CALCIUM
ystème nerveux? est-ce en produisant une excitation énergique? c'est ce qu'il st peut-être impossible de savoir bien exactement.
Mais si l'on ne peut arriver à la certitude relativement à l'action profonde les médicamens , on est toujours à même de vérifier par l'expérience leurs efets physiologiques. Murray , d'après d'autres auteurs , alErme que le café re'nédie promptement au narcotisme produit par l'opium ; il cite une expérience le Perceval sur lui-même, dans laquelle ayant pris quelques gouttes de laulanum et du café, il ne ressentit aucun effet narcotique. Sachant, d'après les xpériences des physiologistes que l'action d'un poison ne détruit pas celle d'un ulre poison, je me défiai de ce résultat, d'ailleurs si vaguement indiqué , et je oulus savoir par moi-même à quoi m'en tenir. Je pris dans un verre d'eau iicrée quinze gouttes d'opium de Rousseau, représentant deux grains d'opium ; (ne heure et demie après , commençant déjà à sentir de la propension au sommeil, bien qu'il ne fut que trois heures après midi , je pris une tasse de café réparé avec une once de poudre pour trois onces d'eau. Je ne continuai pas loius a éprouver une envie de dormir à laquelle je m'abandonnai. Je dormis eux heures d'un sommeil assez fatigant, et j'éprouvai le reste de la journée et e la nuit un peu d'agacement et de malaise. Le narcotisme de l'opium n'eut as, je crois, duré plus long-temps sans le café, auquel j'ai dû l'agitation et anxiété que j'ai ressenties. Quelques jours après , je pris à huit heures du )ir, ayant déjà la disposition à m'endormir , une tasse d'une forte infusion de lié , qui me tint éveillé jusqu'à onze heures ; je pris alors deux grains d'opium, t me couchai : mais contre mon habitude je ne m'endormis qu'à deux heures 11 matin ; le reste de la nuit fut calme. Enfin , dans une troisième tentative, j'ailai quinze gouttes d'opium de Rousseau dans une tasse de café à l'eau , et j'érouvai d'abord les effets du café , et plus tard un peu d'agitation avec des rêisseries.
11 résulte de ces expériences que le café et l'opium agissent indépendamment an de l'autre , et successivement, selon la disposition du sujet et la propor- □n des deux substances. Les Orientaux prennent l'un et l'autre pour se proirer une ivresse d'une espèce particulière. Mais il ne nous semble pas que in des deux puisse être employé utilement pour remédier aux accidens projits par l'autre.
La propriété fébrifuge du café est incontestable : mais il est inférieur au linquina dans les fièvres intermittentes graves ou opiniâtres. Celles qui sont ;u inten.ses et récentes guérissent très-bien lorsqu'on fait prendre aux mades avant le frisson une ou deux tasses de forte infusion de café, avec ou sans dition de jus de citron , addition dont on ne comprend pas la raison. Mais, ns ce cas rien ne prouve que le café soit préféi-able à tout autre médicament citant administré avec les mêmes précautions. Le docteur Grindel , médecin !sse, a essayé, avec succès , le café, non torréfié dans les fièvres d'accès. On voit pas quel motif l'a porté à choisir cette méthode , et surtout la prépatiou vicieuse , qui consiste à faire une décoction qu'on fait bouillir jusqu'à duction d'un tiers. N'est-il pas évident que, de cette manière, on fait perdre au oduit tout son arôme, qui n'est pas assurément la partie la moins importante café ? L'extrait présente les mêmes inconvéniens. La poudre seule offrait médicament dans toute son intégrité , et elle n'a pas été employée. Cepennt on cite des guérisons nombreuses obtenues par ce moyen imparfait , même ns des cas où le quipquina s'était montré infidèle. Des assertions semblables uraient-elles pas besoin d'être vérifiées ? Quoi qu'il en soit, tout praticien éclairé qui voudra utiliser le café comme dicament pensera que , loin de l'affaiblir par une préparation que désavouent lois de la chimie , il doit tâcher, au contraire , d'en conserver tous les prinles actifs , en préparant l'infusion à vaisseaux clos, comme on a coutume de ■aire pour l'usage de la table. Il emploiera le café choisi , récemment torréfié îc les précautions convenables , et pulvérisé immédiatement après; car on t combien ces soins influent sur la boane qualité du produit. La dose en sera
I culée suivant les indications à remplir. Alors on aura un médicament plein nergie et capable de rendre de véritables services, s'il est administré avec Ihode. Le café au lait n'est pas employé d'ordinaire comme médicament; lendant lorsqu'on trouve des sujets pour lesquels il est laxatif, on ne doit négliger l'occasion de substituer à une drogue dégoûtante une boisson-à-la s agréable et salutaire. (F. Ratier.)
Cal. f^oyez Fbactcee.
DALAMUS AROMATICUS ou VERUS, roseau aromatique.On désigne ainsi Juis long-temps les racines de l'acorKica/a/was^ plante aquatique appartenant hexandriemonogynie de Linn. et à la famille des aroïdées de Juss. La racine plutôt le rhizôme du calamus aromaticus , qui était fort usité chez les anciens, t fort peu de nos jours, si ce n'est pour aromatiser la liqueur de table cons sous le nom d'eau-de-vie de Dantzick. Cependant cette substance possède : propriétés assez marquées pour que l'oubli dans lequel elle est tombée passe injuste. Elle a une odeur aromatique fort agréable, et qui tient à-Ia-fois " parfum de la cannelle et de celui de l'iris.
/analyse chimique faite par M. Tromsdorff y a fait reconnaître , sur quatre ■■es : matière extractive , neuf gros ; gomme , trois onces et demie ; résine visifeuse, une once et demie ; inuline ou substance amilacée analogue à l'inuline, Wi once; huile volatile, quinze grains ; matière ligneuse, douze onces six gros; ei , quarante-deux onces.
)n ne possède pas d'expériences directes constatant l'action du calamus aroniicus sur l'économie animale , attendu qu'il n'a guère été employé que dans «I composés médicamenteux plus ou moins compliqués ; mais l'analogie fait r iser que cette action doit être excitante. On ne saurait néanmoins en attend d'effets bien remarquables; mais ou pourrait le substituer avec avantage à
DjCI. DE M^DECIME BT DU ClItnUnOIE PEATIOl'ES.
beaucoup de substances aromatiques moins puissantes, et dont l'usage s'est maintenu.
Le mode d'administration seraitle même que pour les médicamens analogues, et l'on pourrait sans crainte en porter la dose assez haut. (F. Ratieh. )
CALCIUM. S'il existe un certain nombre de métaux capables d'enrichir par leurs composés la matière médicale , il en est d'autres dont les préparations peuvent être étrangères à l'homme qui se livre à la pratique de la médecine , à cause du peu de services qu'elles sont à même de lui rendre. On pourrait presque placer le calcium dans cette catégorie, si l'une de ses combinaisons, la chaux, n'était pas aussi répandue et aussi employée dans les arts, et si sa dissolution dans l'eau n'avait pas été quelquefois usitée avec succès pour combattre les calculs vésicaux. Ce métal n'a été obtenu qu'en très-petite quantité , en sorte que ses propriétés physiques et chimiques sont très-peu connues. On sait qu'il s'oxide à l'air, et qu'il décompose l'eau à la température ordinaire. Il peut former deux oxides; le protoxide porte communément le nom de chaux; on le prépare dans le commerce en chauffant fortement la pierre à chaux (carbonate) avec du bois vert, dans des fours particuliers. L'emploi du bois vert a pour but de volatiliser une certaine quantité d'eau , dont la présence favorise la décomposition du carbonate de chaux; car certains carbonates, celui de barite, par exemple, qui sont indécomposables par la chaleur seule, se décomposent par la chaleur aidée de la vapeur d'eau. Mais il résulte de ce mode de préparation un inconvénient, c'est que la chaux obtenue est toujours altérée par de la potasse, et les travaux de M. Descroisilles démontrent qu'elle en renferme ordinairement six à sept parties pour cent. Cette circonstance , en apparence peu importante à connaître , a cependant une application directe à la thérapeutique.
En effet , on prépare dans les pharmacies deux espèces d'eau de chaux , que l'on désigne sous les noms d'eau de chaux première et seconde. Toutes deux s'obtiennent en dissolvant la chaux dans l'eau ; mais , pour se procurer la première, il faut prendre de la chaux vive , l'arroser peu à peu, et lorsqu'elle est éteinte , la traiter par une grande quantité d'eau et l'agiter. On décante , et l'on peut remplacer le liquide par une nouvelle quantité d'eau, pour constituer une eau seconde dont la composition n'est plus la même. Celle-ci peut être remplacée par une troisième ou une quatrième quantité d'eau , et les solutions seront toujours les mêmes si la chaux est toujours en excès, et si elles se font à la même température. L'eau de chau.x première contient donc de la potasse, elle est plus caustique, et en général on doit rejeter son emploi; l'eau de chaux seconde ne renferme que de la chaux. On a calculé que, préparée à 15" centigrades, elle en tenait en dissolution V^so de son poids, ou environ 4/g de grain par once d'eau. On peut rendre la dissolution plus chargée en abaissant la température du liquide au moment où il est en contact avec cet alcali, ce qui est en opposition avec la pratique journalière, eu égard aux circonstances qui favorisent les dissolutions.
On a beaucoup vanté celte substance comme lilhontriptique ; ainsi il n'est pas un auteur qui n'ait préconisé son emploi dans le traitement de lagravelle, parce que les petits calculs que rendentles malades sont presque toujours formés d'acide urique peu soluble. On prescrit ordinairement huit à dix onces d'eau de chaux par jour, et l'on peut sans inconvénient pousser la dose beaucoup plus loin, car dans dix onces d'eau , le malade ne prend guère que quatre grains et demi de chaux. On l'unit assez souvent avec une égale quantité de lait , ou avec une décoction mucilagineuse. Sa propriété alcaline l'a fait préconiser pour combattre les acides qui se développent dans l'estomac , les aigreurs , les éructations ; elle peut en effet très-bien remplacer la magnésie, mais à plus faible dose. On s'en est aussi servi à l'extérieur pour amener à de meilleurs caractères les ulcères indolens , sordides , dont les bords sont boursouflés et infiltrés. On l'a administrée en injections dans le vagin , l'urètre , l'anus , pour combattre les fleurs blanches, les écoulemens, les évacuations alvines trop abondantes; enfin Giuli a retiré de son emploi, sous forme de bains, des avantages marqués dans les affections rhumatismales. Mais comme il recommande de' faire prendre ces bains à une température plus élevée que les bains ordinaires, on peut être porté à penser que la chaux est pour peu de chose dans leur efficacité. Incorporée à l'acétate de plomb , elle forme une eau blanche, que l'on peut employer avec avantage contre les brûlures, mais qui n'a pas plus d'efficacité que l'eau blanche ordinaire. Enfin elle fait partie de l'eau phagédénique (mélange d'eau de chaux et de sublimé corrosif).
Quoique la chaux ne soit pas une substance très-causlique , elle a cependant été placée au nombre des poisons de ce genre; c'est ce qui nous engage à faire connaître ses caractères distinctifs.
Substance solide , grisâtre si elle est privée d'eau , blanche lorsqu'elle est hydratée ou délitée, d'une saveur faiblement caustique , verdissant le sirop de violettes , et ramenant au bleu les couleurs bleues végétales rougies par les acides ; soluble dans l'eau ; sa dissolution se comportant comme la chaux solide avec ces deux réactifs; elle précipite en blanc par l'acide carbonique , le précipité est redissous par un excès d'acide. L'acide oxalique et l'oxalate de potasse ou d'ammoniaque y font naître un précipité blanc d'oxalate de chaux , insoluble dans un excès d'acide oxalique , soluble dans l'acide nitrique ; l'acide sulfurique ne la trouble point , ce qui dépend de ce que le sulfate de chaux est plus soluble que la chaux.
La chaux mêlée à du vin le décolore Irès-promplemènt , si cet alcali est employé à l'état solide ; il se forme en même temps un dépôt violacé. L'eau de chaux le trouble et le décolore incomplètement ; elle n'apporte pas de changement dans les propriétés physiques du lait, et n'altère que très-peu les infusions de thé ou de café. Au surplus, ces actions sont peu i.mportantes à connaître, car
CALCULS
il est difficile que ces divers mélanges soient très-vénéneux. On ne pourrait tout au plus que tromper un malade qui prendrait habituellement des médicameus pulvérulfiis , et encore faudrait-il lui en donner une certaine dose pour l'empoisonner. Il résulte, en effet, des expériences faites sur les chiens, que la chaux, à la dose d'un gros, ne paraît pas exercer d'action marquée sur ces animaux, et qu'à celle de trois gros seulement elle amène la mort, sans donner lieu à des symptômes qui dénotent une grande souffrance. Quelques plaintes et un état d'abattement qui va croissant jusqu'à la mort , sont les seuls phénomènes observés ; après la mort on ne rencontre que quelques traces d'inflammation dans le canal intestinal. Il est possible que chez l'homme cette substance développe d'autres symptômes morbides; niais on ne possède pas encore une seule observation d'empoisonnement par la chaux.
Si un cas de ce genre se présentait, il faudrait employer, pour arrêter les effets du poison, des substances acides qui neutraliseraient la chaux ; le vinaigre devrait être préféré à toute autre, à cause de son peu d'énergie. On retendrait de beaucoup d eau, afin de ne pas administrer une préparation trop irritante.
La chaux peut se combiner avec tous les acides et former des sels. Parmi ceux-ci , il en est quelques-uns dont la connaissance intéresse à cause de leur utilité dans les arts , ou parce qu'ils font partie de quelques matières animales. Nous citerons l» le sous-carbonate de chaux, qui constitue la pierre à chaux, les diverses variétés de marbre, la craie, les albâtres , les stalatites, etc. ; 2° le sous-phosphate, qui constitue à lui seul plus de la moitié des os des animaux, et qui se rencontre dans un grand nombre de matières végétales ou animales j certains calculs vésicaux en sont entièrement formés ; il faisait la base d'un médicament autrefois employé pour combattre les angines , et que l'on désignait sous le nom iValbum gcecum : ce n'était pas autre chose que des excrémens de chiens , auxquels on avait fait manger des os ; la décoction blanche de Sydenham , encore si usitée, doit une partie de ses propriétés à ce sel; S" le phosphate acide de chaux employé à la préparation du phosphore; 4o le sulfate de chaux ou plâtre, qui sert à la construction de tous les bàtimens, et qui dans certains pays est remplacé par le sous-phosphate ; 5° l'hydrochlorate ou muriate de chaux, que l'on a employé pour la conservation des pièces d'anatomie , et dont on s'est servi comme fondant des engorgemens des viscères, mais que l'on n'emploie plus aujourd'hui ; 6° enfin , le fluate de chaux ou spath-fluor, qui sert à la préparation de l'acide fluorique, si usité dans les arts pour imiter la gravure sur verre. ^ ^ (Alph. Devergie.)
Calculs en général ( ^/i/-si'o/ojji'e pathologique). On désigne sous ce nom des concrétions inorganiques et insolubles , qui se forment accidentellement dans différons produits des sécrétions animales , et dont la forme , le volume , la consistance , la couleur et la composition varient suivant les différentes paities de l'organisme où on les rencontre. L'étude des calculs est sans contredit l'une des plus obscures de la physiologie pathologique, puisqu'elle est subordonnée à celle de l'organisation tout entière considérée dans sa composition intime, dans ses lois physiques, chimiques et vitales, aussi bien que dans les nombreuses modifications qu'elle subit de la part des influences extérieures. Elle est d'ailleurs l unedes plus propres à exciter l'intérêt du praticien, puisqu'elle a pour objet un genre d'affection aussi commun que rebelle aux moyens de l'art. Son importance doit par conséquent mériter, sous ce double rapport, une attention toute spéciale dans ce Dictionnaire. Rechercher autant que possible les influences anatomiques , physiologiques , hygiéniques , mécaniques , etc., qui peuvent concourir à la formation des calculs ; déterminer , autant que le permet l'étal actuel de la chimie organique , les lois qui président à leur formation ; faire connaîtreleurs signes généraux, ainsi que leur diagnostic différentiel; indiquer les moyens de traitement qui sont au pouvoir de l'art , pour les prévenir ou le détruire ; tels sont les élémens qui nous paraissent devoir constituer la matière de cet article.
1° Influences atiatomit/ues et physiologiques. — Il est d'observation que la cause la plus générale des calculs, celle qui paraît être commune au plus grand nombre , dérive de la difficulté, du retard ou de la suspension qu'éprouvent les fluides h circuler dans les filièi'es qu'ils sont destinés à parcourir. On conçoit d'après cela que la disposition anatomique des organes où s'opèrent la sécrétion de ces fluides , ainsi que celle des conduits chargés de les transmettre au dehors ou dans leurs réservoirs, puisse, dans un grand nombre de cas, influer sur la production des calculs.
Il suffit , en effet, que ces organes ou ces conduits aient une situation défavorable à la libre circulation des produits de sécrétion , pour donner lieu à l'agglomération des principes concrescibles qu'ils contiennent. Tel est le cas des calcids intestinaux qu'on rencontre plus particulièrement dans les appendices des intestins grêles, dans celle du cœcum , dans les valvules et les plicaturcs des gros intestins , dans les hernies anciennes; tels sont encore les calculs de l'oreille, du sac lacrymal, etc. ; tels sont même certains calculs qu'on rencontre dans la vessie des personnes atteintes de hernie de cet organe.
Dans d'autres cas, c'est l'angustie ou l'étroitcsse des conduits excréteurs qui, apportant plus ou moins de difficulté à la libre circulation des fluides sécrétés, contribue puissamment à la formation des calculs. Cette circonstance, qui peut avoir lieu dans la profondeur des organes, comme dans les canaux dont il est possible d'apprécier le diamètre et l'étendue , est peut-être l'une des causes les plus fréquentes de l'affection dont il s'agit. Peut-être explique-t-elle l'hérédité des calculs dans certaines familles, et leur fréquence en raison des progrès de l'âge. C'est une opinion assez généralement accréditée , même jiarmi les médecins , que les deux extrémités de la vie sont plus spécialement disposées aux affections calculcuses des voies urinaircs ; mais d'après les relevés statistiques
calculs.
que nous avons pu nous procurer , il y a loin de cette opinion à une vérité bien rigoureuse.
Sur 506 individus opérés de la taille à Norwich , 235 étaient âgés de moins de 12 ans, et 271 avaient de 14 à 15 ans. Dans l'hôpital de Foundiing, où l'on a reçu 1151 enfans dans l'espace de 27 ans, il ne s'est présenté que trois calculeux. Dans l'asile militaire de Chelzey , où l'on a déjà reçu plus de 6000 enfans malades , l'on n'a rencontré qu'un seul cas de maladie calculeuse. A l'hôpital des Enfans de Paris , où l'on reçoit annuellement 3000 enfans des deux sexes , l'on ne voit tout au plus que 5 à 6 calculeux par an. Dans le cours de sept années, il n'y a eu que trois exemples de calculs chez des jeunes filles. 11 résulte de là, ainsi que d'autres relevés statistiques, que si la vieillesse est réellement l'époque de la vie la plus favorable aux calculs urinaires comme à toutes l«s autres espèces de calculs , l'âge adulte en fournit plus d'exemples que l'enfance. En d'autres termes, la fréquence des affections calculeuses paraît être en raison directe des progrès de l'âge. M. Magendie pense que la vieillesse, diminuant la température du corps , peut contribuer à favoriser la concrétion de l'acide urique et à rendre beaucoup plus fréquentes, à cette époque de la vie, les productions calculeuses. Mais une remarque faite par beaucoup de praticiens , notamment par Desault , Deschamps , Dubois , Dupuytren, etc., c'est! qu'il n'y a guère que les enfans des pauvres qui offrent des exemples de calculs, I tandis que, parmi les vieillards, on rencontre un bien plus grand nombre de calculeux chez les riches que chez les pauvres.
Du reste, l'influence des progrès de l'âge n'est pas seulement manifeste pour i les calculs urinaires , mais encore pour d'autres espèces de calculs. Ainsi l'on ■ ne rencontre guère qu'à un certain âge les calculs biliaires ou hépatiques, le*' concrétions arthritiques, cérébrales, musculaires, etc. On a cru remarquerqaç i! les femmes , qui sont bien moins exposées que les hommes aux calculs uri- i! rinaires, sont au contraire bien plus sujettes que ces derniers aux calculs hépatiques et intestinaux. Mais peut-être doit-on rapporter ce fait autant à leur . vie sédentaire qu'à leur sexe ou à leur constitution. Il est d'ailleurs générale- ' ment reconnu que les femmes sont plus habituellement exposées à la constipa- ii tion , ce qui peut encore contribuer à expliquer chez elles la fréquence des ■ calculs biliaires et intestinaux. i
On sait que les calculs sont fréquemment héréditaires, sans qu'il soit possible d'expliquer ce fait autrement que par les nuances d'organisation qui sontspéciales aux individus d'une même famille. Cette sorte d'hérédité existe évi- i! demment pour plusieurs espèces de calculs , notamment pourles calculs arthri-'| tiques , biliaires et urinaires ; peut-être même exisle-t-elle également pour le*" autres calculs qui échappent à nos investigations, tels que les calculs céré-' braux, pulmonaires, etc. On conçoit que la manière dont s'exécutent certaines fonctions , même dans l'état physiologique , doive influer puissamment sur la production des calculs ; d'une part, il n'est aucun des nombreux fluides animaux qui ne porte avec lui des principes concrescibles capables de se dissocier | ou lie subir les lois de l'affinité chimique. L'eau est le véhicule nécessaire de tous 'j ces principes ; or, si ce liquide lui-même souffre de la déperdition , ou s'il' trouve quelque obstacle à sa circulation , les principes qu'il tient en dissolution •' peuvent se précipiter, s'agglomérer et donner lieu à la formation des calculs, i Ainsidessueurs excessives dans lesquelles les produits de sécrétion semblent se ■' dépouiller de leurs parties aqueuses , ont pu , dans quelques cas , devenir une 'j cause de calculs, et il suffit d'observer ce qui se passe alors dans l'excrétion fj des urines pour concevoirde tels effets, même dans d'autres fluides animaux. Il ( est cependant remarquable que, pendant les fortes sueurs, les urines sonli moins chargées d'acide urique que d'autres principes concrescibles ; ce qui mé- • rite d'être signalé au diagnostic différentiel des calculs et à leur traitement.
Le défaut d'exercice , le séjour prolongé au lit et dans une même position, la rétention dans leurs réservoirs des fluides sécrétés , ont été regardés, à juste' titre , comme favorables à la formation des calculs, soit des voies urinaires, soi^il du canal intestinal , soit des conduits hépatique et cystique. ' I
2° Influences pathologiques. — Il est d'observation que la présence des cal- i^ culs , dans les organes, canaux ou réservoirs de l'économie, coexiste , très-sou- (] vent , et comme un de ses effets les plus constans , avec un état pathologique i! quelconque de ces parties. Nul doute , par exemple, que l'inflammation dei organes sécréteurs, en diminuant la quantité ou en modifiant le produit des- i sécrétions , ne puisse devenir une cause fréquente des calculs. Les concrétions ' arthritiques , biliaires , hépatiques, intestinales, urinaires, en sont une preuve | des plus évidentes, en ce qu'elles sont, le plus ordinairement, précédées d'in-i! flammation aiguë ou chronique des articulations, du foie, de l'intestin, des -j reins, etc. Il est également digne de remarque que la présence des calculs dans I la vessie est souvent précédée de catarrhe vésical avec sécrétion de mucosités'' qui déterminent leur formation. Il peut en être ainsi pour beaucoup d'autres j espèces de calculs. De même la diminution des forces contractiles des conduits excréteurs peut devenir une caused'affection calculeuse par les obstacles qu'elle '| apporte à l'excrétion des fluides sécrétés; et comme il n'est aucun de ces fluides 'j qui ne renferme des éléuiens solidifiables , qui ont plus ou moins de tendance ij à cristalliser, il suflît que leur mouvement continuel de circulation , de décom- I position et de récomposition soit interrompu par une maladie quelconque des | organes sécréteurs , ou même par une altération générale de la santé, pour! donner lieu à la production des calculs. Les dyspepsies ont été regardées comme une des causes les plus fréquentes des calculs biliaires, en ce qu'elles produisent un chyle ordinairement vicieux. Mais peut-être a-t-on souvent pris, dans ce cas, l'un des effets pour la cause même de l'afl'ection calculeuse. Une circonstance qui nous parait devoir influer puissamment sur la production des calculs, c'est l'état fébrile , comme modifiant d'une nianière sensible les produits
CALCULS
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e sécrétion. On sait surtout que les fluides excrémentitiels qui, dans l etat de inté, ont un caractère acide , deviennent souvent alcalins dans les fièvres con- Lues et intermittentes , et plus encore dans le cas de phlegmasies des memranes muqueuses , accompagnées de phénomènes fébriles; les remarques de 1. Nauche mériteraient sous ce rapport quelque attention de la part des chilistes et des physiologistes.
Le passage des fluides sécrétés dans des voies inaccoutumées ou accidentelles eut êlre également une cause de calculs ; ainsi , qu'une infiltration de liquide ;ci-été ait lieu dans le tissu cellulaire voisin, par suite de quelque solution de bntinuité , d'une fistule , par exemple , sa partie la plus fluide est résorbée , et [reste une partie cristallisable qui forme la malièrc du calcul. C'est de la sorte ue s'établissent les calculs qui occupent le voisinage des reins, des uretères , e la vessie , de l'urèthre , ainsi que ceux que l'on rencontre entre le gland et ; prépuce. C'est encore de la même manière que se forment les concrétions divaires , biliaires , pancréatiques , a la suite des lésions organiques qui chanent les rapports des liquides sécrétés avec leurs conduits excréteurs. Enfin , il 'est pas douteux non plus que l'afTection calculeuse ne puisse, dans quelque js , tenir à un état général de l'organisme , à une prédisposition en vertu de iquelle certains individus seraient plus exposés que d'autres à ce genre d'affecon. Que cette sorte de diathèse soit liée à des différences de composition , à hétérogénéité des fluides , à la prédominance de quelques-uns de leurs élélens; ou bien , qu'elle dérive des changemens ou des modifications qui suriennent dans les organes sécréteurs , sous une influence physiologique ou palologique, on ne peut s'empêcher delà reconnaître comme un fait inexpliihle, mais qu'il faut admettre parmi ceux que l'observation constate chaque jour.
3° Influences hygiéniques. — Il est remarquable que les calculs urinaires )nt beaucoup plus fréquens dans certains pays que dans d'autres : on les ren- 3ntre très-rarement dans les pays chauds. Sous les tropiques mêmes ils sont peu près inconnus, d'à près le rapportdu docteur Scott, qui a résidé long-temps jx Indes, et qui assure n'y avoir jamais vu se développerde calculsurinaires.il laraît aussi que ces calculs sont Irès-rares en Espagne et en Afrique, bien que, 'aprèsles recherches de M. Magendie,la gravellesoit très-commune à Majorque, ui est située entre ces contrées. Du reste , ils sont presque aussi rares dans ;s pays très-froids que dans les climats très-chauds. On ne les observe guère ri Suède et en Russie. Les lieux froids et humides , tels que l'Angleterre et la ollande , semblent au contraire favoriser particulièrement cette maladie, t. Magendie pense que cette différence tient souvent à l'influence de la nourture plus qu'à celle du climat ; c'est ainsi en effet que , dans une grande partie e l'Asie , où l'on ne mange pas de viande, on ne rencontre pas de calculs. De lus il est constant , d'après les expériences de notre savant collaborateur , que urine des animaux qui mangent beaucoup de substances animales se charge avantage d'acide urique , et devient en même temps plus rare , ce qui e'tablit ne double cause de calculs , tandis qu'un régime végétal augmente la quantité es urines et diminue en même temps celle de l'acide urique. Il paraît égalelent certain que l'usage des vins généreux et des liqueurs fortes peut contriuer puissamment, comme celui d^s substances azotées, à la formation des jlculs. On a remarqué que les vins chargés de tartre étaient très-favorables la production de cette maladie. Sous ce rapport , la nature des pays vignobles oit établir des différences sensibles dans le nombre des calculeux. La Bour- :)gne , en effet, offre proportionnellement plus d'affections calculeuses que eaucoup d'autres contrées de la France.
Quant aux autres espè,ces de calculs, je ne sache pas qu'on ait encore cherlé à déterminer le rapport qui peut exister entre telle influence hygiénique t telle espèce de calculs, bien que ce rapport soit de toute probabilité. \ \ Causes mécaniques. — L'une des causes les plus fréquentes des calculs ) st la présence de corps étrangers dans les liquides sécrétés ; que ces corps se rtient introduits accidentellement dans l'économie , comme une épingle , nn '. lorceau de bois , un noyau , etc., ou qu'ils appartiennent à de fausses memiranes , des caillots ou tout autre produit organique, ils deviennent fréquemjient , par leur séjour, des no3raux de calculs. Il n'est pas même nécessaire , i0ur y donner lieu , que le liquide au milieu duquel ils se trouvent déposés, it subi aucun changement dans sa composition chimique ; mais ce qu'il y a lie remarquable dans cette espèce de calculs , c'est qu'ils sont ordinairement niques , et presque toujours composé de phosphates terreux , tandis que ceux ont la formation dépend d'une altération des liquides, ou d'une sorte de diathèse ilculeuse, sont généralement multiples , et d'ailleurs toujours formés de prinipes qui se trouvaient en excès dans la composition des liquides, avant leur )rmation. Les calculs intestinaux et urinaires sont ceux dans lesquels on renonlre le plus souvent des corps étrangers qui leur ont servi de noyau ou de loyen de cristallisation ; on en a également observé dans les ventricules du irynx , dans les extrémités des bronches. On a même pensé que les calculs cuvés dans la substance du poumon étaient dus à l'inspiration d'un air chargé e poussière, de plâtre, de chaux, de sable, etc. Mais ce que l'observation délontre d'une manière bien plus certaine, c'est que tous les corps étrangers ui séjournent quelque temps dans l'économie, s'encroûtent toujours plus ou joins de matières calcaires , par suite de cette extrême tendance des fluides rganiques à se solidifier et à former des calculs.
Il suflît, nous le répétons , que les principes solidifiables de ces liquides trouent un noyau capable de mettre en jeu leurs affinités pour se constituer en aïeuls. Ce noyau , du reste , peut appartenir aux principes mêmes des liquides écrélés ; c'est ainsi qu'une molécule d'urée se convertit bientôt en un sable , elui-ci en un gravier que de nouvelles couches superposées accroissent de plus n plus pour former des calculs plus ou moins volumineu.\.
Jusqu'alors , nous avons passé en revue toute la série des modificateurs que l'observation et l'induction nous démontrent les plus propres à fournir la matière des calculs , à mettre les solides et les fluides organiques dans des conditions favorables à leur développement. Mais indépendamment de ces diverses influences, que le témoignage de nos sens a pu nous permettre de suivre et d'apprécier, il existe sans doute ici, comme dans toutes les opérations chimiques qui se passent sous nos yeux , une autre cause ou force qui en constitue l'élément immédiat , et en quelque sorte nécessaire. C'est cette cause qu'il nous resterait à déterminer pour compléter l'étiologie de la formation des calculs, mais qu'il n'est possible d'admettre que par hypothèse. Toutefois , s'il est vrai que la solidification des corps en général soit soumise à l'influence de l'électricité, il n'est guère permis de douter que cette puissance soit étrangère à la formation des calculs. Plusieurs raisons semblent même fournir à celte hypothèse quelque apparence de vérité; ainsi , tous les corps contiennent une certaine quantité de fluide électrique , et les fluides animaux ne souffrent pas d'exception à cet égard ; de même , la solidification de tous les corps de la nature supposant l'intervention de la puissance électrique , il est probable que celle des fluides organiques doit être soumise à la même loi. On sait aussi que l'action du fluide électrique dissocie plusieurs acides et alcalis ; or , les principes acides ou alcalins que recèlent les fluides animaux peuvent , et doivent sous certaines influences , subir la même loi. On ne connaît pas de douleurs plus analogues à celles du choc électrique , que les douleurs qui précèdent la formation des calculs arthritiques. Enfin , l'expérience a déjà justifié la théorie physico-électrique dont il s'agit , dans plusieurs tentatives relatives à l'emploi de l'électricité , comme moyen de dissoudre les calculs urinaires ; mais nous abandonnons volontiers cette théorie pour passer à une étude plus positive, plus importante d'ailleurs , et plus pratique, celle des signes qui peuvent nous éclairer sur la présence des calculs dans l'économie.
Signes des calculs. — Nous distinguons les signes des calculs en généraux et en spéciaux , c'est-à-dire, en ceux qui sont relatifs à la présence d'un corps étranger dans un organe quelconque de l'économie, et en ceux qui peuvent nous fournir les moyens de reconnaître la nature et la composition de chaque espèce de calculs. I» Les signes généraux sont ou présompiij's ou caraclérisliques ; les premiers , qui appartiennent au trouble des fonctions de l'organe où ils se manisfestent , diffèrent nécessairement d'après la nature des fonctions de chaque organe; ils n'ont , la plupart du temps , aucune valeur réelle. Tel est le cas des calculs cérébraux, pancréatiques, pulmonaires, néphrétiques, etc. Quelquefois, au contraire, ils équivalent presque à la certitude. Ainsi, une pesanteur habituelle au périnée avec ténesme , une démangeaison aux parties génitales et une douleur au bout du gland après l'émission des dernières gouttes d'urine , la suspension brusque du jet de ce liquide , surtout dans la situation verticale, l'altération de couleur, de consistance et de composition de ce liquide, sont autant de signes présomptifs qui ne laissent guère de doute sur la présence tl'un calcul dans la vessie , quand surtout ces phénomènes on été précédés, plus ou moins de temps avant leur apparition, de douleurs dans les reins et dans le trajet des uretères qui ont pu attester le passage d'un gravier dans la vessie. Une douleur brusque , passagère , vive , déchirante , partant de la région du foie, et se propageant vers l'appendice xyphoïde et l'ombilic ; des vomissemens bilieux , l'ictère, la diarrhée ou la constipation , peuvent encore être regardés , s'ils sont simultanés , comme des signes présomptifs d'un calcul biliaire , bien que quelques-uns pris isolement , soient équivoques ou communs à l'inflammation de l'appareil biliaire.
Les signes caractéristiques ou positifs des calculs sont ceux que fournissent les sens de la vue et du toucher; ils ne se rencontrent que pour un certain nombre de calculs, notamment pour les calculs lacrymaux, salivaires , vésieau,x , prostatiques, uréthraux , etc., rarement la vue seule peut les atteindre et les reconnaître; il n'y a guère que ceux de l'oreille et ceux qui couronnent les dents qui soient dansée cas. Le simple toucher suffit, au contraire, dans beaucoup de cas pour constater leur présence. Ainsi , il est facile de reconnaître par ce moyen, même à travers leurs enveloppes ou leurs kystes, les calculs des amygdales, des glandes ou conduits salivaires , de la prostate, etc. Le toucher, aidé d'instrumens explorateurs, fournit également des signes non équivoques de la présence de calculs dans les organes situés hors de la portée des sens ; ainsi , dans la plupart des cas , le cathétérisme caractérise d'une manière certaine la présence de calculs dans la vessie. ( f^oyez CATHÉTÉnisME.)
2° Les signes spéciaux résultent de tous les phénomènes qui peuvent fournir au praticien des caractères propres à constater la nature de chaque espèce de calcul en particulier. Ils sont d'autant plus importans que c'est de leur appréciation que dérive le traitement de chaque espèce de calculs ; ils se tirent de l'organe où on les rencontre, de l'Age , des habitudes , du genre de vie du sujet, ainsi que des épreuves que la chimie peut faire sur les calculs eux-mêmes ou sur les liquides qui ont pu servir à leur formation. Ils sont , par conséquent , comme les signes généraux, ou présomptifs, ou caT-actéiislicjues. A\m\, tou\. calcul existant dans l'appareil urinaire, chez un individu livré à une alimentation animale , à l'abus des liqueurs spiritueuses , dont l'urine dépose des sédimens amorphes , etc., est présumé composé d'acide urique. Mais ce qui caractérise cette espèce de calculs , c'est la facilité avec laquelle ils se dissolvent dans la potasse, la soude caustique et la chaux. Les calculs de phosphate de chaux ont pour caractère Iparticulier de se dissoudre dans l'acide hydrochiorique sans effervescence ; on aurait lieu de présumer au contraire que le calcul dont on a constaté l'existence est composé de carbonate de chaux, si riiulividu qui en est atteint était dans l'habitude de se nourrir presque exclusivemeut d'alimcns
CALCULS
végétaux , et l'on en acquerrait à peu près la certitude si quelque fragment ou gravier se dissolvait avec efTervescence dans les acides. Ce qui distingue surtout les calculs d'oxide cjstique , c'est d'être également solubles dans les acides et les alcalis. On trouvera d'ailleurs à l'article Calculs en particulier , les princi- . paux caractères chimiques propres à déterminer la composition de chaque espèce de calculs urinairés.
Quant aux autres calculs , il est remarquable que leur composition est en général très-peu variable ; dans beaucoup de cas , elle n'a d'ailleurs qu'un faible intérêt pour le praticien, puisque la chimie u'a pas encore essayé de les atteindre par aucun moyen dissolvant ; il faut en excepter toutefois les calculs biliaires et intestinaux, qui, ayant une origine, une composition différentes, doivent autant que possible être distingués dans leurs caractères spécifiques avant qu'on essaie aucun traitement. Les calculs hépatiques étant principalement composés de cholestériue et de bile, leurs caractères devront indiquer la prédominance d'une substance oléagineuse; ils sont légers , onctueux , inflammables. Les calculs intestinaux, proprements dits , formés d'un grand nombre de principes qu'on trouve dans le canal digestif, ont des caractères plus variés , mais attestent toujours une composition salino-terreuse; ils sont pluspesans, moins inflammables. Les calculs biliaires sont généralement moins volumineux que les calculs intestinaux : les premiers sont souvent jaunes ou verts; ils sont solubles dans les huiles et l'alcool; les seconds sont gris ou noirs, et nullement solubles dans les liquides huileux et alcooliques. Les calculs biliaires n'ont pas de noyau proprement dit; souvent , au contraire, ils ofi'rent à leur centre une sorte de cavité. Les calculs intestinaux ont presque constamment un corps étranger à leur centre. Les calculs qui ont pris leur première origine dans l'appareil biliaire , et qui étant passés dans le canal digestif s'y sont accrus de nouvelles couches superposées , offriraient sans doute à l'examen la réunion des caractères que nous venons d'indiquer, c'est-à-dire ceux des calculs biliaires à l'intérieur et ceux des calculs intestinaux à l'extérieur.
Accidens causés par la présence des calculs. — Ces accidens dépendent surtout des effets mécaniques qu'occasione leur séjour dans l'économie , et varient nécessairement, en raison du degré de vitalité , de l'importance des fonctions de l'organe qui en est le siège , de la forme et du volume des calculs. La lenteur avec laquelle ils se développent dans nos tissus fait aussi que quelques-uns acquièrent un volume plus ou moins considérable, sans compromettre l'existence , et quelquefois même sans produire des déi-angemens notables dazis la santé des individus qui en sont atteints. Ainsi l'on a trouvé des calculs dans le cerveau, dans le poumon, dans le foie, sans qu'aucun phénomène particulier ait pu faii-e s\ipposer leur existence pendant la vie. Mais le plus ordinairement ils finissent par donner lieu à des accidens graves. Une inflammation plus ou moins vive , avec toutes les suites qu'elle peut entraîner, en raison de la cause même qui l'entretient et la renouvelle sans cesse, en est un des effets les plus constans et les plus communs. Il n'est pas rare de rencontrer, dans la pratique, des néphrites, des hépatites, des amygdalites , des cystites, des entérites dues à cette seule cause. Quelquefois cette inflammation abcède, après avoir fait contracter à l'organe qui recèle le calcul , des adhérences avec les légumeus voisins, dont la perforation donne issue au corps étranger.
La douleur est encore un des accidens les plus redoutables de la présence des calculs , soit qu'elle dépende des phénomènes inflammatoires , soit qu'elle résulte de la distension des tissus avec lesquels ils se trouvent en contact, ou de celle des conduits dans lesquels se fait leur progression. Quelquefois même celte distension peut être portée au point d'amener la rupture des parties qui les contiennent. Ainsi, on a vu la vésicule du fiel, les conduits cystique et hépatique, l'intestin , l'uretère se rompre dans le passage d'un calcul, et donner lieu à des accidens mortels. En général , la douleur est d'autant plus vive que le calcul offre plus de volume et surtout plus d'aspérités. Celte dernière circonstance parait être celle qui établit le plus de différence dans les phénomènes de la douleur chez les individus atteints de calculs vésicaux. D'autres fois les calculs donnent lieu à tous les accidens qui dépendent de l'occlusion des conduits excréteurs et de la rétention des liquides sécrétés; tel est l'ictère que l'on voit survenir dans les calculs hépatiques , la constipation dans les calculs intestinaux , la suppression de l'excrétion salivaire dans les calculs qui occupent les conduits des glandes parotides , sous-maxillaires et sublinguales. Enfin , les calculs peuvent, parleur présence, suspendre l'exercice d'un sens, comme on le remarque pour les calculs oculaires ou ceux de l'oreille.
Thciapeutique des affections calculeuses. — Le traitement des calculs doit avoir pour objet , ou d'opérer leur dissolution , ou de provoquer leur expulsion , ou de favoriser leur extraction , ou de prévenir leur retour. Il puise par conséquent ses moyens, tantôt dans l'application de la chimie ou de la pharmacologie, tantôt dans les secours de la chirurgie , tantôt dans la matière de l'hygiène. D'après les recherches de Tennant , de Wollaston et de Fourcroy, qui ont démontre que les calculs arthritiques sont composés d'acide urique et d'urate de soude, il est évident que le traitement de ces calculs doit avoir pour but de saturer l'acide urique , et de s'opposer à sa formation. C'est dans cette intention que des praticiens , et en particulier le docteur lirande , ont proposé l'emploi des boissons alcalines comme propres, sinon à opérer toujours leur dissolution , du moins à arrêter leur développement. Les rapports qui existent entre les calculs arthritiques et les calculs urinairés , quant à leur cause et à leur composition , les exemples de terminaison de la goutte par l'excrélion d'urine chargée d'acide urique, ont également conduit des praticiens à rechercher les moyens de transporter la matière des concrétions arthritiques sur les voies urinairés : c'est dans ce but que l'on a eu recours dans ces derniers temps à l'usage du vin de colchique , qui est ordinairement suivi d'une augmentation pro-
i9è) CALCULS.' Il
gressive de cet acide dans l'urine, en même temps que le gonflement des arli-j culations diminue. (Voyez Journ. de Chimie médicale, tom. 4, pag. 440.) Nihl] chimie ni la pharmacologie n'ont encore proposé de moyens propres à dissoudn j les concrétions pulmonaires. Cependant la nature de leur composition , qui ; i été parfaitement déterminée dans ces derniers temps, permettrait peut-èln d'essayer l'emploi des acides comme propres à décomposer les carbonates cal- | caires qui les constituent dans la plupart des cas.
Sœmmering a proposé contre les calculs biliaires, les solutions d'hydrochlorate d'ammoniaque, de soude, dépotasse, d'acétate de potasse et de, savon Le traitement de Diirande , qui est plutôt empirique que chimique , consiste ec un mélange de trois parties d'èther sulfurique , et de deux parties d'essence de térébenthine que l'on administre à la dose de deux scrupules tous les matins Mais ce sont surfout les calculs urinairés que l'on a proposé de traiter par le! dissolvans ; les accidens toujours plus ou moins graves que détermine leur séjour dans l'économie, la difficulté de les atteindre, surtout les calculs néphrétiques , par des opérations chirurgicales , le danger que peuvent entraîner cet opérations, ont dû conduire depuis long-temps à la recherche de moyens propres à les détruire par la dissolution ; mais on conçoit toutes les difiicultés que peut offrir cette médication; ces difficultés naissent surtout de la variété de composition des calculs, cl de l'incertitude de déterminer à priori \ear nature . non moins que du danger de porter dans l'économie des agens chimiques capables d'altérer'la texture des tissus. Ajoutons à cela que la nécessité d'atténuer, de mitiger l'action de ces agens , soit qu'on veuille confier aux organes digestifs | leur transport sur les organes urinairés, soit qu'on cherche à les mettre direc- I tement en rapport avec les concrétions que l'on se propose de dissoudre, rend 1 le plus souvent infructueuses ces sortes de tentatives. Toutefois, ce qui a pu j dans un temps paraître d'une difficulté insurmontable peut, avec les progrès de | la chimie et de la physiologie , devenir un jour d'une application facile et même I efficace. Déjà quelques essais entrepris avec toute la pj-udence et toutes les lu- i mières que devait nécessiter une pareille expérimentation , ont permis d'en espérer quelques succès dans le traitement des calculs urinairés ; et d'abord c'était un grand point d'être parvenu à s'assurer des propriétés chimiques de l'urine , et de reconnaître par là la composition des calculs. On sait en effet que si un alcali quelconque est versé dans de l'urine récemment rendue, il se précipite un composé de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magncsien , dans la proportion de deux grains sur quatre onces d'urine ; que si l'on verse un acide dans l'urine , au bout de quelque temps il se forme à la surface du vase des cristaux d'acide urique.
C'est sur ces deux principes que repose le traitement chimique des calculs urinairés. Ainsi , lorsque l'acide urique prédomine dans l'urine , ce qui est le plus ordinaire, les alcalis sont les remèdes que l'on doit se proposer d'employer. Ou a recours au contraire aux acides, et surtout à l'acide hydrochlorique, lorsque l'urine est saturée de sels calcaires ou magnésiens. Reste à déterminer par quelle voie on doit porter ces agens sur les calculs. Or, il est certain que les alcalis et les acides, ingérés dans l'estomac, arrivent à l'appareil urinaire par les voies de la circulation , et modifient d'une manière remarquable la com. position de l'urine; par conséquent il n'est pas douteux que ces substances ne puissent prévenir ou ari êter les progrès de l'affection calculeuse. Les expériences des docteurs Marcet et Proust sont suflisamment concluantes sous ce rapport; elles ont été justifiées à priori par la méthode de mademoiselle Stephens, laquelle , dès le commencement du dix-huitième siècle, avait déjà reçu d'utile» applications et procuré des succès incontestables. L'histoire de Mascagni , qui . atteint de la gravelle , parvint à se guérir avec le caibonafe de potasse , en est surtout une preuve des plus évidentes. Les journaux de médecine ont publié dans ces derniers temps des observations non moins propres à encourager le» praticiens dans l'emploi de ces agens. Il y a peu de temps que M. Robiquet soumit un malade affecté de calculs à l'usage du bi-carbonate de potasse à la dose de cinq grammes par litre d'eau. Au bout de quinze jours ce malade se sentit beaucoup mieux; enfin, après trois mois il rendit un petit calcul d'acide urique qui paraissait évidemment le noyau d'un calcul plus con.'idérable dissou» peu à peu par l'action du sel de potasse.
On peut donner l'acide hydrochlorique à la dose de cinq à vingt-cinq gouttes, suflisamment étendues d'eau , deux à trois fois par jour. Quant aux alcalis , le meilleur moyen de les mettre en usage est de boire habituellement de l'eau de soude {soda water). On a également proposé l'eau de chaux, le savon, les carbonates de potasse et de soude , la magnésie, etc., etc. Ce dernier moyen a été surtout préconisé par sir Éverard Home et par Hatchett , non-seulement comme moyen de neutraliser les principes calcaires , mais encore pour détruire les acidités gastriques qui accomp.ignent la diathèse calculeuse, et auxquelles des auteurs ont attribué celle affection. Il est remarquable d'ailleurs que les remèdes alcalins, alors même qu'ils n'agissent pas comme dissolvans , diminuent l'nritation de la vessie, et provoquent la sécrétion de l'urine. L'addition de l'opium, de la jusquiame, d'après les conseils de sir Blain, produit surtout de bons effets.
Quand les calculs sont supposés formes de couches hétérogènes , il est facile de concevoir Ici difficultés que rencontrera le praticien dans l'application des moyeus chuiiiques ; cependant, par un examen attentif de l'urine et des sédimens amorphes qu'elle dépose sur les parois du vase , on peut, encore acquérir des notions suffisantes |)Our se diriger dans le traitement qu'il convient alors d'employer.
Mais ces substances parviennent en si petite quantité dans la vessie, que . tout en admettant leur action modificatrice sur la sécrétion des urines, il n'est pas probable qu'elles iiuisscut dissoudre d«s calculs trcs-volumiueui ; «'lies
CALCULS
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Iuvenl tout au plus borner les progrès de l'affection calculeuse, prévenir sa production, lorsque l'art est arrivé par d'autres moyens à la détruire. C'est corc dans l'espoir d'y parvenir sans le secours de la chirurgie qu'on a voulu troduire directement dans la vessie , h l'aide d'une sonde , des liquides dissolnts. Fourcroy etVauquelin se sont assurés qu'une solution de potasse ou de ude assez étendue pour être portée sans danger sur une membrane muqueuse, >uvait à la longue détruire les petits calculs d'acide urique et d'urate d'ammoaque; de plus, qu'un liquide acidulé avec l'acide nitrique ou hydrochlorique ssout très-bien les calculs de phosphate de chaux , de phosphate d'ammouia- • le et de magnésie. Us ont même prouvé que les calculs composés d'o.\alate , '■ t chaux, qui sont les moins solubles , peuvent cependant aussi se dissoudre ' ins l'acide nitrique très-étendu , pourvu qu'ils y restent un certain temps. ' lais la crainte d'irriter la muqueuse de la vessie , et de faire naître des acci- M13 aussi redoutables que ceux produits par la présence d'un calcul, a em- ■ché de répéter ces essais, et dès lors les lithontriptiques ont été, pour ainsi re, bannis de la thérapeutique. On s'est borné à mettre à profit une remarque iportante , relative à la différence de solubilité de certains calculs dans l'eau, livant la différence de température de ce liquide. Ainsi , l'eau à la tempérare de 15 à 16°, ne dissout que V7=o de son poids d'acide uriqiie ; mais elle acliert une force dissolvante qui augmente en raison de son élévation de temérature. C'est en conséquence de cette loi que MM. Gruithuisen et Jules Cloict ont proposé d'injecter dans la vessie de l'eau distillée à 32", en se servant ; la soude à double courant de Haies, c'est-à-dire d'une algalie divisée parune oison médiane en deux conduits , dont l'un est afférent et l'autre efférent. s pensent qu'il est possible d'obtenir par ce moyen la dissolution des calculs d'ade urique, d'urate d'ammoniaque et de phosphate ammoniaco-magnésien; mais squ'alors l'expérience ne parait pas avoir démontré l'efficacité de ce moyen. Enlin , l'on a essayé de dissoudi'e certains calculs par l'action de la pile galvaque; MM. Bouvier , de Mortii^rs, et Gruithuisen , ont, les premiers , tenté jpplication de ce moyen qui , depuis, a été de nouveau essayé par MM Duas et Prévost; mais il est vrai de dire qu'il a subi le sort des lithontriptiques, qu'il a été abandonné après de simples essais. Néanmoins, autant qu'il est îrmis de fonder des espérances sur les progrès actuels des sciences physiques , chimiques , et sur leur application h la thérapeutique, il n'est pas douteux ["elles n'amènent d'heureuses améliorations dans le traitement des affections ilculeuses. En attendant qu'elles aient leur tour , des méthodes mécaniques us ou moins ingénieuses ont été imaginées dans ces derniers temps pour exaire ou pour détruire les calculs sans le secours de la cystotomie. Ces mé- ' iodes sont principalement relatives aux calculs vesicaux , et ont pour objet , , inlot de faciliter la sortie du corps étranger avec l'urine au moyen de la Dilak.TiOK ( woj-ea ce mot) , tantôt d'en opérer l'extraction à l'aide d instrumens jaginés à cet effet (i;oj-ez; Extraction) , tantôt enfin d'en effectuer lebrisement «ries divers procédés relatifs à la Lithotritie {vojez ce mot); mais malgré us les perfectionnemens successifs apportés à ces différentes méthodes , l'cxîi'ience prouve encore chaque jour leur insuffisance dans un grand nombre î cas, en sorte que les procédés chirurgicaux deviennent souvent indispenbles pour extraire des calculs des reins, de la vessie, de l'urèthrc. { Foyez
T&TOTOMIE , NÉPHROTOMIE , UrÉTHROTOMIE. )
La chirurgie a , de même, tenté d'extraire les calculs biliaires et intestinaux irdifférens procédés opératoires. Jean-Louis Petit a eu plusieurs fois la téniété de pratiquer une incision à la vésicule biliaire à travers les parois abdoinales,pouren extraire des calculs. Mais on conçoit qu'une telle opération ne jurrait être tentée que dans le cas où il ne resterait aucun doute sur la prénce du calcul , ainsi que sur l'adhérence de la vésicule au péritoine. Dans •ute supposition contraire , l'opération serait non-seulement chanceuse , mais resque inévitablement mortelle
Meckel , qui a fait ne étude spéciale des calculs intestinaux , a , dans ces derers temps , conseillé de pratiquer une incision aux parois abdominales , lorsj'on a acquis la certitude de l'existence d'un calcul trop volumineux pour être >pulsé spontanément par l'anus.
Les divers procédés opératoires proposés pour extraire les corps étrangers as articulations de l'oreille , des fosses nasales , etc. , sont en tout applicables l'extraction des calculs que l'on rencontre dans ces parties.
Moyens hygiéniques. — Mais l'art n'a pas tout fait , quand , par quelqu'une es méthodes de traitement qui précèdent , il est parvenu à délivrer le malade î la présence d'un on de plusieurs calculs. La même cause qni a donné naisnce à ce genre d'affection peut encore continuer son effet , de manière h la îproduire après un temps plus ou moins long , et c'est, en effet, ce que l'exîrience nous montre chaque jour. Il importe donc de rechercher cette cause, , de s'attacher autant que possible à soustraire le malade à son influence. C'est irtout dans la matière de l'hygiène que Tart peut puiser les plus surs moyens (arriver h cette fin. Et , d'abord , il est certain , que la nature et la quantité îsalimens et des boissons influent d'une manière remarquable sur la lithiase ou [fection calculeuse; ainsi, dans les calculs arthritiques et la plupart des calculs -inaires, il est évident que le régime doit tendre surtout à diminuer la quanté d'acide urique par l'abstinence d'alimens azotés, et à augmenter la quantité urine par des boissons abondantes et diurétiques , des eaux minérales gaiuses , etc. , comme moyens de favoriser la dissolution de l'acide urique qui nd à se concréter. Les mêmes indications sont relatives aux calculs de phosbate de chaux , de phosphate ammoniaco-magnésien , d'oxide cystique. M. Sellas, a vu 1 usage de la bière prise eu grande quantité , faire rendre des ilculs composés de phosphate de chaux {NoweUe Bibliothèque médicale). e régime devrait, au contraire, être plutôt animal que végétal , s'il restait
DiCT. DE MÉDECISE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.
prouvé que le calcul est composé d'oxalate ou de carbonate de chaux , comme on en a observé des exemples chez des personnes qui , s'étant soumises à une diète toute végétale , dans le but de prévenir une affection calculeuse , ont donné lieu à ces deux espèces de calculs. Deux faits extrêmement remarquables , relatifs à cette circonstance , "ont été publiés , l'une par M. Magendie, dans son travail sur la gravelle , l'autre par M. Ratier, dans le Journal général des hôpitaux , n° 82.
La difficulté d'apprécier les causes et la composition des calculs biliaires ne permet guère d'indiquer ici les préceptes hygiéniques qu'il convient d'appliquer à leur traitement préservatif. Ce que l'observation semble avoir appris de plus positif à l'égard de ces calculs , c'est que toutes les causes qui augmentent l'embonpoint disposent particulièrement aux concrétions biliaires. J'en possède deux exemples extrêmement remarquables observés chez deux dames d'une obésité excessive. Nul doute que, dans ces cas, le régime ne doive tendre à empêcher Taccumulation de-la graisse chez les personnes qui ont éprouvé une première fois cette affection. On doit, par la même raison, éviter le repos trop absolu , les liqueurs spiritueuscs et autres cau.ses capables d'hydrcgéniser le sang, et de favoriser ainsi le retour des mêmes accidens.
Les personnes qui ont rendu des calculs intestinaux doivent également s'astreindre -1 certaines règles hygiéniques dirigées contre la cause et le mode de formation de ces calculs. Leur texture, analogue à celle des calculs des animaux ruminans , et leur composition intime, dans laquelle domine presque constamment le phosphate de chaux , sembleraient devoir , sinon exclure , du moins contre-indiquer , dans certains oas , l'usage des végétaux. Mais on ne doit pas oublier que cette espèce de calculs peut avoir plusieurs origines, d'après lesquelles le traitement hygiénique, comme le traitement général, doit nécessairement varier. Souvent la constipalion parait être l'unique cause des calculs intestaux, et, dans ce cas, l'indication principale est d'entretenir la lib<»rté du ventre par un régime convenable, par un doux exercice, par des lavemens et des boissons laxatives.
Les calculs ont aussi leur traitement général , aussi variable que les accidens auxquels ils peuvent donner naissance. La douleur et l'inflammation sont les deux accidens que le praticien est le plus souvent . appelé à combattre dans les cas d affection calculeuse ; des saignées générales et locales , des bains tièdes , des cataplasmes cmollicns, des narcotiques employés sous toutes les formes , des boissons émulsives, etc., tels sont les moyens les plus propres h calmer ce genre d'accidens. Mais la nature même de la cause qui y donne lieu ne permet guère des les voir constamment suivis d'un prompt succès. Ils ne sont et ne peuvent être que des palliatifs plus ou moins efficaces , ou des préparatifs à l'application des moyens plus positivement curatifs. {P. Jolly. )
CALCULS EN PARTICULIER {chimie médicale). On trouve des calculs ou concrélions dans tous les organes de l'homme et des animaux; nous nous bornerons à rappeler ceux qui appartiennent au corps humain , comme étant les seuls qui se rattachent à l'objet de ce Dictionnaire.
Concrétions arthritiques. — Ces concrélions varient peu dans leur composition ; car , à des époques et dans des lieux différens , elles ont offert le même principe à l'analyse. Ainsi , Tennant et Wollaston en Angleterre , et Fourcroy en France, les ont trouvées composées d'urate de sonde. Depuis, MM. "Vogel et Laugier ont seulement remarqué qu'on y trouvait, en outre , de Vurate de chaux j un peu de chlorure de sodium, et une matière animale qui, de même que dans tous le corps de formation semblable, sert de lien aux particules salines. Ces concrétions sont en général blanchâtres , légères et friables ; elles sont solubles dans l'eau bouillante, à l'exception d'im petit résidu de mucus ou d'albumine coagulée. Les acides versés dans la dissolution concentrée en précipitent l'acide urique.
Calculs biliaires. — La vésicule du fiel devient très-fréquemment le siège de calculs nui , souvent , peuvent exister nombre d'années sans qu'aucun symptôme en fasse soupçonner l'existence, mais qui, d'autres fois, gênent ou suspendent le cours de la bile, et déterminent des altérations plus ou moins graves dans diverses fonctions de récononiie. Ces calculs sont généralement formés d"un principe gras cristallisable , découvert par Poulletier de La Salle, étudié ensuite par Fourcroy , et définitivement caractérisé par M. Chevreul, qi]i lui a donné le nom de cholcscérine. Quelquefois cette matière s'y trouve presque pure et sous forme de lames blanches et brillantes; mais habituellement elle est colorée par de la bile, ou mélangée de mucus coloré lui-même en jaune et décrit par quelques chimistes sous le nom particulier de matière jaune delà bile. Quelquefois enfin ces concrétions sont presque entièrement formées de bile épaisse. I-e docteur Marcet fait mention d'un calcul biliaire de 2 pouces 5/8 de longueur sur 2 pouces 1/4 de largeur, uniquement composé de carbonate de chaux teint par de la bile ; c'est le seul exeniple connu d'unu semblable composilion.
Les caractères physiques et chimiques de ces calculs suivent leur diversité de principes constitutifs. Ceux qui sont lamelleux ou striés et composés en grande partie de cholestérine , sont légers , blancs ou jaunâtres, fusibles au feu, et presque entièrement solubles dans l'alcool bouillant. Ce liquide, refroidi, laisse cristalliser la cholestérine.
M. Oifila a examiné un calcul trouvé dans la vésicule biliaire d'une fille de M ans, qui pesait 2 grammes, était d'un vert foncé, à surfaces lisses, sans odeur ni saveur, très- friable. Mis sur les charbons ardens , il se boursouflait sans s'enflammer , et dégageait une odeur de corne brûlée. Il cédait à l'eau , et surtout à l'alcool , une petite quantité des principes de lu bile; mais la presque totalité delà substance, insoluble dans ces deux menstrues, n'était que du mucus coloré en jaune. ( Annales de Chimif, tom. SI, pag. 34.)
CALCULS
CALCULS
Un autre calcul, analysé par M. Caventoii {Journal pharmaceut., tom. 3, pag. 369), et retiré du canal cyslique d'une jeune fille hystérique morte subitement, était d'un jaune rougeàtre, lisse et d'une forme octaédrique arrondie. Il était en partie soluble dans l'alcool qui laissait cristalliser de la cholestérine et retenait de la bile en dissolution. Le résidu insoluble était rougeàtre et composé encore de cholestérine, du mucus animal et d'une matière noire contenant du fer. D'autres calculs semblables se trouvent analysés dans le Journal de Chimie médicale , tom. 3 , pag. 572.
CoîicnÉTiONS CÉRÉBRALES. — Lcs concrétioDS formées dans le cerveau dé l'homme ont jusqu'ici peu attiré l'attention des praticiens, puisqu'elles ne sont mentionnées dans aucun des dictionnaire qui ont précédé celui-ci. Elles paraissent varier dans leur nature , suivant la cause morbifique qui leur a donné naissance. Ainsi, M. La.ssaigne ayant analysé une concrétion molle trouvée dans le cerveau d'un vieillard, et dont la formation première était attribuée à un ancien épanchement sanguin, a vu qu'elle était composée de Jihrine presque entièrement, d'une petite quantité de cholestérine, et de quatre centièmes de phosphate et de carbonate de chaux. (Journal de chimie médicale ^ t. I , pag. 270.) Celle qui a été examinée par M. Morin , de Rouen, quoique formée des mêmes élémens , mais en proportion inverse , peut difficilement être attribuée à la même cause. Cette concrétion , du poids de deux grammes , était aplatie , pou compacte et attaquable par l'ongle. Elle se fondait en partie par la chaleur, et prenait un aspect nacré par le refroidissement. Traitée par l'alcool , elle fournissait une grande quantité de cholestérine. La partie insoluble dans ce menstrue se dissolvait avec une légère efTervescence dans l'acide hydrochlorique , et laissait un résidu floconneux , fort peu abondant , de nature albumineuse. La portion dissoute par l'acide était formée de phosphate et de carbonate de chaux.
On pourrait s'étonner de voir ces deux calculs présenter à l'analyse le principe cristallisable delà bile ; mais on sait aujourd'hui que cette espèce de corps gras se trouve dans un grand nombre de liquides et de concrétions pathologiques de l'homme et des animaux , d'où il est probable qu'il est un de leurs principes naturels , dont la présence et la quantité ne sont sensibles que lorsqu'il devient prédominant , et qu'il s'accumule et se dépose dans quelques-unes de leurs parties.
Calculs des sinus froktaux. — On trouve dans la Gazelle médicale de Paris, tom. I, n° 2, l'histoire d'une femme qui éprouvait un mal de tête revenant régulièrement tous les jours, et qui semblait partir du sinus frontal gauche et se propageait dans tout le côté correspondant de la tête. Ajirès plusieurs années de douleurs, sans presque aucune interruption, elle rendit , à la suite d'une prise de tabac , par la narine gauche, un calcul du volume d'une fève. Il en résulta de suite une amélioration. Plus tard , elle rendit, sous l'influence de la sternutation , plusieurs autres calculs qui furent suivis de suppuration très-fétide et enfin de la guérison.
L'analyse de ces calculs a prouvé qu'ils étaient composés de phosphate do chaux, de carbonates de chaux et de magnésie j de quelques traces de soude, d'oxide de fer et de matière animale.
Calculs gastriques. — On a trouvé dans l'estomac de l'homme différentes espèces de calculs, et particulièrement des concrétions biliaires , des sels calcaires, et des sortes d'égagropiles formées de poils où de cheveux agglutinés par du mucus; M. Portai en a trouvé une qui avait le volume et la forme d'un œuf de pigeon. Mais les plus extraordinaires , sans contredit, sont celles qui ont été examinées par M. Braconnot. {Annales de chim. phj s., iota. 27, pag. 194. )
Ces concrétions , rendues avec des vomissemens de sang par une fille de 36 ans, non réglées et d'un aspect cachecti(|ue , ont la forme de pralines ou do noisettes ; elles sont tuberculeuses à l'extérieur, souvent creuses ou goédiques à l'intérieur , d'une substance grenue, jaunâtre, brillante, et cristalline lorsqu'on les regarde au soleil. Elles ont présenté à M. Braconnot toutes les propriétés du ligneux , et se trouvent être de même nature , par conséquent , q-ie la poudre sablonneuse dont j'ai fait mention à l'ai ticle des concrétions intestinales. M. Braconnot paraît penser que cette substance est un produit particuior de la sécrétion du tube digestif, qui s'est consolidé en se réunissant par suite d'une force attractive, et adonné naissance à ces masses lisses, lapidiformes.
Calculs hépatiques. — Les calculs hépatiques sont ceux que l'on trouve dans le foie , soit dans les vaisseaux excréteurs de la bile , soit dans la substance même de cette glande , soit enfin dans des kystes qui paraissent être la suite d'une inflammation causée par leur présence. On les a vus , plus d'une fois , déterminer des abcès qui se sont ouverts à l'extérieur du corps , et sortir par cette voie. Malgré la fréquence de ces concrétions, je n'en connais aucune analyse.
Il est peu douteu:i , d'ailleurs , que celles contenues dans les vaisseaux excréteurs de la bile ne soient de même nature que les calculs de la vésicule ; mais beaucoup d'autres paraissent être de nature calcaire.
Calculs intestinaux. — On nomme ainsi les calculs trouvés dans les intestins de l'homme et des animaux; cela ne veut pas dire que tous s'y soient formés ; beaucoup au contraire peuvent l'avoir été dans des organes ou viscères autres que les intestins, puis y être descendus par les canaux qui leur servent de communication. Il convient donc de distinguer , dans les calculs intestinaux :
1° Ceux qui ont été formés dans des organes autres que les intestins. Ces calculs , les plus fréqucns chez l'homme , sont presque toujours des concrétions biliaires. Le plus souvent aussi ils sortent immédiatement par l'anus; mais le volume considérable de quelques-uns doit faire penser que d'autres fois ils séjournent dans les intestins et s'y accroissent par juxta-position de nouveau.x élémeus de la bile;. Telle était sans doute la concrétion du volume d'une noix ana-
lysée par M. Y o^eX {Journal pharmaceut., tom. 6, pag. 246), et qui était presque entièrement composée de cholestérine , et celles non moins volumineuses analysées par M. Robert (i'&t'c?., tom. 8, pag, 154 et 156), dont la première surtout offrait à son centre un noyau solide de cholestérine cristallisée , limité par une couche verdàtre de matière colorante de la bile , et recouvert d'autres couchesi concentriques et friables de cholestérine. Il est à remarquer que ces sortes de calculs ne paraissent pas propres à s'accroître des substances salines ou cal-; caires contenues dans les intestins, ce qui peut s'expliquer par leur naturel grasse qui repousse celles-ci.
2° Ceux qui ont pris naissance dans les intestins mêmes. Ce sont de véritables bézoards formés par couches concentriques de phosphate calcaire ou am-i moniaco-magnésien , déposé sur des corps étangers, tels que des noyaux de fruits, une aiguille, un excrément endurci, etc. Ces calculs, beaucoup plus rares chez l'homme que chez les animaux, acquièrent cependant quelquefoisi dans les intestins du premier un volume et un poids considérables.
3» Enfin, il convient de faire mention de différentes concrétions formées dans les intestins de l'homme par le feutrage ou la coagulation de diverses substances ingérées dans son estomac; il est rare d'ailleurs que ces substances n'aient pas été imprégnées des sucs intestinaux, qui le font participer plus ou moins de la nature animale. Ainsi, M. Grande a décrit des concrétions considérables formées de carbonate de magnésie consolidé au moyen d'un peu de mucus, et a noté que l'individu chez lequel on les a trouvées faisait un usage journalier de la magnésie. Le docteur Marcet a examiné une autre espèce singuUère de calcul qui paraît commune en Écosse. Elle était couverte d'une couche saline , mince et unie ; mais l'intérieur offrait une substance veloutée alternant avec d'autres couches salines, composées de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien. La substance veloutée était de nature végétale , et un examen attentif a fait reconnaître qu'elle était formée de petites fibres que l'on voit implantées à l'une des extrémités de la semence d'avoine, dont les basses classes de plusieurs parties de l'Écosse forment leur pain.
M. Laugier a pareillement examiné les concrétions fibreuses et feutrées qiii offraient toutes les propriétés de la fibre ligneuse , et l'on a fait la remarque i| que la personne qui les avait rendues mâchait et avalait par intervalle des morceaux de racine de réglisse.
11 est moins certain qu'il faille comprendre dans, la catégorie précédente deux • sortes de substances qui ont été observées plusieurs fois dans les déjections i( alvines de plusieurs individus. |
La première est sous la forme d'un sable jaunâtre assez fin , plus pesant que | l'eau , granulé , sphérique ou tuberculeux. Les grains ont une cassure unie , et i se réduisent assez facilement en poudre. L'analyse a montré qu'ils étaient j| formés de quatre -vingt-huit parties d'une matière analogue au ligneux des végé- j taux, de deux parties de mucus et principe résineux, et de dix parties j de matières salines. Cette singulière substance avait été rendue, à la suite d'un | purgatif, par un homme de quarante-cinq ans, d'un tempérament bilieux et !i| souffrant depuis longues années des douleurs plus ou moins aiguës dans la i| région du foie. {Journal de chimie médicale, tom. 5, pag. 625.) C'est sans i doute utie substance analogue qui fait le sujet de l'observation de M. Robert. {Journal pharmaceut. , tom. 7, pag. 157.) i
La seconde est de la nature de la fibrine ou de la matière caséeuse. Elle con- j stitue des concrétions molles, élastiques, blanchâtres ou jaunâtres, à surface i grasse ou onctueuse, rancissant par la dessication. Ces concrétions sont en partie I solubles dans l'alcool ou dans l'éther , et laissent pour résidu une substance I qui a toutes les propriétés de la fibrine. Plusieurs concrétions de cette nature ( ont été examinées par MM. Marcet et Wollaston {Annales de chimie phfsi- \ cale , tom. 13 , pag. 40) , par MM. Lessaigne et Dublanc ( Journal de chimie I médicale , tom. 1 , pag. 1 19 et 496) , et probablement aussi par MIM. Colombot =1 et Caventou {Journal pharmaceut., tom. 15, pag. 73). J'ai moi-même examiné \ plusieurs concrétions semblables rendues par une demoiselle phthisique, et t| qui avait été mise, par M. Leveillé jeune , son médecin, à l'usage du lait. Il est à remarquer que les concrétions analysées par M. Lassaigne ont aussi été rendues par une jeune phthisique , et que le malade qui avait produit celles examinées par "Wollaston était , dans ce temps même , au régime du lait ; c'est ce qui me les a fait ranger parmi celles qui sont le résultat d'une action incomplète des forces digestives sur un aliment ingéré. Cependant, l'observation qus les concrétions fibrineuses examinées par M. Dublanc , avaient été rendues par un enfant atteint d'une entérine aiguë , jointe à ce que j'en ai vu d'absolument semblables produites par une violente irritation des reins et de la vessie me fait croire que ces concrétions peuventaussi être , ainsi que les fausses membranes, le résultat de l'inflammation des surfaces muqueuses. Dans tous les cas , elles s'éloignent entièrement de la nature et de la formation ordinaire des concrétions calculeuses.
Calculs LACRYMAUX, MAMMAIRES, MÉSENTÉrIQUES , MUSCULAIRES, PANCRÉATI- QUES , piNÉAUx , PROSTATIQUES , PULMONAIRES. — Ccs différcus calculs Ont été rarement analysés, et quand ils l'ont été , ils ont toujours offert le phosphate de chaux comme ingrédient principal. Ce fait doit peu surprendre , ce sel étant commun aux liquides qui abreuvent les parties que les noms des calculs rappellent. Les calculs lacrymaux se forment, soit dans les follicules des caroncules lacrymales , soit dans le sac lacrymal , dans le canal nasal , ou dans le noz. Ou eu a vu quelquefois qui renfermaient un corps étranger sur lequel s'étaient déposées les couches de mucus et de phosphate de ohau-i. Les calculs formes dans les conduits excréteurs des mamelles ne paraissent pas encore avoir été examinés. Fourcroy , qui a fait mention de ceu.x que l'on rencontre
CALCULS
CALCULS
irement dans la fibre musculaire, présume qu'ils sont de la même nature que ;s concrétions arthritiques; mais M. le docteur Roche m'a^yant remis l'année ernière quelques calculs qui étaient situés le long du muscle sterno-mastoïien , chez une femme de quarante ans , et qui s'étaient fait jour par un abcès ercé à l'extérieur , )'ai pu m'assui-er que ces calculs étaient formés , sur cent arties, de quatre-vingts parties de phosphate de chaux , de douze de matière rasse , et de huit de mucus. Us étaient fort nombreux, de la grosseur d'un rain de millet à celle d'un petit pois, et d'une forme très-irrégulière. Les jlculs du pancréas ont été assimilés à ceux des glandes salivaires , et palissent en effet composés, comme eux, de phosphate et de carbonate de laux. Les petites concrétions de la glande pinéale ont été analysées par Wolston, qui les a trouvées formées de phosphate de chaux. M. Tliénard a retiré 5s calculs de la prostate quatre-vingt-six parties de phosphate de chaux et •eize parties de matière animale ; enfin le docteur Marcel a vu que les conétions granuliformes du poumon, ordinairement composées de phosphate de aaux, contenaient quelquefois un peu de carbonate; une seule fois il a ob- :rvé une portion des poumons d'un nègre, à la surface de laquelle il y avait lie incrustation blanche de phosphate ammoniaco-magnésien. Calculs ocdlaibes. — Fabrice de H\lden , Lancisi, Morgagni, Morand, inn,Haller, Scarpa , etc., ont parle de calculs trouvés dans l'intérieur de xil. Wardrop a vu la capsule du crystallin, la membrane de l'humeur vitrée, , la membrane hyaloide converties en substance claire. M. Maunoury, de harlres , a publié dans le premier volume de la Nouvelle Bibliothèque médiale , année 1826, l'observation d'un crystallin entièrement pétrifié. D'autres jleurs en ont publié des exemples non moins remarquables; mais l'analyse de ;s calculs n'ayant pas été faite, ou ne peut admettre que par analogie leur imposition.
Calculs sAUVAiREs. — Il n'est pas rare que les glandes salivaires, et surtout s parotides et les sublinguales , soient occupées par des concrétions calcuuses, qui y produisent de l'engorgement, un abcès, et souvent, par suite, le fistule salivaire. Parmi les faits les plus récens, je rapporterai l'exemple un malade de M. Husson, cité par M. Laugier (Journal de chimie médicale , m. 2, pag. 105), qui était atteint d'une angine tonsillaire très-intense. Au ornent où il faisait effort pour rejeter les mucosités amassées vers l'isthme du )sier , il sentit une vive douleur dans l'amygdale droite, et rejeta aussitôt du iicus sanguinolent et un petit calcul. Le poids en était de quatre centigrames ; il était tuberculeux et mamelonné, d'un blanc grisâtre, assez dur; il Lhalait par la trituration une odeur très-désagréable propre à ce genre de ilculs ; il était formé de deux centigrammes de phosphate de chaux , et d'un uiligramme d'eau, d'un demi-centigramme de carbonate de chaux, et d'un i;mi-centigrame de mucus d'une odeur très-fétide.
. Mon second exemple sera le calcul salivaire extrait par le docteur Giard , \ canal de Warthon, chez une femme sexagénaire qui le portait depuis l'âge ; dix ans. Il pesait sept grammes soixante-cinq centigrammes, était dur, 'oide, rugueux, blanc en dedans, friable , et formé de couches concentriques )pliquées sur un noyau fort petit. Il exhalait une odeur nauséabonde par le ottcment, et contenait principalement du phosphate de chaux , du mucus et 1 carbonate calcaire. M. Bosson, l'auteur de l'analyse, croit aussi y avoir remnu la présence d'un peu de magnésie. {Journal de chimie médicale , tom.5, ■ 8.91.)
Concrétions des vaisseaux sasguins. — Si l'on jette les yeux sur les résulits de l'analyse de plusieurs matières solides trouvées dans les artères , les Ivules du cœur , etc. , l'on voit que ce sont en général de véritables ossifica- )iis qui ont été examinées par les chimistes ; mais indépendammnl de ces subinces solide , dures , qui se rencontrent bien plus souvent chez les vieillards le chez les adultes , l'on observe aussi quelquefois des concrétions molles qui cupent la plus grande partie de la capacité du vaisseau où elles se sont forées , et y causent un obstacle toujours funeste à la circulation du sang. M. Lassaigne est le premier , à notre connaissance , qui ait examiné ces conétions et en ait déterminé la composition. Celles dont il a donné l'analyse aient été trouvées dans la veine poplitée d'un vieillard septuagénaire , mort la maison des aliénés de Charenton. Elles étaient rougeâtres, molles comme I blanc d'œuf coagulé, d'une forme parfaitement cylindrique et delà grosseur un tuyau de plume. Plongées dans l'eau froide, elles lui ont cédé de la matière dorante du sang , et sont devenues parfaitement blanches après plusieurs vages.
En cet état, on pouvait en quelque sorte les dérouler, et elles offraient l'asxt de ces membranes qui se forment à la suite d'inflammation des tissus, et le l'on a désignées sous le nom de fausses membranes. En dernier résultat , ces mcrétions étaient formées de fibrine colorée par du sang. Cette fibrine conteiiit une plus grande quantité de phosphate de chaux que celle retirée du sang ir les moyens ordinaires, dans le rapport de 4, 2 à 3, 5. { Journal de chimie édical, tom. 3 , pag. 157. )
Calculs SPERMATIQUES. — Ces calculs, que l'on rencontre quelquefois dans' s vésicules séminales et dans les canaux éjaculateurs , sont fort peu connus. . Collard de Martigny en a examiné quelques-uns qui étaient contenus dans le vésicule séminale. Ils étaient très- petits , irréguliers, et susceptibles de diinuer de volume par la dessication , ce qui indiquait une grande prédomiince de parties organiques, et peu de sels calcaires. Desséchés, ils étaient •uus, inodores, insipides, demi-transparens , assez durs, un peu élastiques, cassure vitreuse. Us étaient presque entièrement formés de mucus et d'albuiue coagulée. (Joui nal de chimie médicale , tom. 3, pag. 133.) Calculs uaïKAiRES. — On nomme ainsi les concrétions qui se forment dans t
l'urine, et que l'on rencontre le plus ordinairement dans la vessie, assez souvent aussi dans les reins , où ils paraissent se former d'abord , quelquefois dans les urethcres , et plus rarement encore dans le canal de l'urèthre.
Le plus ordinairement , les calculs sont libres dans la vessie; mais quelquefois ils sont adhérens à un point de sa surface , ou renfermés dans des kystes qui font partie de la substance même de cet organe. Dans ce dernier cas, les symptômes diagnostiques ne sont plus les mêmes ; l'écoulement de l'urine ne s'arrête plus subitement; on ne ressent pas de douleur dans le pénis , etc.
Les substances qu'on a découvertes jusqu'à présent dans les calculs urinaires sont au nombre de huit, savoir : l'acide urique , l'urate d'ammoniaque , le phosphate de chaux, le phosphate ammoniaco-magnésien, l'oxalate de chaux, la silice , l'oxide cystique , l'oxide xanthique ; on peut y joindre une matière animale de la nature du mucus, qui , en proportion variable dans les différens calculs, sert de lien aux ingrédiens qui les composent.
Il arrive rarement que chacune des substances précédentes existe seule dans les concrétions urinaires ; presque toujours , au contraire , elles sont diversement mélangées entre ellé's , et de là résultent un assez grand nombre d'espèces de calculs qui ont été déterminées , soit par les illustres Fourcroy et Vauquelin , soit par Wollaston et M. Marcet; en voici l'énumération et la proportion relative , sur la totalité de ceux qui ont été analysés.
Calculs simples.
Ire espèce. Calculs d'acide urique, environ un quart.
2me Urate d'ammoniaque pur , très-rare.
3™e Oxalate de chaux (calcul mural) , environ un cinquième.
4me Phosphate de chaux pur, très-rare.
5me Oxide cystique , rare.
Qme 0.xide xanthique , très rare.
Calculs composés.
7m« Acide urique et phosphates terreux en couches distinctes, environ
un douzième.
gme Les mêmes, mêlés intimement, environ un quinzième.
Qme Phosphates terreux intimement mêlés ( calcul Jïisible ) , environ un
quinzième.
lOme Oxalate de chaux et phosphates en couches distinctes , environ un
quinzième.
lime Oxalate de chaux et acide urique en couches très-distinctes , environ un trentième.
12me Urate d'ammoniaque et phosphates en couches distinctes environ
un trentième.
13nie Les mêmes mêlés intimement, environ un quarantième.
14ms Oxalate de chaux, acide urique ou urate d'ammoniaque et
phosphates terreux , environ une soixantième.
15me Silice, acide urique, urate d'ammoniaque et phosphates terreux ,
environ un cent-cinquantième.
Les calculs diacide urique j provenant de la vessie , sont ordinairement arrondis ou en forme d'amande, de la grosseur d'un œuf de pigeon à celle d'un œuf de canard ; leur surface est unie, ou quelquefois légèrement tuberculée ; leur couleur est brunâtre, ressemblant un peu à celle du bois d'acajou. Ils noircissent au feu , émettent une odeur animale particulière , et disparaissent graduellement, en laissant seulement une petite quantité de cendre Jj. ils se dissolvent presque sans résidu dans une grande quantité d'eati houillànteV d'où l'acide se précipite par le refroidissement. Us sont solubles dans l'ammoniaque, les carbonates alcalins , les acides hydrochloriquc et sulfurique affaiblis; mais ils se dissolvent avec la plus grande facilité dans la potasse et I^ soude caustiques. Us se dissolvent même assez aisément dans l'eau de chaux, ainsi que l a vu Scheéle , à cause de la solubilité de l'urate de chaux , propriété bien singulière dans ce sel , lorsqu'on pense à l'insolubilité de son acide , et au peu de solubilité de la base.
Enfin l'acide urique se dissout dans l'acide nitrique , et forme par son évaporation à siccité , un produit d'une belle couleur pourpre, contenant un acide particulier , qui en a pris le nom (Vacide purpuricjue.
Les calculs A'urate d'ammoniaque sont d'un gris de cendre, brûlent sans résidu sensible , dégagent une forte odeur d'ammoniaque en se dissolvant dans les alcalis caustiques , et jouissent d'ailleurs des autres propriétés de l'acide urique.
Les calculs iVoxalate de chaux ont très-souvent une surface inégale et tuberculeuse comme celle des mûres , ce qui leur a valu le nom de calculs muraux ; mais quelquefois aussi ils sont lisses , octaédriques arrondis , et comme usés par le frottement. Us sont communément bruns , composés de couches ondulées. Us dégagent d'abord une odeur animale au feu ; mais ils blanchissent bientôt, et laissent un résidu de chaux pure ou carbonatée. Il est rare qu'ils ne contiennent pas une certaine quantité d'acide uriqneetde phosphate de chaux.
Les calculs de phosphate de chaux pur sont très-rares ; suivant Wollaston ils sont généralement d'un brun pâle à l'extérieur, et tellement unis qu'on les dirait polis. Lorsqu'on les scie en travers , on les trouve formés de lames trèsrégulières peu adhérentes , et qui se séparent très-facilement eu plusieurs couches concentriques. Ces calculs, pulvérisés, se dissolvent sans dilficulté dans les acides hydrochlorique et nitrique; ils ne sont pas attaqués par les alcalis. E.xposés au chalumeau , ils noircissent d'abord à cause de la matière animale qu'ils contiennent ; mais bientôt ils deviennent parfaitement blancs et résistent alors à l'action du chalumeau.
Les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien, à l'état de pureté, ne se
CÀLCtJLS.
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