BISTOURI
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M. Récamier. 11 présente le triple avantage de pouvoir être aisément et parfaitement nettoyé clans toutes ses parties , d'offrir une grande sûreté pendant qu'on s'en sert, et enfin, comme la lame y est fixée au manche par un pivot à écrou , de permettre de n'avoir qu'un seul ou deux manches pour un beaucoup plus grand nouibre de lames.
Quant aux bistouris à lame entièrement fixe ou dormante, qui ne peuvent jamais être fermés , ils ne méritent pas ce nom , et constituent , selon leurs dimensions, des Coiîteaux ou des Scalpels. ( Foyez ces mots.)
Les conditions générales des bistouris dont nous venons de parler se rencontrent dans tous les instrurnens de ce genre, et servent k les caractériser. Afin de les adapter aux cas principaux des opérations, on leur a seulement imprimé des dispositions spéciales d'après lesquelles ils sont distingués en différenles espèces, dont il importe au praticien d'avoir une idée exacte.
Dans les premiers et les plus simples des bistouris, la lame est entièrementdroite , et le tranchant, aussi bien que le dos de cette lame, inclinés l'un vers l'autre, marchent sans se dévier jusqu'à ce qu'ils se rencontrent à son extrémité libre. Ce sont les bistouris droits. Il est utile que, dans ces instrurnens , le tranchant naisse directement du talon , sans laisser entre lui et cette partie aucune échancrure susceptible d'accrocher et de retenir les tissus , lorsqu'on l'enfonce dans toute sa longueur , afin d'agir profondément. Les chirurgiens anglais, remarquant que le tiers antérieur de la lame des bistouris est presque la seule de ses parties dont on se serve , prolongent le talon jusqu'à la moitié et plus de l'étendue de cette lame, et ne commencent que là son tranchant. Cette disposition est quelquefois utile, en ce qu'elle permet de tenir l'instrument plus près de son extrémité libre, et par conséquent de le diriger avec plus d'assurance et de légèreté ; mais elle présente l'inconvénient de ne donner en quelques circonstances que des tranchans trop courts, et par suite insuflisans pour exécuter les incisions étendues et profondes. En général , le talon doit occuper le quart ou le cinquième postérieur de la lame : cette proportion satisfait à toutes les indications , et ne donne lieu k aucun inconvénient.
Le tranchant des bistouris droits doit être fin , bien évidé , et cependant assez résistant pour ne pas se dévier ou se rompre contre de légers obstacles , ainsi que cela arrive lorsque les deux faces des lames qui contribuent à le former ont une concavité exagérée. Le dos présente une épaisseur médiocre , qui diminue graduellement de la base à la pointe ; il est arrondi d'un côté à l'autre et parfaitement poli, de même que les autres parties de l'instrument. Afin de rendre les lames plus solides, sans augmenter leur volume , quelques ouvriers placent leur plus grande épaisseur un peu en arrière de kur axe. Une sorte de vive-arète, arrondie et mousse, sert ainsi de point de départ à deux biseaux, l'un plus étendu et plus fin qui se termine au tranchant, l'autre plus court, qui va former le dos de l'instrument. Cette disposition m'a semblé favorable ; le bistouri en est plus solide et plus résistant; elle lui donne plus de grâce , plus de légèreté , et rend , durant les ponctions , sa pénétration dans les parties plus facile et moins douloureuse. La pointe des bistouris droits ne doit résulter ni de l'inclination exclusive du tranchant vers le dos, ni de la courbure isolée du dos vers le tranchant. 11 importe qu'elle soit formée par le rapprochement , à un degré égal, des deux bords opposés de la lame, et que , par suite, elle corresponde à l'axe de celle-ci. Une légère déviation du côté du dos est toutefois moins défavorable que celle du côté opposé. Dans les bistouris à vive-arète, dont il a été précédemment question , la pointe doit faire suite au renflement de la lame ; elle en acquiert une solidité beaucoup plus grande, sans rien perdre de son acuité. Lorsque le tranchant est parfaitement droit et que le dos seul s'incline vers lui pour former la pointe , l'instrument appliqué par son extrémité aux parties molles les touche par un trop petit nombre de points , et agit sur elle en égratignant plutôt qu'en coupant.
Après les bistouris droits , ceux dont on fait le plus fréquemment usage présentent un dos droit et un tranchant qui , marchant d'abord parallèlement au dos, s'incline ensuite brusquement vers lui, et présente ainsi , à l'extrémité libre de la lame, une convexité plus ou moins prononcée : ce sont les bistouris convexes. Les dispositions du tranchant , relativement au talon qui lui donne naissance, doivent être ici semblables à ce que nous avons dit des iastrumens précédens. La lame est toutefois plus large que celle des bistouris droits. Il convient que la convexité naisse un peu en avant de l'union du tiers antérieur, avec les deux tiers postérieurs de la lame, et qu'elle présente un segment de cercle d'autant plus alongé que la lame elle-même a plus de largeur. Lorsque le dos ordinaire est remplacé par une vive-arète , celle-ci doit être placée près du bord mousse , afin de laisser en avant assez d'espace pour permettre à la convexité du tranchant de se déployer. La pointe ne doit pas cesser de correspondre à l'extrémité antérieure de cette vive-arète. Quelques personnes ont échancré le dos des bistouris convexes , afin déménager un contour plus étendu à leur tranchant; mais cette disposition en rondache est inutile, et aujourd'hui généralement abandonnée. Les bistouris anglais ont une extrémité trop arrondie et trop brusque. Ceux qu'on préfère en France ont une forme convenable lorsque, tenus comme une plume à écrire, et présentés aux parties , ils les touchent par le milieu de la courbure de leur tranchant; en élevant un peu plus la main, la pointe se présente , et doit pouvoir piquer sans effort ; en l'abaissant davantage , au contraire , la partie droite de la lame s'approche des tissus , et les touche par une assez grande surface pour rendre leur division prompte et facile.
Il est quelquefois utile , dans les dissections délicates , faites au milieu des parties dont la piqûre serait dangereuse , d'avoir des bistouris dépourvus de pointe. M. Dubois se sert fréquemment alors d'un instrument dont la lame est - aussi larga que celle du bistouri convexe , se termine carrément par une section