ABLUTION
habitude , sans doute , que par conviction de son utilité. Renverser une erreur de théorie, c'est d'ailleurs servir la pratique. N'est-il pas évident, par exemple , qu'on ne cherchera plus à remédier à V aberration de la force nerveuse, ni à Vaberration organique quand ou sera bien convaincu qu'il est impossible de se faire une idée nette de ce que peuvent être de pareils états morbides , et par conséquent de baser une médication sur des théories mensongères ?
(L. Ch. Roche.)
ABLATION, ahlatio des Latins, de auferre , ôter; «(faîptcii des Grecs. D'après son étymologie et dans son acception la plus ge'nërale, ce mot exprime l'action d'emporter une partie , en la séparant plus ou moins violemment d'une autre, à laquelle elle était unie. En médecine opératoire, les ablations constituent un genre de la classe des exérèses ; ce sont des opérations que caractérise toujours suffisamment la soustraction par incision d'une portion plus ou moins grande du corps. Le genre ablation comprend deux espèces : Vamputation et Vextirpation (voyez ces mots); Vamputation , dans laquelle on emporte partiellement une portion d'une région ou d'un organe ; Vextirpation , qui a pour but la soustraction complète des mêmes parties. A cette occasion , qu'il nous soit permis de faire remarquer qu'il y a peu d'exactitude dans ces expressions si généralement usitées aujourd'hui , d'amputations partielles de telle ou telle partie , -pnxscivie le mot amputation entraîne inévitablement avec lui l'idée d'ablation partielle de ces parties.
Il est à peine nécessaire de faire remarquer que l'excision, la rescision et la résection , sortes tVablations très-superficielles des parties , sont de simples vai'iétés de l'espèce amputation , et que les deux premières se rapportent spécialement aux parties molles , tandis que la dernière regarde uniquement les pièces du squelette.
Dans les ablations, le chirurgien dirige les instrumens tantôt vers des parties développées contre l'ordre normal , tantôt contre quelques-uns des organes dont l'ensemble constitue l'organisation régulière , mais dont la conservation , pour diverses raisons, peut être devenue impossible. Des instrumens de divers genres sont ici nécessaires; le plus souvent les instrumens appelés tranchans, quelquefois diverses espèces de pinces, ou même seulement les doigts, suffisent pour pratiquer une véritable avulsion.
Dans une ablation, quelle qu'elle soit, toutes les manœuvres opératoires tendent à ce but , obtenir la soustraction de la partie devenue nuisible , en ménageant assez la surface tégumentaire extérieure , et les parties qu'elle recouvre immédiatement, pour avoir le moyen d'en recouvrir le fond de la plaie et le préserver de l'action irritante de l'air atmosphérique. Toutefois il ne dépend pas toujours du chirurgien de mettre à exécution ce précepte si salutaire , par exemple , lorsque la maladie qui réclame les secours de l'art a envahi , avec les parties profondes , la peau qui les recouvre ; dans ce dernier cas cependant , souvent est-il possible , à la faveur de la laxito du tissu cellulaire de certains points , d'attirer la peau des parties voisines , et d'amener au point de contact les deux lèvres de la plaie. La médecine opératoire possède divers moyens de remplir la grande indication que j'ai primitivement posée , savoir celle de laisser assez de peau pour recouvrir la plaie dans les ablations. S'agitil , par exemple , d'emporter une tumeur médiocre qui a peu distendu les tégumens? celle-ci doit être incisée simplement, suivant le plus grand diamètre de la tumeur; doit-on au contraire faire l'ablation d'une masse considérable et trcs-proéminente au dehors ? il convient de circonscrire , par une incision , le plus souvent elliptique, une portion de la peau qui la recouvre. Dans certaines régions enfin, où les couches sous-cutanées par une excessive laxité se prêtent à un "lissement très-grand de la peau après l'affaissement des parties , il convient encore d'emporter une portion du tégument, afin d'éviter un long travail de cicatrisation , pendant lequel les lèvres de la plaie , après s'être rapprochées , se retournent sur elles-mêmes , s'appliquent par leur face épidermique, et forment un sillon plus ou moins profond , dans lequel continue long-temps la suppuration. La première incision étant terminée, on doit procéder à la séparation ultérieure de la partie que l'on veut enlever ; tantôt et le plus souvent on arrive à ce but par une dissection rapide , dont plus tard nous indiquerons le mode {-voyez l'article Dissection) j tantôt on produit un véritable arrachement ; enfin , dans quelques cas, il suffit d'une simple pression exercée sur les parties latérales de la tumeur, pour la faire sortir par une sorte d'éuucléation, comme on le voit, par exemple, pour certaines loupes delà tête. Dans le plus grand nombre des cas , dans les ablations un peu considérables , on lèse des vaisseaux plus ou moins nombreux et dont il importe de faire la ligature ; quelquefois cependant le sang s'écoule en petite quantité . et la compression la plus simple suffit pour arrêter l'hémorrhagie ; apr'es l'arrachement enfin , récoulcment sanguin est le plus souvent nul , pour des raisons qui seront déduites plus tard , à l'occasion des plaies des artères et des hémorrhagies traumatiques , articles auxquels je renvoie également pour tout ce qui concerne les moyens hémostatiques généraux. (Frédéric Blandin. )
ABLACTATION , ablactatio. Ce mot , qui dans la langue latine signifie sevrage c-t se rapporte par conséquent à l'enfant, a été employé, dans la nôtre, pour exprimer l'absence ou l'arrêt de l'allaitement considéré chez la mère.
L'ablactalion est quelquefois naturelle et spontanée; elle se confond alors AvecVagalactie. 11 suffit, par exemple, qu'une femme eu couches n'approche point sou enfant du sein pour que les mamelles cessent en peu de jours de sécréter du lait, du moins en quantité telle qu'il ne puisse être repris, dans ses réservoirs, par les vaisseaux absorbans. Il en serait à peu près de même chez la plupart des nourrices ; la production du lait cesserait naturellement après le sevrage de l'enfant, mais avec plus de lenteur et après de fréquens letours de sécrétion et d'excrétion involontaire de cette humeur, ou même
après des accidens inflammatoires et fébriles qu'il est toujours bon de prévenir \ par des moyens plus ou moins actifs selon le besoin. j
lo. Moyens propres àfavoriserl'ablactationimmèdiatementaprès les couches, . — L'écoulement des lochies , qui , momentanément suspendues par la fièvre j de lait , reprennent ensuite un peu plus d'abondance , la transpiration cutanée | que favorisent et déterminent cet état fébrile et le séjour au lit, la diète enfin ' à laquelle toute femme en couches doit être soumise avec plus ou moins de i rigueur, suffisent d'ordinaire pour dissiper la pléthore sous l'influence de la- j quelle la sécrétion du lait s'est établie. Des boissons théiformes prises en ! assez grande quantité et surtout un peu chaudes , en appelant la sueur, peu- j vent accélérer la cessation de cet état pléthorique. Les laxatifs , surtout s'il y a i constipation, la saignée même, si la fièvre est forte, peuvent concourir au] même but, mais doivent être réservés pour les cas rares où les phénomènes I prennent un aspect morbide. Parmi les boissons qu'on peut employer avec ' avantage, nous noterons les infusions légères de bourrache, de fleurs de mauve, i de violette, de coquelicot, etc. C'est absolument ainsi, c'est-k-dire comme I diaphorétiques et diurétiques adoucissans, qu'agissent beaucoup de prétendus ; antdaiteux on lactijïiges , comme la racine de canne de Provence , etc. Il serait ' plus difficile de dire à quoi peut être bonne la décoction de liège que le vulgaire I emploie, et que quelques praticiens conseillent peut-être plus pour satisfaire; les préjugés de leurs clientes, que par une confiance réelle dans ses propriétés i médicales. Nous ne parlons pas de cette substance portée en collier, etc. '
2». Moyens propres à favoriser l'ahlactation au moment du sevrage. — Cesl^ ici surtout qu'on a recommandé une foule d'antilaiteux non plus innocens et \ simplement ridicules , mais parfois aussi très-dangereux : tels sont les purgatifs | énergiques, les emménagogues , les sudorifiques irritans, etc. !
Lorsqu'une nourrice suspend l'allaitement , les mamelles ne tardent pas à se j durcir, à se distendre ; quelquefois le lait s'écoule par le mamelon, et le soulâ- | gement suit de près ; d'autres fois la distension devient douloureuse , des | frissons passagers se déclarent , et la fièvre s'établit avec une intensité variable. ] Eu pareil cas, le premier soin du médecin doit être de conseiller le repos, ^ le séjour au lit, et une diète très-sévère. En même temps , on cherche à obtenir i une sueur modérée par l'usage des boissons théiformes et une chaleur extérieure modérée. Il faut éviter en efiet une chaleur trop forte , des couvertures i trop pesantes; il faut éviter de même l'emploi des sudorifiques résineux, des ( alcooliques. Ces moyens augmenteraient la fièvre et par conséquent les acci- , dens , et s'opposeraient même à l'établissement de la sueur, à la suspension de ■ la sécrétion du lait. La saignée, les sangsues appliquées à la vulve , pourraient ■ être mises en usage si la fièvre était fort intense; peut-être en néglige-t-on ] quelquefois trop l'usage. ,
Si les mamelles sont très-gonflées , il est bon quelquefois de les dégorger en j partie par la Succion; mais ce moyen de soulagement, fréquemment réitéré, j aurait l'inconvénient de retarder beaucoup l'ahlactation. I
Quand la douleur est forte aux mamelles, on les couvre avec avantage de . fomentations émollientes tièdes. Des cataplasmes chauds les surchargent et i augmentent souvent l'afEux du sang. On doit aussi bien se garder de compri- ' mer ces organes, même lorsqu'ils ne sont point douloureux. Cette compres-, sion ne rendra point au sein sa fermeté première ; elle peut, au contraire , y' faire naître quelque inflammation aiguë ou chronique, ou bien en accroître \ encore le relâchement par une sorte d'atrophie. |
Enfin quand la fièvre est tombée , que les mamelles sont encore embarras- ' sées par le lait , sans être cependant le siège de douleurs réelles , pour achever ! de détruire l'habitude qui entrelient la sécrétion de ce fluide , on administrera ^ de doux purgatifs dont on pourra répéter l'emploi à trois ou quatre reprises ' différentes dans l'espace de huit à quinze jours. De ce nombre sont l'huile de ricin , à la dose d'une once à une once et demie chaque fois , le sel d'epsom 3 ou sulfate de magnésie, le sel de glauber ou sulfate de soude, le sel duobus ou | sulfate de potasse, qui n'a pas de propriétés plus spécialement antilaiteuses • que les autres sels neutres, quoiqu'on lui donne souvent la préférence. Ces ; sels s'emploient à la dose de deux gros à demi-once pour chaque prise. Ces ' médications n'empêcheront pas qu'un peu de lait ne continue à être, pendant plusieurs semaines , pendant plusieurs mois , sécrété dans les mamelles ; mais il ne causera plus aucune gêne, aucun accident. La menstruation n'en sera plus suspendue comme auparavant; elle reprendra, au contraire, son cours normal , pourvu que cette sécrétion prolongée , quoique légère , ne soit point remise en activité par des succions , etc. Tant qu'elle existe en effet , al est souvent facile de lui rendre , avec un peu de patience, son intensité première; et c'est ce qu'il est bon de savoir pour en tirer parti dans certains cas d'un sevrage prématuré dont on viendrait à reconnaître à temps les inconvéniens.
Nous devons dire ici quelques mots de certaines préparations composées qui ont joui d'une grande réputation, et dans lesquelles on avait surtout cherché à réunir les propriétés des divers moyens dont il vient d'être question , c'est-àdire des sudorifiques et des purgatifs. Tels sont, l» le petit lait de Weiss, un des moins dangereux; il doit ses qualités purgatives au séné et au sel de glauber, et ses propriétés sudorifiques aux fleurs de millepertuis, de sureau, etc. Ou l'emploie à la dose de deux ou trois verres pris le matin pendant douze à quinze jours. 2" L'élixir améi'icain , médicament qui ne peut être que nuisible , tant à cause de son véhicule alcoolique, que des substances aromatiques et de l'opium qui y entrent en proportions considérables.
Ces médicamens ont été fort souvent conseillés , bien plus mal à propos encore, contre des affections le plus souvent chroniques , et qu'on gratifiait au hasard du nom de maladies laiteuses, lait répandu, etc. ( Ant. Dugès. )
ABLUTION, s. f. abluiio , de abluere , laver, action de laver. Ce mot
ABORTIF.