DU LIQUIDE DES HYDROPISIES : ETAT DES TISSUS SÉCRÉTEURS ET ABSORBANS
Rien n'est plus variable que la quantité du liquide hydropique. Cette quantité
DiCT. DE MÉDECIKE et DE CHIRURGIE PRATIQUES.
varie d'abord sous le rapport du siège de la maladie : ainsi , par exemple , lorsque le péritoine en est le siège la quantité du liquide est incomparablement plus considérable que dans les cas où la collection séreuse s'opère dans la tunique vaginale ou dans le péricarde. Dans le premier cas , il peut s'épancher plusieurs litres et même des seaux de liquide, tandis que, dans le second, la quantité de sérosité s'élève rarement à plus de deux ou trois verres.
On verra dans l'histoire de chaque hydropisie en particulier quelles sont les difl'erences de quantité que le liquide peut présenter pour chacune d'elles.
On n'a pas fait jusqu'ici des recherches assez multipliées sur quelques-unes des diverses propriétés physiques du liquide qui constitue 1 hydropisie, telles que la pesanteur spécifique , la densité, etc. Au leste, la sérosité épanchée en quantité surabondante, soit dans les membranes séreuses, soit dans le tissu cellulaire, offre la plupart des propriétés physiques du sérum du sang. Elle est, comme celui-ci, tantôt tout-a-fait incolore, tantôt colorée en jaune plus ou moins foncé , tantôt verdritre ou rougeâtre : ces diverses nuances proviennent probablement, au moins dans les cas les plus ordinaires, de la présence d'une quantité variable de la matière colorante du sang dans la sérosité. Dans l'ictère , ainsi qu'on le sait, les collections séreuses contiennent une certaine portion de la matière colorante de la bile. Quelques auteurs disent avoir trouvé de l'acide urique dans la sérosité des hydropiques. La chaleur, les acides, l'alcool , l'électricité coagulent le liquide de l'hydropisie , comme ils coagulent le sérum du sang.
Sous le rapport de la composition chimique , le liquide des hydropisies ne diffère point ordinairement du sérum du sang; quelquefois on y trouve moins d'eau et plus d'albumine que dans ce sérum ; tantôt c'est l'inverse qui a lieu. On conçoit que la composition du liquide peut différer sensiblement , selon que l'hydropisie est active ou passive , etc., etc.
Voici quelques essais d'analyse, qui auraient besoin, peut-être, d être répétés et multipliés.
M. Barruel , opérant sur la sérosité fournie par une hydrocéphale d'un enfant de sept ans, a trouvé sur 1,000 parties :
Eau.
ABALYSE DE M. BARRUEL. ANLYSE DE BOSTOCK.
9,90,0 Eau g^gg
Albumine 0,01,5 Albumine o 12
Phosphate de soude 0,00,5 Substance incoagulable. . . . 0*28
Carbonate de soude 0,01,0 Des sels , particulièrement de
Matière analogue à l'osma- l'hydrochlorale de soude. . 1
zome 0,00,5 ,
Sel marin 0.00.5
ANALYSE DEM. MAECET. ANALYSE DE MM. BERZELIfS ET JOHN.
1,000 Albumine 0,1(;6
Eau 9,908 Osmazome avec l'acétate de
Mucus avec liace d'albumine. . 0,112 soude 0 23'^
Soude 0,124 Soude 0,028
Hydrochlorate de soude. . . . 0,664 Hydrochlorate de potasse et Hydrochlorate et sulfate de po- de soude Q 709
tasse une trace. Matière salivaire avec une
Phosphate de chaux, de ma- trace de phosphate de soude. 0,035
gnésie et de fer 0,002
Les tissus qui sont le siège des collections séreuses simples (il n'est pas question des collections , suites d'inflammation ) , n'ofl"rent aucune lésion de structure. Ils sont plus ou moins distendus , selon la quantité du liquide qu'ils contiennent. Cette distension va quelquefois jusqu'à en produire la rupture. En général, les membranes séreuses ou le tissu cellulaire, lorsqu'ils sont restés long-temps en contact avec la sérosité épanchée, deviennent plus blancs que dans l'état normal ; leur blancheur ofl're parfois une teinte laiteuse. Les tissus sous-jaceiis , baignés également, et comme lavés par la sérosité, se décolorent plus ou moins, et perdent de leur consistance. Ils peuvent être comprimés, déplacés , déformés et atrophiés. On reviendra sur ces circonstances dans les articles affectés aux diverses hydropisies étudiées chacune en particulier.