‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 89 sur 311 · IDENTITE · texte numérisé non relu

IDENTITE

rarior., cenl. 1 el 2;ia-8; LeiJœ , cent, 2, olis. xxxv ; M. Donnli, De histoi-ia medica mirabill opus, etc.; Manlua, 1586, \a-fl,., lil). 1 el 3 ; Schench , Observât, medic. rarior., pag. 699 ; J'iiter, Programma de culicula pueri XV annorum cutis rhionocerotis aut culim corlicis arboris instar incrassata ; Vilemb., 1735; WUlan, On cutaneous diseases , in-4, art. IcHTHYOSIS; y//ii£r/, Dermatoses ; in-4, art. ICHTHYOSE ; Janin de Saint- Just , Journal complémentaire des Sciences médicales, t. v ; Ansiaiioc, Bullelin des Sciences médicales de M. Fériissac , t. XV, p. 289; Cliiappa , Revue médicale; 1829, mars, p. 385 ; en ont fait connaître plusieurs exemples remarquables. Mais un des plus curieux , sans contredit , est celui des frères Lambert, dont MM. Tilésius ( Aiisfitchrliche beschreibung nnd abbildiing der beyden sogenan- \len stnchelschweinmenschen ans der bekannten etiglischen familie Lambert , in-iolio, Altenbourg , 1802, ) et Bl. Buniva ( Varticulnrités les plus remarquables des deux' corn ècxilletix anglais nommés Jean et Ricliard Lambert , observés à Turin en février et mars de l'an 1809, Ë g.; Mém. de l'Acad. imp . des Sciences , Lettres et Beaux-Arts de Turin ; in-4, p. 364; Turin, 181 1 ) ont publié une relation fort exacte el très-délaillée. M. Marjlin{P.-J. ) a fait récemment connaître une variété très- remarquable de celle maladie , dans laquelle la peau était couverte de poils volumineux , semblables à des soies de sanglier ( Médical and chirurgical transactions , vol. IX, part, l , p. 53 ) ; enfin M . Follet ( Dissertation sur t'icitthj'ose cornée , Paris , 1815, p. 239 ), et M. Joulbia ( Dissertation sur l'ichthjose nacrée , Paris, 1819 ), ont décrit ces variétés dans leurs dissertations inaugurales.

(P. Rayer. )

ICTERE^ s. in. Icterits, aurigo , arqiialus , morbus regi'us ; ictcrilie , jaunisse; coloration en jaune de la peau , et presque toujours en même temps des conjonctives et des urines.

L'ictère constitue rarement une maladie ; dans la généralité des cas , ce n'est

i qu'un symptôme. Toute maladie qui apporte un obstacle au cours de la bile dans ses conduits , et à son arrivée dans le duodénum , peut en devenir la cause. Ainsi lorsqu'un calcul obstrue les canaux cystique , hépatique ou cholédoque ; lorsqu'une inflammation du duodénum, située autour de l'orifice du dernier de ces conduits ou plongeant même dans son trajet, gonfle les tissus [au point d'oblitérer le canal ; lorsqu'une hépatite aiguë ou chronique occupe la concavité du foie et embrasse ces parties dans sa sphère; lorsque des tumeurs cancéreuses , tuberculeuses ou de toute autre nature , compriment et ferment ces voies d'excrétion : dans tous ces cas , la bile, ne pouvant suivre son cours accoutumé et s'écouler dans l'intestin , ne tarde pas à être résorbée, elle passe dans le torrent circulatoire , et, transportée vers d'autres voies d'élimination , celle de la transpiration cutanée et celle de l'urine, elle imprègne bientôt de sa couleur et la peau et le liquide urinaire.

Mais l'ictère survient dans quelques autres circonstances qui ne permettent plus de n'y voir alors qu'un phénomène symptomatique. Il se déclare quelquefois, par exemple , d une manière presque subite , à l'occasion d'un chagrin violent, d'une frayeur vive ou d'un emportement de colère; on le voit encore se former lentement sous l'intlueuce d'un chagrin prolonge, de la jalousie , de l'ambition déçue , et de la haine concentrée ; il se manifeste quelj quefois encore et souvent même assez rapidement, à la suite des grandes ! douleurs physiques , de celles par exemple qui accompagnent les luxations , les déchirures ou les piqûres des nerfs, et les grandes opérations chirurgicales; les coups et les chutes sur la tête ou sur toute autre partie, dans lesc{uels le p cerveau éprouve une commotion plus ou moins forte , le produisent aussi dans I quelques cas; enfin, il se montre parfois à la suite de la piqiire ou de la mor- I sure deà animaux venimeux. Comment se rendre compte dans tous ces cas de la production de l'ictère? Peut-on dire qu'elle soit ici l'effet d'une irritation du foie , comme le prétendent quelques auteurs , ou d'un spasme des conduits biliaires, comme le veulent quelques autres ? Ni l'une ni l'autre de ces explications ne me paraît satisfaisante. Je n'essaierai pas de substituer une nouvelle hypothèse à celles-là ; je ferai seulement observer que, dans toutes les circonstances que nous venons de signaler , le système nerveux cérébral paraît jouer le principal rôle. C'est incontestablement sur lui que les passions tristes ou violentes, les grandes douleurs physiques, les fortes commotions et les poisons animaux portent leur action. C'est donc lui qui est le mobile de l'ictère. Et tous ces faits, trop peu remarqués , démontrent une action directe et puissante du cerveau sur le foie , et nous expliquent très-bien le développement des abcès hépatiques sous l'influence des plaies de tête.

Quoi qu'il en soit du mode de développement de la jaunisse non symptomatique , de la jaunisse nerveuse , ce n'en est pas moins une maladie particulière dont nous devons tracer la description et la thérapeutique. Quant à l'ictère qui est produit par un obstacle au cours de la bile, c'est seulement aux mots Calculs biliaires , Hépatite , etc., qu'il peut en être question.

L'j'cîè/'e nert'eux, cjue l'on me permette de l'appeler ainsi, l'ictère nerveux , dis-je, quand il n'est pas subit, commence ordinairement par les conjonctives ; il s'étend de là aux ailes du nez, aux commissures des lèvres, et aux tempes ; peu à peu la coloration jaune envahit toute la face , puis le cou, la partie supérieure de la poitrine, les ongles, enfin le tronc et les membres; elle est toujours plus prononcée dans les parties supérieures du corps , et dans les points où la peau offre plus de finesse et où la transpiration se fait avec plus d'abondance. Une démangeaison assez vive de tout le corps accompagne fréquemment cette coloration. Les urines, limpides et d'un jaune peu foncé dans le commencement deviennent bientôt safranées , écumeuses, rougeâtres et épaisses ; leur couleur se fonce de plus en plus , elles deviennent d'un vert tirant sur le noir, quelquefois même tout-à-fait noires , et , dans ce cas , toujours bourbeuses, épaisses, et elles laissent déposer au fond du vase une matière grasse , gluante et comme poisseuse , que l'on n'en détache qu'avec difficulté. En même temps , il existe une constipation assez opiniâtre ; les matières fécales rendues avec effort et en petite quantité sont grisâtres, de la couleur de l'argile , et parfois même tout-k- £ait blanches.

A ces symptômes essentiels de la jaunisse se joignent ordinairement de la tristesse , de l'abattement , de la douleur ou de la pesanteur de tête , la perle ou une diminution notable de l'appétit , une soif vive , un sentiment de brisement général des membres , parfois quelques coliques , et presque toujours des vents. On dit bien dans les auteurs qu'elle s'accompagne en outre quelquefois d'accélération du pouls, de chaleur de la peau , de douleur dans l'hypocliondre droit , de vo'missemens , etc., mais quand cela a lieu , il existe une hépatite ou une gastro-duodénite dont l'ictère n'est plus que le symptôme.

La durée de l'ictère est ordinairement assez longue ; rarement il se dissipe avant quinze ou vingt jours, et souvent il se prolonge pendant plusieurs mois. Quand il commence à disparaître , la teinte jaune s'efî'ace dans l'ordre de son apparition , et les parties qui ont été les premières colorées reprennent les premières leur couleur naturelle; l'urine s'éckiircit peu à peu , et revient graduellement à sa couleur et à sa limpidité normales; les matières fécales, au contraire , se colorent peu à peu en jaune ; et, devenues plus stimulantes pour le tube intestinal , elles excitent davantage ses contractions , el l'excrétion en devient plus fréquente et plus facile. Quelquefois il se déclare une diarrhée bilieuse abondante qui sert en quelque sorte de crise à la maladie. Une vive démangeaison de la peau, quelquefois une éruption de petits boulons , suivie de desquamation de l'épiderme , succède dans quelques cas h la disparition de la jaunisse. Cette affection n'est jamais grave par elle-même.

Le traitement de l'ictère se compose d'un petit nombre de moyens. Quelques sangsues à l'anus, des bains , des boissons délayantes, telles que le petit-lait nitré , le bouillon de veaii , les bouillons d herbes , l'eau de carottes; de doux laxatifs, comme les tamarins, la casse, l'huile de riccin , les sels purgatifs, et le calomel ; des lavemens émolliens et quelquefois purgatifs; enfin un régime végétal , l'abstinence de tous les stimulans gastriques, beaucoup d'exercice et de distraction; telle est la thérapeutique de celte maladie. On a bien donné le con.seil de la combattre parles savonneux, les substances alcalines, l'essence de térébenthine , etc.; mais c'est à l'époque peu reculée où l'on confondait l'ictère symptomatique avec l'ictère essentiel , et où par conséquent on traitait des hépatites pour de simples jaunisses. Tous ces moyens sont inutiles et pourraient devenir dangereux; 1 ictère nerveux cède facilement en général aux premiers que nous avons indiqués.

Ictère des femmes enceintes. On voit quelquefois l'ictère survenir dans le cours de la grossesse , sans que l'on puisse le rattacher à aucune cause ; on le voit ensuite se dissiper seul et d'une manière spontanée avant comme après l'accouchement. Cet iclère , dont il est difficile de concevoir le mode de développement, ne réclame en général aucun traitement particulier. La saignée du bras contribue puissamment à le faire disparaître; on peut y joindre l'emploi des moyens que nous venons d indiquer contre l'ictère nerveux. Celte maladie n'offre jamais de gravité.

/(•«ère i/es «oup-eait-nei. Beaucoup d'enfans deviennent jaunes tr<jis à quatre jours après la naissance. Cette jaunisse dure trois à quatre jours et disparaît , sans que, pendant son cours , les fonctions du jeune enfant aient été' troublées ; elle n'est par conséquent pas un t tat morbide , et ne réclame aucun traitement. Nous renvoyons aux ouvrages de physiologie el aux traités d'accoucliemens , ceux de nos lecteurs qui désirent connaître les diverses hypothèses qui ont été imaginées pour l'explication de ce phénomène.

Ou doit en général cependant surveiller les nouveau-nés affectés de cet ictère. Il arrive quelquefois que l'hépatite éclate dès les premiers jours de la naissance; et il y aurait un grand danger à la méconuaiti e , ne fût-ce que pendant vingtquatre heures. La méprise est facile à éviter : dans l'ictère simple des nouveau-nés, toutes les fonctions s'exécutent comme dans l'état normal; i! n'en est plus de même s'il existe une hépatite. (Voyez ce mot.)

{ L. Ch. Roche.)

IDENTITE. (Médecine iégale.) Les questions relatives à l'identité présentent , dan^ leur solution, beaucoup de difficultés pour les magistrats; et comme elles se résolvent de la manière la moins incertaine , par l'examen physique de faits matériels et propres aux individus inculpés , les juges ont recours aux lumières des médecins pour s'éclairer. La tâche offre le plus souvent aussi de grandes difficultés pour ces derniers. Une longue expérience peut seule les faire se prononcer d'une manière positive, et l'on peut dire qu'il y a beaucoup à faire en médecine légale pour éclairer ce genre de question. C'est sans doute à celle cause qu'il faut attribuer le silence de la plupart des auteurs à ce sujet. Ils ont préféré ne pas traiter les questions cl identité , à ne donner que des notions vagues. Un ouvrage tel que celui-ci est destiné à enregistrer l'état actuel de la science. Aussi ; quoique astreint à un rôle tout-à-fait passif, préférons - nous faire sentir l'insuffisance de la science , à taire complètement le sujet qui nous occupe. Notre conduite , n'eût-elle pour résultat qu'un appela des travaux, serait bien préférable à notre silence.

L'art. 323 du Code civil établit : que la preuve de filiation peut être admise, alors que des présomptions ou indices résultant de faits constans sont assez graves pour déterminer l'admission.

Ce sont ces indices que le médecin est appelé à apprécier. Les cas de ce genre sont assez nombreux, et les Causes célèbres en retracent un grand nombre. 11 nous suffira de citer celles de Monrousseau, Caille , Baudet, el surtout celle de Baronet, où le célèbre Louis fil sortir des galères un malheureux, que des apparences trompeuses avaient fait injustement condamner.

Parmi les circonstances qui suscitent ces sortes de procès , nous citerons les suivantes : la plus commune est celle du retour dans sa famille d'un héritier légitime qui s'en est absenté pendant vingt , trente ans et plus , et qui vient

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