‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 95 sur 311 · INDICATION · texte numérisé non relu

INDICATION

Uquitle. La vessie, alTaiblie d'abord , puis de plus en plus complètement p:ialyséc, commence par ne se vider qu'avec lenteur; elle conserve ensuite des uantitcs incessamment croissantes d'urine, acquiert une ampleur considérale, et finit , après un temps plus ou moins long , par laisser échdpper contiueilement et goutte à goutte le trop plein du liquide qui la distend outre lesure.

3». Chez les sujets atteints de rétrécissemens à l'urètre , l'urine s'accumule ncore le plus ordinairement dans la vessie, sou évacuation étant laborieuse , ccompagnée de violens eflforts et ne s'opérant que d'une manière incomplète. )ans ces cas , le col vcsical , fatigué , affaibli par la présence du liquide que obstacle relient encore avec plus ou moins de force, perd de son énergie , se [lisse graduellement distendre et devient quelquefois complètement inerte. Les Oftions les puis reculées de l'urètre éprouvent la même altération ; et, ainsi jueje l'ai vu sur plusieurs cadavres , des parties de ce canal, situées en arrière lu rétrécissement, se dilatent quelquefois de manière à former une sorte de bconde cavité vésicale. Le rétrécissement, cause première de ces désordres, |evient alors la seule barrière qui s'oppose à la sortie de l'uriue ; il remplace le si vésical ; et comme il est privé de sphincter, il laisse ce liquide sourdre outte à goutte , par l'effet de la pression que la colonne supérieure exerce sur i. C'est encore une variété de l'incontinence par regorgement. 4°. Dans les cystites aiguës , dans les irritations douloureuses de la vessie , le bntacl de l'urine devient parfois insupportable pour cet organe, qui ne peut prouver la moindre distension sans déterminer les plus cruelles souffrances. Le [esoin d'uriner se renouvelle alors à chaque instant , et dans certains cas , le iquide s écoule même à mesure qu'il ai rive des reins , son séjour, même moiientané, dans son réservoir, étant devenu impossible. Chez les calcule ux , 1 injbnlinence peut avoir lieu , ou par l'effet d'une excitation intense que détermient les concrétions urinaires , ou par suite de la désorganisation des parois de !|organe , qui s'épaississent, deviennent fibreuses , s'appliquent contre le corps franger et ne sont plus susceptibles de contraction.

J 5°. Diverses causes mécaniques , telles que l'incision du col de la vessie et extraction des calculs urinaires , dans l'opération de la taille ; la présence de jmeurs fongueuses ou de concrétions engagées dans le col , et la portion prositique de l'urètre ; les ulcères de ces parties ; la pression que l'enfant exerce , ihez les femmes , vers la fin de la gestation , sur le corps de la vessie ; les fis- |iiles qui font communiquer directement cet organe ou son col avec l'extérieur, iu avec quelques organes voisins , comme le vagin ou le rectum , peuvent enjOre déterminer l'incontinence de l'urine.

6». Il n'est pas rare , chez les enfans , de voir l urine accumulée durant la ait dans la vessie , alors peu ample et irritable , s'échapper involontairement end.int le sommeil. Il existe alors aux parois vésicales un état de surexcitabilité, [d même temps que la de faiblesse au col et aux muscles chargés de s'opposer [ l'écoulement de l'urine. L'incontinence bornée à ce degré est incomplète et pulement nocturne, l'influence de la volonté suffisant ])endant le jour pour etenir le liquide et pour ne le laisser échapper que lorsque le besoin de l ex- [iulsion se fait sentir. Biais quelquefois aussi elle est complète , c'est-à-dire Continuelle, les sphincters d'une part étant trop faibles , et de l'autre les parois [le l'organe trop énergiques pour que le liquide puisse être retenu en quantité lotable dans son réservoir.

Le pi'emier de ces deux états , et parfois aussi le second, se continuent, chez jlertains sujets , au-delà de l époque de la puberté , et même pendant le reste ela vie, les malades , tantôt inondant chaque nuit leur coucher, tantôt mouil-

nt incessamment les vêtemens qui les couvrent. J'ai vu plusieurs individus tteints de cette infirmité dégoûtante : ils portent généralement sur leur visage [l'empreinte de la tristesse , de la honte , et il leur manque quelque chose sous jp rapport de l'énergie cérébrale et de l'intelligence.

II. D'après ce qui précède, l'incontinence d'urine est bien plus souvent un acident, une conséquence de lésions plus étendues et plus profondes cju'uneaffecion primitive, dépendant d'un défaut de rapport entre les parois du réservoir Il les muscles qui ferment son orifice. Cette considération doit généralement lervir de règle au pronostic. L'incontinence produite par des causes passagères lu durables devra nécessairement, compae elles, disparaître promptemcnt , ou e prolonger d'une manière indéflnie , ou bien enfin être entièrement incura- )le. Celle qu'on observe chez les enfans se dissipe ordinairement après la se- ;onde dentition , ou , plus tard , à l époque de la puberté ou même auparavant, jorsqu'elle persévère au-delà de cette époque , il est rare que l'on parvienne à a guérir. Dans tous les cas, l'état des sujets des deux sexes atteints d'iucontilence d'urine est des plus déplorable à raison de leur inévitable malpropreté , le l'odeur repoussante qu'ils exhalent, des inflammations et des excoriations ]ue le contact de l'urine détermine fréquemment sur les parties qu'elle baigne.

III. Le traitement de rincontinenee d'urine doit être approprié aux causes jui la produisent et l'entretiennent. Dans les maladies aiguës ainsi que dans es affections cérébrales ou rachidiennes , on doit remédier à la distension de la .'cssie et à la sortie du liquide par regorgement, à l'aide du cathétérisme, qu'on éitère plusieurs fois pendant les vingt-quatre heures, ou en laissant à demeure Uns la vessie une sonde flexible , dont on ouvre le pavillon à des intervalles ulîisans. Dans les cas de rétrécissement de l'urètre, de fistules, d'ulcères, de :alculs vésicaux très-volumineux, ou engagés dans les parties reculées du canal jxcréteur, etc., ce n'est qu'en détruisant ces affections que l'on peut obtenir la ;uérison de l'incontinence , et il est question dans d'autres articles des moyens ^u'il convient le mieux d'employer pour atteindre ce but. Chez des sujets ateints de paraplégie incomplète , nous avons employé sans succès la noix vo-

mique , que M. Ribes a vu cependant réussir; les douches, les frictions , le galvanisme et même l'électro-puncture , ont également échoué.

Chez les vieillards , l'incontinence , due à la paralysie des sphincters ou de la vessie , est fort difficile à guérir. Si la vessie est dilatée, inerte et fortement étendue vers l'ombilic , ce dont on s'assure par l'examen de l'hypogastre et par l'exploration à travers le rectum , il est d'abord indispensable de la vider de l'urine qu'elle contient au moyen du cathétérisme. Cette opération sera répétée , ou une sonde sera laissée à demeure afin de prévenir une distension nouvelle. Des injections d'eau fj oide , d'eau mélangée avec le chlorure de soude , d'eaux minérales sulfureuses et martiales, mitigées ou pures, ont été ensuite faites avec avantage dans la vessie. Des applications de linges trempés dans de l'eau à la glace , faites à l'hypogastre et au périnée , des douches à la même température, dirigées sur ces parties, des bains froids , sont assez souvent conseillés ; mais le froid ne doit , eu gé'iéi al , être employé qu'avec une grande réserve et beaucoup de précautions chez les sujets âgés. De larges vésicatoires promenés sur le sacrum , le pubis et la région périnéale ; des frictions stimulantes , aromatiques et spiritueuses sur ces mêmes parties ; des lavemens rendus excitans à l'aide du quinquina et d'autres substances analogues , conviennent presque toujours. A ces moyens directs on peut ajouter avec utilité l'usage intérieur des eaux minérales fortifiantes, des préparations amères , et même des doses prudemment graduées de teinture de cantharides. Si l'ensemble de ces moyens ne guérit pas, il soulage du moins presque toujours, et l'on parvient assez souvent, avec de la persévérance, à séparer les instans de l'émission urinaire par des intervalles de plus en plus longs.

Chez les jeunes enfans , l'incontinence nocturne n'exige guère d'autres soins que ceux qui consistent à les éveiller plusieurs fois durant la nuit , afin de les faire uriner. Il conviendra aussi de les priver d'alimens et de boissons susceptibles d'exciter la sécrétion urinaire , et de leur défendre de boire penilant la soirée. Les bains froids , les frictions stimulantes, les vésicatoires volans à la circonférence du bassin ; à l'intérieur, les amers et les toniques , sont autant de moyens que l'on emploiera avec avantage , surtout s'il existe de la faiblesse générale , et si les tissus sont pâles , mous et abreuvés de sucs lymphatiques. Après la puberté, la teinture de cantharides a été mise en usage avec succès , surtout chez les jeunes tilles. On a vu aussi , plusieurs fois , l'excitation produite par le mariage les guérir de cette infirmité, spécialement lorsque l'écoulement involontaire de l'urine n'avait lieu que la nuit. D'ailleurs, les moyens indiqués plus haut ne devront pas être négligés , quel que soit le sexe du malade , et l'on devra insister d'autant plus sur leur emploi que l'organisme offre, durant la jeunesse, de grandes ressources, et qu'il s'agit de rendre supportable une vie qui offre un long avenir.

Une remarque importante, déjà faite par J. L. Petit, consiste à bien observer les circonstances qui accompagnent l'incontinence nocturne de l'urine parmi les enfans. Les uns, en effet, dorment si profondément que le besoin ne les éveille pas , et que la vessie se vide sans qu'ils en aient la conscience : ceux-là , il faut les éveiller une ou plusieurs fois , et leur donner ainsi l'habitude de le faire. On doit en agir de même envers ceux qui rêvent qu'ils urinent hors de leur lit et dans des lieux convenables. Quant à ceux que la paresse relient , les privations et les châtimens sont souvent sullîsans pour les corriger, et la gucrison ne s'opère que lorsque l'âge fait naître d'autres idées et développe le sentiment de l amour-propre.

Quant à l'incontinence déterminée par l'excès d'irritabilité des parois de la vessie , les sphincters conservant leur énergie normale, on la distingue de celles dont il vient d'être question , à l'état habituel de rétraction de l'organe , à la vivacité avec laquelle le besoin se fait sentir, à la nécessité invincible il'y satisfaire instantanément si l'on veut éviter que l'urine s'échappe involontairement . enfin à la douleur qui résulte des essais tentés pour laisser une quantité notable de ce liquide s'accumuler dans son réservoir. Dans ces cas , il faut recourir aux émoUiens, aux caïmans, à de légers narcotiques, à des applications de sangsues faites à 1 hypogastre , au périnée, à l'anus , et principalement aux bains entiers et aux bains de siège prolongés. Il est rare qu'à l'aide de ces moyens on ne parvienne pas à soulager, si ce n'est à guérir.

Enfin, lorsque l'incontinence résiste aux traitemens les mieux appropriés h la nature des causes qui la produisent , l'art doit s'efforcer d'en atténuer les effets. Chez les jeunes sujets , et même chez les vieillards , on retient l'urine dans la vessie à l'aide de bandages compressifs , qui se placent à la verge , comme le compresseur à crémaillère , ou qui s'appliquent sous le pubis, derrière la racine de la verge. Un de ces derniers , conseillé par Winslow, consiste en une pelolte montée sur un ressort élastique, fixé lui-même à une ceinture semblable à celle des bi-ayers, et qui vient agir sur l'urètre à l'endroit où le pénis se dégage du scrotum.

Lorsque ces bandages ne peuvent être supportés ou ne réussissent pas, il faut recourir à des vases en métal ou en caoutchouc , soutenus par une ceinture s'appliquant à l'une des cuisses du sujet, et dans lesquels la verge verse continuellement l'urine. Chez les femmes , la compression du canal est souvent impraticable , et les vases sont plus difficiles à appliquer et à maintenir ; aussi l'incontinence d'urine est-elle pour elles une infirmité plus insupportable encore que pour les hommes. (L.-J. Begin.)

INDICATION. //îc?i'cafo j ab 2/2£//ca/-e. L'indication , en médecine, est la notion qui nous est acquise relativement au traitement, par l'examen raisonné des divers organes d'un malade soumis actuellement à notre observation , et par la recherche et l'appréciation exacte des circonstances qui ont précédé la maladie.

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