HYDRA.GOGUES
HTDRAGO GUES.
isies. La signification de ce mot <lé rive de son étymologie : vJia^ , eau; «yeu , Ije conduis , j'expulse.
D'après l'étyraoiogie que nous donnons du mot hydragogue , on pourrait em- [ployer celte expression pour <lc-igiier les etrets de pJusieui s agens lliérapeutitqiies , sous l'iiiflueucc desquels on voit s'échapper de l'économie des sueurs abondantes , des urines copieuses , dont la sérosité constitue l'un des printi- 'paux élémens ; mais ces agcus et leurs elFels ont reçu les noms particuliers de ijudorifiques , de diurelupies : (pi'il nous suffise donc de les avoir in diqués. jAjoutons cepenilant, que l'on oblient l'effet liydragogue par des médications bien différentes : en prescrivani tantôt de simples boissons adoucissantes et [tantôt des boissons loniquf?. , selon <|ue la cause de l'bydropisie semble hy- Ipersthénique ou liyposilirnique. Nous nous éloiynei ions de noire sujet en lui donnant une trop gi amle exiensiou ; cherchons plutôt à 1 examiner dans ses , véritables limites, alin de le mieux taire connaître.
ji § i<='- Dans sou livre sur les pin g itils, Fei nel consacre un chapitre entier à [ ceux qu'il appelle liydi agogue». Jlajiour titre: {)uce uc/uai et serusos humores \ducuiitj liydras^os^ii uicia. Sydenham reconnaît, eu parlant des calhartiques , Ique les plus énergiques d'cnire eux expulsent la séiositc ; Ickorcm seiosum i^ortitcr e siiiit^uiiie ex/jw t-mit ni iubciucuiii , dit-il (touie 1 , page 2U8 , Ojjera {tnedica). Ce mot hyilragogue , admis par nos devanciers , ne se trouve plus {que dans les Dicliounuires , et n'est guère emj)loyé muinleiiant dans le lang age |mëdical. L'impossibilile où l'on est dans la plupart dea cas ne se rendre un ^compte exact de la manière d'agir îles medicaiiiens , donnerait une raison plaii- (ible de cet abandon, si Ion ne voyait (|ue ceux doiK les ett'els sont le plus constans , le quinquina et I u|)iuiu, exercent leur aciiou bicnlaisante sans que l'on puisse encore 1 expliquer. (lonseiitoiis donc à les employer sans cunii<iilre leur manière d'agir, sans cela notre matière mudicale , deju si restreinte, serait bientôt réduite à rien.
{ Les résultats de I action des purgatifs sur le canal intestinal font reconnaître i une augmentaiiun de sécrétion du loie, des lolliculcs muqucux el des bouches ; exhalantes qui versent , sur la membrane qui le tapisse, une (|>.iaiililé notable , de fluides séreux, (Schwilgue, Mal. inéd. , t. il , page 369. Voyez f uhgatifs.) J Ne peul-il pas arriver que ces diverses sccrelions soient augmentées isolement? On l'observe dans la diarrhée bilieuse; dans la diarrhie muqueuse, sécrétion qui, sous le nom de glaires , a tant occupé les médecins luiuioristes ; on l'observe enfin dans ces di.irihées séreuses qui , sous rintluence d'un agent physique ou d'une émotion vive , survieiiiieiil lout-a-eoup el se dissipent quelquefois avec la aie. ne rapidité. N avons nous pas vu , dans le cours du ehuiéra asiatique, ces exhalations séro-muqueu^es , abondantes, troubles , grumeleuses et blanchâtres , lournies par le caïul iiilestiiidl , et qui , en dépouilhiut le sang et les flcrides sécrètes de la séiositc qui leur est nécessaire, enrayaient les fonctions de l'économie et anéantissaient la vie?
Dira-t-on que ces tieruières excrétions sont le produit exclusif des follicules I muqueux ? bans doute ces lolliculcs prennent une part plus ou moins active dans la sécrétion; I augmentation de volume qu'ils présentent quelq uelois , suffit du moins pour le laire croire ; mais ce développement n est ni as^ez général , ui assez constant, ni assez considérable pour expliquer a lui seul l'abondance des excrétions bi enfin ou examine le liquide exhalé, la ditlcrence très-grande que l'on trouve entre ses propriétés et celles «le la sécrétion normale ou moi bide des loUicules muqueux, ne prouve t-elie pas que cette exhalation ne doit pas venir entièrement de la même source , et qu elle n'est pas plus le produit de ces seuls follicules, que la sueur n est le produit des follicules sébacés de la peau ? La perspiratioii intestinale y est dont entrée pour quelque chose.
Cette faculté exhalante ou perspiratoire du canal intestinal n'esl-elle pas une conséquence de la structure analumique de la membrane muqueuse si souvent rap|)rochée de celle de la peau? LNous voyons i la surface de l'une se produire la perspiralion cutanée, si bien appréciée par Sdiictorius, et qui , dans quelques cas , se manifeste par des sueurs copieuses. On admet que l'exhalation séreuse de l'autre a lieu au moyen des bouches exhalantes admises par Bicbat, ou à travers les porus organisés et sensibles de Dumas. Dans l'ctal normal, cette exhalation n est p,is plus apparente que la transpiration insensible, mais elle devient très>evidenle dans quelques cas. Ainsi, l'action du Iroid l'augmente, et détermine' la diarihce; ainsi la disj)arition rapide d'une collection de séro- «ité l'accroît d'une manière protligietise : ce qui est mis hors de doute p^ir plusieurs exemples que nous avons vus, el par l'observation que le professeur Andral a rapjiortce dans sa thèse pour l'agrégation (page 28). 'Voici l'un des cas les plus reuiarquables que nous ayons observés , et dans lequel nous ne pensons pas (|ue le traitement ait eu une grande influence sur l'apparition du flux séreux dont il est question.
Un inspecteur de fiacres , âgé de cinquante-huit ans, ancien militaire, d'une tres-forte coiislilution, adonné à 1 usage iminodérc du vin, et atteint autrefois , dans une rixe , d'une contusion à l épigastre et à l'hypocomlre droit, entra à l'hôpital Beaujon leGaoùt 1832. Il était affecté d'une infiltration considérable de tout le tissu cellulaire, d une ascile et d'un hydrotliorax. La force cl l'étendue des battemens du cœur, ainsi que la dureté et la largeur tlu pouls indiquaient une hy|)ertrophie excentri((ue du ventricule gauche. L'hypocondre droit et l'épigaslre ctdient I lès douloiireux. Deux saignées du bras et des sangsues appliquées à l'épigastre diminuèrent les douleurs locales , mais ne modifièrent pas sensiblement les autres accideiis. Des boissons nitrces et la digitale en poudre furent prescrites. Le malade prenait deux grains par jour de ce dernier médicament , lorsque des garde-robes séro-bilieuses commencèrent
à paraître ; nous pensâmes qu'un écart de régime les avait occasionées Ces gai de-robes augmentèrent rapiilement , et bientôt , cinq à six pintes de sérosité limpide , contenant à peine quelques grumeaux bilieux , jaunâtres , furent évacués en vingt-quatre heures. L'aiiasar(|ue et les é|)anchemcns diminuèrent et disparurent; mais le flux séreux, entièrement différent du flux cholérique, continua ; on chercha en vain à le modérer à l'.iide des astringens ; le malade tomba dans l'état d'émaciation et de dépérissement le plus remarquable. Il succomba.
Nous trouvâmes à l'ouverture le cœur lij'pertropbié ; le foie diminué de volume, d une texture dense et friable. Une tumeur cancéreuse encéphaloïde occupait la petite courbure de l'estomac ; nous n'en avions pas soupçonne l'existence. La surface muipieuse de l'intestin était l'.âle et blafarde.
§ II. L'existence de cette exhalai ion séreuse du canal inle.'.tiiial nous semble donc incontestablement prouvée ; avons nous à notre disposition des ageni» thérapeutiques capables de l'exciter? Les anciens en ont indii|ué plusieurs qu ils ont décorés du nom d'iiydragogues.
Des médecins modernes ont également constaté l'existence de cette propriété dans certains végétaux inconnus à nos devanciers. Ainsi , on l'a rencontrée dans une plante qui croît au Brésil , le caïnca ou ka'inça , que MM. Langdorf et Maitius ont fait connaître en Allemagne, et que M. François a employé utilement en France { voyez Kaïnça ).
L'observation du professeur Amiral que nous avons citée plus haut, est un exemple de l'effet hydragogue du sirop de nerj)run uni à I huile de ricin.
Nous avons publié dans le BuHetin de tliérnpeuiicjue , 30 mars 1832 , une note sur l'usage du suc de la racine de sureau dans l'ascite. L'invasion du choléra nous a em|ièché de continuer nos observations. Cependant les faits que nous avons recueillis nous ont prouvé que si ce médicament échoue quelquefois, son utilité semble démontrée par un assez grand nombre «le succès, pour que l'on en puisse laire usage lorsque les hydragogues sont indiqués. ( yoj'ez
SUBEAD.)
La réunion de plusieurs substances ordinairement di asliqiics a été employée par quelques médecins pour composer des médic.iniens dont on vante les vertus hydragogues. L'ellébore forme la base des pilules de Baker; 1 aloës et la gomme gulte entrent dans la composition des pilules de Bontius, que nous avons vu employer avec succès par notre honorable collègue de l'hôpital Beaujon , M. Hcnauldin, dans plusieurs cas d'ascile ou d'anasarcpie. J'ai retiré des effets avantageux d'associations analogues dans le cas d'ascite suivant :
M. Perd"*, âgé de soixante ans, marchand de vins, atteint depuis longtemps de troubles dans la digestion, entretenus par une irritation chronique des voies gastriques et biliaires (|ue l'usage un peu abusif du vin et de fréquens relroiilissemens avaient occasioncs , s'aperçut, pendant le printemps de 1 832 , que son ventre augmentait sensiblement de volume, et que la quantité de ses Urines diminuait chaque jour. Il essaya qiiebjues moyens qui ne changèrent rien à sa position. Je le vis pour la première fois , le 19 juin. Son ventre était triplé de volume par un épanchemcnt abondant de sérosité que la fluctuation et les autres signes de l'ascite faisaient facilement reconnaître. Le faciès du malade élail pâle, émacié ; ses membres supérieurs offraient le même aspect. Les inférieurs , également paies, étaient infiltrés ; l'appareil circulatoire n'offrait rien de remarquable. Le malade avait peu de soif, de l'appétil ; mais la digestion était difficile , accompagnée d'éructations et de malaise; la région épigastrique n était cependant p.is douloureuse; le foie ne paraissait pas augmenté de volume ; mais la constipation ha biluelle , la couleur pàle et la consistance terre-glaise des fèces, indi(|uaient suffisamment un trouble fonctionnel de cet organe; les urines manquaient presque entièrement. J'essayai inutilement le suc lie sureau. Son inaction et la répugnance que le malade en conçut, me firent abandonner avec d'autant plus de facilité cette préparation , qu'à celte époque de l'aiince , les racines ties plantes sont douées de peu de verlus médicamenteuses. La digitale en poudre fut mise en usage sans succès ; son union avec la scille n'oilnt pas plus d'avantage L'oppression devint assez considérable |)our nécessiter la ponction, le 13 août. La quantité des urines augmenta pendant quelques jours; mais bienlôt le ventre reprit son ancien volume , et pbligi'a de recourir a une nouvelle ponction , le 29 août.
Les jours suivans , le malade se plaignit de douleurs hypogastriques , de difficulté extrême pour rendre le peu d'urine qu'il devait excréter. La pression du ventre augmentait les douleurs, un mouvement fébrile se joignit à ces symptômes. Je craignis une cystopéritonite. Je fis appliquer des sangsues à l'anus et à l'Iiypogastre ; je prescrivis des ilemi-bains , des cataplasmes emolliens, des boissons eniulsionnées et des deini-lavemens émolliens. Bientôt j'appris que ces derniers ne pénétraient point dans le rectum , et qu ils s échappaienl de l'anus pendant qu'on les poussait ilans l'intestin. Pensant qu'il pouvait y avoir quelque obstacle mécanique à leur entrée, j introduisis le doigt indicateur dans le rectum; je le trouvai distenilu de fèces endurcies et rcaiplissanl tout le petit bassin. L'atonie survenue dans les muscles abilorainaux jwr la distension du ventre, avait enlevé à ceux-ci la force nécessaire pour opérer la défécation. Cette accumulation s'était formée , et avait occasloné , depuis la dernière ponction . les accidens dont j ai parlé plus haut Une partie de ces matières fut extraite avec le doigt ; le reste sortit lorsque l'on eut donné un lavement purgatif.
Le ventre continuant à augmenter de volume, et les viscères abdominaux ne présentant aucun signe de plilegmasie aiguë, car depuis long-temps le malade était à l'usage du lait, des potages , de quelques alimens légers et de boissons
HYDRAGOGUES. < 1232 )
adoucissantes niliees , je pensai revenir à l emploi des purgatifs bydragoguçs. L'atonie du rectum me détermina à formuler les pilules suivantes :
Prenez : Extrait d ellébore suisse , trois grains. Aloës ,
Gomme gulte , aa six grains.
Extrait de casse , q. s.
F. s. a. , et divisez en six pilules.
Le ma'adc en commença l'usage le 6 septembre ; il en prit une le soir et une le lendemain malin. Les garde-robes furent d abord composées de matières blanchâtres de la consistance du mastic ou de la terre-glaise. Les pilules furent continuées tous les deux , trois ou quatre jours ; le malade en prenait une le soir, une et quelquefois deux le matin ; la couleur des garde-robes devint de plus en plus foncée , et leur consistance plus grande. En même temps, une exhalation séreuse intestinale s'établit; elle augmenta, au point de donner lieu à une e.xcrction de plus de deux pintes de sérosité daus la matinée qui suivait l'usage des pilules. Le ventre diminua graduellement de volume, les lèocs se colorèrent , les digestions devinrent faciles . les forces se rétablirent, Ja mai'MCur disparut , les urines augmentèrent de quantité. Les dernières pilules furent prises le premier octobre ; le régime et les boissons nitrées d'un gros par pinte, furent seuls continués ; à la fin du mois, le malade était en «tat de sortir. Depuis , sa santé n'a fait que se consolider.
Si l'on examine les phénomènes produits par les hydragogues , dans les différent faits que nous avons rappelés ou cités, on voit qu'ils se réduisent aux suivans : coliques sans douleurs abtiominales , parfois vomissemens scro-muqueux , retour de l'appétit, digestions faciles, au!;nienlalion marquée de la sécrétion urinaire. Tels -sont les phénomènes qui accompagnent le plus souvent cet accroissement si cousidcrable de l'exhalation séreuse de la muqueuse intestinale , et qui s'élèvent jusqu'à huit ou dix pintes en vingl-tjuatre heures , ainsi que nous l'avons vu chez plusieurs malades. D'après ces résultats , il faut donc admettre que les difTérens médicamens vantés comme liydragogues agissent en iléterminant une irritation sécrétoire qui augmente l'exhalation séreuse du canal intestinal, de mcnie peut-être que les vésicans activent l'exhalation cutanée, et produisent la sécrétion séro-albumineuse que I on observe dans la vésicalion. Dans ce dernier cas, l'épidémie s'oppose à la continuation de l'action médicamenteuse, en retenant la sécrétion, et l'interposant entre la surface e.\halante et l'agent qui l'excile; sur le canal digestif au contraire, la surface intestinale étant dépourvue d'épidémie, l'exhalation peut se continuer plus lona-temps ; et la sensibilité moins vive du canal intestinal perme t que cette excitation soit entretenue sans iiiconvcuicut. Cette augmentation de la sécrétion séreuse du canal intestinal active l'absorption sur les surfaces séreuses et cellulaires; l'accroissement de l'absorption remplit les vaisseaux d'une plus grande quantité de sérosité, ceux-ci s'en débarrassent par les différentes voies que leur présente l'économie ; de même que quand on a injecté d'eau les veines ou les cavités séreuses d'un animal , on voit le liquide ruisseler pour ainsi dire sur les surfaces intestinale et bronchique , et s'échapper par les divers e'mouctoires qui s'oft'rent sur sa route.
Lorsque ces médicamens n'irritent pas outre mesure la surface intestinale, leur action augmente pendant long-temps. Aussi voit-on s'accroître chaque jour le produit ([u'ils occasionent ; cette action soutenue des hydragogues sur la muqueuse inte>linale , qui pré.sente une étendue analogue à celle de la surface libie du péritoine, doit faire concevoir comment, sous son influence, on peut obtenir la disparition de l'asci le , le retour à l'état normal de certaines hypertrophies viscérales , et peut-être la résolution plus ou moins parfaite de quelques dégénérescences organiques. Ces résultats méritent certainement foute
I attention des praticiens, puisqu ils permettent l'espoir d'arriver à la guérison de beaucoup d'hydropisies qui semblent d'abord devoir résister aux moyens énergiques que nous pouvons leur opposer.
Nous n'avons pas eu l'occasion d'essayer tous les médicamens que la matière médicale peut otFrir comme hydragogues. Voici le nom de ceux auxquels on a généralement reconnu cette propriété : l'aloës, la racine de bryone, la chélidoine,le colchique, la coloquinte, I huile de croton tiglium , l'ellébore , l'ér suie , l'euphorbe , le galéga , la gomme gulte , la gratiole , le jalap , le kainça , le sirop de nerprun, la scammonée, la soldanelle, le suc de la racine de sureau, et celui de I liièble. Voyez ces ditférens noms, et ce que nous avons dit plus haut des essais (jue l'on a tintés sur quehiues-unes de ces substances. Plusieurs composés , tels (|iie l'élixir américain , jouissent aussi de ces propriétés. Celui que nous venon» de citer, analogue .i un fameux purgatif qui , employé de nos jours pour toutes les maladies , compte de noQibreuses victimes, pourrait, entre des mains li.ibiles, produire d excellens résultats.
^ IlL Lorsque l'anasarque ou les hydropisies dépendent d'une maladie du cœur,la digitale et les autres moyens plus spécialement indiqués dans ces affeclioui , nous ayant souvent réussi , nous n'avons pas fait usage d'hydragogues.
II est prubable cependant qu'ils pourraient procurer du soulagement. Jl est certain du moins qu'on en devrait tenter l'usage si les autres médications échouaient. Ce serait pcut-êli e un moyen avantageux de remédier à l'engouement du système veineux abdominal que l'on observe souvent dans ces maladies. Lorsque les hydropisies ont pour cause une inflammation chronique, ou une altération organiciue des visccrcs abdominaux ou de la membrane séreuse quilesrecouvre, k's hydragogues rem|.!issent une double indication. Ils débarrassent l'économie des fluides séreux qui l'incommodent, et, en appelant sur la membrane muqueuse un surcroît d'excitation vitale ils détournent ces
HYDRARGYRH:.
fluxions Dnorbides qui déposant dans les organes des utiatériaux surabondaps, qui tantôt les hypertrophient , et tantôt y font naître ces productions accidentelles qui contribuent à entretenir les épanchemens séreux. Nous avons indiqué plusieurs e.\emples d'ascite dans lesquels ces résultats ont été constatés. Ces différens faits se rapportent tous à la variété de cette maladie que M. BouiU laud désigne sous le nom de dans son excellent article AscIte de ce
Dictionnaire. On les observe aussi dans quelques cas d'hydrothorax. On obtient de bons efl'ets dans ces derniers épanchemens, produits ordinaires d'un état morbide des plèvres, soit de la saignée, soit des ventouses mouchetées appliquées en grand nombre ; mais en associant à ces moyens l'usage des hydragogues, on accélère beaucoup la marche de la maladie. Nous en avons eu plusieurs exemples à 1 hôpital Beaujon j nous en avons maintenant un Irès-remarijuable à la clinique de la l'itié.
Cependant, lorsque de graves maladies organiques du cœur, d'e'normçs cancers du foie ou des viscères abdominaux, de volumineux squirres développés dans l'utérus, ou d'autres lésions analogues coexistent avec I hydropisie ou la produisent, les hydragogues n'ont pas plus de chances de succès que les autres médications. Quelquefois même ils ne déterminent alors aucune augmentation dans l'exhalation intestinale. Il fyut éviter de les prescrire , lorsque la muqueuse gastro-intesl inale est le siège d une inflammation cbrouique évidente, de peur d'occasioner des accidens plus graves. On sait cependant que ces motifs n'arrêtent pas toujoiirs les médecins anglais dans l'emploi des purgatifs, et qu'ils s'en trouvent bien quelquefois. L'idiosyucrasie des sujets peut démentir, dans celte circonstance comme dans beaucoup d'aulres , les prévisions les mieux fondées des plus habiles praticiens.
11 est impossible d'indiquer, parmi les hydragogues que nous avons cités, lequel d'entre eux devra obtenir la piélérençe. Parmi ceux que nous avons essayés, nous avons vu les plus actifs tantôt réussir, et titntôt n'avoir point de succès , sans qu'on ait pu prévoir ce résultat. On y parviendra probablement lorsque cette classe de médicamens sera moins négligée. Quelques laits récens auxquels de plus nombreux sans doute viendront s'ajouter , feront rentrer ces substances dans la pratique médicale , et feront connaître celle.i d'entre elle? qui méritent la préférence. Avant de les prescrire, il est nécessaire de s'assurer de l'intégrité du canal intestinal ; il faut attendre que l'inflammation des viscères abdominaux ait perdu son acuité, que l'état fébrile se soit amendé, et que les moyens moins énergiques conseillés contre l'hydropisie aient été employés sans succès. Il faut , pendant qu'on les prescrit , conseiller 1 usage d'u» régime adoucissant. Le lait, s'il convient au malade, pourra lui servir de boisson habituelle , et former la base de son alimentation. On permettra cependant en même temps des ulimens doux et faciles h digérer, surtout si J activilé des fonctions digestives l'exige. Nous avons remarqué que , soit par l'action des médicamens, soit par raborjdance des évacuations , le besoin de prendre des alimens se fait quelquefois vivement sentir. La faculté que les malades conservent de digérer facilement, annouce que l'on peut continuer l'emploi des médicamens. Lorsque ceux-ci ont produit les effets satisfaisans qu'on eu attendait , on en diminue d'abord les doses, puis on les éloigne de plus ep plus, jus((u'à ce c|U€ l'on voie que les collections séreuses cessent de se reproduire. Quand la cause qui les a occasiojices n'est pas détruite , on jieut alors cherche^' à la combattre. Si , pendant que l'on fait ysage des hydragogues, les évacualions sére-uses ne s'établissent point, ou si des symptômes d'irritation intestinale se développent, ou suspendra l'emploi de ces substances pour y revenir dans yn ipoqjent plus opportun , après avoir détruit la cause qui les empêchait d'agir ulilement. Enfin, lorsque l'on reconnailra que les causes indiquées plus haut rendent leur emploi inutile, on y renoncera , dans la crainte de déterminer une surexcitation dangereuse sur le canal intestinal. C'est ainsi qu'en maniant ces .médicamens avec habileté, les médecins en obtiendront de nombreux succès, tandis qu'abiiudonncs aux hommes ignorans et cupides qui les exploitent de nos jours, les accidens nombreux qu'ils occasionent empêchent d'apercevoir les résultats heureux qu'on en peut obtenir. ( Mabtin-Solon.)
HYDRARGYRIE, s. f. ( de hjdrargjrum , mercure ) ; éruption cutanée produite par l'administration intérieure ou extérieure du mercure , et caractérisée par des vésicules développées , avec ou sans fièvre , sur des surfaces rouges d'une étendue plus ou moins considérable, AHey en ? décrit trois variétés: hydiariiyria mitis ; hjrdiargyria Jehiilis ; hjdmrgyria maligna.
§ I. ÏShjdrargfria mitis , à la première vue, semble consister eo une légère elTIorescence de couleur rosée; mais lorsqu'on place les parties affectées entre l'œil et la lumière , en regardant avec beaucoup d'attention , on voit la peai^ couverte de vésicules , presque imperceptibles, transparentes, et qui peuvent être facilement distinguées à la loupe. L'éruption de ces vésicules n'est précédée d'aucun dérangement appréciable de la constitution. Elles apparaissent principalement à la ])artie supérieure et interne des cuisses , au scrotum , aux aines, et à la partie inférieure de l'abdomen , où elles sont annoncées par un sentiment de chaleur vive et de cuisson. Alley a vu cette éruption s'étendre ii toute la surface du corps. Les démangeaisons cuisantes qui accompagnent l'éruption reviennent quelquefois par accès , excitent de la rougeur h la peau et de l'accélération dans le pouls. La couleur de l'éruption diminue parla pression et elle se reproduit toul-à-coup lorsqu'on cesse de comprimer. Si on continue l'emploi du mercure , l'éruption augmente , et lorsque les vésicules sont l)ien développées , la peau parait rugueuse sous le doigt. Quelquefois l'efllores- i cence pâlit , sans desquamation sensible de l'épiderme; dans d'autres cas, la | peau ne reprend sa couleur naturelle que long- temps après que l'épiderme à ! .commencé à s'exfolier.
Il,
ÔTDRAR6YRIE.
HYDKARGTRIÊ.
^ ij'/iyjrargyria mitis i\ésiénhe souvent en hyrtrar^yria fehrilîs ou en hydraryria maligna , lorsqu'on continue rns;iç;e du mercure après l'apparilion de éruplion , ou bien encore lors.)iie ce remède est repris trop lôl pendant la onvalescenre , ou enfin lorsque les malades restent pliinués dans une atinos-
!h^l■e mercurielle. Dans de senilil:djlcs conditions . quel<|ues individus ont prouvé une iecoAif/<? érii/>t on , de inème iiatiii e et quelijiielois plus grave que ipremière. Alley ciledeuxrasoù celte récidive n'a pu être allribneeà lareprise Il mercure. Des deux malades , l'un était atteint de ptyalismc; l'inflammation 'les geiicixes continua juMju nj rès la <leiixirnie attaque : le second malade , lesté . par nécesssilé. dans une atmosplir-ie mercurielle , présenta des symplO- ^nes fébriles dès la première apparition de la maladie , et dans rinlei valle qui .'écunia entre la disparition et le retour de I éi uplion. Pearson dit qu'il a vu de lemblables récidives lors(|ue les malades avaient (|uillé l'bdpitalet se trouvaient (ans une almosplir-re pure.
2". Dans Vhj drurgr n'a /ebri/is, l'éruption est précédée de langueur, d'agiation , de Irissons ; elle est accompagnée de démangeaisons et de chaleur à la peau , dont la surl'aco est plus rugueuse au louclier que dans l'cfllorescence de Sa première espèce.
Cette éruption , toujours accompagnée d'une fièvre plus ou moins considéra - 'ble , ressemble tellement , les deux premiers jours , à la rougeole , (|u il serait difiicile de distinguer I une de l'autre ces deux malailies. si l'on ne tenait compte C|ue de leurs caractères extérieurs. A la lin du deuxième jour , les taches de 'rhydrargyrie fébrile , d abord isolées, cli.slinctes , deviennent ordinairement confluenles ; elles se réunissent en plaques rouges , de forme el de grandeur Tariées , plus larges que celles de la rougeole, el qui ne se des.-ineni pas, comme [celles de celte dernière , en pelils arcs ii iégiiliî'rs Le troisième et le qualriéme [jour , dans les cas les plus graves , la plus grande partie de la surface du corps devient d'un louge biill.mt , comme dans la première variété. L'criiplion commence ordinairement, chez les humilies, par le scrotum et I intérieur des cuisses, quelquefois sur la face dorsale des bras el des mains, et plus souvent sur le dos et 1 abdomen. Le docteur Duiican cite un cas dans lequel la maladie commença par la face , ijui est ordinairement une des dernières parties aH'eclées. Les vésicules sont plus apparenles dans Vhfdiartij ri'i J'ebntis que dans Vliydrai-gyria mitis , surtout au début de 1 éruplion ; plus lard , le Irulteuieut des vèlcinens peut les avoir déiniites. Ces vésicules, trcs-peliles. entourées d un cercle l ouge, [acquièrent bieiititt le volume d'une tète d'épingle, et devieiinenl Oj>aques et purulentes. Lorsque cette éruplion diminue, elle ressemble beaucoup, à la [ première vue , à rexantlicine de la scarlatine angineuse à son déclin. Cependant I l'hydrargyrie conserve toujours une couleur plus foncée.
[ La chali^ur de la peau s'élève (|uelquelois à 38° centigrades ; dans aucune [ maladie peut-être elle n est aussi continue cl aussi fatigante. Lorsque l'cruption s'est étendue en larges plaques , une humeur épaisse el très lélide suinte sur les parties où deux surfaces de la peau se touchent , comme aux aisselles , aux aines, à la partie interne et supérieure des cuisses , etc. [..a desquainalion cutanée commence le quatrième jour de l'éruption, rarement plus lard. Plus la maladie est légère, plus lot l'cpiderme s'exfolie : il se détache en plus larges portions (|ue dans la première espèce. Celte desijuamal ion est en général précédée d'un mal de gorge qui parait èire la suite de la chute de 1 épithelium du Voile du |>alais et du pharynx.
' Une seconde exfoliation de l'épiderme a quelquefois lieu; et si la peau parait Touge comme avant la première desquamation , ce n'e»t souvent qu'aprè» de liouvelles exfolialions épidermiques qu'elle reprend sa couleur naturelle; alors ce phénomène ne se reproduit plus. Ces desquamations successives el répétées ont été observées surtout dans les cas où l'on avait continué l'emploi du mercure après l'apparition de la maladie.
Des maux de lète , des nausées , un enduit blanc sale de la langue, de la constipation , de l'ojjpression, une loux violente el de la difTiculté à respirer sont les sympt<)mes généraux le plus ordinairement observés au début de l'éruplion. Le pouls , plein , donne de cent à cent trente pulsations par minutes ; la soif est ardente, et les malades désirent vivement les boissons acidulées. Au moment de rér.uplion , l'urine est rare et fortement colorée j elle devient abondanle el dépose un sédiment furfuracé vers la fin de la maladie ; souvent il y a constipation ou diarrhée , et ces deux phénomènes peuvent alterner avec l'éruplion.
Dans un cas observé par Alley . l'estomac rejeta les boissons pend.<nt toute la durée de la maladie. La fièvre diminue lors de la desquamation , et se termine ordinairement vers le onzième jour.
3°. 1-a cause la plus ordinaire de 1 /t/rfrc/rg'^/'i'a in/2Z/<5'na est la continuation de l'emploi du mercure ou son absorption par les poumons , après l'apparilion des premières vésicules Un malade aflfeclé de \'hj drargj ria fut atteint de la forme maligne pour êire resté dans un hôpital de Dublin, où l'on employait le mercure. Plusieurs autres faits ont prouvé que ce métal pouvaitètre ainsi absorbé par les poumons. Quoi qu'il en soit, Viiydrargyria nitiligna est caiaclérisée par les symptômes suivans : la chaleur de la peau s'élève quelquefois à 42o centig. ; la gorge et les a mygdales sont très-douloureuses ; la couleur de l'éruplion est d'un rouge foncé ou pourpre; le visage est tellement enflé que les traits ne sont plus distincts ; les paupières entièrement fermées , partagent la tuméfaction générale; et lorsque les vésicules flueiit , les j'eux deviennent excessivement douloureux. La peau, tuméfiée , douloureuse , est couverte de vésicules d'une plus grande dimension que dans les autres variétés, et de bull(;s volumineuses qui , en se rompant, fournissent une humeur acre el abondante. Les vésicules sont si nombreuses que t^iut l'épiderme se détache, comme dans DicT. DE Médecine et de CHiRuncip pk\tiqi'es.
les varioles compliquées de roséole. L'odeur de l'exsudation est caractéristique ( Alley ) , et analogue à une forte odeur de poisson ( D"" Spens ) ; elle est tellement désagréable (|u'e!le cause des nausées au malade el à ceux <|ui rapprochent. Dans un cas rapporte par Alley, lorsque l'épiilcrme se détacha de la peau du dos , il s'en écoula du sang au lieu de serosilc.
L'épiderme s'exfolie plus tard que tians les deux premières variétés ; la des ■ quaiiialion n'a lieu que vers le liiiiliènie ou le dixième (oiir de l'éruption L epiderme se détache quel(|uefois en eiitiiu- de la main, de manière à lormer une sorte de gant. Il se forme ensiiile d'épaisses incrusiations qui se séparent en lamelles jaunes; une nouvelle iiicrusialion succède à un nouvel écoulement de sérosité ; et chaque nouvelle descpiaination découvre une surface île moins en moins rouge; enfin, l'exsiida lion cesse , el lépiderme normal est reproduit. Cependant la peau peut rester long-temps rude et écailleuse. Qiiebjiiefois les ongles des pieds el des mains se délaeheni en même lemps <pie l'épiderme ou un peu plus tard. Dans un c.is rapporté par Pearson , noii-seuleiueiit les ongles tombèrent, mais ceux qui leur succédèrent furent déformés , comme ceux, des pei >oiines atteinles d'oiiyxis eezenialeiix.
P< nilant que la desi]u:imation commence sur un point, un écoulement séreux ou puriforme a quelquefois lieu sur un autre; et lorsque la maladie a disparu de presque toute la surface du corps, un seul point peut rester douloureux et enfl.iminé. Tel était le cas d'un malade dont parle M. Carinicliaël ; l'éruption disparut partout, excepté aux bras et aux mains qui restèrent rouges, dmilou. reu.K , et suppiii èreiil encore pendant trois semaines : tel él.iit eni ore celui d'un jeune honiuie traité par le docteur Spens, el chez lequel la maladie , après avoir attai|ué la partie inféri"uie du ventre , les organes de la génération . la partie supérieure el interne des cuissses et le cuir chevelu, persista long-temps sur ce dernier point, après avoir guéri rapidement sur les autres.
A la suite de \'hydrnr:;yria maligna, on observe quelquefois des gaiiglionifes douloureuses, de larges abcès aux aisselles et des furoncles sur d'autres parties du corps. La peau peut aussi èire profondément modifiée dans ses couches extérieures : un malade , marqué de petite vérole, ayant eu une attaque à'hydrargyria mnli^na, après sa giiéiison .on ne pul découvrir sur la peau aucune cicatrice. Pearson a vu tomber les cheveux , la barbe , les poils des aisselles et du pubis et une grande jiariie de-- sourcils : mais il est rare d'observer la chute des cils , lors même (|iie les paupières ont été enflammées.
La fièvre , ordinairement accompagnée d'une grande oppression , de difficulté de respirer , d'une loux fatigante, d'une douleur fi.se <lans la poitrine, quelquefois de crarhemens de sang et de siifl'ocaliou . est en général proportionnée à 1 innammation extérieure. Le pouls est dur et plein, comme dans la péripneumonie ; la gorge est ti ès-douloiireiise ; la voix est quelquefois rau([ue; la langue , d'aboi d blanche, devient jaune et brunnire à la base; cependant, dans un cas rapporté par le docteur Spens , elle est restée nette et humide pendant toute la maladie.
Alley n'a vu qu'un seul malade chez lequel l'appélit se soit conservé. Cependant M. Mullin parle d'un individu atteint de l'espèce la plus grave, et qui était à peine rassasie par le double de la portion d'alimcus ordinairement accordée dans ! hospice.
Pendant toute la mala<lie, on observe beaucoup de faiblesse et d'abattement; le sommeil est nul , et l'opium ne procure que de courls intervalles de repos. Les douleurs sont quelquefois inexprimables : un des malades du docteur Spens lui peignait son état en disant qu'il lui paraissait qu'on lui déchirait les chairs. Dans les cas les plus graves , une diarrhée abondante et fétide, du délire et du coma précèilenl la mort.
L'anorexie est aussi marquée que dans les alTections fébriles ordinaires. Un mal.ide observé par Alley eut des convulsions ; un autre rendait involontairement ses urines et ses excréuieiis.
Des frissons et une sensalitm pénible à la peau indiquent ordinairement une recrudescence ou une récif/tue de la mal.idie. (.haque nouvelle attaque est accompagnée de la fièvre inflammatoire qui a annoncé la première.
Des ulcères gangréneux , la fistule à l'anus, la phlhisie pulmonaire , le marasme , etc. . ont été observés à la suite de l'hydrargyrie maligne.
Ces trois variétés représentent les principales formes de 1 hydrargyrie ; je dois rappeler cependant qu'on a vu celte maladie débuter d'une manière peu grave en apparence , el re\êlir plus tard les symptômes les plus dangereux ; que des rechutes ont été plus sérieuses, plus longues que les premières attaques ; que la fièvre ne répond pas toujours à l'inti-nsiié des symptôme extérieurs ; enfin que l'éruption , quoique partielle , peut être suivie de desquamations douloureuses et répélées.
§ IL J'ai vu traiter el j'ai traité moi-même un assez grand nombre de malades chez lesquels l'administration du calomel ou de l'onguent mercuriel a produit des salivations abondanles ; j'ai soigné un assez grand nombre de doreurs atteints de tremblemens uierciiriels , et depuis vingt ans que j'étudie , je n'ai observé que trois exemples d hydrarayrie. Pourr|uoi cette maladie est-elle si rare en France ? Il est incontestable , cependant . qu'elle est proiliiite par l'administration du mercure ; que la simple suspension des préparations raercurielles arrête souvent ses progrès ; que leur usage aggrave ses .symplômes , et qu'elle peut être reproduite par la reprise trop prompte de ces préparations. 11 semble donc (ju'uue prédisposition de la peau ou de la eonslilulioii . ou que d'autres conditions peu connues , sont nécessaires à la produclion de cette maladie; de même (|u'on sait que certaines personnes peuvent faire usage de diverses préparations mercurielles sans eu éprouver d'effets fâcheux , landii
HTDRARGYRIE.
HTDRARGTRIE.
que d'autres sont affcclées par de tros-petites doses des mêmes substances.
Sur un certain nomljre d'individus ulleiuls de riiydrari:yne , les uns ne l'ont été qu'une fois quoiqii ils aient elé so(nni. à plusieurs trailemens mt rcuriels ; d'autres , après avoir élc aflTeclés de celte éruption au conimenceraent d'un traitement mercuriel , ont pu le re|irendre sans en éprouver aucun inconvénient ; chez d'autres , enfin , I cruplion n a eu lieu qu'après la salivation ou d'autres symptômes de l'influence mercunelie , ou à la suite de l'impression du froid ou de quei(|ue autre cause. Aucun â^e n'en est exempt : cepemlant Pearson n'a jamais vu l'hydrargyrie chez ties n;ala<ies âgés de plus de cincpiante ans.
Quelquefois 1 hydrargyrie a clé bt nigne , quoiqu'on eut employé beaucoup de mercure avant son invasion ; d autres fois elle a été grave et maligne , après l'administration dune quanlitt- comp.iralivement très petite de ce métal, et avant qu'on pût supposer que ce qu 04 appelle la ini-rcurialisation eut existé. Un adulte a étéalTecté d'hydr.irgy ne pour avoir pris deux grains de proto-cldorure de mercure pendant deux jours ( Alley , obs. 4 ). Le docteur Duncan a vu un cas semblable chez une tille de neuf ans. Trois grains de culomel , donnés à un enfant de sept ans pour le purger, ont produit une éruption mercurielle ( Alley, obs. 3 ) : le père de cet enlant avait clé atteint A Itjnliar^yrta tnulii^na, vin^t ans auparavant, eu faisant un traitement mercuriel contre une allection Tcnérienne. Deux sœurs ont ité affectées en même temps de cette éruption à l'hôpital de Lock, de Dublin, après avoir employé en fnclion trois dr-jchuies d'onguent mercuriel camphré ( Alley , obs. 1 , 2 ) Un des cas les plus grave^ observés par Alley avait été produit par une pilule bleue. Enfin , Pearson dit avoir vu cette maladie occasionee par le contact de l'onguent mercuriel, et même par celui de ([uelques granis de précipité rouge.
A Dublin , les frictions mercurielles ont paru déierminer plus fréquemment l'hydrargyrie , que d autres préparations de mercure administrées intérieurement. Alley pense que ta quantité de camphre, qui entre dans la composition de l'onguent mercuriel camphré, employé dans l'hôpital île Lock, est trop considérable ( deux sci upuU^s de camphre pour une once d'onguent mercuriel simple ) et que cette circonstance n'est peut-être pas sans influence sur la fréquence du développement de I hydrargyrie dans cet hôpital
Les symptômes de catarrhe pulmonaire observés dans t hydrargyrie , ont fait penser au docteur Gregory , que le froiil était une des cuu-.es dclerminantes de cette éruption. Un des coirespondans du docteur Spens lui écrivait également de Madras qu'elle était très-fréquente chez les Indiens , qu'on peut difiicilemeut faire vélir pendant un traitement mercuriel ; mais , d'un autre côté , ces symptômes de catarrhe ont été observés , dans I hydiargyrie , sous rintluence d'une douce température.
Les hommes paraissent plus sujets à celte maladie que les femmes :
Hydrargyria mitis, liydrargyriafcbrilis. Uydrargyria maligaa. Total . Morts. Guéris.
Hommes. 6 12 10 28 6 22
Femmes. 4 7 15 2 13
Total.
Ces cas ont été observés par Alley dans une période de dix années : trois fois seulement la maladie s'est développée chez des enfans , et chez aucun d'eux le mercure n'avait été administré pour une afi'ection vénérienne ; chez la plupart des adultes , le mercure avait été employé pour combattre des symptômes véiicriens primitifs ou secondaires.
§ 111. Pour distinguer l'hydrargyrie des autres maladies , il suffit de se rappeler que cette inflammation vésiculeuse est produite par le mercure ; que l'éruption et la fièvre sont isochrones ; que la peau cnfl immée sécrète , sur quelques points , une humeur dont l'odeur est caractérislique ; que la desquamation, précédée de douleur à la gorge et aux amygdales, a lieu du quatrième au huitième jour , etc. 11 est vrai que l'eczéma rubrum a tous les caractères extérieurs de I hydrargyrie ; même rougeur a la peau et mêmes vésicules : mais il ne reconnaît pas , comme elle , une cause spéciale ; il est rarement aussi général , et n'est pas accompagné d'inflammation de la bouche, d'angine , de salivation , etc. L'hydrargyrie est une maladie aiguë ; l'eczéma lubruin est presque toujours chronique. On dislingue encore plus facilement l'hydrargyrie. des pustules non fluenles, produites par les friction^ d onguent mercuriel rance sur des parties couvei tes de poils ; on ne la confondra pas non plus avec quelques autres inflammations artificielles de la peau. On sait que les moules, les amandes amères , les mousserons , les harengs , les crabes , les homards , pris comme alimens , peuvent proiluire des éruptions qui , suivant la remarque du docteur Kondeau , ont quelque ressemblance avec la scarlatine , l'érythème ou l'hydrargyrie. Le docteur (darke et M. Rodgers ont aussi fait coniiaitre des éruptions produites par des poissons d un usage ordinaire chez les Indiens ou les insulaires de l'iie Saint-Catherine. Alley a vu une éruption vésiculeuse dont la couleur était semblable à celle d'un homard bouilli . occasionée par un maquereau gâté. Le docteur Johnston , de Cork , cite un cas d'éruption géne'r;de provoquée par le camphre , etc. La connaissance de ces faits et de quelques autres qui seront ultérieurement exposés {uoyez Inflammatioks cutanées autipiciELLES ) , et celles des conditions dans lesquelles I hydrargyrie se développe, •rendent toute espèce de méprise impossible.
J IV. Dans deux cas de gonorrhée , dit Alley , l'écoulement a été suspendu par l'hydrargyrie , et n'a jamais reparu après la gucrison de cette éruption. Celte suspension ou cette di^parilion des symptômes n'est pas bornée à ceux de nature véucrienne : un malade qui employait l'onguent mercuriel pour une àiépatite grave , fut atteint d hydrargyrie après quelques frictions , et l'aireclion
du foie disparut ; une solution de deuto-chlorure de mercure prescrite par ufc empirique dans un cas analogue fut suivie des mêmes effets salutaires. Ces guérisons signalées par Alley n'ont cependant étë observées que lorsque l'afTection mercurielle s'est montrée sous la forme fébrile ou maligne. L'hydrargyrie bénii^ne cause peu ou point de diminution dans les symptômes de la syphilis locale ou constitutionnelle, ou d'une autre maladie. On a obsi rvé , en outre , que lorsque les symptômes primitifs de la syphilis avaient élé éloignés par l'hydrargyrie , ils reparaissaient piesque toujours après la diminuiion de la fièvre qui avait accompagné l'éruption mercurielle. Le docteur Kenn avait déjà remarqué que les ulcères syphilitiques disparus sous riiifluence de celte espèce de Jièvre se reproduisaient en général lorsqu'elle cessait, à mesure que le malade recouvrait ses forces.
L'hydrargyrie étant une modification de la constitution différente de celle que produit ordinairement le mercure, Alley, Crarapton et Willan pensent que le développement de cette éruption ne doit avoir aucune influence sur la durée du traitement mercuriel des maladies vénériennes. Quelques praticien» ont cependant avancé qu'une plus petite quantité de mercure était alors nécessaire pour la guérison de ces afl'cctions'
MM. Garnett et Wilmot , chirurgiens de l'hôpital de Lock , n'ont jamais vu l'hydrargyrie donner lieu à des craintes sérieuses : ce qu'ils attribuent à l'habitude constante qu'ils ont de suspendre l emploi du mercure dès l'invasion de la maladie. M. Crampton n'a vu I hydrargyrie se terminer par la mort que chez quelques malades qui, croyant l'éruption vénérienne, avaient continué l'emploi des préparations mercurielles. Suivant lui , la fièvre qui accompagne l'éruption, quel que soit son degré de violence , n'est jamais grave ; le danger delà fièvre secondaire , qui apparaît lorsque la peau est baignée d'une humeur purulente , est proportionné à l'étendue des surfaces dénudées. Cette fièvre perd quel(]uefois le caractère inflammatoire , et peut prendre l'apparence de la fièvre hectique. Les malades éprouvent des frissons, une sorte de tremblement des 0 * membres , une extrême faiblesse , et un amaigrissement trop considérable pour i| être expliqué seulement par la sécrétion morbide.
5 V. Pour que la guérison de {'hyt/rar^yria milis s'opère , il suffit de sus- j \^ pendre l'emploi du mercure, de soustraire le malade à l'influence d'une atmos phère mercurielle s'il y est exposé , et <le lui recommander de faire usage de n m quelques bains , de boissons délayantes et de légers purgatifs. Pearson a jugé qiielquelois utile de continuer 1 emploi du mercure pendant l'éruption , par des considérations étrangères au traitement de celte malailie. Lorsque I hydrargyrie esl surson déclin , on peut aussi quelquefois reprendre avec avantage l'emploi du mercure contre la syphilis : dans le cas de Davidson , rapporté par le docteur Spens, le mercure fut ainsi prescrit, et la guérison de l'éruption n'en fut pas moins rapide : un autre mala<le , atteint d'eczéma mercuriel , avait un bubon ulcéré ouvert h l'aine gauche-; lorsque rinflammation fut à son déclin, on prescrivit une pilule mercurielle matin et soir , et le bubon guérit , samque l'inflammation de la peau fût aggravée.
Dans l'hydrargyrie Jebrilc simple et dans l'espèce maligne , rien ne pourrait autoriser l'emploi du mercure. En le suspendant tlès le début , on a été quelquefois assez heureux pour rendre peu grave une éruption qui débutait avec j violence L'oubli de ces précautions a produit dans quelques cas malheureux | A une telle aggravation des symptômes , que le traitement le plus actif n'a pu eni; A prévenir les fâcheuses eoiiséquences. Comme la salivation , I hydrargyrie , une /j'i lois déclarée , a une marche presque forcée ; aussi Pearson et Alley pensentils que, si les symptômes les plus douloureux de ceite maladie peuvent être calmés par des remèdes appropriés , aucun traitement ne peut en arrêter la marche.
Dans Vhydrargyria fcbrilis et dans l'fiydrargyria maligna , les ablutions fraîches ou froides calment la chaleur fatigante qui accompagne l'éruption. Les bains tièdes ou frais sont aussi très-utiles lorsque l'état des malades permet de les répeter à des intervalles rapprochés. L'immersion dans l'eau tiède soulageait un malade traité par le docteur Spens ; mais elle ne put être rép<''tce, parce qu'elle ' produisait ta syncope. Après les immersions fréquentes dans l'eau fraicheou I tiède, tes purgatifs sont te moyen le plus sûr de diminuer la chaleur excessive delà peau. Le docteur Crampton prescrit le jalap en poudre associé aux sels! > neutres; l<; docteur Spens s'est servi de l'électuaire lénitif avec parties égales' '• de soufre sublimé; Alley pense que le surtarlrate de potasse est préférable : les purgatifs mercuriels doivent être rejetés. '
Lors(|ue le pouls est plein et fort, la saignée doit être pratiquée, surtout dansi i les cas de bronchile concomitante. Alley a vu mourir un malade , parce qu'on' 1 craignit de faire une saignée nécessaire. Le catarrhe pulmonaire mercuriel cèdel I souvent aussi aux purgatifs. '
Alley dit que les vésicatoires peuvent quelquefois être utiles. Mulliii pense; \ que leur application sur des parties enflammées et couvertes de vésicules peuCjj ( être suivie de gangrène. | 1
Les cas où l'émétique pourrait être utile n'ont pas été suffisamment déter-!f | minés. Il ;
On étanche la soif avec les boissons acidulées.
Pearson conseille d'employer l'opium, pour procurer du sommeil , abrégei ' les souffrances , et pour combattre la diarrhée qu'on observe presque toujouri' I pendant la lièvre secondaire. On associe quelquefois avec succès les opiacés elj. le qiiiinpiina à un vin généreux , dans la période de sécrétion purulente d(|| i Y hydrui gyria malignu. j"
Pour prévenir la résorption de 1 humeur sécrétée et favoriser la forraatior d'un nouvel épiderme , indépendamment des bains tempérés et des ablutioni '
J| HYDROCÈLE
aralcbes répétées ^ on a recommandé les poudres absorbantes , le charbon pilé, 'les linimens avec de l'eau de chaux , etc. Quant aux lotions ou aux applications aturnines , Alley pense que leurs avantages , comiue topiques , sont plus que laluncés par les inconvcniens de leur absorption.
En résumé , les ablutions fraîches , les bains tempérés , nn régime doux , les lurgatifs et Popium, sont les remèdes ordinaires de riiydrargyrie. Les émissions anguines et les toniques ne sont applicables que dans des conditions particuières , plus graves et heureusement beaucoup plus rares. ( Voyez Mehccre ,
iTPHlLIUES. )
On trouve (Uns Tli. Bonet {Med. septent., vol. 2, edil. Geo., p. 384) el dans Benj. Bell Treatise on tite gnnorrhea vii ulenta , elc. , vol. 2. p. 227) quelcjues [lassaf^es (jui se rap- >ortcnt ^ riiydrarj^yi'te. Jussieu fait mention d'une éruplioD de pustules ob.servée à la peau lur les ouvriers employés dans les mines d'Espagne i l'extraction du mercure [Mémoires de ^ Académie des Sciences de Paris, 1719). Cullerrer et M. Lagneau parais.senl avoii indiqué 'liydrarf;yrie sous le nom iVérj-sipèle produit par le mercure ^Cullerier, article Merci F.E, Souveau Dictionnaire des Sctences médicales ; Lagneau, Ujcposé de la Maladie vénérienne, n-8°, 1818, 5^ édition , p. 440j. J'ai rapporté trois exemples d'iiydargyrie dans mon ÏVa/7t? les Maladies de la Peau, t. \ ", p. 292.
L'alleutioa des chirurgiens et des médecins de Dublin s'étanl 6ice plus spécialement sur ;ette maladie, c'est d'après leurs travaux , et surtout d'après ceux d'AIIey, que cet article a clé rédigé. Le Burrowes , médecin de la maison d'in<lLisli ie à Dublin; M. James Gre- ^ory, professeur à l'universilé d'Edimbourg; le D'" William Dease, piofe,sseur de cbirurgie [lu collc'ge des cbirurg'ens en Irlande, ont les premiers l ecoiiiiu que le mercure était la cause ie cette maladie, sur laquelle le Dr Stokes ap|>ela l'atlenlion dans son cours (1798). Alley le premier en a publié une bonne moiiograpliie >an Essai un a peculiar eruptive disease arislng front the exhibition of mercury. Dublin , 1804. — Observations on the liydrnr'jyria or tliat vesicular disease urising J'iom the exhibition of mercury. London, 1810J. Trois mois ajirès la première publication de l'ouvrage d'AIIey, le D' Moriarty fit «ounai'ire les résultats de ses observations et celles du D' 'Wbitley Stokes sur celle maladie, qu'il décrivit sous le nom de lèpre mercurielle (a Descript on oj the mercurial lepra . Duh\)ii , IHO-lj. En 1805> le D' Tbomas Spens insera dans VEdinb. Med. and Surg Journal , 1807, n» I , p. 7 , trois nouveaux cas observés à l'infirmerie royale de cette ville , et les désigna sous le nom i'érylhènies mercuriels, 1806, n" 6, p. 7.LeD' John Mullin publia dans ce recueil une traduction de ta dissertation inaugurale soutenue à Edimbouig , en mai 1805 (an Essay on the erythema mercuriale). Postérieurement, le Dr John P-jarsou en a ilonuc une descriplion exatle (04servations on the eJJ'ects of varions articles of maleria medica on the cure of lues venerea, | 2° edit. , p. 157) sous le nom d'eczéma mercuriel, ou d'ebullilion produite par l'emploi jdu mercure.
! On peut aussi consulter sur cette maladie Jos. Frank [Prnxeos univ. med., art. Exanihema
■ERcuiiiALE Jeta clmica, volume m, page I2j, Bacot [Lundon med. Gaz., I. m, p. 347),
Lawrence [Lond. med. Gaz., t. v, p. 742), Crawfurt [Edinb. med. and Surg. Journ. , t. XVI, p. 37), Johnslon [Edinb med. and Surg. Journ, , t.xxxi, p. lt)9,etc.J. M. Colson [Coup-d'œil sur les Maladies produites par lé mercure. — Journal hebdo-
\madaire, t. vni, p. 497. — Arch. gènér. de Méd, l. xv, p. 69; n'a point décrit l'bydrargyrie.
I (P. Raïeh.)
HYDRIODjVTES. Sels qui résultent de la combinaison de l'acide hydriodique avec une base salifiable ; mais , d'après ce que nous avons exposé , article Hydbacides, il est facile de concevoir qu''il n"e.\iste réellement d hydriodates que ceux à base non oxigcnce, tels sont les hydi iod.ttes d ammoniaque et d'hydrogène protopho.sphoré ; quant aux autres, ce sont de véritables lodures ^oyez Iode ft Iodubes). L'hydriodate d'ammoniaque a été conseillé conire les engorgeincns du système lymphatique. Il est très-soluble dans Teau , déliquescent, d une saveur amere et piquante , soluble dans l alcool , volatilisable sans décomposition lorsqu il n'a pas le contact de l air ou de l oxigène. Il est ordinairement coloré en jaune , en raison de la diflicultc que l'on éprouve à le soustraire entièrement à l'action de l'air; alors il se dégage une petite quantité d'ammoniaque, la portion correspondante d'acide hydriodique est décomposée '! par l oxigène; il se forme de l'eau , et l'iode mis à nu forme, avec une partie du lel restant , de I hydriodale ioduré d'ammoniaque qui colore la masse.
(GUIBOURT.)
HYDROA. Voyez Scdamika.
\ HYJJROCELEj s. f . , de uJcu/j, eau; et de x^\-ri tumeur. On désigne ainsi j toutes les tumeurs aqueuses de la région sciotale , quoique, étymologiquement I parlant, celte expression porte avec elle un sens bien plus général, et qu'elle i toit synonyme du mot hydropisie.
j Variétés. L hydrocèle présente plusieurs espèces bien distinctes , et qu'il importe de séparer sous le point de vue pratique ; c'est parliculièreinent le siège ( qui sert à établir ces espèces ; mais , comme on le verra , cette circonstance n'est ^ pas la base exclusive de la classiticalion. On distingue les hydrocèles en deux I grandes classes, suivant que le liquiiie épanche est ou non entouré et retenu par un kyste; l'une comprend les hydrocèles appelées kystiques, l'autre celles que l'on appelle air^i'^uci.
|i L'hydrocélea/i;^4«/'(/ue ou par inRllration, est de deux espèces : celle du cordon et celle du dartos ou des bourses ; dans ces deux cas , la maladie , le plus souvent $ymplomati(|ue, n'est rien autre chose qu'un œdenie du tissu cellulaire, du cordon , ou des bourses.
L'hydrocèle kystii/ue ou par épanchement , appartient aussi , comme la précédente, tantôt au cordon, et taiilot à la tunique vaginale. La dernière présente deux espèces : l'hydrocèle simple ou ordinaire, dans laquelle la tunique vagi uale organisée normatemeni , est close de tontes parts ; ei l'hydrocèle congéniale, caraclerist-e par la non oblitération du col de la tunique vaginale, et tians laquelle la séro'Sité peut descendre du venire, et y remonter allernativement. Cette seconde espèce dhydrocèle , plus commune dans l'enfance, n'est pourtant pas exclusive à cet âge, et le nom de congéniule lui a été donné, seule-
1235 ) HYDROCÈLE-
ment parce que la disposition de la tunique vaginale qui la caractérise reproduit rclal oritinaire de cette partie à l'époque de la naissance. L'hydrocèle kyslitjue du cordon offre liois variétés : dans la première, un ou plusieura kystes développés de toutes pièces dans le cordon sont remplis de sérosité ; dans la seconde, il existe un épanchement dans un vieux sac herniaire, soit que ce sac coinniunique encore supérieurement avec le péritoine, soit que son col , depuis long-temps libre d'intestins, se soit oblitéré complètement; enfin la troisième est consliltiée par un ou plusieurs kystes , qui sont des restes du col incomplèlcmenl atrophié de la tunique vagiii.de, et qui sont placés sur le trajet de ce (il.iment cellulaire qui, dans l'état normal, unit la tunique vaginale au péritoine <le la région de l'aine ; c'est celle espèce d'hyilrocèle que M. le professeur Cloquet a décrite sous le nom d'Iiydrocèle en chapelet, quand elle résulte tie la réunion de plusieurs kystes placés les uns au-dessus des autres. Je ne parle ici que «les hydrocèles simples, plus bas il sera question des complications remaniuables dont elles sont suscejitibles.
L'hydrocèle est une maladie propre à l'homme; c'est au moins l'idée qu'on s'en fiit au premier abord , et celle qui est généralement répandue; toutefois, les infîllratious et les kystes séreux de la grande lèvre, partie qui représente, chez la femme, la région scrolale, pourraient bien être considérées comme des maladies analoi^ues à 1 hydrocèle; il y a plus même, on voit quelquefois apparaître à la pal lie supérieure de la grande lèvre , un kyste séreux , qui est un reste du canal de Nuck, [leiit prolongement du péritoine sur le cordon sus» pubien de l'utérus. Or, c'est bien là une véritable hydrocèle, car le canal de Nuck est réellement an. dogue à la tiinitpie vaginale.
Ciifciclères auiitomief'ies. L'état aiiatomique des parties qui forment la tumeur dr riiyflrocèle, est un point des plus importans à étudier. Examinons successiveiiieiit le nijuide épanché tlans l'hydrocèle et le kyste qui l'entoure, quand ce kyste existe; et voyons les modifications que cette maladie imprime au testicule et au cordon.
La matière de l'hydrocèle est essentiellement de la sérosité; son abondance varie depuis ileux et trois livres, jusqu'à quelques onces seulement; tantôt, et le plus souvent , elle est tout à-laii iraiisparente , tantôt elle est un peu troublée par des flocons albutninenx tju t;lle tient en suspension ; sa pesanteur spécifique est supérieure à celle de l'eau ; elle est d'une couleur jaune verd;ître plus ou moins foncée ; son odeur est fade et un peu spermaliqiie ; elle se prend en masse, comme du blanc d œuf sous rinlluence de la chaleur, et , comme la sérosité ordinaire, elle est presque e.vclusivetnent formée d'eau et d'albumine. J'ai dit plus haut que le liquide de l'hydrocèle était quelquefois troublé par des flocons pseudo-membraneux plus ou moins abondans ; je dois ajouter que, dans d'autres cas , du sang vient se mêler à lui, et détruire plus complètement encore sa limpidité. Lorsqu'à l'époque oij l'on observe le liquide de l'hydrocèle, le sang qui y est mélangé l'a été récemment , il lui communique une teinte rosée ; mais plus tard , il s'altère , et cette couleur devient d'un noir plus ou moins foncé.
Le kyste de l'hydrocèle dans celles qui en sont pourvues, se présente sous des aspects variables : tantôt il est mince, ilemi-liansp.ircnt , et semblable aux membranes séreuses ordinaires; tantôt il est épais de plusieurs lignes, opaque , dur , cartilagineux , fibreux , et même il est, dans des cas rares , de consistance osséoci ctacée. Toutefois , qu'on ne s'y trompe pas , dans les cas où le kyste de l'hydrocèle a subi ces transformations , ce n'est pas la membrane séreuse elle-même qui s'est ainsi altérée, mais elle s'est accrue seulement jiar superposition, sur sa face interne, de couches pseudo-membraneuses qui s'y sont organisées , et qu'il est souvent facile de séparer de la membrane primitive. Le premier élal du kyste de I hydrocèle , celui dans lequel l'étal anatomique de la membrane séreuse n'a pas subi de notables altérations, coïncide toujours avec l'existence d'une sérosité limpide ; tandis que l'épaississement pseudo-membraneux du même kyste de l'hydrocèle, se rencontre toujours avec une altération de la sérosité , soit par des flocons albumineiix , soit par du sang.
Le testicule est souvent altéré dans les cas d hydrocèle; et ces altération» peuvent avoir été la cause de l épanchement de la sérosité, au lieu d'en être la conséquence. Souvent cet organe ou l'cpididyme sont tuméfiés, douloureu.'s , et dans un état d'induration véritable ; quelquefois l'cpididynie, plus rarement le testicule seul , ont subi cette augmentation de volume. Dans quelques cas j'ai trouvé sur l'épididyme d'individus morts avec une hydrocèle , de petits kystes séreux , ou tie petites tumeurs cartilagineuses. Lorsque 1 hydrocèle est ancienne et volumineuse , le testicule est quelquefois atrophié par la pression à laquelle il se trouve soumis ; cette altération se rencontre surtout lorsque des pseudo-membranes très-dures se sont formées dans la tunique vaginale, et lorsqu'elles enveloppent et pressent immédiatement l'organe sécréteur du sperme. Il est d'aillenis inutile de faire remarquer que cette atrophie du testicule est le partage exclusif de certaines hydrocèles de la tunique vaginale.
Le cordon testiculaire éprouve aussi de notables changemens dans 1 hydrocèle ; dans celle du cordon , il se tuméfie , el ses élémens se séparent , en contractant des rapports nouveaux ; d'après cela l'arlèi e spermatique el le canal déférent peuvent , comme on le conçoit, se trouver au devant de la tumeur, circonstance dont la gravité pratique frappe tous les esprits. Dans l'hydrocèle de la tunique vaginale, la tumeur se développe en avant du cordon; cependant, les rapports de celui-ci avec la tumeur varient quelquefois à cet égard; on a vu la tumeur de cette espèce d hydrocèle prendre grand volume, presser les élémens du cordon , les dissocier, et reporter l'artère et le canal testiculaire en avant , comme la chose arrive naturellement dans certaines hydrocèles du
HTDROCÈLE.
HTDROCELE.
eorilon. Scarpa a rapporté une observation qui ne saurait laisser de doutes à cet égard.
Étioloa^ie. Il est évident que tout ce qui est capable de rompre l'équilibre entre l'exhalation et l alisorption de la tunique vaginale est cause de l liytlrooèle. Mais quels sont les agens capables de produire celle rupture? Il laut l avouer nous les connaissons très-peu. Tous les âges de la vie sont exposés à contracler celte maladie; les etil'aus en offrent t'rc(|ucmment des exemples, quoique pourtant elle leur soit moins commune qu'aux adulles et aux vieillards. L'habitude de l'équilation dispose d'une manièie toute particulière à la maladie qui nous occupe. La hernie inguinale et le bandage qu'on emploie pour la maintenir, sont aussi des circonstances favorables à son dévelop|iement, à cause de la pression qu'ils exercent sur les veines lesticulaires Ruiscli pensait que le rutricoccle était une disposilion à l'hydrocèle , par la gêne qu'il apporte aussi dans la circulation du cordon; les coups, les cliutes sur les boui-ses , les inOariimations du leslicule ou de 1 cpididjuie, sont bien certaincmeul des causes, el des causes eflieientes triiydiocèle ; mais ici encore quelque chose nous échappe que nous ne pouvons saisir dans la production tie cette malailie ; eu effet, les coups, les chutes sur les bourses, etc. , n'ainèncnt pas toujours le résidtat que je leur attribue; d'où vient donc celle difl'érenee ? Dans leur impuissance pour lever ces doutes . les auteurs s'appuient généralement sur une disposition organique individuelle, inappréciable a priori ; mais disons-le hautenieiil , c'est là une explication du genre de celles que naguère les physiologistes empruntaient «ï/j: /jfo/^//'e'/e'« £/e 5;c/i«i ; elle est tout aussi peu .satisfaisante que celles-ci.
SjmptôrrDS. On reconnail l'hydrocèle aux caiactères suivans : c'est une tumeur, variable sous le rapport ilu volume, pyriforme, sans changement de couleur à la peau , siégeant profondément dans la région des bourses, indolente , en général , et gênant le malade presque seulement par son volume et pur les tiraillemens qu'elle exerce sur le ventre, tirailleuiens c|ui se répètent du coté des lombes. La tunaeur de 1 liyiirocèle est molle dans les premiers temps , lors-juc la séiosilé y est peu abondanle, mais elle devient dure ensuite, et présente une fluctuation quelquefois ti ès-scnsiblc et d'aulies fois obscure ; enfin , le plus souvent elle est tr.in<parenle , ce ipie l'on constate surtout, en la plaçant entre l'œil et une lumière artificielle plus vive que celle du milieu où l'on se trouve placé.
Tels sont les symptômes communs des Iiydrocèles ; exposons maintenant ceux qui sont propres à chacune des espèces de cette maladie; nous aurons lait en méine temps leur diagnostic difFéienciel. L'iiydi ocèle sans kyste ou par iiifiltralion n'est guère que sy mptouiatique , et coïncide le plus souvent avec d'autres hydropisies; elle est, par exemple . un des symptômes de l'anasarque. On la reconnail à un empâleraent considérable des bourses, dans les(|uelles on imprime facilement le doigt . comme sur la tuineur d'un œilème ordinaire Si cette variété d'Iiydrocrle aireclail le cordon exi lusivemtnt , celui-ci serait tuméfié uniformément dans toute sa longueur, il serait mou ; et au dessous de lui le testicule et l'épididyme conserveraient leur elat normal,- d'ailleurs cette infiltration dn cordon, malgré la description que l'oit en a donnée, n'existe presque jamais seule : je ne l'ai jamais observée à cet état.
Dans I hyibocèle de la tunitpje vaginale , on observe surtout les caractères indiqués plus haut ; mais , eu outre, la tumeur siège à la partie la plus déclive (les bourses , se prolongeant seulement au devant ilu cordon supérieurement. Dans cette hy<lroc(le, la lu(ueur est quelquefois étranglée dans sa partie moyenne, ce qui pourrait faire croire, au premier abord, qu'il se rencontre lécllemenl deux tumeurs , l une vaginale et l aulre du cordon; toutefois, celte disposition de la tumeur, qui a fait donner dans ce cas à la maladie le nom à'ii) drocèle en gourde, est en général le résull.it de la pression de certains bandages , ou de suspensoires mal faits; il peut aussi dépendre de la formation de quelques brides dans la tuniipie vaginale. D.iiis l'hydrocèle de la tunique vaginale, le testicule el l'épidiilyme sont places en arrière de la tumeur; rarement en avant ou en haut , ce ipii cependant existe qnel(|uefois. Il est facile de sentir ces parties dans le lieu i|u'elles occupent, el de les bien distinguer du reste de la tumeur, aussi long-temps que celle-ci conserve de la mollesse; mais dans le cas contraire, le caractère prc cèdent de\ient obscur; et alors on ne peut reconnaître la position du testicule, qu'en explorant la partie malade avec la lumière , et eu remar(pianl Touibre qu il projette au milieu du reste de la tumeur. Au reste , conmie je l'ai dit , la transparence de la tumeur peut manquer, et alors il n'existe aucun moyen pour bien s'assurer de la position du testicule. Loisque I hydrocèlc est congcniale , la lumeur s'étend très-haut au devant du cordon , elle est molle, el la pression la fait ilisparaitre complètement; la sérosité rentrant ainsi tians la cavité périlonéale.
Dans l'hydrocèle enkystée dn cordon, quelle que soit la variété à laquelle elle appartienne, la luuieurest placée moins bas que dans la précédente; quelquefois même elle siège exclusivement du côlé <ie I anneau; le testicule en est liicn dclaclié; et toujours elle lui est supérieure. Cependant il faut convenir qu'un kyste développé très-bas dans le cordon , peut déprimer la tunique vaginale, se placer au devant du testicule, et mascpier tout-à fait l'hydrocèle vaginale. J ai obser\é un cas de ce genre ; la maladie avait été prise pour une hydrocèle vaginale, le malade succomba frappé par une autre maladie , et je pus constater anatoiuiqucment la vérilable disposilion des choses. Au reste, lorsque rhydrocMc du cordon résulte d'une accumulation de sérosité dans un ancien sac herniaire , si celui ci n est pas oblitéré à son col, il existe un des ivmptômesde l'Iiydioccle congéniale ; la sérosité peut être refoulée dans le ▼ entre par la pression , et la tumeur disparait.
Marche de la maladie. Lorsque l'hydrocèle est abandonnée à elle-mênie , elle acquiert graduellement , et quelquefois avec rapidité , un volume considérable; la tumeur attire à elle la peau des parties voisines , surtout celles du fiénis dont les adhérences sont très- lâches , celui-ci semble s'enfoncer dans la tumeur, et finit à la longue par s'y cacher entièrement. Alors aussi cet organe devient impropre à ses fonctions naturelles, et l'urine, en se portant en dehors, mouille continuellement la peau du scrotum et 3' détermine des inflammation] el des ulcérations très-douloureuses. La traction exercée parla fumeur sur le cordon et sur les nerfs leslicnlaires, donne lieu à une sensation pénible dans la' région des aines el des lombes , sensation dont le malade ne se soulage qu'en se penchant beaucoup en avant. Le péritoine aussi quelquefois se laisse fréquemment déprimer par le cordon dans le canal inguinal , el il se manifeste une hernie.
L'hydrocèle aigiiè disparait facilement par résolution ; c'est la terminaison ordinaire de celles qui surviennent dans les cas de didymites un peu vives; I c'est en particulier la terminaison de celle (pii succède constamment al injeclion ! irritante que Ton pratique pour guérir les liydrocèles chroniques. Celles-ci ne fendent presi|ue jamais vers la résolu! ion , aussi est-ce pour elles senlemenC qu'ont été inventées les méthodes opératoires différentes , <|ui seront exposées ! plus loin. On dit que quelquefois le kyste de l'hydrocèle s'esl rompu , el que la sérosité a pu s'infiltrer dans le tissu cellulaire tles bourses et de la verge. Des elForts, des coups , des chutes sur la parlie malade, peuvent certainement amener celte terminaison ; mais on doit convenir qu'elle est d autant plus difficile , que dans I hydrocèle un peu volumineuse , le kyste est souvent épaissi , et quelquefois doublé de pseudo membranes cartilagineuses. Deux laits . l'un de ' 13ertrandi, l'autre de Sabatier, ont été cités comme exemples de cette rupture; mais , à mon avis , ils ne sont pas très concluans ; les voici : 1° Un homme de soixante ans, qui avait une hyilrocèle par épunchemenl, s étant tiurè à un excès de boisson , el se trouvant prrssé par un i^nind bt suin d'uriner, fui surpris de trouver (jue sa verge èiait excessivement grosse et molle; ses bourses étaient ' également injillrées ; mais la tumeur <^h' elles rciij'ermaient avait entièrement ' disparu. Cet éiat continua ijuvltjues jours , au hnut disf/uels le gonflement œdémateux des pal lies naturelles s'élanl dissipé insensiblement, l hydrocèle revint comme auparnvunt { Berirandi )• J'ai ru queUpie cliae de seinldable sur un homme dont j'ai pris soin long-temps , dit S.ibatier. // avait une hydrocèle que je lui avais vidée plusieurs fois parla ponction. Un rhume violent dont il fut attaqué lui fit /'aire des efforts si considérables, qu'il lui survint une infiltration prodigieuse aux bourses et à la verge, et qoe son hydrocèle se réduisit à rien. Lorsque le rl ume J'ul guéri , Cenfluie a démati use des parties naturelles se dissipa , et l'hydrocèle reparut ; j'y fis la ponction quelque temps après. Dans ces deux cas, ou voit bien qu'il survint un œdème des bourses , mais rien n'établi' | qu'il ail eu pour cause la rupture de la tuni(|ue vaginale , et la sorlie de la séro. sité par cette crevasse. Chez l'homme observé par Berirandi, rien n'expliquerait cet accident , car il n'avait reçu aucun coup, ni fait aucune chute sur cette parlie ; et le malade de Sabatier, affecté d'une bronchite violente , a bien pu ne présenter qu'un œdème .symptomalique de celle maladie , comme la chose arrive quelquefois dans les affections thoi aciqnes. Quant à la circonstance de la j diminution de la tumeur pendant <pie se Ibimait l œdème, elle pourrait bien! n'avoir été qu'apparente ; l infiltralion des bourses , en effet , voilait nécessaire- 1 ment la tumeur de la tuni<|ue vaginale. L'on conçoit d'autant mieux que les choses se soient passées ainsi, qu'au rapport des deux auteurs , on vit reparaître l'hydrocèle lorsque l'infiltration disparut. M. le professeur Dupuytrcn a observé la ilécliirure du kyste d une hydrocèle par suite de la pression d'une hernie , la pénélralion de celle-ci dans la cavité de I hyilrocèle , et , ce qui est plus remar-! quable encore, l'étranglement des intestins parcelle ouverlure de coœmu-' nication.
L'excitation continuelle, par les frottemens, des liydrocèles anciennes et' volumineuses, chez les individus qui ne portent pas de suspensoire , les irrite 1 les enflamme, et les rend douloureuses ; c'est alors aussi que des flocons pseudo-' membraneux, ou que du sang viennent troubler la sérosité , auparavant trèslimpide, el que des couches plus ou moins épaisses s'organisent en dedans de U tunique vaginale.
Aux ditïcienles complications de I hydrocèle qui surviennent successivement.; comme on vient de le voir, el par suite de la marche naturelle de celle maladie,' il faut ajouter la complication d'hydro sarcocèle , la plus grave de toutes ; cai elle imprime au trailement de la maladie une direction tout-à fait nouvelle; le sarcocèle devenant ilaiis ce cas le |)hénomèue le plus grave , celui qui doit avant tout fixer l'attention du chirurgien.
Dio^noslic. Plusieurs maladies de la région tesliculaire peuvent être confondues , et l'ont été parfois avec l'hydrocèle : le sarcocèle , la hernie scrofale , h varicocèle , l'hématocèle. Appliquons-nous à fixer les caractères qui permelten de distinguer l'hydrocèle de ces maladies. Il est inuiile de dire qu'il ne sera plu^ question du diagnostic diffrrentiel des différentes espèces d'hydroeèles, car tou ji a élé dit précédemment à cet égard. j
l». Le sarcocèle , quelle que soit la nature du tissu qui le caractérise , es ; plus ou moins facile à distinguer de 1 hydrocèle , suivant que celle-ci est simple ou qu'elle est compliquée : supposons d'abord le cas d'hydrocèle simj)le, il ser plus facile d'éviter l'erreur. La lumeur <lu sarcocèle est bosselée , dure , ova laire. et quelquefois aplatie dans deux sens opposés ; celle de I hydrocèle es lisse, molle , flncluaiitc et pyriforme- Dans le sarcocèle les bourses sont très pesantes ; dans I hydrocèle le poids des mêmes parties est accru , mais dan une moindre proportion. Les douleurs sont ordinairement lancinantes dans I
HYDROCÈLE
HYDROCÈLE
iircocèle ; l'hydrocèle est indolente , ou cause seulement des liraillemens dans s aiues et les lombes. La tumeur du sartocèle est opaque ; celle de I hydiocèle mple est Iranspaienle L'hydrocèle congéniale en particulier peut être réduite IDS l'abdomen , ce qui n'arrive jamais à la tumeur du sarcocèle. [i Si riiydrocèle est compliquée d épaississement de la tunique vaginale, il est |ien plus (acile de la.conlondre avec le sarcocèle ; en efict, comme dans le larcocèle la tumeur alors est dure, pesante et opaque ^mais les circonstances lommémoratives apprennent que la tumeur a commencé par être molle et ûucjaante, si elle appartient à une bydroccle, et qu'au contraire elle ( tait dure à Ion début, si elle appartient h un sarcocèle ; en outre , rhydrocèlc qui présente U complication iniliquèe est volumineuse, et sa tuiuenr Cit surtout lisse ■ beauloup plus que celle du sarcocèle ; si l'hydrocèle a perdu sa transparence par un nëlange de sang avec la sérosité, tous les caractères diagnostics indiqués pour l'hydrocèle simple se rencontrent, à l'exception de la transparence ; et s'il est [^rai de dire que cette circonstance peut embarrasser légèrement le diagnostic, il ;st juste aussi d'ajouter qu'elle ne suliit pas pour empêcher de l'établir Ircsbieii avec les autres signes. Les hydroccles du cordon ne pourraient être con- ("ondues qu'avec le sarcocèle rare du testicule arrêté à l'unueau, ou un peu au jlessous de cette ouverture ; car, dans les cas ordinaires de sarcocèle, la tumeur ^st placée au dessous du cordon , au dessous par conséquent de la région qu'oepuperait l'hydrocèle du cordon. Du reste , les signes propres à distinguer I hydrocèle du cordon du sarcocèle à l'anneau , sont les mêmes que ceux qui ont été indiqués pour les cas ordinaires.
2". La hernie tiii^uiriale sortie du canal de ce nom peut seule olTrir quelques- Ikms des caractères de l'hydrocèle. Est-elle récluctible ? on peut, au premier Libord, la confondre avec I hydi ocèle congéniale ; mais la dernière est toujours fou presque toujours transparente, et la première jamais. L'hydrocèle congé- ^niale ne fait entendre aucun bruit lorsqu'on refoule ilans le ventre la sérosité [qu'elle renferme , et toujours elle présente de la fluctuation ; la hernie , au iconlraire , dans la circonstance précédente, fait entendre du gargouillement si ;elle est intestinale, cl n'offre aucune fluctuation si elle est épiploïi|ue. Il existe, itoutefois , une circonstance où le diagnostic est plus dilfîcile : c'est celle d hyi drocèle et de ho nie congéniales tout à la l'ois ; alors, les dilférens signes indiqués précédemment existant réunis , la tumeur est en partie transparente , en partie .opaque ; elle est réductible dans l'abdomen; elle fait entendre du bruit, si c'est de l'intestin qui se trouve au milieu de la sérosité ; la fluctuation peut s'y faire sentir. La hernie inguinale est- elle irréductible? on peut un instant la confondre avec l'hydrocèle ordinaire; cependant la hernie est opaque et l'hydrocèle transparente, excepté les cas d épaississement de la tunique vaginale, ou celui d'épancheraent sanguin ; mais, dans ces cas mêmes , on se rappellera que la hernie a été produite de haut en bas , et à l'occasion d'un elfort; tandis que l'hydrocèle a paru d'abord en dehors de l'anneau , et sans la circonstance d un efl'ort.
3". Le varicocèle ne pourrait être confondu qu'avec l'hydrocèle du cordon ; mais l'erreur, si elle avait lieu, ne serait pas de longue durée; car le varicocèle disparait par la pression , par la position horizontale , et sa tumeur est opaque ; tandis que la tumeur de I hydroccle du cordon est irréductible , et surtout ttansparenle.
\ '' 4" h'hématocèle vaginale seule afFecle la forme, la position de 1 hydrocèle de la même membrane; mais il suffira toujours, pour la distinguer de celle-ci,
I de se rappeler qu'elle est brus([uement survenue à l'occasion d'une violence
I extérieure ; ce qui n'a pas lieu pour l'hydrocèle.
L'hydrocèle, comme je l'ai dit plus haut , peut se combiner avec le sarcocèle, qui constitue V/iydro-sarcocèle ; or i\ importe de ne pas confonilre cet état avec celui d'un sarcocèle, ou d'une hydrocèle simple. Dans l'hydro-sarëocèle , il y a réunion des caractères propres à chacune des deux afTeclions qui ëonstituent cette maladie composée, tumeur volumineuse , irrégulicre , dure en partie , douloureuse , molle en avant, fluctuante et translucide du même côté ; or, cette réunion , comme on l'a vu plus haut, ne se rencontre ni dans l'hydrocèle , ni dans le sarcocèle simples.
Pronostic. En général, l'hydrocèle est une maladie peu grave; la tumeur ne gène le mal.ule que par son poids , et l'on possède pour la guérir des moyens dont l'efiicacilé est presque constante. Toutefois , les diverses espèces d'hydrocfcle diffèrent les unes des autres , sous ce rapport , et d'abord , en ne tenant ttompte que du siège , les hydroccles de la tunique vaginale sont moins graves que celles du cordon. Parmi les premières , il y a cependant à faire une impoiv tante disliiiclion entre l'hydrotèle congéniale, et celle qui ne l'est pas; oelle-ci e^t très-peu grave ; tandis que celle-là l'est beaucoup. Dans l'hydrocèle congéniale , en effet, l'état de la tunique vaginale expose à une hernie, et les moyens irrita us , si ellicaces dans les autres hydroccles , exposent à une péritonite par eonlinuilé de tissu , et aux plus funestes accideus. Parmi les hydrocèles dn cordon, il en est une que l'on doit com|)arer pour la gravité à la précédente; c'est celle qui résulte de l'accumulation de la sérosité dans uo ancien sac herniaire, plus ou moins complètement oblitéré à son col.
L'hydrocèle avec é|)aississement de la tunicjiie vaginale est plus diflicile à guérir que les autres : elle réclame l'emploi d'une opération toute particulière, et elle est plus grave que l'hydrocèle ordinaire pour ces raisons. Il est superflu de dire que l'hydrosarcocèle est fort grave ; aussi bien ce n'est pas l'hydrocèle, nais le sarcocèle, au contraire, qui lui donne ce fâcheux caractère. - Traitement. Le traitement do l'hydrocèle ne laisse rien à désirer sous aucune aspece de rapport; il remplit largement et sûrement toutes les indications possibles. Tantôt il est simplement palliatif, tantôt il est tout-à-fail radical.
DlCT. DE MÉDECÎKB ET DB ChIIIVRCIC PBATIQCES.
La cure palliative de l'hydrocèle convient , lorsque l'hydrocèle est symptomatique . ou lorsiju'elle existe chez des individus nerveux, cacochymes, ou lors(|ne la tumeur est très-volumineuse. Dans celte dernière circonstance , on pourrait craindre, en effet, que l'iiiflammation nécessaire à la cure radicale, étendue à l.i surface de tout le sac, ne dcicrminât de graves accidens. Au reste, la cure palliative |ieut être choisie d abord , comme moyen d'arriver à un traitement plus complet par la suite , lorsque la tunique vaginale revenue sur ellemême par sa loiitracliiitè de tissu, prés(;ntera une moins large surface aux moyens irrilaiis de la cure radicale. Q)uel(|uelois aussi certains sujets ont réclamé le seul Iraileraent palliatif par crainte des douleurs de la cure radicale. Enfin, dans d'autres circonstances, on conçoit que le traitement palliatif puisse être mis en usage, chez des personne? qui n'ont pas actuellement le temps de se soumettre aux longueurs du traitement complet, et cpii pourtant ont besoin inomeiitanémcnt de jouir des avantages de la disparition de la maladie. J ai du me conduire de la sorte, récemment, sur un jeune homme qui vint réclamer mes soins , quinze jours avant de se marier, et qui portait une 1res- volumineuse hydrocèle.
Parmi les moyens projn es à pallier les inconvéniens , la gêne d'une hydrocèle, il faut compter le suspensoir; il empêche, en effet, les liraillemens de la tumeur sur le péritoine et sur le cordon, et fait dis|)araitre ainsi les coliques et les douleurs lombaires. Mais les moyens palliatifs les plus importans sont évidemment ceux qui procurent l'évacuation du fluide épanché. On obtient ce résultat par une opcralion à laquelle se rattachent divers procédés. L'hydrocèle est elle p.ir intillralion ? on fait des scarifications ou des mouchetures. Est-elle au contraire enkystée? la ponction, l'incision, ou l'une et l'autre k la fois peuvent être employées.
Les scarifications consistent dans des inci.-,ions de plusieurs lignes de longueur, et assez profondes pour intéresser la peau et le tissu cellulaire souscutané ; on doit les pratiquer sur les côtés de la ligne médiane, et les rendre plus ou moins nombreuses , suivant le volume de la tumeur. On a reproché aux scarifications de disposer h la gaiigiène du scrotum ; je crois que ce re» proche s'applique bien plus aux mouclietures mal faites, qu'aux scarifications; celles-ci , au reste, ont l'avantage de procurer un prompt et complet dégorgement des parties.
Les mouchetures consistent en de petites ponctions , ou incisions , faites avec la pointe d'une lancette ou d'un bistouri. Il y a deux manières différentes de les praticpier : ou bien l'on se contente de soulever l'épiderme et les couches superficielles de la peau, ou bien on intéresse cette membrane toute entière , et l'on arrive jusqu'au tissu cellulaire. Le premier procédé ne peut être mis en usage que chez les individus chez les(piels la distension est extrême , et l'épiderme soulevé par la sérosité infiltrée dans le tissu de la peau; le second procédé au contraire convient à tous les cas. Le simple soulèvement de l'épiderme ne donne que li ès-imparfaitemenl issue à la sérosité, et il expose le malade à l'inflammation et à la gangrène du scrotum , parce que sous l'épiderme détaché par la lancette , les papilles cutanées ont été découvertes , et exposées au contact irritant de l'air atmosphèricjue ; c'est donc le second procédé que l'on devra choisir pour tous les cas.
La ponction se pratique avec un trois-quaris ou avec la lancette ; mais le premier instrument est le plus convenable et le |)lus généralement employé. Avant de pratiquer la ponction avec cet instrument, on doit bien s'assurer de l'état de la tumeur et de la position qu'y occupe le testicule , afln de ne pas le léser ; si même cet organe était très-développé , ou bien encore s'il était placé d'une manière anormale, on conçoit qu'il faudrait s'écarter des préceptes ordinaires, et éclairer la tumcir pendant l'opération pour y bien suivre la marche de l'instrument. Toute précaution ayant été prise, le chirurgien saisira la tumeur en arrière avec la main gauche, il la pincera de ce côté , de manière à tendre la peau qui la recouvre, et à faire saillir le liquide en avant; en même temps , de la main droite , il tiendra le Irois-quarts entre le pouce et le doigt médius, appliqués sur la caiiule, la poignée appuyée et maintenue contre la paume de cette main , par l'annulaire et le petit doigt, et l index allongé vers la pointe de l'instrument, de manière à marquer de l'ongle la partie que l'on veut faire pénétrer Alors le trois-quarts sera plongé, par un coup sec , à la partie antérieure et inférieure de la tumeur, et dirigé obliquement de bas en haut, et im peu d'avant en arrière. Aussitôt que le défaut de résistance aura indiqué la pénétration de l'instrument, la main gauche viendra saisir sa canule et la retenir en place , tandis que la droite attirera au dehors le poinçon. Aussitôt le liquide s'écoulera au dehors en quantité variable, A l'aide cle pressions méthodiques , on aidera à la sortie des dernières gouttes, et l'on ôtera ensuite la canule en soutenant autour d'elle la peau du scrotum , pour empêcher les tiraillemens douloureux. Avant de plonger le trois-quarts, on doit rechercher si le canal déférent ou l'artère spermalique n'occuperaient pas la partie antérieure de la tumeur, afin de les éviter. Un cas de lésion de l'artère spermalique par un chirurgien inatlentif a été rapporté par le célèbre Scarpa ; ce fait lui avait été communiqué par Gasparoli , chirurgien de Plaisance , auquel le malheur arriva ; on fut obligé de fau-e la castration. Le testicule aussi pourrait être blessé dans cette opération , si l'on ne prenait les précautions indiquées plus haut ; on reconnaîtrait cet accident à l'absence d'écoulement de la sérosité par la canule du trois-quarts , ou mieux , si le Irois-quarlg a été peu enfoncé dans l'organe , h son immobilité dans la tumeur; cet accident peut entraiiier la perte du testicule par inflammation ou par suppuration.
Les accidens, quelquefois assez redoutables, qui suivent la ponction avec le trois-quarls, ont suggéré l'idée à plusieurs chirurgiens d'employer dans le
HYDROCELE.
HYDROCELE.
même but une lancette , et de couper ainsi de dehors en dedans , jusqu'à ce que l'on soit arrivé à la cavité du k^sle. Toutelois , ce procédé n'a pas beaucoup de partisans , et on le conçoit aisément , quand on réllécliit qu à la suile de celce pouction, rien n'euipeciie les couclies de la région lealicuiaire de glisser les unes sur les autres , de détruire ainsi la permeabililé de 1 ouverture, et de s'opposer à l'écoulement complet de la sérosité. Le procédé de liell , qui n'a pas plus de parlisans que le précèdent, serait préierable à celui-ci, et aurait les mêmes avantages , sans en lepioduire les inconveniens : il consiste à combiner l'incision de la lancette avec la ponction du trois quarts. L incision irait jusqu'à la tunique vaginale, et la comuiencerait l'action du trois-quarts , dont la canule , maintenue dans la plaie , assurerait 1 écoulement lacile et coCnplet du liquide séreux de la tumeur.
Quel que soit le procédé mis en usage pour obtenir l'évacuation palliative du liquide de l'hydroeèle , il convient toujours, après l'opération , de soutenir les bourses avec un suspensoir , et de placer sur la tumeur des compresses imbibées de liqueurs résolutives. De la sorte, on modère l'inflammation, s'il s'en développe, et 1 on ralentit l'exhalation nouvelle qui ne maïupie pas d arriver.
La cure radicale de l'hydroeèle est plus longue, plus difficile et [dus susceptible d'ameiipr des accidens que la cure palliative; mais aussi ses résultats sontils incomparablement plus salisfaisans , puisqu'ils (ont obtenir la guérison définitive de la maladie. Les procédés ilivers mis en usage ici , tendent tous à placer le kyste de l'hydrocple dans les conditions dans lesquelles la nature le ))lace d'elle-même, dans les cas très rares où elle a les honneurs de la guérison j l'art en conséquence n'a (|ue le mérite de l'imitation , mérite assez grand , toutefois, pour qu'il ne reste rien à désirer sous ce rapport. Or, l art comme la nature font disparaître rhydroeèle par deux procédés : ou bien en conservant la cavité de la poche dans laquelle le liquide était contenu , ou bien en déterminant l'oblitération et l'atrophie de cetie poche. La seule diH'érence qui existe entre l'art et la nature sous le rapport des guérisons qu'ils procurent, c'est que l'art suit le plus souvent le second procédé , tandis que la nature adopte plus oniinairement le premier. Quand le kyste de I hydrocèle a été conservé , la maladie peut se reproduire, si les causes premières viennent à agir de nouveau sur lui. Si le kyste , au contraire , a di.^paru, 1 hydrocèle aussi a disparu sans retour. Toutefois il y a avantage et inconvénient à 1 oblitération indiquée : avantage, parce que, comme il vient d'être dit, plus d'hydrocèle possible; inconvénient , parce que le testicule , désormais plus adhérent, ne peut plus aussi facilement que dans l'état noimal , se soustraire a l'action des puissances vulnérantes, en luyanl devant elles, et qu'il est ainsi plus expose à subir leurs «tteintes.
Les applications réfrigérantes et résolutives ont quelquelois clé heureusement employées au trciilement radical de l'hydroeèle : l'alcool simple ou camphré , 1 éiher, l'eau végéto-minérale , la glace et la solution de muriate d'ammoniaque, sont les plus luitees. Quelquelois chez les jeunes sujets, et lorsque I hytlroccle était irès-récente , ces applications ont eu seules les honneurs de la guérison ; mais le plus souven , elles concourent à cctfe heureuse solution, seulement avec les moyens opératoires qui seront décrits plus bas. Même chose peut être dite des Irictious mercuriellcs faites sur la tumeur ; toutefois il est un cas dans lequel ce dernier moyen est préférable aux résolutifs ordinaires , c'est lorsque le testicule présente un certain degré de tuméfaction. D'un autre côté, M. Dupuylren a plusieurs fois réussi en a|)plii|uant un vésicatoire sur la tumeur. On conçoit qu'il serait possible encore de seconder l'aclion du vésicatoire , en appliquant sur sa surlace quelques substances diurétiques et résolutives, ahn d en faeililer I absorption.
Quelque méthodiquement dirigé que soit le traitement topique que je viens de tracer, rarement il suffit à la guérison , et presque toujours on est pi ompteraent forcé de l'abandonner, pour avoir recours à des moyens plus énergiques et plus sûrs. Or , ces moyens sont , suivant les cas , i'incision , 1 excision , la cautéiiiaiion , le selon, la tente et les injections.
1«. Le iMOcédé de I incision consiste a ouvrir largement la tumeur, et à la remplir de charpie mollette pour en déterminer l inflammation et l'oblitération. 'Voici comment on doit I exécuter : Le chirurgien placé à droite du malade , et armé d un bistouri conxexe sur le tranchant , incisera de haut en bas progressivement , toutes les enveloppes de la tumeur. La dernière , comme les autres, devra être largement intéressée ; alors il interposera de la charpie entre les deux feuillets séreux de la tunique vaginale; surtout il prendra la précaution d'en insinuer en airièrc sous le testicule, ;ifin que le degré d'inflammation fe développe dans toute l'étendue du sac de 1 hydrocèle. Le malatle doit ensuite être tenu dans le repos le plus absolu, à la diète et à l'usage des délayans. Au bout de trois à quatre jours seulement on enlève l'appareil, et on le remplace par un nouveau , semblable au premier. Si l'niflaramation qui survient dépassait les limites convenables, il faudrait , dans les premiers jours, panser la tumeur avec un cataplasme , et pratiquer même quelques émissions sanguines. Lorsque les bourgeons charnus s-e sont développés de toutes parts, il faut moins presser la charpie sur le fond de la plaie, mais cependant cette charpie y est encore nécessaire . afin que la cicatrisation se fasse de ce point vers les bords. L'inflammation et la suppuration du testicule peuvent suivre l'emploi de ce procédé. Pott rapporte un exemple d'une hémorrhagie mortelle survenue après cette opération ; on a de la peine à concevoir ce fatal résultat, à moins d'admettre que , dans ce cas , l'hydroeèle offrait des complications , qui toutefois ne sont pas relatées par le célèbre ehirurgien anglais. On a vu quelquefois enfin les adhérences s'établir dans quelques points seulement de la tunique vaginale , tandis que les autres restaient perméables à la sérosité. Berlrandi
cite un cas dans lequel on vit plusieurs tumeurs reparaître au bout d'un certain temps après l'opération, tumeurs qui nécessitèrent autant d'opcratiofti particulières.
2o. Le procédé de l'excision consiste à fendre la tumeur comme dans celui de l incision , puis à dissé(|uer et enlever la tunii|ue vaginale. Voici comment on pratique cette opération : la tumeur ayant été fendue préalablement ilans toute sa longueur, avec les [vécautions indiquées plus haut, on saisit avec des pinces le feuillet pariétal de la tunique vaginale, on le dissèque jus(iu'au lieu où il se refléchit pour se continuer avec le feuillet testiculaire , et là on en pratique I excision. Dans celte dissection souvent fort laborieuse , il laut ménager le ]dus possible les tissus sous jacens qui doivent devenir la base de la cicatrice. Lorsque tout est terminé , on panse comme après I ii.cision simple. L'excision a été réputée préférable à l'incision pour procurer une guéj'ison bien radicale; cependant, cette assertion est d'autant moins admissible , que M. Boyer rapporte deux cas dans lesquels de petites portions de la tunique vaginale échap*pées à l'attention du chirurgien , suffirent pour donner lieu à la reproduction de la maladie. Aussi l excision est-elle généralement abandonnée aujourd'hui; elle conviendrait tout au plus , pour le cas d'épaississement cartilaginil'orme du kyste de la tumeur.
3". Le procéilé de la cautérisation consiste à porter un caustique sur la tu- [ meur, de façon à en obtenir l'ouverture par escharre,età déterminer ainsi | l'inflammation de la surface interne de son kyste. On a employé tantôt le fer, rouge, et tantôt la potasse, et les substances corrosives comme celle ci. Les anciens, Paul d'Egine, Marc-Aurèie Severin , employaient le premier; les' modernes ont préféré les secondes. Au reste l'application de la potasse doit être faite sur la face antérieure de la tumeur, et l'on doit placer de ce caustique!! un morceau suffisant pour produire une escharre proloude et large comme unet pièce d'un franc. Au bout de vingt-quatre heures, on lève l'appareil , et oaj applique un emplâtre de sparadrap ou d'onguent de la mère. L escharre «e | détache au bout d'un temps variable ( huit à dix jours ) , et si la tunique vagi-;f nale n'a pas reçu l'action du caustique, on la fend avec un bistouri ou une! lancette, et le liquide qu'elle contient s'ccoule. L'inflammation quisedéve-l loppe pendant les premiers jours s'empare de la tunique vaginale , et la diS' l pose à robliiéi alion. Toutefois , la guérison est loin d'être la conséquence ! oixlinaire de cette pratique ; aussi , tombée dans un abandon complet, elle D« trouve guère place aujourd'hui que dans 1 histoire de notre science.
4". Le procédé du séton consiste à jiasser à travers la tumeur une mèche e/lilée tie linge ou de colon, et à l'y maintenir assez long temps pour déler-' miner l inflammation de la surface interne de la tumeur. On peut passer UE séton à travers la tumeur d'une hydrocèle de diverses manières ; voici celU j que Pott avait imaginée : un trois-quarts à large canule (quatre lignes de dia^ | nietre ); une canule d'argent longue de cinq pouces, et susceptible de passer i ' travers la canule du trois- quarts ; une aiguille ronde , longue de six pouces el demi, et présentant une large ouverture capable d'admettre un selon (orme de grosse soie à coudre; tels sont les instrumcns qu'employait ce célèbre chirurgien. Après avoir donne issue à la sérosité de la tumeur au moyen du troisquarts, il glissait dans la canule de celui-ci la seconde canule indiquée plui haut, il renfonçait prolondément vers la partie supérieure de la tumeur, el alors , dans sa cavité, il passait l'aiguille armée du séton , et faisait sortir I une et I autre à travers le point des bourses indiqué ; au bout de quelques jours I lorsque les bourses étaient lorlemenl lumétiées , Pott enlevait le seton et ache- 1 vait le traitement à l'aide des émolliens d'abord, et des resolutils ensuite. On peut faire à ce procédé les objections qui ont été faites aux précédens ; ic) ' même, elles deviennent plus sérieuses; aussi a-l-il été complètemeut abaH'j donné de même que le suivant. [ a°. Le procède de la tente imaginé par Franco , consiste à faire sur la tumeuij une incision qui sert à la fois à évacuer la sérosité , et à porter dans la tuniqut vaginale une tente de charpie, d éloupes , de linges, etc. , de laçon à enflam- ! mer fortement les parties. Paré conseillait d'ouvrir la tumeur en bas, Guillemo' prêterait l incision supérieure ; Thévenin , associant la cautérisation au procédé de Franco, voulait qu on fit l'ouverture de la tumeur avec le caustique ; d'au- \ très enfin ont substitué des bougies de plomb à la tente ordinaire. - 6". Moiiro a proposé un procédé qui a de l'analogie avec le précédent, mait qui l'emporte sur lui par sa simplicité ; il consiste à irriter la tunique vaginale, avec l'extrémité de la canule d un Irois-quarts , après avoir donné issue à la sérosité à l'aiile du même instrument. Ce procédé a été abandonné comme les précédens pour celui de l'injection.
7». Le procédé de l'injection consiste à remplacer momentanément le liquide de la tumeur, par un liquide nouveau , plus ou moins irritant , et susceptible de produire une inflaminalion adhésive de la tunicpie vaginale. Monro attribue l'invention de ce pi océdé à un chirurgien du régiment de Hume , du même non: que lui. Cependant, malgré leur origine anglaise, les injections n'ont jou: d'abord d'aucune faveur en ce pays, et il a fallu que celte manière de faire, vint en quelque sorte se naturaliser en France, pour qu'elle acquit la juste célé- . brité qu'elle mérite sons tous les rapports. T-.'invenleur du procéilé qui nous occupe employait l'alcool pour ses injections. Le vin, chauffé à 4U ou 50 degrés , seul ou aiguisé avec un peu d'alcool ; le vin dans leipiel on a fait infuseï des roses de Provins, le vin aluminé ou camphré, une solution de potasse, oDi été proposés depuis , et toutes ces substances liquides peuvent cei tainemen être employées avec succès; mais on emploie généralement un vin un peu généreux chaufté à 50 degrés. Voici au reste comment on doit exécuter le jiroccdt de 1 injection : le scrotum étant rasé exactement, la ponction sera pratiqué»
HYDROCÈLE
.JÎiHYDROCÈLE,
avec le trois-quarts comme il a été dit à l'occasion de la cure palliative. Lorsque la sérosité sera complètement sortie, on fera verser dans une seringue convenable le liquide (le l injeclion , on insinuera Texlrcmité de la canule de cet iusirument dans la canule du trois-quarts , et alors , pendant que le chirurgien fixera le trois-quarts, un aide iiiielligent poussera le piston delà seringue, jusqu'à ce qu'une quantité suflisante de liquide soit parvenue dans la tumeur. Kiisuilc on retirera la seringue avec précaution , de peur d'entraiuer la canule du trois-quarts avec elle , et de peur aussi de faire sortir cette canule de la tunique vaginale. On doit injecter assez de liquide pour distendre toute la tumeur, mais jamais de façon à lui donner toule la tension qu'elle avait avant la ponction. Si l'on faisait autrement, les matières de 1 injection pourraient (user en dehors de la canule, et s'infiltrer dans le tissu cellulaire des bourses. Une fois l'injection terminée, le chirurgien j lace le doii;t sur le pavillon du iroisquarls, de manière à retenir le li(|uide dans la lunicur; au bout de deux minutes environ, il laisse écouler le liquide au dehors, et recommence une seconde lois 1 injection, avec une liqueur un peu plus chaude que la première. Ënfin, après avoir retenu ce liquide pendant un temps semblables celui de la première injection , il lui donne issue et relire la canule. Quelques chirurgiens prennent encore la précaution de faire aspirer avec la seringue, 1 air qui s'est introduit par la canule; mais il suilit de presser la tunique vaginale avant de retirer le trois-quarts.
l'eiidant le séjour du liquide chaud , le malade éprouve de vives douleurs dans l'aine, dans le ventre, et jusque dans la région lombaire, sur le trajet des nerfs testiculaires. Cette circonstance ne doit ()as effrayer le jeune chirurgien; loin tle là , elle est de bon augure, elle annonce que l'irritation déterminée par l'opération est suflisaute ponr amener l'atrophie du sac de I hydrocèle. Après l'opération , le malade sera porte dans son lit , et on ap|)liquera sur les bourses des linges imbibés de vin chaud , de façon à faciliter la tuméfaction intérieure , que déjà l'injection a préparée. Les vives doideurs de I opération persistent pendant une heure ou deux, et deviennent supportables ensuiie. I 1 Dix à douze heures après l'opération, la tuméfaction et la lièvre commencent, » I des douleurs nouvelles moins vives, moins accablantes que les premières , se il I font ressentir; et , lorsque la tumeur a repris toute la tension qu'elle avait avant ■ i Ja ponction, on remplace par des topiijues éuiollicns , les com|)re>ses imbibées de vin qu'on avait entretenues jusque la, et I on soulève les bourses sur le ventre à l'aide d'un suspensoir un peu serré. Enfin, lorsque, par ces moyens, g |{ on a fait disparaitie l appareil inflammatoire qui s'était manifesté, aux cmolï 1 Jiens il faut faire succéder les résolutifs ; l'eau végélo-animale , la solution de I I nuriate d'ammoniaque sont ceux qus je préfère. A cette époque, la tumeur i I ooaserve encore un volume considérable , .elle est fluctuante, une sérosité puri- , I /orme s'y est accumulée, sous l'inhuence de l'inflammation vive que l'injection i; i « produite ; mais bientôt , à l'aide du repos dans une position horizontale, et ( (lies résolutifs indiqués , on voit la tumeur diminuer rapidement, et la région r I «e réduire à son volume normal. Long-temps encore, le malade doit, après f''f l'opération, porter un suspensoir ; que dis-je même? toujours il devra user de ( t «e moyen; parce que le testicule devenu adhérent, par suite de l'oblitération de I i U tunique vaginale, sera, comme il a été dit pins haut, bien plus exposé qu'au-
Iparavant aux froissemens et aux contusions, de la part des corps extérieurs. • Les divers procédés qui viennent d être décrits , sont loui d être rationnels i lu même degré; j ai dii toutefois les exposer tous avec soin , d'une pait afin de ( montrer les phases successives qu'a parcourues la thérapeutique de l'hydrof cèle , pour atteindre le degré de perfection, auquel on peut dire qu'elle est i aujourd'hui parvenue; et d'autre part, parce qu il est quelques uns de ces ; procédés, qui peuvent être convenables, dans certains cas , à 1 exclusion des autres. Ainsi, bien que le procédé de l'injection soit le plus convenable et le [ {dus sûr, cependant on doit convenir que , dans certains cas d'épaissisaement i considérable de la tunicjue vaginale, il ne jouit pas de ses avantages ordinaires, j et que le procé»lé de I incision doit être préféré ; toutefois , dans ce cas particulier, disons que M. le professeur Boycr déclare encore, que les injections lui I ont le plus souvent réussi. Le procédé de l'incision me paraîtrait seul rationnel, ! dans un cas d'hydrocèle congcniale compliquée de heiiiie de même nature; j toutefois remarquons que cette opération elle-même peut amener une péritoj nite par continuité de lissu, et les plus graves consi quences. Aussi ne doit-on [ alors se décider a ag|.r que d'après le vœu formellement ex|)rimé par le ma- ) lade , et aprfs lui avoir oioiilré les chances de succès et d'insuccès auxquelles i il s'expose. J'ai été témoin d une opération de ce genre, dont la moi t a été la ! ODnséquence.
j Le procédé de l'injection , le plus parfait , comme je l'ai dit , et celui qui convient presque exclusivement dans tous les cas, peut cependant causer des ac-
^ Cidens ; les priucijiaux sont : la Icsion du testicule ou de sou cortiou, i injection du liquide irritant dans le tissu cellulaire des bourses, la phlébite du cordon , la péritonite, et la récidive tle la maladie.
11 a déjà été question de la possibilité de léser le testicule dans la ponction de l'hydrocèlc , des signes de cette lésion et de ses conséquences. Au reste , il est évident que cet accident n appartient pas au procédé de l'injecliou , mais à la ponction avec le trois-quarts. 6 il arrivait qu'on lésât le testicule, sur un sujet chez lequel on se proposait de faire l injectioii de la tunique vaginale, il faudrait différer celle ci , de peur de déterminer la destruction du testicule par inflammation.
La lésion dn cordon tesliculaire est rare dans l'opération de I hydrocèle; cependant la possibilité en a été établie par le fait que j ai cilé plus haut d'après 1 autorité de Scaipa. Si cet accident avait eu lieu , et si riiémorrliagie était
très-abondante , comme dans le cas indiqué , on devrait inciser sur le Ir.ijel du cordon afin de faire la ligature du vaisseau Icsé, ou même la castration. L'omission de cette pratique pourrait causer la moi t du malade.
L injeclion du liquide irritant dans le tissu cellulaire des bourses est un acci- <lenl |du» comuiuii , et des plus graves; presque toujours il arrive lorsque l'cxtiéuiitc dt la canule du trois-quarts a quille la cavité de la tunique vaginale li l'insu do l opérateur, soit que celui-ci n ail pas eu soin de suivre avec l'instrument le mouvement de reirait graduel des bourses, à mesure que la sérosité s'écoule, soit que par inadvertance il ail un peu attire à lui la canule trop peu enfoncée dans le sac de la tumeur. Aussi faul-il considérer comme l'actiou la plus iuipoi'tantc de l'opération , celle qui a pour but de tenir la canule du Iroisquarls , pendant l'écoulemont de la scrosilé , et pendant l'injection du liquide irritant, qui doit momoiitanéiiieiit la remplacer. Aussi le chirurgien ne doit-il se reposer (pie sur lui-même du soin de cette partie de l'opération , tandis q>i'il abandonnera à des aides celui de prt; parer et de |>ousser 1 injection. Les Anglais employaient autrefois une espèce de trois-quarts, dont la canule fendue latéralement, disposait d une manière toule parliculicie à l'accident que je signale ici, sans même que l'extrcmilé de l'inslmmcnt eut abandonné la tunique vaginale ; ce Irois-quarts doit être abandonné comme un des plus mauvais inslrumens qui aient été imaguus. Loique par malheur l'injection irritante est parvenue dans le tissu du daitos , les bourses se gonflent considérablement, elles s eiifl.iniment, bicnlôl le sphacèle des parties survient, et on voit le testicule dépouillé de ses enveloppes, comme après les grandes infiltrations urineuses , demeurer suspendu à 1 anneau par son cordon l-'endant ce temps , les accidens généraux les plus graves se manifestent , et quelquefois amènent une luneste terminaison. Le plus souvent les parties ne lardent pas à revenir sur elles-mêuies . les tcgumeiis de la rcgioii interne des cuisses, de la paroi abdominale et du périnée fie rapprochent , bienU'it ils recouvrent d'une couche nouvelle le testicule enfl immé, et le malude guérit complètement. D'autres fois I iiijcclion ayant été moins iorle , un simple phlegmon gaiigiciieux des bourses survient . et le malade guérit assez promplement et radicalement, si la tuni(]ue vaginale a participe ii 1 inflammation (|ui s est primitivement développée en dehors de sa cavité.
L inflammation des veines du cordon tesliculaire survient quelquefois après l'injection de l hydiocèle, si l'inflamuialion déterminée par l'opération est trèsviolente; alors la inorl est la terminaison la plus ordinaire, comme elle est aussi celle de la plupart des sujets affectés des autres espèces de phlébite. Dans un cas j'ai eu occasion de constater analomiquemeiit cette fatale consécpience de 1 opération de 1 liydrocèle.
La péritonite est heureusement une très rare conséquence de l'injection dans l'hydiocèle; elle peut du reste survenir de deux manières : tant(jt, parce que le col de la tunique vaginale n'est pas oblitéré, ou l'est incomplètement ; et tantôt parce (]ue l'inflammation vdneuse du cordon s'est étendue sympathiquemeiit au péritoine, comme je l ai observé dans le cas relaté précédemment.
Enfin la récidive de la maladie survient toutes les lois que l'iiijeclion a élé faite avec un lic(uide trop peu irritant, ou lorsque le li(piide, même celui cpii offre les conditions voulues, n a pas élé laissé assez long-temps dans la cavité de la tumeur ; dans ce cas il faut attendre quehiue temps, et recommencer l'opération a\ec des précautions très-grandes, pour ne pas retomber dans l'inconvénient déjà signalé.
Le traitement de l'hydrocèle, tel qu'il a été précédemment exposé , est celui de 1 hydrocèle ordinaire de la tunique vaginale ; mais il doit subir des modifications dans les autres variétés de la même maladie.
L'hydiocèle congénitale est plus grave que l'hydrocèle ordinaire, parce que la communication de la tumeur avec le [léritoine empêche l'usage des moyens précédemment indiqués , ou les rend beaucoup plus dangereux. Viguerie, chirurgien distingué de Toulouse , qui , le premier, a fait connaître cette importante espèce d'hydrocèle , propose de la traiter simplement en refoulant dans le ventre le liquide épanché , et en l'y retenant ensuite avec la pelote d'un brayer, comme on le lait dans la hernie. Viguerie rapporte plusieurs exemples de guérisons ainsi obtenues ; et Sabatier lui-même a pu constater les heureux effets de cette méthode thérapeutique. Toutefois, il arrive aussi que ce traitement reste inefficace ; et pour ces cas , Desault voulait que l'on employât les injections irritantes, avec la précaution de comprimer sur le col de la tunique vaginale , pendant le séjour du liquide étranger, afin d'empêcher sa pénétration dans le ventre. Malgré le poids immense , dans cette matière, de l'opinion du chirurgien célèbre que je viens de citer, je n'hésite pas à déclarer celte pratique irrationnelle et meurtrière ; l" parce que , si exacte que soit la compression que l'on exerce sur le col de la tunique vaginale, il peut se faire que souvent quelques gouttes de la matière injectée passent dans l'abdomen : car, après l'injection , il séjourne toujours quelques gouttes de vin dans la tumeur, malgré les précautions que 1 on prend pour tout évacuer; 2° parce qu'il est impossible de tenir dans de justes bornes l'inflammation de la tumeur, et d'empêcher qu'elle n'envahisse le péritoine. Voulant éviter les inconvénicns trop inséparables évidemment du procédé do l'injection appliqué à 1 hydrocèle congénitale , quelques chirurgiens ont proposé d appliquer ici l'incision simple de la tumeur. Déjà j'ai dit plus haut que cette pratique avait été mise en usage dans des cas d hydrocèles compliquées de hernie ; mais elle a de graves inconvénicns, et les accidens auxquels cette méthode a donné lieu dans ce cas , quoique moins assurés que ceux qui arrivent après l'injection irritante, sont cependant de même nature et de même gravité. Aussi , je n'hésile pas , fondé sur l'analogie, et sur les observations que j'ai eu occasion de faire chez le ma-
HYDROCEPHALIE.
HYDROCEPHALIE.
Jade que j'ai vu opérer ainsi, je n'hcsite pas, dis-je, à déclarer que l'incision doit être tout-à-fail rejetée du traitement de I hydrocèle congéniale.
Les divers procédés proposés pour le traitement de l'iiydrocèle de la tunique vaginale, peuvent, à la rigueur, t-tre appliques à Thydrocèle enkystée du cordon ; mais il faut convenir que leur exécution est ici plus dilficiie, et qu'ils exposent'à plus d'accidens : 1° leur cxéc.tion est plus difficile, parce que la tumeur est plus profonde, et que souvent clleesl recouverte par quelques uns des élémens du cordou , qui peuvent ainsi être lésés par les insirumens ; 2" ils exposent à plus d accidens, parce que la tumeur h laquelle on les applique . plus rapprochée du péritoine , peut lui cominmiiquer plus fiicilement son inflammation. Ces considérations , bien appréciées par Berirandi , Rey , M. Riclierand «it plusieurs autres chirurgiens, les ont engagés à proposer dans ces cas l'incision simple de la tumeur, et l'exlirpalion de sa partie antérieure.
Chez les enfans, l'hydrocèle de la tsuiique vaginale n est pas rare, et plus souvent que chez les adultes , elle disparaît sous I influence des résolutifs ; toutefois, dans quelques cas aussi, elle est réfractaireàces moyens, et doit être traitée comme chez l adulte; alors, l iniection irritante est encore la meilleure méthode; mais elle doit être employée avec beaucoup de mrnagemens. J'ai opéré de la sorte avec un plein succès , deux enfans^ l'un âgé de trois, l'autre de huit ans.
Chez la femme, comme je l'ai dit, des kystes se développent quelquefois dans la lèvre de la vulve , et sur le trajet du cordon sus pubien. An^ilogues à
I hydrocèle, ces tumeurs peuvent être traitées avec avantage de la même manière; mais 1 incision etl ablation d'une partie ou même de ia totalité de leur kyste', est le procédé le plus généralement employé dans ces cas. J'ai eu occasion de faire trois fois cette opération , et je ne l ai jamais vu causer le plus petit accident.
J. Earle. Treatise on tl.e lijdrocfle , conlainin:; an examination of ail llic usual mulliods of ol;lainins rclit-r in il.al dheasc. Loiulon , 1791 el 1793 ,
A. Dussaussoy. Cure radicale de l'hydrocèle par le caustique. Paris, 1787 , in-8». Imhert-Delonnes. Cure radicale de l'I.jdroeéle. Paris, 1785 , in-8°.
1'. Pont. Pratical reniarks on llic liydroccle. London , 1762, in-S". ,7. Voiiglass. Traclalio île hydroctle. London, 1755 el 17:)8, in-S". 5. ^onei. Dissertation on liydroccie. Pliiladelpliia , 1797, in-8"^
B. Bell. A (réalise on tlie liydrocele , sarcocclc , etc. London , 1794, in-S».
A. Scarpa. Memia suU' idrocele dut cordonne spermalico. Pavia, 1823, iu-4'.
( Ph.-Fréd. Blandim. ) HYDROCÉPHALE AIGUË. Voyez Mémncite.
HYDROCEPHALIE et HYDRORACHIS cheomqbes. Nous croyons devoir reunir ici ces deux mots, qui iicxpriment que deux formes , ou , si l'on veut deux manifestations diiréienles d'une même maladie, I hydiopisie de l'arachnoïde iiiira ou extra encéphalique, crânienne ou vertébrale. 11 faut même multiplier davantage encore les divisions et les dénominations, selon l'étendue de ces manifestations, selon la région où elles se montrent, selon le point où elles ont pris naissance.
1». Toute l'étendue des cavités destinées à loger les centres du système cérébro-spinal est quelquefois envahie; c'est ce que nous avons appelé hjrdiocéjjhalorachis ; 2o le crâne seul est-il distendu , mais uniformément, par la collection séreuse, cest \ hjdiocé///iu/ie proprement dite; 3» si l'hydropisie a forcé, dans un point quelconque , les parois du crâne el lorraé une poche à col étroit, il y a hydrencépliuLucèle ; 4» quand c'est un point quelconque du rachis qui a cédé à l'effort cxpansif du liquide accumulé dans son intérieur , on a sous les yeux Vhjdroracliis ou spina bifida. Telle est la division qui va nous servir a dislribiier les matériaux de cet article; mais auparavant il est bon de donner ici quelques généralités applicables à toutes ces formes, ou du moins à la plupart d entre elles et de leurs variétés.
Le plus souvent , cette hydropisie est intra-utérine , et peut même se développer chez l'embryon à un âge très-tendre , puisqu'on en a vu la présenter à six semaines au plus (Otto ). Toutefois , nous ne pensons pas qu'on puisse pour cela l'attribuer à un retard dans la formation de l'encéphale , puisque nous nous sommes maintes fois assuré que le cerveau d'un hydrocéphale possède toutes les parties, toutes les formes qui manquent a l euibryon, à part ce qui peut dépendre de la distension causée parle liquide : nous avons aussi constaté que, quelque amincissement qu'aient subi ses i);irois,il arrive souvent qu'il pèse (sans la sérosité) autant et plus t|ue celui d'un individu sain et du même âge que le malade- Assez souvent due à une indisposition héréditaire, puisque certaines l'emines donnent h tous leurs enfans cette maladie à divers degrés , ainsi que nous 1 avons observé nous-même , elle se développe plus souvent par suite de causes accidentelles et surtout d'une surabondance de sérosité chez la mère durant la grossesse , surabondance assez indiquée et par la grande quantité des eaux contenues dans l'amnios , et par l'infiltration considérable des membres abdominaux, parfois même de tout le corps. Enfin une circonstance qui nous a paru avoir aussi quelque influence sur la production de cette hydropisie , c'est l'âge un peu avancé de la mère; beaucoup de celles qui ont donné le jour à des enfans hydrocéphales, ou portant les traces de cette affection, étaient ilgées de plus de trente ans. J'ai parlé des traces que laisse quelquefois cette alfection ; c'est dire qu'elle ne dure pas toujours jusqu'à la naissance, et qu'elle est remplacée par d'autres lésions; effeclivemeiit les parties distendues, amincies, peuvent se déchirer . se détruire ou se réduire à des rudimens informes ; les organes floltans dans le liquide peuvent se déplacer, etc. (,'cs désordres paraissent v.Trier non-seulement d'après l'intensité et l'étendue de l'hydropisie, la région qu'elle attaque , l'époque où elle a pris naissance, mais encore selon qu'elle est interne ou externe , c'cst-'a-dire que le liquide est ren-
fei mé dans la caviié même de l'encéphale ou bierf entre sa surface et les psrois ' du crâne et du rachis. Cette division . adoptée par les anciens , rejetée à tort parles modernes, donne efTeclivement l'explication de bien des faits importans et nous verrons plus loin qu'elle lournirail aussi à la thérapeutique des donnée» d'une grande valeur, s'il était plus facile de la diagnostiquer sur le sujet vivaut. Interne ou externe, elle a toujours son siège dans l'arachnoïde . puisque cette membrane s'enfonce aussi dans les ventricules , ainsi que l'a démontré Bichat puisqii une expansion parait également se glisser le long de la moelle épinièrc et renlerme même toujours, à l'état normal, une certaine quantité de liquide (Magendie) ; mais on conçoit que des adhérences ou d'autres obstacles mécaniques peuvent aisément fermer ces communications, circonscrire la collection et borner les lésions qui en sont la suite. La faiblesse plus grande de quelque point des parois crànio-rachidiennes peut aussi être la cause d'une manifestation partielle de ces lésions , lors même que la maladie avait été générale dans le princi|)e ; c'est ce (|ue nous verrons dans chacun des paragraphes suivans,
5 l'T. lljrdi océphaloracliis. — Nous rangeons ici les cas où l'hydropisie , occupant lout re.<ipace crànio-verlébral , a produit <les désordres physiques dan$ toute cette étendue ou bien dans des points multiples très distans l'un de l'autre^ De cette nature était le fait rapporté par Moi gagni d'après Genga ; il y est question d'une hyili océphalie coexistant avec une hydroracliis coccygicnne , et j qui fut guérie par la ponction de cette dernière. Un squelette de lœtus , con- ! servé par M. Dnbrueil , ofl're les tiaces d'un spina bifida lombaire et sacré et celles d'une hydrocéphalie crânienne ; chez d'autres , c'est au dos et au cou que le s|)ina-bifiila existait, avec hydrocéphalie ou anencéphalie. On peut lire encore, dans leSe/julc/tretum, d'après Lechel, 1 histoire d une hydroracliis lombaire compliquant une hy di encéphalocèle occipitale, suivie de la distension graduelle de ton t le crâne et de la mort au troisième mois- Nous avons vu nous-même toutie crâne réduit dans ses dimensions, quoi(|ue conservant une énoime fontanelle bregmatique et échanerée .i la région occipitale, avec un spina bifida de toutes les vertèbres. Ce spina biflda universel complique bien plus souvent encore l'absence du crâne , soit que l'encéphale subsiste, déplacé et déformé, comme nous en avons donné ailleurs des exemples ( Epliéméridas médicale s ) , soit qu'il ait été détruit en totalité, cerveau , cervelet et moelle épinière (ibidem). Dans le premier cas , on a sous les yeux le résultat d'une hydrocéphaloi achis externe, comme dans l'observation de Genga ; dans le deuxième , on voit les effets d'une hydrocéphalie interne propagée à l'intérieur de la moelle épinière, comme cela s'est vu plus d'une fois ( Pechin , Sandifort et autres) , et qui a détruit à la fois l'encéphale et ses envelopes Si l'on conservait des doutes sur cette éliologie du s[>ina bifida général , il suffirait de lire les observations du Cliillerbuck , de Polisius , que nous avons citées ailleurs , de se rappeler le cas où la poche crânio-rachidienne ne s'est rompue que durant le travail, de ri fléchir à ces cheveux qui garnissent toute la longueur des bords de la gouttière crànio-verté» brale, d'examiner le squelette déposé par M- Gerdy au cabinet de la Faculté de Paris, et sur lequel on voit le eràne distendu par une hydrocéphalie, l'ocpital fendu , aussi bien que toutes les vertèbres. Ces lésions s'opèrent constamment avant la naissance et s'accompagnent souvent aussi d'une inflexion du rachis en arrière , d'une soudure de la lëte avec le tronc , qui apportent des difficultés dans la parturition, comme le peut faire aussi une collection d'eau considérable avant la rupture de sac qui la renferme. Quant au fœtus, il n'est pas plus viable dans un cas que dans l'autre , quoique ses jours puissent se prolonger davantage dans les cas d'hydrocéphalorachis externe, l'encéphale étant alors , en grande partie, conservé. On a même récemment publié un exemple dévie conservée jusqu'à 1 âge adulte, avec une dé/ormation qui aurait dù résulter d'une hydi opisie telle que celle dont nous parlons , mais dissipée alors etn ayant laissé qu'un déplacement ttu cerveau logé sur le dos dans la gouttière des vertèbres tendues ; mais il est probable qu'on s'en est laissé imposer par une difformité rachitiquc portée à l exlréme. Si le pronostic peut, dans quelques cas, n'ctrc pas des plus f<îchc'iix , ce n'est que pour des hydiopisies externes accompagnées de peu de defoi mation, de peu de distensions , comme dans le fait emprunté à Genga, et qui diflérait peu des hydroraehis ordinaires dont il sera question tout à l'heure.
§ IL Hydrocéphalie. — Les mêmes déformations , bornées aux parois dttij crâne , peuvent dépendre d'une hydropisie , soit interne , soit externe de celte cavité ; mais bien plus souvent, c'est d'une hydropisie interne que dépend l'anencéphalie, c'est-à-dire la destruction du ci-âne et des hémisphères eérébraux à la fois. Les traces d'inflammation qu'on observe en celte circonstance , et qui ont surtout frappé notre collaborateur Blandin , nous paraissent consécutives à la distension, mais antécédentes peut-être à la rupture. Chez un embryon à peine long de neuf à dix ligues, M. Dubrueil nous a l'ait voir un crâne mou, chiffonné , perforé d'un trou arrondi à son sommet , et ne contenant point de cerveau. L'insufflation donnait à ce crâne des dimensions considérables , eujj égard à la taille de ce petit être. On doit croire, comme le raisonnement l'indi-'l que el comme le tait le prouve , que ce sont les hydrocéphalies les plus précoces qui amènent ce résultat fâcheux en ce qu'il détruit la viabilité de l'enfant. l'Iiis tardive, l'hydrocéphalie subsiste sans rupture ju.scju'à la naissance; quelquefois même elle est alors peu considérable; parfois enfin, il ny a dans ce moment que prédisposition à une hydrocéphalie future. Dans les deux premiers cas , le volume el la mollesse de la tête, la fluctuation sentie d'une fon-i tanelle à l'autre, la largeur excessive de ces fontanelles et des sutures dpntl elles sont l'enlre-croisement, rendent le diagnostic fa('ile ; dans le dernier , on| trouve seulement le crâne volumineux proportionnellement à la face ; il est surtout large , comme aplati du haut ; les bosses pariétales font une saillie eo
HT BROCÉPHALIE.
HYDROCÉPHALIE
loiJe ; le front est large aussi et avancé au-dessus des yeux ; et la fontanelle intérieure, quekiuefois même la postérieure, sont larges et persistent long- .einps sans se solidifier.
Si la oialadio n'est pas enrayée, on voit le crâne grossir peu à peu , même încore long-temps ajnès que la lonlanelle s'eslossiliée ; le front devient de plus 5fl plus saillant ; les paupières , tirées en haut, luissent presque constamment 1 découvert la moitié supérieure de la cornée transparente et une partie de la icicrotique ; el la face semble liiir en arrière, les veines épicrânieitnes pre'^ment beaucoup d'ampleur, et les dents se carient presque toutes, au moins à en juger i'^iprès un certain nombre il'observalions qui nous sont propres. L'entant ne peul soutenir que diflicileuicnt cette lèle pesante; il ne peut marelier , i|uoique son âge com()orle l'établissement de celle l'onction ; les pieds se louinenl en dedans : quelquefois, après avoir marché assez bien, il commence à faire des chutes fréquentes . et finit par ne pouvoir plus se soutenir; ses jambes se para, lysent, s'atrophient eu quelque sorte ; tout le corps maigrit, pâlit , dépérit ; il est sujet aux aireclions convulsives et comateuses; souvent le moindre accès tie fièvre sudit pour amener des signes d'affection cérébrale; et la tension des fontanelles annonce alors que cela lient à une exhalation surabondante de sérosilé. Bref, l'enfant périt après un temps plus ou moins considérable.
Celte issue funesie est quelquefois très précoce, quoique toujours ou presjque toujours tlélcrminée s(;ulement à la naissance , même quand une rupture jspontanée s'est opérée dans l ulérus. On sait que Tenfanl peut vi\re et croître |alors , parce qu il est sous l'influence de la vie maternelle; il ne peut plus e.\is- Iter dès qu'il se sépare de sa mère , et il est daiis le même cas si la rupture s'est |violemment opérée durant le travail, soit par les seuls efforts de la nature, soit par l'application du forceps.
Une ponction, nécessitée par l'obstacle que la tète apportait à la parturition (vojez article DrsTociE ) , amène, le plus souvent, une mort immédiate ou très prochaine. Enfiu , sans opération , sans rupture, on voit bien des hydrocéphales périr, peu après avoir vu le jour, dans un état convulsif ou iqomateux, ou dans ime asphyxie qui ne dépend quede la compression éprouvée jpar l'encéphale et peut-être aussi de sou inaptitude à entretenir la \ie extrautérine.
Une hydrocéphalie peu considérable, ou développée après la naissance, peut marcher avec beaucoup de lenteur et ne l'aire périr l'enfant qu'après plusieurs années de durée; on l'a vue même persister, tout en faisant des progrès, jusqu'à un âge fort avancé , tantôt en produisant un idiotisme complet , tantôt en laissant au sujet ses facultés intellectuelles. C'est alors surtout que le ciâne avait acquis d'énormes dimensions, trente six pouces de circonlérence , par exemple, à l'âge de neuf an? (Monro). Quelques-uns de ces sujets ont vécu jusqu à quaiante-cinq ans (Ekmark), ciuquante-ciiiq ans (Gall) , soixante-dix ans (cabinet tie Dupont ).
Voilà certes des cas bien probans contre ceux qui refusent la viabilité aux hydrocéphales Le pronostic peut être moins désavantageux encore , puisqu'il est des exemples de gnérison complète. Ceci s'applique surtout, mais non exclusivement, aux hydrocéphalies qui , à la naissance , n'existaient , pour ainsi dire, encore qu'en prédisposition , c'est-à-dire à un degré médiocre. On a réussi , nous le dirons plus bas, par l'emploi de quelques procédés opératoires dans des cas d hydrocc|ilialic congéniale et assez considérable : une méthode moins hasardeuse a été aussi couronnée de succès. Les frictions mercui ielles , celles avec la pommade d'hydriodate de potasse, les vésicatoires volans et à demeure, les bains aromatiques, les amers , nous ont paru avantageux dans certains cas peu graves et dont la marche était peu rapide. Lorsqu'il survenait quelque recrudescence , des symptômes cérébraux sérieux, etc., à l'occasion de quelque mouvement tébrile , d'un exanthème , de l'éruption des dents , les bains tièdes , les sangsues aux tempes, les cataplasmes émolliens sur la téle , ont I hâté el décidé la détente. C'est ainsi que , en quatre années , j'ai vu passer par ' tous les degrés de la diminution , jus(|u'à une guérison probablement déliiii- I live , un enfani qui , à l'âge de dis huit mois , avait au crâne dix-huit pouces îl de circonférence , la fontanelle antérieure fort large , les membres inférieurs paralysés , etc.
On a essayé de comprimer graduellement le crâne des enfuis hydrocéj)hales à l'aide du bandage nommé capeline ; ce bandage , fort anciennement connu , ■ parait avoir réussi à Lazare Rivière ; Gilbert Blane a cru devoir en favoriser j l'action , ou coiiliebalancer ce qu'il pouvait avoir de nuisible, pnr de fré(nien- I les applications de sangsues an cou , et il a eu lieu de s'applaudir de cette con- 4oite. On cite encore un autre succès ( Barnard ) , obtenu par 1 emploi de I? même méthode et l'usage des bandelettes agglutinatives pour comprimer le j eràne.
Enfin la ponction, employée avec des précautions particulières, est encore une des méthodes qu'on a mises en pratique ; mais jusqu'ici il n'en est point résulté j «le succès durable. On a pu croire quelque temps le contraire : James Vose fit I quatre ponctions avec une aiguille à cataracte ; une diarrhée séreuse , survenue , on même temps, acheva de vider le cràiie qui , d abord affaissé, s'ossifia ensuite rapidement; mais d'après ce que nous apprend Monro , cet enfant fut, un peu ji plus tard, repris d aceidens définitivement mortels. Il en a été de me aie de f certaines ruptures spontanées : exemple , par l'orbite. Cependant il paraît que I la ponction n'est pas toujours aussi dangereuse et aussi immédiatement funeste qu'où l'a dit ; Holbrook a fait trois ponctions .ivec une lancette sans aceidens immédiats , mais l'enfant n'était pas encore guéri quand on a publié ce fait. O^i »aU qii<4, dans d'autres cas, au contraire, la mort a suivi de près l'évacuation I in liquide ; ces différences dépendent, sans doute , du siège de ce liqnide; il
DlCT. t)E MÉDECINE ET DE (ililRURGIE PRATIQUE.
est certain que, si l'on doit attendre de la ponction des effets heureux, c'est surtout quand l'hydrocéphalie est externe. Malheureusement on ne peut ici distinguer ce qui en est au juste; peut-être y arrivera-t on un jour en étudiant plus soigneusement la sympfomalologie de cette affection.
§ III. Ily diencéphalocèles. — Nous devons également ici renvoyer à d'autres ouvrages pour ce qui concerne des détails d'aiiatomie pathologique, de théorie, etc. : nous nous contenterons de dire que la rupture des poches hydrocéphaliques formées au pourtour du crâne parait avoir été l'origine d'un certain nombre de difformités particulières, soit en laissant au dehors le cerveau d'abord en partie contenu dans le sac herniaire avec l'eau qui s'est échappée i)ar la rupture et la destructio'n de ce sac (podencéphales de M. Geoffroy); soit en rapprochant , réunissant, soudant, élaborant, en un tout nouveau, les organes dont la distension fdrniait au|Sai'avant des parois amincies et jusqu'à un certain point incapables de reprendre la vie , de reprendre du moins leur forme première (monopsie , aprosopie) , soit enfin en laissant isolées les parties déchirées après leur tlistension (nez bifide, gueule de loup, etc.) En nous bornant au sujet précis tlu présent article , nous dirons d'abord un mot des différeiis points du crâne où l'on a trouvé des hydreneéphaloceles. L'occipital en est bien fréquemment affecté , soit que le col du sac , ordinairement rétréci près du crâne, passe par le milieu de cet os , soit que la fontanelle jioslérleure , ou bien encore une échancrure au dessus du trou occipital lui aient donné une issue. Le vertex , le bregma , l'intervalle des deux frontaux , la région ethmo-nasale en ont été fréquemment aussi le siège ; peut-être quehjuelbis même a-t-elle traverse le sphénoïde entre son corps antérieur et le postérieur. Dans les premiers cas, la tumeur était toute extérieure ; dans les derniers , elle faisait saillie dans lu bouche et dans la gorge (Hichtcr , Frank , Serres). Quelques enlaiis encore ont ofl'ert vers l'un des angles de l'œil la tumeur hydrenccphalique alors peu volumineuse. On en vu aussi à la région temporale (Ruysch).
La dissection a appris qu'il existait , le plus souvent, une portion de l'encéphale dans le sac herniaire conjointement avec une certaine quantité d'eau , tantôt enfermée dans celte substance même, tantôt l'enveloppant. L'hydrocéphalie primitive avait ilonc été tantôt interne et tantôt externe , ce qui ne serait pas indifférent à connaître pour le pronostic. Ainsi l'on peut croire que les deux cas d'encéphalocèles congéniales peu considérables et peu incommodes que M. Latlement a observés chez des sujets presque adultes, n'étaient que le résultat d'une hydropisie externe dissipée d'une manière ou de l'autre , quoique des encèphalocèles sans hydropisie actuelle ou antécédente ne soient peut-être pas inadmissibles. On conçoit du moins que ce ne serait que dans ces sortes de cas qu'il serait permis d'essayer , par la ponction , l'évacuation du liquide ; encore fiudrait-il s'assurer avant , autant que possible , de l'abscnee d une portion considérable de 1 encéphale hors du crâne ; c'est malheureusement ce qui n'est pas ortlinaire , et l'on doit surtout désespérer du succès quand le crâne , déformé , rétréci , soudé , etc. , indique assez qu'il a éprouvé une réduction notable par l'évacuation d'une partie de son contenu , lors de la formalion de la hernie.
En somme , le pronostic des hydreneéphaloceles est toujours grave, qu'on y touche ou qu'on n'y touche pas. On en a vu permettre aux individus qui les portaient plusieurs mois d'existence, une fois même jusqu'à douze années (Spurzheim); mais, le plus souvent, l'inflammation, l'ulcération de la tumeur enlrainaient à leur suite une encéphalite mortelle après quelques semaines de vie seulement. La ponction , faite à deux reprises différentes , a amené une fois , sous nos yeux , ce résultat, dans un cas désespéré sans doute , mais où la nature eût prolongé davantage l'existence de l'enfant. On sent d'après cela combien il importe de ne pas prendre pour une loufic , etc. , une hydrenccphalocèle dont l'ablation , la ligature ou la simple ponrtion peuvent tuer instantanément le malade et faire croire aux pareils que l'enfant a été vietime d'une imprudence sans laquelle il eut pu conserver la vie. Une fluctualion souvent obscure, une demi-transparence de la luineur, une ouverture sentie aux parois du crâne vers son collet, l'élargissement des sutures et des fontanelles cpii coïncide ordinairement avec cet état, et alors la réductlbililé d'une portion du contenu de la tumeur, sa tension plus grande au contraire (|nand on comprime le crâne; dans quelques cas enfin , le rétrécissement, la déformation , la solidité de celui-ci, en voilà les caractères essentiels.
§ IV. Hfdiovachis. — C'est ici surtout que la distinction de l'hydropisie en into*-ne et en externe devient importante, et pour l'explication des faits , et pour les conséquences pratiques à en déduire Dans beaucoup de spiiia bifida , c'est-à-dire de tumeurs formées vers les lombes par la déhlscence des apophyses épineuses et 1 accumulation d'un liquide dans le canal vertébral, on a pu constater que la moelle épinière même faisait partie du sac, quelle était dilatée , et qu'un canal partant de cette dilatation s'élevait jusqu'à la hauteur du crâne, de manière à communiquer avec les ventricules cérébraux contenant de feau. On sent que cette complication rend le pronostic plus grave et que, quand bien même l'hydrocéphalie ne coexisterait pas avec l'hydrorachis interne, la lésion de la moelle produite par sa distension, celles qu'elle pourra éprouver par suite de rupture, et qui iront jusiju'à la détruire peut-être, doivent rendre le pronostic bien plus fâcheux que si la moelle est simplement entourée, baignée par le liquide. Cette dernière circonstance a été constatée aussi , et nous l'avons nous-même vérifiée dans des cas où la tumeur s'était rompue durant la vie intra-utérine , et avait laissé une sorte de plaie rouge , couverte de fôngosités mollasses semblables à celles qui couvrent la tête des anencéphales , el dans le fond de laquelle on voyait quelquefois la moelle épinière ou les n-'rfs qui en pastent, ou bien seulement des lambeaux membraneux qui n'en étaient
HYDROCEPHALIE.
HTDROCONÏON.
que les restes. Ces sortes de tumeurs se rompent fort souvent en effet avant la naissance , et ce qui se passe quand la rupture survient durant la vie extrautérine doit faire croire que c'est également par inflummalion , ulcération et gangrpne. Telle est eflectivement la marche la plus commune de l'hydrorachis non rompue avant la naissance de Tenlant. Cette rupture s'opère plus tôt ou plus tard ; au bout de quelques jours, de quelques semaines. Mais parlois on a pu conserver l'individu vivant pendant plusieurs années, et jusqu'à ce que quelque accident soit venu déchirer ou enflammer la tumeur (jusqu'à vingt-huit et même cinquante ans). Le plus souvent, on pourrait même dire toujours, cette riipliire est promptenient mortelle ; la paraplégie, l'assoupissement, les consulsions précèdent celte terminaison funeste. Toutefois, Camper a vu cette rupture suivie de cicatrisation à l'âge de vingt ans, el le sujet vivant encore huit ans de plus. Pendant le séjour du petit malade dans le sein de sa mère, celte rupture n'est point immédiatement mortelle; elle ne le devient que quelques jours après qu il en est sorti ; mais la cicatrisation ne s'opère ordinairement pas. Cependant Meckel a décrit un veau qui , avec une hydrencéphalocèle hregmatique, portait une cicatrice à la région lombaire; mais les os étaient intacts. Les doutes que laisse cette observation n'existent point dans celle que nous avons nous-mcme recueillie sur un fœtus humain : la cicatrice qu il portait à la région sacro lombaire était large et recouvrait un espace membraneux qui ne fermait que peu solidement le canal vertébral. Cet enfant mourut à 1 âge de si\ semaines; le crâne contenait beaucoup de sérosité ; mais on négligea de constater le lieu où elle était amassée. Il y en avait aussi dans le cinal rachidien qui semblait élargi vers sa partie inférieure . et offrait là un défaut d'ossification très-manifeste aux. lames des trois dernières vertèbres lombaires et à celles du sacrum. Les nerfs de la queue de cheval étaient adhérens entre eux et aux parois du canal.
11 y a tout lieu de croire qu'ici l'hydropisie avait été externe , et l'on pourrait penser qu'il en est nécessairement ainsi toutes les fois que la tumeur siège plus bas que la première vertèbre lombaire. Ce serait dire toutes les hydrorachis simples , car la région dorsale , et surtout la cervicale , ne sont presque jamais afTectées de spina bifida sans que le crâne participe au mal ; mais on remarquera que l'hydrorachis interne se formant de très bonne heure , c'est-à-dire quand existe encore le canal central de la moelle, l'extrémité de celle-ci répond alors, non pas à la dernière vertèbre dorsale, mais à la région sacrée ou lombaire. Là sans doute aussi, l'ossification étant plus tardive, la distension s'opère avec plus de facilité (Chaussier , Béclanl) ; par cela même pourtant , on conçoit que, née vers le coccyx , la tumeur ne peut guère être qu'externe; car elle n'a dù se former qu'à une époque où tout le reste du rachis offrait une résistance considérable; aussi est-ce là qu'on l'a vue paraître quelquefois chez l'adulte et qu'on a pu l'attaquer avec succès par une incision (Genga).
Le siège de la tumeur est , comme on vient de le voir , un premier indice propre â en déceler la nature ; toutefois , il faut encore une exploration attentive pour la bien reconnaître si la rupture n'a pas eu lieu. On sent ordinairement, sans beaucoup de peine, les bords du canal vertébral ouvert à des degrés différens ; le plus souvent , les lames sont déjelées de droite et de gauche, el il ne représente plus qu'une large gouttière; quelquefois le corps même des vertèbres s'est trouvé partagé , soit dans une région du rachis soit dans la totalité : quelquetois encore les apophyses épineuses étaient simplement fendues et presque pas écartées. En général , la tumeur est molle , fluctuante incolore, rélrécie à son point d'adhérence, et sa compression cause des accidiMis soporeux ou convulsifs plus ou moins graves. Il en est même parfois de pennanens , comme une paraplégie incomplète et la torsion des pieds (pieds bots) , l alrophie des membres inférieurs. C» diagnostic est important, car ici de même que pour les hydrencéphalocèles , une opération inconsidérée , une large incision , la ligature du sac sont ordinairement cause d une mort prompte et qu'on peut mettre sur le compte du chirurgien. Une compression forte a souvent sufli pour produire le même effet , tandis qu'une pression légère a pu soutenir la tumeur, l'abriter contre les chocs extérieurs et conserver les jours du malade.
Quant à la ponction , elle a quelquefois réussi quand on s'est borné à faire et à répéter une étroite ouverture, ou bien à traverser la tumeur avec un fil (Hoffmann, Coopcr . E.irle , Bozetli , Probart). Sans doute, si l'on pouvait bien distinguer les espèces, c'est dans 1 hyiirorachis externe qu'on emploierait hardiment ces opérations : l'examen des cadavres a toujours appris qu'elles étaient intei nes quand la mort les avait suivies. A défaut de caractères distinclifs siiliisaiis , on pourra du moins opérer avec plus de sécurité si la tumeur est placée vers le bas du sacrum et près du coccyx ; s'il n'y a point d'atrophie de paralysie des membres inférieurs, s'il n'y a point de signe d hydrocéphalie.
Bonet. St-pulrliielum, lil). 1, secl. 16 et ailditame nia, Schcnktits, Observ. medicin. rariuruiii . Iil>. l. MorA'a^'ni. De SRclil). el tausis morb. , epist. 12. Ollivier. De U innellp o()inière el de ses maladies , p. 121 et siiiv. Itard. Diciii.nnai.e des .Sciences médicales , t. 22, HydhocÉPHALE et HïBRORACHIS. Atirii>ii:,is el Ekmark. Dissert, exhib. hydrocepbatum inlernum aDDoritm 45. in tbej Siodif.. I. 2, p. 307 et se[(.
Corvinus. De Uernia cereb.i , in dissert. chir. hallerianis , t. II p. 333 et seg. âToecAe/. De bydn.racbilide. Lips., 1822 , in-8», 6g. '
On y trouvera cites tous les (ails connus , sur ce sujet. "jusTu'â l'époque où écrivait l'auteur Vuges. Mémoire sur le. .llérations inlra-ulérines de fencéphale et de ses euveloppes. ^bpliemerides médicales de Montpellier, t. 1er, p. 292; el l. 2, p. 132-275 ) Dugès. Observations de mo.oi.,i. el d'aprosopie. {Hefu'e médicale , décembre 1827.)
(Ant. DvGÈs. j
HTDROCHLORà-TES j sels qui seraient toujours formés par la combinaison de I acide hydrochlorique avec les bases salifiables , si cet acide , en s'unissant aux oxides métalliques , ne formait de l'eau que l'on peut isoler de la combinaison ; de sorte que ces hydrochlorales séchés ou même seulement cristallisés doivent être considérés comme de simples chlorures. 11 n'y a de véritables liydrochlorates que celui d'ammoniaque , et ceux formés par les alcalis végétaux qui seront décrits à chacun de ces alcalis, (f^ojez Mobphihe, Quinine, Stryi.hnike, etc.)
(GCIBOURT.)
HYDROCHLORIQUE (Acide), ou chloride hjrdriijue ; c e>it-bià\Te composé acide de chlore et d'hydrogène ; formé sans condensation de volumes égaux de ces deux gaz , ou de chlore 97,1:6, hydrogène 2,74. Nommé précédemment aci«/e muriaiique el acide marin., ce corps est naturellement sous forme d'un gaz incolore, pesant, très-acide el suffocant, susceptible de se liquéfier sous une forte pression. Il répand une épaisse fumée à l'air dont il condense I humidité; il est très-soliible dans l'eau qui en absorbe jusqu'à 480 fois son volume, et il constitue ainsi un liquide très-acide, fumant à l'air, et d'une action très-irritante sur les voies de la respiration, nommé autrefois esprii de sel. Pour l'obtenir sous cette forme , qui est la seule usitée en médecine et dans les arts , on décompose dans une cornue ou dans un matras placé sur un bdiu de sable , du sel marin par de l'acide sulfiirique, et on reçoit le gaz qui se dégage dans des flacons contenant de l'eau. Le sel marin est un composé de chlore et de sodium ( chlorure de sodium ) , et l'acide sulfurique contient toujours de l'eau ; d'ailleurs on en ajoute une certaine quantité ; alors les deux élémens de 1 eau se portent, savoir l'hydrogène sur le chlore et l'oxigène sur le sodium , et de là résultent de l acide hydrochlorique qui se dégage et vient se dissoudre dans l'eau des flacons , et de l'oxide de sodium qui reste dans le matras combiné à l'ucide sulfurique , et forme du sulfate de soude. L'acide dissous dans les flacons est parfaitement incolore , lorsque 1 opération a élé faite avec soin dans un laboratoire, avec du sel marin bien décrépité; mais celui fabriqué en grand est toujours coloré en jaune par des matières organiques et par du fer. Celui-ci doit être réservé pour l'usage extérieur, tandis que le premier doit seul être employé pour l'intérieur. Indépendamment de sa forte saveur acide et de sa propriété de fumer à l'air, on reconnaît l'acide hyilrnchlorique au précipité blanc, cailleboté, insoluble dans l'acide nitrique , qu'il forme dans la solution de nitrate d'argent.
L'acide hydrochlorique est usité pour aciduler des boissons à la dose de { gros à 1 gros par pinte ; pour aiguiser des gargarismes ou des collutoires depuis la dose de quelques gouttes jusqu'à celle de 1 gros ; enfin , pour stimuler l'action des pédiluves, à la dose de I à 4 onces. (Goibourt.)
HÏDUOCHLOROIVITRIQUE { Acide). Cet acide se prépare avec un mélange de 2 parties d'acide hydrochlorique et de 1 partie d'acide nitrique, tous les deux concentrés. Ce mélange , qui portait autrefois le nom d'eau régale, à canse de sa propriété de dissoudre l'or, se colore en jaune très-promptement par la décomposition réciproque des deux acides qui le constituent. L'acide, nitrique cède de l'oxigène à l'hydrogène de l'acide hydrochlorique, el de là" résultent de l'acide nitrique, du chlore et de l'eau. Si l'on pouvait soustraire* cette eau à mesure qu'elle se forme et mettre les deux acides constamment à sec , il est probable que l'action ne déterminerait que lorsqu'il ne resterait plus que de l'acide nitreux et du chlore ; mais la présence de l'eau maintient l'existence d'une certaine quantité des acides primitifs : de sorte que , en dernier résultat, l'eau régale est un mélange d'acide nitrique, d'acide hydrochlorique) de chlore et d'acide nitrique. En thérapeutique , l'acide hydrochloronitrique n'est guère employé que pour stimuler l'action des pédiluves , à la dose de 1 à 4 onces. (Gcibocrt.)
HTDROCOIVION. On désigne sous ce nom un appareil inventé en Allemagne , importé en France il y a quatre ou cinq ans , et destiné , ainsi que l'indique son nom , à faire agir sur la peau de l'eau extrêmement divisée et réduite en poussière , s'il est permis de s'exprimer ainsi. Accueilli d'abord avec assez de faveur, il est tombé bientôt dans le discrédit et dans l'oubli , et l'établissement qui avait été fondé à Paris a cessé d'exister. Néanmoins cet appareil présentait , sous le rapport de I hygiène et de l'économie domestique , un grand avantage , celui de populariser l'usage des différentes espèces de bains si utiles et pourtant si peu employés ; et il est à regretter qu'il n'ait pas eu plus de succès.
L'eau renfermée dans un réservoir élevé, et soumise à une pression suffisante, était conduite dans une série de tuyaux plus ou moins nombreux, et s'échappait en une pluie extrêmement fine , à laquelle on pouvait soumettre soit le corps tout entier, soit seulement quelques-unes de ses parties. L'eau chaude, l'eau froide, les liquides médicamenteux, les vapeurs même, pouvaient être employés dans cet appareil , qui était de plus , par sa forme , susceptible d'être placé partout, et qui rendait peu dispendieux l'emploi de tous les bains possibles. Ajoutez à cela que d'après la disposition de l'appareil , on peut y placer les malades couchés ; qu'on peut y administrer des douches et des injections soit de liquide soit de vapeurs diverses, de manière à réunir dans le même local et en quelque sorte sous la main , des ressources tant hygiéniques que thérapeutiques, qu'on est d'ordinaire obligé d'aller chercher à grands frais dans divers endroits.
Les effets du bain en pluie varient à raison de la température du liquide, de la durée de l'application , etc. ; ils ne sont pas différens de ceux des aspersions et des Affcsioms ( voj~. ce mot ). Nous n'avons donc à nous occuper ici ni de l'impression primitive de cette espèce de bain , ni de l'action thérapeutique qu'on en peut attendre; nous n'avons voulu que signaler un appareil qui nous
HTDROCYÂNIQtE (ACIDE)*
MYDROCYAIVIQUE (ACIDE).
Isemble utile, et qui a métité l'approbation d'un grand nombre de médecins distingués. (F. RjVTieb.)
HYDROCYANATES. {Chim. phannaceut.) Voyez Ctamures. , HYDROCYANATES. (Tliéia/jculique.) Les divers sels formés par la combinaison de l'acide hydrocyanique et des bases ne sont pas tous connus sous le rapport thérapeutique : parmi ceux qui ont été expérimentés , les uns agissent comme l'acide lui-même, les autres paraissent n'être pus vénéneux. D'ailleurs ils ont été extrêmement peu employés comme médicamens ; et les observations consignées dans les divers recueils sont loin d'être concluantes , attendu que les praticiens les ont toujours essayés contre des affections nerveuses assez mal constatées, et essentiellement variables de leur nature. Autant qu'on en peut juger, ils agissent à la manière de l acide hydrocyanique , comme poison , et l'on n"a pas lieu d'en attendre une action médicamenteuse différente de la sienne ; il y aurait donc peu d'avantage h vouloir les lui substituer, si ce n'est comme étant moins facilement dvcomposabtes que lui.
Nous parlerons également dans cet article des cyanures , dont il n'a pas été traité sous le rapport de l'emploi médical à l'article CrA^■DRE,où l'on en a parlé relativement à la chimie.
Cyanure de potassium , passant à l'état A'hydrocyanate de posasse lorsqu'on le dissout dans l'eau. 11 agit comme l'acide prussique auquel MM Robiquet et I l^iliermé ont proposé de le substituer, comme s'altérant moins facilement. On ' l'emploie dans les mêmes circonstances que cet acide. Un grain de cyanure représente quatre gouttes d'acide hydrocyanique au quart. La solution de cyanure dans huit fois son poids d eau distillée constitue l'hydrocyanate de potasse médicinal de M. Magendie. C'est une préparation régidière . et dont l'emploi raisonné est sans inconvénient. On peut la donner aux mêmes doses que l'acide hydrocyanique médicinal ; et les connaissances chimiques ont indiqué une i précaution fort convenable, c'est d'administrer l'hydrocyanate dans un sirop I acide qui , en s'emparant de la potasse , met plus à nu l'acide hydrocyanique. Il faut d'ailleurs , pour que cette pratique n'ait pas un re'sultat nuisible , que le mélange du sirop acide n'ait lieu qu'au moment même de l'administration ; sans I quoi l'acide hydrocyanique , rendu libre trop t()t , rentre dans les conditions I d'altérabilité qui lui sont propres , et le but qu'on se proposait est totalement manqué.
Cjanure de sodium, hydrocjanale de soude, peut être assimilé au précédent; il agit comme lui dans les expériences toxicologiques , et peut être employé I d'après les mêmes vues thérapeutiques.
Cyanure de zinc. Celte substance qui est insoluble a cependant été signalée comme délétère, ce qui mérite confirmation. On l'a également employée comme «uccédanée de l'acide prussique. Quant à la combinaison de ce cyanure avec le jalap contre les affections vermineuses , quand même son efficacité serait mieux établie , nous dirions encore qu'il y a cent vermifuges aussi efficaces et moins dangereux. Dans les crampes d'estouiac , on s'est servi de même de ce médicament, associé à la magnésie et à la poudre de canelle ; mais ces substances étant elles-mêmes efficaces contre celte maladie, 1 expérience ne serait pas concluante. On le conseille d'ailleurs à la dose d'un demi-grain par jour, partagé en cinq ou six doses.
Les cyanures de plomb, de calcium, de chlore, d'iode, d'ammoniaque et d'argent, ont été reconnus comme très-vénéneux : le premier seulement a été essayé sans succès dans la phlhisie pulmonaire.
Le cyanure de mercure sera traité avec les autres préparations mercurielles.
Ferro-cjanale de fer (bleu de Prusse ). Ce sel, dont la dénomination a tant varié, a été vanté contre les fièvres intermittentes, et des observations de guénson ont été rapportées à l'appui. De même on a dit que des chorées , des épilepsies, des diarrhées chroniques ont été guéries par son emploi. Il faut vraiment un graml degré de crédidité pour ajouter foi à toutes ces assertions, et beaucoup de témérité pour entreprendre de nouvelles expériences.
Cette réflexion d'ailleurs s'applique et à l'acide hydrocyanique , et aux cyanures , et aux hydrocyanales qui , après avoir joui pendant quelque temps d'une grande vogue , après avoir produit plus d accidens graves que de guérisons constatées, ont fini par retomber dans lonbli , pourêlre remplacés par d'autres médicamens , dont l'efficacité ne sera ni plus certaine ni plus durable.
(F. Ratier.)
HYDROCYANIQUE (Acide). {Chimie médicale et toxicologie. ) f^oyez Cyanure.
HYDROCYANIQUE (Acide). (Thérapeutique.) Ce redo utable poison a dû , comme les autres . entrer dans le domaine de la thérapeutique Plus ses effets immédiats étaient violens, plus on s'altendit à trouver en lui un remède héroïque, c'est-à-dire capable de triompher des affections les plus dangereuses. Nous «lions examiner ici ce qu'on peut en attendre , en le maniant avec toute la sagacité qu'exige un si dangereux agent.
Cn a long-temps administré l'acide prussique sans le connaître, lorsqu'on faisait usage de l'eau distillée de laurier cerise, et d'aulies préparations du même genre, qui le contiennent en proportion assez considérable pour que des accidens graves en ait été le résultat, (.e sont même des malheurs semblables qui ont évedlé l'attention , et provoqué les recherches. On peut voir, à l'article Cyakore, les détails relatifs à l'action toxique de l'acide hydrocyanique, et nous n avons pas à nous en occuper ici.
Les médecins s'accordent très généralement à reconnaître à cet acide convenablement employé , une action sédative des plus certaines sur le système nerveux, action qui s'étend comme celle de l'opium, au système vasculaire , et qui en diffère seulement en ce qu'elle ne provoque pas la sueur. Du reste , tous
I ceux qui préconisent ce remède prétendent qu'il ne produit aucune incommodité, si ce n'est dans les cas où il n'est pas administré avec la prudence nécessaire. On le considère généralement comme utile dans les affections où le système nerveux est dans un état d'excitation morbide: néanmoins il y a des praticiens qui disent l'avoir employé avec succès dans des maladies inflammatoires. Relativement à cette as^<erlion , nous ferons lemarquer que dans ces observations il s'agit ou de maladies peu graves comme les catarrhes pulmonaires, et dont la guérison ne parait pas avoir été plus rapide qu'elle ne l'eût été sous l'influence de tout autre moyen de traitement ; ou bien de phlegmasics pleurales ou pulmonaires plus intenses, et dans lesquelles , après avoir recouru d'abord au traitement antiphlogislique , on n'a donné l'acide prussique que comme un accessoire , et dans des conditions peu propres à manifester son action.
Une fois qu'un médicament est connu , on prétend en faire une panacée , et l'appliquer surtout au traitement de ces maladies qui consistent dans des désorganisations toujours rebelles à nos moyens thérapeutiques ; qu'on peut prévenir quelquefois , ou même enrayer dans leur marche , mais qu'on ne guérira probablement jamais. La phlhisie pulmonaire présentait un champ bien vaste à l'expérimentation de ce remède si efficace ; des observateurs distingués , mais prévenus peut-être par leur ardent désir de servir I humanité , ont annoncé des résultats bien encourageans , et qu'on souhaiterait de voir se reproduire sous d'autres mains que les leurs. Des phthisiques soumis à l'action de l'acide prussique ont été guci is , dit-on ! On aimerait à le croire ; mais pour cela, il faudrait que des observations recueillies avec toute l'exactitude nécessaire , ce qui est si rare , vinssent établir que les sujets guéris avaient été véritablement atteints de phlhisie pulmonaire. C'est ce que ne présentent pas les travaux que nous avons examinés avec une consciencieuse attention. Il y a plus : nous avons été à même d'assister à des expériences faites sur l'acide prussique employé contre la phlhisie, et de la vue journalière des malades, il n'est résulté qu'une conviction contraire à celle des médecins qui vantent ce remède. Beaucoup de praticiens qui se sont aussi livrés à des recherches expérimentales sur ce sujet, n'en ont pas obtenu ce qu'on leur en avait fait espérer. Non-seulement il n'y a pas , il faut le dire sans détour, un seul fait constaté de phlhisie guérie par l'emploi de ce moyen ; mais il n'est pas même suffisamment prouvé que les phthisiques qui ont été soumis à son usage , en aient éprouvé un soulagement réel , et indépendant des autres moyens tant hygiéniques que médicamenteux, auxquels ils étaient en même temps soumis, et qui ont pu contribuer également à retarder chez eux le terme fatal. Ajoutez aux causes d'incertitude celles qui résultent de la facilité avec laquelle l'acide prussique s'altère , et devient complètement inerte. L'efficacité de cet agent dans la phlhisie est donc au moins conleslahle , et demanderait à être prouvée d'une manière plus positive, plus scientifique qu'elle ne l'a été quant à présent.
C'était dans les affections purement nerveuses qu'on devait se promettre le plus de succès de ce médicament , et il semble singulier qu'on ne l'ait pas plus expressément employé contre elles. Plusieurs médecins s en sont servis avec avantage dans des cas de toux spasmodique, et principalement dans la coqueluche , maladie dont la durée , dans quelques circonstances , a paru singulièrement abrégée. Il faut dire néanmoins que tous n'ont pas obtenu les mêmes succès , et que plusieurs accusent l acide prussique d'être resté inefficace entre leurs mains. Dans l'asthme idiopathique , dans les palpitations de cœur , il y a eu aussi quelques résidtats avantageux , mais qui n'ont pas été suffisamment constatés ; il y a plus d'obscurité encore dans les faits relatifs aux maladies organiques du cœur, dans lesquelles d'ailleurs l'acide prussique est seulement indiqué comme moyen palliatif. Et qui ne sait combien souvent , dans les maladies , se manifestent d'alternatives d exacerbation et de rémission , qui doivent être considérées comme absolument indépendantes des moyens thérapeutiques employés !
On a moins vanté l'acide qui nous occupe dans les maladies des organes digestifs , bien qu'on l'y ait aussi conseillé. Ce n'a été d'ailleurs que dans les affections nerveuses de l'estomac , désignées par la dénomination tout-à-fait vague de dyspepsie, qu'on l'a expérimenté avec des snccès trop variables pour qu'on puisse fixer son opinion à cet sujet. Il faudrait des preuves bien authentiques pour qu'on pût croire qu'un squirrhe de l'estomac puisse être guéri par des lavcmens avec l'acide prussique.
Dans les cancers externes où la maladie est à la portée de la vue et de la main, on est à même devoir que ce moyen n'est pas plus efficace que les autres, dans les cas où l'affection cancéreuse existe d'une manière non équivoque. Pour ce qui concerne les engorgemeus chroniques non cancéreux , il n'est rien moins que prouvé qu'il ait eu une grande influence sur leur résolution. Tout ce qu'on peut admettie , sans crainte de se tromper , c'est qu'on est parvenu h calmer les douleurs qni assiègent les malades atteints de cancer , et contre lesquelles , à raison de leur opiniâtreté, on est forcé d'épuiser toute la série des narcotiques. L'acide prussique fournit alors une ressource de plus , et peut être employé tant à l'extérieur qu'a l'intérieur.
Les irritations encéphaliques ont été signalées par quelques praticiens, comme pouvant être avantageusement combattues par l'acide hydrocyanique. Mais l'irritation encéphalique est-elle une maladie suffisamment déterminée ? On ne pouvait manquer de le conseiller contre l'épilepsie , et tout ce qui est résulté de ces recherches , c'est une effrayante démonstration de la rapidité avec laquelle ce poison agit sur l'économie animale. S'il était une maladie contre la* quelle on pût raisonnablement se promettre de réussir par le moyen de l'acide prussique , ce serait indubitablement le tétanos. Quoi de plus rationnel en
HYDROCYANIQUE (ACIDE).
hydromethe.
offé-t aue d'employer un remède qui stupéfie profondément le système nerveux, etaui ancanlit lacoutractilité musculaire , contre une affection dans laquelle les sujets sont sous l influence d'un spasme tonique des plus violens ? Nous voyons cependant qu il a été seulement proposé, sans quaucnne expérience ait ete tentée à ce sujet. Nous croyons devoir signaler aux praticiens ce pointa expérimenter, et qui promet d heureux résultats si l'analogie n'est pas trompeuse.
Les démangeaisons incommodes que produisent les affections cutanées chroniques ont été , dit on , soulagées par des lotions fuites avec l'acide liydrocyanique plus ou moins étendu. Ou ne dit pas qu il ait été utile autrement que comme un moyen palliatif; et sous ce rapport, tout le monde sait que divers a<Tens thérapeutiques remplissent à peu près également 1 indication de calmer ie" prurit qui accompagne la plupart des maladies chroniques de la peau.
Quel.|ue efficace que puisse être l'acide prussique pour faire périr et chasser au dehois les vers intestinaux, on aura rarement recours à un semblable moyen pour eu débarrasser les malades ; car il n'arrive presque jamais qu ils produisent des accidens assez graves pour nécessiter leur destruction 'a quelque prix que ce soit , et il y a une foule d anlhelmintiques qui ne manquent pas d activité, et qui néanmoins ne sont ni si dangereux ni si difficiles à manier. Le ta;nia tout au plus par son opiniâtreté pourrait en légitimer l'emploi.
Nous avons indiqué les principaux cas dans lesquels l'acide prussique a été expérimenté , et discuté les opinions des auteurs qui ont écrit sur ce sujet. Les travaux qu'a nécessités cet article n'ont pas laissé dans notre esprit de conviction favorable à ce médicament : aussi adoptons-nous pleinement le jugement qu'en expriment les auteurs du Dictionnaire universel de thérapeutique et de matière médicale, et nous croyons devoir conclure avec eux, « que les preuves cliniques sur lesquelles reposent les projiriétcs médicales qu on attribue à » l'acide hydrocyanique sont loin d'être toutes convaincantes ; que s'il serait « peut-être prémature de vouloir le bannir de la matière médicale, de nouveaux » essais sont au moins nécessaires pour fixer définitivement l'opinion sur ce » médicament. Mais plusieurs causes semblent s'opposer à ce qu'ils conduisent » de long-temps h des résultats certains et utiles; les principales sont la prompte » et complète altérabilité de cet agent; l'arbitraire laissé aux pharmaciens pour « sa préparation , d où résultent sous le même nom des médicamens non com- » parabies entre eux ; enfui le peu de succès jusiiu à présent des efforts tentés » pour le fixer, » cest-'a-dire pour l'offrir dans un état de combinaison tel , que sans rien perdre de son action médicinale , il soit cependant à 1 abri de la décomposition spontanée.
Les divers cyanures ou bydrocyanates qu'on a proposés dans ce but n'ont pas été suffisamment expérimentés pour qu on en puisse dire quelque chose de précis. 11 y en a plusieurs qui , administrés 'a des animaux , ont déterminé chez eux les mêmes accidens que l'acide prussique : ce qui porte à penser qu'ils auraient chez l'homme des résultats analogues.
Dans les diverses formules qui ont été successivement données pour la préparation et l'administration médicale de l'acide , il est facile de reconnaître les différentes phases que la science a parcourues depuis quelques années ; des accidens déplorables signalent plusieurs époques , et n'ont cependant pas rallenti le courage des expérimentateurs, dont quelques uns même ont payé de la vie leur zèle pour les progrès de la science. Il est également facile de voir quelesdifférencesquiexistentenireles diverses manières d employer cette substance , sont principalement relatives à la proportion réelle d'acide pur ; alors le procédé se simplifie beaucoup, et l'on n'a plus à craindre les suites fâcheuses des erreurs auxquelles rincertitude des opérations chimiques a trop souvent donné lieu. Tout cela maintenant appartient à 1 histoire de l'art et ne doit pas trouver place dans cet ouvrage. Plus un médicament est énergique, plus il doit être administré à l'état de pureté : il n'a pas besoin d'adjuvans ; quant aux correctifs, ils ne sont pas non plus nécessaires si Ton a soin de bien mesurer la dose. Il est surtout indispensable d avoir une mesure uniforme , et sur laquelle on puisse compter constamment.
Ainsi , pour l'emploi médical , on est maintenant convenu d'employer l'acide hydrocyanique médicinal , c'est-à-dire l'acide pur dissous dans six fois soi» volume d'eau , qu'on administre par gouttes dans de l'eau sucrée. Il faut avoir soin de n'employer que de l'acide très- récemment préparé, puisque l'expérience montre qu'il s'altère avec la plus grande facilité , et par le seul contact de l'air et même de la lumière. On doit aussi se rappeler , qu'à raison de sa pesanteur spécifiiiuc , l'acide hydrocyanique surnage sur les liquides dont on le mêle , et qu'on est ainsi exposé à donner , en une seule dose , la quantité de médicament destinée à être distribuée en plusieurs jours. C est la manière la plus rationnelle de procéder ; avec elle on est sûr d'arriver à des résultats positifs, et les modifications diverses qu'on a successivement proposées ne paraissent pas présenter d'avantage réels. On ne peut guère fixer la dose à laquelle on peut porter ce médicament ; I h.ibitude , comme on sait, affaiblit les impressions les plus fortes. En commençant par trois ou quatre gouttes, on est sûr de ne- pas produire d'accidens graves.
Si l'on réfléchit à la facilité avec laquelle cet acide s'altère , et à sa grande volatilité , on sera porté à penser que son usage externe est à peu près illusoire. Carsoii action directe est nulle et son abiorplion est peu probable. Néanmoins rien n'empêche d'employer l'acide prussique médicinal en solution dans l'eau, à la dose d'un h deux gros par pinte pour des lotions , des injections , etc. Il est à peine riéccssaire de recommander la plus grande prudence dans l'emploi de celte solution qui , bue par mégarde , amènerait inévitablemeni la mort.
Les même précautions sont applicables à l'usage médical des cyanures et des hydrocyan ilçs qu^on a proposés pour suppléer à l'acide hydrocyanique.
Il faut les dissoudre dans l'eau distillée , et administrer la solution par goutles suivant l'activité dont elle jouit. ( Foj-ez Cyakcees et Hydrocyabatbs. ). , (F. Ratier.)
HYDROGENE. ( Chimie médicale. ) L'hydrogène est un corps simple , combustible , gazeux lorsqu'il est isolé , qui forme de l'eau par sa combinaison' avec l'oxigène , de l'ammoniaque avec l'azote, et qui concourt à la formatioa de tous les être organisés avec l'oxigène , le carbone et l'azote , auxquels se joignent quelquefois le soufre , le phosphore et l'iode. On se procure le gag hydrogène en décomposant l'eau par l'intermède du zinc et de l'acide sulfurique. On opère celte décomposition dans un flacon muni d'un tube qui conduit le gaz sous une cloche pleine d'eau. Ce gaz est incolore , inodore , et près de quinze fois plus léger que l'air ; cepenilant il est ordinairement plus pesant, à cause d'un corps huileux qui l'accomp.igne et qui provient d'un peu de carbone contenu dans le zinc employé. Celui qu on retire de l'eau par le moyen du fer est encore plus odorant et plus impur ; aussi le zinc est-il préféré pour cette, opération.
Le gaz hydrogène s'enflamme par l'approche d'un corps en ignition , lor*-i qu'il a le contact de l'air , et détonne lor5((u'il est prcahiblemenl mêlé aveCi lui. Sa détonation est encore plus forte si le gaz oxigèue est substitué à l'air; et lorsque les deux corps sont mêles dans un vase l'ermé , dans la proportion, d'un volume d oxigèiie et de deux volumes d'hydrogène , la combustion a lie* sans résidu , et le tout se trouve changé en eau. C est sur ce résultat qu'est basée l'analyse de l'air par le gaz hydrogène , au moyen de l'étincelle électrique , dans un tube de verre convenablement disposé , auquel on donne le I nom (Veuciiornètre ^\e Voila, 1 Le gaz que l'on extrait de la houille et de l'huile par la distillation dans une \ cornue , et qui sert à l'éclairage des villes et des habitations particulières , se j nomme communément gaz hj Ui ogètie ; mais c'est de 1 hydrogène saturé de car- j boue , nommé par les chimistes gaz oLèiJiunt , liy drogéne pei carboné , ou | gitz carbure di-hjdrique ; ce gaz est presque aussi pesant que l'air atmosphé- i l iqiie et d'une odeur fort désagréable ; mais son pouvoir éclairant est beaucoup. < plus grand que celui de 1 hydrogène. Son usage dans les habitations n'offre ] aucun inconvénient lorsqu'il est pur et que la combustion en est complète, ; parce que la combustion détruit l odeur. Mais, lorsqu'il est mal lavé , il con- , \ tient du soufre et produit en brûlant de l'acide sulfureux qui affecte désagréa- { blement les voies de la respiration. Il est donc nécessaire qu'il soit biea i purifié et complètement brûlé. ( Gcibourt )
HYDROLATS et HYDROLÉS Ces deux noms ont été proposés par \ .\ M. Chéreau , et adoptés parles auteurs de la Pliarmacopée raisoniiée , pour désigner les médicamens qui ont l'eau pour excipient. Les premiers sont ob- j tenus par distillation et portent ordinairement le nom d'EAUx distillées ; les seconds se préparent par solution, telles sont les Eaux munehales artipicielles, ! j les TisAKES ou BoissoKS , les É.mulsioks , Potions, etc. ( f^ojez ces diffcrens , j| noms.). ^ ( GuiBODRT. ) . i
HYDROMETRE ou HYDROMÉTRIE , hydrometra. Maladie rare et. | i constituée par l'accumulation d'une humeur séreuse , albumineuse , muqueuse, i\ dans la cavité de la matrice. Cette maladie serait bien plus rare encore si l'on, ' I ne voulait considérer comme hydrométrie que la production et la rétention I essentielle d'un liquide tel que ceux dont il vient d'être question. Le plus. i souvent , au contraire , cette afleclion est symplomalique ; aussi la matière , i amassée est-elle ordinairement mêlée de pus ou de sang ; et les parois du I viscère se montrent-elles , non-seulement distendues , mais encore parsemées j •, de squirihusités , d'ulcérations , de tumeurs liydalifornies ou polypeuses^ , ! Quant à 1 orifice externe, il est tantôt fermé par adhérence de ses lèvres, , i quelquefois seulement obture par leur tuméfaction ou par ta présence de quel- ! | que excroissance. Nous avons vu un cancer du col de l'utérus donner lieu à ' i une abondante séci étion de matière aqueuse , incolore ou sanguinolente et pa- I raissanl chargée d'albumine, qui s'amassait trois ou quatre fois par jour dans ' \ la matrice et en était chassé par ondées. Un surcroit d'infl.immation venait-il j î augmenter le gonflement du museau de tanche . le liquide était retenu pendant ' j plusieurs jours , non sans causer de vives douleurs , dues à la distension con- , sidérable de la matrice, et même des trompes , à en juger par l'inégalité des I tumeurs qui se formaient alors dans l'abdomen et s'affai.-,saient après l'évaciia- ' tion des matières retenues. Sur un cadavre de femme morte d'une maladie i aiguë ( gangrène de l'intestin ) dans le cours d'une affection chronique , nou!» I avons vu l'utérus , dont l'orifice vaginal était tout-à-fait oblitéré , représenter I une poche pleine d'un pus verdâtrc , très-liquide, mais évidemment produit 1 par une métrite chronique. ^
C'est airectivemeiit après une inflammation aiguë ou chronique qu'on a ob-; ' servé la majeure partie des hydrométries , même réputées essentielles ; sj, j quelquefois on a pu les attribuer à îles causes générales , comme la débilité dC] i lii constitution, etc., le plus souvent un coup sur l'bypogastre avait précédé, I et sans doute amené l'accumulation du liquide. Les femmes mariées et jeunes, i encore en ont seules présenté des exemples. Il peut donc y avoir . entre cetU ' maladie et les phénomènes de la génération , quelque relation étiologique ;j | mais faut-il regarder, avec Frank, comme hydronu trie, la distension de l'utérus I par des menstrues retenues et dénaturées , ou par des lochies arrêtées en coB-j j séquence d'une réfrigération subite ? ^ I
Dans les observations d'hydropisie utérine publiées par difTéren.s écrivains. | tantôt l'utérus renfermait à peine une à deux livres d'eau, tantôt il était dis | | tendu ou point de simuler une grossesse. Parfois encore on a pu croire i l'ascitc, tant la collecliou était cousidér.ible , et l'on dit avoir trouvé dans 1. |
HYDROMÈTRE.