ART. II. IKCISION AVEC DES CISEAUX
Pour se servir des ciseaux, il faut passer le pouce dans un de leurs anneaux , I le doigt annulaire dans l'autre, allonger le médius pour soutenir celle de leur i branche qui est supérieure , et appuyer l'extrémité de l'indicateur sur leur i écusson. On se sert des ciseaux principalement pour couper des parties miuces i et flottantes qui fuiraient devant le bistouri , parce qu'ils offrent l'avantage de I saisir et de fixer les tissus avant de les couper. Ils sont d'autant plus utiles dans i ! ce cas , que la section qu'ils opèrent n'est pas moins que celle qui est faite par i i le bistouri disposée à se réunir par première intention , ainsi qu'on l'avait ■ ] prétendu. On se sert quelquefois des ciseaux en les conduisant sur une sonde I ; cannelée pour faire des incisions de dedans en dehors ; mais ils n'ont aucun i : avantage sur le bistouri. On fait ordinairement usage pour cela de ciseaux i courbés ou coudés sur leurs bords. Enfin , on appuie quelquefois aussi les i : ciseaux à plat, et presque toujours on se sert de ciseaux courbés sur leurs faces, ii Mais ils servent alors à faire plutôt des rescisions ou des excisions que des i\ incisions. { L. J. Sanson. |?
INCONTINENCE, s. f. ; incontinentia ; affection caractérisée par la sortie ij continuelle et involontaire de quelque liquide excrémerititiel qui , dans l'ordre II régulier , ne devait être évacué qu'à des intervalles variés , à la suite d'un fl besoin senti, et sous 1 influence de la volonté. Les humeurs stercorales et l'urine (I sont les seules matières qui donnent lieu à l'incontinence, et encore ce mot est- f! I il restreint à l'écoulement habituel, et plus ou moins constant, du dernier Je t\\ ces liquides. C'est donc de l'incontinence d'urine qu'il sera spécialement ques- ! \ tion dans cet article. \ I
I. Un antagonisme évident existe à la vessie et même au rectum , entre les , fibres charnues des parois de ces organes et les sphinclers placés autour des I orifices par lesquels ils communi(|uent au dehors. Cet antagonisme est tel que, j dans l'état normal , les anneaux musculeiix des ouvertures l'emportent en éner- 1 gie sur les fibres des parois , et qu'ils maintiennent pendant un certain temps il les matières dans leurs réservoirs , où elles s'accumulent et qu'elles distendent, il Lorsque cette distension est portée assez loin, le besoin se fait sentir ; la volonté jl relâche les sphincters , fait agir les muscles abdominaux, en même temps que | l'organe lui-même se resserre, et l'évacuation a lieu.
Cet ordre naturel , propre à la santé , peut être altéré par plusieurs circon- i i; stances , dans lesquelles l'évacuation s'opère sans que le sujet en soit averti , à i mesure que les substances arrivent dans les organes destinés à les contenir. ;
lo. Durant les maladies aiguës , compliquées d'affaiblissement du système nerveux, de stupeur, de coma ; à la suite des commotions cérébrales violentes, i des congestions apoplectiques , de l ivresse portée très-loin , des lésions de la moelle épiuière, il n'est pas rare de voir les malades uriner goutte à goutte \ continuellement et sans avoir la conscience de cette évacuation. Dans presque ' h tous ces cas , l'urine s'accumule d'abord dans la vessie , l'emplit, la dilate et ne ^ parvient au dehors que lorsque les parois de cet organe , distendues outre { mesure , ne peuvent plus se prêter à une plus grande ampliation , et forcent le { liquide à s'échapper par l'urètre. Plus le sphincter vésical conserve de contrac- \ tilité et plus cette évacuation par regorgement est tardive. Lorsqu'au contraire i l'anneau musculeux est très-affaibli ou paralysé, la vessie expulse le liquide j \ presque aussitôt qu'elle le reçoit et n'éprouve que peu ou pas de distension. Les 'j mêmes causes agissent sur le rectum et les anneaux constricteurs de son orifice ; une incontinence analogue, ou du moins la sortie involontaire et non sentie i des matières stercorales se fuit remarquer : elle complique assez ordinairement | i dans les circonstances indiquées plus haut rincoulincuce d'urine. '
2°. Les vieillards , surtout ceux qui ont abusé des organes génitaux , et chez • lesquels un état de langueur, de mollesse, et de relâchement de ces organes a succédé à des stimulations trop prolongées ou trop fréquentes, sont disposés { d'une manière spéciale à l'évacuation continuelle et involontaire de l'urine, j Mais ici encore 1 incontinence est presque toujours précédée de la rétention de ' 4