CHAPITRE W . SYMPTÔMES ET DIAGNOSTIC DES HÏDROPISIES
11 est difficile d'offrir quelque chose de bien satisfaisant sur les symptômes et le diagnostic des hydropisies considérées d'une manière générale. Remarquons d'abord que les hydropisies sont elles-mêmes un symptôme d'une certaine lésion des agens de l'absorption ou de la sécrétion séreuse, comme la diarrhée , par exemple , est un symptôme d'une affection donnée du tube intestinal. Or, de même qu'il ne suflil pas de savoir qu'un individu est atteint de diarrhée, mais qu'il faut encore diagnostiquer Taflection d'où provient ce symptôme, ainsi, après s'être assuré de l'existence d'une hydropisie , il faut remonter au diagnostic de la lésion dont elle est l'elfet ou le symptôme.
\°. Symptômes fournis par Vélal analomi(jue des parties. — Existe-t-il des signes physiques qui soient les mêmes dans toutes les hydropisies, quel que soit le genre auquel elles appartiennent et quel que soit le siège qu'elles occupent ? Si l'on peut admettre quelques signes de cette espèce , ce sont les changemcns qui sont survenus dans le volume, la forme, la lésonnaiice, et quelques autres propriétés physiques des parties où résident les hydropisies. Ainsi, par exemple, la poitrine et le ventre ne rendent pas le même son, n'ont pas le même volume , selon qu'ils sont ou non le siège d'une collection «éreuse. Mais les procédés d'exploration sont si différens , suivant qu'il s'agit de reconnaître une anasarque ou une hydrorachis , une hydrocéphale ou une hydrocèle , etc., qu'en vérité nous nous trouvons dans l'impossibilité de rien dire qui puisse s'appliquera la fois au diagnostic de toutes ces espèces d'hydropisies. L'inspection, la palpation dans un cas , dans un autre la percussion, l'auscultation, etc., fournissent au diagnostic de précieux élémcns de diagnostic.
2". Symptômes Journis par la lésion des J'onclions des organes sur lesc/uels pèse la collection séreuse. — Il est des collections séreuses qui troublent à peine les fonctions des organes qu'elles compriment. Tels sont, par exemple , certains œdèmes , une hydrocèle peu volumineuse. Et de plus , dans les cas où les fonctions des parties dont il s'agit sont troublées , il n'en résulte aucun accident grave , aucune menace de mort. Il n'en est pas de même d'une collection séreuse un peu considérable , soit dans la plèvre , soit dans le péricarde, soit dans l'arachnoïde. Dans ces cas , les fonctions de la circulation , de la respiration , de l'innervation , sont plus ou moins profondément entravées ; et vu l'importance des fonctions indiquées, le danger est toujours grave et souvent mortel.
3" Sjmplômes dits généraux , ou troubles de l'ensemble des fonctions produits par les collections séreuses. — Il est des hydropisies qui ne donnent lieu à aucun symptôme de cet ordre : ce sont celles qui occupent des points où il ne se trouve aucun organe important qui soit soumis à la compression qu'exerce le liquide. Mais quand, au contraire, la collection est située de telle sorte qu'elle puisse gêner l'acliou d'un des viscères les plus essentiels de la vie , tels que le
cœur , les poumons , les centres nerveux ; alors , par suite de la lésion des fonctions de ces organes vivificateurs et centraux , on voit se manifester des troubles dans tous les autres appareils. Le mécanisme de ce mode de réaction ou de généralisation morbide est trop simple , pour qu'il soit nécessaire d'y insister.
On sent assez que les hydropsies passii'es et actives sont trop différentes entre elles , sous le rapport de leur nature, pour qu'il n'existe pas de grandes différences entre quelques uns des symptômes , so'it locaux , soii généraux , qui les accompagnent , entre la marche des unes et celle des autres.
Ainsi, par exemple, les symptômes des hydropisies vraiment passives se développent lentement; ils sont pour la plupart le résultat de la compression qu'exercera la collection séreuse , sorte de corps étranger , sur les organes environnans. Les symptômes des hydropisies actives, affectent , au contraire, une marche rapide, et ici , outre les phénomènes résultant de l'action comprimante du liquide, on observe des symptômes qui dénotent un surcroît de vie et d'action.
« Dans l'exhalation séreuse active, on suite d'irritation, dit M. Breschet , )> l'organe affecté donne des marques de l'excitation qu'il éprouve ; on obn serve de l'intumescence, une espèce d'érection, un peu d'élévation dans la » chaleur et quelquefois une sensibilité cérébrale plus vive. »
Il n'y a véritablement qu'un pas, sous le rapport des symptômes , comme sous le rapport de la nature , entre les collections séreuses actives, ou , mieux, les sécrétions séreuses par simple irritation , et les sécrétions séreuses inflammatoires. Les symptômes des hydro-phlegmasies (c'est le nom que donnent quelques auteurs aux hydropisies actives ) sont , en réalité , ceux d'une phlegmasie séreuse à son minimum d'intensité. i
0 Quelque différence qu'il y ait , dit Laënnec , soit sous le rapport des symp-i » tomes, soit sous celui des caractères de la lésion organique, entre une hydropisie » et une inflammation, il n'en est pas moins vrai que ces deux espèces d'affec- « tion , si opposées dans leur plus haut degré de développement, se confondent « pour ainsi dire dans l'autre extrémité. » ( Auscult. médiate , t. 2, pag. 232 ; deuxième édit. )
Nous ue pouvons , d'ailleurs , qu'effleurer ici tout ce qui concerne les symptômes et le diagnostic des hypropisies , et nous renvoyons les détails aux articles Anasarque , Ascite , Hydrocéphale , Hydho-péricarde, Hydrothorax. Là , seulement , seront exposés avec toute l'étendue convenable , les signes propres et différentiels qui ne permettent pas de confondre ces maladies avec aucune autre. ■ '