CARBONIQUE
lUpables ; ils sont bien surpris , par la suite , qu'elles donnent lieu à des effets ut à fait opposés, et d'autant plus alarmans qu'ils compromettent souvent existence de l'individu qui en est l'objet.
Les principes actifs des cantharides sont-ils absorbés? Il est peut-être fficile de résoudre cette question d'une manière tout à fait affirmative ou jwative. En effet, les expériences les plus conc luantes , relativement à l'absorpon, sont celles qui consistent à appliquer un poison sur une partie quelconue d'un animal , et à rechercher les effets généraux qu'elle produit; or les jplicatious locales des préparations de cantharides amènent une inflammation lUement vive dans la partie qui en est le siège, qu'il est difficile de bien isoler s phénomènes d'absorption des phénomènes sympalhiques; cependant l'action mstante des cantharides sur l'appareil génito-urin^aire , dans les cas où on îplique des vésicatoires non camphrés , établit de fortes présomptions en fai'.xir de l'absorption de la cantharidine.
Dans tous les cas où le médecin sera appelé pour donner des soins à un iiididu placé sous l'inûuence de ce poison , il devra diriger ses vues sur trois rdres d'organes différens : 1" sur la partie qui aura été en contact avec la ibstance vénéneuse ; 2° sur l'appareil genito-urinaire ; 3" sur le système nerieux. Provoquer l'expulsion du poison est une des principales conditions à pmphr; il y parviendra en faisant prendre au malade une grande quantité eau tiède. Il devra ensuite introduire dans l'estomac des préparations mucijgiaeuses et huileuses , qui dans ces sortes de cas amènent eu général de bons isultats. Il faudra administrer le camphre à haute dose, soit en frictions, lit en lavemens , et l'associer à l'opium , afin d'agir sur le système nerveux et 5 calmer son irritation. Le camphre est le médicament le plus héroïque cone ces affections. On a retiré des avantages d'injections huileuses dans le canal î l'urètre , le vagin et le rectum. Ces moyens doivent être suivis d'évacuations nguines au voisinage des parties les plus enflammées.
Envisagées sous le rapport de la thérapeutique , les cantharides rendent tous s jours de grands services à la médecine , moins comme médicament à l'usage Iterue que comme topique. Toutes leurs préparations ont cependant été admiistrées à l'intérieur. Poudre, teinture alcoolique, teinture éthérée ont été années , associées à des potions pour exciter l'appareil cérébro-spinal , ou ins certaines affections de l'appareil géuito-urinaire ; ainsi , dans des paralyes de vessie , on a quelquefois retiré des avantages de la teinture administrée la dose de trois , quatre , six ou dix gouttes dans une potion. Souvent on fait ire des frictions sur le ventre et à la partie interne des cuisses avec la teinture endue d'une certaine quantité d'alcool ; souvent même on a appliqué , soit i-dessus des pubis , soit au périnée , des vésicatoires préparés avec la poudre ins le même but, et c'est alors que médecin doit recommander son mode de péparation , les vésicatoires faits avec la teinture éthérée , ramenée à l'état jextrait , n'exerçant que très-peu d'action sur la vessie. Dans tous ces cas on en vue l'absorption des principes des cantharides. Mais dans d'autres cirinstances on met principalement en jeu leur propriété épispastique , et c'est" ir elle que le médecin base l'efficacité du moyen qu'il emploiera. Ainsi dans s affections rhumatismales chroniques , dans les tumeurs blanches des articutions , dans les névralgies qui persistent depuis long-temps, dans l'affaiblisse- [ent de l'action de la moelle sur les organes, on emploie les vésicatoires i^mme stimulant local, et l'on en retire de très-grands avantages (voj-ez 'Vési- ^ToiREs). Du reste , l'action vésicante se produit dans un espace de temps difrent suivant la préparation que l'on a employée. Il est d'observation que la jinlure éthérée de cantharides , suffisamment concentrée , la développe dans sspace de dix à vingt minutes. La teinture alcoolique emploie une ou deux ' ures à la produire, et la poudre , incorporée à de l'axonge , ou à un on-
ent , quel qu'il soit , ne détermine de vésication qu'après six , huit ou dix ^ures. Ces effets sont, du reste, très-variables suivant les individus, dont la bau , plus ou moins fine , plus ou moins irritable , reçoit une influence vaable. (Alph. Devergie.)
CANTHARIDINE. rojez Camthahide.
CAPELINE , s. f. Capistrutn , bandage spécialement destiné à recouvrir la )te. Une bande, longue de douze à quinze mètres, roulée à deux cylindres légaux , sert à appliquer la capeline. Le plein de cette bande est posé sur le jont ; les deux cylindres , conduits à la nuque , y sont croisés de telle sorte , ue le plus petit passe au-dessous du plus gros, et soit ensuite renversé d'arlère en avant, le long de la structure sagittale jusqu'à la racine du nez. Le cyndre le plus volumineux achève de faire circulairement le tour du crâne et ient passer sur le jet de l'autre qui est renversé de nouveau d'avant en arrière ers la nuque. On continue ainsi les circulaires d'une part et les renversés de autre , jusqu'à ce que toute la surface du crâne soit recouverte , et l'on épuise Qsuite le cylindre le plus volumineux par des circulaires qui affermissent le andage.
Oa emploie quelquefois la capeline pour maintenir les appareils appliqués la surface des plaies , à la suite des amputations ; les circulaires entourent lors la base du moignon ef les renversés sont jetés sur son extrémité. Mais ces andages sont trop compliqués , trop peu solides , pour qu'à la tête comme aux lembres on ne les remplace pas par des moyens plus simples. La capeline ite de la clavicule, qui recouvrait le moignon de l'épaule, est tombée dans n oubli d'où il serait complètement inutile de chercher maintenant à la reirer. ( L. J. Bégin.)
CAPILLAIRE. On désigne sous le nom'de capillaire , et l'on emploie à peu irès indifféremment l'une pour l'autre, plusieurs plantes de la famille des fou- :ères , dont les propriétés sont d'ailleurs si faibles , qu'elles méritent à peine e soin qu'on s'est donné pour les distinguer. Quoi qu'il en soit, on connaît dans
le commerce plusieurs espèces de capillaires qui ne diffèrent entre elles que par un peu plus ou moins d'arome , et qui sont ; l" le capillaire du Canada , adianthum pedatum , Linn. ; il vient de la contrée dont il porte le nom ; 2" le capillaire de Montpellier , adianihum capillus Veneris , qu'on recueille dans le midi de la France ; i° \e capillaire noir, asplcnium adianthum nigrum , trèscommun dans les parties septentrionale et centrale de la France. Les deux premières espèces sont les plus estimées , et se trouvent le plus souvent confondues dans les officines. La dernière est généralement rejetée; elle n'a pas, en effet, le parfum que présentent les autres, originaires de pays plus chauds et plus favorables au développement des plantes aromatiques.
- Les feuilles de capillaire du Canada et de Montpellier présentent une odeur aromatique fort agréable, mais peu intense, et une saveur légèrement amère et styptique. Ni l'une ni l'autre ne sauraient les faire ranger au nombre des médicamens actifs , et nous avons sous la main une foule de plantes aromatiques qui doivent - assurément lui être préférées, dans tous les c^s où l'on a besoin d'un médicament tant soit peu énergique. Aussi le capillaire ne figuret-il qu'au nombre des plantes propres à faire des infusions, à l'usage des malades qui ne savent pas prendre , et des médecins qui n'oseraient pas prescrire, de l'eau sucrée. La quantité minime de principes actifs que cette fougère peut céder à l'eau ne permet pas de croire qu'elle lui communique aucune propriété notable.
C'est dans les catarrhes pulmonaires légers, et dans d'autres inflammations peu considérables des membranes muqueuses, qu'on emploie l'infusion et plutôt encore le sirop de capillaire. La dose de ces deux médicaments n'a pas d'autre mesure que le goût des malades , et Ton peut le porter aussi loin que possible , sans en redouter de mauvais effets. (F. Ratier. )
CARBONATES. ( Chim. méd. ) On nomme ainsi les sels qui résultent de la combinaison de l'acide carbonique avec les bases ou oxides salifiaLles. Ils jouissent tous de la propriété caractéristique de faire une vive effervescence lorsqu'on les traite par un grand nombre d'acides, et notamment par les acides sulfurique , nitrique , hydrochlorique , acétique, etc. Leurs autres propriétés , qui sont assez différentes, dépendent de trois circonstances principales ; savoir -. de la solubilité ou de l'insolubilité de leur base qui les rend eux-mêmes presque toujours solubles ou iusolubles ; de l'affinité plus ou moins grande de la base pour l'acide , qui Ics rend indécomposables ou décomposables par la chaleur ; enfin, de la proportion relative de leurs composans qui les constitue, sels neutres , soui-sels , bi-sels , etc.
Les carbonates dont la composition répond à celles des autres sels neutres ( sulfates ou nitrates neutres) sont considérés comme neutres eux-mêmes, quoiqu'ils jouissent , lorsqu'ils sont solubles dans l'eau, d'une assez forte énergie alcaline. Ils sont composés de telle manière que l'acide y contient deux fois l'oxigène de la base.
Les trois seuls qui soient solubles dans l'eau (ce sont ceux de pousse, de soude et d'ammoniaque) précipitent la plupart des autres dissolutions salines , et notamment celles des sels magnésiens ; tandis que les bi-carbonates (c'est-àdire ceux qui contiennent deux fois autant d'acide que les carbonates neutres) pi'é-. cipitent souvent ces mêmes dissolutions salines moins complètement, parce que le nouveau carbonate formé reste en tout ou en partie dissous par l'excès d'acide carbonique. C'est ce qui a lieu notamment pour les sels calcaires , et surtout pour ceux à base de magnésie , qui ne sont nullement précipités à fi'oid par les bi carbonates alcalins ; mais le précipité se forme par l'application du calorique qui dégage la partie dont l'affinité retenait le carbonate magnésien en dissolution.
yojez, pour les propriétés particulières des carbonates utiles en médecine, les articles de métaux ou des oxides qui servent de base , tels sont : Ammoniaq ue , Fer , Magnésie , Potasse , Soude , etc. ( Guibocrt. )
CARBONIQUE (acide). {Chimie médicale.) Ctl acide, nommé autrefois acide aérien, air méphitique , acide crayeux , est formé par la combinaison du ca?'èo7ie ou charbon pur avec l'oxigène. Il contient pour cent parties pondérales 27, 67 de carbone et 72, 33 d'oxigène ; ou, d'après ce qu'on suppose , parties égales en volume.
L'acide carbonique est naturellement gazeux , incolore et transparent comme l'air, mais une fois et demie plus pesant, et d'une odeur un peu piquante. Il éteint les corps en combustion , et tue les animaux qui le respirent. Il existe cependant dans l'air; mais dans la proportion d'un millième seulement; si ce n'est dans quelques lieux bas où il s'accumule, et où alors il est impossible de vivre.
On l'obtient facilement à l'état gazeux , en traitant un carbonate , par exemple celui de chaux, par un acide, dans un flacon muni d'un tube qui conduit le gaz sous des cloches pleines d'eau ou de mercure.
A la température ordinaire et sous la seule pression de l'atmosphère , l'eau dissout à peu près son volume d'acide cârbonique ; mais elle en prend cinq ou six fois davantage par la pression d'une pompe foulante, et devient alors trèsmousseuse , aigrelette et rougit la teinture de tournesol. On utilise cette propriété pour préparer des eaux acidulés gazeuses artificielles qui imitent, au moins sous le^apport de l'acide carbonique qu'elles tiennent en dissolution , les eaux gazeuses naturelles. {Voyez Eacx minérales artificielles.)
( Guieourt. )
CARBONIQUE (acide). {Thérapeutique.) L'acide carbonique, dont les propriétés physiques et chimiques sont bien connues , est souvent employé comme médicament, soit qu'on l'administre isolé, soit, ce qui est plus ordinaire, qu'il fasse partie d'un composé médicamenteux naturel ou artificiel. Les effets délétères de cet acide , lorsqu'il se trouve répandu en grande pro-