‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 108 sur 234 · BOURRACHE · texte numérisé non relu

BOURRACHE

;lieestle simple résultat d'une habitude vicieuse , il suffit ordinairement de ompre cette habitude pour maîtriser le besoin qui la constitue , et , à cet "ard il est bon de rappeler qu'une dièle prolongée pendant quelques jours end ensuite moins vif etmoins impérieux le sentimentde lafaim. L'expérience t le raisonnement se réunissent aussi pour nous indiquer les préparations d'olium comme le meilleur moyen à opposer à la boulimie dépendant de cette

a use. (P.JOLLY.)

BOURDONREBIENT. Quelques auteurs désignent par cette expression une ésion acoustique dans laquelle les intlividus qui en sont affectés, entendent un jruit comparable au. bourdonnement d'un insecte; mais nous comprenons aussi ous le même titre, comme pouvant tenir aux mêmes causes , se manifester dans es mêmes circonstances et se succéder chez le même sujet, tous les autres

Iiruits dont les auteurs ont parlé sous les noms de bruissement , paracousie , ifflernent, tintement , tintouin , etc. Envisagé d'une manière aussi générale , le lourdonnement, que nous appellerions plus volontiers lijpcrcousie , ainsi que a proposé M. Itard , suppose nécessairement, ou une intensité plus grande lans l'impression produite sur l'organe de l'ouïe par le corps sonore, ou une exagération de la faculté percevante du son. De là , deux ordres bien distincts le causes , auxquels correspondent deux variétés de bourdonnement que le [iraticicn doit distinguer avec soin.

La première variété dépend tantôt d'une disposition accidentelle de l'appal eil externe de l'audition , tel qu'un rétrécissement du conduit auditif par une utile, une tumeur voisine, un corps étranger, une agglomération de la matière :crumineuse , etc., tantôt d'une inflammation de la cavité du tympan qui augmente la tension et la vibratilité de sa membrane, ou accroit l'impressionnabilité delà pulpe auditive; tantôt d'un engorgement ou d'une occlusion de la trompe d'Eustache ( Deleac ) ; tantôt du choc plus ou moins impétueux du sang vers la tête, par suite du mouvement fébrile , d'une hypertrophie du cœur, de passions violentes. Dans tous ces cas , le bourdonnement a une existence réelle dont on se rend facilement compte parl'apprécialion des lois physiques relatives à l'acoustique.

La deuxième variété du bourdonnement n'existe an contraire que dans une erreur de perception du malade qui prend les effets de la mémoire pour des sensations actuelles; il a par conséquent un tout autre siège que le précédent, et parait tenir à quelque lésion , soit vitale, soit organique, du centre même de la sensibilité. On l'observe principalement chez les individus qui ont éprouvé de violentes commotions physiques ou morales, chez ceux qui ont ressenti de près les effets de la détonation du canon ; tel est encore le cas des sujets éminemment nerveux, et surtout de ceux qui sont sous l'influence actuelle d'une irritjtion cérébrale et qui n'ont pas besoin de recevoir des impressions du dehors pour éprouver des sensations. Il suffit en effet que l'organe central des perceptions ait acquis un degré de susceptibililc morbide pour que l'ouïe, comme Ptous les autres sens, perçoive des sensations imaginaires; c'est aussi ce qui arrive dans l'hystérie, l'hypocondrie, dans beaucoup de maladies mentales qui supposent ou une irritabilité plus grande de la fibre nerveuse sensitive , ou une sur activité vicieuse de la faculté perceptive. Par la même raison , cette variété est encore un des effets les plus constans des hémorrhagies abondantes qui , comme on le sait, ont pour résultat ordinaire d'accroitre la sensibilité nerveuse au point de pervertir l'action musculaire ou de rompre l'harmonie des sensaii'tions {vbyez Convulsions, Hallucinations des sens); elle paraît être uii des phénomènes les plus constans de la syncope et de l'agonie. Dans la première espèce de bourdonnement, les différencesdubruittiennentàlacauseorganiquedu bourdonnement , à la nature de l'altération de l'ouïe , à la manière dont s'exécutent actuellement les phénomènes physiques de l'audition. Dans la deuxième, elles sont au contraire liées à des impressions morales plus ou moins profondes, à des souvenirs anciens qui se répètent sur le cerveau d'une manière plus ou moins durable; elles varient par conséquent en raison de leur objet. Ainsi, tes divers bourdonnemens peuvent imiter, suivant la cause morale qui les entretient, le mugissement de la mer, le bombement de l'explosion du canon, le ramage des oiseaux, le sifflement d'une tempête, le bruissement d'une rivière , le tintement des cloches , le roulement d'une voiture , le chuchotement de personnes malveillantes , etc. M. Itard a rapporté l'histoire d'une damequi, ayant été éveillée en sursautpar le bruit des flammes dont le berceau [de son enfant était devenue la proie , resta pendant plusieurs années poursuivie , jour et nuit, par un bourdonnement qui imitait parfaitement le bruit d'un incendie.

Du reste , l'espèce de bourdonnement dont il s'agit est tellement indépendante d'aucune lésion de l'organe de l'ouïe , qu'elle peut avoir lieu indistinctement et dans l'état de cophose la plus complète et dans l'audition la plus parfaite; l'autre, au contraire, accompagne presque constamment la surdité, soit comme symptôme (ce qui est plus ordinaire), soit comme cause de cette affection.

Que le bourdonnement soit vrai ou faux , réel ou imaginaire , il constitue toujours un état grave, et d'autant plus grave , qu'il est continu. Ce dernier, en effet , est presque nécessairement lié ou à quelque altération organique de l'appared de l'ouïe, ou à une lésion quelconque de la substance cérébrale. Il mérite par conséquent, sous ce double rapport, toute l'attention du praticien. Celui qui n'est que passager, a , en général , un caractère moins grave, bien qu'il puisse être le prélude de l'encéphalite , de l'apoplexie , de la manie, etc. Dans tous les casi il importe, comme on le voit , de rechercher tous les élémens de diagnostic , d'explorer avec soin l'organe de l'ouïe , afin de s'assurer s'il n'existe aucune altération des parties qui le composent , comme tumeur , ulcération, rétrécissement, obstruction du conduit auditif ou de la trompe d'Eustache ; s'assurer s'il n'existe pas dans l'état actuel de la circulation gêné,

DlCT. DE MÉDECISE ET. DE ChIRVRGIE PKATIQUES.

raie ou cérébrale , dans l'excitation du cerveau, dans la situation morale de l'individu des causes capables d'augmenter la sonoréité de l'air , d'accroître la susceptibilité de l'ouïe, ou de retracer dans l'Ame le souvenir d'objets anciennement perçus avec des circonstances propres à en perpétuer la sensation; tels sont les premiers moyens d'arriver à la connaissance du diagnostic différentiel de l'une et de l'autre variétés de bourdonnement ; tels sont aussi les moyens de réunir les principales bases du traitement qui convient à chacune d'elles en particulier.

Lorsque le bourdonnement est passager , qu'il n'existe aucune lésion appréciable de l'appareil e.xterne de l'audition, qu'il y a des signes manifestes de pléthore générale, accompagnée de rougeur de la face, de céphalalgie , d'étourdissemens, d'illusions d'optique, etc., on peut être fondé à croire qu'il est purement symptoniatique d'une congestion sanguine vers le cerveau, et dès lors ona recours avec avantage aux saignées du bras ou du pied, aux sangsues à l'anus ou autour des malléoles , aux pédiluves irritans , aux affusions sur la tète , et autres moyens indiqués en pareil cas. ( Fojez Congestion , Apoplexie. ) Quand, au contraire, le bourdonnement est habituel et s'accompagne de surdité , sans qu'il v ait d'ailleurs aucune menace de congestion cérébrale, on peut présumer qu'il est lié à quelque altération de l'appareil de l'audition. Il importe d'autant plus de rechercher la nature de cette altération , que les moyens de traitement doivent être dirigés contre elle. M. Deleau, qui attribue un grand nombre de bourdonnemens à l'occlusion de la trompe d'Eustache , dit avoir souvent obtenu les plus grands avantages des injections pratiquées dans ce conduit. Dans d'autres cas , le dégorgement du conduit auditif a fait cesser tout à la fois la surdité et le bourdonnement qui l'accompagne. Enfin , le bourdonnement qui consiste dans une hallucination de la perception de l'ouïe a aussi ses règles et ses nuances de traitement, variables , comme les causes physiques et morales qui ont dû lui donner naissance; et d'abord, ou il est symptomalique d'une altération organique du cerveau , et dans ce cas les moyens curatifs doivent être entièrement subordonnés au genre de lésion qui le produit, -voyez Encéphale (maladies de 1'), ou bien l'observation la plus attentive ne découvre aucun indice de lésion de la substance cérébrale qui puisse conduire à une thérapeutique rationnelle, et dès lors tout est livré au hasard d'un traitement empirique. Les moyens qui ont été proposés dans ce cas sont aussi infidèles que nombreux. On a proposé, par exemple, la fumée de tabac ou de trèfle d'eau, dirigée dans l'oreille ou vers la trompe d'Eustache ; un morceau de camphre enveloppé dans du coton et placé dans le conduit auditif externe , un emplâtre d'opium appliqué sur la tempe , etc. Un remède dont M. Itard vante principalement les effets, est l'éther vaporisé à la chaleur de l'eau bouillante, dans laquelle on plonge la fiole qui la contient et dont on dirige le goulot vers la conque de l'oreille.

On sent d'ailleurs qu'il ne faut pas moins compter sur le traitement moral que sur les moyens précédeiis, quand le bourdonnement est entretenu par une maladie mentale. Dans ce cas, tous les efforts du médecin doivent tendre à rompre le lien qui unit la sensation morbide actuelle à une impression morale ancienne, à substituer de nouvelles sensations à d'anciens souvenirs.

Enfin le praticien n'a souvent d'autre moyen de remédier au bourdonnement que de le rendre supportable, en le déguisant par un bruit analogue que l'art cherche à imiter et qui , quoique plus intense , est toujours moins pénible à l'oreille que celui qui l'obsède au-dedans d'elle-même. (P. Jollt.)

BOURRACHE , boi rago ojficinalis , pendantrie moriogynie, Linn ; borraginées , Jcss. Plante qui a joui long-temps d'une grande réputation , et qui étaitr' fort employée des anciens, tandis que de nos jours elle est presque abandonnée. La bourrache croît spontanément daus les lieux cultivés ; elle a des fleurs bleues, disposées en pannicules , et qu'on recueille pour l'usage médical , quoiqu'elles soient encore moins actives que les feuilles et les tiges. Son odeur est presque nulle, sa saveur est f.iible, herbacée et mucilagineuse ; l'analyse chimique n'y démontre que du mucilage et un peu de nitrate de potasse et de chaux. Mais ces sels sont dans une si faible proportion qu'il faudrait une bien grande quantité de bourrache pour en fournir un scrupule. Aussi les effets de cette plante sur l'économie animale sont-ils bien faibles lorsqu'on les examine sans prévention, et que l'on tient compte , dans les phénomènes observés, de la quantité et de la température du liquide administré.

On trouve , dans la plupart des auteurs , la bourrache mentionnée comme diaphorétique, diurétique, pectorale et adoucissante; elle est encore d'un usage journalier dans le début des maladies ériiptivcs , dans le rhumatisme, dans les inflammations des membranes muqueuses; enfin elle est emploj'ée dans toutes les circonstances où une boisson abondaiite , aqueuse et tiède peut être salutaire. M. Guersent dit avoir constaté qu'une infusion de bourrache est plus sudorifique qu'une autre boisson analogue, par exemple, une infusion de mauves et de violettes. Je cite à dessein cette assertion; elle est tellement singulière et en opposition avec tout ce qu'enseigne l'expérience raisonnée , que , pour l'admettre , il faudrait qu'elle fût démontrée par une série de faits dans lesquels toutes les circonstances auraient été scrupuleusement vérifiées et reconnues pour identiques. Jusqu'à ce qu'on fournisse des preuves de ce genre, on sera , je crois , fondé , avec la grande majorité des médecins , à considérer la bourrache comme une plante si peu active qu'on peut facilement la remplacer par une foule d'autres, et que même son abseuce totale ne laisserait pas un grand vide dans la matière médicale.

Les diverses préparations qu'on faisait subir à la bourrache n'ajoutaient rien à ses propriétés, et l'opinion qu'on en avait prouve tout à-la-fois la négligence et la prévention des observateurs. L'eau distillée n'est que de l'eau pure ou à peu près; sou suc dépuré n'était guère autre chose; et sou extrait n'offrait

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