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HERNI Ë.
HERKIE,
liteiulules parois du bas-venlre et éraillé la ligne blanche ou dilaté les ou- 1 -tures naturelles, ouvert des issues faciles aux viscères amaigris, le cerveau , J poumon ou les organes abdominaux se prccipilent vers les points ouverts ou taiblis, et une hernie est produite.
Mais c'est souvent à l'occasion il'un effort que la maladie paraît pour la pre- 1 cre fois ; et l'on serait tenté de croire qu'un elfort violent est une cause sulfi- j ilile de hernie , si l'on ne considérait que la plupart des hommes qui font des jprts passagers n'en sont pas atteints , et que ceux chez qui la maladie apparaît ; 'occasion d'un effort sont ordinairement contraints par le genre de leurs tvaux à en faire habiluellemont de semblables, qui ont dù graduellement tblerles ouvertures naturelles des cavités, et les disposer à donner passage tfi viscères. D où il résulte que, même dans les cas où la maladie apparaît jiisquement, il faut presque toujours remonter à l'existence et à l'action des (lues prédisposantes , pour en concevoir et pour en expliquer la formation.
Déi'eloppeiiieiit des hernies. Quand les viscères sortent à travers une plaie, i apparaissent ordinairement à nu à l'extérieur ; alors ils s'enflamment , don- 1 il naissance à des bourgeons celluleux et vascnlaires , qui se confondent avec ciix des bords de la plaie, et unissent le viscère déplacé dans la cicatrice »i|nmune.
jLjorsqiie, au contraire, les organes sortent par une des ouvertures naturelles ((ila cavité qui les contient, ils poussent ortlinairement au devant deux la ilmbrane séreuse qui tapisse cette ouverture , l'allongent , et s'en forment une ej'eloppe immédiate, que l'on nomme le sac herniaire. Dès qu'ils sont sortis , ijs'épanouissent au dehors , parce qu'ils y sont moins gênés que dans le trajet m1 ouverlLue qui leur livre passage ; et la tumeur qu'ils forment , rétrécie au njeau de cette ouverture et plus large au delà, augmente en volume , parce ^jiils deviennent le siège d'une irritation permanente, qui dépend de la gêne «j[3 le contour de l'ouverture qui leur livre passage apporte à la circulation alérielle et veineuse , des rapports nouveaux qu'ils contractent, du contact des c ips extérieurs , etc. Leur tissu s'épaissit, ils contractent des adhérences entre e; et avec le sac herniaire, et deviennent irréductibles , tant à cause de l'aug- UiUtation de leur volume , qu'à cause des adhérences qu'ils ont contractées. l|ni autre côté, le sac herniaire s'enflamme, s'épaissit, et devient le siège d'itérations diverses et souvent fort importantes, qui seront exposées dans I sloire générale des hernies abdominales, dans lesquelles cette enveloppe i'c un rôle beaucoup plus important que dans aucune autre espèce de hernie. ' ^t surtout dans ces hernies que l'on voit survenir cette disproportion de V utile entre l'organe déplacé et l'ouverture qui lui livre passage, d'où naissent I' .iccidens de l'engouement et ceux de l'étrangleuicnt, qui décident souvent de 1: ei te de l'organe déplacé.
:.unu , quand la hernie est très-ancienne, il arrive quelquefois que les orga- 1 qui la forment ne peuvent plus être contenus dans la cavité qu'ils ont aban- Jincc, celle-ci étant devenue progressivement trop étroite , soit que ses parois •mil revenues peu à peu sur elles-mêmes, soit que les organes qui y sont lUs aient pris un accroissement qui ait comblé le vide existant, soit enhn que <|i ii lies déplacées aient elles-mêmes acquis à l'extérieur un volume beaucoup 1 s considérable que leur volume normal. Dans tous ces cas , la réduction est j uliU suivie d accidens très-graves , occasionés par la compression qu'éproui' t et que font éprouver aux autres les parties réduites , et qui forcent à lever ■ obstacles qui s'op|)oscnt à leur sortie. Ou dit alors que les organes qui foriiiit la hernie ont ))erdu droit de domicile.
jitii^nosLic. Le diagnostic des hernies est en général facile; elles n'ont de : uaun avec les lii)ômes , les abcès elles difl'ércnles espèces de collections , ^iî la tumeur qu'elles forment ; tous les autres symptômes qu'elles présentent 5 t différens. Ainsi , la manière dont elles se sont développées ; la facilité avec l|uelle on les réduit , soit par une pression convenablement dirigée, soit seu- U'ienteii faisant placer le sujet dans une situation qui mette la cavité d'où sont i lis les viscèn s dans une position déclive; la nature des accidens dont elles i t accompagnées , et qui sont tous en rapport avec la nature de l'organe ilé- Ijcé et avec celle de ses fonctions, sont autant de circonstances qui servent ù ijbien caractériser.
fronoilic. Les hernies sont en général des maladies graves qui gênent tou- I rs plus ou moins les fonctions de l'organe déjjlace, et qui compromettent sj.vent, soit 1 existence de l'organe lui-même, soit celle du malade. Les plus
Sves sont celles qui sont anciennes et irréductibles ; elles sont d autant plus gcrcuses cjue le sujet est plus âgé et plus faible , que les organes qui les foritsont plus importans à la vie , et qu'elles sont plus exposées à l'accident liculier connu sous le nom d'étranglement.
Traitement. Les ind]cations cm atives que présentent ces maladies sont de les 'iuire et de les maintenir réduites. On ri mplit la première de ces indications I l'opération dite du taxis , qui se fait d'après des règles différentes dans les ijférentes espèces de hernies. La seconde se remplit à l'aide de divers bandages , l|)lupart élastiques , et surmontés d'une pelote que l'on appuie sur l'ouverture If'niaire , et qui s'oppose efficacement à la sortie des viscères, lilais lorsque la hernie est irréductible , soit à cause des adhérences que les t|;anes déplacés ont contractées au dehors; soit à raison du volume qu'ils y ^ acquis, soit enfin parce qu'ils sont étranglés par le contour de l'ouverture ipassage ; il faut, dans les deux premiers cas, se borner à soutenir la tumeur ^jaide d'un bandage à pelote concave ou d'un suspensoir, si elle en est susceptljle; et dans le dernier, il faut souvent dilater à l'aide d'une opération chiruriale l'ouverture dont la constriction s'oppose à la réduction de la hernie. jj>a sent qu'il me serait très diflicile de suivre l'ordre alphabétique tbns l'ex-
position successive de toutes les hernies II faut de toute nécessité adopter une autre marche.
Je commencerai donc par traiter des hernies qui se font travers les parois du crâne ; je parlerai ensuite de celles qui affectent l'appareil de la vision , puis de celles qui se fout à travers les parois de la poitrine ; et je terminerai par l'histoire des hernies abdominales , les plus communes de toutes.
AnT. fl-. DES niiRNlES QUI SE FONT A TRAVERS LES FAEOIS DU CRANE.
Ce sont celles du cerveau et du cervelet.
§ l". Hernie du ceri'eaii. La hernie du cerveau a reçu le nom tVencép/iuIocèle. Elle est de deux espèces , congèniale ou accidenlelle.
Dans le premier cas, elle se fait orilmairement dans le lieu correspondant à quelque (oiitanelle restée enlr'ouveite par suite d'un manque d'ossification des angles osseux qui doivent la fermer dans l'état normal ; on la voit aussi apparaître à travers un écartement de quelque suture ou entre les pièces dont se composent les os du crâne dans le fœtus ; et dans tous ces cas , elle parait résulter à la fois d'un arrêt dans l'ossification qui doit fermer ces fontanelles, engrener les sutures ou souder -entre elles les diverses pièces dont se composent la pliiplart des os du crâne, et d'une sorte de locomotion du cerveau , qui se porte en totalité ou en partie à l'extérieur du crâne , enfermé dans un sac que lui forment ses membranes propres et les tégumens communs.
C'est plus ordinairement vers la partie postérieure du crâne que partout ailleurs que ces hernies se font remarquer.
J'en ai vu une dans laquelle tout le cerveau était contenu ; elle sortait par une ouverture arrondie correspondante à la fontanelle postérieure. J'ai tléposé dans le musée de la faculté une cire représentant l'enfant qui la portait , et qui a vécu quinze heures, en exécutant toutes ses fonctions comme un enfant bien conformé.
Quoi qu'il en soit , ces hernies sont de véritables vices de conformation , et elles constituent les variétés d Anencéphalie que M. Geoffroy Saint-Hilaire d désignées sous les noms de podencèpludie et de nolencéphalie. M. Serres a aussi observé une variété de hernie cérébrale congétiiale, qui s'était opérée à travers la base du crâne, et faisait saillie dans le pharynx.
On trouvera au mot Anencéphalie, auquel je renvoie, de plus amples détails sur ce sujet. Je ferai remarquer ici toutefois que ces deux dernières variétés d'aneneéphalie ne se prêtent nullement à la théorie annoncée par l'auteur de l'article pour expliquer le mécanisme de la production de cette affection. On ne voit pas en effet quel rôle l'inflammation du cerveau a pu joues- ici ; et il faut de toute nécessité recourir h une autre explication. Si l'on veut à toute force expli. quer, on a alors à choisir entre la théorie d'un vice d'organisation primitif, et celle qui admet l'intervention des causes physiques externes.
L'encéphalocèle de la seconde espèce , ou l'encéphalocèle proprement dite , se fait à ti avers une perle de substance éprouvée par les os du crâne ou à travers le tissu d'une cicatrice trop faible pour résistera l'effort expansif de la masse cérébrale.
Ici ce n'est plus par suite d'un mouvement de totalité de l'organe que se produit la hernie : elle est l'effet de l'expansion de la substance du cerveau à travers un point où il éprouve moins de résistance.
Au reste , on reconnaît cette maladie à une tumeur lisse, arrondie , molle , indolente, sans changement de couleur à la peau , agitée par des mouvemens isoi.hrones aux batteinens du pouls et à ceux de la respiration , développée sur le lieu correspondant à une perforation traumatique ou accidenlelle du crâne i réductible en totalité ou en partie lorsqu'on la comprime méthodiquement, et reparaissant aussitôt qu'on cesse de la comprimer. Cette tumeur est d'un volume variajjle ; et lorsque celui ci est considérable , elle est accompagnée de vertiges , d'éblouissemens , et même de symptômes de paralysie plus ou moins durables , siégeant dans diverses parties ; souvent aussi ces accidens ne se déclarent que quand on comprime la tumeur , et ils disparaissent aussitôt que l'on cesse la compression.
Le pronostic de l'encéphalocèle est fâcheux , surtout si la tumeur est un peu considérable. Presque toujours les sujets périssent des accidens d'une encéphalite déterminée par la gène qu'éprouve la partie du cerveau qui forme la hernie^ ou par l'effet de ((uelque violence extérieure.
L'indication que pr<!sente la maladie est simple ; elle consiste à exercer sur la tumeur une compression douce , égale et permanente , à l'aide de laquelle on puisse la réduire et la maintenir réduite , jusqu'à ce qu'une cicatrice solide s'oppose efficacement à la sortie du viscère. On remplit facilement cette indication à l'aide d'une pelote de charpie, que l'on recouvre d'une compresse épaisse , ou mieux d'une plaque de carton ou de cuir bouilli, ou d'une lame de plomb , et que l'on soutient à l'aide de quelques tours de bande ; mais ces moyens ne sont applicables qu'aux hernies cérébrales peu volumineuses. Nous avons déjà dit que, quand la tumeur a un grand volume, la compression exercée sur elle détermine des. accidens graves, et ces accidens deviendraient promptement mortels si on en prolongeait la cause. Il faut donc , dans ces cas , renoncer à obtenir la réduction de la tumeur, se borner à la protéger contre l'action dangereuse des corps extérieurs, à l'aide d'une espère de calotte de cuir bouilli , dont on recouvre la tête , et que l'on assujettit solidement.
§ II. Hernie du cerfclet. La hernie du cervelet offre exactement les mêmes caruclères que celle du cerveau; seulement elle ne se présente jamais qu'au niveau des fosses occipitales inférieures. MM. Lallemant et Baffos eii ont observé , il y a quelques années , deux exemples survenus à la suite d'une perforation spontanée de l'occipital.
HERNIÈ.
ART. II. DES HERKIES QUI AFFECTENT l'aPPAREIL DE LA VISIO».
HEKNIE.
Il y en a de deux sortes : les hernies Je l iris et les hernies de la totalité du globe oculaii e.
lo. Hernies de firis. Les oculistes ont désigne cette affection sous les dénominations générales de procidencc de l'iris, ptosis , prolapsus, slaphjloma jWï^w; réservant, ainsi que je le dirai plus bas, des appellations particulières pour les divers degrés de la maladie.
Les causes à l'occasion desquelles on voit se manifester les hernies de l'iris , sont ou des plaies accidentelles de la cornée, ou certaines opérations que l'on pratique sur l'œil, comme celle de la cataracte par extraction, celle de l'hypopion, etc. , ou enfin et le plus ordinairement des perforations de la cornée par suite d'ulcération et de ramollissement inflammatoire de cette membrane.
Aussitôt, en effet, quellera éprouvé quelque perte de substance ou quelque solution de continuité , 1 humeur aqueuse s'évacue, et l'iris, poussé par 1 humeur vitrée , vient se jjrésenicr à travers l'ouverture et faire à l'extérieur une tumeur qui varie depuis la grosseur d'une tête de mouche {mjocephalon) jusqu'à celle d'un grain de chènevis. Quelquefois alors elle est aplalie comme une tête de clou {hjlon cla^us) ; enfin, dans quelques cas, il existe l'une à côté de l'autre plusieurs petites ouvertures, et la tumeur générale qui résulte de la réunion de toutes ces petites tumeurs a la forme d'une grappe de raisin [staphjloma racemosum). Cette tumeur, de couleur noire, quelle que soit celle de l'iris , est douloureuse. La douleur qu'elle détermine est d'abord semblable à celle que produirait une épine enfoncée dans le globe de l'œil; mais bientôt elle s'étend, et il survient du larmoiement; la saillie formée par l'iris gène les mouveraens de la paupière; la pupille, tiraillée vers le lieu correspondant à la hernie , est allongée dans ce sens, et l'exercice de la vue en est ordinairement troublé. Cette affection occupe rarement le centre de la cornée.
Dans quelques cas , lorsque la hernie est peu considérable, l'inflammation se calme et la petite tumeur disparaît peu h peu. 'Mais quand elle est d'un certain volume , elle persiste , et elle entretient pendant long-temps une inflammation chronique de la conjonctive.
Quelques praticiens , M. Demours entre autres , pensent qu'il faut en général abandonner celte maladie à elle-même, et que la guérison n'est pas encore assurée ; nous croyons au contraire qu'il est important de remédier au déplacement de l'iris pour faire cesser 1 inflammation de la conjonctive , prévenir l'opacité de la cornée, ou empêcher que l'irritation de la portion d'iris qui fait saiHie au dehors ne se propage au dedans de l'œil , et n'envahisse le reste de cette membrane.
On a conseillé de repousser l'iris avec la pointe d'un slylet ; mais cette opération ne peut réussir qu'autant qu'elle est pratiquée aussitôt que la hernie s'est formée. Au bout de très-peu de temps, en elfet, la tumeur devient adhérente à la circonférence de l'ouverture qui lui livre passage; et alors elle est irréductible; on la traverse avec l'olive du stylet, mais on ne la réduit pa^.
On a cherché alors à rendre cette réduction plus facile, en incisant d'abord l'ouverture de la cornée; mais il est évident qu'un semblable procédé expose à blesser presque certainement l'iris , et à augmenter la hernie. On a proposé dans le même but de couper la tumeur à sa base, ou de la cerner par une ligature ; mais l'expérience n'a pas tardé à prouver que ce moyen ne convient tout au plus que quand la tumeur est pédiculée. En définitive, la cautérisation de la tumeur avec un cylindre de nitrate d'argent fondu ou avec le deuto-chlorure d'antimoine, est maintenant le moyen que l'on emploie le plus généralement. Cette opération , qui doit être faite avec beaucoup de légèreté et n'attaquer c(ue la tumeur, est douloureuse ; elle excite une cuisson acre, de la rougeur à l'œil , et un larmoiement douloureux ; mais ces accidens ne sont ordinairement que passagers , et deux ou trois cautérisations suffisent pour faire disparaître la tumeur. Quelquefois cependant l'inflammation persiste , et l'on est obligé de la combattre par les anliplilogisliques. C'est pour cela que M. Dupuytren pense qu'en général , tant que la maladie est récente et non encore indurée, il vaut mieux s'abstenir de la cautérisation. Ce praticien remplit le même objet en faisant coucher ses malades à la renverse , et en établissant sur l œil une légère compression. •
2°. De La hernie de l'œil nu exophlhnbnie. Cette maladie peut dépendre de causes fort différentes. Quelquefois , c'est une accumulation de liquide dans l'intérieur de l'œil , ou une augmentation générale du volume du globe oculaire dépendante d'une autre cause, qui rend cet organe trop gros pour être contenu dans l'orbite, et qui le force à se porter au dehors vers l'ouverture des paupières ; d'autres f jis , c'est un kyste , une tumeur squirrheuse , fibreuse, éreclile , graisseuse, osseuse, ou de toute autre iialurc , développée dans le sommet de l'orbite, qui le chasse peu à peu de la cavité destinée à le loger : dans quelques circonstances, c'est un polype du sinus maxillaire , des fosses nasales , ou une tumeur de la dure-mère , qui dépriment l'orbite ou pénètrent dans sa cavité , et qui produisent le même ellet , etc.
Dans tous ces cas, la maladie est symptomatique , mais, quelquefois aussi, elle est accidentelle. Covillard, Lamswcerde , Spigel , en ont rapporté des exemples qui ont paru si exagérés h Louis qu'il s'est efforcé de les expliquer par le peu de longueur de la paroi externe de l'orbite , qui fait que la moindre saillie anormale du globe oculaire, vue de ce côté . parait considérable. J'en ai vu moi-même un exemple c[ui ne laisse aucun doute , sur une femme , qui , s'ctanl laissée tomber sur l'anneau de la clef d'une porte , arriva à l'Hôtel- Dieu , ayant le globe de l'œil tout-à-fait pendant sur la joue , et suspendu au nerf optique et aux muscles destinés à le mouvoir. On ne remarqua d'abord
aucune ruplure dans ces parties , et l'œil, privé de la faculté de voir, fut replacé dans l'orbite et contenu par un bandage approprié; mais malgré les secours les mieux administrés, la femme périt au bout de quelques jours , des suites He l'inflammation violente qui se propagea de l'orbite a l'intérieur du crâne. On trouva, à l'autopsie du cadavre , que le nerf optique avait été rompu.
Lorsque l'exophlhalmie est symptomatique, elle n'est pas si brusque ; la cause qui la détermine le plus rapidement est l'engorgement inflammatoire du tissu cellulaire du fond de l'orbite, et il faut toujours plusieurs jours pour qu'elle soit produite. Dans les autres cas , ce n'est souvent qu'après plusieurs mois de l'existence de la maladie principale que l'œil est chassé de sa cavité,, On le voit alors devenir peu à peu plus saillant , surtout lorsqu'on le regarde par le côté externe de l'orbite , et enfin distendre l'ouverture des paupières par lesquelles il ne peut plus être recouvert; c'est alors seulement que l'exophlhalmie commence véritablement. La distension qu'éprouve le nerf optique donne lieu à la cécité et à des douleurs vives et fré<|uenles , auxquelles se joignent celles d'une ophlhalmie violente, qui se développe aussitôt que le globe oculaire ne peut plus être recouvert par les paupières, et qui détermine l'ulcération et l'opacité de la cornée transparente et des dégénérescences diverses.
L'ophlhalmie symptomatique est toujours un phénomène grave; on a cependant vu, dans quelques cas où la cause de la maladie a pu être reconnue et détruite , l'œil reprendre peu à peu sa place et recouvrer la faculté de voir, Mais dans la plupart des cas , celte cause est au dessus des ressources de l'art ou impossible à reconnaître , et l'exophllialmie symptomatique est incurable. Quand l'exophlhalmie est accidentelle, on peut facilement la fairecesscr; mais il existe alors presque toujours des désordres si graves dans l'intérieur da l'orbite , qu'ils sont suivis d'une inflammation mortelle.
Le traitement de l'exophthalmie symptomatique consiste à en attaquer la cause. On a vu l'extraction de corps étrangers qui avaient pénétré dans l'or-r bile, l'ouverture et la rescision de kystes séreux développés dans le fond de' cette cavité, l'extirpation de polypes fibreux des fosses nasales ou du sinus ^ maxillaire , être suivies de la réduction de l'œil et du retour de la faculté Ai voir; mais ces cas sont rares , parce que presque toujours la maladie principakj est incurable : il faut alors se borner à combattre les accidens inflammaloiresa qui se développent dans l'œil déplacé. '
Quand l'exophlhalmie est accidentelle, il faut replacer Tœil et chercher ; provenir ou combattre , par le traitement aiitiphlogistique le plus énergique les acciilens inflammatoires violens qui ne peuvent manquer de se développer
ART. III. DES HERHIES QUI SE FORMENT A TRAVERS LES PAROIS DE LA POITRINE,
Hernie du poumon. Devant parler dans nn autre article de la sortie di poumon à travers une plaie récente, je ne traiterai ici que de la hernie di poumon il travers une solution de continuité des parois de la poitrine rempli, par une cicatrice.
Cette maladie est fort rare. Pour qu'elle se produise, il est nécessaire qui les parois de la poitrine aient éprouvé une perte de substance , une plaie asse étendue pour que la réunion n'ait pas pu s'opérer immédiatement dans tout l'épaisseur de ses bords ; dans ces cas , en effet , la cicatrice est large et mince et elle cède facilement .H l'effort du viscère.
La tumeur que forme la hernie du poumon est molle , circonscrite ; ell s'élève pendant les mouvemens d'in<.piration , et s'affaisse pendant l'expiration On la réduit facilement, et l'on sent à travers la cicatric'c le vide par leqiit l'organe franchit les limites de la cavité thoracique. Lorsqu'on appliqu l'oreille sur la tumeur pendant qu'elle se gonfle , on entend distinctement 1 bruit produit par l'arrivée de l'air dans les cellules pulmonaires ; quelquefoi même on perçoit à la main une sorte de crépitation.
La hernie du poumon est une maladie qui n'offre que peu de gravité , ma elle doit néanmoins être réduite et contenue, pour soulager les malades d'un sorte de gêne qu'ils éprouvent parfois dans la respiration, et pour soustrait la partie du poumon qui fait hernie aux injui-es extérieures qui pourraient développer des inflammations auxquelles l'intérieur de la poitrine ne tartlera pas à participer.
On la réduit en appliquant à plat la main sur elle , et on la conlient à l'aiil d'une compresse épaisse ou d'une pelote rembourrée, que l'on soutient paru bandage de corps ou par le moyen d'une ceinture élastique. !