HABITUDE
(iiuligenfe , semblent s'y accroître en raison du peu d'espace. De là ces emjisonnemens miasmatiques auxquels se prêtent si souvent l égoïsme et la «pidilé, surtout dans bciiucoup de maisons garnies de Paris , où l'air, l'espace ( la lumière, nous pourrions dire la santé et la vie, sont sacrifies aux calculs is propriétaires. C'est ainsi que nous avons vu des logemens infectes par la ipulation clie-mème, où chaque locataire n'a guère qu'une à deux toises cubes (lir h respirer : el l'on sait , d après des calculs de physique, qu'un aussi faible iliune tl'air est presque incompatible avec la vie. Aussi reraarque-t-on que les ilividus placés dans de semblables conditions sont pâles et décolorés, chélifs «malingres, portant dans tous leurs traits les stigmates de la soufTrance. Ne serait-il pas temps d'appliquer la loi de 1783, qui détermine la hauteur <i maisons d'après la largeur des rues seulement, à l'étendue de l'espace sur Ipiel doivent être construites les habitations, à la dimension et au nombre es locations ?
Serait ce déraisonnable même d'exercer un droit de police sur la disiribution i éricure des locations, et plus particulièrement encore sur l'emplacement des l;es de portier, dont un trcs-grand nombre sont réellement inhabitables par lir excessive cxiguité, leur humidité continuelle, leur obscurité profonde, rine en plein midi, et surtout par l'infection qu'elles reçoivent du voisinage li latrines communes, de la chute des eaux corrompues des plombs , el de lites les causes d'insalubrité que peut répandre la maison?
Dans la république d'Athènes , un chef de maison n'avait pas même le droit ( soumettre ses animaux domestiques à de mauvais Iraitemens ; el dans la ( >itale du monde civilisé nous restons témoins indiirérens du droit accjuis par lit propriétaire d'empoisonner, pour ainsi dire, des familles entières que leur Isère force d'accepter un tel sort!
Une mesure générale de police sanitaire qui exigerait le dallage de toutes les uirs et allées des maisons à portes bâtardes et le pavage i» chaux et k ciment ( toutes celles à portes cochères , qui déterminerait, d'après la dimension des ( irs , l'élévation des murs, et obligerait de laver et de blanchir à la chaux (lorurée tous ceux que le temps a noircis et imprégnés d'humidité , aurait ulemenL la plus heureuse influence sur la salubrité des habitations.
Los puits, les puisarts, les caves, les fosses d'aisance, les plombs, les gariLiilles, etc. , peuvent donner lieu à autant de causes d'insalubrité dans l'iii- 1 leur des habitations.
Outre que les eaux des puits peuvent être insalubres par elles-mêmes, à «use des principes calcaiies qu'elles contiennent, on y observe fréquemment [s causes spéciales et accidentelles d'insalubrité. Ainsi elles sont ou vaseuses, altérées ])ar la filtration des matières de latrines, ou corrompues par des jstances animales ou chargées de prirtcipcs minéraux de nature diverse. Le isinage des fosses d'aisance, surtout dans les maisons de Paris, donne assez iplication des puits altérés par la présence des matières stercorales ; et l'on peut que s'étonner de voir les régicmens de police absolument muets sur la tance cjui devrait séparer les puits des fosses d'aisance. Il conviendrait d auit plus d'adopter des mesures de police à cet égaid , que , dans quelques lisons de ris même , les puits ne sei'vcnt pas seulement a de simples usages mestiques , mais encore à la boisson habituelle des locataires , et sont d'ail- \rs généralement employées à la confection du pain chez tous les boulangers Paris. 11 frfut savoir aussi , qu'avant 1 ordonnance de 18j9, la construction s fosses d'aisance n'était soumise à aucune règle, et que les matières qu elles cuvaient , n'étant pas contenues dans leur réservoir , s'infiltraient de toutes rts dans l'épaisseur des terres voisines, au point d'infecter presque tous les ils creusés dans l'intérieur des maisons de Paris.
Dans un très-grand nombre de maisons occupées par des fabricans , les eaux Paris offrent une saveur plas ou moins métallique , due sans doute à ce que i ouvriers y puisent habituellement de l'eau avec des seaux auxquels adhènl constamment des molécules de cuivre, de fer ou de zinc; ce qui finit àlongue par saturer l'eau de principes plus ou moins nuisibles ou même vénéux. Un moyen aussi sûr qu'efficace de remédier k ces incouvénieus serait de atiquer sous le lit des puits existans , des puits sous-jacens ou des puits arté- !us , en faisant pénétrer un tube jusqu'à la seconde nappe d'eau , ainsi qu'il existe un exemple remarquable au ii" 26 de la rue des Vertus. Et ce qui a nous surprendre dans cet exemple , c'est que l'ancien lit soit resté avec s eaux toutes putréfiées; tandis que celle du second lit, qui sont sur la [ème ligne verticale , jouissent d'une saveur agréable et d'une limpidité rf'aite. «
ÎiiLes cuvettes de plomb , réservoirs communs des eaux de vaisselle et de ïvon , des urines et des immondices de toutes sortes, les conduits et les garuilles qui les transmettent, constituent des sources fréquentes d'insalubrité jr les odeurs qu'elles répandent dans les escaliers, les cours, les allées, ou êuie les lieux d'habitations. Les moyens d'en atténuer les effets seraient de ;lacer les cuvettes en dehors et d'y adapter des soupapes , de disposer les conuits des plombs de telle sorte que le tuyau commun ait un certain degré 'évasement , et que les divisions correspondantes k chaque réservoir soient ;trccies et décrivent un coude pour faire subir aux odeurs la loi des courans ; e diriger les eaux pluviales dans les plombs , comme le plus sûr moyen ablution ; de fermer les orifices supérieurs des éviers par des obturateurs ; adapter, par emboîtement , aux orifices inférieurs de ces mêmes conduits, •s gargouilles, de manière à continuer les tuyaux sans interruption depuis les )iliires jusqu'aux égouts pratiques sur la voie publique.
Les latrines deviennent surtout de fréquentes causes d'insalubrité des habiilions : ce qui a le plus frappé les commissions chargées d'explorer l'état
sanitaire de la capitale, à l'occasion de la dernière épidémie, c'est le lieu qu elles occupent dans le voisinage des puits , des caves , des loges de portier ; c'est le plan de la dalle qui , pour rendre moins fréquentes les vidanges, permet aux urines de s'écouler dans les cours , les allées , et de répandre autour des habitations des odeurs constamment fétides ; c'est l'évasement de leur siège en même temps que le défaut du tuyau d'appel dans un grand nombre, d'où le retour continuel de leurs émanations au dehors. Il faut avoir suivi tous les détails des maisons de Paris pour se faire une idée de l'infection qui s'exhale de la plupart d'entre elles : mais quel moyen opposer à une cause si générale , et en même temps si nécessaire d'insalubrité? L'art est bien parvenu k en atténuer les effets dans les maisons habitées par le luxe et l'opulence ; mais dans beaucoup d'endroits 1 on ne peut attendre le même avantage que de l'intervention de l auloi ité , et d une mesure générale de police sanitaire. Des savans , des économistes , des hygiénistes ont tour k tour proposé dans ce but divers projets , et peut-être nous pardonnera-t-on d'avoir eu aussi le nôtre , el d'exprimer ici notre opinion sur une question qui intéresse si vivement la santé publique. Pour nous, le mieux serait «.le supprimer toutes les fosses , et de les remplacer par lies sièges auxquels s'adapteraient des réservoirs mobiles , construits sur un plan uniforme , et d'après le système des fosses portatives , ou des appareils Chaumette.
Mais le projet d'éconduire les matières dans la Seine par la voie des égouts tel qu i! a été proposé tout récemment, nous parait impraticable, quoi qu'on ait |iu dire de 1 exem])le de Londres , où ce système est depuis long-temps adopté. Outre que la situation topographique de Paris ne ressemble en rien k celle de Londres, et que la Seine ne peut être comparée k la Tamise sous aucun rapport, nous pensons que les immondices ne sont pas destinées k infecter lesrivièies, mais k fertiliser la terre; et qu'une telle mesure ne serait pas moins contraire aux vues de 1 hygiène qu'aux intérêts de l'agriculture.
Jusqu'à présent les caves ont été k peu près abandonnées à l'incurie des propriutaires et des locataires ; et cependant l'inspection k laquelle nous les avons soumises , nous a assez prouvé qu elles ont besoin aussi d'être un objet de surveillance de la police. Leur humidité excessive, due le plus souvent à la nature du sol dans lequel elles sont ouvertes , et aux inondations auxquelles un grand nombre sont exposées; l'infiltration qu'elles reçoivent des fosses d aisances ■ les matières végétales et animales que l'on y dépose, et qui y acquièrent trèssouvent un état de putrétactiou , la rareté ou le manque absolu des soupiraux dans quelques-unes, et le défaut d'air dans le plus grand nombre , sont autant de circonstances que nous y avons remarquée:. , et qui méritent également toute la sollicitude de l'administration sanitaire.
Les croisées ont sur la salubrité des habitations une influence que le médecin est souvent appelé k rcconnaitie et k modifier. Elles doivent être proportionnées dans leur nombre et leur grandeur aux dimensions et aux usages des pièces d'habitation. Elles doivent être placées de manière k distribuer également la lumière ; être ouvertes autant que possible k l'exposition de l'est, qui , nous le répétons , est celle qui présente le plus d'avantages sous le rapport sanitaire.
Nous n'avons pas besoin de dire que le meilleur moyen de caléfaction des a|)partemens est le foyer d'âtre ou la cheminée, qui ne chauffe qu'en renouvelant l'air , dont le courant dans les appartemens est d'autant plus actif, que la combustion est plus vive. Les poêles ont , au contraire , l'inconvénient de renouveler l'air moins facilement par le peu de dépense qu'ils en font, et d'être, sous ce rapport moins salubres, surtout si l'on n'a pris soin d'établir des courans au moyen de bouches de chaleur donnant accès k l'air extérieur, et de pratiquer en même temps k l'extrémité opposée des issues connues sous le nom de vasistas.
Les moyens de ventilation des appartemens chauffes ne sont pas non plus indifléiens k la salubrité. Si on les établit près du plafond , l'air est nécessairement refoulé dans les régions inférieures , et ne trouve d'issue que par les portes elles fenêtres , ce qui fait qu'il n'entre dans la pièce d'autre airquc celui qui a passé par le foyer. Que si, au contraire , on les établit dans les parties basses , les miasmes qui tendent k se porter vers les régions supérieures, s'y accumulent plus ou moins , et vicient l'air avant de sortir par les issues qui leur sont ouvertes. (P. Jolly.)
HABITUDE [Phj-siologie pathologique) ; disposition acquise de l'organisme, résultant de la fréquente répétition des mêmes actes , et dont les effets les plus généraux sont :
1° De perfectionner les organes ou appareils d'organes , et par conséquent tous les actes qui leur sont subordonnés ;
2° D'affaiblir l'impressionabilité de ces mêmes organes ou appareils d'organes dans leurs rapports avec l^s modifications physiologiques , pathologiques, hygiéniques ou thérapeutiques.
L'habitude perfectionne tous les actes sensitifs , locomoteurs et iiilellecluels, et cette proposition n'a besoin d'autres preuves que l'observation la plus vulgaire. C'est I habitude qui donne aux sens cette exquise délicatesse que nous admirons dans les chefs-d'œuvre des arts et de l industrie , aux mouvemens celle rigueur et cette agilité qui nous sui prennent dans les athlètes el les danseurs ; c'est elle qui lait cpie les individus privés d'un sens ou d'un membre finissent par suppléer à celui qui leur manque, el qui donne même à la pensée une énergie et une prompliliu'e d'action qui fait le partage des plus vastes intelligences. En un mot, on peut dire que l'éducation physique, morale et intellectuelle est tout entière d.ins I habiiutle ou 1a répétition des mcnies actes appliqués à une faculté déterminée.
Il est également certain que l'habitude , tout en perfectionnant les actes
HELLÉBORE.
HÉM A.TÉMESE.
organiijiies , rend les organes moins impressionnables ou f)lulôt moins sensibles à l'action des ageus qui les excitent. Toutes les sensations, tous les mouveinens de l'enfant ne s'expi iment d'abord que par des cris de douleur , et ne tardent pas à s'accomplir inopinément. Toutes les habitudes dans lesquelles un art , une profession , une occupation quelconque met en exercice un ou plusieurs sens; toutes celles dans lesquelles les organes même de la vie intérieure sont soumis à l'action constante de modificateurs physiologiques, hygiéniques ou médicamenteux, ont pour effet nécessaire d'émousser la sensibilité de ces mêmes organes, et de les soustraire, pour ainsi dire, aux actes de perception et de volonté , comme si elles se naturalisaient ou s'identifiaient avec l'organisation elle même. Aussi toute suspension d habitudes qui ont ainsi acquis force de nature, donne lieu, le plus ordinairement, à des troubles de santé dont un praticien exercé sait découvrir la cause. Tel est l'effet de la suppression des vêlemens de laine sur la peau , du changement de climat, d'air, de régime, etc.; de la transition brusque de sensations habituelles à dei sensations insolites ; de la cessation subite d'actes physiologiques quelconques.
Les modifications morbides ont aussi leurs habitudes , toutes relatives au mode actuel de sensibilité, et qu'il importe bien d'apprécier. On sait que les habitudes d'excrétions accidentelles ou factices deviennent nécessité comme celles des excrétions naturelles : chercher à les rompre c'est s'exposer ii une foule de désordres pathologiques. Ainsi on ne supprime ))as impunément une hémorrhagie périodique, une ancienne suppuration , un exutoire, etc. On sait aussi que certaines alfections s'identifient avec l'organisme, parla seule force de l'habitude sans se manifester par aucun acte morbiile qui rend l'organisme insensible à certaines iiiIlLiences hygiéniques, endémiques , épidémiqucs , contagieuses ; celle du typhus, de la fièvre jaune , par exemple , qui tait que les dialhèses restent souvent inaperçues, et qu'en maladie comme en santé, chacun a sa manière de sentir, de vivre et de souffiir.
Enfin les agens thérapeutiques soumettent 1 organisme aux mêmes lois que les modificateurs hygiéniques et pathologiques, et les rendent moins impressionnables à leur action par l'elPet de l'habitude. L'estomac s'accoutume à l'action des divers médicameus au point de devenir quelquefois insensible, même à celle des substances vénéneuses. L'intestin demeure inerte à l'effet des purgatifs , le cerveau à celui des narcotiques , etc., si la dose n'en est graduellement augmentée, et il en est de même de tous les agens thérapeutiques qui ne jouissent que de propriétés relatives. Un praticien ne peut donc assez se pénétrer de la nécessité de varier ou de suspendre les médicauiens , d'en graduer les doses d après la disposition actuelle de l'organisme, qui , nous le répétons, appartient tout entière aux habitudes du sujet en santé ou en malatlie.
(P. JOLLY
HALLUCINATIOiX. f^ojez Aliénation.
HECTIQUE. Fojez Fièvues.
HELLEBORE, lulUborus. On éprouve quelque embarras à traiter cet article cfans un ouvrage essentiellement consacré à la pratique , et dans lequel ni les discussions botaniques , ni les recherches historiques ne peuvent et ne doi vent trouver place. Parmi les plantes qui portent le nom d'hellébore , les unes appartiennent à la famille des renonculacées , déjà si riche en poisons ; les autres , appelées veratrum album et nigrum , dépendent de la famille des colchicacées , dont un grand nombre d'espèces sont remarquables par le principe acre qu'elles renferment. Les unes et les autres ont été employées dans la médecine, et leur action, malgré quelques différences dans leurs principes constituans , présente beaucoup d'analogie. Nous nous occuperons du véritable hellébore, dont les variétés sont assez nombreuses , et dont la plus usitée, bien que ce ne soit pas la plus active , est l'hellébore noir.
L'hellébore noir, plante fort commune dans les montagnes de diverses contrées de l'Europe , fournit au commerce de la droguerie ses racines , ou plutôt ses tiges souterraines , qui sont en petits morceaux irréguliers assez épais , noirs au dehors et blanchâtres au dedans, garnis de racines plus ou moins longues , et présentant des anneaux circulaires. Il n'a qu une odeur assez faible ; quant à sa saveur , qui , au premier abord , est seulement un peu amère , elle devient bientôt d'une àcreté brûlante. Quoi cjuon en ait dit, la dessiccation ne lui fait rien perdre de ses propriétés irritantes , qui résident dans un principe Irès-soluble dans l'eau , et moins soluble dans l'alcool.
L'analyse chimique de cette substance y a fait reconnaître une matière amère qui, dit-on, n'est pas vénéneuse; une matière grasse, acide quand elle est récente, et analogue à l'acide cévadique , et dans laquelle , d'après MM. Feiiiielle et Lassaigne , réside la propriété active de la plante ; puis du mucus , du sel et divers autres élémens communs à la plupart des végétaux. On n'a pas encore d'analyse de 1 hellébore vert , qui est le plus actif ; et cela pourrait être utile.
L'action violente de l'hellébore sur les parties virantes n'est pas éipiivoque : elle a été constatée un grand nombre de fois , et sur les animaux el sur l'homme ; el les effets ont cté les mêmes , à cela près de quelque dificrence il'intcnsité , quelle qu'ait été l'espèce dont ou se soit servi. Appliquée sur la peau , celte racine y détermine une phicgmasie qui parcourt rapidement les trois périodes de rubéfaction , de vésication , et mêuie d'escarrificalion Lorsqu on le dépose sur une surface dénudée , il agit par \ oie d'absorption sur I estomac et sur l'intestin j organes pour lesquels il a une sorte d allinilc élective. Les animaux qui eu mangent , de même que les personnes qui en ouf pris par mégarde, périssent avec des coliques, des évacuations dysentériques , des vomissemens, et tous les symptômes des empoisonncmens par les substances acres ; et , à l'ouverture des corps , on trouve les traces évidentes d'une in-
flammation gasiro-iiilestiiiale. Les sujets chez lesquels les doses ont été plus modérées é|)rouvent seulement une purgation plus ou moins abondante, et des I vomissemens.
L'observation de ces faits a motivé l'emploi thérapeutique de rhellébore,! qui remonte aux premiers temps de la médecine. Hippocrate en faisait uni grand usage , et par son moyen remplissait des indications très-variées. Plus; tard, on sembla l'appliquer d'unç manière moins philosophique , et attendre de lui des effets particuliers , et qu'on n'eût pas obtenus d'un médicament analogue. Ainsi, non-seulement il fut compté comme vomitif et comme purgatif,' j d'après ses effets les plus constans ; mais encore on le considéra comme sternutatoire , vermifuge, emménagogue , hydragogue , anti fébrile , diuréli- 1 que , etc. On alla même jusqu'à le considérer comme le remède certain et | presque exclusif de quelques maladies , telles que l'asthme , 1 épilepsie , l'hys- 1 téric , la paralysie , etc. Mais c'est principalement contre la folie qu'on a vanlé ' ses vertus , et le voyage à Anticyre était recommandé chaque jour à ceux dout : le jugement ne paraissait pas parfaitement sain. !
Si l'on veut examiner , d'après les conn.iissances modernes , les faits de giic-- 1 risons obtenues dans différentes circonstances, on trouvera facilement qu'on i peut les expliquer sans recourir à des théories maintenant inadmissibles , et ' qu'on peut, ce qui est plus avantageux encore, obtenir les mêmes succès, et ' sans faire courir aux malades les mêmes dangers. '
L'usage des purgatifs drastiques, dans le traitement de l'aliénation mentale dans diverses affections paralytifjues ou convulsives , a souvent été avanlagsux; I mais il est bien certain que l'hellébore n'est pas préférable à la plupart des ' purgatils, de même qu'aucun d'eux ne mérite sur lui la prélérence. C'est par i une violente secousse exercée sur le tube intestinal , c est en provoquant' une exhalation abondante à sa surface intérieure , et en appelant le sang.! ; dans tout le système vasculaire abdominal, que le médicament en questi«i^| peut couper des fièvres d'accès, faire paraître le flux hémorrhoidal ou niens-q I Iruel. jl Ce dernier résultat sera plus sûrement obtenu encore si 1 hellébore est ap,.| pliqué en substance aux parties sexuelles de la femme, ou bien au voisinagejj des vaisseaux hémorrhoïdaux ; et cette action directement irritante pourraiiiy être déterminée par un sinapisme , ou par tel autre moyen de stimulation. H
Le principe âcre renfermé dans les diverses espèces d'hellébore rend suffi" samment raison de leur propriété anthelminthiqtie , et autorise à y avoir re cours pour expulser soit les ascarides , soit même le taenia. Eiilin on peu' comprendre les avantages qu'on a retirés de l'application extérieure de cdl<^ substance sous forme de cataplasmes ou de pommade dans les maladies de li peau , désignées sous le nom de dartres, lorsqu on a observé les excellens ré j sultats que procurent dans ces affections les vésicatoires ap|)liqués sur lei jj parties malades , les pommades irritantes et même les cautérisations superjn licielles. \\
Jl n'est pas suflîsamment prouvé que l'hellébore , pas plus d'ailleurs que le autres purgatils drastiques , augmente la .sécrétion de l'urine ; et si son actioii salutaire dans les hydropisies a pu lui valoir le titre d'hydragogue , il ne méï rite pas celui de diurétique.
Malgré son incontestable efficacité, l'hellébore est cependant en quelquj' sorte banni de la pratique médicale , et il n'y a peut-être pas un médecin qulij le prescrive. Il semble aiêuie peu probable qu'on revienne à son emploi, ca;lj nous ne manquons pas de substances purgatives aussi énergiques. La médeciiiii* vétérinaire l a conservé dans son dispensaire ; elle s'en sert comme d'un \m '\ tant pour entretenir la suppuration des sétons chez les bœufs el les chevaux , e \ sous forme d'onguent pour les affections cutanées des animaux domestiques, i;
Cependant si l'on voulait recommencer quelques essais sur cette substance ;J on pourrait l'employer soit en poudre , incorporée dans du miel et du sirop, el à la dose de quinze grains à un gros , soit sous forme d'extrait aqueux dans le i quel le primupe actif serait plus à découvert. Il est plus que probable qu'oi n'ira pas exhumer les nombreuses préparations dans lesquelles figure l'hellé ^ bore associé à diverses autres substances , et parmi lesquelles on remarqu l'électuaire hiéra-diacolocyulhindos , l'extrait panchymagogue , les pilules d Starkcy, de Bâcher, etc. i Pour ce qui concerne l'hellébore blanc , veratrum album , plante de la fa mille des colchicacées., et dans laquelle la véralrine , qui se trouve dans divei i ses autres plantes, est la pirtie active, nous renverrons à l'article VératriMi,
( F. Ratier. ) !
HEMACELINOSE. Fojez Purpura. , UEMATÉMESE. On donne ce nom au vomissement de sang; de sangl^f et c-//;(v , vomir. Plusieurs auteurs , Hoffman entre autres , désignent cette mai, \ ladie par les mots vomilus cruentus; Vogel et Sauvage l'ont appelé, hœmitlemei'^ sis ; Baume, gasi rorrhagie. Celte dernière dénomination conviendrait beaucou ! mieux que les précédentes , puisqu'elle indique la nature même de la maladie i< les autres , beaucoup plus vagues , désignent seulement un symptôme commu à beaucoup d'affections différentes. ^ Dans la gastrorrhagie , la membrane muqueuse de l'estomac et les nombrcu i vaisseaux ciui s'y distribuent peuvent être le siège d'un exhalation , d'une riq , ' ture ou d'une ulcération. Ces deux derniers modes , admis par Fernel , ne soi ; pas les [ilus ordinaires. L'augmentation d'activité de la circulation capillaire jl un afilux plus considérable du sang, déterminé par ce phénomène que l'on d« i signe sous le noui de molimeii liemorrhagicum , semblent bien plus Iréquen , ment produire l'cxhalalioii sanguine que nous devons étudier. Pourquoi le saii; 1 1 au lieu de se combiner aux lissui et de donner lieu à l'intlammalion , sort-..
HÉM A.TEMESE.
iiématémese.
(5 vaisseaux qui le contiennent et occjsionne-t-il une liémorrliagie ? C'est ce (cnoiis n'expliquerons pas plus parle nioLimen qu'eu adineltant une comlil II piithologique locale. Quelquefois aussi celle héuiori liagie dépend de l in- ( ration foi t considcrable des organes placés autour de l'estomac. Ainsi on a ■ 1 long-temps que les maladies de la rate l'occasionaient en lai-^ant refluer le ;ig de cet organe dans l'estomac à travers les vaisseaux courts. Le flambeau I l anatomie a dissipe celte erreur. Nous pensons bien plutôt avec Morgagni ( tire XXXII, n" 12) , que l'induration de la rate , du foie ou du pancréas emjciiant ces organes de recevoir une aussi grande niasse de sang que dans l'état . ijjrnial , augmente d'autant la quantité de ce liquide que le tronc iliaque envoie ; 'estomac. Nous ne nous arrêterons pas ))lus long-temps h ces considérations, I rce qu'elles seront beaucoup mieux placées à l'article Hémorrhagie en général, j l"^'. Les palliologisles ont admis un grand nombre de variétés d'iiématél'ses , qu il n'est pas toujours facile de reconnaître par l'observation , et qui ;iit souvent établies sur des distinctions entièrement arbitr.iires. Il est en effet, iis beaucoup de cas, impossible de distinguer rliémaUniè.'-e active de l'iujtémèse passive : la ligne de démarcation (|ui sépare ces deux sortes d liémoragies est bien souvent fort difficile à saisir. Cependant l'âge du sujet, la vigueur sa constitution , l'état actuel de ses forces , la dureté de son pouls, sullint, dans les cas bien caractéi isés , pour faire reconnnaître l'iiém.i témèse ac- ■e ou pléthorique de Sauvages , et diriger ia conduite du praticien d'une œaère tout opposée à celle qu il tiendrait s'il s'agissait d'un malade placé dans s circonstances enlièrcment dilicrentes. Nous en diions autant par rapport X distinctions que l'on a faites de l'hémalémèse en idiopallii(jue et en s^impmalique. 11 est facile de dire comment ces deux espèces d'affections dillèrent |jne de l'autre ; mais il n'est pas toujours possible de les distinguer entre les au lit du malade. C'est à cause de celte difficulté que nous avons cru ivoir exposer diverses variétés d'hématémcses admises par Sauvages, Cullen Pinel , en les groupant cependant autrement que ne l'ont fait ces auteurs commandables. La première section se rapportera surtout à riicniatéiacse iopatliique , et la seconde à l'hémalémèse s^inploraatiquc. A. On doit appeler gastrorrhagie , ou hématéinèse iduipalliique , ce vomisseent de sang que l'on voit survenir tout à coup chez des sujets pléthoriques la suite d'une irritation de l'estomac , ou d'une congestion de sang vers ce scère par suite de frayeur , de chagrins , etc. On l'observe dans le cas de imoUissement de l'estomac , dans la fièvre jaune. La gastrorrhagie constitue 1 des symptômes importans de celte maladie. Ce que nous dirons en décriait l'hématéraèse en général fera principalement connaître I hématémèse idioilhique.
L'Iiéiiiatémèse constiiulionuelle admise par Langius , Sclienckius , Th. Barlolin , Salmulh, qui en ont cité de nombreux exemples, ne produit point iLZ les sujets qui en sont afTcctés de troubles remarquables : la maladie deicnt chez eux l'éîat normal. Langius rapporte qu'une femme d'une constituon forte et plétorique fut , pendant vingt ans , sujette à des vomissemens de mg très copieux , qui revenaient quelquefois à des époques déterminées , sans lie annoncés parties signes piécurseurs. Toutes les fois que l'on cherchait ir quelques moyens à intervertir la marche de 1 hémoi rhagie , cette femme en iprouvait toujours quelque accident. Il est évident , qu'accompagnée de cir- 3nstances analogues , cette variété de l'hémalémèse , ({ue nous n avons point bservée, doit plutôt être considérée comme une anomalie que comme une véilable maladie , tant que les individus qui en sont atteints n'en éprouvent pas 1 incommodités.
Ou peut rapprocher de la variété précédente Miémalèinèse succé<liinèe , qui , lii-z les femmes , remplace , par une déviation remarquable, l'époque menti uclle , et, chez les deux sexes , succède à des hémonhoïdes ou à tout autre lémorrhagie habituelle. Parmi les cas rares de 'Vander-Wiel , on trouve l'hisjoire d'une jeune domestique qui vomissait beaucouji de sang à chaque époque 'nenstruelle , et chez laquelle cette hémorrhagie supplémentaire remplaçait orl bien l'évaculion menstruelle sans lui causer de mal , et ne diminuait en icn la vivacité et la gailé naturelles à son âge. Slahl rapporte l'observation «l'une jeune personne chez laquelle la suppression des règles fut suivie d'une hématémèse périodique qui remplaça les règles pendant treize mois consécutii's. Sans doute on peut dire avec EtlmuUer que cette variété de l'hrmatémèse est bliis salutaire que dangereuse; cependant il est à craindre (jue ce dérangeaient d'un flux normal ne devienne tôt ou tard la source d'accidens graves.
On a désigné sous le nom iVhématénièse critique le vomissement de sang que !1 on observe dans les maladies aiguës inflammatoires, vomissement que I on kregarde comme le résultat d'un efTort salutaire de la nature pour le rétablissement de la s nté. On en lit quelques cxeiiiples rapportés par les auteurs. On prouve aussi dans les écrits de Zacutus Lusitanus et de Prosper Alpin des fails qui prou\ent que ces vomissemens ont jîioturé la guérison de quelipies mala- |dies chroniques ; mais , il faut en convenir , ces faits sont en trop petit nombre ipour que le médecin puisse espérer un résultai: avantageux des hémorrhagies jqui ont lieu par cette voie. L'événement seul peut dissiper les craintes que I hématémèse aura dù faire naitre d'abord dans son esprit. Prosper Alpin lapporle qu'il se souvient d'avoir été atteint d'une fièvre quarte dans laquelle un vomissement de sang d'en\ iron six livres devint une crise salutaire.
U. Une variété iV hématémèse fort commune est celle que l'on appelle s/ilnnchnUjut; , parce qu'elle dépend de l'altération plus ou moins profonde de l'estomac ou des viscères qui ont avec lui une connexion suffisamment rapprochée. Une inflammation chronique de cet organe , le ramoilissement et l'ulcération de ses membranes donne lieu à des vomissemens dans lescjuuls le sang prédo-
l)li;r. DE JJtDUCl.NE ET DE ClIUinGlE PaVTI'.'LEj.
mine, selon que l'exhal.ition du système capillaire ou hi dcslruclion des vaisseaux en fournissent plus ou moins. Le vomissement noir chocolat du cancer de l'estomac peut être considéré comme une des variétés de l'hémalémèse dont nous nous occupons maintenant; caria couleur noir de ces vomissemens dépend évidemment , dans le plus grand nombre de cas , de la quantité plus ou moins grande de sang ou de principe colorant de ce liquide qui se mêlent aux autres élémens qui composent les matières vOmies. Dans d'autres cas , c'est la rupture d'un auévrysme contigu h l'estomac qui a Iburni le sang rendu par les malades, et qui entraîne immédiatement leur perte. HolTmann , Portai (Mémoires sur la nature et le ti<aitement de plusieurs Maladies), M. I/alour d Orleans [Traité des hémoirliagies) , rapportent un grand nombre de faits dans lesquels tantôt le foie , tantôt la rate et tantôt le pancréas , hypertroi)hié3 ou altérés dans leur organisation , ont donné lieu à des accidens d hématémèse. M. Lalour raconte dans l'ouviage cité qu'un malade nommé Desnoyers, d'un tempérament bilieux , d un caraclère vif et irascible, avait éprouve pendant deux ans une fièvre intermittente très-rebelie , presque toujours endémique dans la ville qu'il habitait. Cette lièvre détermina un engorgement de la rate qui occupait presque toute la capacité de l'abdomen : ce viscère était d'ailleurs dur au toucher. Depuis rpie cette congestion s'était formée , la hè\re avait disparu . le teint était meilleur, la digestion se faisait assez bien. On prescrivit des sucs d herbes apérilives avec l'acétate de potasse , de l'eau de Vichy , des ])ilules fondantes , des frictions mercurielles sur l'abilomen , et, après une année entière d'un traitement suivi , la tumeur se ramollit un peu , sans diminuer le volume. M. Lalour fut appelé une nuit ])0ur voii- son malade, et quand il airiva , M. Desnoyers avait déjà vomi une quantité énorme de sang, dans lequel il y avait beaucoup de caillots. Plusieurs lavemens administrés provoquèrent la sortie d'une grande quantité de sang noir par les voies inférieures. Ces évacuations réunies dégorgèrent tellement la rate , qu'un mois apiès l'invasion tiu vomissement , ce viscère avait repris sou volume ordinaire : 1 hypochondre gauche n'ofi'rait aucune trace d'engorgement. M. Desnoyers a joui ensuite pendant ving-cinq ans d'une santé parfaite.
Je donnais depuis plusieurs années des soins à un négociant suisse , âgé de trente-cinq ans d'un tempérament bilieux , éprouvant dans la profondeur ilc l'hypochondre droit des douleurs vives et lancinantes , non accompagnées de fièvre, mais occasionant de fréquens troubles dans la digestion. Des sangsues mises à l'anus , des applications émollientes sur I hypochoudre droit , et un régime sévère avaient plusieurs fois soulagé le malade. Tout à coup et sans qu'on ait pu s'y attendre , il est pris de vomissemens et de déjections alvines noires et abondantes , qui l'éliraient et lui donnent (c'était pendant 1 été de 1832) la crainte d'être atteint du choléra. Une limonade froiile , une potion dont l'eau de Rabel et le sirop de ratanhia formaient les élémens principaux ; des pédiluvcs sinapisés arrètèient les accidens. Depuis ce temps les douleurs de l'hy poclioiulre ont été moins vives , moins fréquentes , et les digestions moins pénibles. Quoiqu'en général très-graves en raison de la cause qui les occasionne , ces hématémèses splancliniques ne sont pas toujours suivies d'accidens mortets. Il y a huit ou dix ans que j'ai donné des soins à un vieillard dont le cœur est hypertrophié , et chez lequel cette lésion a probablement été la cause d'une hémorrhagie considérable du canal intestinal, qui a cédé à l'application tle la glace sur le ventre et à l'emploi d une saignée du bras et de boissons acidulés froides. Depuis ce temps , un régime sévère , des sangsues appliquées de temps en temps à l'anus , maintiennent la santé de cet homme, et empêchent le retour des accidens hémorrhagiques.
L'hémalémèse est quclqueluis traumalique , accidentelle. 'EWq survient à la suite d'un coup porté sur l épigastre , d'une plaie faite à cette région , de l'introduction de corps |)iquaiis ou contondans dans l'estomac , etc. On lit dans le Journal u/iifersel des sciences médicales , janvier 1828. l'observation d'une hénialémèse occasionée par le séjour d'une sangsue dans l'estomac. Le fait a été recuilli par le docteur Vanderbach, Un soldat , âgé de vingt-deux ans, éprouva, sans aucune cause connue , un vomissement de sang , accompagné depuis deux ou trois jours seulement, de douleurs et de quelques épreinles dans cet organe. Le repos, les boissons adoucissantes et la diète ne calmèrent pas les accidens. Dans la nuit du troisième au quatrième jour il sentit quelque chose qui , de l'estomac , remontait le long de l'œsophage en lui causant une sensation pénible, et vint se fixer au côté gauche du pharynx en y produisant une tumeur qui rendit la déglutition et même l'inspiration très-difficile. Quelques crachemens de sang eurent lieu ; on ne put découvrir le corps q ni occasionait la gêne de la déglutition.... On se disposait à mettre en usage les moyens recommandés contre l'hématémèse , lorsque , dans la nuit suivante (sixième jour) , le malade fut réveillé par une sensation pénible dans le pharynx et l'arrière-bouche. Il y porta vivement les doigts et en retira aussitôt une sangsue vivante. Le malade déclara qu'il avait bu plusieurs fois la nuit dans des ruisseaux, mais qu'il ne s'était point aperçu qu'un corps étranger eût pénétré avec l'eau dans l'estomac. A dater de cette époque, tous les accidens se dissipèrent.
Enfin , V hématémèse peut être simulée. Sauvages raconte qu'une jeune fille détenue dans un monastère , simula une hématémèse afin d'en sortir. Elle avalait en caihelte du sang de bœuf, qu'elle vomissait ensuite. J'ai vu à l'IIôtel- Dieu une fille précédemment atteinte d'une hématémèse accidenlclte , simuler plus tard cette aflection afin de prolonger son séjour à l'hôpilil. Elle avalait pour cela le sang rejeté par les sangsues qu'elle jiosait aux autres malades. La couleur noire de ce sang rendait la méprise facile. Un jour elle vomit du sang couenneux ; on reconnut que c'était celui d'une saignée faite la veille à une autre malade, et la supercherie cessa. L'hémalémèse peut encore être simulée
HÉMATÉMESE.
H^M ATÉMESÈ.
quand du sang exlialé de la membrane pifuitaire, du pharynx , du Toile du palais, etc. , descend ensuite dans l'estomac qui, plus tard , le rejette. Cet accident se voit plus communément chez ks enfans que chez les adultes. On raconte qu'un enfant auijuel , en coupant le filet de la langue, on ouMit une des artères , mourut après avoir dégluté puis vomi le sang fourni par Thémorrhagie qui avait eu lieu.
§ II. Les causes qui président au développement de la plupart des hémorihagies {vojez Hémorriiagies en général), ont une grande influence dans la production de I hématéraèse. Cependant une vie sédentaire et trop succulente, l'usage d'aliniens îicrcs cl irritans , de liqueurs akhooliques, sont les causes piédisjjosanLes les plus ordinaires de cette malatlie.
Parmi les causes occasionelles , on devra noter toutes celles qui déterminent iui aflux considérable ilu sang vers l'estomac et une grande irritation de l'appareil digestif. Une émotion vive, la rétrocession de la goutte ou d une maladie habituelle; l'action des tméliques , des purgatifs drasti(iues , des poisons corrosifs, la destruction de la membrane muqueuse de l'estomac, et quelquefois la çhule des escarres que le contact de ces derniers agens occasionne ; les coups portés sur l'épigastre , les dégénérescences organiques de l'eslomac ou de viscères cnvironnans ; telles sont les causes les plus ordinaires qui amènent le développement des diverses vaiiétés de I hématémèse que nous avons exposées.
§ III. Cette hémorrhagie est quelquefois annoncée par un sentiment de pesanteur, de pression , de chaleur et de douleur pongitive ou pulsativeh la région épigasirique et dans les hypocondres; par de l'irrégularité dans la digestion, des éructations , des nausées , des flatuosités , et par la plupart des symptômes généraux qui accompagnent les hémorriiagies (liémorrhagies en généial ). Le pouls se concentre, les extrémités se refroidissent, le visage pâlit, la lèvre inférieure devient tremblante , le vomissement tie sang s'effectue. Quelquefois, au contraire, le sang s'accumule dans l'estomac , une douleur gravatine se fait sentira l'épigastre , qui devient tendu et douloureux ; des lipothymies, proportionnées avec la quantité de sang épanché surviennent, et, plus tard, au lieu d'être vomi, ce liquide passe dans les intestins et augmente la quantité des garderobes. Il n'y a point alors hématémèse , quoique la gastrorrhagie soit incontestable. Le plus souvent, au contraire , le sang est rejeté jiar le vomissement. 11 est plus ou moins noir, tantôt liquide et dililuent, tantôt plastique et consistant ; il répand une odeur quelquefois aigre, quelquefois fétide; il est accompagné de mucosités, débile et des liquides qui se trouvent accidentellement dans l'estomac. A moins que l'hémorrhagie ne continue et qu'elle ne devienne trop considérable ou trop ré|jétée pour n'être point funeste , le malade se trouve mieux après l'évacuation du sang. Le sentiment de pesanteur, de chaleur et de serrement épigastrique se dissipe ; le pouls se développe, la peau se réchauffe j l'anxiété cesse, le calme se rétablit pour toujours, ou jusqu'au retour d'un nouvel effort hémorrhagique. Cet elTort nouveau est soumis à l'influence de la cause qui l'a déjà produit et à la variété de l'hématémèse à laquelle les circonstances qui l'accompagnent pourront le faire rapporter. Nous croyons inutile d'insister sur ce point , les détails que nous avons donnes ])lus haut nous paraissent devoir suflire.
La durée de l'hématémèse dépend de la constitution des sujets, des causes qui ont occasionné la maladie, des soins que l'on adonnés à son traitement, et des complications qui ont pu aggraver les accidens. L'hématémèse idiopathique , active, lorsqu'elle n'est pas immédiatement dangereuse , ne se prolonge pas autant que quand l'hémorrhagie dépend d'une lésion de l'estomac ou des viscères cnvironnans.
L'hématémèse peut se terminer par un retourrapide àla santé, nous en avons rapporté des exemples ; elle peut passer à l'état chronique , suivre une marche périodique, ou enfin entraîner par sa tenacilé et son abondance la mort des sujets qui en sont affectés. Dans le premier cas , les mahides pertient chaque jour leur embonpoint, leur peau prend une teinte d'un jaune blafard , et comme transparent; le pouls devient petit, dépressible, quelquefois fréquent; les digestions dilliciles, la respiration gênée ; les membres s'cedématient. Quand une affection organique a occasioné l'hématémèse, les symptômes qui lui sont propres se joignent à ceux que nous venons d'indiquer, et contribuent encore à accélérer la perte des malades.
A l'ouverture des cadavres , on trouve la plupart des viscères exsangues, la membrane muqueuse de l'estomac quelquefois pâle, parce que son système capillaire a versé dans la cavité de l'estomac le sang qu'il contenait. Le plus ordinairement cependant cette membrane est rouge, fortement injectée, et présente un développementremarquable de vaisseaux variqueux d'une couleur foncée. Le sang que l'on trouve dans l'estomac est le plus souvent noir, trèsrarement rouge. 11 est plus ou moins diflluent ; tantôt il répand une odeur aigre, tantôt une odeur fétide; il communique la teinte qu'il présente au doigt qui le touche ou aux parois de l'estomac avec lesquelles il est en contact. Le caillot prend quelquefois et conserve la forme de l'estomac. Franck rapporte un cas de gastrorrhagie dans lequel la mort eut lieu sans vomissement de sang. Ou trouva dans l'estomac un caillot qui avait pris la forme de ce viscère. J'ai vu un caillot semblable dans l'estomac cancéré d'une femme, qui mourut par suite de l'hémorrhagie ( /^/ c/i/i'Ci , mai 1831). Les nombreuses altérations dont les parois de l'eslomac, ainsi que les organes cnvironnans sont susceptibles , peuvent également donner lieu aux vomissemens sanguins. Ordinairement alors le sang se répand directement dans la cavité stomacale. Cependant on rapporte aussi qu'on en a trouvé venant du foie par le canal cholédoque. Peut-être a-l-on jjris de la bile altérée pour du sang.
S IV. Lorsque les symptômes de l'hémathéra'ese se manifestent avec les ca-
ractères que nous lui avons assignés , le diagnostic de la maladie n'est pas di i cile. Il n'en est pas de même quand le sang n'est point émis au dehors. Loi qu'il s'accumule dans l'estomac, les symptômes généraux hémorrhagiquei j unis au son mat ou au bruit hydropneuraatique obtenus par la percussion i i la région stomacale , peuvent faire reconnaître l'affection; lorsqu'au contraii I le sang sera arrivé dans l'intestin grêle , ou quand il fera partie des garde-robij 1 les signes piécurseurs devront être intei rogés avec soin pour reconnaître i j source qui a donné lieu à l'hémorrhagie. On pourra aussi délayer le liquii i dans de l'eau , il lui communiquera une couleur rouge si c'est du sang, et u; \ coulci;r verte ou jaune si c'est de la bile. Mais il est bien rare que la gastro i rhagie existe sans qu'il y ait dès le commencement hématémèse.
Le sang vient-il du système veineux ou du système artériel? Nous n'avo s jamais eu l'occasion d'établir ce diagnostic différentiel ; mais nous croyons qu ' si le sang sortait des artères , sa couleur rutilante, sa densité plus considérab ' l'abattement plus rapide des forces , etc. , serviraient à décéler son origine. I caractères de ce liquide vomi ou resté dans l'estomac , prouvent que les systèir veineux et capillaire en sont la source la plus fréquente.
11 n'est pas toujours facile de déterminer si l'hémorrhagie est idiopathique symptomatique ; cependant quand elle est précédée d'un sentiment rapide pesanleur à l'épigastre , <(uand un mouvement fébrile l'accompagne, lorsqu'e cesse brusquement, on doit être porté à la considérer comme idiopathique. ( la soupçonnera encore tie cette nature si elle succède à une frayeur subite ci un accès violent de colère. Les signes non équivoques d'une maladie antériei de l'estomac ou des viscères cnvironnans suffiront pour faire reconnaître l'I matémèse symptomatique.
La cause de la maladie , la marche de ses symptômes et la constitution sujet, indiqueront dans laquelle des deux classes d hémorriiagies active et pi sive admises par quelques auteurs et contestées par d'autres, on devra la rang^ Il sera plus facile , je crois , en examinant avec soin le malade, de rappori son hémorrhagie à l'une des variétés que nous avons indiquées, et sur lesquel nous ne reviendrons pas.
«On peut se méprendre , dit Lieulaud , en prenant l'hémoptysie pour l'F malémèse, lorsqu'on s'en tient à la relation des malades ; mais en faisant atl< tion à l'âge et ;» la constitution de l'individu, aux causes, aux caractères i sang rejeté, et au siège des symptômes ([ue la maladie présente , on ne s" laissera pas imposer. »
Avant 1 hémoptysie , les malades éprouvent de l'ojipression , une toux sèch fatigante, et souvent une douleur derrière le sternum ou dans quelqu'autre po de la poitrine. Avant l'hématémèse ce sont surtout des nausées , du trouble ds les digestions et de la pesanteur à l'épigastre qui tourmentent le malade. Dï l'hématémèse , le sang rejeté à la suite d'un ou de plusieurs efforts de vomis: 'i ment , est noir, plastique ou visqueux , dililuent ou grumeleux , souvent aij ou fétide , accompagné de mucus filant, de bile, ou de substances accidentel ! ment contenues dans l'estomac. Le sang de l'hémoptysie sort à la suite d'ul toux plus ou moins répétée ; il est rouge , liquide , spumeux , inodore ou acco I pagne de l'odeur vive qui lui est particulière ; il est mêlé de mucus rendu f] coniieux par l'air qui s'y trouve mêlé. Après le vomissement de sang, l'appar digestif éprouve des troubles fonctionnels plus ou moins durables; c'est au co traire l'appareil respiratoire qui paraît lésé à la suite de l'hémoptysie. S'il ex tait coïncidence de toux et de vomissement, parce que la toux répétée occasiom souvent le vomissement, et le vomissement quel([uefois la toux, il faudra ) chercher lequel des deux phénomènes a précédé l'autre, et tenir compte même temps tics qualités du sang rejeté.
L'évacuation sanguine , ordinairement de couleur noire , que les anciens or à cause de cela , désignée sous le nom de maladie noire , et que Sauvages a a pelée mciœna , constitue-t-elle une maladie particulière , distincte de rhémat| mèse? Nous ne le croyons pas. Nous pensons que des lésions organiques anal gues du canal intestinal ou des organes qui lui sont contigus déterminent ! deux affections; il nous semble, d'après les descriptions données parles auteui que l'une d'elles porte plus spécialement le nom d'hématémèse , quand le sa est rejeté par la voie supérieure, et que l'autre est plus généralement désign sous le nom de mélœna quanti le sang s'échappe par la voie inférieure ou p| toutes les deux à la fois. Tissot pensait que le mélœna diffère seulement I rhématémèse par sa marche chronique. Cette distinction, qui nepeutctabj une véritable différence entre ces maladies, prouve quelle analogie existe enli elles. I § 'V. On établira facilement le pronostic de l'hémalcmèse en ayant éga | aux causes qui l'ont produite , à son espèce , à sa durée et ;> la constitution d| sujets qui en sont affectés. Quelques circonstances rendent le pronostic favorS ble. Ainsi, l'apparilion dhémorrhoïdes , des règles : mulieri sanguinem vil menti, dit Hippociate (aph. 31, sect. 5 , ed. Pariset) , menstruis erumpcntib ^ solulio contingit. B
§ VI. Lorsque 1 on craint l'invasion de l'hématéinèse , on doit la pré^■cr ]iar un régime sévère, des pédiluves sinapisés, le rappel de quelque fluxi( a nrienne , dont l'influence bienfaisante n'existe plus. Si le sujet est jeune et pl thorique, une saignée du bras suflira quelquefois pour prévenir 1 liémorrhagi Loisque la gastrorrhagie se manifeste, il faut conseiller le repos le plus absoli quelijues cuillerées d'eau froide seule ou acidulée; appliquer des compress imbibées d'eau froide , ou une vessie remplie de glace sur la région épigasti que, pendant que l'on rappellera la chaleur sur toutes les autres parties ( corps. On prescrira des pédiluves et des raauuluves chauds; la ligature d membres , afin d'y retenir le plus de sang possible ; une saignée assez abondan
heMatocele.
HÉMATURIE.
si la foi'ce du sujet le permet, ou si l'intensité et la nalure des accidens lexigent. Les accidens terminés , on recommandera le repos le plus absolu de l'organe soufii-ant , par conséquent la diète; on peimeltra l'eau d'orge, l'eau de poulet , le lait plus ou moins coupé, selon les besoins du malade. On continuera cndant quelque temps l'emploi des révulsifs sur les membres inférieurs , en piéme temps que Ton s'occupera de remédier à la cause qui a occasioné la maladie, afin d'en prévenir le retour.
Les distinctions d'iiéraorrhagie en actives et en passives , quand elles pourront être faites , serviront pour guider la conduite du praticien, et lui faire référer dans un cas la dcplétion la plus rapide du système circulatoire, et dans l'autre les styptiques, les astringens et les toniques. L'utilité de cette dislinclion toute pratique indiquée déjà par Hippocrate ( A]ih. 36, sect. VIF), est Incontestable , dans les cas où l'on peut la faire avec certitude.
Lorsqu'on ne peut pas l'établir avec assurance, quelques t.îtonnemens feront bientôt reconnaître la nalure de la maladie, et détermineront le choix de la médication. De l'usage des limonades végétale et sulfurique , on passera à l'em- |ilûi d'une tisane de riz , de grande consoude, de coing , de bistorte, de ratanlia , aiguisée avec quinze ou vingt-cinq gouttes d'eau de R.ibel par pinte, ou ivec un demi-gros a un gros et demi d'alun dans la même c(uantité de véhicide îdulcoré. On pourrait aussi couper ces boissons avec un tiers d'eau de chaux leconde ; si le volume ou le contact des liquides incommodait l'estomac, on romperait la soif du malade en lui accordant quelques tranches de cition ou l'orange, et on lui ferait prendre en pilules les extraits ou les poudres de raunhia , de quintjuina, de caciiou. Les préparations de rataidiia qui nous ont '!é si souvent uliles pour arrêter les flux sero-nuiqueux ou sanguin dans beaupoup de cas du choléra épidémique de 1832 , nous ont paru également avantageuses chez les malades afl'ectés d hémalémèse , et f[ui ne présentaient point de ymptômes inflammatoires aigus de l'estomac.
Que le vomissement de sang soit iiliopathique ou sympfomatique , il faudra (l'abord remplir les indications que nous venons d'établir, sauf à avoir recours atisuite aux moyens nécessaires pour attaquer la cause de I hématémèse syrapjOmatique. Ou favorisera le rotour périodique des règles, à l'aide de sangsues iiises .1 la vulve, de ventouses aj)pliqués à la partie supérieure et interne des Glisses ; par l'usage d'eaux et de préparations ferrugineuses , d'un exercice motéré et de tous les moyens qui , dans l'espèce , pourront rappeler le flux mensriiel. Existe-t-il une inflammation chronique ou une altération organitjue de jij^ l'estomac ou des yiscères qui l'avoisinent , le traitement de ces afl'eclions sera uiviavec le plus grand soin , surtout dans l'intervalle des vomisscmens de sang, ^i l'introduction d'une sangsue dans l'estomac a causé la maladie, une boissun l'eau salée remédiera aux principaux accidens. Enfin il faudra toujours se rap- )eler dans le traitement de I hématémèse, que cette affection est plus souvent in symptômB qu'une maladie, et qu'en remédiant au vomissement de sang , on le doit point oublier d'attaquer la cause qui l'a occasioné. (Martin-Solon.)
HEMATOCELE , s. f. , de , sang , et de -/Yj-it, tumeur ; ainsi , d'après jon étymologie, le mot hématocèle devrait s'entendre de toute collection san- |j [iiiue formant saillie en dehors ; mais l'usage a consacré une acceptation bien ^,|i,u jlus circonscrite , et l'on donne seulement ce nom aux tumeurs sanguines des (j i>ourses.
Au reste , il est peu de sujets sur lesquels les nosologistes aient plus varié que iir rhémalocéle ; les uns , en eft'et , désignent exclusivement par ce mot les iniUralicns du scrotum et du dartos; d'autres (Heister) rangent encore sous cette lénomination l'accumulation du sang dans la tunique vaginale; quelques aures , eufin , entendent par là les infiltrations sanguines du corps du testicule, jjjil jiichter admet , d'après ces idées , trois espèces d hémalocèle , celle du scrotum , elle de la tunique vaginale et celle du testicule, la première seule mérite la jjjII jualification d'hématocèle , suivant le professeur Richerand ; la seconde est géidralement considérée comme une variété de l'hydrocèle , tandis que la troilième a été décrite par tous les auteurs à l'occasion des contusions ou plaies onluses du testicule.
Les coups portés sur la région tesliculaire , les chutes sur la même partie, les plaies, les opérations dans lesquelles un des vaisseaux du dartos ou du tesjicule aurait été intéressé, ainsi , la ponction pour l'hydrocèle , la lithotomie «éi'inéale, telles sont les causes ordinaires de l'hématocèle ; mais il arrive souent encore que celle maladie se manifeste sous l'influence de causes lout-à-fait pternes ; quelquefois aussi l'inCltratiou du dartos se manifeste à la suite d'une hiite d'un lieu élevé, sans que cette région ait été directement frappée; alors |1 y a bien eu rupture vaseulaire , comme dans les autres hématocèles de causes iuleutes, mais celte rupture n'est plus directe, elle est l'efTel d'un contreloup.
Les symptômes de l'hématocèle sont très-simples et très-faciles à saisir : les pourses tuméfiées, sont plus ou mroins tendues , suivant la quantité de sang panché; des douleurs s'y font quelquefois ressentir, caractère qui manque touefois très-souvent , et qui n'appartient jamais à l'hématocèle de cause interne ; fnfiu , la région scrolale offre tous les caractères des parties qui sont le siège "^iji l'un épanchemenl de sang : elle est d'un noir foncé vers le centre , bleuâtre à luelque distance du centre , et jaune brun, jaune foncé , jaune clair, à mesure Ijjj, ju'on s'approche plus de la circonlérence. Ces variétés de couleur, comme on le conçoit aisément , n'appartiennent qu'à la première variété d hématocèle de jjjUpchler, à l'hématocèle proprement dite, celle dont le caractère anatomique Jjjj l'infillratiou sanguine du dartos; lorsqu'au contraire le sang est épanché j lans la tunique vaginale , l'enveloppe tesliculaire peut conserver att dehors son gji4 ippareii^-'^i normale, et alors ou observe seulement une tumeur plus ou moius
réitt
oblongue , semblable à celle de l'hydrocèle ; mais bien difTérentc , sous d'autres rapports, de la tumeur qui appartient à celte maladie, elle est complètement opaque, et ofTre moins de mollesse et de fluctuation à cause de la coagulation du fluide qui la forme; enfin , lorsque le sang est infiltré dans les mailles du testicule , non-seulement il peut y avoir absence du changement de couleur de la peau, mais encore la |)lupart des autres symptômes manquent, excepté la douleur loi squ'on presse le testicule ; cet organe alors est devenu plus sensible , et son volume a sensiblement augmenté; au reste, I hématocèle de la tunique vaginale cl celle tlu testicule , si tant est que l'on persiste à donner le nom d'hématocèle à ces lésions tlifférentes , sont toujours le produit de causes extérieures, et par conséijuent les circonstances commémoratives aident beaucoup au diagnostic, en même temps que les symptômes locaux achèvent la conviction du chirurgien.
11 est superflu d'insister long-temps sur les caractères difTérenliels de 1 hématocèle du dartos , mais il n'en est plus de même pour l'épanchemcnl sanguin vaginal; déjà nous avons montré ce qui le tlistingue de l'hydrocèle ordinaire; mais il est une variété de l'hydrocèle qu'il est difficile de distinguer de cette hématocèle, c'est celle dans laquelle la sérosité est combinée avec une certaine quantité de sang; alors il ne faut pas perdre de vue que si la tumeur a paru subitement à la suite d'une violence extérieure , elle appartient à une hématocèle; dans le cas contraire, elle appartient à l'espèce d'hydrocèle que nous venons de signaler; au reste, nous reviendrons plus tard sur ces faits aux articles Hydrocèle , SAncocixE , etc. {l'^ojez ces mots . La tumeur de l'hématocèle tesliculaire a beaucoup d'analogie avec celle d'un gonflement du testicule produit par une ancienne inflammation, ou par une altération organique de celle partie; mais celle-ci est lourde , souvent bosselée, et toujours douloureuse, circonstances qui manquent à l'hématocèle.
La durée de l'hématocèle varie suivant son étendue et suivant le siège de l'épanchement ; le plus ordinairement le sang épanché est repris par absorption , et les parties reviennent graduellement h l'état normal , en passant par toutes les nuances de couleur que nous avons déjà indiquées, depuis le noir bleuâtre le plus foncé , jusqu'au jaune le plus clair. Au reste, à cet égard, l'hématocèle n'off're rien de particulier; elle se comporte comme les autres épanchemens de sang qui se font dans nos organes. Quelquefois le sang de l'hématocèle , épanché en trop grande quantité, n'est résorbé qu'en partie , une portion reste , devient un corps étranger, et détermine une vive inflammation qui peut se terminer par résolution, mais qui est bien plus souvent la cause d'abcès sanguins plus ou moins étendus; quelquefois enfin, le scrotum hcmatocelé est fra|ipé de gangrène; mais cette complication , hâtons-nous de le dire, est bien plutôt l'efTct de la contusion qui a produit riiématocèle elle-même , que celui de l'épanchement sanguin ; enfin un hydro-hématocèle arrive souvent à ceux qui n'ont eu primitivement qu'une hématocèle vaginale , et la perte du testicule par suppuration a été plus d'une fois causée par les épanchcmens tle sang dans son tissu.
Quelle que soit la cause de l'hématocèle, le traitement en est à peu près le même ; le repos, la position verticale du corps , le relèvement des bourses sur le ventre , à l'aide d'un suspensoire, ou mieux encore avec une compresse dont on fixe les deux extrémités sur un bandage de corps , l'application de linges imbibés de liqueurs résolutives, tels que l'eau froide ou même glacée, l'oxycrat , l'eau végéto-minérale , une forte solution du muriafe d'ammoniaque. On conçoit que tout cela est bien plus urgent dans les hématocèles de causes violentes, que dans celles auxquelles donne naissance une cause interne; alors, en effet , au dessus de l'hémalocèle il existe une autre chose bien plus importante , que le véritable chirurgien doit s'appliquer à connaître , et contre laquelle il doit diriger ses principaux moyens cnratifs. Dans les articles Hydrocèle et Plaies du testicule , on exposera les détails thérapeutiques cjui ont trait aux hématocèles vagitiales et testiculaires de Richler. (Ph.-Fréd. Blakdin,)
HÉMATODE. Foyez Érectile (tissu).
HÉMATOSINE. Fojez Sang.
HEMATURIE , s. f. ; hematui sang, et de cjpi'a , uriner; émission par l'urètre d'une c[uanlilé de sang plus ou moins considérable, soit pur , soit mêlé à d'autres liquides, et provenant de l'intérieur des voies urinaires.
L'hématurie est moins souvent une maladie spéciale qu'un accident, un résultat d'afTeclions diverses, ayant pour siège difTérens points de l'étendue des voies urinaires. La partie la plus importante de son histoire est presque toujours, pour le praticien , d'abord de reconnaître son existence , el ensuite de déterminer d'où elle provient, ainsi que la nature des lésions qui l'occasionnent. Ce douille problème étant éclairci , les indications curatives et le traitement en découlent comme autant de conséquences naturelles , et la marche de l'homme de l'art se trouve en quelque sorte tracée d'avance. Mais il n'est pas facile , en beaucoup de cas , d'arriver à le résoudre , el l'on ne saurait , pour y |)arvenir , apporter trop d'attention à l'examen des liquides rendus aussi bien qu'à l'analyse des symptômes qu'éprouvent les malades.
D'abord , la coloration de l'urine en rouge , ou même en brun , ne suflit pas pour déceler sûrement la présence du sang dans ce liquide. Il est très-commun de voir des malades s'abuser à ce sujet, et s'obstiner à croire qu'ils ont rendu du sang, bien (|u'ils n'aient émis qu'une urine peu abondante, rougcâtre , briquetée, ou saturée des matières animales et des sels qu'elle doit contenir. Lorsque le sang est en grande proportion dans l urine , et plus encore lorsqu'il sort presque pur , le diagnostic de l'hématutie ne saurait offrir d'obscurité. Le sang conserve alors la teinte qui lui est propre. Il trouble la transparence de
IIEJÏATURIË.
( iir.6 )
HEMATURIE.
riiriiic avec laquelle il sort, puis forme an fond du vase un dépôt de matière colorante et de fibrine , doux au loucher, qui n'a rien de pulvérulent, et que son aspect seul fait aisément reconnaître. Lorsqu'il est entièrement pur , il se coagule au dehors , à peu près comme à la suite de la phli botomie , se prend en masse, cl présente un ou plusieurs caillots, plus ou nioiiiS compactes, nageant dans des quaulilcs variables d'urine et de sérosité. Dans d'autres circonstances, il sort cle 1 urètre, sous la forme de caillots déjà concrétés , tibrineux , solides , qui en ont imposé à des observateurs superficiels , et ont été pris pour des vers. 11 n'est pas très- rare que ces caillots, ayant séjourné dans l'urètre , soient creusés par le passage de l'urine et sortent sous la forme de tubes plus ou moins larges , qui représentent assez bien les dimensions de ce canal.
Lorsque, à raison de sa petite quantité, le sang, mêlé à l'urine, ne peut éire facilement distingué, il convient de laisser reposer pendant quelques heures le liquide rendu. De trouble qu'il était , il devient presque toujours clair alors, et laisse précipiter au fond , ain.-i que .sur les parois du vase , une couche légère de matière colorante. Cette matière , aussi bien que l'urine, à l'instant de sa sortie, colore en un rouge sanguin le linge ou le papier qu'on met en contact avec elle. Si l'on fait cliaulTer 1 urine , devenue opaque par la présence d'un peu de sang , la chaleur, loin de faire disparaiire la mulicre en suspension , la coagule , et précipite la fibrine ainsi que l'albumine qui la constitue. Ces diverses épreuves , d'ailleurs fort simples , sulllscnl , sans qu'on ait besoin de recourir à des opérations chimiques plus compli(|uées , pour faire reconnaître dans l'urine les quantilés les moins notables de sang, et pour assurer le diagnostic de l'accident qui nous occupe.
Les causes de I héiuaturie sont , ordinairement, des lésions ma'lérielles , développées dans l'intérieur des voies urinaires, et qui ne déteiniinent tju'accidenlellemeiil le mélange du sang avec l'urine. C'est ainsi que la présence des pierres dans la vessie, que les ulcérations , les fongosités des parois et surtout du col de cet organe, que les calculs arrêtés dans les reins , occasionnent fré- (juemment la rupture de vaisseaux sanguins plus ou moins considérables, ou des exhalations sanguines abondantes. Dans ces divers cas, l'hématurie est presque habituelle , ou se reproduit à des iuiervalles irréguliers , quelquefois sans causes déterminables appréciables, et , dans d'autres circonstances , à la suite des stimulations les plus légères.
Des contusions violentes , dirigées sur l'abdomen, les lombes ou la région hypogastrique ; des plaies pénétrantes . atteignant les reins, les uretères ou la vessie , coi\stitu('nt d'autres causes de l'hématurie , moins communes que les afTeclions précédentes , mais dont les exemples ne sont cependant pas rares dans la pratique.
Les inflammations très-rives des reins, et surtout de la vessie sont également susceptibles de déterminer l'exhalation de quantités considérables de sang dans l'intérieur de ces organes. Ce liquide remplace pour ainsi dire l'urine, dans quelques néphrites très-intenses , et sort de l'urètre à demi coagulé, ou même se coagule dans la vessie dont il excite violemment les contractions.
Enfin , chez quelques sujets , riiéniorrhagie des voies urinaires, et le mélange du sang à l'urine , s'opèrent avec une grande facilité, sans altération profonde des li.ssus , sans lésion traumatique préalable, et par l'effet d'une congestion si peu douloureuse qu'elle est à peine sentie. C'est ainsi que des femmes âgées voient quelquefois des pissemens de sang, plus ou moins abondans et durables, se renouveler à certaines époques, et rem()lacer les règles supprimées depuis un temps variable. Cliopart a rapporté des exemples de ces hématuries supplémentaires du flux menstruel, et l'un de nous a actuellement sous les yeux une <lame de quatre-vingts ans , dont la santé est fort bonne , et qui perd tous les mois environ , une quantité quelquefois assez considérable de sang avec son urine. L'hémorrhagie est précédée de chaleur et d'embarras à la région hypogastrique , de pesanteur vers la vulve , d'un peu de lassitude, de malaise et de céphalalgie : tous ces phénomènes se disss[)ent aussilôt que le sang parait , et l'équilibre se rétablit , sans éprouver d'altération nouvelle, malgré la vie fort active que le sujet a adoptée , jusqu à l'époque suivante. Chez les hommes, l'hématurie a quelquefois remplacé les hémorrhoides , afTectaiit la même périodicité dans ses retours , et exerçant sur la santé générale la même i nfluence.
L'existence de l'hématurie élant^)ien constatée , et les causes susceptibles de la provoquer étant connues , il reste à rechercher de (juclle partie des voies urinaires provient le sang que le sujet rend au lieu d'uiine. on mêlé à ce liquide.
L'hémorihagie uiélr- le est assez facile à disliuguer, parce que le sang s'écoule continuellement, ou du moins sans que le malade lasse d'effort pour uriner; qu'il sort pur, sans mélange d'urine, et que lorsque celle-ci est émise à son tour, par suite de la sécrétion normale des reins et de la réplétion de la vessie, elle est claire , limpide, ou du moins exemple de coloration sanguine intense. La petite quantité de sang qu'elle entraine en passant par l'uiètre ne suflit pas pour la charger uotablemcnt , cl ne l'empêche pas d'ofl'i ir un con- Iriste évident avec le sang qui précédait sa soi lie et qui s écoulera encore après ( on expulsion.
L'hématurie vésicale est presque toujours accompagnée de douleurs intenses ou obscures dans la région hypogastrique, de pesanteur vers le col de la vessie; quelquefois , des fiissons marqués l.i précèdent. Le sang n'est ordinairement pas alors iutimemeut mélangé avec l'urine; il forme souvent, au contraire, «es caillots distincts, irréguliers , nageant dans un liquide d'ailleurs clair ou ires-faiblemenl coloré, et qui se précipitent isolément au fond du vase. Celle disposition annonce que l'exhalation s'est faite sur quelques poinU isolés,
MïJ
alors que la vessie conlenait déjà une urine limpide, et sans que le mélange (lu sang avec celle-ci ait eu le temps de s'opérer complètement.
Lorsque l'hématurie provient des reins, la vessie et l'hypogastre sont libres; mais de la douleur , delà tension , de l'embarras, existent à la région des lombes. Il est très-raie qu'aucun accident local n'indique la souffrance des organes sécréteurs. Le sang sort intimement mélangé avec l'urine; distillé goutlei à goutte, et cheminant avec elle le long de l'uretère, il s'y incorpore pourj ainsi dire et parvient ainsi dans la vessie. Alors même qu'il se coagule dans ce; réservoir, une grande quantité de sa matière colorante reste en suspension , et communique une teinte très-foncée à la masse entière. Ces caractères ne sont que peu afl'aiblis par l'arrivée d'une urine claire et limpide par le rein demeuré sain, lorsque la maladie n'afl'ccte que l'un de ces organes ; parce que les deux liquides , parvenant dans la vessie avec lenteur , par gouttes, et à travers des ouvertures très-rapprochées , ne manquent pas de se mélanger intimement el de former un tout homogène. Ainsi que nous l'avons déjà indiqué , la quantité de sang fournie par le rein ])eut être très-considérable, et remplacer en quel-: que sorte l'urine. Si dans ce cas, ou sonde le malade , l'instrument pénètre sanjj difficulté comme sans douleur dans la vessie, qui se vide plus ou moins diflicilement, selon le degré de cohésion de la masse qu'elle renferme. Lorsque sei; |)arois sont revenues sur elles-mêmes , le sang ne tarde pas <à reparaître coinmi| précédemment , el est l endu de nouveau sans que la poche d'où il s'échapp(j soit le siège de phénomènes appréciables d'excitation. |
Ces signes divers sont corroborés par les investigations que le praticien ni peut se dispenser de faire pour arriver à la connaissance de la lésion organi(|Ui| (* dont l'hématurie est l'efl'ut. | '
L'hémorrhagie urétrale résulte ordinairement de déchirures faites à l'urètre '■ pendant l introduction des algalics ou les manœuvres de la cautérisation. Il n * faut pas oublier, dans le traitement des maladies de l'urètre, que les rétrécis P' semens s'accompagnent assez souvent de l'inflammation chronique et du ra P moilissement des parois de ce canal , qui offrent alors moins de résistance et s l'I laissent plus facilement pénétrer que dans l'état sain. Ici, les circonstances an . f(" técédentes ne peuvent laisser de doute sur la cause de l'hématurie; et la pro V'' fondeur à laquelle l'exlrémilé de 1 instrument vulnéranl a élé portée, indiqu également d'une manière ccriaine le point où la blessure a eu lieu. Le bulb est le siège la plus ordinaire de ces lésions. L héuiorrhagie urétrale succèil quelquefois encore à la sortie diflicile et douloureuse de calculs engagés dar l'urètre, et résulte des éraillemens produits par les aspérités de ces corf étrangers contre la membrane muqueuse. Lorsque le sang est exhalé , dans l( é^i cas d'urétrites très-iulenses , la douleur atroce que le malade éprouve , ajoi tée aux autres signes de la bleunorrhagie, ne permet pas de méconnailrc cet! ^ii» origine.
On rapporte des cas d'hématuries par exhalation , résultant d'afflux hémo rbagiques, dirigés vers le canal excréteur de l'urine, et analogues à la congé lion hémorrhoidaire. Les malades , sans cause connue , ressentent alors d douleurs dans la partie interne des cuisses, dans les aines, au périnée, etsoij graduellement soulagées par l'apparition el les progrès de l'écoulement guin. Les cas de ce genre sont fort rares, la vessie étant bien mieux disposi que l'urètre pour suppléer les évacuations hémorrhagiques de la matrice cL' la femme , ou du rectum chez l'homme.
Dans la vessie, diverses lésions peuvent oecasioner l'hématurie. Nous avo déjà parlé des calculs urinaires , des ulcères et des fongosités de cet .orgaD Les signes qui annoncent l'existence de ces maladies se manifestent alors, l'hémorrhagie vésicale ne vient qu'ajouter , en renouvelant, toutes les fois q le sujet se livre h des exercices fatigans , ou qu'il éprouve des secousses y) lentes et prolongées, un nouveau degré de certitude aux conséquences qu en déduit.
L'hémalurie qui accompagne la cystite très-aiguc survient ordinairement, I même temps qu'une lièvre intense, de l'agitation, des douleurs hypogastriqi j intolérables, et d'auties symptômes caractéristiques de la maladie , toujou, grave alors, du réservoir de l'urine (voj es Cysi ite). C'est à l'excitation vive, mil non encore parvenue au degré de l inflammation , de l'intérieur des voies iij naires et surtout de la vessie , c[u il faut rapporter une sorte d'hématurie asi fréquente dans les pays chauds , à la suite de grandes fatigues , cl chez les di\idus qui sont restés pendant Icng-tcmps à cheval , comme les soldats de Valérie, les courriers , etc. Dans ces cas , la sécrétion urinaire diiniiiuo, l'urij devient épaisse , rouge , chargée de sels, quelquefois sanguinolente. Elle Od sionue au col de la vessie, el à l'urèlie , lorsqu'elle les traverse , une sensal; pénible d'ardeur et de brûlure. Les mêmes causes d'excitations continuent tl gir, la vessie devient le siège de douleurs vives , qui se propagent à l'extrcB; tlu gland ; les envies d'uriner se rapprochant, les contractions du périnée si^l très-douloureuses, et les dernières gouttes du licpiide expulsé sont formées sang i)ur. L'hématurie précède alors la cyslile, qui ne tarde pas à se dcvel pcr , si le sujet ne peut recourir aux moyens susceptibles de la prévenir ,i apaisant l'irrilalion des voies urinaires.
Quelles altérations accompagnent et cnireliennent ces hématuries vcsic; simples, par exhalation supplémentaire des règles ou des hémorrhoides, ou i moins sui venant avec des phénomènes analogues , et dans les mêmes cire * stances ? L'analomie pathologi(|Me ne permet pas encore i\c i ésoudre celte q lion avec l'exact ilude rigoureuse qu'elle imprime à toutes les parties delà scie '■ tlaiis lesquelles on peut la faire intervenir. 11 est rare que celte forme d'htm; • rie soit mortelK', et par conséquent que I on ait occasion d'ouvrir les cadavre: e sujets qui en aient été atteints. Les médecins parlent de varices au col d( »
HÉMATURIE.
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HÉMÉRALOPIE.
(îs-iie ou îi son bas foml ; m;iis il esl difllcile cracimelire (]ne ces parties puiseut être le siège de iléveloppenieiis veineux superficiels considérables. Touteois , cliez certains sujets , l'introduction des sondes occasionne si faciiemont la
iirlie du sang , que I on ne peut se refuser à reconnaître la IVagililc des digues ni le relJennent. Il est probable que dans ces cas, le tissu muqueux est raoUi; que les vaisseaux y sont plus développés que dans lélal normal, et que i congestion hémorrhagique les dilate aisément davantage , au point de forcer e sang de s'en échapper, soit par rupture, soit par exhalation. Les hématuries de e genre peuvent être reconnues, d'une part, h l'absence de tous les phénomènes nnoncant l'existence de calculs ou de lésions profondes tie tissu dans la vessie ; le l'autre , à leur renouvellement habituel; à leur péiiodicité, a 1 inOuence !|ii'elles exercent sur la santé des sujets.
I En généi al , le sang qui sort de la vessie suiiie , ou du moins exemple d'inlammatiou calarrhale ou d'ulcèie , est pur et seulement mélangé h l'urine; jelui qui s'écoule d'un organe placé dans d'autres conditions est loujours acconifagné, au contraire, soit de pus, soit de mucosités plus ou moins abondantes, ctiiles , sanieiiscs et puriformes.
L'hématurie néphrétique n'a presque jamais lieu que par suite de la présence je pierres dans les reins, ou du ramollissement, et île la profonde altération du [issu de ces organes. Le diagnostic ne peut alors que constater l'affection des •arlies irritées ; et si la sortie antérieure de graviers ou de petits calculs , per- '\\cl de penser que la maladie consiste dans la réienliou de corps de ce genre,
elle donnée est peu constante, et ne peut servir de base qu'à des conjectures
iitourées de |)robabililés plus ou moins grandes.
Il ne doit pas être ici question de l'hématurie provenant des uretères. Ces anaux sont trop peu vasculeux pour fournir facilement du sang; et lorsque jela a lieu , c'est presque loujours par suite de la rétention des calculs , qui déerminent des douleurs locales intenses, dirigées des reins vers la vessie , et iont l'existence ne laisse que peu de doutes sur la nature de la maladie, i Quant aux plaies du ventre, des lombes , de l liypogastre ou du périnée, |ui s'accompagnent de la sortie du sang par l'urètre, I hémorrhagie alors sert e moyens de diagnostic pour faire reconnaître la pénétration des blessures ans les voies urinaires , en même temps que ces blessures, à leur tour, indiueut par leur situation et leur direction , les parties de cet appareil , qui sont L" siège de la lésion.
I L'hématurie, quelle que soit sa source, s'accompagne rarement, par elle- |iême, d'accidens graves. Presque jamais elle ne devient assez abondante pour 'lenacer la' vie , et déterminer les phénomènes caractéristiques îles liémorrliaies internes excessives. Nous avons vu cependant la déchirure du bulbe urélal devenir mortelle. Chez quelques sujets atteints de gastro-entérites infuses , avec prostration des forces et fétidité des excrétions , du sang est queliieiois exhalé dans la vessie et sort avec l'urine : ce phénomène est rarement \ anlageux ; mais si les sujets succombent , c'est moins à la peite du sang qu'à j profoiulc atteinte portée à l'organisme, sous l'iuûuence de laquelle I hémor^ liaLiie a lieu. En général , le pronostic doit être fonde' , moins sur l'écouleuient auguiu , que sur l'appréciation des lésions de tissu (|ui peinent l'occasioner,
I dont plusieurs sont au dessus des ressources de l'art, tandis que d'aulres, umme les calculs urétraux et vésicaux, réclament la pratique d'opéialions plus
II moins graves.
Le traitement de I hématuric est donc bien plus souvent celui des lésions pii l'occasionnent , que celui de l'écouleuient sanguin qui la constitue. L'iiéiiorrliagie urétrale, par suite de déchirure, étant orilinairement un accident . lu cathétérisme ou delà cautérisation pratiqués pour reuicdier aux rétricisse- I nens de l'urètre , il sera question plus loin tics moyens (ju'il convient de lui Apposer. ( l^oyez Réthécissemekt. ) Lorsque 1 hématurie succède à la brusque ^oppression des menstrues ou des hémorrhoïdes, il importe de rappeler au j)lus tôt ces dernières évacuations , à l'aide cle sangsues placées à la vulve ou Il l'anus, de vapeurs légèrement excitantes dirigées dans le vagin , et d'autres
i'iiédications analogues. Celle qui, chez les vieillards, est devenue habituelle et upplce périodiquement à des règles ([ui ont depuis long-temps cessé, doit clie •especlée : il sufiit de modérer la quantité de saag fournie à chaque évacua- .ioii, et de la proportionner aux forces du sujet , aiuai qu'aux besoins de l'organisme.
Lorsque, cependant, l'hématurie devient trop abondante, il importe, quelle fjue soit son origine, de la combattre activement. Si de la chaleur, de la doubleur et d'aulres phénomènes d'excitation existent dans les parties d'où le sang -provient, en même temps que le pouls est fort et développé , des évacuations banguines générales ou locales proportionnées aux forces du sujet , devront être pratiquées; des bains , des application- émollientes , des boissons délayantes wciJulées seront employés avec avantage. Le malade devra gartlcr un repos [absolu et être soumis à une abstinence sévère. Lorsque , au contraire , l'héuiailurie est excessive sans que le sujet éprouve de stimulation loc.de appréciable, (si surtout il est débile et déjà épuisé par la perte de beaucoup de sang, il importe de recourir aux fomentations froides , aux lavemens froids , aiguisés de ^'inaigre , aux injections de même nature dans la vessie ou l'urètre , qui sont presque exclusivement le siège de ces exhalations très-abondantes , et d'ajouter à ces moyens locaux des boissons froides , avec addition d'acide sulfuriqiie aTin icte les rendre plus actives et plus astringentes. Mais, ainsi que nous l'ovois Ijdéja dit, il est rare que 1 hématurie acquière le degré de gravité qui rend nécessaire l'emploi d'un traitement aussi énergique.
Lorcpie le sang , porté des reins dans la vessie, ou versé en grande quantité dans ce réservoir , s'y coagule, il arrive quelquefois que les caillots, obstruant UicT. DE MâDEc^^E et ee CiiiBBaoïE piiAnyuts.
le col de l'organe, s'opposent à la sortie du liquide et déterminent ainsi la réleiilion d'urine. La vessie alors s'élève vers l'Iiypogastre, des douleurs s'y dévehqipent, les envies d'uriner , ainsi que les efl'oris infructueux ticstinés à les satisfaire, se multiplient , et l'état du malade peut devenir très-alarmant. 11 faut alors recourir sans relard au cathétérisme, pratiqué avec une algalie du plus gros calibre possible; et si la canule de l'instrument ne sufiit pas pour vider la vessie , on pousseia dans cet organe des injections réitérées d'eau tiède, afin de diviser, de dissoudie et d'entraîner les malières qui l'obstruent.
(L.-J. BÉGIS et LALLEMA^D.)
HEMERALOPIE, s. f. , amhljopea crepusculani , visiis diurnus , cacilas noctu-na j tly soj)ia tenebntrum.
On a attribué au mot héméralopie deux significations tout opposées. Les uns, qui le font dériver de •/;//.=-|îx, jour, a),«5ç, aveugle, et w/^ , œil, prétendent qu il signifie la même chose que cécité iliurne ; tandis que les autres , qui le font dériver seulement de la première et de la dernière des racines , l'emploient comme synonyme lïtii/englenieiil de nuit.
C'est dans ce dernier sens qu'il est employé par la plupart des auteurs modernes , et c'est dans ce sens aussi c[ue je l'emploierai. L'lié"méralopie si ra ilone pour nous une afi'eetion caractérisée par un afraiblissemeiit ti ès-seiifcible de la faculté de voir, qui se manifeste aussitôt que le soleil est descendu au dessous de I horizon.
beaucoup d'auteurs regardent celte affection comme une variété d'amblyopic intermittente périodique, dont les accès apparaissent le soir et se terminent le malin.
L'héméralopie est une afTection assez rare à Paris. Je ne l'ai observée qu'une seule fois, encore était-elle compliquée d'amaurose partielle. Le malade pendant tout le jour distingait bien les objets qu'on lui présentait de côté , et n'a- ' percevait ])0int ceux qu'on mettait directement vis-à-vis de la pupille; aussitôt que le soleil se couchait , il ne distinguait plus rien, même à l'aide d'une vive lumière artificielle ; et cet état durait jusqu'à ce que le soleil reparût au dessus de 1 horizon. L'héméralopie est au contraire assez commune dans d'autres contrées , au point de régner endémiquenienl ou de revêtir le caractère épidémique. Sauvages l'a vue régner sous celle dernière forme aux environs de iMontpellier. On l'a aussi observée dans diverses aulros contrées de la France et en Allemagne, dans des lieux malsains et humilies.
L'action d une vive lumière sous les yeux et celle de la chaleur unie à I huniidité paraissent, avec l'usage d'alimens de mauvaise qualité , être les causes qui la produisent le plus lré([uemment.
Elle frappe souvent les marins, surtout ceux qui voyagent dans les régions équaloriales , le long de la côte orientale de l'Afrique, de celle du iMalabar et de Coromandel, dans le canal de Mozambique. Les sohiats qui servent pour la compagnie des Indes en sont aussi souvent affectés , mais moins cependant que les marins. Ce cpii prouve, au reste, que la mauvaise nourriture et les privations ont quelque influence sur sa production , c'est que , dans ces mêmes contrées , les ofîiciers en sont très-rarement atteints. On a aussi observé que les individus qui travaillent ou qui demeurent sur les rizières, lieux, comme on sait, très-humides, et qui ne se rencontrent que dans les climats chauds , y sont assez sujets. Toutefois, elle est quelquefois congéni.de, et d'aulres fois hérédilaire. Enfin , Telfort l'a vue se manifester comine l'un des symptômes du scorbut. On l'a du reste observée sur les deux sexes , plus souvent cependant sur les hommes que sur les femmes. Elle affecte ordinairement les deux yeux en même temps.
La marche de cette alTcclion est , en général , lente, c'est-à-dire que rarement elle atteint de prime abord toute son intensité.
Le plus souvent , les malades commencent à remarquer qu'au moment où le soleil se couche, les objets leur semblent couverts d'un nuage grisâire, qui apparaît tout d un coup ; en peu de temps, ce nuage augmente d'épaisseur au point de ne leur permettre de rien distinguer. I.e passage rlu jour à la nuit est brusque et en quelque sorte sans transition, et (piainl la maladie est bien caractérisée, les malades qui, dans les commencemens , pouvaient encore distinguer tant bien que mal les objets , ne le peuvent pas même à l'aide d'une lumière artificielle très-vive. Il leur faut absolument la lumière solaire pour percevoir les objets extérieurs : aussi recouvrent-ils la vue subitement aussilôt que le soleil reparaît au-dessus de l'horizon, même par un temps nuageux et couvert.
La pupille, mobile pendant le jour , devient large et immobile à partir du crépuscule du soir jusqu'au lendemain matin. Cependant , à la fin , quand la maladie est de longue durée , Bamfield , qui à la vérité a observé dans les régions équaloriales , assure que la pupille se resserre et que les malades éprouvent une vive douleur quand ils tournent les globes oculaires en haut.
Il y a quelquefois de la céphalalgie, des vertiges et d'autres symptômes de congestion cérébrale qui augmeiilenl le soir et pendant la nuit. Mais une circonstance des plus importaiiles à noter c'est que , dans la plupart des cas, il existe en même temps des signes ccrîains d'end)arras gastrique saburral. Celse avait déjà remarqué que souvent les personne.s afifectées de cécité diurne recouvrent la vue cjuand elles sont prises de diarrlii^e. Celte remarque a été mise à profit pour le traitement.
La durée de l'héméralopie , cjuand elle n'est pa.s compliquée d'amaurose, varie de quelques jours à six mois. Il paraît qu'elle ne dépasse guère ce terme L héméralopie congéniale est incurable ; mais elle fort rare.
Le pronostic est par conséquent, en général , peu grave.
La plupart des praticiens s'accordent à rapporter cette affection à deux espèces principales ; l'une est I héméralopie idiopalhique , l'autre est sympathique d'un
HEMOPTYSIE.
HEMO PTYSIE.
embarras gastrique. Le traitement de la première espèce consiste essentiellemont flans l'application de vésicatoires volans multipliés aus environs de l'or- Lite. Cexooyen a , suivant Bamdeld, une telle cificacité , que presque tous les malades guérissent complètement. On y joint avec avantage 1 usage d'un gardevue, et celui de bains f roids locaux.
La secontie espète , qui paraît avoir été celle que Scarpa a le plus observe'e , se guérit très-bien à l aide de l'administration répétée de l'émétique , de l'applicalion des vésicatoires à la nuque, et de l'emploi des vapeurs ammoniacales dirigées sur les yeux : en un mot, du traitement de lamaurose.
Dans quelques cas, les purgatifs ont réussi.
11 est inutile de dire qu'avant de commencer aucun traitement, il faitdrait , par des saignées locales , générales ou révulsives , faire cesser les symptômes de congestion ou d'inflaraniation qui pourraient e,\ister du côté du cerveau ou de l'estomac; il faudrait également combattre, par un traitement approprié, l'afTection scorbutique , si l'iiéméralopie paraissait n'être qu'un symptôme du scorb ut.
Que penser des fumigations de foie de mouton brûlé, vantées par les anciens, et qui , au rapport de Scarpa , jouissent encore de quelque popularité en Italie; si ce n'est qu'elles n'agissent que comme un stimulant direct qui peut fort bien être remplacé par l'usage des vapeurs d'ammoniaque lorsqu'elles sont indiquées.
Quoi qu'il en soit , lorsque le malade est guéri , il est bon qu'il lasse pendant quelque temps encore usage d un garde-vue. On conseille aussi avec raison aux personnes qui ont contracté l'hcméralopie dans des régions éloignées, de retourner dans leur pays. (L.-J. SiNSON.)
HÉMiCPiAINIE. f^oyez Cépii.ilalc.ie.
HÉMIPLÉGIE, f^ojez Paralysie.
HÉMIOPIE, s. f. ; lieiiiiopia , lieiniopsia ; de vi//.îa"j;, demi, et de co^ , œil; alTectioii qui consiste eu ce que les malades ne distinguent que la moitié ou une partie des objets.
L'hémiopie n'est jamais qu'un symptôme ou un accident, ou une variété d'une aulre afl'ection.
Dans quelques cas , par exemple , elle dépend d'une paralysie , de l'élévateur de la paujiière supérieure , qui ne peut relever le voile membraneux a.ssez pour découvrir toute la pupille.
D'autres fois, elle tient à l'opacité partielle de quelques-uns des milieux transparens que doivent traverser les rayons lumineux pour arriver au lond de l'œil. C'eat ainsi que certaines taies de la cornée , certaines cataractes cristallines ou membraneuses la produisent. On l'a vue aussi dépendre d'un décollement tle l'iris , ou d'un déplacement de la pupille qui ne correspondait plus au centre de l'œil.
On l'a aussi observée comme accident de certains accès d'hystérie , d'épik'iisie ou de migraine. Elle est alors passagère, mais quelcjuefois périodique.
Enfin , dans d'autres circonstances, elle reconnail pour cause une congestion cérébrale ou oculaire , ou une all'ection de l'estomac ; et elle doit être regardée comme une variété de l amaurose.
Le diagnostic consiste donc à reconnaître la maladie principale , dont l'hémiopie n'est qu'un accident; et ce n'est pas ici le lieu d'exposer les symptômes tle toutes ces maladies : il eu est de même du traitement, qui est toujours celui de la maladie principale. (L.-J. Sanson.)
HÉMOi'HTllALMIE , s. f. ; de , sang , et de cbîkVcs, œil ; épanchement sanguin dans les chambres de 1 œil.
Plusieurs causes peuvent donner lieu à cet accident. Le plus souvent il dépend d'une cause externe. Une contusion, une plaie de la cornée, de la sclérotique ou de l'iris , un décollement de cette dernière membrane , les diverses lésions (juelle peut éprouver pendant l'opération de la cataracte ou de la pupille artificielle, telles sont les circonstances dans lesquelles ou l'observe le plus ordinairement.
Mais dans quel(|ues cas rares , il se forme spontanément, et comme par l'eCTet (l'une sorte d'apoplexie, un éjiaiichement sanguin dans l'œil. 11 est accompagné de tloulcurs et de tout l'aiipareil d une vive fluxion, et il est facile à reconnaître a la couleur rouge du sang que l'on aperçoit à travers la cornée transparente.
L'épancbement de sang tiaiis le globe oculaire est souvent la cause d'une vive inflauiinalion de l'organe.
Cependant , ]ieu à peu le liquide épanché est résorbe ; mais , dans la plupart (les cas , il donne lieu a l'une des espèces de fausses cataractes dont il a été fait mention a l'occasion de cette maladie, [l-^oj ez Cataracte.)
Le^traitcment est tout entier aiitijjlilogistique et résolutif. (L.-J. Sanson )
HÉMOPTYSIE , s. f. , de «/«x , sang , et de nxMu-j , cvacher ; ci-achemenl c/e lie sang, cx/jectoralioii de sang , hèmorrliagie bronchique, apoplexie pulmonaire , pneiunorrliagie ) luemopLysis, liœniolismus , liœmoptoë , eniploë , einpioica seu licuinoploicu passio , rejccuo seu expecLoralio sanguinis , pneuinorrhagia .
Il est inutile, je crois, de rapporter toutes les opinions qui ont été émises sur l'hémoptysie , depuis Hippocratc ; je dois seulement avertir le lecteur que dans la plupart des anciens auteurs cette maladie se trouve confondue avec l'Iiémalémèse , sous la dénomination de rejectio sanguinis. Je ferai cependant une e.-iccption en faveur de celle de Sydenham ; elle est remarquable pour rép0(iuc où elle a été publiée; je la citerai textuellement, voici comment cet auteur s'exprimait, il y a plus d un siècle et demi : « Henioptoë eli„ni , t/uœ in ofsiatis ac veris conjinio homines calidioi is temperantcnti at minus robusli « ,i(/orilur, et tjuoruin puLmones minus l ecLè valent , prie senibus item juniores ., ejusJemferè inJoUs cum liœnionhagid (uarium) jam traclatd mihi est , cum » elluee quoipicj'ebvis sit , quœ tain noinen , quum essenltain exuit suam ilU
» c/tid soluta est crisi ; hoc ferè tcinlùm discrimine , çtiod in morbo priori sai i\ guis nimiùni agilatus in nai-ium venulas , in hoc vero in pulinones impclut » Jacit; utque in iLln , durante /liixu dolor et calor sincipuL jugiler lancinant » ita in hoc pectus uterque obsidet cum debililate quadum. Quin et hoc viliui » eaindein Jërè quam liœmomigid nririiim melbodum medendi sibi vendicat » nisi quod catharsin minus Jerat , a qud , prœserliin rrpetitd , œger Jhcilè i » titbem conjecitur. At phlebotoniia crebrt) celebrata , enenia quotiiliè tnjectum » diacodiuni horâ somni propinalum, diœta insiipei-j et medicamenta làm incra, » sanlia quàm ivj'rigei'antia , opus pro volo absolvent. « (Opéra medica , tomtj primus. pag. 178. Genevœ , 1779.) Ainsi, l'analogie de l'hémoptysie ay^ l'épistaxis, la nature actii^e de cette hémorrhagie , la nécessité pour la guéri d'avoir recours a l'emploi des saignées, des lavemeiis, des narcotiques, (ï( rafraichissans et de la iliele, tout cela avait déjà été signalé par l'illustre aiiteii anglais.
L'hémoptysie est en effet une exlialation sanguine qui s'opère à la surfacl de la membrane muqueuse des voies aériennes, sous 1 influence de Tirritatia de cette membrane. Il ne faut pas la confondre avec le crachement de sang accompagne les plaies des poumons , ni avec celui que provoquent quelquefol les obstacles à la circulation , ni enfin avec ces liémorrhagies parfois trcs-abon dantes qui surviennent quel(|uefois tout à coup dans le cours d u ne phtliisii par suite de l'érosion ou île la rupture d'un vaisseau au milieu d'une excavatiol tuberculeuse. Toutes ces liémorrhagies n'ont de commun entre elles que le rej^ du sang par les voies aériennes , mais elles diffèrent essentiellement par leij nature ; la première est l'effet physique de la solution de continuité du tisSi pulmonaire; la seconde est le résultat analogue d'un obstacle au cours du saji,^ enfin, la troisième est encore un effet mécanique semblable à la premièi-e^ tandis que , comme je 1 ai déjà dit, 1 hémoptysie est une irritation hémorliagii que de la membrane muqueuse des voies aériennes. Il sera parlé de celles-là j l'occasion des plaies des poumons j des obstacles à la circulation ou des rétréciÀ semeiis des orifices du coeur , et de la phthisie pulmonaire ; nous ne noi>j occuperons donc ici que de l'hémoptysie telle que je viens de la définir. On Voh serve sous les formes aiguë , chronique , continue et intermittente. | Causes. L hémoptysie est excessivement rare chez les cnfans , h moins qi Ton ne veuille appeler de ce nom le crachement de sang toujours peu considi rable qui survient quelquefois vers la fin des coqueluches. Les vieil ards n'f offrent aussi que de rares exemples , bien qu'elle soit cependant plus commut j chez eux (jue dans l'enfance. C'est dans l'adolescence et dans l àge adulte , d'i puis quinze à vingt ans jusqu'à trente et trente-cinq , qu'elle se déclare le pli ' communément. La raison de ce fait est toute physiologique : les organes respratoires deviennent, dans cette période de la vie, un centie d'activité ■ d'alïlux sanguin beaucoup plus considérable qu'il ne l'a été jusqu'alors et qwl ne le sera par la suite , parce que c'est dans l'intervalle de quinze à Irente-cir ans , à peu près , cjue la poitrine et les organes qu'elle renferme se développe | chez tous les individus ; or il suffit à cette époque , on le conçoit aisément , ( [ la simple exagération de ce travail phjsiologi()ue pour accroître encore l'aflli | du sang et provoquer son exhalation par la surface de la membrane muqueus j et cet accident doit à plus forte raison se manifester encore, pour peu qu'ui cause irritante vienne agir sur des tissus déjà sur-excilés. Les femmes y soi plus sujettes aussi que les hommes, et cela par plusieurs causes : la premièi tient à leur organisation même , organisation éminemment hémorrhagique, je puis m'exprimer ainsi , puisque pendant une longue portion de leur existeni elles sont soumises îi un écoulement de sang périodique ; la seconde réside dai ce ûux périodique lui-même qui , facile à se supprimer dans une foule de cii constances, cherche alors une autre voie pours'échapper et prend souvent cel des voies aériennes ; la troisième enfin consiste dans la dangereuse habitue qu'ont la plupart 'd'entre elles de se comprimer outre mesure la poitrine a moyen des corsets, et cela surtout dans l'adolescence, à l'é|îoque préciscmei où il faudrait laisser se développer librement celte cavité. Celte compression pour effet immédiat de gêner les mouvemens respiratoires , de ralentir et d ea barraser la circulation pulmonaire, et de produire par suite l'hémoptysie de môme manière que tous les grands obstacles au libre cours du sang. Certail tempérameiis semblent encore prédisposer à cette hémorrhagie ; tels sont prii cipalemeiit les individus sanguins et nerveux tout à la lois. Fresque tous h hommes prompts, vifs, irascibles, chez lesquels la moindre impatience fa' monter le sang au visage, et qui malheureusement avec cela ont une constitlj tioii faible, crachent le sang avec une grande facilité; quelques-uns ont £ outre le cœur un peu trop volumineux, ce qui est déjà une cause prédisposan' d hémoptysie. Les individus nés de parens hémoptoi(|ues ou phthisiques , cei que leur organisation prédispose à la phthisie , et , à plus forte raison , ceux qii portent déjà des tubercules ilans les poumons (voj-oz Phiuisie) , sont au3.i voués pour la plupart à l'hémoptysie. Enfin on pense que certaines professioi qui, comme celle des tailleurs, obligent à tenir le tronc fortement fléchie avant, prédisposent h celte hémorrhagie. Cette opinion ne me paraît pas di montrée. On ne réfléchit pas assez , ce me semble , que dans les familles d'oi vi iei s , lorsqu'il y a des enlans frêles et délicats , on en fait des tailleurs ou d« cordonniers, et que, par conséquent , ces êtres di? réforme en quelque sort |j doivent fournir une proportion d hémojitysiques et de plitliisiqucs beaucou | ])lus lorte que les individus exerçant d'autres mélicrs. Fnfin , si l'on considèi | que, dans les grandes villes, beaucoup de tailleurs sont portiers, et par consi I qucnt pres([ue toujours logés dans des lieux sombres, humides, et convertis C i hiver en étuves suffocantes par des poêles , on ne cherchera probablement pli V dans une position, incommode sans doule , mais à mon avis n'ayant pas li . <
HÉMOPTYSIE
HÉMOPTYSIE
angers qu'on lui prête, la cause des hcmoptysies et des plilliisies qui les lioissoiiiient.
La plupart dus causes occasionellcs de riiémoptj'.sie exercent une action dijecte sur les poumons. Telles sont les coups et les chutes sur la poitrine , et les plaies pcnélruutes de celte cavité, 1 inspiration de vapeurs irritantes ou caustiques >u tout siuipleuient d'un air trop ciiaud ou trop froid , les lectures à haute voix png-temps prolongées , les efforts de chant ou de déclamation , l'action déjouer es insiruniens à vent, les cris , l'éternueuient , les quintes violentes de toux , ps accès de rire. Cette maladie peut se développer , en outre , sous l'influence le tous les elforts un peu considérables , comme ceux que Ton fait pour soulever jii lourd fardeau , ceux que nécessite 1 accouchement , et quelquelois même la impie action d'excréter les urines ou les matières i'ccales. La diminution de la ressiou alinos|)hérique la provoque aussi quelquefois, et, il est probable que es hémoplysies en quelque sorte spontanées ou dont on ne devine pas la cause ont dues pour la plupart à une diuunulion subite et un peu considérable dans Apesanteur atmosiihérique. La facilité avec laquelle le sang s échaj)pe par les lembranes muqueuses des fosses nasales et des voies aériennes lorsque I on élève sur les hautes montagnes, prouve combien l'action île cette cause est Hissante. Enfin l'hémoptysie succède quelquefois frès-rajiidement a la suppresion subite d'une hémorthagie habituelle, telles que les hémorrhoides , le flux Menstruel, ou à l'omission d'une saignée ou d'une application de sangsues jccoutumée. Chez les femmes , elle se montre souvent à l'approche des règles , . endant la grossesse; et quelquefois elle s'établit périodiquement et remplace écoulement mensuel.
Telles sont les véritables causes de l'hémoptysie. INous n'avons rangé parmi ^ lies ni Vcinbarras gasti /<jue ni la présence des i/ei s dans Les inlcslins , que I uelques auteurs ont accusé de produire quelquefois celle hémorrhagie. Per- [ bnus n'admet aujourd'hui cette éliologie , et l'on pense généralement avec uisou que, lorsque l'in^uoptysie se déclare en même temps qu un prétendu mbarras gastrique , ou bien pendant qu'il existe des vers dans les intestins , ny a d'autre rapport entre ces faits que celui d'une simple coïncidence. JNous admettons donc pas \ liérnoptj sie biLieuie ni ïhéniofjt} ste vcrni neuse que 1 on ,^ouve trcs sérieusement décrites dans quelques auteurs. ojmplômes. L expeetor.ition d un aang vermeil, écumeux , pur ou mêlé de • lucosités, que la toux précède et accompagne , caractérise sullisaumiuient 1 héloptysie , pour que le diagnostic en soit en yi.iKral facile. Nous pourrions one, à la rigueur, nous dispenser d'une description plus étendue de cette i laladie. Biais elle ollre des particularités importantes, elle se montre sous des pliects divers qu'il importe de connaître, suivant qu'elle est récente ou anlenne, aiguë ou chronique, selon que le sang s'échappe en abondance , ou en jCtite quantité , qu'il s'exhale dans les bronches ou dans les vésicules bronchiues , enfin selon qu il est immédiatement rejeté au dehors au fur et à mesure e 1 exhalation ou bien qu'il séjourne et engoue le tissu pulmonaire ; nous dejons par conséquent l'étudier dans toutes ces conditions. Des phénomènes précurseurs annoncent ])resque toujours 1 imminence de hémoptysie lorsqu'elle est aiguë et qu'elle altaque des individus qui n'en ont jncore eu qu'un petit nombre d'atteintes. Voici ce qui se passe le plus ordinaijcinent en pareil cas. Les malades éprouvent dans la poitrine, sous les elavi- (jiiles, ou derrière le sternum, ou entre les deux épaules, ou bien enlin dans Bute l'étendue de cette cavité, un sentiment soit de malaise indétinissable , [joit de pesanteur ou de tension, et plus fréquemment une sensation de chaleur , livec de l'oppression, de la toux , et une saveur douceâtre ou salée, ou un goût le sang dans la bouche. En même temps , les extrémités et quelquefois toute n peau se refroidissent, de petits frissons même traversent rapidement les relions dorsale ou lombaire, la face pTilit et rougit tour à tour, les oreilles tinjent, les yeux s'injectent , la tête est douloureuse, le cœur palpite , le pouls l'accélère , il devient vibrant et prend de la plénitude et de la dureté, les membres sont faligués et |)arlois douloureux , l'urine est claire et limpide. A ces ignés avant-coureurs de l'hémorihagie viennent s'ajouter bientôt ceux qui an- |ioiicent que l'exhalation sanguine s'opère. La gène de la respiration devient plus considérable, une sorte de bouillonnement qui résulte du passage de l'air pendant les mouvemens alternatifs d'inspiration et il expiration h travers le sang fui engoue les bronches se fait senlir dans la poitrine et la trachee-artère , une sensation de chatouillement ou de picotement à la bifurcation des bronches se inanifeste. Enfin l'expectoration commence , et les malades rejelent des crachats striés ou mêlés de sang, ou formés par du sang pur ; ou bien ils rendent [par gorgées des quanlité.''. plus ou moins considérables de sang pur, vermeil, Ipcumeux, et comparable, sauf la couleur, à de la crème fouettée. J'ai vu un [jeune homme remplir deux cuvettes d^^ sang en moins d'une heure, et périr immédiatement. Laënnec en a vu rendre dix livres dans l'espace de quaraiiteluiit heures, et le jeune malade expirer au bout de ce temps. Il n'est pas de médecin qui n'ait observé des exemples de ce genre ; on en lit de semblables iJani presque tous les auteurs cpii ont écrit sur cette hémorrhagie. I A voir rénorme quantité de ce liquide que quelques malades rejelfent , et la rapidité avec laquelle les gorgées se succèdent , on dirait qu'il y a vomissement de sang plutôt qu expectoration. Laënnec pense que dans f[uelques unes de ces hémorrhagies efl'rayantes , il pourrait bien y avoir tout à la fois hémoptysie et héaiatéracsc ; il a, dit-il , trouve quelquefois vraie cette conjecture, mais rarement; d'autres fois au contraire, il n'a trouvé dans l'estomac qu'une trèspetite quantité de sang qui paraissait avoir été avalé , quoique l'hémoptysie eiit été accompagnée d'un mouvement de vomissement très-marqué. Quoi qu'il en soit, dans ces cas, les malades se sentent presque toujours soulagés par
l'iiémorrhagie , l'oppression cesse, les palpitations s'arrêtent, le mal de tète dis[)arait; en un mot , tous les symptômes de congestion s'elPacent : mais cette amélioration apparente n'est pas ordinairement de longue durée. Bientôt, souvent au bout de quelques heures seulement, de nouveaux phénomènes de congestion se manifestent, il se fait une nouvelle hémorrhagie qui se comporte comme la première. 11 n'est pas rare de voir se reproduire ces sortes d'accès hémorrhagiqucs cinq et six fois dans la même journée; mais en perdant chaque fois de leur intensité. Dans l'intervalle le sang , pur ou mêlé à du mucus épaissi, n'est plus rendu que sous forme de crachats; il va diminuant graduellement de quantité, et après le dernier accès surtout, il perd bientôt sa couleur vermeille , devient de plus en plus noirâtre , cl n'est enfin rejeté que sous forme de petits caillots noirs et consistans qui annoncent qu'il est depuis long-temps exhalé, et qu'il a séjourné dans les vésicules jjulraonaires.
Une attaque d'hémoptysie violente se compose ordinairement de plusieurs accès, si I on peut appeler ainsi le retour des accidens à des intervalles irréguliers d'un, de deux ou de trois jours ; cha(|ue accès lui-même est formé de plusieurs des crises hèmorrhagiques que nous venons de décrire. Ce n'est j)as la une véritable périodicité. Ce moJe de manifestation des phénomènes morbides tient probablement h la nature même des hémorrhagies des membranes mucpieuses , ])uisqu'on 1 observe aussi dans l'hématcmèse , dans la mctrorrhagie, etc. En effet, chacune de ces hémorrhagies porte en partie son remède avec elle; I irritation qui les cause est affaiblie, diminuée par la perle même du sang , comme elle le serait par une saignée du bras ou par une application de sangsues, et il faut nécessairement un certain laps de temps pour qu'elle se ranime et (|u'une nouvelle congestion s'opère. C'est ainsi que s'établit une sorte d inlermittence dans les symptômes de la plupart de ces hémorrhagies ; il en est toulefois quelques-unes, mais en petit nombre , qui affectent cette marche. Quoi i(u'il en soit, à la suite de chaque crise hémoi'rhagique , les malades sont jetés dans un étal de pâleur ou plutôt de ilècoloralion et de faiblesse extrêmes , et souvent ils éprouvent en outre de la soif, de la séclieresse de la peau , (le la douleur derrière le sternum ou entre les deux épaules, un peu d'oppression par intervalles, et leur pouls conserve de la fréquence. Quand il en est ainsi , on doit craindre pour eux une jihlhisie pulmonaire.
Lorsque dès le début l'hémoptysie est peu abondante, et que le sang s'éch.ippe seulement en crachats , on n'observe plus que rarement la marche sous forme d'accès dont il vient d'être question. Les symptômes de congestion et d'irrilalion vont s'afî'aiblissant graduellement, à mesure que le' crachement de sang diminue; ils rejirennent nne nouvelle intensité à chaque nouvelle exacerbation : mais on les voit jamais , tantôt disparaître presque complètement, et tantôt menacer les malades de sulfocation , comme dans l'hymoptysie précédente. Les malades crachent du sang penilant huit , quinze , vingt jours , un mois et plus ; ils sont oppressés , ils toussent ; ils ont peu d'accélération dans le pouls , leurs pommettes sont colorées d'une rougeur circonscrite ; ils ressentent dans le larynx ou à la bifurcation des bronches , un chatouillement ou un picotement fort incommodes ; un léger refroidissement du corps , une boisson trop chaude, et toutes les émotions vives augmentent immédiatement l'expectoration sanguine. Si cette hémoptysie se prolonge au-delà d'un mois ou six semaines , on voit la plupart des symptômes qui l'accompagnent perdre de leur intensité , quelques-uns disparaître complètement, si toutefois cette afTection n'est pas liée à l'existence d'une phthisie pulmonaire; elle ne consiste bientôt plus que dans un peu de toux, un peu de dyspnée, et l'expectoration eha(]ue jour d'une petite quanlité de sang ; elle a perdu tout caractère d'acuité : c'est une hémo[)tysie chronique.
L'auscultalion fournit quelques signes au diagnostic de l'hémoptysie; elle permet surtout de distinguer quelquefois l'exhalation sanguine qui prend su source dans les bronches [liéniorrhagie broiic/iic/ue de Laënnec), de celle qui se fait dans les vésicules aériennes (appoplexie fudmonnire da même aiileiw ). Dans la première , ou entend un râle muqueux à grosses bulles dans les bronches ; ces bulles, dit Laënnec , /.>Zui tarasses que celles du catarrhe, sembLnt formées par une matière plus liquide , et crèvent plus fréquemment. Ces distinctions, je l'avoue, me paraissent un peu subtiles ; je n'ai du moins pas pu parvenir encore à les saisir. Dans l'apoplexie pulmonaire, comme un point plus ou moins étendu du tissu des poumons se trouve engorgé, et par conséquent impénétrable à l'air, il y a absence de respiration dans ce point; et l'on entend en outre un râle muqueux à bulles très-grosses , qui semblent se dilater en parcourant les bronches, el sa crever par excès de distension. J'ai dans ce moment sous les yeux (novembre 1832) une femme qui, depuis une semaine , expectore et semble vomir chaque jour des quantités considérables de sang; on reconnaît très-bien chez elle, à l'absence du murmure respiratoire et à la matile du son , l'existence d'un engorgement hémoptoïque assez étendu dans le poumon gauche ; mais je me suis vainement exercé plusieurs fois à reconnaître ces bulles qui se dilatent et crèvent par excès de distension , je n'ai pu parvenir a en saisir les caractères ; je serai peut-être plus heureux dans une autre circonstance. Les seuls signes dislinctifs de ï hémoi rhagie bronchique el de Vapoplexie pulmonaire qui aient quelque valeur à nos yeux, sont donc le rîile muqueux h grosses bulles pour la première, et l'absence de la respiration dans un point du tissu pulmonaire pour la seconde. Encore devons-nous ajouter que lorsque l'engorgement hcmo|)loique est profondément situé et peu étendu, rauscullation cherche en vain à le découvrir; partout la respiration se fait entendre : ce qui, comme on le voit , réduit à peu de chose l'utilité de ce précieux moyen d'investigation dans 1 hémoptysie. Il est au reste fort peu important pour la pratique ifétablir nue distinction entre ces deux formes d'une même maladie, le traitement de-
n ïiMOPTTSIE.
( IICO )
HÉMOPTYSIE
vaiil Ofie ]c wùmc dans l iin cl l'autre cas; cela n'est iililc que pour le pronostic , \\i/ioi:lexie pulmonaire cUuit en généra! beaucoup plus grave c|ue Vhémorrhàgie bronchique. Quand une liéaioptysie est très-abondante, et qu'elle résiste aux moyens de traitement le plus généralement efficaces , il est infiniment probable qu'il existe un engor!;fmciit hémoptoique.
La niarcbe de 1 licnioptysic n'est pas toujours telle que nous venons de la dccriie. On voit des malades qui expectorent tout à couj) et sans cause appréciable une quantité cousidérable de sang, et chez lesquels celte hémorrhagie s'arrête bientôt d'elle-même, et ne se reproduit plus de la vie. On en voit d'autres qui , pendant plusieurs mois, quelquefois même pendant des années, en crachent presque chaque jour une petite quantité ; cela s'observe surtout chez les femmes. Elle ne se reproduit chez les uns que lorsque des causes nouvelles viennent la provoquer; chez d'autres, au coutraire, elle reparait sponlauéir.enl. Continue ou irrégulièrement intermiltente dans la grande majorité des cas, elle se montre parfois périodique , et, chez les femmes , mensuelle lorsqu'elle remplace les règles, etc. , etc. Quelle qu'ait été sa marche, il est rare, (juand l'expectoration sanguine a été un peu abondante, de ne la pas voir suivie de quehjues jours de toux et d'expectoration muqueuse semblable à celle qui accompagne la bronchite. Un peu de sang noirtiti-e, liquide encore ou !)ien en caillots, so trouve mêlé d abord avec les premiers crachats , mais sa quantité diminue tous les jours: il disparait entièrement, et la marche ultérieure de la mula<lie ne présente plus aucune différence alors avec l'inflammation puie et simple des bronches.
Diagniislic. On est (pielquefois embarrassé pour reconnaître la source ve'rilable du sang qui tache certains eiachals ; il peut venir des fosses nasales , de la bouche ou de la gorge, aussi bien que des bronches, et quand la quantité en est très-petite, on ne parvient ])as toujours à dissiper l'incertitude. Mais pour peu que la quantité de ce li([uide soit marquée , l'erreur cesse d'être possible; celui c|ui vient des bronches est toujours écumeux , parce qu il contient de l'air; celui fjui s'échappe des fosses nasales, de la bouche ou delà gorge, ne prcs.Mite pas ce caractère. Dans deux seuls cas , le sang provenant de la bouche se trouve mêlé avec de la salive écumcuse ; c'est à la suite des attaques d'épiiepsie, et dans les violens accès de colère chez certains hoaiuies ; mais, en pareilles circonstances, personne ne pense à en chercher la source dans les bronches, bien qu'à la rigueur une hémorrhagie pulmonaire puisse se déclarer en même temps qu'un accès de colore ou une attaque d'épiiepsie. Si un pareil cas se picsentait , 1 hémoptysie serait certainement méconnue dans les premiers instans , mais en se prolongeant elle éveillerait biètitôt l'allenlion, et ne tarderait pas à èire diagnostiquée. Enfin , dans les circonstances ordinaiies , il est rare que du sang tombe des fosses nasales dans la gorge, sans qu'il s'en échappe quelque peu par les narines ; il est rare aussi que , s'il provient des gencives , de la bouche ou de la gorge , on ne découvre pas le point qui le fournit en examinant avec soin.
Il n'est pas possible, ce me semble, de confondre dans aucun cas l'hémoptysie avec l'hématémèse ; la phqjart des auteurs parlent cependant de cette inéprise comme dune chose difficile à éviter. Mais la toux, la dyspnée, la couleur vermeille du s.ing et son mélange avec l'air annoncent suliisamment que riiémorrhdgie se fait dans les bronches ; de même que dans l'hématémèse, les nausées, la pesanteur épigaslrique , la couleur noire du sang et son mélange avec des aliuiens , de la bile ou des mucosités, ne ])ermeltent pas de chercher ailleurs que dans l'estomac la source d'où ce liquide s'échappe. Le seul cas douteux serait celui dans le(|uel un malade vomirait des alimcns en même temps qu'il ex[iectorerait une grande quantité de sang; mais les caractères déjà tant de fois signalés de ce liquide suffisent pour faire éviter l'erreur. S'il restait cependant quelque inccrtilude , la marche ultérieure des ac- «•idens ne tarderait pas à la dissiper; si Ihémorrhagie provenait des bronches, des crachats sanglans viendraient bientôt l'apprendre; si elle partait nu contraire de l'estomac , la présence du sang dans les selles lèverait avant peu tous les doutes.
Ce n'est pas toujouis par e.\h.ilalion qu'est fourni le sang que les malades expectorent ; il provient (juel(|ueiuis de la rupture d'un anévrysme de l'aorte ou de l'artère jiulmonaire dans hïs bronches, et quelquefois aussi de l'éro- .sion d'un vaisseau isolé uu milieu d'une excavation tuberculeuse. Ces hémorrhagics acci<li'iilelles ne sauraient être confondues avec l'hémoptysie; les symptômes d'anévrysme ou de plithisie pulmonaire qui les ont précédés en décèlent ordinairement la sourie ; les premières sont d'ailleurs prescjue toujours immédiatement mortelles.
Prono^lic. L'hémoptysie est en général une affection grj've; mais c'est moins par eric-niême qu'elle offre du danger, (jue par son association tics fréquente avec la ]ilithisie pulmonaire. Quelques auteurs ont même prétendu qu'elle était toujours le symptôme précurseur et l'indice infaillible du dé\'eloppemcnt ou île l'existence actuelle des tid)ercules : mais cette assertion est exagérée. On trouve dans picsque tous les auteurs, et la plupart des praticiens ont observé des exemples d'hémoptysie qui on dure un grand nombre d années sans que les malades aient été atteints de phthisie. Une de mes clientes crache le sang en aboiubin;e depuis q\niizc ans; depuis la première attaque, elle n'a peul-èire pas passé un mois sans en expectorer une plus ou moins grande quantité ; et cependant elle n'en conserve pas moins une bonne sanlé et une fraicheur remarquable, bien qu'elle ait eu déjà plusieurs enl'ans, et qu'elle soit accouchée du premier pendant le cours d'une péripneumonie extrêmement intense. Il esl remarquable que ce sont presque toujours les femmes qui présentent ces exemples d'héinoplysics piolongces cl peu graves. On en voit un assez grand
nombre cracher le sang tous les mois, à l'approche de l'époque menstruelli d'autres seulement lorsqu'elles sont enceintes et pendant tout le temps qi dure leur grossesse; enfin quelques-unes chez lesquelles les menstrues se soi déviées et ont pris leur cours par la surface de la membrane muqueuse pulmc naire. On conçoit que ces hcmoptysies soient beaucoup moins graves que celli qui surviennent dans d'autres circonstances; elles ont une analogie comploli avec les hémorrhagics nasales et avec le flux menstruel, et doivent par consi quent parlicijjer île leur bénignité. Chez les hommes on rencontre plus ran ment des hémorrhagics pulmonaires aussi exemptes de danger; on cite pou tant quelques observations d'hémoptysies supplémentaires du flux hémorrho'ida On voit aussi quelques indivitlus expectorer du sang pendant de nombreuse années , et n'en pas moins parvenir à la vieillesse ; mais en général le pronott de l'hémoptysie a toujours beaucoup plus de gravité chez eux que chez les fea mes. Lorsque celle hémorrhagie est l'effet évident de violences extérieures , o bien lorsqu'elle dépend de la profession même des. individus , et que, p£ exemple, elle est produite et entretenue par rins[)iration de poussières ou è gaz irritans, elle ofl're beaucoup moins de danger, puisqu'il sullit en géncr: d'écajter les causes pour la faire cesser. Si cependant elle se déclare chez u iiuiividu éminemment prédisposé par sa constitution à la phthisie pulmonaii {voj^ez ce mol) , alors même qu'elle nait sous l'influence de ces causes accidei' telles et mécaniques , elle doit inspirer de sérieuses inquiétudes, si surtout quantité de sang expectorée parait en disproportion avec l'intensité de la caus U est probable qu'en pareil cas, la violence extérieure ou l'inspiration de sul stances irritantes n'onlété que les occasions d'une hémojitysieilepuis loiig-tem] menaçante. En général , une hémorrhagie pulmonaire abondante ne doit gui, res plus inspirer d'inquiétudes que celle qui l'est peu, parce que le danger t i vient pas de la quantité de sang e.xpecloré, à moins pourtant qu'elle ne soj excessive; ccpenilaiit quand on compare les dcus^ extrêmes , il est certai; qu'une hémoptysie dans laquelle le malade expectore plusieurs livres de far' présenle plus de gravité que celle qui se compose de quelques stries de sang c ! de quelques crachats sanglans. L'ancienneté de I hémori hagie n'est pas loujoui ' une preuve non plus de sa gravité, car lors([u'après ilix ou vingt ans i' , durée elle n'a pas entraîné île dcsorganisalion , il est bien probable qu'elle n'c i provoquera pas davantage par la suite; cependant, en thèse générale, pli l'hémoptysie s'est reproduite , et plus elle doit ins|)irer de craintes au mi | dccin. En résumé, c'est la coexistence de symptômes de phlliisie piilmonai; ou la crainte qu'ils puissent naître qui fait, dans presque tous les cas, la gravî'l du pronostic tie l'hémoptysie ; quand cetle crainte ou ces symptômes n'existât pas , cette maladie est plus effrayante que dangereuse: son pronostic s'ctabjl alors sur les mêmes bases que celui des autres maladies, c'est à^dire sur l inleii site des ]jhénomènes locaux qui l'accompagnent, le nombre, l'imporfain et la gra\ilé des phénomènes sympathiques qu'elle éveille.
Les caractères analomir|ues de l'hémoptysie diffèrent, suivant qu'elle a > source dans les bronches ou dans les vésicules aériennes. Dans le premier caii on trouve la membrane muqueuse des bronches rouge et comme teinte pi-' le sang dans toute son épaisseur; elle est en même temps un peu ramollie ;1 recouverte île sang liquide ou coagulé. Dans le second cas, on rencoiltil^ dans l'un des poumons un endurcissement partiel , circonscrit , d'un à quallj pouces cubes d'élendue , aussi dur à ta circonlérencq qu'au centre , d'un rouji noir très-foncé , semblable à celui d un caillot de sang veineux, brusquemei limité et par conséquent en contact immédiat avec du tissu pulmonaire sain c tout au plus iiiQlIré d'une petite quaiifilé de sang vermeil, présentant à l'iiid sion une surface granulée d'où I on peut enlever en raclant un peu de saw très-noir et à demi coagulé , et dont le centre, enfin , est quelipiefois ramolli rempli par un caillot de sang pur. Les veines qui avoisinent la partie engorgi sont quelquefois pleines d'un saiig fortement concrété et à demi sec. Il exi quelquefois plusieurs engorgemens semblables dans le même poumon on da les lieux; leur siège le plus ordinaire est vers le centre ilii lobe inférieur, vers la partie postérieure moyenne du poumon.
Ti'ailcinent. L hémoptysie réclame en général un traitement prompt et éne gique ; l'effroi qu'elle inspire aux malades, le danger qui l'accompagne lor ([u'clle est intense, les conséquences graves qu'elle traîne souvent à sa suili toul tait un devoir au médecin de l'arrêter le plus promptcmeiit possible. C'a pu- les saignées générales et locales, par les boissons acidulées, froides cj glacées, par les révulsifs cutanés, parle repos et le silence absolus, par 1 diète, et concurremment lorsque les accidens ont déjà perdu une parti de leur intensité, par l'emploi île certains ageris styptiques et astringen.' que l'on parvient à ce résultat. Nous allons passer tous ces moyens su^i. cessivenient en revue , apprécier le degré d'utilité de chacun, et ])réciser autaij que possible les circonstances dans lesquelles il faut recourir aux uns et ai, aulres.
Au début de toute hémoptysie intense, après avoir débarrassé le malade ( tous les vêtemens qui pourraient faire obstacle à la liberté des mouvemens re \ ])iratoires , et l'avoir placé ilaiis son lit la lêle et la poitrine dans la position ve licale, la première cho."iC à laire est de pratiquer une saignée du bras. Ni pâleur de la face, ni la petitesse du pouls, ni même le refroidissement des e: tréniitc's , ne doivent faire hésiter; ces symptômes, produits en partie par Ve froi des malades , mais surlout par la congestion pulmonaire, cèdent avec cet congeslion . contre laquelle la saignée est certainement le moyen le plus cfficac La quan lité de sang à extraire parla première phUbotomie , proportionnel j d'ailleurs à la force et à l'âge des individus , à l.i violence de I héinori h.igie au degré il'iiilensité des symptômes locaux et généraux qui l accompagncn •
HÉMOPTYSIE
HÉMOPTYSIE
loit toujours èlre assez abondante pour produire un commencement de sj^ncope ,
iurla syncope contribue puissamment à arrêier l'hémoptysie. Dans l'apoplexie iilinonaire surtout , il ne faut pas craindre de tirer vingt à (renie onces de sang "une seule fois. Après une première saignée , si lesaccidens persévèrent, on en ratiqiie une seconde , puis une troisième , une c|uatrièrae , etc. , etc. , en ne lettaiit que de courts intervalles de dix à douze heures enirecluicune. Quelt(ues
Iuteui's regardent la saignée du pied comme préférable h celle du bras dans la laladii! qui nous occupe; ils lui attribuent une action révulsive ou déiivative ue celle-ci ne possède pas au même degré. Mais celte o)K'Talion n'est pas toupurs facile, très souvent elle ne fournit qu'une quantité de sang tout à-fait psuflîsante , et ce liquide coule en général lentement, tandis qu'il importe leaucoup d'obtenir une déplction rapide ; enfin , on ne peut que difficilement Ipprécier la quantité que l'on en tire ; et je ne sais si ces incoiivéniens ne conrebalancent pas et au-delà les a\antages que l'on prèle à la saignée du pied, je ne vois qu'un cas où celle saignée mériterait peut être réellement la préfél^iice : c'est celui dans lequel la suppression des règles auiait eu lieu avant l'injasion de 1 hémoptysie , et pourrait , avec raison , en être regardée comme la jause.
I Les applications de sangsues ne sauraient remplacer la saignée dans les héjioptysies violentes, surtout à leur début. Mais quand I bémorrhagie est peu ibondante , chez les individus faibles , chez ceux qui crachent souvent le sang , nfin quand il y a suppression de menstrues ou d'hcmorrhoïdes , on y a reours avec avantage; encore faut-il reconnaître qu'elles sont beaucoup plus ||fficaces après la saignée générale que lorsqu'elles n'en ont pas été précédées, lin général , et à moins d'une indication spéciale, on place les sangsues à anus; chez les femmes, on les applique souvent aux cuisses , mais surtout à s vulve , lorsqu'il s'agit de rappeler ou de suppléer les règles; on peut aussi bs appliquer aux jambes. Rarement on pratique les saignées locales sur la oilrine même: cependant, quand 1 hémoptysie est peu considérable et enlièrement bronchique, on l'arrête très-bien en plaçant quelques sangsues aujessous des clavicules; enfin , lorsqu'il existe une douleur sous-steinale vive et jpiniâtre , on ne parvient souvent à l'enlever et à détruire l'expectoration sanuine que par l'application des sangsues sur le sternum lui même. Chaque fois |ue cela se peut, il est bon d'appliquer quelques ventouses à pompe sur les liqùres de sangsues ; on accroît ainsi l écoulement du sung , et l'on obtient une ction révulsive plus forte.
On seconde toujours très-puissamment les bons effets des évacuations sanliiines par l'emploi des boissons délayantes, mucilagineuses , gommeuses et jcidulées, telles que les décoctions de guimauve , d'orge , de chiendent, de réllisse, de lin , de ca[)il!aire, de jujubes, de dattes , de pommes , de riz, de onsoude , etc. ; les infusions de fleurs de mauve , de violette , de coquelicot, ie tussilage ; les émulsions légères d'amandes douces ou de pépins de coings , îs limonades citrique, lartarique ou sulfurique, l eau de Rabel étendue d'eau, B petit lait , la solution du suc de grenades. On peut ajouter avec avantage de la 'orame arabique eu poudre à toutes ces boissons ; on les sucre avec les sirops e gomme, de guimauve, de c.ipillaire, de coings, de vinaigre ou de iroseille. Toutes ces boissons doivent être prises froides et même glacées , t par petites doses fréquemment répétées ; on fait aussi, avec succès, avaler es fragmens de glace aux malades. A mesure que les symptômes de réaction l'affaiblissent , on passe à des substances douées de propriélés <le plus en i)lus astringentes, telles que les infusions de ratanhia , de cachou, de simaouba , de bistorte , de tormenlille, de quinquina; les extraits de ces subsances , et principalement celui de ratanhia , préparés en bols avec la gomme pno, le sangrdragon et la conserve de roses ; enfin le sulfate d'alumine, le nirale de potasse, soit en dissolution dans les tisanes, soit associés aux subslances précédentes dans des pilules. Quelques auteurs ont beaucoup vanté l'usage de l'ipécacuanha , mais ils l'ont emj)loyé à des doses tellement faibles , m quart de grain toutes les trois heures , mêlé avec un peu de sucre , que l'on jloute si ce médicament a été pour quelque chose dans les guérisons obtenues pendant son usage. StoU administrait le tartre slibié à doses vomitives dans ce qu il appelait l'hémoptysie bilieuse , et plusieurs praticiens , h son exemple, ont eu recours à cette médication. Je ne doute pas ([ue I on ne puisse obtenir quelques guérisons par ce moyen violent, mais il y a dans son emploi beaiijCoup plus de chances d'accroître l'hémorrhagie que de la ilimiiiucr ou de la |Siispcndre: car il est entièrement empirique, attendu que les Cdracjères delà [prétendue hémoptysie bilieuse sont Insaisissables. Laënnec a essayé le même 'médicament à hautes doses comme dans la pneumonie aiguë : le succès n'a pas répondu à seç espérances. 11 a, au contraire , retiré de grands avantages des jpurgatifs déjà préconisés par Sydenham ; et cela se conçoit: ces agens , par lirexcitation qu'ils produisent sur la surtace étendue de la menbrane muqueuse nilestinale, et par la pluie abondante de bile, de suc pancréatique et de mucus qu ils provoquent, exercent tout à la fois une révulsion et une dérivation puissantes qui doivent contribuer aussi ctljcacement et de la même manière que les reviihiits cutanés à diminuer l'irritation pulmonaire et l'exhalation sanguine ;qui marche sur ses pas. Enfin , on a encore tenté de combattre l'hémoptysie par la digitale pourprée sous toutes les formes, probablement en raison de son action sédative sur le cœur ; mais les effets en ont été si inconstans que l'on y a généralement renoncé.
Des le début de Ihémoptysie, on peut avoir recours aux révulsifs delà peau. Cependant lorsque la réaction est très-forte , il est plus prudent de se borner a rappeler la chaleur aux extrémités par les moyens ordinaires, jusqu'à cq que 1 ou ait obtenu un peu d'affaissement par les saignées. Il n'est pas rare toutefois
DlCr. DE MEDECINE ET DE CllinUKOlE PRATIQUES.
de voir arrêter immédiatement, ou suspendie du moins, l'hémoptysie la plus violente par l'immersion des pieds dans l'eau sinapisée et bien chaude. On doit donc en général se hâter d'employer ce moyen , y revenir chaque fois que le retour de l'oppression annonce qu'une nouvelle congestion s'opère, et en étendre l'action sur une grande partie de la surface cutanée , en faisant prendre des manuluves sinapisés , et principalement en appliquant des cataplasmes de moutarde pure ou mitigée, suivant le degré d'action que l'on veut obtenir, successivement aux moUets , sur les genoux, à la partie interne dos cuisses et des bras, et autour de la poitrine elle-mèoic. Lorsque la période d'acuité est passée ou beaucoup affaiblie, on place avec avantage de nombreuses ventouses sèches à la partie supérieure et interne des cuisses et sur les parois pectorales ; enfin si 1 hémorrhagie menace de devenir chronique , on a recours à des révulsifs plus puissans : les vésicaloires. Il ne faut pas craindre ici , autant que dans les inflammations, d'accroître par ces moyens l'irritation , si on ne la détruit pas; dans aucune maladie, les révulsifs cutanés ne jouissent d'une aussi grande efficacité que dans I hémoptysie, il n'en est aucune peut-êtie dans laquelle ils offrent moins d'inconvéniens. Un large vésicatoire à une cuisse, sur le sternum , ou entre les deux épaules , suffit souvent jjour arrêter une hémoptysie de moyenne intensité.
Dans quelques cas d hémoptysie tellement abondante que les malades sont menacés de périr par l'effet seul de la perte de sang , ou bien lorsqu'ils sont tellement affaiblis qu'il n'est plus possible d'avoir recours à la saignée, et que cependant le crachement continue avec force malgré les révulsifs les plus énergiques , on a recours , quelquefois avec succès, à l'application de la glace sur la poitrine , ou aux aspersions d'eau très-froide sur celte même partie. Quand l'hémorrhagie est intermittente , le suliate de quinine , donné dans l'intervalle des accès , en prévient généralement le retour. Enfin, chez les femmes et les individus nerveux , il est souvent utile d'associer quelques opiacés à l'emploi de tous les moyens précédens.
Le repos le plus complet et un silence absolu sont des piécaulions indispensables dans le traitement de l'hémorrhagie pulmonaire. Il en est de même de la dièle tant que la maladie existe à l'état aigu ; mais si le crachement de sang se prolonge au-delà de certaines limites, et que tous les symptômes de réaction s'eli'acent. on peut revenir aux alimens , en ayant !e soin de commencer par le laitage et les fécules et de les donner froids. Pendant long-temps, même dans la convalescence confirmée , il faut proscrire sévèrement tous les stiniulans , tels que le vin et le café , et même le bouillon gras.
Tels sont les moyens dont l expcrience a démontré l'efficacité contre 1 hémoptysie aiguë. Ai-je besoin d'ajouter que , selon le degré de violence de l'hémorrhagie, on n'a recours qu'à quelques-uns d'entre eux ou bien on les appelle tous à son aide?
Les bases du traitement de l'hémoptysie chronique sont encore les mêmes. De même que dans celle-ci , et suivant son degré d'intensité, on se borne à l'emploi des révulsifs cutanés, des boissons gommeuses, acidulés et aslriiigenfes , ou bien on la combat partons les moyens précédemment indiifués , j usques y copiprise la saignée générale. Toutefois l'utilité de l'ouverture de la veine s'y fait généralement moins sentir ; les saignées locales , souvent nécessaires, y jouissent d'une efficacité bien plus bornée que dans l'hémoptysie aiguë; et les vésicaloires, les boissons gommeuses et pectorales, et le régime, en deviennent les principaux moyens de traitement. Il arrive une époque où la toux et la dyspnée accompagnent seules l'hémoptysie; plus désignes de congestion locale, plus de symptômes généraux; la membrane muqueuse pulmonaire semble exhaler du sang par une sorte d'habitude ; c'est alors que les sectateurs de brown disent que l'hémorrhagie est passif e , et qu'ils conseillent de la traiter parles toniques. D'une théorie fausse , ils déduisent un conseil dangereux; cela devait être [vo/ez HÉMoriKHàGiE ) . Enfin, fatal avant-coureur de la phthisie pulmonaire, lorsque l'hémoptysie se prolonge , elle ne tarde pas à faire partie du cortège de cette funeste maladie, ce n'est plus elle alors qui réclame l'attention du médecin; elle n'est plus qu'un effet dont il faut attaquer la cause.
( P'oyeZ Pi'ITHISlE PULMONAIRE.)
Après avoir .ouéri rhémo]itysie , il reste encore au médecin adonner des conseils pour en prévenir le retour , car il suflit d'en avoir été atteint pour en être menacé sans cesse. On recommandera donc d'éviter , autant que faire se peut , toutes les causes que nous avons signalées comme propres à la faire naître , et principalement celles dont l'action sur la poitrine est directe, telles que les cris , le chant , la déclamation , le jeu des instrumens à vent , etc. , etc. On prescrira un régime sévère dont le lait et les fécules feront les bases principales ; on défendra l'usage de toutes les substances qui jouissent de la propriété d'activer le mouvement circulatoire, comme le vin , les spiritueux , le thé et le café ; on fera sentir au malade la nécessité de se prémunir contre toutes les émotions violentes , et surtout contre les emportemens de colère qui déterminent toujours un afflux impétueux de sang vers le cœur et les poumons: on proscrira tous les exercices violons, comme la course, la danse, la lutte, les efl'orls pour soulever des fardeaux , parce qu'ils ont aussi pour effet d'accumuler le sang dans les organes de la respiration; on fera porter des vêtemcns de flanelle sur la peau ; on conseillera les plus grandes précautions contre le froid , surtout humide, et en particulier contre le froid des pieds ; enfin, si cela se peut , on enverra le malade habiter une vallée chaude et sèche , ou bien un pays méridional. Heureux encore lemalade qui par ces soins parviendra à se mettre à l'abri de nouvelles attaques d'hémoptysie, et h écarter ainsi le grave dan"er dont la reproduction de cette hémorrhagie le menace !
Hinpoçralcs. Du moiljis aculis.
HEMORRII AGIE.
HEMORRH AGIE.
Galcniis. De locîs .-i(K.clis , lib. ^ , cap. 5.
1'. Hi>ffmaim. De saii^-iiiuis fluxu ex pulmonibus. Oper., (. 2, p. 207.— Disserlat. de Heninjitysi selccl.i! qii.-e<lani observaiiones. Hajae , 1730 , in-4°.
Jf 'agner. Disserlalio (11- Hanioploes , impriniis vero liabilualio seu pblisicœ , expcditiori cnialioue. Lipsice, 1742, 111-4°. [f^id. Hallir, Colk'clio (Itsseilalionum piatic. 11, a" 55.)
Ilamnes. Disserlalio ds Hicmoploe. Halrc , 1748 ,in-4='.
C. Liiinœiis. Disserlalio de Hœmoplysi. Upsal , 1764 ,in-8''. {f^td. Ani.Tnilales acadomicœ, vol. 9, 11° 178.)
R.-T.-H. Laennec. Trailé de l'auscultalion médiale , etc.; 2» édition , I. \", p. 255 et siiiv., el p. 378 el siiiv.
(L. Cn. Roche.)
HEMORRHAGIE , s. f. , Iiœmorrhagia ; de c-tij.u , sang, et de ^.Y,yjjf/.t , je ) (itnps , éruption de sang , ou peut-être tout sim|>lemcnt âs uifj.x , sang , et de id-.o , je coule, ccouicment de sang. Quoi qu il en soit de son clymologie, ce niot dcsij;ne toute éruption, fout écoulement de sang hors de ses vaisseaux, fpiclies f|u'en soient les causes, et soit qu'il s'échappe au dehors , soit (]u'il s'épanche au dedans. Ainsi, sous la même dénomination se trouvent désignées des maladies essentiellement difrérenfes, savoir: les exhalations sanguines sans plaie, rupture, ni éro.sion des tissus , héniorrhagies actives Ae S\a\\\ , hémor- }/i'i^ies spniitririées ou tdinpat/iit/'ics îles auteurs ; les plaies et les ruptures des ui lères et des veines , /icmorihagies tr-aumutiques des auteurs ; et enfin les érosions de ces vaisseaux par un cancer, une gangrène , elc , hémovrlia^ies i<) />iptiimalù/iies Nous ne nous occuperons ici que des hémonrhagies par exhalation ou irritations héinorHingiques , renvoyant l'histoire des autres eflusions s^inguincs aux plaies artérielles et veineuses , au cancer et à la gangrène, dont elles sont le symptôme ou la complication accidciileile.
L'exhalation du sang à la surl'ace de nos tissus est un îles phénomènes les plus curieux de la pathologie. Tant qu'on a pu croire à l'érosion ou à la rn[)ture des vaisseaux dans l'hémcrihagie spontanée , l'explication du t'ait a paru tonte iialurelle; mais tlepuis que par îles reclicrches analomiqucs attentives on s'est convaincu que les membranes qui sont le siège d'e.'Khalalions sanguines ne pré- .sentent , même à la loupe , aucune trace d'érosion ni d'aucune alti ration quelconque , il a cessé d'èire aussi facile de s'en rendre compte d'une manière satisfaisante. "Vingt théoiiesont été proposées; aucune n'a donné la clef du mystère, et l'on se borne aujourd'hui à constater la grande analogie qui existe entre ces iiémorrliagies et le flux menstruel tout aussi inexplicable qu'elles. Le sang parait être exhalé dans l'un et dans l'aulre cas, à l'état morbide comme dans l'état physiologiijue , de la même manière que la sueur, le mucus et la sérosité , el comme ces produits de sécrétion sous l'influence d'un travail physiologique actif.
Les causes àe Vifrilation hémorj-aghique f de Vhéinorrhugte ipontaiiée , de de rexhal'ïition sanguine, diffèrent à peine de celle de l'inflammation. Ainsi, la jeunesse et l'âge adulte y prédisposent; les grandes chaleurs, le froid vif et sec, l'habitation sur des lieux élevés et exposés au nord la favorisent ; enfin , l'abus des mets très-excitans , le simple usage «l'alimens trop abondans et trop nourrissans , l'abus du café, des boissons spiritucuses , les violentes passions , etc. , la préparent et la font éclater. Elle se déclare encore sous l'influence d'une course rapide , des efforts on des exercices vioh ns , à la suite des amputations des gros membres, à l'occaiion d'une diminution considérable et brusque de la pression atmospliéi ique , et par conséquent chez les personnes (j;ii moulent sur les hautes montagnes et chez celles qui s'élèvent en ballon. On la voit survenir souvent aussi ;\ la suite île la suppression d'un écoulement sanguin habituel , tel que le flux hémori houlal ou les menstrues , et quelquefois ajirès l'omission d'une saignée ou d'une apjilication de sangsues dont on a contracté rhahitude. Mais outre ces causes , elle exige dans les individus qu'elle affecle une de ces conditions inconnues de l'organisme que l'on nomme pré lisposition, l^e tempérament nervoso-sanguin , c'est-à-dire, un système artériel très-développc et obéissant avec promptitude et facilité aux excitations nerveuses , parait surtout constituer celle prédisposition ; et comme on la rencontre plus fréquemment chez les feraincs que chez les hommes , c'est aussi chez elles que les héniorrhagies sont plus communes. Une autre cause concourt puissainaient , il est vrai , à ce résultat , c'est l'écoulement sanguin périodir|iie auquel les femmes sont assujélics , et dont le retard ou la suppression devaient néce.isairement entraîner souvent des liémori hagies supplémentaires. Celte ])lédi.^po.silion est souvent héréditaire, et il n'est pas rare de voir les héuiori hoïiles, 1 hématurie, l'épistaxis et surtout l'Iiémoplysie , se transmettre pendant plusieurs générations. Enfin, aux dilférenles époipies de la vie, on voit les liémori hagies allectcr cn général cti taiiis organes de préférence : avant la puberté et pendant cette époque , elles s'oj)èrent ordinairement par les fosses na^ales; plus tard, par la membrane muqueuse pulmonaire; chez les adultes, par l'estomac ; dans l'âge viril , par l'anus ; et chez les vieillards , par les voies iitinaircs. Celle loi n'est pas sans exceptions : I hémorrhagie cérébrale , par exemple, est i)lus fi'équente après quarante ans qu'avant cet âge; mais elle est vraie dans la niaj:irité des cas. La tem|)ératuie parait e.\ercer une influence analogue; ainsi , dans le nord et dans les saisons lioides, on observe surtout les hcuioirhagies anales , vésicaies et utérines ; dans les pays méridionaux el dans les saiïons chaudes, au contraire , les hcmorrhagies nasales et bronchiques se inonli'enl beaucoup plus fréipienles.
Ainsi que toutes les autres irritations, I hémorrhagie peut être aigué ou chroii;<|ue , continue ou intermittente , et , comme elles , elle développe des sympathies en rai^on composée de l irritabililé des individus, de son acuité, et du degré d'influence de l'organ,; qu'elle occupe. Les signes en sont rarement équivoques , parce que dans le plus grand nombre des cas, le sang rejeté au dehors
ne pernaet pas d'erreur sur la nature de la maladie : ce n'est que quand le saut exhalé reste comme emprisonné dans l'organe au sein duquel il s'épanche , que le diagnostic peut être douteux ou diliicile. Cependant elle présente quelquefoi; dans les deux cas ties signes généraux qui peuvent la faire prévoir ou faciliteni son diagnostic ; il importe donc de les exposeï-.
Les héniorrhagies aiguës , surtout lorsqu'elles se manifestent pour la premièrt fois , sont ordinairement précédées par des symptômes de congestion vers les or ganes c(iii vont en devenir le siège. Ces .symptômes consistent dans un sentimeu de tuméfaction , de pulsation, de pesanteur , de chaleur el quelquefois mèmedi douleur : on adonné le nom de moliiiien Acnio/v7irt^/cu/n à cet ensemble de plié nomènes morbides. Un frisson marque ordinairement leur invasion; il est bientô suivi de chaleur générale, île fréquence , de plénitude el de dureté du pouls ; h pulsation de l'artère semble quelquefois être double ( pouls ilicrole) ; c'est cij I caractère qui, dit-on, fil prédire à Galien une hémorrhagie nasale chez un maladii 1 fp-i'on se disposait à saigner. Entui , l'hémorrhagie s'opère, et quand elle est mcî i ilérée , on voit ordinairement diminuer et di.sparaitre les s^'raptômes que nou i ( venons d'énumérer; lorsqu'au contraire elle est très-abondante, le malade ni} i tarde pas h pâlir, une sueur abondante qui finit par devenir Iroidc , couvre li i visage ; les extrémités se refroidissent, il survient des lintemens d'oreilles , de j ; ébloiiissemens , des syncopes au moindre mouvement , el quelquefois même de j u défaillances sponlani esj le pouls qui a perdu de sa plénitude el de sa force . mesure que le sang a coule , devient faible , petit et concentré , sans rien per dre de sa fréquence , qui , quelquefois même, est accrue. Chez quelques inili vidus , il se manifeste des mouveuiens convulsifs. L'existence de tes signe suffit pour faire reconnailre les hémorrhagies internes.
Quand les hémorrhagies sont chroniques, lorsque surtout elles se sont dcj 1 reproduites plusieurs fois , soit par le même organe, soit par des voies diverses lorsqu'cnfin elles ont affaibli U constitution des malades, on n■ob^erve plus le phénomènes de congestion ijui les prccedenl dans les eu constances opposées ni ceux de réaction ijui les acccmpagnent. C'esl sur l'absence de ces phénomène tlalis certains cas tl sur leur |jiésence dans d autres , que les aulcuis se sou fondés |)our établir la ilislinctiou des héiuori hagies en aaiiucs el en pussivei les premières dépendant, suivant eux, d'un état d èrcthismc ou d'irntition de I vaisseaux capillaires par lesquels le sang s'échapj)e , ou d'une trop lorte im pulsion communiquée à ce liquide par le cœur; el les secondes produites a contraire par le relâchement, la laiblesse, l atonic, les baillemens de ces lucuu vaisseaux. Mais celle ilislinclion n'est pas fondée , el 1 hémorrhagie ne thang pas ainsi de nature pour être ou n'être pas accompagnée île symptômes locau et généraux d irritation. i\ observe - 1 - on pas celle même différence entre 1( inflammations aiguës et les inflammations chroniques , el Jie s'accorde- l-oii pfj, gcncralement à n'y voir qu'une dillercnce de degré et non de nature ? Le tli menstruel s'accompagne de phénomènes marqués de congestion chez la plupaj des femmes , tandis que chez quelques-unes il a lieu sans le plus léger sigi d'excitation: n'est ■ il donc un phénomène actif 4"*^ chez les premières , t Mj^ faut il le regarder comme passif' chez les secondes? JNe voit -on pas tous 1< jours une hémorrhagie (|ui olire a son début des phénomènes inconlestabl! d auginenlatioii de I action ojganique, cesser peu à peu, à mesure qu'elle t prolonge, d'en être accompagnée, et finir même par n'en jilus jjreseiiler i moindre liace? i\ est-ce pas ainsi même c|ue cela se passe dans la grande mu joritè des cis , el laul-ii donc croire que l.i plujjart des hémorrhagies, activt. a.u dcbiil , liiiisscnt Y^ixi {\c\cnii passives j après a\oir passe par un élat inlei médiairC auquel il faudra ntcessaii emenl aussi ilonner un nom ? Ces opiniol n'onl plus de crédit aujourd'liui ; M. Broussais en a depuis long-temps déuionlj la fausselé. U n y a de réellement passives parmi les hémorriiayies , que celU (jui s'opèrent ij,ans le scorbut sous les legumens ou sur les membiancs mi queuses , cl celles qui sont (noduites par les léalons de continuité des vaisseai sanguins.
Les hémorrhagies affectent souvent le lyjie intermittent ; cela tient en parti h ce que chaque ellusion de sang détruisant ou diiuiuuaiil beaucoup iirritati qui la provoque , il faut qu'un nouveau travail physiologique cl une nouveli congestion s'ttablissent pour qu elle puisse se reproduire. C est encore un di caractères remarquables de ci's alieelions de se remplacer facilement les uui les autres. Leur durée est variable , elle peut être de quelques instans ou plusieurs années , il est impossible de la déterminer d une manière général Chez quelques individus ils établit des hémorrhagies qui deviennent necessaii au maintien de 'a santé , tels sont certains flux liémorrhoidaux et répistaJti Dans quelques cas même, une hémorrhagie spontanée fait cesser une malai grave t, héniorrhagies critiques) ; mais il tant pour cela qu'elle se iluclare pel dant la période d'état do cette maladie; loin d'être salutaire si elle survie;! plus tôt, elle aggrave presque toujours les accidens. Mais dans le |ilus grai' nombre des circonstances, les hémorihagies constituent , comme nous l'avoi di'jàdit, des états morbides plus ou moins graves. 11 est rare toutefois quie 1 liLnioiihagies externes soient lunestes et surtout qu'elles le soient immédiat ment ; eesl presipie toujours à des phlegmasies qui viennent s'y joindre ou lies désorganisulions qui leur succèdent , que les individus succombent, celll qui se tout au contraire à i inltrieur des organes, ollient en général la pl grande gravité , et eniraiiieiit quelquefois la mort inslantanée.
De tous les lissus du coi |)s humain , les membranes muqueuses sont les pl exposées aux hcmorrhagies ; elles en oH'renl un plus grand nombre d'exempli (jue tous les autres tissus réunis. C'est à leiirsurlace que l'on observe ces licoioi rhagica nécessaires à renirelicii de la sanlé : le flux menstruel chez les fcmm»! le flux héuiori hoïdal et lïqiistaxis chez certains individus. C est par elles uui