‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 109 sur 234 · BRAYER · texte numérisé non relu

BRAYER

guère que du mucilage avec quelques grains de nitrate de potasse. Il est k peine nécessaire de dire que la bourraclie n'ajoutait rien aux composés médicatnenleux dans lesquels on la faisait enlrer.

On continue par habitude à prescrire l'infusion de fleurs de bourrache à la dose d'un à deux gros par pinte d'eau : c'est une des concessions que la médecine fait chaque jour aux préjugés des malades qui ne sauraient boire autre chose que de la tisane. Il serait curieux de savoir ce qu'une pincée de fleurs de Jjourrache laisse dans une pinte d'eau , où elle a infusé pendant quelques miiiuies. (F. Ratier.)

BOUTON , expression vulgaire dont plusieurs pathologistes se sont servis pour désigner indistinctement les papules, les pustules Jes tubercules et plusieurs autres élevures observées à la surface de la peau. Comme il est indispensable d'introduire, dans la pathologie, un langage précis et rigoureux, le mot bouton doit être rejeté. (Fojez Papule, Postule, Tubercule, etc.) (P. Ratée.)

BOUTON D'ALEP. Bo a désigné, sous ce nom, une maladie de la peau , qui, suivant lui, affecte spécialement les habitans d'Alep et de quelques autres villes de la Syrie. (Mémoires de la Société royale de Médecine.) Mais la discription de cette maladie est si vague et si incomplète , qu'il est impossible de décider , sur un tel document , si le bouton d'Alep est une altération particulière et distincte, ou une maladie de la peau connue et mieux décrite, en France , sous un autre nom. (P. Rayer.)

BOUTONNIÈRE. Voyez Uréthrotomie.

BRAYER, s. m., bracheriuin , bracheriolum. Bandage à l'aide duquel on contient réduites les hernies de l'abdomen , et spécialement les hernies inguinales et crurales, qui sont de toutes les plus fréquentes. Selon Ducange et d'autres étymologistes, cette dénomination a été donnée aux bandages herniaires, parce que les malades les portaient sous leurs braies , bracliae ou braccœ.

L'usage du brayer , ainsi que ce nom l'indique, ne semble pas remonter audelà de l'époque de la renaissance de la chirurgie parmi les nations 'modernes. Du moins ne possédons-nous pas de notions exactes sur ceux que les anciens partaient sans doute aussi, lorsque la présence des hernies l'exigeait. La fabrication de ces bandages est restée imparfaite, aussi long-temps qu'elle fut le privilège exclusif des membres d'une communauté particulière dite des Boursiers; elle ne s'améliora que graduellement, par les efforts de Carré, de Fabrice de Hilden , de Blégny , de Juville , d'Arnaud, elne fut soumise qu'à dater de la moitié du siècle dernier à des règles certaines , fondées sur la connaissance des dispositions anatomiques des ouvertures herninires, aussi bien que sur celle de la conformation extérieure du bassin. Il est curieux de suivre, dans les collections d'anciens brayers , telle que celle de feu Tenon , que possède actuellement iVI. Verdier, un de nos chirurgiens herniaires les plus habiles , la série des changemens successifs que leur a fait subir le génie chirurgical, avant de les porter au degré de simplicité et de perfection qui les dislingue aujourd'hui , et de les rendre propres à remplir toutes les indications que présentent les hernies.

Les bandages herniaires , inguinaux et cruraux , les seuls qui doivent nous occuper ici , furent d'abord mous et souples , composés d'une ceinture en toile , en coutil , en cuir , ou en quelque autre matière également molle , résistante et inextensible. Une des extrémités de cette ceinture portait une pelotte plus ou moins dure et saillante de liège, de toile, de bois ou d'ivoire, qu'on appliquait en serrant le bandage avec force sur l'ouverture herniaire. Ces brayers , encore décrits par Paré, par Fabrice d'Aquapendente, et dont l'usage s'est conservé pour les enfans fort jeunes , offrent le grave inconvénient de ne pouvoir se modeler sur les dimensions incessamment variables du ventre. Cette cavité vient-elle à se dilater par l'ingestion des alimens? ils exercent sur la région inguinale une pression douloureuse, et occasionent quelquefois l'inflammation des tégumens de cette partie. Durant les périodes de vacuité de l'abdomen, ils laissent au contraire les ouvertures herniaires à peu près libres , et permettent aux tumeurs de glisser presque sans obstacle au-dessous d'eux. Dans le premier cas , ils sont souvent insupportables ; dans le second , ils ne contiennent pas les viscères et deviennent inutiles ou dangereux , car tout bandage qui permet aux hernies de sortir en totalité ou en partie au-dessous dosa pelotte , expose à des accidens plus graves que ceux dont le sujet serait menacé s'il s'abstenait complètement d'en porter. '

Il importe donc, chez les enfans atteints de hernies congéniales , auxquels ou est obligé de faire porter, jusqu'à l'âge d'un à deux ans, des brayers d'étofl'e, do surveiller avec une extrême attention la manière d'agir de ces bandages. On doit en avoir plusieurs, afin de les changer aussi souvent qu'ils s'imprègnent de matières stercorales ou d'urine. Durant les cris qu'excitent les incommodités attachées à l'enfance, il conviendra de porter la main à la région que recouvre la pelotte, et de prévenir ainsi la sortie de la tumeur. Après qu'ils ont cessé , on explorera cette région , et si la hernie s'est échappée sous le brayer, celui-ci sera levé et réappliqué aussitôt qu'on aura fait rentrer les viscères. Les band.iges métalliques ne sauraient être supportés pendant les premiers mois de la vie, à raison de la mollesse des tégumens et de l'extrême facilité avec laquelle ils s'enflamment sous la continuelle pression de corps durs , dont la garniture se pénètre d'une humidité irritante. Mais aussitôt que le corps des enfans a acquis quelque fermeté et qu'une constante propreté peut être entretenue autour d'eux, il faut abandonner les bandages souples, et recourir à ceux dont un ressort doux forme la base. Ces brayers d'acier , convenablement construits , offrent seuls une sûreté rassurante dans leur application, et , parla permanence de la pression qu'ils exercent, peuvent seuls contribuer cliicaccmcnt à la guérison radicale de la maladie.

Les bandages durs et inertes, formes de bandes de fer ou de cuivre, tantôt

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recouverts seulement d'une lanière de peau , et tantôt garnis avec plus ou moins d'attention , sont définitivement proscrits de la pratique. Si l'on parait en faire';' encore usage dans quelques parties septentrionales de l'Europe, aucun chi-j rurgien éclairé ne saurait méconnaître leur imperfection. Quelles que soielit| leurs formes , ils présentent constamment les mêmes inconvéniens que les bandages en étoffe, avec plus de poids, une action plus rude, et plus de tendance ài enflammer ou à excorier les régions sur lesquelles ils appuient. M. Lawrence a vu un bandage de ce genre , provoquer , au-devant de l'anneau inguinal, une! vive irritation , qui se termina en peu de jours par un abcès , dont la cicatrisation fut suivie de la guérison radicale de la maladie. L'inflammation avait sanS' doute oblitéré alors le collet du sac, et fermé par quelque endurcissement solide l'ouverture dilatée du canal inguinal.

La nécessité des brayers élastiques est donc aujourd'hui généralement sentie. Mais les praticiens et les fabricans n'ont pas su toujours trouver, dans ce seul principe de l élaslicité , le moyen de satisfaire à toutes les indications que fait naître la contention des hernies. De celte erreur sont résultés des mécanismes divers, qui, ajoutés auxtandages élastiques , ont compliqué leur construction,! sans rendre , en dernier résultat , leur emploi plus avantageux et plus sûr. Il serait fort difficile, si ce n'est à peu près impossible, de décrire toutes les variétés que ces additions imaginées , pour la plupart, dans l'intérêt des artistes plutôt que dans celui de l'art, ont présentées ; et de semblables détails seraient d'ailleurs complètement dépourvus d'intérêt et d'utilité. Qui pourrait, par exemple, attacher quelque importance à ces pelottes dites k soufflet, composées, de deux feuillets , dont l'externe servait de point d'appui à un ressort ou à une vis de pression, qui écartait l'autre de bas en haut, et le portait avec I plus ou moins de force contre la région inguinale? Quel chirurgien voudrait I recourir encore à ces brisures simples ou doubles, dont parle déjà Blé- I gny , et que l'on croyait, dans les bandages durs, susceptibles de suppléer 1 à l'élasticité et de rendre le contact de l'appareil moins douloureux? Et qui croirait que des fabricans surchargent cependant encore leurs bandages de cette insignifiante complication ? Les pelottes rendues mobiles, soit d'avanten arrière, à l'aide de bascules et de crics , soit dans le sens de la longueur du bandage , au moyen de vis de rappel et d'un coulisseau , ou par l'intermédiaire d'un tourillon , ne doivent-elles pas partager le sort des inventions précédentes ? N'eu est-il pas de même de ces bandages excessivement compliqués , dans lesquels tous les élémens demobilite' sont rassemblés comme à plaisir? On a vu, dans ces derniers temps, des brayers, dont la plaque, mobile d'avant en arrière , au moyen d'une noix, pouvait, en outre, être rapprochée ou éloignée de la symphyse pubienne par l'action d'une vis de rappel, et qui , indépendamment d'un ressort destiné à porter la pelotte contre l'anneau, étaient encore surmontés d'un ressort à barillet, qui rendait le sous-cuisse élastique. Ces bandages étaient, pour surcroît de complication , divisés en arrière en deux lames, dans l'écartement desquelles devait se loger l'apophyse épineuse de la dernière vertèbre des lombes , afin d'augmenter la solidité de leur application. Parlerai-jc , encore des bandages dits omniforines , que nous a légués le dix-huitième siècle, i dont la pelotte renferme sept plaques juxtaposées , mobiles séparément, à l'aide d'autant de vis , sur une plaque commune, de manière k permettre de faire ; proéminer à volonté telle ou telle partie de cette pelotte contre le point par i lequel la hernie tend le plus à s'échapper ? Une brisure donnait en outre k la pelotte, ainsi ajustée, la facilité de s'élever ou de s'abaisser selon les mouvemcns du malade, et une articulation k noix, placée au collet du bandage, laissait la faculté de changer k volonté l'angle de sa portion renflée, et de le fixer i • à tous les degrés d'inclinaison d'avant en arrière, ou de dedans en dehors, que 'j semblait réclamer la disposition des parties. I Enfin, pour achever ce tableau, il me resterait k faire mention, si je ne im'interdisais un semblable examen , d'un brayer d'essai , de Tenon , dont la i plaque était surmontée de trois vis , terminées chacune par «ne extrémité aiguë i du côté des tégumens. Ce bandage étant appliqué, et les pointes des vis rappro- \ chées de la peau , on ordonnait aux malades de tousser, et l'endroit où il se ( sentait piqué avec plus de force , était celui vers lequel la pelotte du brayer dé- j finitif devait présenter le plus de saillie et exercer le plus puissant effort.

La mécanique n'ajoutera rien de nouveau sans doute ktaut de complications ; ! elle pourra changer les moyens employés jusqu'ici pour les opérer; mais il est I vraisemblable qu'elle ne créera pas de manière nouvelle d'agir sur les hernies. Aussi tous les brayers inventés ou préconisés depuis dix ou quinze ans ne sont-il* I que des copies , k de légères et presque insignifiantes modifications près , de*:! bandages auparavant imaginés, dont ils ont partagé le sort, comme le parla- { geront, on peut l'assurer, tous ceux qui, construits d'après les mêmes prin- / cipes , viendront plus tard tromper l'attente des malades et mendier les suffrages des chirurgiens éclairés. ''^ Toute brisure dans la continuité d'un brayer, tout ressort ajouté au ressort^ qui le constitue, toute addition devis, de bascule, de noix et d'autres moyens ana- ' logues, porte atteinte k sa solidité, sans rien ajouter k l'efficacité de son action, f Les brayers élastiques simples conviennent parfaitement k l'immense majorité , des cas de hernie. Il ne s'agit que de les choisir de longueur et de force convenables pour les divers sujets auxquels on les destine. Quant aux circonstances ' exceptionnelles, telles que celles qui résultent de la très-grande dilatation des j ouvertures inguinales ou crurales , de l'énorme volume de la masse k contenir, '| de la facilité extrême avec laquelle les viscères se portent au-dehors , des adhe-i renées partielles qu'ils y ont conlraclccs , on y remédie encore , non avec desi bandages compliqués , mais au moyen de braj'ers aussi simples que les autres que l'on construit seulement d'après l'examen attentif des parties , de manière'; k ce qu'ils présentent k demeure les particularités de largeur, d'inclinaison et'.

BRiYER.

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