‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 61 sur 311 · HABITATION · texte numérisé non relu

HABITATION

tout le corps , ce que l'on nomme auner, ou en les faisant avancer successivement sur deux perches, deux cûl.les , deux barres parallèles , eu avant ou en arrière, en exécutant dans la même position d'autres déplacemens , comme le ■ transport successif des deux mains de l'un à l'autre des deux appuis entre lesquels on est placé, la rotation complète du corps que l'on peut ainsi efTecluer, etc.; 3° la sustentation et la progression du corps dans une situation parallèle ou plus ou moins inclinée à l liorizon , soit dans un milieu liquide , ce qui constitue la natation , soit sur les corps solides qui servent aux exercices précédens, sur une ou deux perches , sur deux cordes ou une seule , sur une longue planche horizontale ou oblique , munie ou non de chevilles pour les mains , sur un char ou une sorte de traîneau roulant ou glissant le long d'un plan incliné , de deux cordes ou d'une seule tendues obliquement, par des efl'orts principalement dus à l'action des membres supérieurs , mais auxquels presque tous les muscles parlicijient plus ou moins ; 4° les différens modes à'ascension et de descente par les mains seulement à des échelles de bois ou de corde , droites , inclinées ou en spirale , à deux perches verticales fixes ou vacillantes , ou à une seule, aux cordes lisses ou à nœuds, aux mais verticaux ; 5" le saut sur les mains, que I on peut exécuter dans la plupart de ces exercices, en déplaçant les deux mains à la fois par une sorte de saccade , pour les mouvemens progressifs, au lieu de les détacher successivement. De plus longs détails sur toutes les variantes que ces exercices peuvent offrir seraient fastidieux pour le lecteur ; il suffira sans doute d avoir rappelé les exemples les plus saillans de l'application des principes.

Certains exercices passifs peuvent être utilement combinés avec les précédens. Tel est le balancement dans le sens vertical ou horizontal, pendant les efForts de suspension ou d'ascension ; balancement que Ton obtient aisément par la mobilité ou l'élasticité des machines , et qui ajoute évidemment à la traction des parties inférieures sur les supérieures.

L'extrême difficulté de quelques-uns des exercices indiqués ne doit point être un motif d hésilalion relativement à l'emploi des autres. La grande variété qu'ils présentent permet facilement de diriger son choix selon les forces du sujet. Nous avons sous les yeux une petite (ille âgée de moins de trois ans , qui exécute avec la plus grande facilité un mouvement de progression horizontale le long d'une planche , par les membres supérieurs seulement , et qui reste suspendue par les mains quelques minutes aux perches verticales mobiles , pendant leur balancement.

Les exercices dont il est question ne répondent pas seulement aux indications les plus générales du traitement des difiormités ; ils peuvent également ser\ir à combattre la faiblesse musculaire bornée à une partie ou à une classe de muscles. Lorsque l'un des membres supérieurs , par exemple , est plus faible que l'autre, il suffit , pour l'exercer plus spécialement , de l'employer, à l'exclusion de ce dernier, à la suspension, à la progression et même à l'ascension du corps. Des modifications analogues seront facilement imagine'es pour les membres inférieurs.

Il est des exercices mixtes relativement aux deux classes que nous venons d examiner, en ce qu'ils partagent en quelque sorte le poids du corps entre les membres supérieurs et inférieurs. Il faut ranger dans cet ordre la bascule brachiale de M. Amoros , celle de M. Delpech, le fauteuil à contre-poids et à câble suspenseur de M. Delacroix , le saut à l'aide de cordes de suspension , les exercices d'équilibre sur les membres inférieurs avec susteusation des membres supérieurs par des mains-courantes , l'ascension aux perches , aux cordes et aux mâts par les mains et les pieds à la fois, etc. Il est facile de juger de l'effet lie ces moyens selon qu'ils se rapprochent davantage des exercices de l'un ou 1 autre genre. La marche avec de longues béquilles à appui-mains est un véritable exercice gymnastique, appaitenant à cette catégorie, et dont l'utilité dans le traitement de diverses déformations ne nous parait pas susceptible d'être sérieusement contestée.

Nous ne terminerons pas sans faire remarquer que , quelque puissante que soit une gymnastique bien entendue j)our remédier aux dérangemens de la conformation , ce moyen ne saurait être employé , chaque jour, qu'à des intervalles plus ou moins éloignés , qu'il est par conséquent insuffisant pour contrebalancer seul l'action de causes constantes, et qu'il faut nécessairement combiner son action avec d'autres influences agissant dans le même sens. ( yojez Orthopédie, VEnTÉBUALE (déviations de la colonne), etc.

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( BODVIER. )

HABITATION. (Hygiène publique.) La médecine est nécessairement appelée à connj'tte des conditions sanitaires , des causes d'insalubrité, et des moyens ' d'assainissement des maisons ou habitations , et nous ne pouvions passer sous silence un tel sujet sans laisser une véritable lacune dans ce Dictionnaire. Néanmoins , pour ne pas sortir des limites que nous nous sommes tracées à l'avance, nous devons nous borner à exposer ici les considérations pratiques qui se rattachent le plus directement au uiot Habitation. i

Les Romains , avant de fonder une ville, s'assuraient de la salubrité des lieux i) par diverses épreuves : mais de nos jours , assez rarement, il faut le'dire) il I* l'hygiène préside aux conditions sanitaires et à l'établissement des habitations, ij '* Le plus ordinairement ce sont des raisons politiques ou commerciales , des iu» il «» térêls locaux ou privés, qui en déterminent le lieu et l'exposition, le plan et 'lÉ le mode de construction; en sorte que la médecine est bien plus souvent appelée tl lÈ à signaler le mal et à indiquer le remède qu à le prévenir. Toutefois , et il faut i 1 bien l'espérer des progrès même de 1 hygiène el de civilisation, le temps n'est i *! peut-être pas éloigné où l'art des constructions saura mettre à profit certaines Ifc règles que les lois de la physique et les résultats de l'expérience ont consa-. 0) crées sur ce point. ip(

On regarde les lieux élevés , non au-delà de certaines limites {vojez AiB), .li:it comme les plus salubres ou les plus favorables aux habitations. L'air y est plus sec, plus vif et plus pur, la ventilation y est plus active, renouvelle plus facilement l'air, en éloigne davantage toutes les émanations locales ou étrangères. Les exemples de longévité et les tableaux de mortalité comparés entre i|a| les pays élevés , et les vallées , les plaines , les lieux marécageu.\ surtout, ne ||e| laissent d'ailleurs aucun doute sur celte assertion. On doit, par cela même, jilhl; éviter le voisinage des eaux stagnantes et des forêts, quand celles-ci sont un |ji«t obstacle au renouvellement de l'air , et toutes les circonstances de lieu qui es- itiis posent aux inondations, aux avalanches , .'i la formation de marais ou de cloaques, comme pouvant rendre les habitations jilus ou moins insalubres.

Dans toutes constructions on doit avoir égard au méridien et au.iL vents dori miiians. Sous le méridien de Paris , la meilleure exposition est celle de l'est | en ce que les vents, n'y arrivant qu après avoir traversé les régions froides , y sont plus rarement chargés d'humidité. L'exposition du sud et du sud-ouest, a qui reçoit avec rinfluence d'une chaleur plus ou moins vive celle des pluies et des vents chauds et humides , est , au contraire, moins favorable à l'état sanitaire des habitations. Mais, toutes les fois qu'on le peut, il est convenable de disposer les constructions de manière à y faire pénétrei- l'heureuse influence dul soleil , et à assurer le renouvellement de l'air par une libre ventilation.

Une autre condition générale de salubrité des habitations naît du bon état dei la voie publique , du libre accès des vents et du soleil , de la fréquente ablutioni et de la propreté des rues , de l'éloigucment de toutes les causes d'infection provenant des fumiers , des voiries , des abattoirs , ainsi que de toutes les influences que peuvent répandre les divers ateliers de produits animaux, végé-( taux ou minéraux. En cela les prévisions de l'hygiène se trouvent appuyées de la loi de 1790, qui détermine les diverses espèces d'arts et métiers capables d'influer sur la salubrité des habitations, {f^oyez Professions.)

Quant aux causes d'insalubrité inhérentes aux habitations elles-mêmes , elles résultent, non-seulement de quelque infraclion aux règles précédentes , mais encore de la nature des matériaux de construction qui influent plus ou moins sur leur température habituelle , de la hauteur des murs si souvent dispropor tionnce à la largeur des rues ou à l'étendue du terrain qu'elles occupent, ce qui intercepte souvent tout renouvellement d'air, tout accès du soleil et de la lumière ; du peu d'espace des cours , qui incarcèrent souvent l'air dans les habitations, tout en ]irivant celles-ci de lumière ; des immondices que l'on y dépose souvent et d'où résultent autant de causes locales d'infection; de l'abais-i sèment du rez-de chaussée , qui se trouve parfois au-dessous du niveau dusol^i de telle sorte que les eaux pluviales et ménagères y pénèirent facilement lors des inoiulations, et y entretiennent constamment de l'humidité.

Le plus souvent aussi, surtout dans les grandes villes, les appartemens subissent la loi commune de l'exiguité du terrain, et sont alors d'autant plus sombres, d'autant plus humilies, qu'on les observe dans les étages les plus inférieurs. Ce qui contiibue surtout à les rendre insalubres, c'est que la population à laquelle ;ls sont priiicipalemcnt destinés, c est-à-dire les classes ouvrière

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