‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 80 sur 311 · HUILES ANIMALES · texte numérisé non relu

HUILES ANIMALES

Blanc de baleine. On nomme ainsi une matière grasse cristallisable , qui existe à l'état liquide et en quantité considérable dans de vastes cavités qui forment la plus grande partie de l'énorme tête du cachalot macrocéphale (catodon macrocephalus ). Il suffit d'exposer ce liquide à l'air pour qu'il se prenne en une masse blanche que l'on soumet à la presse pour en séparer un peu l'huile interposée. On fait fondre la matière solidifiée à une douce chaleur et on la laisse refroidir en repos pour l'obtenir cristallisée. C'est alors moins une huile animale analogue aux huiles naturelles composées de stéarine et d'oléine , qu'un principe gras , isolé , comparable à la stéarine ou à l'oléine; aussi lui a-t-on donné le nom de cétine.

La cétine est d'un blanc éclatant , brillante , nacrée , onctueuse sous les doigts et un peu flexible ; elle se fond à une température de cinquante degrés centigrades , et peut se distiller dans une cornue presque sans altération. Elle est peu soluble dans l'alcool ; mais très-soluble dans l'éther et dans les huiles fixes volatiles; chauffée avec son poids de potasse caustique et deux fois autant d'eau, elle se change en acide margarique , acide oléique et en un corps gras non acide nommé ethal , qui offre cela de particulier que ses élémens représentent de l'hydrogène carboné combiné au quart de la quantité d'eau qui existe dans l'éther, ou au huitième de celle que l'on trouve dans l'alcool. Il ne; se produit pas de glycérine dans cette saponification.

Cire d'abeilles. Obtenue par la fusion des rayons qui ont contenu le miel ;

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elle est de deux sortes : I" jaune, ou telle qu'on l'obtient par la fusion des rayons; 2° blanche , après qu'elle a subi une nouvelle fusion et une grande division par l'eau, suivies d'un blanchiment à l'air libre, par l'action alternative du soleil et delà rosée. La cire est translucide, solide et cassante à froid ; à cassure terne et grenue; elle devient molle et flexible à 30 degrés et se fond vers le 68e. Lorsqu'on la traite par l'alcool bouillant, elle laisse environ 0,3 d'une substance insoluble qui a reçu le nom de myvicine , et produit par l'évaporation de l'alcohol 0,7 d'une autre substance nommée cérine , bien distincte delà première par ses propriétés.

La mjricine est à peine soluble dans alcool bouillant, et s'en précipite entièrement par le refroidissement; elle fond h 65 degrés centigrades , peut se distiller presque sans altération dans une cornue et n'est pas saponifiée par les alcalis.

La cérine est soluble dans l'alcool bouillant, et lui communique par le refroidissement une consistance gélatineuse; elle fond à 62 degrés; elle se décompose au feu et produit en outre des gaz, de l'huile empyreumatique et de l'eau, un peu d'acide acétique, pas d'acide sébacique (benzoïque), un peu de cérine décomposi e , mais surtout de l'acide margarique ; traitée par les alcalis , elle se convertit en acide margarique sans glycérine, et avec production ou séparation de myriciue.

Cholestérine. Matière grasse, sui gencris, extraile des calculs biliaires de l'homme. Elle a passé pendant long-temps pour être un produit exclusif de cette sécrétion , mais on l'a trouvée depuis dans beaucoup d'autres concrétions pathologiques, dans le liquide des hydropiques, dans la bile et les calculs biliaires de plusieurs animaux , dans le musc, etc. , de sorte que son existence est beaucoup moins bornée qu'on ne l'avait pensé d'abord. La cholestérine estinsoluble dans l eau, soluble dans l'alcool et l'éther, très-facilement cristal-» lisable en écailles blanches, brillantes et insipides. Elle ne fond qu'à la température de 137 degrés et peut se distiller sans altération dans le vide. Elle n'est pas saponifiée par les alcalis ; l'acide nitrique la convertit en un acide particulier nommé acide cholestérique.

Graisse de porc , axonge ou saindoux; blanche, solide, grenue , d'une légèi e odeur et d'une saveur agréable ; fusible îi 28 degrés , peu soluble dans l'alcool , surtout à froid, mais très-soluble dans l'éther; cnliérement saponifiable par les alcalis, qui la convertissent en acides sléarique, margarique et oléique et eu glycérine. C'est elle qui sert d'excipient aux Pommades, nom impropre auquel nous avons proposé de substituer celui de Liparolés (voj^ez ces mois).

Huile de morue. On emploie sous ce nom en Allemagne , contre la goutte et les rhumatismes goutteux, une huile extraite du foie de plusieurs poissons du genre des gades , et surtout de la morue et du merlan. On en connaît deux espèces : Yhuile de morue Manche et \ huile de morue brune. La première s'obtient en exposant le foie de ces animaux au soleil , et recueillant l'huile qui en découle. Elle est d un jaune ambré , peu sapide et peu odorante ; la seconde se prépare en soumettant au feu le foie et les intestins de ces mêmes poissons , et les exprimant ensuite. Elle est foncée en couleur, trouble, d'une odeur et d'une saveur fortes et désagréables. Ces deux produits sont encore inusités en France.

Huile d'œujs. Huile d'un jaune citrin , d'une odeur de jaune d'œuf cuit, d'une saveur très-douce et agréable , en partie liquide et en partie solide à la température moyenne de l'air ; elle est peu soluble dans l'alcool froid; beaucoup plus soluble dans l'alcool bouillant , et soluble en toutes proportions dans l'éther. Pour l'obtenir , on dessèche des jaunes d œufs , à la chaleur ilu bainmarie , jusqu'à ce que l'huile en sorte par la pression des doigts. On les renferme dans un sac de coutil et on les exprime promptement entre deux plaques d'étain chaufTces dans l'eau bouillante. On peut encoi e traiter les jaunes d'œufs frais par leur poids d éther très-rectifié. L'éther décanté et distille produit une quantité d'huile incomparablement plus grande que parle premier procédé, et elle est aussi pure et aussi douce , pourvu que l'éther ait été parfaitement rectifié. Cette huile est employée avec succès contre les gerçures qui surviennent au sein des nourrices.

Huiles volatiles , ou essences. Ce sont des produits végétaux, très-rarement animaux ou minéraux , qui sont liquides ou solides , doués d'une odeur forte et d une saveur acre , quelquefois caustique ; qui peuvent se volatiliser et être distillés sans décomposition , à l'aide de l'eau bouillante, ou bien seules, à une température de 1 50 à 160 degrés centigrades ; qui s'enflamment à une température moins élevée que celle qui est nécessaire pour la combustion des huiles fixes; qui sont à-peu-près insolubles dans l'eau , îj laquelle , cependant, ils communiquent leur odeur et leur saveur particulières ; enfin qui sont en général très solubîes dans l'alcool et encore plus dans l'éther.

Les huiles > olatiles peuvent se trouver dans toutes les parties des végétaux , et quand c'est dans le fruit , elles s'y trouvent surtout à l'extérieur ; tandis que les huiles fixes , ainsi que nous l'avons vu , ne se trouvent ordinairement que dans les fruits et presque toujours à l'intérieur.

Les huiles volatiles diffèrent beaucoup, quant à toutes leurs propriétés physiques. Celles de roses , de persil , d'aunée, de benoite sont concrètes , et celles d'anis et de fenouille deviennent par le moindre froid. Celles d'amandes amères , de moutarde, de piment jamaïque , de girofles , de cannelle et de sassafras sont plus iiesantes que l'eau ; les autres sont plus légères , et varient depuis celles dan.s et de badiane qui pèsent 0,972, jusqu'à celles de citrons et d'oranges qui pe,ent 0 816 ; celles-ci ne sont surpassées en légèreté spécifique que par le uaphted.sldle, huile volat-le minérale qui pèse seulement 0,758. Quant à la cons.stance et a la couleur , les huiles de cannelle et de girofle sont onctueuses, et la dermcrc , qu. d.stdlc uicolore, devient brune à l'aide du temps; les huiles

de citrons , d'oranges et des autres fruits semblables , sont presque aussi fluides que l'alcool, et d'une faible couleur jaune ; les huiles d'absinthe et de valériane sont vertes , celle de camomille commune, bleue, etc.

Les huiles volatiles exposées à l'air en absorbent l'oxigène, se colorent, s''épaississent souvent , et se convertissent en divers produits qui sont de l'acide carbonique, de l'eau, de nouveaux principes huileux cristallisables ou des résines. On n'ouvre pas les vases qui les contiennent sans que l'air n'y rentre avec efl'ort, à cause du vide qu'y laisse l'oxigène absorbé, et l'on a vu des hommes tomber asphyxiés pour être descendus sans précaution dans des caves fermées où l'on conservait de grandes quantités d huiles volatiles. Ces huiles dissolvent le soufre, le phosphore, le chlore, l'iode, etc.; l'acide sulfurique les carbonise; l'acide nitrique très-concentré les décompose avec violence et les enflamme quelquefois ; moins concentré il les convertit en divers produits résineux, et définitivement en acide oxalique ; le gaz hydrochlorique s'y dissout en trèsgrande quantité et forme avec plusieurs un composé cristalin , blanc et volatil, connu sous le nom de camphre artificiel. Un grand nombre absorbent le gaz ammoniaque; mais une seule , jusqu'à présent , a été combinée à la potasse; c'est riiuile de girofles.

Il n'y a qu'un petit nombre d'huiles volatiles qu'on puisse extraire par expression des substances qui les renferment ; ce sont celles des écorces des fruits du genre citrus. Toutes les autres s'obtiennent par la distillation dans les alambics et par l'intermède de l'eau pure ou chargée de sels, des végétaux ou parties de végétaux qui les contiennent. On les reçoit dans un vase nommé récipient florentin , lequel étant élargi par le fond et rétréci insensiblement par le haut, porte sur le côté un conduit recourbé qui s'élève un peu moins haut que 1 ouverture supérieure du récipient. Il en résulte que l'huile, plus légère que l'eau, se rassemblant dans le col , ou , lorsqu'elle est plus pesante, tombant au fond, l'eau distillée s'écoule seule par le conduit latéral ; on sépare ensuite 1 huile de l'eau contenue dans le récipient par la décantation, et on la conserve dans un flacon fermé, et à 1 abri de la lumière.

Les huiles volatdes ne sont pas des principes immédiats purs et isolés. De même que les huiles fixes, presque toutes contiennent au moins deux espèces d'huiles, l'une liquide, nommée élèopikne ( huile volatile ) , l'autre solide et cristallisable wovami^ç: stèaropCene (suif volatil) . Les huiles qui sont naturellement solides peuvent donner directement leur stéaroplène par la compression entre des doubles île papier gris ; les autres n'en fournissent que lorsqu'elles sont suffisamment refroidies ou quand elles ont été conservées pendant long-temps; mais dans ce dernier cas , il est possible que le stéaroptène soit un produit de l'oxigénation de l'huile.

L'analyse élémentaire des huiles volatiles a conduit à d'autres résultats importans qui permettent de les diviser en trois groupes distincts. Le premiei comprend les essences qui sont uniquement composées de carbone et d'hydro-, gène; telles sont celles de citron et de térébenthine, le stéaroptène de l'huiU de roses cl l'huile de naphte; les deux premières, malgré leurs différences d'odeur et de densité , paraissent exactement composées de même, à savoir, d< carbone 88,5 , hydrogène 1 1 ,5 , ou C5 H^ ; et il est remarquable que ce soit ce composé qui , combiné avec \ atôme d'oxigène , forme le camphre naturel , el combiné avec un atome d'acide hydrochlorique, constitue le camphre artificiel. Le second groupe comprend les huiles essentielles oxigénées, telles que le cam'i phre naturel qui vient d'être nommé, les huiles de lavande et d'autres labiéei) qui en fournissent également, l'huile volatile de menthe, de roses , d'anis , etei Le troisième groupe est réservé aux huiles essentielles qui admettent dan! leur composition un quatrième élément, comme l'essence de moutarde qui coiij tient du soufre , et l'huile d'amandes amères qui renferme de l'azote. Nous terj minerons cet exposé général des propriétés des huiles volatiles en disant quel ques mots seulement de celles qui sont les plus usitées, ce qui nous donneri occasion de faire connaître les végétaux qui les produisent, beaucoup d'entn eux ne devant pas faire le sujet d'articles séparés dans ce Dictionnaire.

Huile volatile d'absinthe, de Varlemlsiu absinthiuin , famille des coryrabifères. 'Verte, offrant l'odeur caractéristique de la plante. Pes. spéc. 0.895,

Huile volatile d'ail, des bulbes de Yallium sativum , famille des liliacées liquide, jaune, acre et caustique , plus pesante que l'eau ; contient du soufre

Huile voUitile d'amandes amères. Nous en avons déjà parlé, au mot Amande nous ajouterons ici que l'acide qui s'y forme par l'oxigénation à l'air est d' l'acide benzoïque ; que cette huile n'existe pas en effet toute formée dans le, amandes amères , et parait être , ainsi que l'acide hydrocyanique , le résulta de l'action de l'eau sur un corps particulier azoté , nommé amygdaline , qu'o! peut obtenir en traitant par l'alcool , le tourteau d'amandes d'abord épuisé pa l'éther. Pesanteur spécifique , 1,075.

Huile volatile d'ani.i. Des fruits du pimpinella anisuni, famille des ombel lifères. Blanche et cristallisée; odeur et saveur de l'anis ; fusible à 17". Pei spéc, prise à 20'>,0,972.

Huile volatile de badiane ou d'anis éloilè , des fruits capsulaires et rayonné de Vitlicium anisatum , grand arbre de la Tartarie et de la Chine , appartenar à la famille des magnoliacés. Liquide, sucrée, d'un parfum très-agiéable pesanteur spécificpie 0,972.

Huile volatile de bois de Rhodes, de la racine et du tronc du convolvulii, scoparius , liseron en arbre des iles Canaries. Cet arbre n'existe pas dans l'îlj de Rhodes, ainsi que semble l'intliquer son nom, qui lui a été donné pi| erreur ; le nom latin lignum rhodium n'aj'ant signifié autre chose dans l'origir que bois à odeur de rose. L'huile volatile est liquide , jaunâtre, d'une odeur c rose et d'une saveur amère , comme le bois , un peu plus légère que l'eau.

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Huiles volatiles de bergamolte, bigarade, cédrat, citron , limette, orange, etc., roduites par les diverses espèces et variétés de citron et d'oranges, citrus icdica et citrus aurantium , de la famille des aiiranliées ; toutes très-fluides, îunes quand elles ont été obtenues par expression, presque incolores lorsu'elles sont distillées ; souvent altérées par de l'alcohol , ce que l'on reconnaît n les agitant avec de Teau. Pcs. spéc. : bergainotte 0,877 ; bigarade 0,852; cdral 0^851 ; citron 0,8G2 a 0,856; citron très reclifiéO,847;orange douce 0,846. 1 Huile volatile de ciijcput. Cette huile est obtenue par la distillation , dans la |resqu'île orientale de l'Inde et dans les îles Moluques , des feuilles d'un arbre ilOBinflé caju-puli [melaleuca minor , DC), de la famille des tnyrtacées ; elle Istliquiile, très mobile, transparente, d'une couleur verte plus ou moins projioucée , et d'une odeur forte qui tient de la térébenthine , du camphre , de la ['nenlLe poivrée et de la rose. C'est cette dernière odeur qui domine lorsque J'huile est en partie évaporée spontanément. Pesanteur spécifique, 0,919 a l»,9iô, reclitiéeO,9I6.

L huile de cajeput doit être verte naturellement, ainsi queje m'en suis assuré p distillant les feuilles de plusieurs melaleuca, metrosiileros et eucaljptus , lultivcs au jardin du Muséum d'histoire naturelle; toutes m'ont fourni des liuiles volatiles d'une belle couleur verte. Mais cette couleur a dû disparaitie par le temps , ou par suite du mode de préparation employé dans I Inde ; car il bt certain que l'huile du cajeput du commerce doit sa belle couleur à del'oxide 'le cuivre qu'elle tient en solution. J'ai déterminé la quantité de cet oxide pour [une huile très-verte, et je l'ai trouvée de 2 grains ^ par livre , ou de 1/51 de ;rain par gros ; la dose est ordinairement plus petite , et ne nuit en rien à l'ad- Uinislralion de l'huile de cajeput. On peut d'ailleurs l'en priver par la distillaion ou par l'agitation avec une solution d'hydrocyanale ferro-polassique, qui :n sépare à l'instant le cuivre sous forme d'un précipité rouge ( Journ. chiin, ■néd. , tora. 7, p. 586.)

Huile volatile de camomille romaine (anthémis nolilis, famille des corymbifères); très-fluide, d'une couleur verte passant au jaune, par l'action de la flumière et du temps; d'un goût et d'une odeur très-forte de la plante qui en ^produit extrêmement peu ; aussi est-elle lare et tl'un prix très-élevé : on lui substitue souvent la suivante qui nous vient d'Allemagne.

Huile volatile de camomille commune , dite camomille d'yâilemagne [matricaria chamomillu). La fleur tie cette plante, non amère et d'une odeur aromaficjue qui lui est propre , est bien plus usitée en Allemagne que la pré- 'cédenle. L'huile volatile ofl'i e l'odeur de la fleur et une belle couleur bleue qui lest très-persistante dans celle du commerce ; et qui pourrait faire croire qu'elle est artificielle.

Huile volatile de cannelle { laurus cinnamomum). Onctueuse , d'un jaune doré, d'une odeur, d'un goût et d'un piix bien difl'érens, suivant qu'elle projvient de la cannelle de Ceyian ou de celle de Chine. Pesant, spéc. de la prelimière , 1,026; de la seconde 1,056.

i \\ Huile volatile de copahu. Obtenue par la distillation avec Peau du produit ^ olèo-résineux de ce nom; Irès-fluide, incolore, d'une odeur forte; pes. spéc. 0,894.

Huile volatile de cumin ( cuniinum, cjminum, famille des ombellifères ) ; liquide , incolore, d'une odeur très-forte et désagréable , semblable à celle du ' fruit ; pes. spéc. 0.928.

Huile volatile de giro/les ; des fleurs non développées du caryophyllus aromaticus , arbre de la famille des myrtacées ; pes. spéc. 1 ,065 ; liquide , onc- ' tueuse , incolore, mais brunissant à la lumière ; d'une odeur très-agréable, ' mais d'une saveur caustique, formant avec les bases salifiables de véritables r combinaisons salines , d'où les acides la séparent, suivant Bonastre , avec ses ? propriétés primitives.

^ Huile volatUe de lauands , tirée de la lavande des jardins, lavandula vera , !DC.,de la famille des labiées. Une autre essence d'une odeur plus forte et moins agréable est extraite dans le Midi de la grande lavande (Jafandula spica, DC. ) , et se nomme Aut'/e de spic ou d'aspic. La première pèse 0,894 ; la ser conde 0,909.

I Huile volatile de laurier-cerise. Ressemble par ses propriétés et sa composif tion à l'huile volatile d'amande amère.

j Huile volatile de menthe poiurée , des sommités fleuries du mentha piperilc.

[; Goût brûlant, laissant une saveur haichc très-agréable dans la bouche. Deu.x.

j sortes : lo celle de France, très-fluide, d'un jaune verdàtre ; 2° celle d'Angleterre, plus épaisse, plus colorée, d'un goût plus lin et plus suave , fournissant aisément par un froid de 8", un stéaroplène cristallisable , sorte de

I camphre plus hydrogéné que le camphre du laurus campùora , de telle sorte, dit M. Dumas , que le genre ca/Hyo/ire p irait formé d'oxides de divers carbures d'hydrogène , liés entre eux par des rapports de composition liès-simples ; on trouve en effet :

Pour le sléaroptène de la menthe poivrée. . . C5 H"oO^

— le camphre ordinaire C5 Oj

— le stéaroptène de l'anis O^

H ude volatile de moutarde, 1 aune liquide, plus pesante que l'eau , d'une odeur irritante et d'une si grande àcreté que sa simple solution dans l'eau ou dans l'alcool rubéfie la peau et en soulève l'épiderme presque instantanément. Elle contient du soufre au nombre de ses éicmens. Le raifort et le cocliléaria ( cochlearia armoracia et cochlearia ojficinalis) fournissent une huile volatile de nature et de propriétés analogues.

Huile volutde de piment-jamaïque , des fruits da mjrtus pimenta , L,; pes.

DiCT. DE MÉDECI^E ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

spéc. 5,044; offre un grande analogie avec l'huile de girofles et avec celle de cannelle giroflée ( /wjrfwi caryophyllata).

Huile volatik de romarin ( rosmarinus ojficinalis , famille des labiés) ; Irèsfluide, jaune , odeur de la plante ; pes. spéc. 0,886.

Hude volatile de roiei, extraite par la distillation des pétales des rosa sempervirens et centifolia; sous forme d'une masse butireuse, demi transpaleiile, formée d'une huile liquide et d'une huile solide cristallisée en aiguilles; pesant, spécif. 0,870 à 20 degrés centigrades ; fusible à 29 degrés. C'est dans 1 éleoplène que réside l'odeur forte et suave qui place cette huile au premier rang des parfums de l'Orient ; car le stéaroptène purifié parait peu volatil et peu odorant ; il est également presque insoluble dans l'alcool.

Huile volatile de sassafras ; de la racine du laurus sassafras ; liquide , d'une odeur forte et agréable ; d'une saveur brûlante ; incolore d'abord ; elle jaunit et brunit avec le temps; c'est la plus dense des huiles essentielles décrites jusqu'ici , car elle pèse 1,094.

Huile volatile de térébenthine. Obtenue par la distillation avec de l'eau , de la térébenthine des pins et des sapins. Dans son état de pureté, elle est incolore, liquide, très-fluide, douée d'une odeur forte et d'une saveur acre ; elle pèse 0,872 à 10 degrés ; refroidie à —27" , elle dépose des cristaux blancs d'un stéaroptène plus pesant que l'eau et qui se fond à — 7». Elle est uniquement formée d'hydrogène et de carbone , ainsi que je l'ai dit , et forme du camphre ariijicicl par sa combinaison avec 1 atôme d'aride hydrochlorique , et du camphre naturel par son union avec ^ atôme d'oxigène ; mais ce dernier résultat est seulement déduit de l'analyse du camphre, et n'a pas encore été vérifié par la syiilhè.se.

Huiles pyrogénées. Ce sont des huiles volatiles obtenues par la décomposition au feu des substances végétales ou animales, ou parcelle des bitumes naturels qui résultent eux-mêmes de l'action de la température centrale et primitive du globe sur les végétaux qui y ont cru autrefois. Ces huiles paraissent être formées d'un assez grand nombre de carbures d'hydrogène dont quelques-uns seulement ont été obtenus jusqu'ici , telles sont la naphtaline, la paranaphlaline , la paraffine , l'eupion , etc. ; mais je ne sache pas que l'on ait encore retiré aucun de ces corps des deux seules huiles pyrogénées qui sont encore usitées en médecine , à savoir l'huile de cornes de cerf rectifiée que l'on nomme ordinairement huile animale de Dîppel, et celle d^succin.

L'huile de cornes de cerf s'obtient en chauffant des cornichons de cerf dans une cornue de grès munie d'une allonge et d'un récipient : on obtient ainsi un carbonate d'ammoniaque impur nommé autrefois sel volatil de cornes de cerf , un liquide aqueux saturé du même sel , connu sous le nom d'esprit volatil de cornes de ccif , at enfin un liquide noir , huileux , qui rectifié plusieurs fois sur des os calcinés, formait l'huile animale de Dippel ; celte huile est liquide, très-fluide, presque sans couleur lorsqu'elle vient d'être distillée , mais se colorant promplement en brun par l'action de l'air et de la lumière. Elle aune odeur forte, très-désagréable. Elle pèse , 0,889.

L'huile de succin s'obtient de même par la distillation du succin dans une cornue , mais au lieu d'être mêlée à uu liquide ammoniacal , elle distille avec une petite quantité d'un produit aqueux saturé d'acide succinique, et elle-même tient une certaine quantité de cet acide en dissolution. On la rectifie à l'aide d'une nouvelle distillation à une chaleur modérée ; elle est jaune, transparente, d'une consistance oléagineuse , et d'une odeur forte qui lui est particulière. On employait autrefois les produits de la distillation de beaucoup d'autres .substances organiques , tels que l'huile pyrogénée de bois d'oxicèdre ou huile de cade , l'huile de tabac, l'huile et l'esprit de papier que l'on a remis dernièrement en usage sous le nom de pyrotonide, l'esprit volatil de soie crue etc.

( Guibocrt. )

HUILES FIXES. ( Thérapeutique.) Les huiles fixes, dont les usages industriels et économiques sont si nombreux, ont été aussi introduites dans la matière médicale. Il a été question déjà dans cet ouvrage de plusieurs d'entre elles, ou bien il en sera ultérieurement traité ; et le lecteur trouvera aux articles spéciaux les détails nécessaires. Nous n'avons à nous occuper ici que des propriétés qui leur sont communes, et des applications pour lesquelles elles peuvent être employées à peu près indistinctement; car nous ne considérerons pas celles qui ne sont en quelque sorte que l'excipient de princijies médicamenteux plus actifs. Leur action sur l'économie animale est généralement relâchante et adoucissante. IVéanmoins , elle varie suivant les lissns sur lesquels on les applique, et les circoiist.inces dans lesquelles on en fait usage.

A l'extérieur, les huiles fixes sont fréquemment employées en onctions. On remarque qu'elles ont pour résultat d'assouplir la peau, de la rendre plus molle et plus extensible, en même temps qu'elle devient par-là moins accessible aux impressions extérieures , et surtout aux variations de température. La peau , enduite d'huile, est dans une condition peu favorable à l'absorption , et c'est sans doute à raison de cette double modification que les anciens conseillaient l'onction huileuse préalablement au bain froid. C'est d'après la même observation que l'on a considéré les huiles , tant végétales qu'animales , comme un moyen eflicace pour s'opposer aux diverses contagions. L'hygiène a depuis bien long-temps tiré parti des onctions huileuses. Les anciens en faisaient un grand usage; mais de nos jours on a laissé tomber en désuétude cette pratique salutaire. Tout au plus s'en sert-on pour assouplir la peau des mains, et pour entretenir le brillant et la vigueur de la chevelure. Le bienfait des onctions grasses ne se borne pas à la peau ; il s'étend aux parties sous-jacentes et plus ou moins profondément situées; et les huiles sont peut-être pour la plus grande partie dans les bons effets qu'on obtient des linimens et des pommades , dont

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les formules sont si multipliées. Les frictions exercées sur le ventre dans les cas de phlegmasie péritoncale, et sur les tumeurs diverses , sur les articulations afFectées de contracture, seraient-elles supportables sans l'intermédiaire du corps gras qui adoucit les pressions, évite les chocs , et cependant imprime aux parties malades un mouvement intérieur qui calme la sensibilité douloureuse et favorise la résolution ? On a souvent observé que de simples onctions huileuses n'étaient pas moins eïïicaces que celles auxquelles venaient se joindre des médicameiis plus ou moins actifs. Ce n'est pas ici qu'il convient de développer les nombreuses applications auxquelles peut donner lieu la connaissance des fails qui viennent d'être signalés. En traitant des maladies en particulier, chaque auteur se sera livré à ces considérations. Nous rappellerons seulement que, pour l'usage médical, soit externe, soit interne, il convient de n'employer que des huiles parfaitement fraîches , parce que leur altération leur donne des qualités irritantes extrêmement prononcées.

Appliquées sur les fdccs dénudées , soit à l'état liquide, soit plus ou moins épaissies , par l'addition des graisses ou de la cire, qui sont aussi des espèces d'huiles , et constituant alors les pommades , les cérats , les onguens. etc. , les huiles y étendent une couche protectrice qui, tout à-la-fois , les garantit du contact de l'air et du déchirement de la cicatrice, que produit si souvent l'adhérence des pièces d ap|)areil qui reposent immédiatement sur elle. Mais l'abus est près de l'usage , et l'on s'est élevé avec raison contre l'emploi des corps gras appliqués sans choix et sans discernement.

Parmi les usages externes des huiles , usages qui découlent naturellement de leurs propriétés , on peut compter celui de lubréfier , de dilater les conduits et les objets qu'on veutyfaire pénétrer. Ainsi, l'on trempe dans l'huile les sondes et les bougies qu'on veut introduire dans diverses cavités ; le forceps , pour le faire glisser sans inconvénient entre les parties de la mère et le fœtus. Dans ces dernicr.s temps on a proposé les injections d'iuiile dans l urèthre , pour surmonter certains rétrécissemens. De tout temps , enfin , on s'est servi de l'huile pour favoriser le cheminement des corps étrangers dans les canaux ouïes cavités où ils se trouvaient accidentelleuient engagés. Les lavemens d huile sont d'un grand secours dans les constipations opiniâtres.

Comme aliment, les huiles végétales et animales sont nutritives, et digestibles lorsqu'elles sont combinées avec d'autres substances alimentaires , dans une juste proportion. Lorsqu'on les prend seules elles fatiguent l'estomac et provoquent le vomissement et même la diarrhée. Cependant , l'habitude rend moins sensibles ces mauvais etï'ets , et l'on sait que , dans le Nord , certaines peuplades boivent avec plaisir l'huilede baleine. Pour l'usage métliciual interne, on lecherche, plus encore que pour l'extérieur, les huiles de la meilleure qualité. Lorsqu'on les administre à dose modérée , et il est bien rare qu'on les prescrive sans qu elles soient mêlées au sucre, à la gomme , au jaune d'œuf, qui les divisent et les étendent; dans ce cas , elles sont assez bien digérées , et agissent comme adoucissantes et relâchantes; mais il faut pour cela que les voies digestives , l'estomac surtout , soient en bon état , faute de quoi les huiles produisent des indigestions plus ou moins graves. Ainsi combinées, elles forment la base de ces innombrables looks , potions , mixtures, etc. , qu'on prescrit chaque jour dans les affections inflammatoires de la poitrine et de l'abdomen, et dont l'e/Iicacité est un article de foi pour la masse des malades et des médecins.

Les huiles , administrées à grande dose , seront infiniment salutaires dans les empoisonnemens par les alcalis caustiques ; et cela est facile à concevoir d'après l'affinité qui existe entre ces deux classes de corps et la combinaison qui s'opère entre eux. Les savons qui se forment alors n'ont presque plus rien d'irritant , et d'ailleurs l'excès d'huile tend à garantir les intestins de leur action , et à favoriser leur expulsion au-dehors. C'est donc à cette classe d'cmpoisonnemens seuls que les huiles sont applicables ; dans les autres, elles sont insignifiantes , ou du moins n'ont-elles rien qui doive les faire préférer aux mucilages , aux gommes, à l'albumine et autres moyens généralement employés. Il ne faudrait donc pas jierdre un temps précieux à se les procurer, si on ne les avait pas sous la main. Bien plus, il y a des cas où les huiles, dissolvant la substance vénéneuse, ne feraient qu'en étendre et en accélérer l aclion ; comme cela s'observe pour les canlharides , le phosphore, certains oxides et les sels métalliques.

Il est aussi quelques emplois des huiles fixes sur lesquels l'expérience n'a pas suflisamment prononcé; tel est celui qu'on a prétendu en faire dans les morsures des animaux venim ;iix , et en particulier des serpens. On les conseille alors tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. 11 en est de méaie des onctions huileuses dans l'hydropisie, sur lestjuelles des auteurs très-recommandables s'expriment; d'une manière toute contradictoire. Enfin, en examinant le procédé de M. Deipech contre la gale, lequel consiste dans des onctions huileuses, ii'est-on pas porté à croire que l'iiuile joue un rôle bien secondaire dans les eli'ets obtenus? puisqu'on emploie d'abord les frictions faites dans le bain avec du savon noir enfermé dans un linge grossier et rude; après quoi seulement on en vient aux onctions huileuses.

Nous ajouterons en terminant qu il est excessivement rare que les huiles soient employées seules ; mais comme, dans beaucoup de circonstances , elles sont associées à des substances douées de propriétés très-faibles , on peut plus facilement apprécier l'action qu'elles exercent sur l'économie animale. Quant à ce qui concerne les huiles médicamenteuses , leur vertu dépend de la substance <iui s'y trouve dissoute ou suspendue. D'ailleurs , l'expérience , d'accord avec la théorie, montre que ce mode d'administration n'a guère d'efiicacité que quand la substance medKamentcusc est véritablement solublc dans 1 huile; et ensuite

que, pour l'application extérieure, ce n'est qu'un moyen assez infidèle , attendu que les corps gras sont généralement difficiles à absorber.

(F. Ratier.)

HUILES MÉDICINALES. Fojrez Él^olés.

HUILES VOLATILES. ( Thérapeutique. ) Parmi les huiles volatiles, il en est un grand nombre qui présentent une si grande analogie dans leur composition chimique et dans l'action qu'elles exercent sur l'économie animale, qu'elles peuvent être employées en quelque sorte indistinctement les unes pour les autres. Quelques-unes seule'ment, comme l'huile essentielle de copahu, sont douées de vertus toutes particulières, et présentent des applications spéciales sur lesquelles nous reviendrons en temps et lieu.

Les premières sont moins usitées peut-être comme médicamens que comme I objets de parfumerie et d'économie domestique; néanmoins , comme elles figu- 1 relit dans toutes les pharmacopées , nous devons en traiter ici d'une manière ! générale , renvoyant pour les détails aux articles où il est traité des substances qui les fournissent, et auxquelles elles donnent une grande partie de leurs qualités. '

Lorsqu'on les applique à l'extérieur, elles agissent suivant la dose, soit comme des irritans et des rubéfians plus ou moins énergiques, soit même comme des caustiques capables de désorganiser les tissus animaux. Mais pour cela il faut qu'elles soient à leur état de pureté et de concentration. Ce n'est pas la manière ' dont on les emploie le plus ordinairement ; on a coutume de les combiner avec des huiles fixes animales ou végétales, sous forme de Uniment ou de pommade: alors leur action est atténuée , et elle est .seulement , suivant les circonstances, résolutive , tonique ou stimulante. Les afï'ections qui peuvent motiver leur emploi sont extrêmement variées , et n'ont pas besoin d'être explicitement indiquées.

L'impression que les huiles volatiles exercent sur les organes olfactifs est différente, suivant la qualité qu'on y présente. Sous un petit volume , elles ont pour la plupart une odeur assez agréable , et dont les effets sur le système nerveux ne sont pas très-sensibles. Lorsqu'au contraire elles sont rassembléesii en masses considérables et concentrées , outre que leur odeur devient extrêmement désagréable , elles occasionnent du mal «.le tête , des étourdissemens , des syncopes et même des convulsions , surtout quand il est question de personnes nerveuses , et qu'elles ont été soumises , pendant un certain temps et dans des' lie ux fermés, à l iiihalation des vapeurs qui s'e.xhalent.

L'usage interne de cette classe de médicamens, considérés d'une manière générale, est assez peu important, si ce n'est pour un très-petit nombre d'entre eux , comme l'huile essentielle de térébenthine et celle de copahu. Pour la plupart du temps, on s'en sert pour aromatiser d'autres médicamens , et en très-î petite proportion. Il n'y a donc que sur quelques-unes d'entre elles des observations propres à constater leur action immédiate sur l'économie, lorsqu'on les' fait prendre par la bouche ou par l'intestin. Du peu de faits qu'on possède sur ce sujet, il résulte que les huiles mises en contact avec la membrane muqueuse des voies digestives y déterminent un sentiment de chaleur qui , suivant lai quantité et la disposition des parties, peut aller jusqu'à la brûlure, et entraîner après soi des rapports , des nausées , des vomissemens et une purgation plus ou moins considérable ; en un mot, tous les phénomènes de l'inflammation plus ou moins considérable des organes de la digestion. Secondairement on pense , par analogie plutôt que d'après l'observation directe, que les huiles volatiles prises à l'intérieur peuvent produire la céphalalgie et même l'ivresse. Aucun fait bien constaté ne prouve cette assertion ; et l'on n'a jamais peut être admi-' nisiré ces substances à l'état de pureté, à des doses assez considérables pour dclerminer de véritables empoisonnemens.

Quant à leur action thérapeutique, elle est d'autant plus difficile à constater,: qu'elles ont toujours été administrées concurremment avec d'autres médicamens et d'autres agens propres aussi à modifier l'économie. Généralement on les range dans les classes des excitans diffusibles , dont l'action est aussi insaisissable que l'expression qui sert à la désigner est vague et indéterminée. Aussi| les voit-on successivement indiquées comme remplissant des intentions trèsdiverses, comme agissant sur presi|ue tous les organes de l'économie, et comme capables de remédier à tous les désordres qui peuvent s'y manifester. |

On n'est pas encore assez riche de faits particuliers bien observés , pour qu'on puisse s'élever à des considérations générales exactes et véritablement' utiles. Il vaut mieux signaler les lacunes nombreuses qui existent dans la ma-l lière médicale, et que le temps et l'observation finiront par combler, que fiel répéter et de propager sans interi uption des assertions erronées. Il n'est rien' moins qu'exact de dire que les huiles volatiles associées aux purgatifs en modèrent l'activité, rien ne démontre cette proposition. Quant aux vertus cordiales, carminatives , stomachiques , emménagogues , vermifuges, diurétiques, sudorifiques , etc., vertus si souvent opposées, et qu'on veut réunir dans cette classe de médicamens, comme dans tant d'autres, en supposant exacts les faits rap-' portés, il en résultera toujours ceci; savoir, que de médicamens semblables, | ou du même médicament, on peut obtenir des effets Irès-différens , suivant les doses ., le mode d'administration et les circonstances dans lesquelles on en fait l'application. ^ , (F. Ratier.)

HUILES PTROGÉNÉES. (T/iéiapeuiù/ue.) Ces huiles , produits de la chimie au berceau , furent vantées comme des panacées ; et depuis, appréciées h leur juste valeur, elles sont à peu près retombées dans l'oubli, parce qu'elles ne possèdent pas de propriétés assez tranchées , et qui leur soient assez exclu' sives pour faire passer par dessus leur saveur et leur odeur vraiment détestables. Les travaux modernes ont prouvé l'identité des huiles pyrogciiécs, quelle

HUITRE.

HUMORISME.

[lie fût la substance animale qui les fournît; de même qu'ils ont démontré îombien étaient superflues les préparations bizarres au moyen desquelles on es obtenait ; toute la différence qui peut exister est relative aux proportions les principes qui les constituent.

De ces diverses huiles, la principale, celle sur laquelle ont été faits les plus imporlans travaux, est assurément Ihuile animale de Dippel , appelée aussi huile pyrozoonique, qui, suivant son inventeur, devait non-seulement être un emède contre toutes les maladies , mais encore prolonger l'existence. Ce que ions allons en dire se rapporte également aux autres huiles pyrogcnées.

Les opinions des médecins sur les propriétés de celle substance médicamenteuse ont été très-variées , et souvent même en opposition formelle. Ainsi , les uns la considèrent comme sédative du cerveau et du cœur, tandis que les autres jdisent en avoir observé des effets excitans , et notammment laccélcration de la jcirculalion. 11 faut dire néanmoins que la très-grande majorité s'accorde à la rejgarder comme stimulante; et I on doit être porté à penser ainsi, pour peu qu'on ^iit vu administrer, et qu'on fasse attention à ce qu'en ont écrit les observateurs modernes. On l'a vue produire une mort très- prompte et sans lésion appréciajble, a la dose d une cuillerée ; ce qui porterait à supposer que, dans le cas en (question, elle contenait de l'acide prussique. Un autre fait d'empoisonnement isuivi de mort a eu lieu, avec des phénomènes non équivoques de pblegmasie jgastro-intestinale très-violente.

I La connaissance de ces propriétés irritantes, soit h l'intérieur, soit même à |lexterieur, ainsi que le prouvent quelques expériences, ne serait pas cependant une raison pour détourner de son emploi prudemment dirigé, si l'on avait ^quelque garantie des succès qu'on en peut obtenir; et si on ne la voyait pas administrée dans ces maladies , contre lesquelles , à raison de leur opiniâtreté, fous lesmédicamens imaginables ont été employés tour à tour, et dans lesquelles, a cause de leur inexplicable variabilité , tous les médicamens quels qu'ils soient comptent quelque succès. On pourra donc l'essayer encore et contre l épilepsie, j et dans l'hystérie, l'hydropliobie , la danse de saint Guy, et autres affections du même genre. Elle présente plus de chances de succès contre les affections vermineuses , contre lesquelles, cependant, on possède des moyens au moins aussi efficaces.

Son action stimulante sur la peau la rend propre à être appliquée à l'extérieur dans les cas où l'ammoniaque a été utile , et rend raison des résultats avantageux que les auteurs disent en avoir obtenus, soit dans les diverses maladies de la peau , soit dans la goutte ou dans le rhumatisme , soit enfin contre l'amau- TOse et la cataracte.

Au résumé, Ion peut dire que les huiles pyrogénées grossissent assez inutilement le nombre des médicamens irritans , et que c'est avec justice que l'usage en est presque entièrement abandonné. Nous devons néanmoins indiquer les doses et le mode d administration employée par divers praticiens , pour I huile animale de Dippel ; ce qui pourra servir de mesure pour les autres. A l'intérieur on l'administre par gouttes , en commençant par trois ou quatre, et en élevant peu à peu la dose, suivant les effets observés. De cette manière , on peut sans danger, immédiat au moins, la porter aussi haut qu'on le juge convenable. 11 est à peu près impossible de masquer et l'odeur et la saveur désagréables de ce médicament; et lether, conseillé pour cet objet, est loiu de remplir le but quon se propose. L'addition des mucilages ou de la gomme est également inutile sous ce point de vue , bien qu'elle puisse être avantageuse pour prévenir ses effets trop irritans. Quant à la combinaison avec les alcalis pour former un savonule, il est probable qu'elle altérerait les propriétés de ce médicament. Pour 1 usage extérieur, on peut employer soit la solution aqueuse d'une demi-once par livre d eau, soit I huile incorporée avec de la graisse sous forme de pommade , que chaque praticien pourra formuler suivant les circonstances.

HUITRE , osti-ea edulis; mollusque acéphale testacé , trop connu pour qu'il 80it nécessaire d'entrer à son sujet dans de longs détails descriptifs, et qui interesse plus l'hygiène que la thérapeutique proprement dite ; bien qu'on ait voulu le faire entrer dans la classe des médicamens.

Il n'est pas de notre sujet de dire comment les huîtres sont couseivées dans les parcs, ni quelles sont les plus recherchées des gourmands; ce que nous devons constater ici , c'est leur composition et leur action sur les organes digestifs. L'albumine forme la plus grande partie de cet aliment ; quelques sels , un peu d osmazone lui sont associés ; et un liquide séreux et salé qui remplit la coquille, et qu'on a coutume d'avaler avec l'huitre , ajoute au volume sans augmenter beaucoup ses propriétés nutritives.

Si l'on réfléchit à la masse cousidi' rable d huîtres que quelques personnes peuvent manger, sans être hors d élat de faire encore après un repas copieux, on sera porté à penser que c'est un aliment essentiellement digestible, mais peu nourrissant. On a compté en effet que chaque douzaine d huîtres, y compris le liquide qu'elles contiennent, pesait quatre onces : or, il est commun de voir des gens qui en mangent six et même douze douzaines , par conséquent une livre et demie et trois livres , et qui mangent encore après cela abondamment ; et a coup sûr il n'en serait pas ainsi après avoir mangé la même quantité de viande, fut-ce du poulet. Aussi les huîtres sont-elles non-seulement permises, raais conseillées aux personnes délicates , aux convalescens et même aux sujets affectés de maladies chroniques , auxquels on permet quelques alimens. Dans les phlegmasies ctironiques de l'estomac , où les digestions sont en général si difliciles , les huîtres passent bien , et offrent une précieuse ressource.

Mais il y a loin de cet usage purement hygiénique aux propriétés médicamenteuses qui lui ont été attribuées, et que nous ne rapporterons pas toutes ici,

parce que nous ne devons pas tenir registre de toutes les erreurs qui ont régné plus ou moins long-temps. La vertu aphrodisiaque est bien loin d'être prouvée d'une manière suffisante , et les effets réparateurs ne se manifestent pas plus spécialement vers les organes génitaux que vers tel autre système organique. Quant à leur application aux affections catarrhales diverses et aux maladies du système lymphatique, le vague de cette désignation est trop sensible pour qu'il soit nécessaire de la discuter davantage.

Quelques médecins ont vanté d'une manière toute particulière l'eau contenue dans les huîtres contre la dyspepsie. C'est en effet un excitant assez faible et qui peut être employé quelquefois avec avantage , mais qui n'est pas de nature à mériter la préférence sur une foule de moyens analogues.

C'est seulement dans l'enfance de la chimie qu'on n'a pu recommander les écailles d'huîtres , et même les perles qui s'y rencontrent quelquefois , comme des médicamens précieux pour absorber les acides des premières voies. Lorsqu'on veut remplir celte indication, on possède une foule de substances au moins aussi efficaces que celles-là , qui peut néanmoins trouver son application aussi bien que toute autre.

J. J^asfjrtier, 'Esaî médical sur les huîtres, Paris. 1818, în-4°.

£. Sainle-M-zrie. De l'iiuîlre et de son us.ige comme aliment et comme remède. Lvou 1827,10-8".

(F. RàTIER.)

HUMORISME. On doit désigner par ce nom un système qui consiste à considérer les vices ou altérations des humeurs comme un des élémens fondamentaux d'un certain nombre de maladies.

§ I';''. L'opinion que les humeurs ou les liquides jouent un rôle plus ou moins important dans les phénomènes morbides, est aussi ancienne que la médecine; et cette manière de voir est trop légilimeraent déduite de l'observation des faits, pour que l'humorisme eût pu rencontrer de véritables contradicteurs , s'il se fût renfermé dans de justes limites. Malheureusement, il est arrivé pour cette opinion que ce qui arrive ]iresque constamment pour une opinion quelconque; c'est qu'on l'a pour ainsi dire outrée, exagérée, et dès-lors le système de 1 humorisme a dû rencontrer, comme il a rencontré en effet, de sérieux adversaires. Toutefois , parmi les adversaires de l'humorisme, il s'en est trouvé qui, tombant d'un excès dans un autre , et niant toute espèce de participation de la part des humeurs aux lésions morbides , ont mérité le même reproche qu'ils adressaient aux humoristes exclusifs. La vérité consiste donc ici dans une sorte de terme moyen : in medio stat venias. C'est là cette forme à'eclcclisine avouée par la saine raison , dont j'ai parlé précédemment dans ce dictionnaire {vojez Éclectisme); cet éclectisme n'a de nouveau que son nom , et constitue une inélhode qui n'est, au fond, autre chose que celte grande méthode expérimentale et rationnelle , source unique de toutes les vérités et tous les bons systèmes.

§ IL Comme tous les systèmes en général , l'humorisme a subi dans le cours des siècles de grandes motlifications , de notables révolutions. Il a dû se présenter d'abord sous une forme grossière, barbare, pour ainsi dire, puis se polir et se perfectionner, et revêtir enfin la forme positive, rationnelle, philosopliique. En effet, que pouvait être l'humorisme du siècle d'Hippocrate , c'est-à-dire d'une époque où les connaissances anatomiques et physiologiques , grâces au défaut de moyens d'observation, étaient en quelque sorte réduites à zéro ? Sous Galien lui-même , l'anatomie et la physiologie étaient encore trop rudimentaires,trop peu cultivées, pour que l'on pût espérer de fonder un système support table d'humorisme. C'est là véritablement la période d'enfance de l'humorisme. Les altérations humorales étaient alors plutôt imaginées que décrites; car, lorsf|ue l'esprit humain jette les premiers fundemens d'une doctrine quelconque, l liypothèse , plus que l'observation , fait les frais du système. Un temps arrive à la longue où les hypothèses sont soumises à la rude et féconde épreuve de la vérification , au creuset de l'observation , et alors, par un double bienfait, cette admirable méthode expérimentale, non contente d'exterminer les erreurs, crée à leur place des vérités nouvelles.

Telle fut l'ardeur avec laquelle Galien défendit, développa , propagea, exagéra les doctrines humorales , que le célèbre médecin de Pergame fut considéré comme le père de 1 liuraorisme , et que les mots huinorisine et galénisme devinrent plus tard presque synonymes.

Les Arabes , fidèles imitateurs des anciens, du moins dans la plupart des questions médicales , adoptèrent le fond des doctrines galéniques et se bornèrent à leur imprimer la teinte de cette ulchimic , dont ils furent les inventeurs. Disciple exalté des Arabes , le fameux Paracelse fit triompher l'humorisme alchimique, et l'on connaît la doctrine des fermons de l'un des disciples de Paracelse, le célèbre 'Van-Helmont. (A cela près , Van-Helmont , comme on sait, était éminemment vitaliste. ) En France, quelques observateurs illustres , tels que les Fernel , les Duret , les Baillou , tout en s'élevant contre les applications des doctrines chimiques à la médecine , ne s'en constituaient pas moins les défenseurs de l'antique humorismc. Alors la France n'était pas , comme aujourd'hui , à la tête du mouvement de réforme dans la plupart des sciences. En Hollande , Sylvius de Leboe , Willis en Angleterre , contribuèrent puissamment au succès de l'humorisme.

Dans le dix-huitième siècle , sous le règne des Hoffmann , des Boerhaave et des Baglivi, les doctrines mécaniques , désignées souvent aussi sous le nom de système des solidistes , si elles ne firent pas complètement rentrer l'humorisme dans le néant , lui firent perdre du moins beaucoup de son importance , et on le vit en quelque sorte pâlir devant leur étoile naissante. Toutefois les Bordeu,

HUMORISME.

HUMORISME.

les Stoll , les Zimmennann firent jouer un rôle important à l'allération des humeurs dans la production d'une foule de maladies et dans celle des fièvres en particulier, dont quelques - unes leur paraissent dépendre de la putridité du sang.

Plus récemment, Cullen, Brown et notre illustre Pinel portèrent un coup terrible aux doctrines humorales , et, si ce système vivace s'est relevé malgré les efforts de ces bras puissans, ce n'est pas , comme l'a dit l'auteur de l'article Humorisme du Dictionnaire de médecine , en 21 vol., parce que « ce système » ofl're des séductions aux médecins d'un esprit borné qui trouvent en lui un » facile moyen de se rendre raison des phénomènes les plus grossiers des malan dies , et de capter la. faveur du public en caressant les phÉjlgés ; » mais c'est que 1 humorisme a pour base inébranluble les faits de l'observation , et que, d'aulre part, la raison nous dit que chercher à se rendre compte dos phénomènes morbides , sans faire intervenir en aucune façon les altérations (les humeurs, ne serait pas un moi)is grossier contre-sens que de prétendre expliquer les divers phénomènes physiologiques , les fonctions normales, sans l'influence des liquides ou des humeurs. Au reste, un auteur qui n'était point un médecin d'un esprit borné , et qui ne cherchait point à capter la faveur du public en caressant les prcjugésj le grand Bichat, h l'époque où même une guerre si vive était déclarée aux doctrines humorales par les nosographes les plus célèbres, osait se déclarer, dans son immortelle Anatomie générale, partisan modéré de l'humorisme , et professait que : « Toute théorie exclusive de solitlisme ï) et d'humorisme était un véritable contre-sens pathologique. «

§ III. Comme Bichat, tout ce que notre mémorable époque actuelle contient d'observateurs habiles et dég.igés de préjugés , s'est prononcé en faveur du système de Thumorisme, renfermé dans de justes limites. « L'humorisme, dit » M. le docteur Rochoux [Journal hehdomatlaire de médecine , t. 2 , p. 563 ) , o s'est acquis et continue chaque jour à s'acquérir de si nombreux prosélytes, » que l'on pourra bientôt aussi facilement compter ses adversaires que naguère D on complait ses partisans. Il n'est pas d'ouvrage de médecine un peu impor- » tant, où ce système ne se trouve plus ou moins honorablement mentionné ,

» pas d'article où l'on n'en parle aussitôt qu'on le peut Ce retour à

1) d'anciens principes prouve plus en leur faveur que s'ils n'eussent jamais été » abandonnés ; et dans un siècle comme le nôtre, où tout ce qui est susceptible » d'applications utiles eu reçoit promptement, les grands résultats que cliacun » peut aisément prévoir ne se laisseront sans doute pas long-temps attendre. »

De ce que l'ère médicale actuel'e a rchabilité pour ainsi dire l'humorisiue et lui a reconquis les droits qu'il avait perdus, esl-ce à dire pour cela qu'elle adopte les doctrines des Galien , des Paracelsc ou des Sylvius de Leboe ? Non , sans doute. L'humorisme de ces vieux temps ne saurait être le nôtre. Grâces au perfectionnement de nos méthodes d'observation, aux immenses progrès de la physique et de la chimie , I humorisme des modernes n'a pour ainsi dire de commun que le nom avec l'humorisme des anciens.

Malgré les incontestables améliorations dont s'est enrichie dans ces derniers temps cette partie de la médecine qu'on pourrait appeler l'a/iaiomà' et la plijsiologie pathologiques des liquides animaux , avouons, de bonne foi, que ce sujet important laisse beaucoup encore à désirer, et que cette mine féconde , mais diflicile à exploiter, est bien loin d'être épuisée Multiplions donc les expériences et les observations , aidons-nous incessamment de ces merveilleux iustrumens de physique , de ces admirables procédés d'apalyse de la chmiie, et certainement nous verrons s'agrandir peu à peu l'édifice de nos connaissances dans la matière qui nous occupe.

Quelque limité qu'il puisse être , l'inventaire des faits positifs et précis que nous possédons sur les altérations des liquides ou des humeurs, dépasserait de beaucoup les bornes que me jirescrit la nature de cet ouvi'age. Essayons seulement de faire connaître les principales classes ou les genres capitaux des altérations humorales et spécialement de celles du sang, principe de presque toutes les autres humeurs. M. Rochoux , dans son mémoire sur l'humorisme ( Journal liehdomadaire de médecine) , uiodifiant une classification déjà connue, rajjporte à trois grands chefs les altérations du sang; savoir :

1" Altérations si>ontakée.s ;

2° Altérations par soustraction ;

3" Altérations par addition.

L'expression de spontanées qui distingue la première de ces divisions , est un peu vague, et ne nous apprend rien sur la nature même des altérations qu'elle désigne.

Dans ses excellentes rcchei-ch es expérimentales sur le sang humain, après avoir signalée combien sont imparfaites encore nos idées sur les altéialions du sang, et combien il est diflicile de déterminer si ces altérations sont primitives ou consécutives, M. le docteur Denis établit que, comme toute partie organisée malade, le sang peut pécher, ou par une perturbation vitale particulière (à ce mode d'altération appartiennent, suivant M. Denis , l'irritation, Fiiiflammation, etc , et il ajoute que l'irrita lion et l'inflammation constituant des lésions des solides , ne peuvent se manifester dans le sang), ou par un excès de substance , ou par le défaut de celle-ci , ou par un changement complet d'organisation, ou par l'introduction dans sa substance de corps étrangers , ou par un obstacle mécanique à l'exécuLioii de ses mouvemens. M. Denis cite ensuite des exemples à ra])piii de son assertion.

« lo Les conditions vitales du sjug sont changées , dit- il, quand il donne une « couenne j 2o il y a hypertrophie sanguine , dans les cas de pléthore ; la masse » du sang , et surtout 1 hématosine de cette humeur sont exubérantes ; 3» dans » l'anémie , le sang est atrophié; sa masse et son hématosine principalement,

» ont beaucoup diminué ; 4" on a vu des cas où la saignée a extrait des veines » un sang violet ou brun , même roussâtre ; on a remarqué quelquefois que le » sang restait incoagulable , que la fibrine était altérée ; 5° on a signalé la ma- « tière jaune de la bile dans le sang des ictériques ; 6" des corps étrangers » s'introduisent dans le sang par absorption, et tantôt ils tuent immédiatement, » sans décomposer le sang, tantôt ils dénaturent ce liquide ; 7° c{uand le sang » s'arrête dans ses vaisseaux, il ne tarde pas à coaguler, et il s'opère une sorte » de décomposition de ses parties. »

Il serait bien à désirer qu'un médecin laborieux et instruit entreprit la lâche difficile de réunir en un corps de doctrine tout ce que la science possède aujourd'hui sur les altérations de chacun des liquides. Cet ouvrage, qui représenterait ainsi l'état actuel de 1 humorisme , deviendrait un point de départ pour les progrès ultérieurs dont cette branche de la médecine est susceptible.

En attendant , il nous semble que les principales espèces des altérations des humeurs ou des liquides pourraient se ranger dans les classes suivantes :

1». /Jltéraiions dans la quantité. — Les exemples de ce genre d'altérations ne manquent pas; bornons-nous à citer la pléthore sanguine , le diabète non sucré , comme exemples d'augmentation; l'anémie comme exemple de diminution. Lorsque les liquides sont composés de plusieurs élémens, un seul de ces élémens ou quelques-uns seulement peuvent avoir augmenté ou diminué de quantité. Ainsi , dans la pléthore proprement dite , c'est surtout la fibrine et la matière colorante qui sont en plus grande abondance; dans l'anémie, au contraire , elles sont en moindre quantité que dans l'état normal, 'Voilà des altérations ou lésions de proportion.

2°. Altérations consistant dans un obstacle au cours des liquides ( lésions mécaniques ou hydio - dynamiques). — Il n'est pas besoin de rapporter des exemples de ce genre d altérations. Disons seulement que de cet obstacle au cours des liquides dérivent une foule d'altérations dans les propriétés physiques et chimiques des liquides, altérations que nous indiquerons plus bas.

3°. Altérations physiques. Les liquides peuvent éprouver des changemens dans leur couleur, leur densilé, leur viscosité , etc. Ils peuvent passer de l'état fluide à l'état solide, et cristalliser en quelque soi te. C'est ainsi, par exemple, qu'il n'est pas très-rare de rencontrer le sang concrété , coagulé dans le cœur, et les gros vaisseaux ( j)lus spécialement toutefois dans le système à sang noir); c'est ainsi que se forment dans les réservoirs et les conduits excréteurs une foule de concrétions plus ou moins compactes, etc. Les différences de proportion entre les élémens constitutifs des liquides sont une des causes qui contribuent le plus à altérer les propriétés physiques des liquides; ainsi , par exemple, si le sang était si visqueux , si poisseux , si noir dans 1 épidémie de choléra que nous venons d'observer, n'est-ce pas principalement parce que ce liquide avait été dépouillé d'ime énorme quantité de son élément aqueux, par suite des excessives évacuations gastro-intestinales, etc., etc.?

4°. Altérations chimiques ou de composition moléculaire. — Les altérations de cette catégorie ne sont pas moins communes que les précédentes; toutefois , ce sont celles sur lesquelles il importe le plus de faire de nouvelles recherches. Les causes qui les produisent sont très-nombreuses : de ce nombre sont les vices d'alimentation et 1 influence d'un air plus ou moins altéré, les suppurations soit aiguës soit chroui((ue3 , dont nos divers organes peuvent être le siège ; les corps étrangers , les matières vénéneuses introduites dans le torrent circulatoire, etc. Qui oserait nier que la composition des humeurs ne soit altérée chez les individus en j)roie à ces maladies désignées autrefois sous le nom àc cachexies , telles que le scorbut, les affections cancéreuses anciennes , etc. ? Lorsque les inflammations des divers organes se terminent par suppuration, n'est-il pas évident cpi'il existe une altération dans la composition des produits que sécrètent normalement ces organes ? et lorsque ces organes sont destinés à contenir des liquides excrémenlitiels , n'est-il pas clair encore que ces liquides sont plus ou moins profondément altérés par leur mélange ou leur combinaison avec la matière qui est le produit de la suppuration? Lorsque l'inflammation suppurative siège dans le système sanguin , comme cela n'est malheureusement pas rare, le sang n'éprouve-t-il pas de graves changemens dans ses propriétés chimiques et physiques, et n'est-ce pas là une des principales causes des mortels accidens auxijuels la phlébite et l'artérite peuvent donner lieu? Dans les fièvres dites faussement essentielles , les altérations du sang jouent un rôle important, ainsi que je crois l'avoir dén-.onfré ailleurs par des faits irrt ensables. (Traité clinique et expérimental des Jièvres dites essentielles. ) N'en esl-i! pas de même dans les typhus proprement dit? (Les expériences de MM. Dupuy et Magendie, celles que j'ai faites moi-même ne permettent guère le doute à cet égar<l.) M. Andral ( C^('///'(yj(e médicale, 2" édition) professe également que dans les maladies dont il vient d'être question , il n'est pas permis , si l'on veut en avoir une idée large et complète , de négliger l'élément indiqué , savoir , l'altératiau des liquides et celle du syng en particulier.

.5". Admettrons-nous , en outre des lésions précédentes, une nouvelle classe de lésions des liquides, celle des lésions vitales, c'est-à-dire des lésions essentiellement différentes de celles que nous appelons physiques, mécaniques, chimiques? Je ne puis concevoir , je l'avoue, des lésions d'un ordre purement métaphysique dans le corps humain, seul objet des études du pathologisle. Mais je n'en reconnais pas moins que, vu les bornes inijjosées à nos moyens d'observation , il peut exisler dans les fluides, comme aussi dans les solides , des lésions tellement subtiles qu'elles échappent à notre cxploralion. Si c'est pour de telles lésions que l'on réserve le nom de vitales , à la bonne heure ; leur existence, je le répète, ne saurait être révoquéeen doute ; mais, de ce que des lésions se dérobent à nos moyens actuels d'observation . il serait réelle

HYDARTHROSE,

HTD^Î^THROSE.

jCiit anli-scicnli/îque d'en conclure qu'elles sont d'un ordre immatériel. IQuoi qu"il en soit , nous espérons que les considérations rapides qui viennent être présentées , suffiront pour convaincre nos lecteurs de toute l'importance ji s'attache à l élude et à la connaissance des altérations que peuvent subir

!3 liquides, puisque parmi les maladies qu'on désigne vulgairement sous le tm de maladies internes, il n'en est réelleuient presque aucune pù une alléra- )n quelconque An liquides ne se rencontre comme élément, soit principal , soit cessoire. Dans Tinflammalion en particulier, dans cette maladie si vulgaire, ïuel rôle ne jouent pas les liijuides, spit pendant la période d'irritation, soit lendant celles de suppuration , de cicatrisation ou d'organisation de? produits pprninlcnient sécrétés ? Mais, diront peut-être quelques solidistes honteux: « on [e nie pas les altérations des licjuides. Ce n'est pas là la question; la véritable kestion est de savoir si les altérations des liquides sont primitives ou consécu- 'ves, et quelle est leur part dans les indications curatives? » S'il s'agit tle réduire la grande question de l'humorisme et du splidisme à une uiple affaire de prèscunce , de déterminer, en uq mot, si le splidisnje doit voir le pas sur 1 humprisme, ou celui-ci sur l'autre , je déclare qu'une telle iscussiou n'est pas de ma compétence : je n'ai pas les élémens nécessaires pour 1 solution du problème. En attendant que d'autres aient décidé auquel de ces eux élémens pathologiques doivent appartenir

Des vains liooDeurs <1u rang le frivole avantage,

n peut, je crois , admettre , sans grand inconvénient , qu'il ont une égale part ans la génération des phénomènes morbides.

Quant à la question de la priinilii>ité ou de la consécutii>ité (grâce pour ces .^pressions abréviatives) des altérations des liquides, on peut la résoudre de 3 manière suivante:

l". Il est des cas pù les lésions des liquides paraissent avoir préexisté à celles les solides , comme dans certaines cachexies ^ ou lésipns de la nutrition (le hcorLut, par exemple).

j 2». Dans d'autres cas les lésions des liquides ont étç consécutives à celles des [iolides, ce qui toutefois n'est pas aussi commun qu'on pourrait le croire, en examinant la question de plus près qu'on ne l'avajt t'ait jusqu'ici-

3". Enfin , il est un très-grand nombre de maladies (et l'inQammation elleipcme me semble devoir être ra-ngée dans celle catégorie) où les lésions des l^iquides et des solides sont simuttiinées.

(J. Bpuillaud )

HYDARTHROSEj s. f. , de v^op^ eau, et up^po-j, article, jointure. Ou désigne par cette expression I hydropisie des articulations.

I La profondeur à laquelle sont situées la plupart de? articulations diarthro- (liales, et la difficulté que cette circonstance apporte daiis l'appréciation du flot du liquide épanché , ont dû faire et ont fait Ipng-lemps , en ell'et , méconnaître cette maladie; aussi n'est-ce pas dans Les anciens ouvrages que l'on doit cherçlier sur elle des notions positives. Ambroise Paré, un des premiers, a re- ;çonnu quelques uns des caractères véritables de l'hytlartlirose, et a dpnné le çonseil de donner issue par une opération à la matière de cel aposlàme aqueux, nom qu'il attribue à cette afl'eclion. Mais, liàtons-nous de Je dire, 'a cette époque, comme aujourii'hui , le plus souvent l'hydarthrose n'était appréciée que Iprsqu'elle était arrivée à un développement considérable , et lorsque la tumeur qu'elle formait était assez superficielle pour que la fluctuation y parût très-sen-si^le.

J.-L Petit a bien reconnu la fréquence très-gr,ande des épanchejwens synoviaux: mais disons-le, ce célèbre praticien, tombant da^is une erreur opppsée à.celle de ses devanciers, a fait jouer h l'hydarlhrose un r<Vle beaucoup trop important dans la production de diverses lésions articulaires. D'autre part, des chirurgiens, dont les noms méritent cependant d être cités , Thomas Pierson, Lieutaud , Bell et plusieurs autres , ont confondu l'hydarlhrose avec ces maladies variées des ligamens et des autres parties articulaires , que l'on a depuis 4ésignées sous le nom assez peu juste de tumeut-^ blanches.

.L'hyciarthrose a été rangée par les auteurs dans la classe des hydropisies , ^ans laquelle elle forme un genre bien distinct; mais peut-on , rigoureusement parlant, rapprocher l une de l'autre ces deux affections? ou en d'autres termes, existe-t-il des épanchemens synoviaux essentiels, sans phlegmasie d,e ]a membrane articulaire . comme il y a des épanchemens séreux sans phlegmasie des membranes de ce nom? Tel n'est pas mon avis; je compare au contraire senle- Bient l'hydarthrose à l'épanchemeiit séreux qui succède si souvent à la pleurésie ou à la péritonite. Toutes les fois qu'il m'a été donné de constater par l'ouvertijredes corps l'état d'une articulation , siège d'une hydarthrose, voici en effet çp que j'ai rencontré : la maladie était-elle récente? je trouvais la membrane synoviale rouge, injectée ; les cartilages articulaires étaient intacts, et la matière épanchée en quantité variable, était jaunâtre, filante et chargée de flocons aJbumineux plus ou moins développés. A cette époque l'injection vasculaire fiait prononcée , surtput au niveau de ces replis que l'pn aappelès /"ranges synoviales; et, spit dit en passant, jamais je n'ai trpiivé d'injection réelle dans les cartilages diarthrodiau.\; je ne parle pas de l'injection de la membrane synoviale sur les cartilages, parce que je pense avec MM. Magendie et Cruveilhier que Ion s'abuse , quand on croit que celle membrane se trouve dans ces points , et «urtout parce que jamais je n'ai rien vu Vjui ressemblât à une injection de ce câté. L'hydarlhrose était-elle ancienne ? la meipbrane synoviale m'appai aissj^it épaissie, fongueuse , de couleur violacée , et présentant à sa face articulaire une apparence veloutée remarquable ; dans ces cas j'ai toujours trouvé les cartilages ilétruits ou soulevés comme des lames organiques , et à leur place j'ai vu sur l'os

DlCT. DE MÉDECIKE ET DE CHlRUKGlt PRATIQUES.

un tissu rougeàtrc , fongueux , veloAilé et cpnlinp avec la membrane synoviale dégénérée; ce dej nicr tissu a été coiifondu faussement avec la membrane synoviale qui se prolongerait sur l'os, mais ce n'est réeJlemenl qu'un développement du parenchyme cellulaire de rexlrcmité de l'os, qui peut ainsi paraître à nu lorsqu'il s'est dépouillé de ses cartilages, ou lorsque ceux-ci ont été résorbés. Or, je le demande , ces lésions pathologiipies ne sont-elles pas exclusivement celles de la synovite , et de la synovite la mieux caractérisée?

L'hydarlhrose peut affecter toutes les articulations diarllirodiales à surfaces conliguès; mais on l'observe surtout dans celles des membres pelviens, et plus souvent dans les arliculatio:is ginglyuioidales que d;ins les orbiculaires. On verra d'ailleurs que les causes les plus communes de celle maladie ont bien plus de prise sur ces articulations.

Il est superflu d insister, avec les auteurs , pour établir que l'hydarllirosie est le produit d'une rupture d'équilibre entre l'e^halatioji el l'absorption de la synovie; c'est là|, en effet, une manière de présenter le fait de Ihydropisie articulaire , mais ce n'est point énoncer la cause de son apparition. Tantôt l'hydarthrose est la suite d'une violence extérieure, .coups, chutes, etc.; elle accompagne souvent, et à des degrés divers, les entorses , les luxations ; tantôt elle est la suite deg plaies pénétrantes des articulations et de marclies forcées. Souvent la syphilis, ou même les moyens employiég pour combatlre cette affection ont été la cause de la malailie qui nous occiijie. J'ai vu plusieurs fois des hydarthroses apparaître chez des individus affectés ,dc blennoj ijiagie , et auxquels j'administrais du baume de copahu. Dans un cas il m'a paru évident que le médicament que je viens de citer avait été étranger à la production de l'hydarthrose , car elle parut très- peu de temps après qu'on eut commencé son usage; mais une autre fois le malade avait pris pendant dix jours celte substance , et la maladiedispai'ut promplement lorsque l'on cessa son emploi. Diverses ruétastases goutteuses, rhumatismales, ou même éiysipélateuscs , ont fréquemment paru produire l'hydarthrose- 1 1 est impossible de ne pas reconnaître à l'appui de l'opinion tpie j'ai précédemment émise touchant la nature intime de l'hydarlhrose, que toutes ces causes sont aussi celles de l'inflamiiulion articulaire véritable ; et <le même, il est maintenant facile de concevoir les deux propositions que j'ai établies , touchant la plus grande fréquence de 1 liydarlhrose dans les nnînibres inférieurs et dans les articulations ginglymoidales : 1" dans les membre inférieurs , parce que les articulations y sont , parsuilc des fonctions de ces parties , plus exposées aux violences extérieures; '1° dans les articulations ginglyinoidales, parce que dans ces joinlnres les mouvemens ne se passant que dans dei.Lx directions opposées, les violences exlérjeuies irritent d'autant plus la membrane .synoviale, que leur action s'exerce seulxîment dans une direction circonscrite-

Les symjitômes de l'hydarthrose sput foit dillérens , suivant la période vers laquelle on observe cette maladie , comme aussi suivant le lieu qu'elle occupe- A son début l'hydarthrose présente tous les caractères de l'iuflammalion articulaire la plus vive , ou pour mieu.v dire . alors il n'y a qu'inflammation articulaire sans épanchement, et partant pas d hydarlhrose ; seulement chez certains sujets faibles et lymphatiques, l'inflamination lente et obscure, ne donne lieu qu'à des symplôuies également obscurs; tandis que chez d'autres, el le plus ordinairernent , la symplomalologie bien tranchée est eu rapport avec une phlegmasie plus active et plus franche. Quoi qu'il en soit , bientôt l'appareil inflammatoire diminue, et en même temps un gouOemeut vient annoncer réjiaiichemeut synovial qui en a été la conséquence- A celte époque de la maladie , les mouvemens ne sont plus aussi faciles que dans l'état normal , et le membre alFecté prend uneattilude qui varie suivant l'espèce d'articulation quiest le siégedel'hydartbrose : l'hydarthrose des articulations ginglymoidales entraîne nécessairement la flex.iondu membre au niveau de ces articulations, parce que dans celle position les ligamens latéraux plus relâchés, permettent plus d écarlement entre les surfacec articulaires ; et qu'ainsi il résulte une place plus grande pour le liquide épanché, et par suile moins de gène pour le malade; l'hydarthrose des articulations orbiculaires lient le membre dans une position moyenne entre celle que lui donnent les mouvemens de flexion, d'extension, d'adduction et d'abduction, parce que celte position est celle où le ligament orbiculaire est relâché, et la cavité synoviale le plus large possible. A celle époque aussi les douleurs sont nulles ou très-sourdes, soit que le malade reste en repos , soit qu'il imprime à son membre des mouvemens dans la jointure affectée; celte dernière circonstance a maintes fois abusé les malades touchant la gravité de leur état. On ne l'observe toutefois qu'aussi long-temps que l'hydarthrose et simple, et que les extrémités osseuses et les ligamens articulaires n'ont subi aucune altération. En mémo temps, quand on presse dans deux sens opposes et alternativement l'articulation malade, on éprouve un sentiment de fluctuation bien sensible, quand l'articulation est superficielle et le liquide abondant, mais qui a besoin, pour être perçue, d'un tact très-exercé dans les circonstances opposées. Au reste, pour faire celte épreuve, il faut choisir les points où l'articulation est le plus superficielle , ceux où la membrane synoviale est placée le plus près delà peau.

\,A tumélaclion de l'arlicnlalion malade est aussi un .symptôme constant, et dont l'importance ne saurait être mise en doute ; elle est sensible , comme Ja fluctuation, dans les lieux au niveau desquels la membrane synoviale est peu soutenue par les parties molles extérieures, et en dehors des ligamens de l'articulation. Ainsi , au genou , deux tumeurs apparaissent sur les côtes de Ja rotule et du ligament qui unit cet os au tibia ; au coude-pied, même chose se rencontre sur les deux côtés des tendons extenseurs des orteils; au coude, Ja tuméfaction est sensible en arrière . sur les côtés de l'olécrane et du tendon du triceps.

L'hydarthrose débute parfois d'une manière très-rapide j telle est celle qui

HTDARTHROSE.

HTDRAGOGUES.

succède au rhumatisme articulaire aigii ; mais {l'autres fois , et le plus ordinairement ,elle survient lentement, et s'empare d'une articulation presque à Tinsu du malade. La distinction en aigué et chronique, active et passive, appliquée an\ autres hyilro|>isies , convient également à celle-ci , comme on le voit.

Abandonnée à elle-même, l'hydarthrose se termine par résolution, ou bien elle persiste plus ou moins long-temps, et proilnit des désonires articuldires plus ou moins graves. La première solution est la plus avantageuse, et par bonheur aussi elle e>t la plus commune, surtout lorsque riiy.lropisie articulaire s'est développée chez un individu sain d'ailleurs, et d'une bonne constitution. Mais chez les personnes d'un tempérament lymphatique, chez les enl'ans ou les scrofuleux, à l'hydropisie synoviale viennent se joindre une loule d'altéralions bien plus graves que celle qui t'ait le caractère de la m iladie primitive : les cartilages diarlhrodiaux se raaiollissenl et se résolvent en lilainens implantés perpendiculairement sur les surfaces os.-.euses , et libi es <lans la jointure ; ou bien ils s'enlèvent par lames , sont résorbés , et laissent à nu l exlrémilé de l'os. Les os eux-mêmes se gonflent, deviennent mous et très-facilement sécables avec les instrumens que l'on n'applique ordinairement qu'aux paities molles ; ils deviennent fongueux, là où le cartilage les tapissait auparavant, parfois ils prennent aussi la disposition éburnée, comme l'a démontré M. le professeur Cruveilliier. Du pus succède dans 1 articulation à l'huiueur synoviale ou séro-purulente , les ligamens se ramollissent, la membrane synoviale tievient fongueuse et comme veloutée, les parties molles qui entourent la jointure s'allèrent clK s mêmes, de petits abcès s'y développent , une tuméfaction uniforme s'empare de toute la partie, la fièvre hectique s'allume, et le malade ne larde pas à succomber, après avoir passé par tous les degrés du marasme. Cependant la scène n'est pas toujours aussi triste, et la nature , parfois , après avoir permis la destruction de presque toutes les parties articulaires , arrête brusquement l influence délétère de la maladie , en faisant loul-h-fait disparaître l'articulation au moyen de rantylose ou soudure des extrémités osseuses. Cette lerniinaison heureuse ^ lorsque la maladie est très-avancée, est d autant plus lacile a concevoir, qu'alors les cartilages étant détruits, les os conligus sont dans des rapports semblables à ceux des extrémités des Iragmens d une Iratture compliquée de plaie suppuran te. Au reste, la raideur que conservent pendant long-temps les articulations qui ont été affectées d'hydartlirose , ne doit pas être con ouiKie avec celte fusion intime des deux os auparavant conligus; elle a seulement son siège dans les ligamens et dans les parties molles extérieures , qui ont participé plus ou moins, comme on l'a vu, à l'état iiiQammatoire de l'articulation.

Le diagnostic de 1 liydarthrose, facile quand elle a pris tout son développement , ne l'est plus autant au début ou vers la fin de celle maladie ; au début, on la confoiiil très-facileme nt a vec l'a/vA/v/e; h la fin, au contraire, elle prend graduellement le caractère de la tumeur blanclie Dans l'arllirile cependant il .existe de vives douleurs, tandis que l'hydarthrose bien Iranclie est peu douloureuse; et dans la tumeur blanche la tuméfaction n'est pas circonscrite à quelques points du contour articulaire , ce qui a toujours lieu dans l'hydarthrose, dans laquelle en outre une fluctuation manilcsle peut facilement être perçue quand on presse dans deux sens opposés la partie malade. Il est plus difficile de distinguer l'hydarthrose de certaines affections séreuses ou puriileiiles , placées en dehors de la menbrane synoviale d'une articulation, surtout si l'on n a point assisté au début de la maladie; dans ces cas cependant , les mouvemens sont plus libi es dans l'articulation , et la tuméfaction n'est que rarement circon-icrile aux lieux qu'elle occupe dans l'hydarthrose. J'ai vu des abcès développés sous la partie inférieure du triceps fémoral, simuler I hydarilirose du genou , à la seule différence près de la situation un peu moins élevée de la lumenrdans celle-ci. Dans la même région, certains ganglions développés dans la bourse muqueuse placée derrière le ligament rnlulien , entre lui el le tibia , représentent assez bien une hydarthrose , si ce n'est qu'alors la tumeur est un peu plus iiiférieuremeiit placée; dans ces tumeurs ganglioiiaires souvent aussi il existe des corps étrangers libres , dont la pression fait percevoir un frémissement particulier , assez analogue , suivant la remar(]ue de M . Dnpuyiren , à la sensation que fait éprouver le frottement des anneaux d'une chaîne métallique très-fine: circonstance qui manque dans l'hydarthrose véritable.

Ce qui a été dit plus haut indique assez toute la gravité de l'hydarthrose; cependant quand elle est récente , peu considérable , et surtout quand elle s'est développée chez un individu tloué d'une bonne constitution , elle peut guérir promptemenl ; et ce qui est plus important encore, elle peut disparaître sans retour. Dans les circonstances opposées , elle dure long temps et trop souvent , comme je l'ai dit, elle dégénère eu une tumeur blanche qui peut elle-même conduire le malade au tombeau , ou le réduire à implorer le triste secours de la icclion de son membre.

Au début de l'hydarthrose et aussi long temps que durent les caractères inflammatoires, le traiicment antiphlogistique est exclusivement nécessaire , surtout le liaiieuient anliphlogislique local: les sangsues, les cataplasmes , le repos le plus complet de la partie malade , et cette itcinière condition ne peut ttre remplie q„e par la position demi fléchie , lorsque l'hydarthrose siège dans une articulai lou g.uglymo.dale. AussitcM .pie celte première période de îhydarthrosc est passée, les rubcfians locaux seront utilement employés ; les vésica toires volans ont surtout très-lréquemment réussi. Les frictions sèches , les applications de liqueurs résolutives et les boissons diurétiques sont au.si très-convenables. A ce desie, la compression proposée par Bell jouit d une efficacité

remarquable, secondée de l'immobilité I

plus absolue. Pour rendre plus

prompts les effets de la compression , p,i 1 |,,.bi,ude de placer sur les point; au n.,cau desquels lu membrane synoviale est peu soutenue par les parties c.Ué

rieures, des compresses graduées , et d'appliquer le bandage roulé par dessus;! I taudis que, d'autre part, pour assurer la plus complète immobilité de l'articulation , j'emploie avec grand avantage des gouttières de bois ou de fer blane garnies de linge, pour en reiulre au membre malade le contact plus doux, L'emploi de la compression sur l'articulation malade n'empêche pas l'applicatiou de vèsicaloires , de cautères ou de moxas un peu au dessus de la partie. M. Mai jolin retire journellement de grands avantages de cette pratique , que j'ai également adoptée.

Le plus souvent la compression et l'immobilité long-temps continuées amè-! neiit une complète résolution de la maladie , et il ne reste plus alors qu'à faire disparaiire une raideur légère qui persiste pendant long-temps; mais dans les cas ipii se montrent plus refi actaires h la compression , les frictions avec l'onguent napolitain ou la pommade au caloniel , les douches sulfureuses, les bains de même nature sont indiqués ; et enfin la ponction de la jointure a été conseillée, lorsijiie tous ces moyens niétlio.licjiiement appliqués ont échoué- La ponction ou paracentèse des articulations a le tort de permettre l'introduction de! ■ l'air dans la membrane synoviale , et par conséquent de favoriser le développe-! j ment de graves accidens ; aussi peut-on dire que cette opération est aujourd'hui ' justement tombée dans l'oubli, malgré les éloges que lui ont donnés plusieursi i chirurgiens. La sévérité du jugement que je viens de porter sur la paracentèse' t articulaire m'impose le devoir tie citer des autorités à l'appui de mon opinion,! i et je n'en puis choisir de plus inipoi tante que celle de mon excellent maitre lej | professeur Boyer. Voici les seuls cas dans lesipiels il conseille d'y avoirt' I recours , 1° lorsque l'hy ilropisie arliculaire est compliquée rie la présence d'un} | corps étranger formé dans l'articulation ; car, dit-il , dans ce cas , la membra-' ] ne synoviide ayant conserfé son état naturel , l'oui'erture qu'on y pratique pour l donner issue au corps étranger et à la syno^'ie se consolide comme une plaie \ simple , /lourt'u qu'on la réunisse immédiatement et que le malade ne commette l aucune imprudence : 2" lorsque la maladie est très- considérable , accompagnée- j de douleurs plus ou moins lui'es, et qu'elle empêche les moui'emens de l'articula^ : tion , soit qu'elle ait été précédée d'une Jorte inflaiimialion , ou qu'elle se soit' ! formée lentement el sans cause connue. A la vénlé , ajoute le célèbre profes-' « seur , c/t/Hi ce cai , l'opération expose le malade à des accidens grat'es. Il est' 1 évident que dans le premier cas, c'est pour l'extraction du corps étranger que| '. l'opéralion est pi oposce , jiuisque sa présence est la condition sine qnd non de laj i nécessité de l'opération; et dans le second cas, je le dis hautement, l'opéra-' ( tion me parait dangereuse , h cause des accidens qu'elle peut entraîner , suivant \ l'assertion même de l'auteur que je prends pour modèle , et surtout parce que ! dans la circonstance précisée, les douleurs vives sont la preuve, à mon sens, de la dégénérescence commencée de l'hydarthrose; car dans cette maladie, j lorsqu'elle est simple , quelque grande que soit la quantité du fluide épanche,' \ il n y a que peu ou point de douleurs . comme je 1 .li dit plus haut. ' I

Au reste , si malgré ces raisons , on voulait pratiquer la paracentèse articu- i laire, il faudrait choisir le point au niveau duquel la membrane synoviale estlc' ' moins recouverte de parties molles , celui vers lequel ou ne court aucun risque' j de blesser des nerfs ou des vaisseaux. 11 faudrait laire exercer une pression sur' I la partie opposée de l'article, de façon à relbiilcr la synovie vers le premiei' ! point; et alors, tantôt avec un trois-quarts on ferait une ponction simple, tantôt' t et de préférence avec un bistouri on ferait une pelile incision qui comprendrait! i toutes les parties extra-articulaires et la membrane synoviale en dernier lieu.' Chaussicr voulait que l'on coupât la peau après lui avoir lait un pli transversal;' I quelques personnes conseillent de couper celle-ci après l'avoir att irée fortement^ ■ en haut ou en bas . de façon qu'après l'opération , la peau revenant sur elle-; i même par le fait de la cessation de la traction, son ouverture cesse d'être paral-l j lèle à l'ouverture de la synoviale , et (jue l'air n'ait aucun accès à 1 intérieur ■ 1

Lorsque la synovie s'est écoulée, la petite plaie doit cire recouverte d'ur! emplâtre de sparailrap, que I on soulève tous les jours pour donner issue à la ' ; synovie qui s'i panche de nouveau dans les premiers momeiis. Quelquefois ii'i j est nécessaire de séparer avec un stylet les lèvres de la plaie cjui se réunissenll | trop vite; toujours il faut tenir l'ail iculation dans le relâchement et dans 1(! i repos le plus complet, la recouvrir de linges imbibés de liqueurs résolutives;! i el se meltre en garde contre les accidens les plus graves, accidens qui soni fréquemment arrivés , comme il a été dit plus haut.

(Ph.-Fréd. Blahdik).

HYDA.TIDES. A^o/ciEntozoaires.

HYDR ACIDES (Chimie médicale). On donne ce nom aux acides formés paii \ la combinaison de I hydrogène avec un corps éleclro négatif , et qui , de jilus , ont la propriété, lorsi|u'oii les met en contact avec une base saliliable oxigénee, de former de l'eau et un composé du métal de la base avec le corps éleclro-nc gatif de l'aciiie. Ainsi, l'acide lit dtoclilorique mis en contact avec de la baryte ou oxide de barium , forme de Veau et du chlorure de barium ; l'acide ItfdrO' sulfuriquc mis en contact avec 1 oxi le de plomb forme île I enu el du sulf ure di plomb; l'aciiie hydrocyanique uni a i'oxide de mercure iluune naissance à d( Veau ei 'a Ali cyanure de mercure. Ce nom, oppose à celui A'oxacides , offrt le défaut de faire croire généralement que , de même que l'oxigène est le pria cipe négatif ou acidifiant des oxacides , l'hydrogène est le principe négatif oi acidifiant îles hydracides; mais en ne le prenant que comme I expression d'ur (ail, Aes acides hydrogénés , il peut servir à grouper ensemble des corps qu ont en effet un certain nombre de caractères communs (Guibodrt.)

HYDllAGOGUES. Ou emploie ce mot pour désigner les médicamens qu; augmentent 1 exhalation séreuse du canal intestinal . et à l'aide destjuels on se propose d'obtenir l'évacuation des collections séreuses qui forment les hydn^

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