HYDRO-PÉRICARDE
iiiilrice quatre- vingt-cinq livres de malière ichorense et comme huileuse Blanckard ) : on parle même île cent quatre-vingts livres ( Vésale ) ; et on raconte qu'une matrice a pu acquérir en pareil cas des dimensions sufliantes pour loger à l'aise un enfant de six ans ( Bonet). Le diagnostic, dans ces sortes de cas, peut oMVir quelques difficultés, et ous venons de toucher en passmt certaines erreurs dans lesquelles il serait 'autant plus facile de tomber qu'on songerait moins à l'hydromélrie, vu sa larelé. Une circonstance qui pourrait surtout en imposer, c'est la persistance le l'évacuation menstruelle , persistance bien rare sans doute, mais que Moiiro iegarde comme parfois très-réelle , et qui ne peut s'expliquer qu'en admettant, omnie dans certaines grossesses, une exhalation sanguins, une liémorrhagie jupplémentaire par les parois du vagin. La fluctuation ilistinguerait I liydromérie d'un engorgement scjuirrheux ite l'utérus ou de ses annexes : l'obscurité de etle fluctuation , et mieux encore la distension de la matrice, reconnue par le oucher vaginal , écarteraient l'idée d'une ascite ou d'une hydropisie de I'ot aire : l'absence du ballottement (toucher vaginal) , des mouvemens du fœtus Ipalpalion de l'abdomen) , des batleuiens de son cœur (auscultation) prouve- ■aient la non existence tl'une grossesse, avec laquelle l'intumescence du venre et la supi>ression des menstrues pourraient faire confondre l'hydropisie itcrine. Eiitin , la résoniiauce de la tumeur et la nullité de la fluctuation , ca- 'ractères distimtifs de la pliysomi trie , empêcheraient une autre équivoque-
A en juger par sa durée , quelquefois très-longue, l'hydromélrie serait peu grave ; mais on sent combien le danger doit varier selon la cause qui lui donne naissance; nul doute aussi que le pronostic ne soit moins fâcheux quand l'obstruction de l'orifice uléro-vaginal est incomplète et permet de temps à autre il'évacual ion du li(|ulde amassé. Fernel parle d un cas où la collection se dissipait ainsi clia(|iie mois. Un a vu même la grossesse avoir lieu deux fois chez une [femme sujette à des rélenlions et évacuations alternatives d'abondantes scrojsilés , et ces alternatives n'ont pas nui à la gestation , n'ont pas été arrêtées [par elle , sans doute parce que l'exhalation ne se faisait que par une surface
! bornée et non par toute l'étendue intérieure de l'utérus (Richard Browne). Celle évacuation peut avoir lieu à une époque correspondante au terme .d'une grossesse faussement présumée , ou beaucoup plus lot , et produire une ! déconvenue complète, mais du reste peu sérieuse , si la guérison est ensuite entière et durable (Mauriceau, Nauche).
I Pour obtenir la cure radicale de cette maladie , c'est contre l'afTection dont I elle est la dépendance qu'il faudrait d abord diriger le traitement. Malheureu- ! sèment on sait que le Ciincer est peu susceptible même d'améliorations , et il est peu de plilegmasies chroniques plus opiniâtres que celles tle l'utérus. En supposant une hydromctrie essentielle, ou bien en s'attacliaiit seulement à la détruire , fùl-ce même passagèrement, pour dissiper la gêne et les douleurs qu'elle occasione , on peut essayer de divers moyens. Une secousse mécanique , celle ilu vomissement , etc., peuvent suflire , selon Monro , pour opérer ' l'expulsion du liquide. Le bout du doigt , un stylet mousse peuvent mieux en- ; core , en s'insiiiuant entre les lèvres du museau de tanche, désobstruer son î oriGce , tandis que la compression exercée sur le ventre tend à faire sortir par \ le vagin l'humeur amassée. La même manœuvre pourrait soulever une tumeur { mobile ; et si la multiplicité, la mollessse de pareils obstacles rendait insuflisans I un simple stylet , une sonde, une canule lui serait substituée avec avantage.
En cas urgent et avec oblitération complète , on tenterait la ponction du col ; utérin, autant que possible dans le siège tie l'ouverture alFectée, soit à l aide j d'un pharyngotome , soit avec un trois quarts courbe, conduit sur le doigt et I enfoncé avec précaution. Celte méthode nous semble plus sure que celle qui a été mise (|uelquefois en usage ; je veux parler de la ponction suspubienne. ! On a extrait ainsi, chez une femme de cinquante-trois ans, trente-deux livres d'nn fluide épais , noir et sanguinolent , et la guérison jiaraissait complète dix mois après l'opération (Wirer). La ponction du côté du vagin permettrait de prévenir plus souvent la récidive , sans faire courir à la malaile les dangers de la pcriloiiile et les incoiivéniens d'une fistule, eu laissant en place une canule ' ou une sonde de gomme élastique destinée à prévenir l'occlusiou de la voie récemment ouverte aux produits accumulés dans la matrice.
Nous croyons devoir placer ici quelques mots sur deux sortes d'hydropisie utérine qui compliquent parfois la grossesse et ne peuvent exister sans elle, puisque c'est dans les membranes du lœtus que le liquiile se dépose. La première de ces deux accumulations , Vlijdrainnios , a son siège dans la membrane la plus intirieure de l'œuf; ce n'est rien qu'une surabondance raorbiile d'un fluide naturellement existant et utile. On parle de cinquante livres d'eau ainsi amassées ; mais on ne prononce guère , en pareil cas , que par aperçu , et l'exagcralion est facile quand on s'en rapporte à des conjectures basées sur la quantité de linges mouillés alors, ou sur l'espace inondé par un écoulement subit.
■ ' Une diathèse séreuse universelle (œdématie) favorise et produit souvent I hydramuioà , et on l'a remarquée assez fréquemment dans des cas de grossesse gémellaire; c'est ce dont nous avons été nous-méme témoins ; il existait alors une péritonite chronique , due à la distension de l'abdomen, et qui faillit devenir mortelle. D'autres fois , l'hydramnios a coexisté avec la métrile et même 1 inflammation des membranes de l'œuf; mais il eût été difficile de dire si l'hydropisie était ici cause ou elfet des autres lésions.
Plus d'une fois l'accouchement a été prématuré dans ces circonstances , et tantôt l'enfant vivait et se trouvait sain , tantôt il était mort et putréfié , tantôt encore aireclé d'hydropisie ascite, d'œdème, d'hydrocé[)halie ou bien d'anencephalie, de spina bilida , reste évident d'hydropisie crânienne ou rachidienne.
DlCT. DE MÉDECIKB ET DE CkIRCRGIE PRATIQUES.
Quand la grossesse était arrivée à son terme , cette surabondance des eanx amniotiques a pu entraver la marche du travail , me nacer l'utérus de rupture, le jeter dans l'inertie ; et cette inertie a pu se prolonger encore après la |)artiirilion et donner lieu à une hémorrhagie dangereuse. Aussi s'est-on vu souvent forcé de rompre les membranes et de donner isssue au liquide pour permettre au travail puerpéral de marcher convenablement et sûrement. On a quelquefois , de cette manière . prévenu un autre danger, celui d'une position vicieuse , en choisissant , pour l'opération . le moment où une partie favorable se présentait à l'orifice utérin, Cette partie se trouve ainsi fixée; tandis qu'auparavant elle pouvait, d un moment à l'antre, se transporter ailleurs, vu la mobilité extrême dont jouit le fœlus flottant dans ces eati.x surabondantes.
Dans certains cas plus rares , les accidens étaient si graves , même durant la grossesse, que l'évacuation du liquide a paru impérieusement prescrite. On aurait pu y recourir au moyen il'une sonde conique insinuée dans l orifice utérin ; on a préféré , une fois du moins , se servir d'un trois-c|uarts pour faire la ponction suspubienne , et la femme a été , par cet te opération , tirée d'un danger imminent. Ce succès ne doit jias cependant faire règle pour les cas de même nature et sans autre indication ou contre indication particulière.
11 n'est pas non plus bien extraordinaire de voir une accumulation normale de liquide s'opérer, durant la grossesse, hors de la cavité de l'aranios. On a depuis long temps remarqué que des femmes déjà avancées dans leur grossesse , du troisième au cinqième mois, pouvaient rendre une assez grande quantité d eau , soit en une, soit en plusieurs fois, sans que l'avorlement s'en suivit : nous en pourrions citer personnellement cinq exemjdes. C'est ce qu'on a nommé Jaunes eaux. On n'a pas jusqu'ici constaté anatomiquemeiit le siège de ces eaux accidentellement écoulées; quelques praticiens se sont imaginé qu'elles étaient tamisées par l'aranios (Baud.-locc/ue) ou sorties par une rupture de cette membrane. L abond.ince que présente souvent l'écoulement doit faire rejeter la première théorie , et I impossibilité d une cicatrisation dans une membrane telle (|ue l'amuios suffit pour réfuter la deuxième. Suivant un certain nombre d accouclieurs , c'est entre la caduque utérine et la caduque réfléchie que ce liquide aurait pris naissance. N'ayant point trouvé là de cavité réelle, ayant trouvé au contraire , dans les premiers temps de la gestation , nn espace évident et ample , occupé par une humeur gélatineuse , entre l'aranios et le chorion du côte du placenta ; là enfin où les modernes s'accordent à placer l'allantoiile, c'est là que nous pensons devoir supposer le siège et la source des fausses eaux. Pour celle raison , nous donnons provisoirement à celte accuniulation insolite le nom d'Ii ydi allniile.
Mais il est presque impossible de rien dire d'essentiellement pratique au sujet <le celle légère affection. Rien jusqu'à présent ne peut servir à nous déceler l'existence de l'hydrallante avant l'ecouleuient des eaux I^ors de cet événement, il serait important de distinguer si l'écoulement vient de l'allanloïde ou de l'amuios. Dans ce dernier cas, précurseur d'un avortemeiit inévitable, il est précédé lui-même d'elfusion de sang, de douleurs utérines , souvent de fièvre et de frisson ; il est suivi d'une réduction considérable dans le volume de I ntérus, d'un durcissement dans ce viscère , de contractions renouvelées , de ramollissement du col et de dilatation aux orifices internes et externes. Rien de semblable ne se remarquera dans l'hydrallante ; l'écoulement sera sans prodromes; l'eau sera pure ou à peine sanguinolente, etc. Toutefois un pareil écoulement doit faire tenir l'homme de l'art sur ses gardes, et le plus sûrest de se conduire comme si l'avortement était imminent , de recommander le repos absolu , le décubilus, la dicte et même la saignée s'il y a des signes évidens de pléthore. , (Anf. Ducès.)
HYDRO-PERICARDE. On donne ce nom à une accumulation morbide de sérosité dans le péricarde.
S I'"'. L'hydropisie du péricarde, comme foutes les hydro]>isies en général, peut être divisée en auiii'e et passive. Cette dernière est tantôt idiopmliique et tantôt consécutive ; ou, comme le tlisent certains auteurs, et Laenncc en particulier, tantôt eiscnïi'eZ/e et tantôt sy mptomalique. Ces distinctions n'étant pas toutes purement scolasliques , mais fournissant aussi des bases aux indications curalives, on a peut être raison de s'étonner qu'elles aient été négligées par quelques uns des médecins qui se sont occupés des maladies ilu cœur. Dans Ihydro-péricarde actif, laccumulation de sérosité dépend d'une augmentation , d'un surcroit d'exhalation de la membrane séreuse qui revêt la surface du cœur et le sac fibreux qui contient cet organe. C'est, au contraire , à une diminution ou à un défaut complet d absorption qu'est dù l'hydro-péricarde passif. Lorsque l'obstacle à l'absorption ou au cours de la sérosité existe primitivement dans les veines du cœur, 1 hytiro-péricarde est idiopathiqiie ou essentiel; il est consécutif ou symptomatique , lorsqu'il se rattache à un obstacle à la circulation veineuse centrale , tel qu'un rétrécissement de l'un des orifices du cœur, par exemple.
§ If. Quelle que soit l'espèce de l'hydro-péricarde , voici quels en sont les caractères anatomiques : la sérosité épanchée dans le péricarde varie en quantité, en couleur, et probablement aussi en qualité. On sait qu'il existe chez nii grand nombre de cadavres une certaine quantité de sérosité dans le péricarde. Ce phénomène a surtout lieu dans les cas où l'agonie a été prolongée et accompagnée de râle et d'oppression. Ce n'est pas là le véritable hydro-péricarde. T)»y\s ctl liydro-péiicarde de L'agonie . la quantité de sérosité que contient le péricarde ne s'élève pas au-delà de deux ou trois cuillerées. 11 me semble, malgré 1 imposante autorité de Corvisarl , que toutes les fois qu'il existe six ou sept onces de sérosité dans le péricarde, ou doit adraeltre l'existence d'un véritable hydro-péricarde.