CACHOU
se couvre d'un nouvel épiderme et conserve plus ou moins long-temps une teinte particulière qui la distingue de celle qui l'entoure. Les bulles sont quelquefois directement produites par l'application des cantharides ou de l'eau chaude sur la peau , ou par la distension de cette membrane dans certains œdèmes. Les bulles annoncent toujours un degré d'irritation plus élevé que celui qui produit les taches érythémateuses. Aucune des inflammations huileuses n'est contagieuse. Les bulles ne peuvent être confondues avec les exanthèmes; elles ont au contraire beaucoup d'analogie, sous le rapport anatomique , avec les vésicules , dont elles diffèrent cependant en ce que les premières ont des dimensions beaucoup plus considérables que les secondes. Les éu/Ze* produites par la réunion de plusieurs vésicules, telles que celles qu'on observe dans le zona confluent , et parfois dans l'eczéma , offrent un caractère particulier : leur base est irrégulière et souvent déchiquetée.
Le diagnostic des inflammations huileuses , nécessairement incertain lorsqu'il n'existe encore sur la peau que les taches érythémateuses qui précèdent la formation des bulles , peut être également fort obscur, lorsque les bulles sont rompues , desséchées , remplacées par des croûtes plus ou moins épaisses , par des taches ou des ulcérations superficielles. Ces incertitudes ne peuvent être dissipées que par des renseignemens sur l'état de la peau qui a précédé la formation des croûtes , des taches ou des ulcérations , ou par une étude minutieuse de la forme , de la disposition , des dimensions et de la couleur des altérations consécutives auxdiverses espèces de bulles. ( Foyez Pemphious , Rupu, VÉsicAToiREs , etc. ) (P. Rater.)
BULLEUX, SE, adj. Quelques auteurs ont désigné le pemphigus sous les noms de maladie huileuse , de fièvre huileuse , d'inflammation huileuse , etc.
( P. Rayer. ) ;
CACAO. Foyez Huiles.
CACHEXIE,s.f. ,cacAea:/a, xxyjlfi, dexuxa;, mauvais, et de af(;, habitude, disposition , vice de la nutrition. Ce mot n'a jamais eu de sens bien précis en médecine ; suivant les temps et les auteurs , il a tour à tour désigné un défaut de la puissance assimilatrice et animalisante , l'inégale distribution de cette puissance dans nos organes, un vice de nutrition provenant de la dépravation des humeurs , cette disposition de toute l'habitude du corps qui déprave sa nutrition, la surabondance morbide, le reflux et la déviation i d'une des humeurs animales, etc. , etc. On ne s'en sert plus guère aujourd'hui que pour exprimer cet état général d'altération profonde de la nutrition, caractérisé par la bouflisure et l'infiltration , la teinte jaune-paille de la peau , un sang fluide et trop séreux , la perte de cohésion de la plupart des tissus , et* la langueur de toutes les fonctions , que l'on observe à la fin de certaines mala- ^ dies parvenues à leur plus haut degré , et principalement dans le scorbut, le I cancer et la syphilis. Ces trois maladies sont en effet celles qui portent l'atteinte 1 la plus profonde à la nutrition ; aussi dit-on encore tous lesjours cachexie scorbutique ^ cancéreuse , vénérienne oa syphilitic/ue.
Il n'y a pas de maladie à laquelle on puisse appliquer en particulier le nom de cachexie, pas de classe de maladies à former sous ce nom , comme l'avaienl; fait Sauvages, Cullen , 'Vogel et Linnée , eny réunissant les états morbides les plus opposés, enfin pas même des moyens thérapeutiques spéciaux à diriger contre les cachexies que l'on admet aujourd'hui , puisque ce ne sont que de» effets et non des affections primitives. ( L.-Ch. Roche.) •
CACHOU. Cathecu. Terra japonica. Le cachou est une substance exotique, brune, solide et cassante ; soluble dans l'eau , moins soluble dans l'alcool ; ayant *] une odeur faible et une saveur acerbe et astringente extrêmement prononcée, et qui , depuis long temps , figure avec raison au premier rang des médicamens s astringens. Son origine et sa nature, autrefois incertaines ,• ont été mises hors» de doute par les recherches des chimistes et des naturalistes modernes. On sait'! maintenant que ce n'est pas une matière terreuse , comme on le croyait jadis, mais bien un extrait végétal , qu'on se procure en faisant bouillir dans l'eau le i bois de Vacncia cathecu, et en faisant ensuite évaporer la décoction d'une ma- i nière convenable. Plusieurs plantes de la famille des légumineuses peuvent fournir du cachou en quantité assez considéi-able pour qu'elle mérite d'être recueillie. Beaucoup d'autres végétaux en présentent des proportions peu impo^ tantes ; mais il est probable que des recherches bien dirigées sur les légumineuses de notre pays nous soustrairaient au tribut que nous payons à l'étranger pour cet objet.
Dans l'état actuel des choses, le commerce nous offre plusieurs espèces de i| cachou plus ou moins estimables , suivant la proportion de tannin qu'elles pré^ lî sentent , et auquel elles doivent toutes leurs vertus. Aussi est-ce d'après cette considération , bien plus que d'après des dénominations trop souvent men- f songères, et même d'à près des apparences extérieures qui peuvent être le résultat ji d'habiles sophistications, qu'on doit se diriger dans le choix des diverses (j espèces de cachou. Celles qui sont les plus connues sont au nombre de trois : |j
l» Le cachou terne ou rougeàtre , qui est en pains de trois à quatre onces, ij de forme carrée, ayant une cassure terne, rougeàtre, ondulée et souvent mar^ Ij brée ; il est friable sous la dent, d'une saveur astringente et sans amertume, j suivie d'un goût légèrement sucré ;
2» Le cachou brun et plat ; il est en pains de deux à trois onces , ronds , aplatis ; plus dur , plus brun que le précédent , dont il se distingue d'ailleurs en ce que sa cassure est luisante , et que sa saveur est seulement astringente et amère ;
3" Le cachou en masses; il est en morceaux de trois ou quatre onces, pro-