BULLE
BUGRANE. Foyez Arrête-Boeuf.
BUIS. Biixus semper^'irens. Monœcie tétrandrie, Lisn. ; eiiphorbiacées, Juss. Il est à peine nécessaire de donner la description de ce végétal , si connu comme servant à l'ornement de nos jardins , et comme fournissant aux arts industriels une matière première d'un usage journalier; mais il n'est pas indifférent d'appeler sur lui l'attention des praticiens comme pouvant fournir un médicament indigène peu coûteux, et cependant très-actif. On devait soupçonner ses propriétés médicamenteuses par l'examen de ses propriétés physiques , et à raison de la famille à laquelle il appartient ; d'ailleurs, plusieurs auteurs avaient signalé ses vertus médicales et l'avaient proposé dans le traitement de tliverses maladies : mais c'était à une époque où les drogues exotiques étaient seules en faveur, et où l'on dédaignait les médicamens indigènes , par cela seul ([u'on pouvait se les procurer plus purs, et avec moins de peines et de dépenses; aussi les auteurs de matière médicale n'en font-ils mention que d'une manière très-superficielle , et sur la foi de leurs devanciers.
Toutes les parties du buis, mais surtout la racine et les feuilles , exhalent une odeur nauséabonde assez marquée, et présentent une saveurd'uneamertume extrême , et tenace , si l'on peut s'exprimer ainsi. La décoction préparée avec les feuilles ou la râpure de la racine , n'est pas supportable pour peu qu'elle soit rapprochée , et il serait impossible de l'administrer en boisson. Les feuilles, pulvérisées et administrées à la dose de deux gros, purgent assez énergiqueraent d'après les auteurs. En faisant macérer dans l'alcool affaibli à 22° les feuilles de buis et sa racine , on en obtient un extrait fort amer, qui agit comme un purgatif très-énergique , et dans lequel il est probable que l'analyse chimique ferait découvrir un principe cristallisable ( recherches inédites). Administré à l'intérieur chez des lapins et des chiens , il a déterminé des évacuations alvines; et les mêmes résultats ont eu lieu lorsqu'on l'a introduit dans le tissu cellulaire. Cependant on n'a point observé d'accidens autres qu'une phlegmasie intestinale plus ou moins intense , et aucun animal n'a péri dans ces expériences. Il faut sans doute une dose très-considérable pour amener la mort, et le récit des voyageurs, qui disent que le buis fait mourir les chameaux , mérite d'être confirmé. Vingt grains de cet extrait, administiés en pilules , ont provoqué , chez un adulte bien portant, quatre selles muqueuses , accompagnées d'assez vives coliques. Quelques jours avant cet essai , le même sujet ayant essayé de prendre un verre de décoction faite avec deux gros de feuilles dans huit onces d'eau, éprouva immédiatement des nausées, et vomit le liquide qu'il venait d'avaler, quoiqu'il eût fait tout son possible pour le garder. Après avoir rendu la décoction , il eut encore un vomissement mucoso bilieux , après lequel il ne lui resta qu'un léger malaise.
De ces expériences, qui ne sont pas encore terminées , et dont je dois la communication à la bienveillance d'un praticien laborieux et modeste , et de ce qu'ont rapporté plusieurs auteurs sur les propriétés purgatives du buis, qui vont disent-ils , jusqu'à provoquer des selles sanglantes , on doit conclure que le buis pourrait tenir, dans nos matières médicales , une place moins bien remplie par une foule de substances dont l'action est moins positive.
Les applications qu'on en peut faire sont assez multipliées , et n'ont pas besoin d'être signalées aux praticiens , qui savent remplir des indications diverses avec un même médicament , par la différence des doses , du mode d'administration et de l'époque à laquells elle a lieu , sans exiger des vertus spécifiques contre telle ou telle maladie. C'est ainsi qu'ils comprendront bien que la teinture spiritueuse de buis ait pu guérir des fièvres intermittentes , et que , convenablement employée , elle puisse encore avoir le même résultat.
Par la même raison , ils n'en attendront rien de spécial dans l'hystérie etl'épilepsie, où, dit-on, le buis a été usité avec succès : ils entreprendront de nouvelles expériences pour savoir jusqu'à quel point il peut suppléer avec avantage , ou même simplement remplacer les bois appelés sudoi-ifiques {vojez Su- D'jRiFîQUES ) dans le traitement de la goutte , du rhumatisme et de la .syphilis.
Quant h l'introduction du buis dans la bière , pour y remplacer le houblon , ainsi que le pratiquent certains brasseurs quand cette substance est fort chère , c'est une substitution blâmable , et qui , en donnant au produit des propriétés purgatives , peut avoir des inconvéniens dans l'usage habituel.
Le buis peut être employé en infusion ou en décoction comme topique et excitant , pourvu que l'amertume ne soit pas trop considérable ; mais la préparation qu'on doit préférer, jusqu'à ce qu'on ait obtenu la matière cristallisable qu'il renferme très-probablement, est l'extrait alcoolique, qui rassemble sous un petitvolurae tous lesprincipes actifs de cette plan'e. Il peut être administré, soit à doses fractionnées , soit en une seule dose , suivant qu'on veut ou non obtenir des effets purgatifs. (F. Ratier. )
BULLE , s. f. , , p>ùa> , bouillonner ; petites tumeurs formées par une humeur séreuse, séro-puruleiite ou séro-sanguinolente, épanchée entre le derme et l'épiderme. Le développement constant des bulles est le caractère fondamental d'un ordre d'inflammations cutanées. [Fo/ez Peau. )
Une tache érythématcuse plus ou moins vive précède probablement toujours la formation des bulles , quoiqu'elle ne puisse être constamment aperçue. L'espace de temps qu'elles mettent à se développer est très-variable. Leur formation peut être presque instantanée, et avoir lieu d'une manière lente et progressive. L'humeur qu'elles contiennent, le plus souvent séreuse et transparente, est quelquefois séro-purulenle ou sanguinolente. Elle peut rester long-temps accumulée sous l'épiderme lorsqu'il est dur et résistant , comme à la paume des mains , à la plante des pieds, etc., ou s'épancher rapidement à la surface de la peau. Lorsque les bulles sont développées sur les paupières, les joues, les lèvres , etc., souvent cette humeur se dessèche sous la l'orme de croûtes solides , plus ou moins épaisses. La peau que ces croûtes protègent