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IMPUISSANCE

belles , surtout lorsque le malade est d'un âge avancé ou d'une constitution scrofuleuse ou détériorée.

§ V. Lorsque, chez un enfant délicat, l'impéligo se développe d'une manière aiguë h la face ou dans le cuir chevelu , surtout pendant le travail de la dentition , il convient quelquefois de borner le traitement à de simples soins de propreté ; car cette éruption est souvent accompagnée d'une amélioration notable de la constitution qu'on pourrait entraver ou ralentir par un traitement plus actif. J'ai vu aussi la guérison intempestive de quelques impétigo {dartres crustacées) être suivie de maladies plus ou moins graves , et l'apparition de cette inflammation jjusluleuse agir d'une manière salutaire sur des maladies anciennes et rebelles. D'un autre côté, dans le traitement d'un certain nombre d'impétigo, l'indication principale est d'agir sur la constitution. J'ai pu m'en convaincre en combattant, avec succès, par des préparations ferrugineuses, sulfureuses et iodées , des impétigo chroniques développés chez des scrofuleux. Toutes les fois que l'impétigo avait été précédé d'aménorrhée ou de dysménorrhée, j'ai retiré de bons effets des préparations ferrugineuses et de quelques autres emménagogues.

Lorsque la constitution ne présente pas d'indications particulières , l impéli<ro, à son début et toutes les fois qu'il est accompagné d'une rougeur vive à la peau (impétigo erjsipelatodes) ou caractérisé par une éruption considérable de pustules, doit être combattu par la saignée chez les adultes et les individus d'un â^e mûr, et par les sangsues chez les enfans. Dans les cas d'aménorrhée ou de dysménorrhée, il faut ouvrir la saphène ou appliquer des sangsues aux parties génitales , surtout lorsque les emménagogues ont été employés sans succès. Ces émissions sanguines doivent être quelquefois répétées ; elles sont nuisibles chez les individus scrofuleux ou d'une faible constitution. Quel que soit le tempérament des malades , le sang est presque toujours couenneux.

Les bains simples ^ locaux ou généraux, à une faible température (24° ou 26° R.), les lotions avec l'eau froide , le lait, l'eau de son , l'émulsion d'amandes, la décoction de fleurs de mauve, de digitale , et celle de tête de pavots , sont employées avec succès dans cette première période de l'impétigo. Quelques jours après, des lotions alumineuses ou alcalines, de légères onctions avec les onguens d'oxyde de zinc et d'acétate de plomb contribuent à hâter la guérison, qui a lieu souvent sans qu'on soit obligé de recourir à d'autres moyens.

Dans l'impétigo aigu de la barbe et du cuir clieuelu , il faut couper les poils avec des ciseaux , et mettre à nu les surfaces malades. Cette variété , comme toutes les autres , doit être combattue d'abord par les applications émoUientes, et quelquefois par les émissions sanguines. ISépilaiion, dont l'utilité est incontestable dans le favus, m'a toujours paru nuisible dans l'impétigo aigu du cuir chevelu (teigne granulée) ou de la barbe, elle n'est jamais nécessaire dans l'impétigo chronique de ces régions. On emploie aussi avec succès les purgatifs salins, tels que le tartrate acidulé de potasse, les sulfates de soude, de magnésie ou de potasse, à la dose de deux gros à une demi-ouce par jour.

Lorsque i impétigo a perdu de son acuité ou lorsqu'il est à l'état chronique , on fait tomber les croûtes à l'aide des douches de vapeur aqueuse qui souvent, en outre , ont l'avantage de prévenir une nouvelle éruption. Toutes les fois que la peau est peu enflammée , il convient même tle recourir aux douches de vapeurs humides , peu de temps après la formation des croûtes de l'impétigo. Ces douches , dirigées sur la peau avant la formation des croûtes , c'est-à-dire pendant l'état pustuleux de l'éruption , ou bien lorsqu'il existe une inflammation irès-vive autour des croûtes , sont presque constamment nuisibles. J'ai souvent remplacé , et avec succès , les bains de vapeur par les bains simples et les cataplasmes émoUiens , qu'il faut prescrire à une température peu élevée.

2". Dans l'impétigo c/jî'o/i/^ue on a rarement recours d'une manière exclusive aux saignées locales et aux applications émollientes et sédatives ; mais cette pratique , aidée de quelques laxatifs , lorsque l'état des organes digestifs le permet , est sans contredit une de celles qui comptent le plus de guérisons.

Lorsque la peau est peu enflammée et peu excitable , on emploie avec succès les bains sulfureux naturels ou artificiels de barrèges , de Luë->che, de Cauterets , etc., à la température de 28on. à 30or., non-seulement chez les vieillards et les sujets afl"aiblis , mais encore chez les adultes et les individus d'un âge mûr, doués en apparence d'une bonne constitution. La durée de ces bains doit être augmentée progressivement, et portée jusqu'à plusieurs heures.

Les bains de mer et les bains alcalins , pris tous les jours ou alternés avec les bains simples , agissent quelquefois d une manière plus favorable que les bains sulfureux. On prescrit en même temps des lotions alcalines qu'on peut combiner avec des lotions acidulées. M. Thompson a recommandé Vacide hydrocjaniqne médicinal; je l ai employé en lotions , avec succès, à la dose de deux gros dans une demi-livre d'eau distillée. Je ne puis assurer cependant que son action soit plus salutaire que celle de l'acide sulfurique ou nitrique étendu d'eau. Si la peau était accidentellement excoriée , il ne faudrait pas recourir aux lotions avec l'acide hydrocyanique , ou ne les employer qu'avec la plus grande réserve.

Les lotions ioduro sulfurées ont été recommandées par M. Alibert. Elles sont surtout utiles , ainsi que les autres préparations d'iode, lorsque l'impétigo s'est développé chez un individu scrofuleux.

On cautérise quelquefois avec succès un impétigo chronique très - rebelle , soit avec l'acide hydro-chlorique alfaibli, soit avec la pierre infernale ou une solution de nitrate d'argent, lorsque l'éruption n'occupe qu'une petite surface.

Je me suis aussi servi avec avantage , dans de semblables conditions , d'une pommade faite avec un scrupule de prolo - nitrate de mercure incorporé dans une once d'axonge.

Je n'ai jamais eu recours à l'application d'un vésicatoire sur les surfaces iinpétigineuses , quoique ce moyen ait été conseillé et employé avec succès.

J'ai souvent employé la compression avec avantage, comme moyen auxiliaire, dans l'impétigo icaéic/a des membres compliqué d'oedème , d'ulcérations accidentelles , de varices , etc.

Le charbon a été autrefois recommandé , comme topique , dans le traitement! de l'impétigo , et en particulier dans celui du cuir chevelu (teigne granulée") ; je n'ai point étudié son action dans un assez grand nombre de cas pour émettre moi même une opinion sur son degré d'utilité.

Mais il est d'autres médicamens dont l'action sur le développement et la marche de l'impétigo est incontestable. J'ai guéri des impétigo très -rebelles par l'acide nitrique à la dose d'un demi-gros par jour, et étendue dans une pinte de décoction d'orge, sucrée. Lorsque cette boisson fatigue l'estomac , il sullit d'en suspendre l'usage pendant quelques jours et de faire prendre aux malades plusieurs bains lièdes à des époques convenablement rapprochées: il est rare qu'ils en continuent l'usage pendant plus d'un mois ou d'un mois et demi, sans que la guérison soit obtenue.

Enfin j'ai vu un petit nombre d'impétigo et très-anciens et très-graves qui n'ont cédé qu'à l'administration des préparations anlimoniales et a/^sénicales , Ces préparations , qu'il faut quelquefois interrompre pendant plusieurs jours, doivent être administrées avec précaution et d'après les règles que j'ai exposées. ( oyez AwTiMoiNii et Absehic. ) On prévient ainsi tout dérangement notable et permanent des organes digestifs , sans nuire à leurs efl'els curatifs. j

D'autres préparations , les unes faibles , les autres énergiques , tels que le j suc d'ache d'eau, la salsepareille; les décoctions de douce-amère, d'orme pyramidal, de racine èiarum, etc., l'extrait d'anémone pratensis , d'aconit, de daphné gnidium , etc. , ont été employés avec succès contre certains impétigo , chroniques {dartres cruslacées ); mais les cas dans lesquels leur usage est pré- 1' férable aux autres moyens que j'ai fait connaître n'ont pas encore été bien déterminés , faute d'un nombre suffisant d'expériences comparatives.

Cclse a (Iccril quatre espèces d'impétigo, dont la première paraît correspondre à ta maladie ; pustuleuse décrite daus cet article ( de re viedicâ , lit), v, cap. 28 , § 17 ). WiUaii le premier a donné une liistoire exacte de l'impétigo ( Pratical treatise on impétigo ; 10-4", London, 1814 , édition by Astby Smitti ) ; mais il a eu tort de décrire comme une maladie particidière l'impétigo du cuir chevelu, sous le nom de porrigoyîjcoia. M . Alibert cjui , daus son P/*'cis des Maladies de la l'eau , avait décrit l'impéligo sous le nom de dartre crustacée , l'a désigné sous le nom de mélitagre dans sa Monographie des Dermatoses ( iu-i" , 1832, p. 403 ) , et a placé dans les porrigiaes l'impétigo du cuir chevelu , sons le nom de porrigo granulata. M. Anthony Todd Thomson a publié quelques remarques sur l'emploi de l'acide i prussique dans le traitement de l'impétigo ( London. Médical and Physical Journal , fe- | bruary 1822). Des observations particulières et des remarques ont été publiées sur cette ra«" ladie dans plusieurs recueils périodiques : Observation d*(mpeti^o Jlgurata des joues guéri ' par Varsèniate de potasse (Journal liebdomadaire , t. IV, p. 77); — impétigo sparsa ( Kevue médicale , juin 1830 , p. 546) ; — impétigo des joues disparu sous Vinjluence d'une autre maladie ( Lancette française, t. v, p. 145) ; — eczéma impétigineux , avec oph» lhalmie (Bulletin des Sciences médicales de Ferrussac , t. XXIV, p. 177); — Marshall Hall , Note on the exlerior use of the cold liver-oil in the impétigo scahida ( London Médical GaEetle , t. x , p. 796 ). SI. Gaide a publié une observation remarquable d'impétigo développé sous l'influence ^yoi%a%i^ (propositions sur les maladies delà peau , 'xa-I^" , Paris, 1813). J'en ai rapporté plusieurs exemples dans mon Traité des Maladies delà peau. — Marcolini, sopra alcune impetigini , 1820 , in-fol., décrit lu lèpre et nom l'impétigo. Les observations de Sauvages , de Pierre et de Jos. Franck, etc., sur l'impétigo et les maladies impétigineuses , sont obscures et de peu de valeur, et ne rappellent la plupart que doS maladies mal définies et mal décrites. ( P. Kayeb. )

IMPUISSANCE. (Médecine légale. )La connaissance des causes qui peuvent amener l'impuissance temporaire ou de toute la durée de la vie , intéresse le médecin légiste sous ce rapport , qu'étant appelé à décider dans certains cas de demande en nullité de mariage, si un individu est apte à exercer un co'it fécondant, il doit alors être en état de résoudre celte question, dont l'inspection des parties génitales peut seule amener la soluliou. Etablir dans cette article le degré d'influence qu'exerce tel ou tel vice de conformation des parties génitales de l'homme et de la femme sur la génération , constitue seulement notre tâche , la description de ces altérations devant trouver sa place aux dénominations qui les désignent. Nous devons de plus y comprendre les modifications que l'influence nerveuse peut imprimer à nos organes sous ce rapport.

Impuissance dépendant des vices de coi formation congéniale ou accidentelle des parties génitales de l'homme. 1» De la verge. A. L'absence de cet organe est communément une cause d'impuissance. Comme plusieurs faits tendent à démontrer qu'il suflit quelquefois du dépôt de la semence à l'entrée des parties génitales pour féconder , on ne prononcera l'impuissance tout-à-fait absolue qu'autant que l'absence de la verge sera complète, et l'on étendra les chances de fécondité en raison de la plus grande longueur de la portion du péuis que pré sentera l'individu. Ne devront dont pas être regardées comme impuissantes les personnes auxquelles on aura enlevé une portion de la verge ou qui porteront une tumeur au voisinage de cet organe, telle qu'une hernie volumineuse, un lipome, etc., et qui par la distension et le soulèvement de la peau cachent et font disparaître une partie delà verge; néanmoins elles pourront être regardées comme présentant une disposition peu favorable à un coït fécondant. Si cette tumeur peut disparaître accidentellement comme une hernie par la pression d'un bandage , le motif d'impuissance deviendra alors tout-à-fait illusoire.

A ce vice de conformation , l'absence de la verge , doit être rattaché le cas d'exstrop/iic de la vessie, puisque l'ui ine ne peut s'écouler que par deux petites

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iivertures placées sur une tumeur existant au dessus du pubis , et que la verge 'st imperforée.

B. Longueur excessive de la verge. Motif de nulle valeur pour le cas dont il st ici quesUoii.

C. Volume de la verge. Le volume considérable de la verge ne peut dire reardé comme cause d'impuissance qu'au cas où il n'est pas uniforme cl où il onsiste dans une tumeur placée sur un point assez circonscrit qui ne permet as l introductiou du membre viril dans les parties génitales de la femme, enore faut-il que cette tumeur soit de nature à ne pouvoir êlre extirpée. Quant a iCS développemens partiels du corps caverneux qui ont lieu pendant l'érection, 'expérience démontre que l'on peut y remédier. Une dimension trop petite

lie la verge ne peut jamais être regardée comme une cause entraînant nécessai-

jeraent l'impuissance avec elle , lors même que l'ampleur du vagin de la femme vec laquelle les rapports ont lieu serait considérable. Ce peut être une cause

le stérilité , mais l'individu qui ofTre ce vice de conformation n'en est pas moins

jjpte à opérer tous les actes d'une copulation fécondante.

jj Quoique ces préceptes généraux doivent être établis en médecine légale , on |e peut pas se dissimuler que l'acte de la génération s'exécute d'autant mieux lue les proportions des parties sexuelles de l'homme et de la femme sont dans lies rapports jilus parfaits de dimension , et que lorsqu'il existe des disproporiions très-grandes , cette disposition doit être considérée comme une circonsjance peu favorable. Néanmoins , elle ne suffit pas pour frapper tel ou tel idividu d'impuissance et pour fournir les moyens de casser un acte aussi solenlel que celui du mariage, et auquel se rattachent les intérêts sociaux de la plus

tiute portée.

D. Direction vicieuse de la verge. Vice auquel on peut remédier par des oyens convenables.

E. La bifurcation du pénis ne devient u ne cause d'impuissance que lorsque la lortion perforée par l'urètre ne peut pas pénétrer dans les parties génitales }e la femme.

F. Le phymosis et le paraphymosis ne sont pas des causes d'impuissance.

î G. L'épispadias et l'hypospadias ne doivent être considérés comme un molif ie nullité de mariage que dans les cas où l'ouverture est voisine du pubis , en orfe que la portion imperforée de la verge pénètre seule dans les parties géniales, tandis que le sperme s'écoule au dehors.

H, Les mêmes restrictions se rattachent à la bifurcation de la verge, car il l'y a pas iiiipuissance si la portion qui contient le canal et l'ouverture de l'urère peut pénétrer dans le vagin.

L Faut-il encore ranger au nombre des cas de nullité de mariage le cancer le la verge avec ramollissement et ulcérations ? Je serais porté à le faire dans es cas où la maladie a envahi la totalité de l'organe. En supposant même que iette affection ne s'opposât pas encore à l'érection et à l'éjaculation de la liqueur permatique, cette affection ne devrait-elle pas être considére'e comme capable ie compromettre la santé et peut-être la vie de la femme avec laquelle la cohabitation aurait lieu ?

J. Enfin on ne devrait pas comprendre dans les causes d'impuissance résuîant d'une disposition physique de la verge , les rétrécissemeus du canal , capa- )les de s'opposer à l'émission du sperme , soit que ces rétrécissemens dépendisent d'une coarctation ou d'une adhérence, ou d'une bride, ou enfin de la comîiression exercée par une tumeur placée extérieurement. Tous ces effets pourront disparaître sous l'influence d'un traitement approprié ; mais il n'en pourrait |)as être de même d'une déviation qu'auraient subies les ouvertures des canaux pjaculateurs , déviation au moyen de laquelle le sperme se rendrait dans la pessie; non plus qu'à l'égard d'une oblitération de ces conduits, sous l'influence l'une phlegmasie du canal de l'urètre. 11 est vrai de dire qu'il ne sera pas touours facile d'apprécier ces altérations ; mais , comme dans les deux cas , il ne )eut pas y avoir d'éjaculalion ; comme dans le premier le sperme est porté dans la vessie et rendu avec l'urine peu de temps après son introduction , on devra ^voir égard à ces circonstances pour porter un jugement presque toujours actompagné, il est vrai, d'un doute.

2°. Des testicules et de leurs annexes. Il y a impuissance toutes les fois que les testicules n'existent pas , quelle que soit du reste la cause de leur absence; imais il faut que les deux testicules manquent. De ce que ces organes ne se ren- :ontreraient pas dans les bourses , il ne laudrait pas conclure à l'impuissance, ;arils peuvent rester toute la vie dans la cavité abdominale ou s'arrêter derrière 1 anneau inguinal. Le médecin doit dans ces cas s'attacher à rechercher si l'absence est congénitale ou accidentelle , c'est-à-dire la suite d'une ablation reconaaissable aux cicatrices qu'elle laisse constamment à sa suite. C'est dans ces diverses circonstances qu'il ne doit pas borner son examen aux parties génitales , et se rappeler l'influence qu'exerce sur toute l'organisation de l'économie, l'ablation des testicules à telle ou telle époque de la vie , ou bien l'absence résultant d'un vice originel. Il faut encore qu'il sache que rien n'est plus commun pe l'atrophie des testicules restés derrière les anneaux ; or l'atrophie de ces srganes dans leur situation ordinaire où hors de leur place habituelle , est une :ause réelle d'impuissance. Il en est de même du cancer des testicules qu''il ne aut pas confondre avec une hydrocèle , ou toute autre tumeur ou engorgement superposé à ces organes. On devrait encore ranger dans la même catégorie le :ancer des deux cordons testiculaires.

Impuissance dépendant des vices de conjormatioa congéniale ou accidentelle ies parties génitales de la femme. \° Des parties génitales extérieures et du va- ;tn. A part le cas où l'oblitération du vagin est complète et sans communicaion avec le rectum , aucune altération de ce genre ne peut entraîner l'impuis-

sance. En effet , on a des exemples de fécondation opérée parle rectum , alors qu'il n'existait qu'une ouverture du vagin dans ce conduit. L'oblitération du vagin i)ar suite d'adhérence des parties génitales externes , ou à l'aide d'une membrane intermédiaire sans production membraneuse , étant curable , ne peut pas être regardée comme cause d'impuissance.

Le rétrécissement du vagin entraîne avec lui l'impuissance , seulement dans le cas où il est le fait d'une hypersarcose considérable ; d'une dépression des os du pubis, ou de quelques tumeurs qu'il n'est pas possible d'enlever; car lorsque toutes les parties molles sont saines et que les os oflrent un écartemenl convenable , on parvient toujours à o]>érer une dilatation suffisante à la réunion des deux sexes ; souvent môme la nature opère elle-même un changement beaucoup plus notable, puisque , dans certains cas, une dilatation suffisante au passage d'un enfant a pu s'effectuer graduellement et sans aucun moyen mécanique pendant le cours de la grossesse. Au surplus , comme en parlant des altérations propres aux parties génitales de l'homme , nous avons fait sentir que la fécondation pourrait être opérée alors que la semence était déposée seulement à l'entrée du vagin, on comprendra qu'il faut un rétrécissement excessif de ce conduit pour taxer d'impuissance la personne que l'on est appelé à examiner.

L'absence de vagin est une cause réelle d'impuissance.

Il n'en n'est pas de même de l'ampliation excessive de ce conduit non plus que de sou [)rolapsus.

Ne devra pas être regardée comme impuissante, la femme chez laquelle le péiinée aurait été complètement rompu , et où le vagin et le rectum ne formeraient plus qu'un seul conduit.

Pour ce qui concerne l'utérus et ses annexes , on doit ranger au nombre des cas entraînant limpuissance , l'absence de l'utérus, celle des ovaires; l'oblitération du col de l'utérus, l'absence de toute cavité utérine , l'oblitération des trompes de Fallope , la dégénérescence cancéreuse de ces organes. La première peut seule être constatée d'une manière certaine , c'est-à-dire que les autres ou resteront tout-à-fait inconnues au médecin consulté , ou pourront devenir la source d'erreurs graves. Enfin, les femmes affectées d'un prolapsus utérin , étant en général aptes à procréer , ne devront pas être considérées comme impuissantes.

Jusqu'alors , nous ne nous sommes occupés , dans cette courte, exposition , que des causes matérielles d'impuissance de l'homme et de la femme. Ces causes résident toutes dans les parties génitales ; mais il en est d'autres qui dépendent d'une disposition particulière , soit du système nerveux en général, soit du système nerveux des organes génitaux : dispositions qui ne laissent pas de traces appréciables à nos sens , et que nous devons aussi passer en revue.

Le défaut d'érectilité du pénis est une cause d'impuissance qui peut dépendre de l'âge avancé du sujet, de l'excès des plaisirs vénériens, de l'anaphrodisie qui peut elle-même êlre le résultai d'une grande faiblesse , survenue à la suite d'une longue maladie ; de méditations profondes et des travaux prolongés du cabinet; de la solitude; d'impressions morales vives et soutenues; de l'ivresse profonde, etc. De toutes ces causes, la première seule est sans remède, et entraîne avec elle l'impuissance. Mais comment le médecin pourrait-il la sanctionner dans la plupart des cas , quand on voit des personnes fort avancées en âge se livrer encore avec une certaine ardeur, aux plaisirs vénériens? Il n'en serait pas de même du défaut d'érectilité du pénis survenue à la suite d'une attaque d'apoplexie avec paralysie réputée incurable ; ici les centres nerveux qui influencent les parties génitales portent dans leur intérieur une altération qui exercera probablement toujours le même genre d'action sur l'crectilité du pénis. Toutes ces causes laissent dans leur appréciation chez l'homme un moyen de connaître leur existence , mais il n'eu est pas de même chez la femme, puisqu'elle peut être fécondée alors qu'elle est moralement tout-à-fait étrangère à l'acte de la copulation (uuyez Akaphrodisie).

En résumé , on voit que , parmi les causes d'impuissance chez les deux sexes , il n'en est qu'un petit nombre que le médecin-légiste puisse admettre. Il ne s'agit pas en effet seulement de rendre nul un acte de mariage et qui entraîne déjà à des conséquences très-graves ; mais encore de porter atteinte à I honneur et à l'amour propre de la personne qui est l'objet de la plainte ; et quoique nous ne puissions pas nous dissimuler que, dans un grand nombre de cas, il y ait impuissance alors même que les parties génitales des deux conjoints ont tout le degré de perfection qu'elles doivent avoir, nous devons émettre une opinion opposée, parce que l'idée de l'impuissance d'un homme doit s'étendre à tous ses rapports avec quelque femme que ce soit et vice versa. Nous ne pouvons que très-rarement envisager l'impuissance relative. Que si l'on suivait une autre manière de voir dans l'appréciation des faits, à chaque instant les demandes en nullité de mariage se reproduiraient devant les tribunaux, sous le moindre prétexte. D'ailleurs , le temps fait si souvent disparaître les causes h l'occasion desquelles j'émets ces réflexions , que cette marche se trouve être parfaitement justifiée.

( A. Devergie. )

INCISION, s. f. ; incisio , seciio. L'incision est la division méthodique des parties molles au moyen d'un instrument tranchant.

Susceptible de beaucoup de modifications , elle s'offre tour à tour comme une opération complète ou comme un élément de la plupart des opérations chirurgicales les plus graves. En effet, si, d'une part, une simple incision suffit pour remplir les indications curatives les plus importantes d'une inflammation compliquée d'étranglement, d'une autre part, l'amputation des membres, les

INCISION

INCISION

extirpations les plus compliquées de tumeurs de toute nature, ne se composent que d'une série d'incisions.

Deux instrumens servent principalement à faire les incisions; ce sont le BisTODRi et les Ciseaux, dont la description ayant été faite ailleurs, ne doit j)oint trouver place ici. Mais comme la manière d'agir de ces instrumens n'est pas la même, et que les règles à suivre dans leur application sont différentes, nous étudierons séparément les incisions faites avec le bistouri, et les incisions faites avec les ciieau.x.

11 est pourtant quelques règles applicables aux unes et aux autres , et que nous devons établir dès à présent; ces règles sont :

1» De se servir d'un instrument bien acéré et en bon état, afin qu'il divise les tissus plus facilement, et par conséquent plus nettement et avec moins de douleur, et qu'il n'y dépose aucun corps étranger.

2° Que les parties à diviser soient toujours mises dans un état de tension convenable afin d'éviter qu'en s'accumulant au devant du tranchant , elles ne rendent ]iar cela même l'action de celui-ci plus difiicile , et l'e.xposent à faire ce qu'on appelle une incision dentelée.

3° Que les incisions soient , autant que cela est compatible avec le but de l'opération , dirigées de manière à ménager les organes les plus importans de la région sur laquelle on opère. Ainsi elles suivront avant tout la direction des troncs vascuiaires et nerveux principaux, parce que, en suivant ce précepte, on a beaucoup plus de chance Je les éviter, qu'en faisant l'incision perpendiculairement ou obliquement à leur trajet; sur la partie latérale et antérieure du cou, par exemple, elles seront verticales , pour éviter les carotides, les veines jugulaires et les troncs nerveux ; à la partie interne des bras , aux parties latérales et antérieures de l'avant-bras , elles seront parallèles à l'axe du membre; à la partie interne de la cuisse, elles seront légèrement obliques en bas et en arrière; tandis qu'au jarret elles le seront un peu en bas et en dehors , etc. , etc. Si la partie ne présente aucun tronc vasculaire ou nerveux important, les incisions seront dirigées parallèlement à la direction des gros faisceaux musculaires, qu'on évitera ainsi de couper en travers; ainsi sur la partie antérieure de la poitrine , elles sont obliques de haut en bas et de dehors en dedans. Si les tégumens de la partie présentent des replis naturels qui aient une direction constante , on incisera parallèlement à ces replis pour éviter la (lifTormité ; ainsi aux paupières , les incisions doivent suivre la c ourbe des rides de ces organes.

Enfin , en l'absence de toutes ces circonstances, et lorsqu'il s'agira de l'extirpation d'une tumeur , on incisera parallèlement à son grand axe.

4o Qu'elles soient faites dans un temps aussi court que possible , pour abréger la durée des souffrances du malade.

5o Que leur nombre soit ménagé autant que fairg se peut; et, pour cela, ([u'on leur donne du premier coup toute la profondeur et toute l'étendue qu'elles peuvent avoir sans compiomettre l'intégrité des organes que l'on doit épargner.

6o Que cette étendue soit toutefois proportionnée au but que l'on se propose, une incision trop grande déterminant des douleurs inutiles , uue incision trop petite manquant dans tous les cas son but en ne procurant pas aux liquides un écoulement suffisant , quand elle est employée pour donner issue à une collection liquide, et en apportant nécessairement un obstacle à la perfection d'une opération plus grave, lorsqu'elle est employée comme premier temps de celle-ci.

Les incisions sont faites dans quatre sens principaux, c'est-à-dire défaut sot) quand l'instrument , partant d'un point rapproché de l'opérateur, divise les parties eh s'éloignant directement devant lui ; contre soi , lorsque l'instrument suit une marche opposée à la précédente ; de c/r-oite à gauche , et de gauche à droite; elles ont une direction rectiligne, ou elles sont courbes; enfin , elles sont simples ou composées.

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