‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 11 sur 234 · ABSINTHE · texte numérisé non relu

ABSINTHE

est synonyme de lotion, mais on l'emploie de préférence à ce dernier quand l'action de laver est considérée comme une pratique d'institution religieuse. Les ablutions étaient prescrites chez les anciens, d'abord régulièrement à différentes heures du jour , puis dans certaines circonstances éventuelles , par exemple, après l'attouchement d'un cadavre, après celui d'un individu atteint de lèpre, après l'accomplissement des devoirs conjugaux, etc. Quand on réfléchit à toutes les maladies contagieuses qui régnaient et qui régnent encore chez les peuples où les ablutions étaient ordonnées , on ne peut trop admirer les législateurs qui transformèrent en un devoir d'obligation religieuse un objet dont la nécessité n'eût pas été sentie ou que la paresse eût fait négliger. Si dans nos climats , où les fonctions de la peau sont beaucoup moins actives que chez l'Asiatique , les ablations sont moins indispensables , il est pourtant encore vrai de dire que,- plus employées, elles préserveraient plus souvent qu'on ne pense , en enlevant les virus déposés sur les parties du corps , de quelques contagions, de la contagion syphilitique, par exemple; mais les ablutions ont des avantages autres que ceux de s'opposer à la transmission et même au développement spontané de maladies contagieuses. Ces avantages seront examinés dans un autre article. {J^oyez Lotion.)

ABORTIF. On appelle foetus ahoriXi , foetus abortwus , celui qui naît avant l'époque de la viabilité ; et par mêdicamens ou moyens aboTtifs , on entend ceux qui peuvent provoquer l'avortement.

Dans la législation française , toute tentative propre à déterminer l'avortement est regardée comme criminelle ; il semblerait donc inutile de rien dire ici des moyens ou mêdicamens dits abortifs ; mais il est nécessaire que le praticien les connaisse, qu'il les apprécie à leur juste valeur, soit pour eu éviter, s'il le faut, l'usage, lorsque la grossesse existe, soit pour faire connaîti-e à ceux qui seraient tentés de les mettre en pratique les dangers que leur emploi peut entraîner.

Avant d'entrer dans aucun détail , nous devons prévenir le lecteur qu'il n'est point ici question de l'accouchement provoqué avant terme , et à une époque où l'enfant est déjà viable. Nous en parlerons au sujet des vices de conformation du bassin.

Les drastiques , les emmériagogues , les saignées et les violences directes ou indirectes sur l'enfant et l'utérus, tels sont les moyens réputés capables de procurer l'avortement.

1». Les drastiques et les emménagogues sont tous des mêdicamens trèsirritans qui ne peuvent agir qu'en excitant dans le tube intestinal une violente suraction qui , par sympathie , se transmet quelquefois à l'utérus , ou bien en élevant dans toute l'économie un trouble considérable , une sorte d'état fébrile qui parfois aussi détermine vers l'utérus l'afflux du sang et en stimule les fibres contractiles. Il est facile de sentir que, pour produire une action indirecte aussi forte, ces mêdicamens doivent d'abord tourmenter violemment les parties avec lesquelles ils sont primitivement en contact; ils doivent donc causer des accidens graves ou tromper l'espérance de ceux qui les ont employés dans des vues réprêhensibles. Aussi l'expérience de tous les jours démontre-t-elle que l'aloès , la rhue , la sabine , etc. , sont loin d'être des abortifs très-eificaces, et le seigle ergoté paraît moins actif encore lorsqu'il n'existe aucune prédisposition à l'avortement. On a vu des femmes s'épuiser et périr par l'abus de ces mêdicamens, sans pouvoir atteindre leur but coupable. Néanmoins on doit toujours se garder d'en faire usage , même à dose modérée , pour rappeler la menstruation quand on peut soupçonner une grossesse commençante.

2°. La saignée est encore réputée capable de déterminer l'expulsion anticipée du produit de la conception ; mais il en est de ce moyen comme des autres abortifs. La saignée du bras, celle même du pied, n'ont jamais amené qu'un avortement déjà imminent. Levret avait bien reconnu cette innocuité des saignées du pied et du bras , et l'on peut ajouter à sa remarque que la saignée locale ou générale prévient souvent, au contraire, l'avortement en dissipant la pléthore sous l'influence de laquelle il s'établit le plus souvent. On ne doit donc pas craindre l'emploi de cette opération pendant la grossesse toutes les fois qu'elle sera indiquée; mais s'il existe des symptômes de congestion vers l'utérus, on doit préférer la saignée du bras à toute autre , et l'on doit éviter de porter jusqu'à la syncope l'évacuation du sang.

3". Les violences extérieures, surtout si elles ont été directement appliquées à la région utérine, comme une pression forte et subite , une contusion à l'hypogastre , et quelquefois aussi à la région lombaire ou sacrée , ont pu être considérées comme causes d'avortement ; mais les dangers qui résultent pour la mère , tant de l'accident même que de ses suites, sont trop évidens pour que nous devions nous y arrêter. Une pression lente et continue ne produit des effets semblables qu'autant que la femme est évidempaent prédisposée à l'accouchement avant terme. Une violente secousse de tout le corps , un saut d'un lieu fort élevé ne peuvent guère produire le même effet, à moins d'une prédisposition semblable, ou bien d'une commotion assez violente pour mettre immédiatement la vie en danger.

4°. Il nous reste à parler d'un des moyens abortifs le plus fréquemment employés par des mains coupables : c'est la ponction des membranes à travers le col de l'utérus. Peut-être le cas de rétroversion irréductible est-il le seul qui autoriserait une telle pratique , qui d'ailleurs n'en aurait pas moins tous les inconvéniens que nous allons signaler. D'abord , l'orifice et le col utérin n'étant point encore ouverts lorsqu'on cherche à détruire une grossesse cachée, il est évident qu'on ne peut y introduire un instrument sans risquer de blesser dangereusement ces parties. A plus forte raison si l'on voulait, comme quelques malveillans l'ont tenté, frapper à mort le fœtus au moyen du même instru-

Iment, risquerait-on de traverser les parois utérines", ou de les sillonner profondément sans blesser même le petit être que sa mobilité, dans des eaux alors abondantes, mettrait à l'abri de toute atteinte. Des dangers plus réels encore '! sont ceux qui résultent de l'avortement même (-voyez Avortement), dangers toujours plus graves quand ce phénomène n'a point eu lieu spontanément et sous l'influence de causes internes. Telles sont surtout l'hémorrhagie, les douleurs atroces et prolongées, la péritonite, les maladies organiques de l'utérus.

Ajoutons enfin que l'acupuncture peut être inefficace si le col utérin est bien fermé, parce qu'il s'opposera alors à l'écoulement de l'eau de l'amnios, et permettra à quelque caillot, à quelque portion d'albumine sécrétée par iuflam- . mation, de boucher cette ouverture, comme semblent le prouver quelques exemples de grossesse continuée après l'écoulement d'une partie des eaux de l'amnios^. (Ant. Dcgès.)

ABREVIATION, s. f. abreviatio , de abreviare , abréger, mot qui exprime l'action d'indiquer la valeur des mots par une ou plusieurs lettres initiales , ou de représenter des doses ou des quantités par des signes conventionnels.

Les abréviations les plus fréquemment usitées eu médecine et en pharmacie sont les suivantes :

A, AA , ANA, pour de chaque.

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