un fardeau léger, de monter avec les mains et les pieds à un mât à chevilles , de monter h reculons et de descendre une pente ou une échelle inclinée , à laquell e on tourne le dos , etc- Tels sont les faits qui nous paraissent résulter de l'observation etde l'expérience journalière; ils rendent raison de quelques succès apparens , attribués à des moyens ([ui appartiennent à cette classe d'exercices, et des revers bien plus nombreux que compte cette méthode.

Les exercices avec suspension ou sustentation horizontale du Ironc offrent tous les avantages de ceux dont nous venons de parler, sans avoir leurs inconvéniens. En effet, loin qu'aucun effort tende à rapprocher l'une de l'autre les extrémités opposées des courbes décrites parles organes déviés, celui qu'exerce le poids des parties inférieures, lorsqu'on tient le corps suspendu verticalement ou dans une position inclinée, agit concurremment avec la contraction des membres supérieurs , de manière à allonger ces courbes et à diminuer leur profoiidi'ur, surtout si en même temps on reçoit des secousses ou saccades par des mouvemens communiqués ou pratiqués à l'aide des membres Ihoraciques ; et bien que celle inQuence ne puisse s'étendre aux vertèbres les plus élevées, du moins la pression qu'elles ont à supporter est -elle réduite à fort peu de chose dans la situation inclinée , et devient-elle tout à-fait nulle dans l'attitude horizontale. 11 est évitlent que ces exercices , fréquemment répétés , placent les articulations déformées dans les conditions les plus favorables au retour de l'équilibre du travail nutritif, en même temps qu'ils fortifient tout le système musculaire et qu'ils influent d'une manière avantageuse sur la constitution.

Les exAxices les plus immédiatement applicables au traitement des difformités , ceux que l'on peut appeler orlhopédujues par excellence, sont donc particulièrement : 1° la simple suspension et le soulèvement du corps dans la situation verticale , par les mains élevées au - dessus de la tète ou abaissées à côté du tronc, par les avant-bras , le pli des coudes , le dessous des bras, au moyen d'un bâton suspendu horizontalement par des cordes attachées à ses extrémités, d une perche , d'un mât , d'un câble , fixés dans la même direction ou dans une situation un peu inclinée, ou à l'aide de deux soutiens semblables, formant deux l ampes parallèles , écartées de la largeur du corps , telles que les barres ou barrières, les cordes parallèles déjà menlionnées plus haut; 2o la marche dans la même attitude , soit en faisant glisser les mains l'une à la suite de l'autre j le long de la perche ou du câble , ce qui s'appelle déi'ider, soit en les plaçant I alternativeracnt l'une au-devant de l'aulrc, par un mouvement de rotation de

GYMNASTIQUE

Page 1