‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 78 sur 311 · HOQUET · texte numérisé non relu

HOQUET

cas particulier ; de telle sorte que celte circonstance ne contribue pas peu entretenir l'incertitude dans lac^ueile nous sommes relativement à son siège, ses causes, à sa nature même et à sa valeur comme symptôme. C'est surtou vers la fin des gastro-entérites intenses , des fièvres de mauvais caractère , de péritonites , des phlegmasies du cerveau ou de ses membranes , dans les hernie étranglées , les lésions organiques des voies alimentaires , dans les plaies de Ij tête, de la poitrine ou du ventre, etc. , qu'on le voit survenir. Nous l'avort maintes fois observé dans la dernière période du choléra , et constamment fi nous a paru être d'un fâcheux augure. Fréd. HoITmann dit avoir vu le hoquet tantôt continu , tantôt intermittent , succéder aux fièvres intermittentes préci pitaminent supprimées ; d'autres médecins ont cité des exemples de conversion spontanées de fièvres intermittentes en hoquets, sous divers types. Nous l'avon vu terminer ou plutôt suivre des accès hystériques chez une jeune personn d'un tempérament lymphalico -nerveux ; chaque accès, précédé de sanglot penilant quelques minutes , durait un peu plus d'un quart d'heure , et cessait d lui même ou par l'usage d'une potion antispasmodique. Le mariage mit fin tou à la fois aux attaques d hystérie et au hoquet. Il y a plusieurs années , je fu appelé pour donner des soins à un homme de trente-huit à quarante ans , che lequel, à la suite d'tm empoisonnement par des champignons, il s'était mani feslé un hoquet tellement bruyant qu'il était facile de l'entendre en dehor même de rappartcraeiit. Ce hoquet , qui revenait par accès irréguliers , durai souvent plusieurs heures , quelquefois même il a duré plusieurs jours. Chaqu fois , le malade se trouvait fort soulagé par les potions antispasmodiques et le bains tièdes, qui jamais n'ont pu l'en délivrer complètement.

Il n'est personne qui ne connaisse l'histoire rapportée par Borrichius, et depuis, citée par tous les auteurs qui ont écrit sur le hoquet , de celte jeuni fille , chez laquelle un hoquet , revenant tous les ans , cédait chaque fois à uai abondante saignée.

Les auteurs , sous le nom de fièvres pernicieuses singultucuses , ont cité de: exemples de hoquets iiileraiiltens ou rémiltens , assez graves quelquefois pou: menacer l'existence des malades, et toujours excessivement fatigans par lei secousses réitérées et violentes qu'il imprime à tous les viscères. Pour nous, ci sont autant de névralgies des nerfs pneumo-gasiriques ou diaphragmatiques véritables fièvres locales dans les(|uelles on retrouve tous les caractères de fièvres iiiterniitlentes et qui exigent le même traitement.

Le hoquet idiopathique , ou plutôt le hoquet constituant à lui seul la maladii patente , a-t-il son siège dans les nerfs du diaphragme , de l'estomac ou dans 1< cerveau? L'une et l'autre circonstances sont possibles ; mais la distinction ser. toujours bien difficile à établir. M. Robe-Moreau a signalé un exemple de ho quel essentiel que compliquait une grande gêne de la déglutition et qui fini: assez promptemenl par occasionner la mort. Il fut impossible de trouver sur 1 cailavre aucune espèce de lésion, et comme les exemples de ce genre seroa j toujours fort rares, il est à craindre que jamais l'anatomie pathologique nti âi puisse nous éclairer sur ce sujet. ;

Une circonstance qui vient encore fortifier notre opinion sur le caractère h'^ plus ordinairement névralgique ou nerveux dti hoquet, c'est qu'au nombre deii <ï causes capables de le produire , nous retrouvons nombre de moyens que l'on a '>i également proposés comme propres à le combattre , et qui tous agissent évidem- îl ment en produisant une perturbation brusque et instantanée de l'innervatiou. t{ Telles sont la peur, la surprise , une vive impression morale, l'aspersion brus-j que avec de l'eau à la glace, elc. De toutes les causes du ho([uet, les plus ordinaires sont : l'action de manger trop précipitamment et sans boire, les excès de table, et la réplétion de l'estomac parles alimcns visqueux et indigestes, surtout par du pain encore chaud; mais le hoquet dti à ces causes ne mérite pas le nom de maladie, et dure au plus le temps de la disgestion stomacale, La pléthore , les évacuations excessives, la grossesse, la distension de l'abdomen par un corps étranger, sans doute en raison du trouble qu'elles apportent dans les fonctions du système nerveux ; la coitipression de l'œsophage et des organes voisins et surtout des nerfs ; la rétrocession d'une dartre , de la goulle ; la suppression spontanée ou provoquée d'une évacuation habituelle , d'un exanthème, d'un exutoire , etc. ; la présence de vers dans le canal intestinal ; la prédominance du système nerveux, l'impression brusque du froid, ont été signalées! comme autant de causes capables de provoquer le hoquet, qui , comme toutes les affections nerveuses, peut se continuer par le seul fait de l'habitude ; e' quoi qu'en aient dit certains auteurs, on ne le rencontre pas dans les inflammations de la portion diaphragmatiqiie de la plèvre ( Andral ) plus fréquemment ' que dans toute autre iiiflammatioii des viscères.

Considéré comme affection essentielle, le hoquet, dans le plus grand nombre des cas , n'est que passager et ne constitue pas réellement un état maladif j souvent même, quoique fort intense , il cède aisément aux antispasmodiques : c l'on conçoit cependant, que porté h un haut degré , il puisse devenir prompte-, ment très-grave. 11 est toujours fort douloureux, lorsqu'il survient dans le) cours d'une inflammation intense de quelqu'un des viscères ; et par cela seul ilj ' est toujours plus ou moins inquiétant. Presque constamment il est d'un mauvais 1 1 présage quand il se déclare dans la dernière période des maladies aiguës : sans importance dans un léger degré de gastricilé, il est du plus funeste augure quand il est joint à l'aphonie : quand, chez les enfans; il se trouve réuni aux convulsions ( ce qui , pour nous, n'eu est qu'une e,\.tension , un degré plus violent ) il est assez communément ravant-courciir de la mort.

Le hoquet léger cesse de lui-même; ou bien il sufiit , pour le dissiper , d'une surprise , d'un mouvement de frayeur , d'une douleur légère , ou de l'ingestioi) daus l'estomac d'un verre d'eau glacée, etc. Celui qui est dtj à une digestion | j

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