‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 112 sur 234 · BU GLOSE · texte numérisé non relu

BU GLOSE

éiitable dcbriilement qui est d'une grande utilité. Il faut d'ailleurs préférer es ponctions à de larges incisions, qui ont le désavantage de perniettie l'accès e l'air dans les foyers et qui exposent à toutes les conséquences de cette introiiction. Après avoir donné issue à la suppuration , il faut encore s'occuper, au loyen du traitement anliphlogistique , plus ou moins développé suivant le lesoin, à éteindre le reste de l'inflammation et à provoquer la résolution des lortions qui n'ont pas encore suppuré. On y parvient , d'ordinaire , avec assez e facilité quand le malade observe bien le régime qui lui est prescrit et se rète aux divers moyens de traitement qu'on veut mettre en usage. Des pratiiens recommandables conseillent d'ouvrir les bubons par le moyen du caustiue, pour que la suppuration , disent-ils , ayant lieu dans toutes les parties de

I tumeur à-la-fois, il ne reste pas de ces duretés qui rendent les plaies interlinables. Cette pratique avait d'ailleurs un autre but , celui de concentrer là

iDute la maladie, et c'est pour cela que l'on provoquait la fonte purulente de les tumeurs. Nous employons extrêmement peu cette méthode, et nous obteons d'assez bons résultats de celle que nous mettons en usage pour que nous ayons autorisés à la regarder comme plus avantageuse. C'est seulement dans ; cas d'abcès profonds , et dans lesquels il ne serait pas prudent d'employer le istouri , que nous nous servons du caustique. Il détruit l'épaisseur des parties lolles qui recouvrent le foyer purulent , et favorise son évacuation et le recol- ;ment de ses parois. Nous y avons également recours lorsque les malades nous résentent de vastes foyers purulens, recouverts d'une peau amincie et désoranisée , qui serait impropre à la cicatrisation.

II arrive bien souvent, surtout parmi les gens du peuple, que les malades e se présentent qu'après avoir gardé long-temps leur mal , et avoir épuisé outes les drogues ties charlatans et des commères , continuant d'ailleurs à se vrer à tous les écarts de l égime qu'on peut imaginer, et à des travaux fatigans. Test alors qu'ils présentent ces énormes bubons qui occupent tout l'espace iguinal , et qui , tantôt remplis de pus , tantôt ouverts depuis quelques jours , résentent de larges plaies irrégulières plus ou moins enflammées, sinueuses et emplies de trajets Ustuleux, et dont les bords durs , engorgés, se renversent n dehors, ou bien offrent des lambeaux de peau amincis et désorganisés par la ippuration, et se repliant en dedans , des escarres gangreneuses, des ganlions détachés qui ne peuvent que nuire à la cicatrisation de la plaie. L'art a eaucoup à faire tians ces cas : il faut ouvrir l'abcès, inciser les trajets fistuleux, nredes contre-ouvertures, enlever avec l'instrument tranchant ou détruire vec le caustique les ganglions désorganisés et les lambeaux de peau amincis , t avoir soin dans les pansemeus d'éviter que les surfaces dissimilaires ne se cuvent en contact, ce qui est un obstacle à la réunion. Après ces opérations

ireliminaircs , on doit s'attacher à diminuer l'inflammation par les autiphlonisques bien dirigés. On voit souvent des sangsues appliquées dans la plaie même, mener l'affaissement des bords qui étaient comme calleux, et favoriser la proiiction de bourgeons charnus de bonne nature, et une cicatrisation assez apide. L'application des sangsues dans la plaie vaut mieux que celle qu'on pour- .lit faire à la circonférence, où la peau , plus ou moins altérée et même queluefois saine, a une grande tendance h s'ulcérer. Elle est bien préférable à excision des bords de la plaie , que l'on pratiquait autrefois avec des ciseaux. Iclte douloureuse opération souvent même ne produisait pas le bien qu'on en ittcndait, et l'on voyait les bords ainsi rafraîchis , suivant l'expression adoptée , l'enflammer de nouveau , redevenir encore calleux, et la cicatrisation se faire ttendre des mois entiers. Il nous est souvent arrivé de persévérer dans l'emploi es antiphlogistiques dans des cas où la peau était décollée et frangée , et d'ob- ?nir des cicatrices régulières sans excision. Des pansemens méthodiques, dont corps gras doivent être bannis , ou dans lesquels ils ne doivent être employés u avec beaucoup de réserve, sont de la plus grande utilité. De la charpie iibibée de liquides émolliens, de la charpie sèche, quelquefois même, vers la n , imbibée de liqueurs un peu stimulantes , telles que les solutions de sulfate 0 cuivre, d'acétate de plomb ou de chlorure d'oxide de sodium, le nitrate argent promené sur les parties où les bourgeons n'ont pas un bon aspect, Lillisent pour conduire les malades à guérison , dans un laps de temps proporonné à l'ancienneté de la maladie et à l'étendue du délabrement. Existe-t-il es trajets fistuleux ? tantôt une incision est nécessaire , tantôt quelques injecr ons excitantes , quelques trochisques cathérétiques auxquels on fait succéder ne compression méthodique , amènent l'inflammation adhésive et le recolleicnt de leurs parois. Les bandelettes agglutinatives peuvent également être mployces avec succès pour rapprocher les bords des plaies et favoriser la cicaisalibn. L'état de la santé générale et surtout celui des voies digestives , mérijut la plus sérieuse attention : un régime alimentaire doux et rafraîchissant, abstinence des substances animales, sont d'une véritable utilité; mais il est ussi des cas où l'usage d'une nourriture substantielle et d'un peu de bon vin, t de quelques amers, produit les meilleurs résultats ; c'est au praticien à reconaiLre ces cas et à les apprécier, il nous suffit de les avoir signalés. Les mêmes réflexions s'appliquent aux bubons indolens , et qu'on a coutume e considérer comme atoniques, d'une manière peut-être un peu trop exclusive, en est dans lesquels l'inflammation, quoique sourde , réclame encore le aiteraent débilitant, et s'améliore rapidement sous son influence. Le plus uvent, il est vrai, c'est par les excitans qu'on doit les traiter , en ayant égard l'e'tat général des sujets ; car il est rare d'observer ces engorgeinens opiniâres chez des individus d'ailleurs bien portans. Lors donc qu'un bubon reste ans un état stationnaire , qu'il est dur, sans douleur, sans changement de ouleur à la peau , il convient de faire quelques applications stimulantes , afin 'y susciter une circulation plus active et une absorption plus efl^icace. Mais il autant que possible , conduire les choses de manière à obtenir la résolu-

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DlCT. DE MjsDECISE et DE ChIEURGIE PRATIQT.ES.

tion; c'est-à-dire, qu'il faut se garder de produire une inflammation assez considérable pour amener la suppuration. C'est cependant à quoi l'on est quelquefois réduit lorsqu'on a vainement tenté de résoudre la tumeur.

Les frictions faites avec l'hydriodate de potasse, les iodures de mercure, l'onguent mercuriel , le Uniment ammoniacal , l'alcool camphré, les emplâtres de savon , de vigo , en un mot , toutes les substances stimulantes et susceptibles d'être absorbées sont également avantageuses, quand elles sont employées à propos , et nous n'en savons pas qui mérite une préférence absolue sur les autres; leur eflîcacité dépend de l'opportunité et de la bonne direction de leur emploi. C'est i'onguent mercuriel que nous employons le plus habituellement parce qu'il est d'un usage commode , et nous nous en servirions toujours sans la crainte de la salivation , qui , chez quelques sujets, s'établit avec une extrême facilité. Nous ferons observer que les frictions, pour avoir îles effets salutaires doivent être faites non-seulement sur la tumeur elle-même , mais encore et plutôt même , au-dessous , afin cjue l'absorption puisse porter dans les ganglions enflammés les principes excitans.

Une compression méthodique et soutenue sur les bubons indolens et les ulcères qui leur succèdent est un moyen précieux que nous employons chaque jour avec avantage, et dont l'usage n'est pas aussi répandu qu'il mérite de l'être. On l'exerce au moyen de compresses graduées et d'une longue bande (vojrez Compression ) , et l'on doit la suspendre dans les cas où elle provoquerait une vive douleur , pour revenir alors aux applications émollientes.

Nous ne saurions trop revenir sur ce point : qu'il faut avoir égard à l'état général du sujet. Vainement meltra-t-ou en usage tout les moyens topiques dont il vient d'être parlé, on ne réussira point si l'on n'a pas soin d'activer les fonctions de la peau par des bains simples on médicamenteux, par des bains de vapeurs sèches ou aqueuses; si l'on ne prescrit une bonne nourriture, l'usage du vin , de quelques amers, un bon air , le repos ou un exercice modéré suivant le besoin ; enfin , si l'on ne sait appliquer à propos toutes les ressources de l'hygiène et de la matière médicale.

La délitescence et la métastase, dans le cas de bubon , n'exigent point de traitement autre que dans les inflammations qui se terminent de l'une ou de l'autre manière. L'application d'irritans , tels qu'un vésicatoire sur le lieu qu'occupait l'inflammation; serait utile si, en même temps que celle-ci a brusquement disparu, une aff"ection grave de quelque organe important s'était manifestée. Mais ce moyen encore ne devrait être employé qu'accessoirement , et ne saurait faire négliger de traiter directement l'affection incidente.

La gangrène n'est jamais de nature à exiger des moyens spéciaux; bornée à la peau, elle ti'envahit jamais une grande étendue de parties, et n'a point de conséquences graves. Quant à la pourriture d'hôpital qu'on voit quelquefois envahir les plaies qui succèdent à l'ouverture des bubons, elle réclame les mêmes soins que dans toute aulre circonstance ( voyez Pouebitube d'hôpital ). Il en est de môme de la dégénération cancéreuse , qui est des plus rares, (f^oj ez Cakcer. )

Il ne nous reste maintenant à examiner que le traitement spécifique, qu'on avait autrefois coutume de considérer comme principal, et après lequel , seulement, on faisait venir le traitement local dont nous avons cru devoir parler en Ijremier lieu. Nous devons faire observer que, quelque idée qu'on se fasse de la nature de la maladie vénérienne et de la nécessité d'un médicament spécilique , ce n'est point au bubon, symptôme secondaire en général , que ce traitement doit s'adresser plus spécialement, mais bien aux affections primitives (blennorrhagies , chancres, végétations) qui lui ont donné naissance. En effet la présence d'un bubon ne constate pas la nature vénérienne d'un ulcère ou d'une phlegmasie avec sécrétion de la membrane muqueuse génitale , et elle n'en accroît pas le danger, relativement à l'infection générale. Il ne pourrait y avoir lieu à prendre un parti là-dessus que quand il s'agit d'un bubon d'emblée. Dans ce cas même, on est encore dans l'incertitude et réduit à ne prendre un parti que d'après des probabilités ; à moins que , pendant le cours de cette maladie , ou après qu'elle a cessé , il ne vienne à se manifester quelque autre symptôme vénérien. Mais le traitement spécifique n'est pas pour beaucoup dans la guérison de l'affection locale , ce sont les moyens topiques sur lesquels il faut compter le plus; et quand ils ne se montrent pas assez efficaces , il faut avoir recours aux moyens généraux que nous avons indiqués précédemment, et dont le choix et l'administration doivent être dirigés , non par une aveugle routine, mais par l'appréciation des circonstances dans lesquelles se trouve placé le malade. Le traitement mercuriel , soit par les frictions, soit par le sublimé exerce cependant, dans quelques cas , une influence salutaire , et nous y avons recours dans l'occasion. Mais ce que nous voulons établir , c'est le traitement local.

Ici se borne ce qu'il y a de véritablement important à savoir sur les bubons considérés comme affection locale : nous aurions pu facilement prolonger beaucoup cet article en discutant une foule d'opinions, dont quelques-unes même jouissent encore d'un certain crédit parmi les médecins ; mais ces détails rentreraient dans les généralités de la maladie vénérienne et occasioneraient un double emploi. Il en est de même de la bibliographie, pour laquelle nous renvoyons à l'article Syphilis. (Cullerier et Ratier.^

BUBONOCÈLE. Fojez Herme.

BUGLOSE. Anclmsa italica. Pentandrie monogynie, T.inn. ; borraginées. Juss. Cette plante, qui appartient à la même famille que la bourrache , présente ime composition tout à fait analogue, et ses effets sur l'économie anim.tle sont semblables. Cependant les anciens établissaient entre ces plantes des différences qu'un examen approfondi a fait rejeter comme tout à fait imaginaires, (f^ojez Bourrache.) (F. Uatier.)

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