‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 97 sur 311 · INDIGESTION · texte numérisé non relu

INDIGESTION

fusent à aucune règle et ne peuvent être encore appréciées que par l'expérience 1 • et la sagacité du médecin. j

Enfin quelquefois, à côté d'une indication thérapeutique rationnelle ou fon- i 1

damentale , on rencontre une circonstance particulière qui vient la détruire j '

c'est une contre-indication. Tout alors est encore remis à la sagacité du méde- i \

cin; iln'ya plus de règles à adopter que celles de l'expérience , plus de conseils \\ à prendre que ceux du moment. : i

Quant aux moyens de remplir les diverses indications thérapeutiques , ils se- i I ront exposés au mot Médicaticn. (P. Jolly ) i

INDIGESTION. On dési gne par là une lésion des fonctions digcstives surve- j | nant à la suite de l ingestion d'alimens trop copieux, ou de mauvaise qualité. i Voici une rapide exposition des phénomènes qui caractérisent cette maladie , i ou si l'on veut cette indisposition, dont les auteurs de pathologie ne se sont i peut-être pas encore assez occupés.

§ I". Sentiment de pesanteur, de plénitude, do malaise, d'anxiété dans la région épigastrique , acompagné de nausées, d'éructations, de hoquets, puis i de vomissemens plus ou moins abondans et répétés , contenant les matières afi- i mentaires ingérées quelque temps avant le développement des phénomènes indi- , qués ci-dessus ; des borborygmes , des selles liquides ou demi-liquides ont quelquefois lieu en même temps que les vomissemens , la bouche est ordinairement sèche, pâteuse, et il y a un dégoût profond, une sorte d'honneur pour tout^ , espèce d'alimens, tandis qu'on est tourmenté souvent d'une soif des plus vives.

A ces symptômes qui traduisent directement , et pour ainsi dire idiopathique- i ment, la souffrance gastrique, se joignent des phénomènes généraux ou de réaction, variables selon l'intensité de l'indigestion et selon les individus.

Abattement, tendance aux lipothymies chez quelques personnes , céphalal- i j gie , vertiges, baillemens , frissons , sueurs froides. Ces symptômes ne se calmeut I i ou ne se dissipent qu'après des évacuations , soit par haut seulement, soit à la Ij fois par haut et par bas. Les malades eux-mêmes rapportent le malaise général j , à la souffrance des organes digestifs, provoqué par les alimens qu'ils contien- ! nent: aussi demandent-ils qu'on les fasse vomir, et il n'est pas rare de les voir . provoquer eux mêmes le vomissement par la titillation de la luette, et en se j| gorgeant d'eau tiède. ^ ^

Quelques auteurs ont établi un grand nombre d'espèces d'indigestions; mais la j ^ base de ces distinctions est en général peu philosophique. Ainsi on a admis deus espèces d'indigestion, selon qu'elle est porduite ou par des ingesta liquides , ou ut par des ingesta solides. On a admis une indigestion stomacaleet une indigestion j| intestinale ; une indigestion complète et une indigestion incomplète ; une indi- il, gestion simple et une indigestion compliquée ; une indigestion aiguë et une indigestion chronitjue; une indigestion accidentelle et une indigestion habituelle; Wl une indigestion avec éfacuation et une indigestion sans èi>acuation ou sèche; |!j enlin , on a fait des indigestions alimentaires, muqueuses, bilieuses, spiri- i tueuses et même urinaires (voyez le grand Dictionnaire des Sciences médicales). ] ^ On a donné ce dernier nom «/a sortie instantanée de l'urine, après l'ingestion de ;j ^ certains vins blancs , tels cjue ceux de Chablis , de Pouilly , etc. On conviendra j , que quelques unes de ces distinctions ne sont pas entièrement satisfaisantes. ^.^ § II. Causes déterminantes et prédisposantes de L'indigestion. Ainsi que nous i ^ l'avons énoncé au commencement de cet article, les alimens peuvent déterminer ^ , l'indigestion, soit en raison de leur quantité soit eu raison de leur qualité. On j ^ sait que les grands mangeurs, quelque complaisant et vigoureux que puisse être , leur large estomac , sont néanmoins assez sujets aux indigestions ; l'ivresse dans | " laquelle tombent quelques uns, par l'effet d'un long et copieux repas , ne man» i que presque jamais d'amener à sa suite ime indigestion plus ou moins forte. Au ^ , reste, il y a de si grandes différences dans ce qu'on pourrait appeler la capacité jj digestive des divers individus , qu'il est absolument imposible de dire quelle . est exactement la quantité d'alimens nécessaire pour provoquer l'indigestion, j Telle personne engloutit impunément une masse d'alimens dont le quart eût ]1 suffi pour produire une grave indigestion chez une autre personne. 1 La qualité des alimens cstégalement une cause déterminante de l'indigestion; \ et de là l'expression d'indigestes , sous laquelle on désigne certains alimens ,1 (voyez Alimens). D'autres alimens ne sont doués que d'une indigestibilité i relative. Ainsi, tel individu éprouvera une indigestion pour avoir pris un aliment j soit solide soit liquide, considéré comme facile à digérer par la plupart des . ! hommes, tandis qu'un autre individu digérera parfaitement bien un aliment i réputé indigeste- On sait d'ailleurs quelle est à cet égard l'influence immense i de l'habitude ; et si les Mithridate sont rares , il n'en est pas de même des per- | sonnes qui finissent par bien digérer des alimens qui leur avaient causé des indi- I gestions dans les premiers temps où elles en avaient fait usage. De temps immémorial, les cru'/ùe'j ont été justement taxées d'alimens indigestes. La température des alimens , leur mode de préparation, etc., sont autant de circonstan- ^ I ces qui peuvent puissamment influer sur l'acte de la digestion. Combien d'indi- i gestions n'ont pas été pi oduites par des alimens trop froids , des boissons à la glace , etc. ! IM. Mérat connaît des individus qui ne pouvaient prendre de glaces sans éprouver une indigestion.

Les causes prédisposantes de l'indigestion ne sont ni moins nombreuses, m 1 moins importantes à connaître que ses causes déterminantes. En première ligne I de ces causes , il faut placer diverses affections directes du tube disgestif , et ( spécialement, I" celles c|u on désigne sous le nom d'iiritations; 2° celles carac- i térisées par un état diamétralement opposé , qu'on les désigne par les noms de \ débilité , d'asthénies ou par tout autre , peu importe. Quel praticien ignore ■ j combien fréquentes sont les indigestions à la suite des aflèctions dont il s'agit- < que de convalescences troublées par des accidens de ce genre ! I

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