‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 8 sur 311 · ÉTHERS · texte numérisé non relu

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un remède merveilleux contre les spasmes, l'ivresse, rindigestion , etc. ; il semblait surtout (point capital pour ceux r(ui inventent un médicament, ou qui veulent le mettre en circulation) qu'il possédât fous les avantages que présentent tous les autres éthers , sans oflPrir aucun de leurs inconvéniens. Mais c'était surtout pour l'usage externe qu'il était i-ecommandé contre les douleurs nerveuses et rhumatismales 11 peut en effet avoir de bons résultats dans ces affections, mais il n'y est pas plus efficace que l'éther sulfurique , 1 ammoniaque liquide, et autres médicamens stimulans que Ion emploie dans les mêmes circonstances.

L'éther hjdrochlorique a été moins employé encore que le précédent, et les réflexions ci-dessus lui sont également applicables, il n'a en sa faveur aucune série d'expériences méthodiques; et, chose bien remarquable, il n'a presque point été préconisé.

Il n'en est pas de même de l'éther nitrique, ou plutôt de l'éther nitrique alcoholisé , formé de parties égales en poids d'alcohol et d'éllier nitrique. On a recours à ce mélange, qui marque 32© (Baume) , parce que l'éther nitrique pur est tellement volatil , qu'on ne pourrait pas l'administrer facilement. Quelques auteurs le considèrent comme diurétique, mais sans rapporter aucun fait positif à l'appui de cette opinion. C'est d'une manière plus vague encore que d'autres médecins l'ont conseillé comme utile dans les maladies du foie. On sait que l'acide nitrique a été également recommandé contre ces affections. Mais, par une légèreté à laquelle on aurait peine à croire, si les exemples n'en ct.iient trop nombreux , les observateurs sont si avares de détails , qu'il est fort difficile de reconnailre à quelle maladie ils ont eu affaire , et plus difficile encore d'apprécierla part que ce moyen thérapeutique a pu avoir dans les guérisons citées ; si tant est qu'on puisse réellement lui en attribuer quelqu'une. Il faudrait des volumes entiers pour examiner et réduire à leur juste valeur les assertions émises au hasard sur les propriétés des médicamens; et nous sommes forcés souvent de signaler Terreur, sans nous arrêter à la démontrer, surtout quand il ne s'agit pas de médicamens d'une haute importance, et d'un usage journalier.

Reste donc l'éther sulfurique, ou, pour parler plus exactement, l'éther liydralique, dans lequel les progrès de la chimie feront peut-être un jour rentrer les autres , auxquels cependant on prétend avoir reconnu des propriétés toutes différentes. C'est à lui que se l'apportent les propriétés indiquées dans le cours de cet article, et , par conséquent, c'est sur ses applications et son mode d'administration qu'il convient de s'étendre davantage.

Pour ce qui concerne l'usage externe , rien n'est plus simple : tantôt , en effet , il suffit d 'appliquer sur une partie quelconque des linges imbibés de ce liquide, et de les renouveler à mesure qu'ils se dessèchent. Ou peut même rendre la volatilisation plus active et le refroidissement plus prorapt , en imprimant à l'air ambiant un mouvement plus ou moins rapide. Tantôt on présente sous le nez des malades un flacon d'élher dont la vapeur va stimuler les voies aériennes; tantôt enfin on régularise et l'on prolonge celte imparfaite fumigation , en plaçant l'éther dans un appareil disposé pour que l'air inspiré traverse un volume plus ou moins considérable de ce liquide volatil, et en entraîne avec lui quelques portions. ( /^o/eî Fumigations. )

Quant à l'usage interne , la manière dont on y procède dans la pratique vulgaire est telle , que , dans la plupart des cas , l'action de l'éther peut être considérée comme à peu près nulle. En effet , il est presque toujours donné à trop faible dose : tantôt noyé dans quatre à cinq onces de véhicule aqueux, renfermé dans une fiole mal bouchée, d'où il s'échappe en grande partie, parce qu'étant plus léger que l'eau , il se rassemble à sa surface ; tantôt on se borne à verser quelques gouttes d'élher sur un morceru de sucre que l'on fait prendre exlemporanément au malade. Il est évi<lent que, dans ce dernier cas, pendant le temps nécessaire pour triturer le sucre et l'avaler, la température de la cavité buccale a tout le loisii- de vaporiser le médicament. Ainsi donc , dans une foule de ces circonstances où l'on a cru administrer l'éther , il n'en a peut-être pas été réellement introduit dans l'économie la dixième partie d'une dose déjà trop faible, quand même elle aurait été administrée entière. Nous ne parlerons point des cas où l'élher est administré concurrement avec d'autres médicamens plus ou moins actifs ; les faits de ce genre sont peu propres à éclaii er sur le mode d'action de cette substance. D'ailleurs il est facile de voir que les élémens de ces composés agissent chacun à son tour , suivant la facilité plus ou moins grande avec laquelle ils sont absorbés, et qu'il s'opère alors des médications successives, et non pas , comme le croient les auteurs de ces mélanges, des médications mixtes et modifiées. D'après ce qui vient d'être dit, il est facile d'estimer ce que valent ces innombrables potions calmantes , antispasmodiques, anti-hystériques , nervines, etc.

Non contens d'employer l'éther d'une manière aussi équivoque, les médecins ont voulu encore Vmloucir, mais sans ïatténuer , et le résultat de cette conception a été le sirop d'élher ; prépai ation devenue fort à la nio{le , et que les femmes vaporeuses préconisent à l'envi. Mais pour ceux qui ne se paient pas de mots, le sirop d'élher est une préparation qui n'adoucit ce médicament qu'en Yatlénuant. 11 est évident qu'en débouchant fréquemment le vase qui le contient, et à plus forte raison , en délayant le sirop dans le véhicule , car rarement on l'administre pur , on fait évaporer une portion plus on moins considérable du liquide vulalil.

La liqueur minérale anodine d'Hoffmann qui. grâce au nom de son auteur, a joui d'une grande réputation, et conserve aujourd'hui même encore une certaine vogue, est une préparalio;. qui semble née du be,oiu d'attacher sou nom à quelques remèdes , au moyen d'une modification insignifiante. C'est tout simplement l'éther aflaibli par l'addition d'une quantité égale d'alcohol. Aussi les

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médecins un tant soit peu versés dans la connaissance des médicamens ont-ils i ] mis de côté celui-ci, qui n'est véritablement d'aucune utilité.

Les doses auxquelles on peut administrer l'éther n'ont rien de bien déterminé. Pour l'usage externe, on peut eu employer autant qu'on veut, sans avoir àl craindre d'accidens , attendu qu'il est fort peu absorbé. A l'intérieur, ou en donne ordinairement depuis cinq jusqu'à trente gouttes , dans une potion «t;?- ( propriée, suivant l'expression reçue, et que l'on donne par cuillerées , à des intervalles plus ou moins rapprochés, suivant les circonstances. Pour en obtenir i des résultats plus certains, il conviendrait de l'employer à des doses plus considérables, et l'on pourrait aller sans inconvénient, les voies digestives étant [ saines, jusqu'à trois ou quatre gros , proportion à laquelle on arrive par degrés, j Dans quelques cas particuliers , on l'a fait prendre en lavemens; mais ce mode d'administration ne change rien aux effets qu'on peut en attendre, ni aux précautions qu'exige son emploi. (F. Ratier. )

ETIOLOGIE; de «ntu, cause, et Icyci, discours. — On appelle ainsi la partie de la pathologie qui a pour objet la connaissance des causes des maladies.

Comme le rapport des causes et des effets pathologiques est, dans la plupart i des cas , purement relatif aux dispositions actuelles de l'organisme , qui peuvent varier à l'infini, même dans l'état de sanlé parlaite, l'étiologie doit nécessairement embrasser : I" l'étude de I homme dans ses diverses conditions anatoraiques, physiologiques et pathologiques ; 2° celle de tous les corps de la nature qui exercent sur lui quelque influence En d'autres termes , l'étiologie se pro- ^ pose deux objets distincts qui ont besoin de se prêter un mutuel appui et de j s'éclairer réciproquement : l'un est relatif à I homme sain et malade , et con- ( stitue la transition de l'anatomie physiologique à la pathologie ; l'autre a rap- ] port à tous les agens extérieurs, et établit une liaison intime entre 1 hygiène et ■la pathologie. '

Considérée d'une manière générale , l'étiologie représente deux ordres de : i phénomènes relatifs , se succédant d'une manière nécessaire et dans un rapport '• i constant d'antériorité et de postériorité ; mais il n'en est pas de la pathogénie comme de l'astronomie , de la physique et de la mécanique , où tout s'explique d'après des lois connues ; tandis que l'ordre de succession et de liaison qu'af- i fectent l'im à l'égard de l'autre la cause morbifique et l'état pathologique, échappe le plus souvent à notre investigation ou trompe les calculs de notre raison et de notre jugement. Ain.si, tantôt la plus faible cause, telle qu'un principe virulent ou vénéneux, peut donner lieu à des phénomènes morbides de la plus effrayante intensité ; tantôt, au contraire, une cause fort grave en appa- ' rence, une solution de continuité, par exemple , peut n'être suivie que d'effets à peine sensibles. Tout dépend donc du mode d'organisation , du degré de ' vitalité , de l'importance des fonctions de l'organe qui reçoit l'influence donnée, ! et des relations , d ailleurs inconnues , qui existent entre la cause qui agit et le il tissu ou l'organe qui reçoit son action. Il peut même se manifester des effets pathologiques sans cause sensible et appréciable, comme on le voit dans la ! plupart des épidémies. Bien plus, il peut exister des actes morbides sans cause | i réelle ; c'est-à-dire des effets qui persistent ou se reproduisent après la cessation des causes qui y ont donné lieu , et qui semblent se survivre à elles-mêmes , par le seul fait de l'aptitude de l'organisme à reproduire les mêmes actes à certaines i époques , comme les fièvres intermittentes , les névralgies, l'épilepsie , etc.

D'après cela , comment ne pas s'étonner de la légèreté avec laquelle des pra- j ticiens , sans hésitation ni examen , assignent à telle maladie , telle cause qui se ! présente! On recherche les influences qui peuvent entourer le malade dans les | localités , les habitudes , le genre de vie, etc.; et la circonstance qui s'offre la i première à l'esprit du médecin, ou que le malade accuse , est celle que l'on j adopte comme la véritable cause, comme celle d'après laquelle on établit le I mécanisme de la maladie, sa gravité , et celle sur laquelle on fixe les bases du , traitement. Mais, dans cette exploration, on oublie souvent que la plupart des ; causes des maladies sont inhérentes à l'organisation ou liées à l'exercice actuel ] des fonctions , et que le plus grand nombre des maladies sont bien plus fré- j quemment le résultat nécessaire du développement spontané ou physiologique 1 des actes organiques que l'effet dii ect des impressions du dehors. Trop souvent, I engagé dans cotte étiologie trompeuse et étroite, le médecin croit être à la j poursuite de l'ennemi qu'il veut combattre ; mais, trop souvent aussi , le ma- i iade succombe aux attaques de la médecine plutôt qu'à celles de la maladie. |

Il existe , sans doute , un grand nombre de matériaux relatifs à l'étiologie ; et I cela se conçoit sans peine, puisque les faits qui la constituent se retrouvent j dans l'étude de l'organisation, dans le.« lois de la vie et dans la matière de j l'hygiène; mais il est pourtant vrai de dire que cette partie intéressante de la j pathologie semble avoir été négligée jusqu'à ce jour plus qu'aucune autre , soit à cause de l'immensité de son objet , soit a cause des nombreuses difficultés d'en | coordonner les fails et d'en régulariser les détails. Aussi la science possède une foule de traités des signes et symptômes , mais elle attend encore un traité des I causes des maladies. i

Les causes des maladies ont été divisées à l'infini. Mais la plupart des classi- i fications admises jusqu'à ce jour sont purement artificielles ou arbitraires, et ! s'éloignent toutes, plus ou moins, de l'esprit philosophique qui doit être le principal guide dans l'étude des sciences naturelles. Ainsi , ou les a surtout I distinguées en prédisposantes et occasionelles , en éloignées et prochaines , en matérielles et formelles , en positives et négatives , en siiflisanles et insuffisantes. ' en continentes et non continentes , eu slliéniipies et asthéniques , en irritantes et débilitantes , en internes et externes , etc. Or, toutes ces divisions , imaginées par une vaine scolastiqu'e , par des théories surannées ou mensongères , doivent ;

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être entièrement abandonnées, ou du moins se fondre dans une classification plus large, plus rationelle, plus méthodique.

Sans doute, la meilleure manière de les distribuer devrait être basée sur leur mode d'action; mais il est évident qu'une pareille tâche deviendrait impossible dans l'état actuel de la science. La seule qu'il soit permis d'adopter aujourd'hui, et que nous croyons d'ailleurs la plus capable de satisfaire l'esprit et d'éclairer le praticien au lit du malade , nous semble devoir être fondée sur les lois connues de l'organisation , sur les conditions relatives qui existent entre les organes ou instrumens de la vie et les agens extérieurs qui influencent ou modifient leur exercice; en adoptant cette marche, il est impossible , comme on le voit, de séparer les causes des maladies de l'action des organes, les effets morbides des actes physiologiques. Par conséquent, il devient nécessaire d'établir autant d'ordres de causes de maladies qu'il y a d'appareils organiques ou d'ordres de fonctions dans l'économie ; et de faire autant d'espèces de modificateurs organiques qu'il existe d'élémens nécessaires à l'accomplisseraenl de telle fonction. Cette manière d'envisager les causes des maladies a d'ailleurs l'avantane de considérer les faits étiologiques comme des actes complexes, de les grouper autour des différens appareils d'organes, d'après leur analogie de propriétés , sans rien préjuger toutefois sur leur mode d'action ; en sorte que , tout en ouvrant la carrière à de nouvelles recherches, elle laisse à l'investigation et à l'expérience leurs droits de pénétrer dans les secrets de la pathogénie.

Pour étudier ainsi les causes des maladies dans les conditions de l'organisme, dans les élémens de la vitalité et dans l'action réciproque des modificateurs hygiéniques et des instrumens organiques des divers ordres de fonctions , nous avons également à parcourir la double série des solides et des fluides comme jouissant, les uns et les autres, de propriétés physiologiques spéciales, et comme pouvant subir des modifications morbides, relatives à la diversité des modificateurs auxquels ils peuvent être soumis.

§ I''"'. — ■ Causes qui agissent sur les solides.

Comme les causes qui agissent sur les solides sont tout à la fois plus simples , plus fréquentes, plus locales et plus appréciables, et qu'il convient en toutes choses de procéder dii simple au composé , du connu à l'inconnu ; c'est par elles que nous commencerons, en suivant d'ailleurs l'ordre physiologique le plus généralement adopté , de manière à parcourir successivement les divers ordres d'appareils de fonctions. Eemarquous d'abord que l'on retrouve dans chaque appareil organique deux objets distincts à considérer , savoir : 1° ces mêmes conditions d'organisation et de vitalité dont nous avons parlé comme pouvan,t fournir une première classe de causes que nous nommons organiques , parce qu'elles dérivent de circonstances ou causes anatomic/ues , physiologiques ou pathologiques ; 2° les modifications exercées sur nos organes par dCs causes ou agens EXTÉRIEURS dont l'action est plus ou moins directe, plus ou moins nécessaire, tantôt générale ou commune, tantôt spéciale ou particulière à certains individus ou même à certains organes : telles sont les causes appelées jiour cela physiques , mécaniques , chimiques, spécijiques , etc.

Les premières , les plus importantes , les plus nombreuses sont aussi les plus difficiles à saisir , en ce qu'elles se cachent, pour ainsi dire, dans les mystère^; de l'organisation , dans les secrets les plus intimes de la vie. Ce sont elles qui président en quelque sorte à l'état morbide ou au mécanisme de la maladie- Elles appartiennent à l'âge, au sexe, aux tempéramens , aux habitudes des individus ou des organes, à l'hérédité, etc. ; en un mot, à toutes les circon stances naturelles ou accidentelles d'organisation; elles agissent lentement, d'une manière plus ou moins obscure et insensible , jusqu'à ce que les actes dont elles dépendent se manifestent avec plus ou moins d'éclat. Elle consistent aussi en ce que les pathologistes ont appelé causes prochaines, causes matérielles et formelles des maladies.

Les causes extérieures, agissant sur l'organisme en vertu de propriétés physiques, sont plus faciles à apprécier dans leurs effets; toutefois elles diflTèrent également entre elles sous le rapport de leur intensité et de leur mode d'action , suivant leurs proprie'tés absolues ou relatives , positives ou négatives , et d'après leurs qualités générales ou spéciales ; leur nombre est d'ailleurs incalculable. Tout ce qui, dans la nature, est capable de modifier l'organisation d'une manière directe ou indirecte, rentre dans cette classe de causes. L'air que nous respirons , les alimeus dont nous nous nourrissons , toutes les causes de santé et de vie peuvent devenir des causes de maladie et de mort lorsqu'elles cessent d'être dans des conditions voulues pour l'intégrité des organes ou pour l'exer-icice des fonctions.

Art. 1. Causes qui agissent sur l'appareil digestif. — 1° Causes organiques- —L'appareil digestif se compose d'élémens anatomiques si nombreux, ses actes physiologiques sont si complexes que l'on conçoit sans peine la multiplicité et la diversité de causes qui peuvent , dans une foule de cas , en modifier l'exercice. Le praticien ne peut donc assez se pénétrer de l'importance de rechercher les causes organiques des maladies de l'appareil digestif dans l'analyse de ces mêmes élémens , dans la décomposition de ses tissus primitifs et dans les modifications aussi nombreuses que variées dont ils sont susceptibles , chez les divers individus ainsi que dans les diverses circonstances de la vie.

On sait, par exemple, que les fonctions assimilatrices sont plus actives dans l'enfance, conservent un certain degré d'énergie dans la jeunesse et 1 âge adulte, pour diminuer sensiblement dans le cours de la vieillesse et de la décrépitude , obéissant ainsi aux lois de développement et de décroissement de l'organisme. On sait aussi qu'il est des individus qui, par tempérament, sont doués d'une telle suracUvité digestive qu'ils éprouvent sans cesse le besoin d'alimentation ;

DiCT. DE MÉDECINE ET DE ClIlRURCIE PRATIQUES.

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il est donc des circonstances où les organes digestifs, en raison de leur excès d'action, sont, pour ainsi dire , physiologiquement disposés à l'état inflammatoire, en sorte que la plus légère cause suffit pour faire éclater des gastro-entérites plus ou moins graves. C'est ainsi que l'expérience ne justifie que trop cette induction en nous montrant les enfans et les individus voraces particulièrement exposés aux aff'ections de l'appareil digestif.

Indépendamment des nuances de vitalité et des degrés d'énergie qui peuvent rendre compte d'un grand nombre de maladies de l appareil digestif, des causes physiologiques indirectes peuvent aussi donner lieu aux mêmes désordres; tels sont, principalement, un exercice musculaire forcé, des excès dans l'acte génital, un travail intellectuel trop prolongé, etc.

De même, l'appareil digestif peut être le siège de phénomènes morbides dus à des causes pathologiques , soit directes , soit sympathiques ; et cette différence d'éliologie organique qu'il est surtout utile d'apprécier , qu'il serait même dan- I gereux de méconnaître dans la pratique , correspond à deux ordres de lésions : les unes qui intéressent immédiatement les organes digestifs, telles que les lésions de l'estomac , du duodénum , du foie , du pancréas ; et les autres qui dérivent d'affections d'organes plus ou moins éloignés , lesquelles retentissent le plus ordinairement sur les instrumens de la digestion.

Le système nerveux , en particulier , exerce une telle influence sur les fonctions digestives que le moindre trouble de l'innervation devient une cause nécessaire de désordre dans leur exercice. C'est ainsi qu'une phlegmasie cérébrale, l'ivresse, le narcotisme , la présence d'un liquide épanché, d'un tubercule , d'une production organique quelconque dans la substance du cerveau , donnent lieu à des nausées, à des vomissemens et autres troubles de la digestion.

Toutes les maladies aiguës ou chroniques, afltectant des organes autres que ceux de la digestion , peuvent également se transmettre par voie de sympathie à l'appareil digestif; car telle est la liaison ou solidarité qui existe entre tous les organes ou tissus analogues , que l'affection de l'un d'eux entraîne presque nécessairement celle des autres. Mais en consacrant ce fait comme une preuve des rapports sympathiques qui rendent l'appareil digestif tributaire de l'économie tout entière, nous sommes loin d'en faire une loi exclusive, et de nier qu'aucun autre organe ne puisse souffrir sans la participation de l'estomac, et qu'il lie puisse exister d'autres maladies que des gastrites ou des gastroentérites.

2°. Causes extérieures, — De toutes les influences extérieures capables d'agir sur l'appareil digestif, i! n'en est pas de plus fréquentes , de plus puissantes et de plus dignes de fixer l'attention du médecin que celle des alimens et des boissons. Rien de plus variable que la qualité et la quantité des alimens que l'homme emploie à sa réparation. Les uns, par exemple, ne contiennent , sous un volume donné , qu'une très-faible quantité de principes assimilables , tels que les végétaux en général , et particulièrement les légumes herbacés : d'autres , au contraire , sont plus riches en matériaux nutritifs ; telles sont toutes les substances animales et surtout le chair musculaire des vieux animaux. On conçoit que cette différence dans la qualité nutritive des alimens, puisse modifier l'organisme de telle manière qu'elle prédispose dans un cas aux phlegmasies, aux congestions, et dans l'autre à tous les effets d'une alimentation insuffisante , c'est-à-dire à la faiblesse , au dépérissement. Entre ces deux influences contraires , dont les effets sont d'autant plus sensibles que la transition de l'une à l'autre s'opère plus brusquement , se placent toutes les habitudes individuelles, toutes les variétés d'alimentation relatives à l'âge , au sexe, au tempérament , aux dépenses du corps , à l'exercice , aux climats , saisons , températures , etc. , et d'où dépendent en partie les dispositions habituelles de santé et de maladie de chaque individu.

Tous les alimens n'ont pas d'ailleurs le même degré de digestibilité. Les uns sont en quelque sorte réfractaires à l'action de l'appareil digestif, et ce sont, en général, les moins assimilables à l'organisme ; d'autres, au contraire, cèdent facilement à l'action de l'estomac , et peuvent par cela même porter dans l'organisme , avec les matériaux de nutrition , des causes d'excitation plus ou moins vives. Ces causes acquièrent nécessairement une nouvelle énergie si elles sont jointes à l'abus des condimens acides , salés , épicés , ou à d'autres préparations capables de tourmenter l'appareil digestif , et d'y entretenir un foyer d'irritation et d'inflammation. ( f^oj^. Alimens. )

Sous ce rapport , les boissons alcoholiques méritent la même attention de la part du médecin , en ce qu elles peuvent devenir des agens habituels ou passagers d'excitation gastro-intestinale , qui peut elle-même amener des inflammations et des dégénérations organiques plus ou moins funestes. ( P"oj-. Boissons. ) Enfin, les alimens et les boissons peuvent avoir subi une foule d'altérations et de falsifications qui leur donnent des qualités insalubres , malfaisantes ou même vénéneuses. ( f^oy. Poisons. )

Le contact des substances irritantes, des corps étrangers, la présence des vers , la pression extérieure , des contusions , etc. , sont encore des causes fréquentes de maladies des organes digestifs.

Comme appareil d'absorption, le canal digestif peut donner accès à une foule de maladies plus ou moins graves, dépendant de la mauvaise qualité des Alimens et des Boissons, ainsi que de la viciation de I'Air dont ils s'imprègnent. L'histoire des épidémies prouve que telle est la source la plus fréquente des maladies populaires, des épidémies qui ont moisonné des populations entières soumises à leur influence. ( Foyez Épidémies.)

Art. 2. Causes qui agissent sur l'appai eil respiratoire. — 1° Causes organiques. — Une organisation des plus complexes, et par conséquent une combinaison d'actions variées , sans laquelle laTespiration souffre des altérations plus

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ou moins graves , tel est le premier objet qui doit frapper raltention du praticien dans l'appréciation des causes des maladies de l'appareil respiratoire. Ainsi, des conduits membraneux chargés de recevoir et de changer l'air que nous respirons, un appareil musculaire destiné à entretenir leur exercice, des nerfs de différens ordres pour présider à leur action , des organes spéciaux trèscompliqués dans leur structure intime . et chargés de l'élaboration et de la revivilication du fluide sanguin, etc. , etc. , sont autant de circonstances auxquelles il aura besoin de s'arrêter pour arriver à la détermination de la cause organique de tel désordre de la respiration. Il se rappellera aussi que toutes les dispositions organiques de l'appareil respiratoire , subissent avec l'âge et en raison du sexe, du tempérament, etc. , des modifications plus ou moins favorables à certains états morbides; ainsi, l'appareil respiratoire acquiert , dans la jeunesse, un développement , une prépondérance remarquable et utie force d'action , d'où dépendent si souvent les phlegmasies aiguës du poumon, de la plèvre, etc. C'est encore à cette époque de la vie que la puissance de l'hérédité morbide s'exerce dans la production des tubercules pulmonaires et de la phthisie qui en est le résultat; plus tard, les follicules muqueux qui tapissent l'appareil bronchique affectent un développement qui les rend plus aptes à contracter l'état inflammatoire et à donner lieu à ces bronchites aiguës , à ces catarrhes interminables , à ces dyspnées , qui sont si fréquentes chez les vieillards.

Tous les actes qui concourent h l'accomplissement de la respiration peuvent également souffrir diverses altérations par suite de lésions organiques directes ou indirectes. Et d'abord , il est évident que toutes les maladies du poumon , de la plèvre, etc. , ont pour conséquence nécessaire un trouble quelconque dans l'accomplissement de la respiration. De plus , l'appareil pulmonaire est si intimement lié d'action avec l'organe central de la circulation que celui-ci ne peut souffrir de dérangemens sensibles sans entraîner quelque désordre de la respiration. On sait, enfin, que toute lésion du cœur affectant plus spécialement les cavités droites de cet organe , influe plus directement aussi sur la respiration.

Mais ce n'est pas tout : il existe , indépendamment de cette première série , des causes pathologiques qu'il faudrait presque nommer nécessaires , tant leur action est prochaine et immédiate, un autre ordre de causes plus ou moins éloignées , se dérobant plus ou moins à l'investigation des sens , et dont l'action n'est ni moins réelle ni moins digne de l'attention du praticien. Un individu offre une telle difficulté de respirer qu'il est à chaque instant menacé de suffocation ; cependant l'examen le plus rigoureux du thorax , aidé de tous les moyens que l'art peut offrir au diagnostic , n'y découvre aucune lésion physique, aucune cause organique qui puisse expliquer les troubles de la respiration. Dans ce cas , le médecin se contenlera-t-il de ce résultat négatif? et, au lieu de chercher ailleurs le principe delà dyspnée, croira-t-ill'avoir suffisamment déterminé , en di.'-ant qu'il y a affection nerveuse ou lésion purement vitale des instrumens de la respiration? Une telle manière de procéder dans la recherche des causes organiques des maladies ne peut plus suffire à un praticien qui sait s'élever au dessus de la routine. Celui-ci , en effet, ne s'arrête pas seulement à l'exploration des instrumens immédiats de la respiration ; il sait, en outre, poursuivre jusque dans leur source la plus éloignée , analyser jusque dans leurs élémens les plus intimes, les causes organiques du désordre qu'il observe. Il n'oublie pas surtout qu'il est , dans l'accomplissement de la respiration, comme dans l'exercice de la plupart des autres fonctions , une influence plus puissante , qui part du centre même de la sensibilité , et à laquelle il est souvent permis de rapporter tous les troubles de la respiration. C'est encore en cherchant dans les liens sympiithiqaes qui unissent les organes de l'abdomen et du bassin à l'appareil respiratoire , qu'il trouvera quelquefois la cause des anomalies de la respiration, dans des maladies des organes génitaux ou urinaires.

2°. Causes extérieures. — Ces causes résident principalement dans l'air que nous respirons, lequel peut subir une foule d'altérations accidentelles , physisiques ou chimiques , et devenir le véhicule de corpuscules étrangers ou d'émanations plus ou moins délétères.

Comme agent essentiel de la respiration, l'air, qui est composé d'oxigène et d'azole dans des proportions déterminées , peut , indépendamment de ses variations barométriques, thermométriques , etc. , éprouver dans sa composition des changemens capables de porter un trouble direct sur l'appareil pulmonaire. Tel est surtout l'effet de la fermentation et de la combustion (acide carbonique, hydrog'ene carboné, oxide de carbone) , des exhalaisons des fosses d'aisances ( hydrosulfale d'ammoniaque, hydrogène sulfuré , ammoniaque , etc. : vojez Asphyxie), des eaux stagnantes , marécageuses , putrides (acide carbonique , hydrogène sulfuré, azoté : vojez Endémies , Épidémies) ; des émanations des individus vivans , sains ou malades, encombrés dans les camps , les prisons, les hôpitaux , etc. ( vojez Miasmes ); tel est encore l'effet des poussières que respirent avec l'air lés meuniers, les boulangers, les droguistes, les pileurs , les charbonniers, les plâtriers , les carriers , les meuliers , les rémouleurs , les cardeurs de coton et de laine , etc. (voyez Émanations') ; tel est , enfin , le résultat trop fréquent de l'exploitation de certaines matières métalliques , de sels de cuivre , d'arsenic ou de matières végétales, également vénéneuses et capables de donner htu 'a tous les accidens de I'Empoisonnement ( voyez ce mot).

Art. 3. Causes qui agissent sur l'a/jparcil circulatoire. — lo Causes organiques. — Ici encore, même concours d'élémens anatomiques et d actes physiologiques dans l'accomplissement de la circulation; par conséquent aussi, même diversité de causes organiques dans la détermination des maladies qui peuvent affecter les instrumens de celle fonction. Les unes sont relatives aux propriétés anatomiques et physiologiques du cœur , d'autres appartiennent à celles des vaisseaux qui en partent ou qui y aboutissent.

Bien que protégé par des parois solides et élastiques qui le mettent à l'abri des chocs extérieurs et de blessures directes , le cœur est soumis à une foule de causes qui peuvent atteindre sa texture organique aussi bien que sa vitalité. Ses parois , en raison de la propriété ëminemment irritable, contractile et dilatable de leur tissu , peuvent éprouver tous les effets de l'action surexcitante ou mécanique du sang, de l'exagération de leurs mouvemens , c'est-à-dire s'enflammer, se distendre, se rompre, etc. Lié d'action et de rapports sympathiques avec toutes les parties du corps et subordonné à tous les actes moraux qui s'opèrent en nous, le cœur est pour ainsi dire le ressort nécessaire , le point principal vers lequel retentissent tous les actes physiques et intellectuels de l'organisme; aussi tous les mouvemens musculaires, toutes les impressions sensitives et affectives , ont pour effet constant et nécessaire de précipiter ses contractions , ou d'altérer lu régularité de ses mouvemens. C'est ainsi que les ris , les pleurs, la danse, la course, toutes les passions, presque tous les actes physiologiques modilîent l'action du cœur et de l'appareil circulatoire. La position vicieuse qu'exigent certaines professions , l'étroitesse congéniale de l'aorte, des orifices cardiaques ; tout ce qui trouble la respiration , par conséquent toutes les maladies du poumon , de la plèvre , etc. , ont le même résultat. Il suit de là que la répétition plus ou moins fréquente ou la continuité de tels actes peut donner lieu à de nombreuses altérations de la substance du cœur et à toutes les conséquences pathologiques qu elles peuvent avoir sur l'appareil circulatoire.

De tels effets sont d'ailleurs subordonnés aux circonstances d'âge , de sexe, de tempérament, d'héridilé , etc. Ainsi l'appareil circulatoire présente dans l'adolescence et la jeunesse une énergie remarquable , qui l'expose aux diverses lésions qui lui sont propres. Il n'est personne qui n'ait fait la remarque que les enfans de dix à douze ans sont plus particulièrement sujets aux palpitations ; mais il est d'observation qu'à cet âge le cœur semble offrir une prédominance d'action et de développement sur le reste de l'organisme , de telle sorte que lei médecin qui ne serait pas prévenu de celte circonstance pourrait attribuer à un état morbide ce qui n'est réellement qu'un effet normal. Toutefois , cette disposition physiologique n'en est pas moins une cause d'irritation et d'excès de nutrition qui peut devenir une source fréquente d'affections organiques du cœur C'est ainei qu'à cet âge se prèparenl si souvent les maladies du cœur et des gras vaisseaux, bien qu'elles n'éclatent souvent que dans un âge plus avancé, ainsi que l'avait très-bien remarqué Corvisart.

Les vaisseaux principaux participent nécessairement à cette sur-excitation du cœur, et peuvent sous les mêmes influences se dilater, se rompre , contractei l'état inflammatoire et subir toutes les altérations organiques qui en sont h suite. On sait aussi que, par suite des progrès de l'âge, les parois vasculaire; acquièrent une densité qui les rend plus friables, leur ôte la faculté de se prêter à l'effort impulsif du fluide sanguin , et les dispose ainsi à des ruptures d'oî dépend le grand nombre d'épauchemens apoplectiques que l'on observe che; les vieillards (voyez Apoplexie). Enfin l'expérience a prouvé que les excès di coït, la masturbation, le mouvement fébrile et les longues convalescence, peuvent être de puissantes causes de lésions organiques du cœur et des gro vaisseaux.

2°. Causes extérieures. — On connaît peu les causes ou influences extérieu res capables de modifier l'action du cœur ; mais cette étiologie est néanmoin, prouvée par l'effet de certains alimens , de certaines boissons , et surtout de cer tains médicamens. L'action du cœur est surtout augmentée par toutes les sub stances excitantes , les liqueurs alcoholiques , les stiumîans diffusibles , un bail chaud, etc. ; elle est, au contraire, diminuée par les émissions sanguines , l'abs tinence , par l'usage d'alimens peu substantiels, des boissons aqueuses, du sul fate de quinine, de la digitale, etc. On conçoit surtout l'action de toutes le causes vulnérantes, des violences extérieures, des chutes, des exercices forcé et autres circonstances capables d'agir sur la texture du cœur et des tunique artérielles ou veineuses , de même que celle des corsets , des ceintures , des jar relières , et autres obstacles à la circulation.

Quant aux vaisseaux lymphatiques , on ne connaît guères, indépendammen des dispositions innées de l'organisme , que l'habitation des lieux froids et hu mides , le défaut d'exercice, les privations , les hémorrhagies , certains médica mens, tels que les préparations mercurielles , etc., qui puissent modifier leui vitalité et leur imprimer un état morbide quelconque.

Art. 4. Causes qui agissent sur l'appareil sensitij" en général. — 1°. Cause organiques. — Le système nerveux est l'instrument nécessaire , etpourain; dire immédiat de la sensibilité ; mais l'exercice de cette faculté suppose entr les diverses parties qui composent l'appareil sensitif , un concours et une hai raonie d'actions sans lesquelles elle ne peut s'accoraj>lir. Elle a pour éle'mens n( cessaires : Iodes impressions physiologiques ou hygiéniques sur nos organes 2° la transmission de ces impressions au cerveau par les nerfs; S" leur perceptio parle cerveau. Chacun de ces trois élémeiis a lui-même ses conditions d'organ sation et de vitalité , que l'étiologie doit savoir apprécier dans les différens oi ganes de la sensibilité générale ou spéciale.

Toutes les parties vivantes qui contiennent des nerfs comme élément de Jet' texture et de leur vitalité , doivent mériter toute l'attention du praticien dans recherche des causes d'un grand nombre de maladies de l'appareil sensitif. Lei sensibilité est d'autant plus vive que les nerfs y sont plus multipliés , et que h extrémités nerveuses y sont plus immédiatement en rapport avec les agens q les excitent ; voilà pourquoi toutes les surfaces tégumentaires , les cinq sens, toutes les parties de l'organisme dans lesquelles les extrémités nerveuses s'ép nouissent, sous forme de houppes, sont douées d'une sensibilité plus exquise plus prononcée , par conséquent plus aptes à recevoir les impressions physiol

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giques et pathologiques. La peau surtout est l'organe principal sur lequel s'exercent la plupart des impressions extérieures; celui par conséquent qui peut être mis enjeu dans le plus grand nombre des cas. Il importe donc de déterminer les divers degrés d'aptitude qu'elle peut avoir à recevoir des impressions accidentelles. On sait que, chez les femmes et les enfans, elle est plus fine, plus souple, plus sensible, plus irritable, par conséquent plus apte à épiouver l'effet de la douleur et des irritations extérieures. Durant la première enfance surtout, les membranes Icgumenlaires sont douées d'une excessive impressionnabilité, et , par cela même , le système nerveux d'une extrême susceptibilité ; de là , pour les causes les plus légères des désordres de l'innervation, des convulsions , des cris de douleur qui sollicitent toute la prévoyance que peut inspirer la maternité. Plus tard , pendant le travail de la dentition , tous les centres nerveux acquièrent un surcroît d'excitabilité qui est encore le signal d'accidens nerveux plus ou moins graves ; mais à mesure que l'organisme se développe , prend de la consistance et de la maturité , la sensibilité générale s'émousse par Ja force de résistance des organes et par l'habitude des impressions exlernes. Seulement, chez la femme, la même susceptibilité semble rester le caractère dominant de son sexe , surtout pendant le cours de la vie reproductive. On connaît aussi l'extrême susceptibilité de certains sujets , chez qui le simple chatouillement peut donner lieu à des convulsions ; on sait d'ailleurs combien est variable cette susceptibilité en raison de l'influence des climats , des saisons , des habitudes , du genre de vie , etc. ; toutes circonstances qui peuvent encore modifier à l'infini la texture et la vitalité de la peau.

De même , la membrane muqueuse gastro-intestinale peut être le siège et le point de départ d'un grand nombre d'anomalies nerveuses par sa vive impressiunabilité , ainsi que par l'étroite sympathie qui lie entre eux les appareils nerveux abdominal et cérébro-spinal. Cette impressionabilité varie au>si suivant les diverses parties où elle s'exerce , selon l'excitant qui la détermine, les fonctions qui en sont le but; de là , les nuances et les anomalies des sentimens de la faim , de la soif , de la satiété , du besoin de la défécation , etc. , qui nous donnent l'explication d'un grand nombre de maladies nerveuses. On sait surtout avec quelle facilité toutes les causes d'irritation qui agissent sur l'appareil nerveux abdominal peuvent se propager et réagir sur le cerveau , y faire naiire des désordres plus ou moins graves des facultés seusitives ou locomotrices ; ainsi , la présence des vers sur quelque poinl du trajet de la muqueuse gastrointestinale , soit qu'ils y provoquent un simple effet de chatouillement , soit qu'ils y produisent une véritable irritation ; un calcul biliaire , des alimens réfractaires à l'action de l'estomac, etc. , sont autant de causes capables d'agir sur l'appareil cérébro-spinal et de faire naître des accidens plus ou moins graves.

2°. Causes extérieures. — Les variations barométriques et thermométriques de l'atmosphère, ainsi que toutes les combinaisons physiques et chimiques de l'air ; par conséquent les saisons , les climats , les vents et jusqu'aux influences sidérales , rentrent dans cette série de puissances étiologiques , comme pouvant modifier la sensibilité générale ou spéciale des surfaces tégumentaires , et par suite l'exercice des principales fonctions. Parmi les propriétés accidentelles de l'air, capables de modifier la sensibilité des surfaces tégumejitaires, il faut placer en première ligne sa pesanteur. On sait que, toutes les fois qu'elle diminue , soit par le fait de la raréfaction de l'air , soit par l'élévation des lieux , la sensibilité est plus vive , la vitalité plus active , la transpiration cutanée et pulmonaire plus sensible : le contraire a lieu quand elle diminue; il y a alors tout à la fois refoulement de la vitalité , concentration des principaux actes de la sensibilité.

La vitalité de la peau demeure également soumise aux qualités ihermométriques et hygrométriques de l'air; mais, en général, c'est moins la température considérée en elle-même que les brusques passages du chaud au froid, du froid au chaud , de la sécheresse à l'humidité , etc. , qui lui impriment les nuances de sensibilité et les modifications pathologiques dont elle est susceptible.

Les effets de la température, de la sécheresse et de l'humidité atmosphériques sont d'autant plus sensibles sur l'appareil tégumentaire , et par suite surtout l'organisme , que l'air éprouve, de la part des vents qui l'agitent, des différences de pression qui en font sentir davantage les qualités. Les vents d'ailleurs semblent exercer sur la sensibilité générale une action que i on ne peut rapporter à aucune de leurs qualités appréciables. Ainsi, beaucoup de personnes sont averties que le vent doit changer par certaines modifications qui s'opèrent dans leur manière de sentiret d'être aifeclés par lesexcitans extérieurs ; des animaux «e montrent ou restent cachés selon que le vent souffle du nord ou du midi.

Les climats modifient aussi la sensibilité et l'organisme tout entier, soit par la longue et habituelle influence qu'ils exercent sur l'homme, soit par l'effet passager et relatif qu'il peut recevoir des transmigrations. Dansle premier cas, les climats contribuent à déterminer le mode, le degré de la sensibilité, la forme du tempérament et de la constitution, le type de la santé et des maladies ; en un mot ils caractérisent l'homme physiologique et pathologique , l'homme moral et intellectuel. Dans le second cas , ils rompent, par le l'ait même des transitions, le rhythme actuel de l'organisme ; de là, toutes les causes qui appartiennent à l'AcCLIMATEMENT ( ttOJ CZ CC mOt ).

Considérés sous le rapport de l'ordre de succession , du nombre et de la durée des saisons , les climats représentent assez les degrés de température atmosphérique. Les saisons, qui sont des climats passagers, comme l'a si justement dit Hippocrate, semblent également imprimer à l'organisme une disposition spéciale, et le rendre plus apte à contracter certaines maladies, d'après les di-

) ÉTIOLOGIE.

verses conditions de l'atmosphère. Par conséquent, tout ce que nous avons dit de l'influence du froid et de la chaleur, de la sécheresse et de l'humidité , etc., devient applicable à l'influence des saisons sur la santé.

C'est surtout en donnant à l'air des qualités particulières que les dispositions variées de terrain peuvent modifier l'organisation de I homme , et l'entourer de causes nombreuses de maladies. Ainsi dans les pays élevés, l'air est nécessairement plus vif, plus agité , plus froid. Quand il est sur 1 horizon , le soleil y est plus ardent; mais pendant son absence , l'atmosphère est plus froide ; aussi les impressions qu'on y reçoi? tendent elles à resserrer, à fortifier les tissus, à dévolopper les organes , et, par cela même , à les exciter quelquefois d'une manière excessive ou morbide. Dans les lieux bas , au contraire, l'humidité se répand dans l'air, enveloppe toutes les habitations, et imprime aux habitans les stigmates de la langueur et du relâchement; c'est le siège le plus fréquent des endémies et des épidémies, parce que les couches d'air, ne se renouvelant qu'avec difficulté , recèlent, encaissent les émanations animales , végétales ou autres.

Toutes les fois que l'atmosphère est surchargée d'éieclricité , l'économie en éprouve également des phénomènes nerveux plus ou moins sensibles , suivant l'impressionnabilité des sujets , notamment du malaise , de l'accablement , de l assoupissement , de la céphalalgie, etc. On sait d'ailleurs que l'homme peut être foudroyé par une forte décharge électrique, et périr sur-le-champ.

Enfin il n'est pas douteux que les corps célestes n'exercent sur l'économie vivante une action indirecte, c'est-à-dire dépendante des modifications atmosphériques quicoïncidentavecle retoui des saisons, la différence des climats, les vicissitudes barométriques , etc. Mais exercent-ils , en outre, des effets directs, comme beaucoup d'auteurs l'ont soutenu? Bien que les lois connues de l'astronomie n'admettent aucun de ces derniers efl'ets , il serait toutefois peu philosophique de les nier d'une manière absolue, par cela seul qu'ils se refusent à toute explication. Si la lune a le pouvoir d'ébranler l'Occéan , pourquoi lui serait-il impossible d'exercer la moindre influence sur les (laides organiques et sur le système nerveux ? Pourquoi cette influence serait-elle tout-à-fait nulle sur les être humains , lorsqu'elle paraît si évidente sur la végétation et même sur beaucoup d'animaux, notamment sur les jeunes anguilles de Commachio ?

Akt. 5. Causes qui agissent sur les sens spéciaux. Doués d'une organisation plus ou moins complexe , dont tous les élémens ont une destination spéciale , placés de manière à recevoir le contact direct des excitans hygiéniques , les sens peuvent être intéressés dans leurs propriétés anatomiques et physiologiques par une foule de causes organiques ou extérieures. Tous ont cela de commun , qu'ils s'exercent en vertu de la sensibilité cérébrale , qu'ils nécessitent une double influence nerveuse : l'une de sensibitité spéciale, lautre de mouvemeus plus ou moins composés que nécessite chaque sensation, et qui parait résider dans le nerf de la cinquième paire. Mais chacun a cela de particulier qu'il offre une disposition anatomique déterminée, qu il a son excitant propre d'où dépend sa fonction spéciale. Pour se rendre compte des causes des maladies des sens , il est par conséquent indispensable de décomposer les élémens anatomiques et physiologiques de chaque sens , et d'api)récier l influence actuelle de l'excitant auquel son exercice est soumis.

A. Appareil visuel. — !<>. Causes organiques. — Plusieurs conditions sont nécessaires à la vision: Il faut 1» que toutes les parties de l'œil jouissent d'une diaphanéité convenable; 2° qu'elles aient un certain degré de réfringence; 3oque la rétine soit douée d'un certain degré de sensibilité ; 4oque le nerf obtique chargé de recueillir l'impression, et le cerveau, destiné à la percevoir, soient libres dans leur exercice. Par conséquent , toutes les circonstances organiques qui établissent des dérangemens dans une ou plusieurs de ces conditions , deviennent nécessairement des causes dirimantes de la vision ( F ojr. Amacrose, Diplopie J.

2°. Causes extérieures. — D'un autre côté , l'excitant naturel du sens de la vue, la lumière peut devenir une cause fréquente d'anomalies de la vision. Plus elle est vive et ardente , et plus elle exalte cette sensibilité , au point qu'elle peut par sa seule iufluence déterminer la privation de la vision. Ou a vu des individus être privés tout à coup de l'exercice de cette faculté , par un éclair, parla fixation d.u soleil à l'œil bu, etc. La cécité s'observe , dit-on, très-fréquemment dans les contrées ou la vue éprouve sans cesse le reflet des rayons solaires par le sable ou la neige. Les ouvriers qui, par leurs professions , reçoivent habituellement l'éclat d une vive lumière , tels que les forgerons, les verriers, etc., sont plus souvent atteints de goutte sereine. Les effets d'une vive lumière sur la sensibilité visuelle , sont d'ailleurs relatifs à l'état actuel de cette sensibilité. Ainsi les individus qui sont privés de la lumière depuis un certain temps , en ressentent d'autant plus facilement les effets. Tel est le cas des prisonniers détenus dans des cachots obscurs , qui peuvent à peine soutenir le moindre jour alors qu'ils sont rendus à la liberté. Quelques-uns ont perdu la vue en recouvrant cette liberté.

La lumière, en raison des variétés de couleurs qu'elle réfléchit , a une action plus ou moins vive sur la sensibilité visuelle ; le blanc, puis le rouge sont les couleurs qui fatiguent le plus la vue , et leurs effets sont d'autant plus sensibles qu'ils résultent de la transition subite du blanc au noir , du vert au rouge , etc. Nouvelle preuve que la sensibilité des organes est presque toujours relative ou subordonnée au degré d'excita tion que leur impriment les agens du dehors.

B. Appareil auditif. — 1». Causes organiques. — Nous ne connaissons pas parfaitement le rapport qui existe entre l'appareil auditif et le son , comme nous avons pu le déterminer par l'œil et la lumière. Nous ne pouvons pas non plus déterminer au juste les fonctions de chaque partie de l'oreille , comme on peut le faire pour l'œil ; il suit de là que les causes organiques des désordres de

ÉTIOLOGIE. (

l'audition demeiu-ent aussi plus obscures que celles de la vision. Ce que nous pouvons déduire des faits connus à cet égard , c'est la nécessité de la communication de l'oreille avec l'air extérieur; c'est que différentes parties de l'oreille puissent être mises en vibration ; et que la pulpe auditive , le nerf acoustique et le cerveau soient dans des conditions voulues d'organisation et de vitalité. Ainsi l'occlusion du conduit auditif par une disposition congéuiale, par l'amas du cérumen, par des corps étrangers; l'épaississement de la membrane du tympan, l'oblitération de la trompe d'Eustachi ; une lésion quelconque qui affecte ou l'organe d'impression, ou le nerf qui la transmet ou le cerveau qui la perçoit : telles sont les causes organiques qui peuvent expliquer un grand nombre d'anomalies de l'audition.

2o. Causes extérieures. — ' Le son, comme excitant de l'organe de l'ouïe, mérite aussi quelque attention ; il peut modifier l'action cérébrale , soit par son intensité , soit par sa nature , et opérer des effets pathologiques sur le centre sensitif et par suite sur l'économie tout entière. Il n'est personne qui n'ait éprouvé les effets d'une forte détonation, d'un bruit inattendu : ce sont, pour ainsi dire, ceux d'une comaiotion électrique, qui peut déterminer des œouvemens conyulsifs , la syncope et autres accideus nerveux ; des accoucheurs même ont pensé que la mort du foetus contenu dans le sein de la mère pouvait en être la suite. On sait, du reste , que les fortes détonations de la poudre font périr les poissons, que le bruit du canon peut rompre la membrane du tympan et donner lieu à une hémorrhagie du conduit auditif.

Un bruit plus ou moins intense et habituel qui frappe l'organe de l'ouïe , tel que celui du marteau , du tambour, peut à la longue émousser la sensibilité de cet organe an point de donner lieu à la surdité. Les effets du bruit varient d'ailleurs suivant la disposition physiologique ou la susceptibilité' des individus (voyez Agacement). L'état de souffrance rend plus ou moins sensibles certains organes qui sont alors plus spécialement affectés par le bruit. La douleur d'une plaie, d'une fracture, d'une inflammation, s'exaspère d'une manière remarquable par cette cause : et l'on en conçoit facilement la raison en se rappelant les effets de l'excitation du bruit sur le cerveau. Parcy raconte qu'au siège de Dantzick les blessés étaient obligés d'appliquer la main à l'endroit de leurs blessures pour en apaiser l'agitation , et calmer les élancemens qu'ils y ressentaient pendant les décharges de l'artillerie.

Le conduit auditif est soumis à une foule d'autres causes extérieures , notamment à l'action d'un courant d'air, d'un liquide irritant, d'un corps étranger ou même de pressions exercées sur les parties latérales de la tète.

C. Appareil olfactif. — l». Causes organiques . — Bien que l'appareil olfactif soit plus simple dans ses élémcns anatomiques et physiologiques, les conditions organiques de son exercice n'en sont pas moins dignes de toute l'attention du pathologiste; indépendamment de l'absence de Tépithélium sur la voûte des fosses nasales, et de l'épanouissement, en forme de houppes, du nerf olfactif, elles exigent tout à la fois l'intégrité de la membrane pituitaire, celle de la première et de la cinquième paire de nerfs , ainsi que de la portion du cerveau qui préside à la perception de l'impression olfactive ; toutes circonstances auxquelles peuvent correspondre autant de séries de causes organiques des maladies de l'appareil olfactif. Elles supposent d'ailleurs l'existence d'un fluide gazeux chargé de porter sur l'appareil qui le compose les principes de la sensation ou les odeurs.

2° Causes extérieures. — Les odeurs peuvent causer sur le système nerveux et sur l'économie tout entière des troubles plus ou moins graves, plus ou moins durables; ainsi il est des odeurs qui sont vireuses ou somnifères ; d'autres qui sont aromatiques ou excitantes.

Mais dans cette division des odeurs , fondée sur leur principale manière d'agir il existe encore une foule de nuances de phénomènes qui indiquent l'immense variété d'action qui appartient aux organes de la sensibilité , et qui sont encore tout aussi inexplicables que les lois de la vie. Ainsi , parmi les odeurs excitantes, il en est qui déterminent l'éternueraent , d'autres qui augmentent la sécrétion pituitaire; les unes qui excitent la gaîte, d'autres la colère; les unes la céphalalgie, d'autres l'oppression, etc. Le sens de l'olfaction exerce une influence sympathique trcs-remarquable sur les voies digestives ; on sait qu'une odeur putride soulève l'estomac et qu'une odeur suave excite l'appétit et favorise la digestion; enQn, on connaît les effets des odeurs sur la sensibilité génitale.

D. Causesqui agissent sur l'appareil de la gustation. — \° Causes organiques. — Toutes les anomalies de la faculté guslative peuvent être liées à la triple origine que nous avons signalée dans les sensations précédentes, c'est-à-dire, dépendre de modifications directes ou éloignées de l'appareil nerveux qui préside à cette faculté. On sait que les changcmens survenus dans la sécrétion de la bile, des mucosilés de la bouche, du pharynx, de l'estomac , etc. , suflisent, dans quelques cas, pour produire un dégoût que rien ne peut surmonter. Mais, d'autres fois, ce sont les nerfs conducteurs de l'impression ou le cerveau luimême qui ont subi des modifications vitales ou organiques, d'où dépendent les anomalies de la sensibilité gustative ; tel est le cas des filles chlorotiques , des femmes grosses, des aliénés qui se plaignent de .saveurs salée, acide, métallique ou autre ; tel est le cas aussi des personnes qui ont entièrement perdu le goût par suite d'une affection du cerveau.

2» Causes extérieures.— Tous les corps sapides ont le pouvoir de modifier, par leur contact, la sensibilité gustative, soit en l'exagérant , soit en laffaiblissant, soit en la pervertissant; sous ce rapport, l'art culinaire a surtout pour effet de varier à l infini les impressions dont est susceptible le sens du goût, d'en altérer la vitalité et de la rendre quelquefois nulle.

928) ETIOLOGIE. I

En terminant ce qui est relatif aux causes qui agissent sur l'appareil sensitif, 1 nous devons ajouter qu'elles peuvent , tout à la fois , étendre leurs effets sur les !i actes sensitifs, intellectuels et affectifs ; par conséquent nous regardons que les j passions et les affections de l'ame sont des effets nécessaires de sensibilité, et non des causes de maladie , comme on l'admet généralement.

Art. 6. Causes qui agissent sur l'appareil locomoteur. — lo Causes oi'ganiques. — Pour se faire une juste idée de l'étiologie des désordres de la locomotion, il faut encore se rappeler que la faculté motrice, comme la faculté sensitive, résulte nécessairement d'un concours d'élémens anatomiques et d'une harmonie d'actes organiques sans lesquels les iustrumens même les plus immédiats, du mouvement seraient absolument inertes, c'est-à-dire qu'il faut encore rechercher les causes des anomalies du mouvement : l» dans les organes mêmes où ces anomalies se manifestent ( muscles , os et accessoires ); 2° dans le centre nerveux qui régit ou coordonne les mouvemens (cerveau, moelle épinière); 3» dans le lien qui unit entre eux les extrémités du cercle locomoteur (nerfs).

Une des premières conditions de la locomotion consiste nécessairement dans l'intégrité physique ou anatomique de la fibre musculaire. Ainsi une forte compression , une phlegmasie, la section d'un muscle ou de son tendon entraînent inévitablement la difîiculté ou la perte du mouvement. On sait que la puissance musculaire peut être également affaiblie ou anéantie par le défaut de nutrition, l'atrophie d'un ou de plusieurs muscles d'une région du corps , qui peut même être ainsi frappée d'impuissance.

Les os exigent à fortiori , les mêmes conditions de nutrition, de solidité , de continuité, pour opérer leurs mouvemens. Par conséquent, l'enfance, la vieillesse, le ramollissement, la friabilité, etc., peuvent être des causes d'inertie ou de troubles musculaires. En cela les muscles et les os paraissent soumis à des lois communes de force ou de faiblesse, de langueur ou d'activité, etc. Toutes les fois que ces conditions manquent; que les os, par exemple , ont perdu ou n'ont point acquis la solidité voulue, ils se courbent, et donnent lieu à des déviations anormales. De même , l'inégale puissance des muscles chargés de concourir à leur action fait que les uns , étant plus forts ou plus exercés que leurs antagonistes, entraînent dans leurs mouvemens les os qu'ils dévient ou qu'ils incurvent.

Mais le mouvement ne suppose pas seulement l'intégrité physique des muscles et des os qui sont spécialement chargés de l'accomplir; il exige en outre l'intervention nerveuse , c'est-à-dire de la puissance coordonnatrice du mouvement , ou de la volonté , laquelle peut être altérée ou détruite par le fait d'une lésion de l'encéphale, et donner lieu tantôt à des convulsions, tantôt à la paralysie, suivant l'excès ou le défaut d'innervation. Pour ne citer qu'un exemple, le bégaiement , qui est un acte convulsif , peut naître d'une lésion des muscles qui concourent à l'exercice de la parole, ou d'un dérangement de la pensée , qui fait que l'appareil de la phonation qui lui est soumis subit les conséquences du désordre de l'innervation. De même l'aphonie peut résulter ou d'une altération physique de l'appareil musculaire et nerveux qui l'exerce , ou de la perversion de la volonté dans le cas de maladie du cerveau, comme on le remarque chez beaucoup d'aliénés.

2". Causes extérieures. — Cela posé sur les causes prochaines ou organiques des anomalies du mouvement , on conçoit sans peine la manière d'agir des causes extérieures capables de les déterminer. Toutes se rapportent encore ou à la faculté instrumentale , ou au moyen de transmission , ou à la puissance coordonnatrice du mouvement ; c'est à ces trois chefs qu'il faut rapporter toutes les causes extérieures , physiques , mécaniques et autres des anomalies du mouvement; ainsi , un exercice forcé , les coups , les chutes , les plaies , les fractures , les luxations et tous les accidens qui compromettent l'intégrité physique des muscles , des nerfs qui y correspondent , de la moelle épinière et du cerveau ; les narcotiques, les alcoholiques , pris jusqu'à l'étai d'ivresse : telles sont' les causes extérieures capables de troubler ou de pervertir la locomotion.

Art. 8. Causes qui agissent sur l'appareil reproducteur. — 1°. Causes organiques. — La génération suppose une série d'actes physiologiques ayant chacun un but déterminé, et nécessitant toutes certaines conditions données. .Et d'abord, elle exige l'évolution convenable des organes qui en sont spécialement chargés, et un certain degré d'excitation pour en provoquer l'exercice ; par conséquent , toutes les causes capables d'arrêter le développement de la conslltutioû physique et de l'énergie vitale de l'individu , la sécrétion séminale ou l'évacuation menstruelle , peuvent rendre impossibles ou nuls les rapports sexuels ; ainsi, la faiblesse native des parties génitales , le défaut d'excitation du système nerveux par suite du progrès de l'âge, d'affections cérébrales ou de simples causes morales; la masturbation, l'abus du coït, l'obésité excessive, sont autant de causes capables d'affaiblir l'aptitude à l'acte générateur. ( Voyes Anaphrodisie.)

Il faut encore rapporter à cet ordre de causes tous les vices de conformation naturels ou acquis , relatifs aux deux sexes , et qui peuvent s'opposer tantôt à la copulation, tantôt à la conception. Les rapports sexuels peuvent être euxmêmes la cause de divers accidens , tels que les ulcérations , les écoulemens vénériens, les inflammations ou solutions de continuité produites par des frottemens exercés sur les parties génitales , par des pratiques honteuses , des froissemens qui résultent de l'accouchement, de la présence d'un pessaire, etc.

Dans le cas de grossesse , la distension de l'utérus, l'action qu'il exerce sur les organes qui î'avoisinent , notamment sur les nerfs lombaires , sciatiques , qu'il comprime; la gêne qu'éprouve en même temps la circulation par suite de cette même compression, expliquent assez les douleurs lombaires , la conslipa- 1 tiou , les hémorrhagies , les crampes , les dilatations variqueuses , le gonflement

ÉTIOLOGIE.

ETRANGLEMENT.

des exirémitcs inférieures , auxquels sont sujettes les femmes enceintes.

Le refoulement du diaphragme en haut, par suile du développement de l'utérus , joint à la diminution du diamètre verlical de la poitrine , qui en est la conséquence nécessaire, rend compte des troubles de la respiration que 1 on observe à certaine époque delà grossesse. On conçoit facilement aussi l'effet qui résulte, dans le même cas , de la compression des vaisseaux principaux de l'abdomen , donnant lieu à des étourdissemens , des vertiges, elc.

Devenu un centre d'excitation nerveuse et de fluxion sanguine tout à la fois, l'utérus réagit nécessairement d une manière sympathique sur les principaux organes de l économie ; le cerveau , le cœur , le poumon participent surtout à cette sur-excitation, et de là une foule de sensations accidentelles, de névrilgies, de spasmes et même de disordres intellectuels plus ou moins graves. De Ift aussi ces palpitations , ces dyspnées qui accompagnent si souvent la marche de la grossesse.

L'accouchement lui-même peut être cause d'un grand nombre d'accidens , tels que des hémorrhagies utérines, des convulsions , des déchiicmens, des renversemens, etc. Enfin, débarrassé du produit de la conception , la femme demeure soumise à un nouvel ordre de causes organiques ou extérieures qui sont encore la conséquence toute nécessaire d'une nouvelle séiie de fonctions. La matrice continue d'être un centre de fluxion , d'irritation et de sécrétion qui la dispose à l'inflammation et à toutes ses conséquences. Le système nerveux acquiert un surcroit de susceptibilité d'où résultent encore des convulsions et autres anomalies nerveuses , de caractère et d'intensité variables. Les mamelles deviennent, par le fait de l'accouchement, le siège d'une activité plus grande dans la circulation, d'une sécrétion qui peut être l'occasion de troubles nombreux dans le système circulatoire , de dépôts , etc. ; enfin elles peuvent aussi , pendant ou hors le temps de l'allaitement, être soumises à de nombreuses causes extérieures, telles que la pression, la morsure , la gerçure du mamelon, des contusions, le froissement exercé par un corset, l'impression du froid , elc.

Pendant la lactation, l'économie subit d'ailleurs une sorte de transformation : la femme devient plus lymphatique, plus nerveuse, plus impressionnable, plus disposée par cela luême aux maladies nerveuses , aux affections irritatives des tissus blancs, par conséquent aux engorgemens des organes glanduleux et même à la phthisie pulmonaire.

§ II. Causes qui agissent sur les fluides.

Tout est presque mystère sur la nature , le mode d'action ou le mécanisme des causes qui agissent sur les fluides. Ce qui les distingue surtout des précédentes , c'est d'exercer leur influence dans l'économie entière, et de porter sur certains organes des effets spécifiques, toujours identiques, toujours en rapport avec la cause qui les a produits ; c'est de se soustraire dans la plupart des cas à notre observation et à notre investigation. Le seul fait qu'il nous soit permis démettre à leur égard, c'est de les classer par séries d'après leur origine , leurs effets généraux et leur mode de pénétration dans l'économie. En les étudiant sous ce rapport, nous pouvons les distinguer en or^aiiù/ues et en extérieures.

1". Les causes organiques des maladies des fluides se rapportent : l» à la surabondance des fluides circulatoires donnant lieu à la réplétion des vaisseaux , à l'intumescence des organes et à tous les accidens de la Pléthore sanguine ou séreuse (voyez ce mot); 2» à la soustraction de certaines élémens constitutifs du sang, d'où résulte la diminution , la détérioration de la masse de ce fluide , l'altération de couleur, de consistance et de propriétés physiologiques des tissus organiques (voyez Anémie, Chlorose, etc. ) ; 3° aux altérations ou dispositions spéciales , héréditaires ou acquises, spontanées ou physiologiques des liquides , en vertu desquelles l'organisme affecte tel état morbide ( xiq/es Cachexies, Cajscer , DiATHÈSEs , etc. ).

2". Les causes extérieures procèdent :

a. D'agens ou principes morbitîques inhérens à la nature de certains animaux, faisant partie de leur organisation , même dans l'état normal, et dont l'action n'est délétère que pour d'autres animaux qui en éprouvent le contact ( VeiiiNS ) ;

b. D'agens ou principes morbifiques qui , sous certaines conditions organiques , se développent accidentellement dans l'économie , et qui ont le pouvoir de se transmettre d'un individu h l'autre par voie de contagion ou autrement ( 'Virus ) ;

c. D'agens ou principes morbifiques qui s'élèvent des animaux malades, putréfiés ou rassemblés dans un lieu plus ou moins circonscrit , et qui exercent une influence plus ou moins délétère sur les individus qui demeurent soumis à leur action ( Miasmes ) ;

d. D'agens physiques ou chimiques qui , transportes dans l'économie par voie d'absorption , y portent un trouble général tout en affectant spécialement, dans beaucoup de cas , certains tissus, certains organes; comme l'opium , le cerveau , la digitale , le cœur , la noix vomique , la moelle épinière , le nilre , les reins, le gaz nitreux , l'hydrogène sulfuré, le poumon ( Poisons ).

Toutes les séries de causes que nous avons rattachées aux deux principaux chefs d'organisation, les solides et les fluides, sont nécessairement ou continues, ou intermittentes, et donnent lieu à des phénomènes permanens ou périodiques ( Intermittence ), ou inhérentes aux localités et perpétuant leur influence sur des individus qui y demeurent habilement soumis ( Endémies ); ou passagères , mais étendant leur influence sur un plus ou moins grand nombre d individus et dépendant de l'air, des alimens , etc. ( Épidémies ); ou Dict. de Médecine et de Chirurgie pratiques.

accidentelles , c'est-à-dire affectant isolément les individus exposés .i leur influence ( Sporadiques) ; transmissibles d'individu à individu par voie de contact immédiat ou médiat (Contagieuses). Mais , dans aucun cas, elles ne constituent des espèces de causes.

L'on a donc eu tort de faire des classes de causes conlinues, intermittentes endémiques , épidémiques , sporadiques , contagieuses , etc. ; car il est évident que les mots contagion , infection , épidémie , etc. , n'expriment jamais qu'un accident , qu'une manière d'être ou un mode de transmission , et nullement un fait éliologique proprement dit. Ainsi la contagion peut représenter une foule d'actions différentes, suivant la disposition actuelle de l'individu , la nature du principe moibifique , la circonstance de son introduction, ses instrumens ou moyens de transmission, etc.

Toutes d'ailleurs , excepté celles qui n'agissent qu'en vertu de propriétés ch imiques ou mécaniques , tels que les acides et les alcalis concentrés, les caustiques , les corps vulnérans, etc. , supposent l'intervention de l'innervation comme condition indispensable de leur exercice. Peut-être même n'en est-il aucune qui n'exerce son action, primitivement et nécessairement, sur l'élément nerveux, comme principe essentiel de l'organisme et de la vitalité , comme condition de vie et de maladie. Quoiqu'il en soit , si nous avons embrassé dans cette classification les faits généraux qui se rattachent à l'étiologie, nous avons fait un premier pas vers la perfection de cette partie de la science. Nous croyons du moins avoir contribué à faire cesser toutes les discussions oiseuses et scolasiiques qui agitent , sur ce sujet , les esprits depuis des siècles sans lui imprimer aucun progrès réel. Que d'autres plus habiles poursuivent la même carrière; ils y trouveront encore de quoi exercer leurs travaux et leurs méditations : elle est assez vaste pour être partagée.

M, Smith. ElenieDis of œliology aud pliilosophy ofllie epiilemies. New-York, 18'24 , in-8".

(P. JOLLY

ETOILE, i<ei/afus , adj. et s. m. Nom d'un bandage de l'épaule, autrefois employé dans les cas de fractures de la clavicule, et maintenant réservé pour maintenir des appareils à la circonférence de l'épaule.

L'étoilé est simple ou double. Simple, on le fait avec une bande de cinq aunes , roulée à un seul globe. Le chef de cette bande doit être placé sous l'aisselle du côté sain , puis ramené obliquement en avant sur l'épaule malade , convenablement couverte de l'appareil qu'il s'agit de maintenir. De là on le porte derrière le moignon de cette épaule, sous l'aisselle, en avant, et derrière le dos, en croisant le premier jet au-dessus del'acromion. Le globe est enfin dirigé sous faisselle du côté sain, où il retrouve et fixe le chef de la bande , qu'un aide y a maintenu , et d'où il repart ensuite pour recommencer la même évolution jus()u'à l'entier épuisement de celte bande.

L'étoile double exige une bande de huit à di.x aunes. On le commence de la même manière que le simple ; la bande étant portée de l'une des aisselles, de la droite par exemple , sur l'épaule gauche, puis en arrière et sous l'aisselle correspondante , doit être rapportée obliquement au devant de la poitrine sur l'épaule opposée , derrière elle , puis sous l'aisselle , et croiser sur l'acromion et la clavicule le premier jet. Delà le cylindre doit aller obliquement en arrière sous l'aisselle gauche, se relever sur elle et croiser également le jet qu'on y a laissé. Ces jets alternatifs sont répétés jusqu'à l'épuisement entier de la bande.

Enfin l'étoilé'est quehjuelois appliqué avec une bande roulée à deux cylindres égaux. Dans l'étoilé simple le plein de la bande est place sous l'aisselle du côté malade , puis les cylindres sont relevés en avant et en arrière sur cette épaule , où on les croise , et portés obliquement sous l'aisselle opposée , où ils sont croisés encore. De là on les ramène sur 1 épaule malade et sous son aisselle , en répétant et en recouvrant les premiers tours , et en achevant d'user la bande. Dans l'étoilé double, les cylindres croisés, comme dans le simple, sur une des épaules , sont portés sous l'autre aisselle , puis relevés sur l'épaule correspondante , où on les croise et d'où on les ramène sous la première aisselle. On épuise la bande en recommençant un nombre suffisant d'évolutions semblables.

( L.-J. BÉGIN

ETRANGLEMENT , strangulatio , incarceralio , s. ni. Etat de compression et de gène qu'éprouvent nos parties, lorsquelles sont circulairement étreintes. Lorsque l'étranglement ou la compression circulaire est médiocrement intense et exercée sur une portion resserrée d'un organe, elle l'affaise sur ce point , diminue son diamètre ; mais comme elle porte davantage son action sur les vaisseaux de retour, veines et lymphatiques, que sur les artères, le sang s'accumule au delà du point comprimé, distend la partie et lui communique une couleur livide, noirâtre, qui précède la gangrène. Si l'étranglement est complet, c'està-dire si de prime abord il interrompt la circulation dans tous les vaisseaux , l'organe qui en est le siège se flétrit, devient grisâtre, se ride et se mortifie. ( f^of. Ligature. )

Mais il doit être surtout ici question de l'étranglement que quelques-uns de nos tissus, privés d'extensibilité , ou doués seulement à un degré très-faible de cette propriété , exercent sur les organes qu'ils couvrent dans l'état sain , ou ou qui glissent accidentellement au dessous d'eux. Cette action a spécialement lieu lorsque des parties celluleuses, musculaires ou parenchymateuses , recouvertes par des enveloppes fibreuses ou contenues dans des cavités osseuses, sont frappées d'inflammation. Sous l'influence de la congestion qui s'opère dans leur tissu, ces parties tendent à augmenter de volume , soulèvent les parties qui les recouvrent et leur font subir une distension plus ou moins considérable. Si cette distension éprouve des obstacles, il y a réaction contre les tissus irrités, compression de leur vaisseaux, gêne dans leurs mouveraens circulatoi- I res , et disposition plus ou moins imminente à la gangrène. C'est ce qu'on ob-

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