‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 124 sur 234 · CAUCHEMAR · texte numérisé non relu

CAUCHEMAR

CAUSTIQUES

prostate et le col , et en resserrant la partie membraneuse de riuèlhre, ren- ;nt assez constamment l'abaissement et la dilatation de ces parties avec l'inrument droit fort douloureux, ou même impraticables. Il en est de même rsque la prostate est irritée et son lobe moyen rendu saillant à l'entrée de la issie. On doit donc, lorsqu'aucuu intérêt pressant, lorsqu'aucune indication éciale ne s'y rattache, préférer pour le cathétérisme les instrumens raodéréent recourbés à ceux qui sont complètement droits. Quant aux précautions lelquefois nécessaires pour habituer le canal à l'usage de ces derniers, il en ra question â l'article Lithotkitie , opération pour laquelle leur emploi est irticuiicrement réservé.

C. Cathétérisme exécuté avec les sondes molles ou les bougies. — Le cathétésme pratiqué avec des sondes molles , ou avec des bougies flexibles, peut être ;écuté presque iudifiëremraent dans la situation couchée du sujet, ou pendant l'il se lient debout. Cependant cette dernière position est plus favorable que lutre. Le malade alors doit être devant le chirurgien. Le pénis étant allongé

tenu avec la main gauche, comme s'il s'agissait du cathétérisme avec un slrument droit , on porte dans le méat urinaire l'extrémité de l'instrument, •éalablement enduit d'un corps gras; puis, on continue de le pousser, en le urnant entre les doigts , jusqu'à ce qu'il pénètre dans la vessie. Ce mouvement )il être exécuté avec lenteur , et de telle sorte que la sonde marche en avant, peu près comme le ferait une vrille qu'il s'agirait de faire pénétrer dans un

iirps plus ou moins solide. Ce mode de cathétérisme convient surtout lorsque ntroduction des sondes doit être souvent répétée, chezles sujets dontl'urèthre t irritable. On l'emploie aussi d'une manière spéciale dans les cas de rétrécismens de l'urèthre , ou d'autres maladies des voies urinaires , et nous aurons^ I traitant de ces affections , l'occasion d'y revenir plus longuement. § II. Cathétérisme chez la femme. — L'opération du cathétérisme est ujours plus simple et plus facile à pratiquer chez la femme que chez l'homme, algalie dont on fait usage alors est longue seulement de six à huit pouces , et peine recourbée à son extrémité. La malade étant couchée sur le dos , les lisses à demi fléchies et écartés, le chirurgien, placé au côté gauche de son , sépare avec le pouce d'une part, et de l'autre avec les doigts médius et nulaire de la main gauche, les grandes et les^petiles lèvres ; puis , glissant ndicateur de la même main le long du vestibule , il reconnaît le léger enfournent qui marque , immédiatement au dessus de l'entrée du vagiu , l'orifice l'urèthre. Guidée par ce doigt, l'extrémité de l'algalie, convenablement duite d'un corps gras, doit être dirigé vers l'enfoncement dont il s'agit, gagée dans l'urèthre et portée vers la vessie. La concavité de l'instrument est nstamment dirigée vers la symphyse. Si l'on éprouvait cjuelques diflîcultés h nélrer dans le col vésical , de légers mouvemens de rotation et l'abaissement I pavillon de la sonde la feraient ordinairement disparaître. Dans les cas plus rieux, le doigt introduit dans le vagin permettrait de reconnaître aisément la iture de l'obstacle et fournirait dès lors l'indication des moyens à employer lur y remédier. ( Ployez les articles Antervehsion et Réterversion de la atrice.) Comme l'urèthre de la femme est rarement le siège de retrécisseens , et que le col de sa vessie est dépourvu de prostate , il est peu ordinaire le l'on ait à pratiquer sur elle le cathétérisme , ou que l'on rencontre des istacles sérieux à cette opération. Le chirurgien doit même s'habituer à la atiquer à l'aide du toucher, sans qu'il soit besoin de découvrir la malade et iexposer à la vue les organes de la géiié ration. ( Bégin et Lailemand.)

CATHOLICON , Fofez Electuaire.

CAUCHEMAR , incube de quelques auteurs, épilepsie nocturne de Galien , .te^Tijs des Grecs. On désigne sous ce nom un sentiment plus ou moins pénible oppression et de suffocation , qui survient le plus ordinairement pendant le nimeil, s'accompagne alors d'anxiété, de fi'ayeur, d'impossibilité de se mouir et d'articuler des sons , jusqu'à ce qu'un réveil en sursaut rende l'individu li en est affecté à la liberté de la respiration , des mouvemens et de la parole, e cauchemar peut se manifester dans l'état de veille, comme dans l'état de mmeil. Dans le premier cas, il constitue une sorte d'hallucination, et n'a lére lieu que chez les individus atteints ou menacés de maladies mentales ; il suite ordinairement d'idées fausses ou de réminiscences qui viennent traverser isprit d'une manière soudaine ; Georget l'a observé chez un mélancolique qui ait frappé tout à coup de l'idée qu'il devait être suffoqué toutes les fois qu'il lirait dans un lieu clos. M. Boisseau parle aussi d'un individu qui était affecté ! cauchemar vigil, quand il avait éprouvé les symptômes du cauchemar nocrne ; à l'instant où il fixait quelqu'un, il se rappelait l'être fantastique dont mage l'avait tourmenté pendant la nuit; il éprouvait un sentiment de malaise li se peignait sur ses traits profondément altérés ; sa respiration était trouée , sa parole , son maintien , sa physionomie , tout en lui décelait un homme appé soudainement du souvenir effrayant ou de la vue d'un objet qui inspire crainte. Le cauchemar nocturne ou somnolent est un véritable rêve qui pxerce sur la sensation du besoin de respirer, comme il en est qui s'exercent ir les sensations de la faim, de la soif, de la vision , de l'audition , du toucher. Pour se faire une juste idée du cauchemar, il faut se rappeler en effet que utes les sensations internes ou externes peuvent s'exercer pendant le sommeil j)m"me pendant la veille , que toutes peuvent être mises en jeu par des rêves, |)mme par des souvenirs , et offrir alors toutes les nuances, toutes les anomales dont elles sont susceptibles dans l'état de veille. On rêve que l'on éprouve lie difficulté ou une impossibilité d* respirer, comme on rêve que l'on éprouve j besoin de la faim ou de la soif, etc. , que l'on aperçoit un précipice , que l'on itend une voix menaçante , que l'on sent une odeur fétide , etc Or, le cauchear n'est autre chose que l'exercice msolite, exagéré, et en quelque sorte imanaire, de la sensibilité qui préside au besoin de respirer, et qui fait naître la

crainte delà suffocation. Quelquefois l'estomac seul paraît être le siège du cauchemar, comme Moreau de la Sarthe l'a observé chez un sujet qui, bien que soumis àunedièterigoureuse, rêvait, chaque fois qu'il s'endormait, qu'il avaitmange du jambon ou tout autre aliment indigeste, qui lui causait les angoisses d'une indigestion. Mais, le plus ordinairement, tous les organes qui sont sous la dépendance du nerf pneumo-gastrique participent à cette affection. Ainsi, l'estomac, le poumon , le larynx , sont simultanément affectés. I^a coordination du sentiment et du mouvement, nécessaire à l'exercice de leurs fonctions , se trouve suspendue, par suite d'une anomalie d'action de l'appareil nerveux de la digestion , de la respiration et de la phonation. Il est remarquable que cette difficulté d'articuler, dans le cauchemar, est réellement un des caractères propres de la maladie ; le malaise , les souffrances causées par d'autres rêves , qui mettent en jeu d'autres sensations , qui font naitre d'autres besoins , ne privent pas de la faculté de parler, de crier, comme il arrive dans le cas de cauchemar.

Le cauchemar peut, comme toutes les anomalies des sensations en général , tenir à trois ordres de causes , savoir : ou à un état de souffrance quelconcfue des organes digestifs et respiratoires, ou à quelque affection des nerfs qui leur appartiennent, ou, ce qui est le plus ordinaire, à un trouble de la faculté percevante de toute sensation , à un exercice insolite du cerveau ; comme on le remarque lorsque cet organe est sur excité par des affections morales tristes , par une forte contention d'esprit , une imagination exaltée , une hypocondrie , etc. Je suia même persuadé que la surcharge de l'estomac, que l'on regarde généralement comme la seule cause du cauchemar, est le plus ordinairement étrangère à cette affection. L'exemple observé parMoreau de la Sartlie, et que nous avons relaté , peut servir de preuve à cette opinion. Il est surtout remarquable que le cauchemar affecte plus particulièrement les enfans , les individus qui sont doués d'une imagination vive , ardente; ceux qui se livrent habituellement à des travaux intellectuels, et ceux qui sont atteints ou menacés d'hypocondrie, d'hystérie , de manie, etc.; en un mot, ceux dont la sensibilité cérébrale est plus ou moins exaltée. Or, chez aucun de ces individus , les digestions ne sont ni plus lentes ni plus laborieuses que chez beaucoup d'autres qui n'ont jamais connu les effets du cauchemar. Il en résulte évidemment que le cauchemar doit être considéré comme une maladie essenliellement nerveuse, et dont il faut toujours chercher les causes dans les circonstances qui peuvent imprimer à la sensibilité digestive, respiratoire ou cérébrale, une modification accidentelle. Par la même raison , le cauchemar n'est jamais continu , alors même qu'il est lié à quelque affection organique. Quelques auteurs disent l'avoir observe sous le type tierce.

Le traitement du cauchemar est entièrement subordonné aux causes qni peuvent lui donner naissance , et nous avons vu que ces causes peuvent avoir une triple origine. Quand la maladie lient évidemment à la surcharge de l'estomae ( ce qui est loin d'être aussi ordinaire qu'on le croit généralement), il est facile de la prévenirpar la simple abstinence d'alimens le soir ; mais il n'est pas aussi facile d'y remédier quand elle est liée à quelque affection [du cœur ou du poumon , comme cela arrive bien plus fréquemment. Il en est de même quand le cauchemar est symptomatique d'une affection du cerveau ou d'une maladie mentale; le traitement doit, dans l'un et l'autre cas, varier d'après la nature de la cause qui y donne lieu, et ce serait nous exposer à des répétitions inutiles et fastidieuses que de rappeler ici les règles d'après lesquelles le praticien doit se conduire en pareil cas. Foj^ez Aliénatioks et Coeur , Cerveau , Podmon (maladies du ), etc. ( P. Jolt.t.)

CAUSES DES MA.LADIES. Foj ez Étiologie.

CAUSTIQUES. [Chimie médicale et loxicolo inique.) Envisagés sous le rapport toxicologique , les caustiques ont constitué pendant long-temps et peuvent encore constituer aujourd'hui une classe particulière de poisons, si l'on attache, avec Fourcroy, au mot Caustique, ce qui , suivant moi , doit être l'iilée d'un corps susceptible de former avec nos tissus, des combinaisons chimiques qui non-seulement en détruisent la vitalité, mais encore en modifient la texture. Plusieurs toxicologistes de nos jours, MM. Orfila et Guérin , par exemple , comprennent ce groupe de poisons dans la classe des irritans ; mais il me semble que l'on doit établir une différence entre les poisons qui désorganisent constamment les tissus et ceux qui, sans rien changer à leur texture, modifient seulement leur vitalité. .le sais bien que telle substance vénéneuse peut être considérée comme caustique quand elle est concentrée, ou seulement comme irritante quand elle est étendue d'eau; mais dans celte dernière condition , le poison n'est plus dans son état de pureté ; par conséquent ses effets doivent être diminués , et il me semble que des qu'il s'agit de classification , ce ne sont plus les substances altérées d'une manière quelconque , qu'il faut avoir en vue, mais bien les corps dans leur état de pureté parfaite. D'ailleurs , et sans m'arrêter à des divisions scolasiiques , je dirai que la raison principale qui me fait adopter cette subdivision dans la grande classe des irritans , se trouve dans les effets immédiats qu'elles produissent , effets qui sont liés très-intimement au mode de traitement à adopter pour les détruire. En un mot , c'est un but de médecine-pratique qui me dirige. Partant donc île cette donnée , je considère comme caustiques les substances suivantes : les acides fluoriqueoii hydrophtorique , sulfurique , nitrique, hydrochlorique et arsénique concentrés. La potasse à l'alcohol , à la chaux (pierre à cautère ), et celles du commerce; la soude pure et la soude impure ; l'ammoniaque ; l'oxide d'arsenic et le sulfure de mercure, sous leurs diverses formes; ainsi la poudre de Rousselot , celle du frère Côiiie , celle de M. Dubois ; l'oxide rouge de mercure o i précipité rouge, les nitrates acides de mercure et de bismuth , le nitrate d'argent ou pierre infernale, le beurre d'antimoine , le sublimé corrosif , l'alun

C 4TJSTIQTJES. ■ (572 )

calciné, le chlore liquide, l'eau de javelle; l'eau régale et le sulfure d'arsenic.

Cette liste est-elle aussi complète qu'elle pourrait être? Quelques-unes des substances que je viens de citer ne devraient elles pas en être éliminées? Je suis loin de le nier; car en médecine, toute classification est inexacte, attendu qu'entre deux substances actives données , il y a toujours une nuance d'intensité d'action qui les difl'érencie : à plus forte raison lorsqu'il s'agit d'un grand nombre. J'irai plus loin et j'ajouterai que , parmi les poisons précédens , ilrf;n est qui , comme l'eau régale , l'acide sulfurique , la potasse , agissent immédiatement et produisent une escarre instantanée profonde, tandis que d'autres, comme l'oxide d'arsenic, le sulfure de mercure, emploient pour la destruction des parties plusieurs heures et quelquefois plusieurs jours , encore l'escarre estelle souvent superficielle : mais comme dans fous ces cas il y a destruction de tissu , cette circonstance établit entre ces substances une analogie parfaite.

Le premier effet produit par rap])lication d'un caustique est une excitation très-vive de la partie sur laquelle il a été placé ; elle amène de la chaleur, un sentiment de brûlure plus ou moins prononcé , suivant la nature du caustique , etcfui'se prolonge d'autant plus que la substance agit avec moins d'énergie. Cet état est très-douloureux lorsque le caustique est puissant , comme les acides fluorique , sulfurique et nitrique ; ii ne devient qu'incommode quand il est le résultat de l'action de la pîkte arsenicale par exemple; mais il est susceptible d'oflrir de grandes variations, suivant le tissu qui est le siège du contact de la substance corrosive. Sur certains points de la peau , par exemple , où la sensibilité est peu marquée, l'excitation n'est pas assez grande pour développer des phénomènes nerveux généraux ; on les observe au contraire quand l'application a eu lieu à la partie iiiterne des membres et chez des sujets irritables. Si de la peau nous nous reportons aux membranes muqueuses , nous verrons se manifester tous les symptômes qui dénotent une excitation générale des plus vives et qui constituent les phénomènes de l'empoisonnement par les irritans. Peu à peu le sentiment de brûlure s'apaise et disparait complètement; alors l'action chimique s'est effectuée, et le résultat de cette action est une escarre dont la nature varie suivant celle du poison.

Jusqu'alors on n'a pas étudié d'une manière toute spéciale comment chaque substance agissait chimiquement sur nos tissus : aussi ne puis-je établir à ce sujet que des présomptions. L'acide flr.orique ou hydrophthorique réduit les matières animales en une bouillie d'un gris noirâtre , et avec une rapidité vraiment effrayante , en même temps que cette cautérisation développe des douleurs épouvantables au milieu desquelles peut périr le malade. J'ai vu M. Dupuytren employer ce caustique en !8I5 ou en 1816, à l'époque où la pouiriture d'hôpital régnait 'a l'Hôtel-Dieu. C'était pour arrêter les progrès qu'elle faisait dans une plaie pénétrante de l'articulation du coude d'un malade couché dans un des premiers lits de la salle Saint-Paul. Cette maladie avait résisté à tous les moyens employés 'a cette époque , et à l'usage de l'acide nitrique. Ce chirurgien fit venir de l'acide fluorique, et à peine un pinceau de charpie eut-il été introduit dans le vase deplomb qui contenait l'acide, qu'il fut retiré réduit en bouillie et porté de l'a dans la plaie; les douleurs causées au malade furent tellement vives que l'on se crut obligé de suspendre la cautérisation. Tout porte à croire que l'acide sulfurique concenti é, très-avide d'eau , détermine la formation de ce liquide aux dépens de l'oxigène et de l'hydrogène, des matières animales , et met a nu le carbone ; de là l'escari e noire que l'on observe , et la coloration en noir des aliniens et des liquides contenus dans l'eslomac des individus, qui succombent dans les premières vingt-quatre heures de l'empoisonnement par cet acide. Mais il est d'autres escarres produites par l'acide sulfurique, qui n'est pas dans un état de concentration assez prononcé pour carboniser les matières animales. Ces escarres que l'oi! observe assez fréquemment aux lèvres, à la langue et au voile du palais , chez les individus empoisonnés , sont au contraire d'un blanc grisâtre, assez molles, se détachant par lambeaux. Quelle est alors l'action chimique qui s'est opérée? L'acide nitrique colore en jaune nos tissus. On explique ce phénomène en admettant sa décomposition et sa transformation en acide nitreux jaune. Mais alors que devient l'oxigène ? Tout porte à croire qu'il se produit des substances acides nouvelles. Nysten a pense qu'il se formait de l'acide oxalique ; et Tarli a , ayant été frappé à l'ouverture de l'estomac d'un individu qui avait succombé à un empoisonnement par cet acide , d'une odeur très-forte d'amandes araères, s'est demandé s'il ne se produirait pas aussi de l'acide hydrocyanique ; c'est un fait qui n'a pas été vérifié depuis. L'acide hydrochlorique blanchit les tissus, il les rend plus fluides : j'ai démontré, dans un mémoire publié dans la Bibliothèque mhlicate , à l'occasion de recherches sur l'exislcnce du mercure dans les fluides animaux , qu'il pouvait les dissoudre. J'ai même proposé cet agent comme trèspropre à être employé dans les Cas où les poisons sont combinés avec nos tissus et échappent à l'analyse faite sur les liquides contenus dans l'estomac. Cet organe se liquéfie entièrement avec une faible proportion d'acide hydrochlorique. Or, comme cet acide transforme eu des substances solnbles presque tous les poisons insolubles . ce procédé a l'avantage de faire recueillir la totalité de la substance vénéneuse pour la traiter ensuite par les réactifs des poisons solu- Lles ; c est donc à tort que M. Turner a proposé l'acide lij drochlorique comme un moyen propre -î xoaguler les matières animales, et que M. Orfila a sanctionné ce moyen dans sa réponse au mémoire que M. Turner a publié dans les /li cltives i^cnéfales de tncitt cine , pour le mois de décembre I8'i7', sur un nouveau procédé propre à reconnaître des atomes il'émètique. Mais est-ce une dissoliiliou simple, est-ce une combinaison nouvelle qui a amené la transformation de la matière animale en d'autres produits? Je suis porté à penser qu'il n'y a qu'une simple dissolution, car j'ai fait voir ([ue si l'on traitait la liqueur obtenue par le chlore gazeux , on enlevait la presque totalité de la matière ani-

caustiques

maie, sous la forme dune matière blanche nacrée, et qu'il n'eu restait qu'i, très-faible proportion qui influençait peu la formation des précipités que r( obtenait 'a l'aide des réactifs des substances métalliques. D'après qiielqn recherches que je n'ai pas encore terminées, je suis porté 'a penser que la gél, tine est de toutes les matières animales celle que retient plus fortement l'aci hydrochlorique. i La potasse et la soude donnent des escarres dures , sèches, peu solubles da l'eau , d'un gris foncé. Se forme-t il un savon ? l'action de ces alcalis sur 1| graisses porte à le croire. Mais ce savon serait un surmargarate , car il est ins lubie. Pourquoi cette sorte de combinaison, qui n'est pas celle qui a lieu plus ordinairement? L'ammoniaque ne détruit que les membranes muqneus ou la surface des plaies ; elle se borne à irriter la peau ; son contact avec 1 membranes muqueuses, produit une escarre très-superficielle, mais sensibl Ce fait a pu être assez fréquemment observé j j'en ai acquis la preuve sur mo même. Je voulais transvaser de l'ammoniaque à vingt-quatre degrés de Taré mètre, et n'aj'ant pas de siphon à ma disposition , je me servis d'un tube simpli l'aspiration ayant été trop forte , l'ammoniaque parvint dans ma bouche, aussitôt toute la surface de la langue et la partie interne des joues devinre blanches; un sentiment de cuisson tiès-vif se développa; je perdis penda plusieurs jours la faculté de percevoir la saveur des alimens , et ce ne fut qu'; renouvellement de l'épiderme qu'elle se rétablit.

On ignore quelles sont les combinaisons que forment avec les matières an maies l'oxide et le sulfure d'arsenic , l'oxide et le sulfure de mercure. Le nitraj d'argent agit-il en vertu de l'acide nitrique qu'il renferme ? Tout porte à | croire; mais il doit y avoir quelque chose de plus. Le beurre d'antimoine, i sublimé corrosif, exercent peut-être leur influence par le chlore que ces con posés contiennent. Ces deux substances sont probablement transformées (' sous-chlorure d'oxide ; cependant on a émis 'a ce sujet deux opinions; ou qi le deuto chlorure devenait proto-chlorure en abandonnant une partie du chlo! qu'il renferme à la matière animale ; ou que la matière animale enveloppa' seulement le sublimé corrosif; dans ces deux cas, le produit du changemei' chimique qui s'est opéré exerce beaucoup moins d'action sur l'économie. Noi' reviendrons sur ce sujet à l'article Contre-poison , et lious citerons les esptl riences qui peuvent appuyer ou infirmer l'une et l'autre manière de voir.

On ignore les combinaisons que forme l'alun calciné avec nos tissus. Le chW liquide s'empare probablement de leur hydrogène , et forme une matière ne velle, blanche, nacrée, filante , plastique , lorsqu'elle s'est formée aux dépei d'une matière animale liquide. L'eau de javelle agit et à la manière de la pi tasse et à la manière du chlore. Quant h l'eatt régale, son action participée celle des acides nitrique et hydrochlorique , du chlore et de l'acide nitreux. reste donc encore beaucoup a faire pour arriver à bien connaître l'action < ces divers poisons sur nos tissus.

L'escarre produite par des caustiques peut avoir plus ou moins d'épaisseu: suivant l'espèce de poisons que l'on emploie, leur quantité et leur propric plus ou moins corrosive. On entrera dans des détails à ce sujet à l'article Cac TIQUES ( ,-1pplicalion des): nous nous bornerons à rappeler ici que, poi produire une escarre profonde, il faut prendre un caustique à l'étal solide c dont l.'ï densité soit assez grande pour se rapprocher de l'état solide. Aussi potasse, la soude sont-elles employées pour faire les cautères ; les acides, dai les cautérisations plus superficielles, comme dans les plaies de mauvais cara tères ; le beurre d'antimoine , l'ammoniaque , quand il ne s'agit que de moditi^ la nature d'un liquide introduit dans une plaie et de détruire la partie la pli superficielle de cette plaie; enfin, les diverses espèces de pâtes arsenicale:' quand on veut produire une destruction de parties peu douloureuses pour 1 malade et répéter la même opération à des intervalles assez éloignés. Tou ! escarre une fois produite, l'inflammation qu'elle a développée pour sa form- ' tion cesse : mais bientôt une nouvelle inflammation lui succède ; elle a pourbr i l'élimination des parties mortes devenues étrangères à l'économie. Le médec.'li doit tlonc se proposer deux buts dans le traitement des effets produits parljl poisons caustiques : 1" arrêter les phénomènes morbides iléveloppés par « contact de la substance vénéneuse en enlevant les restes de cette substance c' * en l'évacuant de.s cavités d'une manière quelconque, et en appliquant sur | ( pal lie malade des anliphlogistiques ; 2° arrêter les phénomènes inflammatoin! 'i secondaires qui compromettent souvent les jours des malades. Ce sont den' ; périodes que nous avons cherché à bien spécifier en [larlant du traitement ( i |j l'empoisonnement par les acides ( î;q^'ez Acides en générai, ). Tout ce que noi ' ; avons dit \\ ce sujet peut être applicable aux caustiques. Seulement le médeci' ; ne doit jamais perdre de vue qu'à la suite de 1 introduction d'une substaniN caustique dans l'économie , des escarres ont dû avoir lieu ; qu'elles devront i) ' détacher, et que, tant qu'elles n'ont pas été rejetées au dehors, on ne pei»' j rien établir de positif h l'égard de la conservation des jours du malade. C'cl; ainsi que, à la suite d'empoisonnemens de ce genre, on a vu tous les syin(i' | tômes primitifs s'amender de manière à faire espérer une guérisoii procliainti ■ puis des lambeaux de membranes muqueuses êti e rendus par les vomisseinenJ ' | et en si granti nombre ({u'ils paraissaient représenter toute l'étendue de la ruen brane muqueuse digestive ; slors la fièvre s'allumer de nouveau , l'appaie digestif ne pouvoir plus exécuter ses fonctions, et le malade périr dans unct: complet d'épuisement.

Ici se terminent les considérations générales que j'ai voulu établir relalivi meut aux poisons caustiques. Entrer dans l'histoire particulière de chacu d'eux , serait s'exposer à des répétitions. D'ailleurs , la composition tie que qucs uns est telle qu'elle les rattache h l'histoire de chaque métal ; d'autres soi assez ir.iportans par eux-mêmes pour faire l'objet d'un ailicleà part, ma

Caustiques.

CAUSTIQUES

bis (Je ces caustiques résultant de la réunion de plusieurs corps composés, ji cru devoir, en traiter ici spécialement : c'est la pâte arsenicale du frère I me , la poudre de Rousselot et celle de M. Dubois. Enfin , à l'époque où le I mmcncement de ce Dictionnaire était sous presse, une affaire portée devant les ; lises de la Seine a soulevé une question importante pour la toxicologie et qui iqu'alors n'avait pas fi.\é l'atlenlion des médecins , savoir jusqu'à quel point llun cristallisé etsurtout l'alun calciné pouvaient être considères comme |)oi- 11. M. Orfila a publié depuis un mémoire sur ce sujet dans les Ânnales d'hj- , ';ne et de médecine légale , pour le mois d'avril 1829. Au moment où ce savant lisfesseur se livrait à ses expériences sur les animaux , je m'occupais du même jet; nos recherches terminées à la même époque, nous nous les commujuàmes mutuellement ; mais comme elles ne nous ont pas tout à fait conduits s mêmes résultats, je vais retracer avec quelques détails et surtout avec la js grande exactitude les expériences de ce médecin légiste et les miennes , n que, répétées de nouveau, elles ne laissent plus de doute sur les propriétés l'alun calciné.

^lu,]. — On trouve dans le commerce trois espèces d'alun. La première est ■mée de sulfate d'alumine et de potasse; la seconde de sulfate d'alumine et immoniaqne ; la troisième de sulfate d'alumine , de potasse et d'ammoniaque. !S trois espèces sont toujours avec excès d'acide , aussi l'alun rougit il conimmentla teinture de tournesol. Le sulfate d'alumine et de potasse est celui nt on se sert dans la préparation de l'alun calciné, parce que l'alun à base inimoniaque serait décomposé à la température nécessaire pour l'obtenir. Cette .substance cristallisée contient 44/14 d'eau pour 100 |)arties. L'eau se lalilise pendant la calcination , en sorte qu'une once d alun calciné reprénterait près de deux onces d'alun ciistallisé , si parla calcination une por- )n d'alun plus ou moins grande, suivant la manière dont l'opération a été nduite , n'était pas toujours transformée en sous-sulfate d'alumine et de posse insoluble. 'Voici à ce sujet une expérience détaillée faite par M Orfila : Dix sept grammes et demi d'alun cristallisé à base de potas.^e ont été calcinés ns un creuset à une douce chaleur ; lorsque la matière ne se boursouflait plus que l'alun pouvait être considéré comme de l'alun calciné des pharmacies :t non pas comme de l'alun calciné au summum ) , ou s'est assuré qu'il n'y en ait que dix grammes ; pendant la calcination il s'était dégagé un peu d'acide , lisque le papier bleu de tournesol, placé au milieu de la vapeur aqueuse , ait rougi : la perte pendant la calcination a donc été de 7 grammes 5 dixièes ; d'où il suit que l'aUm ainsi calciné retient un peu d'eau. En effet on aurait 1 obtenir 7 grammes 77 centièmes d'eau , en supposant que toute l'eau eût é expulsée, qu'il ne se fut point dégagé d'acide et que l'alun à base de potasse t composé de :

Sulfate acide d'alumine et de potasse 5.5,56

Eau de cristallisation 44,44

» Les dix grammes d'alun calciné , ayant été traités pendant un quart d'heure ir cinq onces d'eau bouillante, ont fourni un solutwn de 2 grammes 1 dégramme d'une poudre insoluble; celle-ci ayant été placée sur un filtre , et ufaitement lavée avec de l'eau bouillante, les eaux de lavage ont été réunies I solutura et évaporées.

» La portion d'alun qui ne s'était pas tlissoule dans l'eau pesait, après avoir é bien dessécheé , 2 grammes 1 décigramme : cette poudre qui était du suite neutre d'alumine et de potasse, ou peut-être un sous-sulfate , ayant été issoute dans de l'acide hydrochlorique faible et pur , a cédé a cet acide une jorlion d'alumine et de potasse et s'est trouvée transformée en sulfate acide 'alumine et de potasse que l'on a obtenu cristallisé.

« La dissolution aqueuse des 7 grammes 9 dixièmes d'alun calciné, était limpide, :ide, astringente et styptique comme la dissolutiiin d'alun ordinaire; évaporée ^squ'à pellicule et abandonnée à elle-même pendant deux jours , à la tempé- Mure de 20 à 25» R. , elle a complètement cristallisé en octaèdres , que l'anape a démontré être de l'alun ordinaire ; desséchés entre deux papiers brouilirds, ces cristaux pesaient 14 grammes 22 centigrammes. D'où il suit que 10

Irammes d'alun calciné dissous dans l'eau fournissent une dissolution aqueuse ui n'est autre chose que de l'alun ordinaire, et dont la force est augmentée environ deux cinquièmes. »

! La manière dont on calcine l'alun n'est pas indifférente pour établir les proorlions dans lesquelles celte substance se décompose. L'eu)ploi il'un creuset our ce genre d'opération offre un inconvénient grave, c'est que le fond, [beaucoup plus chauffé que les parois , opère la transforma lion d'une plus grande Luantité d'alun on sous-sulfate d'alumine. Aussi MM. Henry et Guibourt rejommandent-ils , dans leur Pharmacopée, de se servir d'un têt, vase très large t très-peu profond. La température à laquelle on soumet cette substance a ussi une influence très-grande ; ainsi, on peut, en chauffant de plus en plus , ransformer l'alun en un sous-sulfate d'alumine et de potasse lout à-fail insoluble fans l'eau, ou en un mélange d'alumine et de sulfate de potasse, ou même en pie combinaison d'alumine et de potasse. Ces faits bien connus m'ont détermné à ne pas calciner moi-même l'alun qui a servi à mes expériences , et à le nendre tel qu'il se trouve dans le commerce, en m'adressant cependant à un les meilleurs pharmaciens de Paris , M. Boudet, sans toutefois le prévenir du nit dans lequel je faisais mon acquisition.

J'ai fait bouillir dans deux onces d'eau un demi-gros d'alun calciné , proveiant de cette source ; la masse jetée sur un filtre a été lavée à l'eau bouillante , iisqu'i ce que la liqueur filtrât sans saveur; le filtre desséché a offert une augnentatioti en poids de six grains ; ce qui représente douze grains par gros , ou ^in gros vingt-quatre grains de sous-sulfate d'alumine par once d'alun , c'esl-à-

DlCT. DE MlÎDEClIiE ET DE ChIEUHGIE PRATIQUES.

dii e un sixième seulement de la masse , tandis que dans les expériences précédentes un cinquième de l'alun calciné avait été décomposé. Ce fait est très important, attendu qu'il prouve deux choses: loque l'alun calciné, quoique préparé par des personnes fort habiles, peut olFrir une composition différente ; 2» que dix grammes d'alun calciné pris dans le commerce peuvent représenter plus de quatorze grammes d'alun ordinaire, cl que la force de la dissolution peut être augmentée de plus de deux cinquièmes.

J'ai cru devoir entrer dans des détails sur les modifications que peut subir l'alun avant de traiter de ses caractères chimiques , parce qu'ils nous serviront à éclairer la solution des questions importantes qui ont déjà été adressées aux médecins par les magistrats.

Caractères de l'alun crislalliôé. ■ — Solide, cristallisé en oclacdies, très- transparent; il'unc saveur styptique , astringente , en même temps que douceâtre ; très-soluble dans l'eau. Il se liquéfie d'abord par le feu ; puis il se boursoufle beaucoup, perd sa transparence, et prend une couleur d'un blanc mat, en même temps qu'il occupe beaucoup plus de volume.

Dissous dans l'eau , il précipite en blanc l'eau de baryte et les sels solubles de baryte , précipité insoluble dans l'eau , dans l'acide nitrique ; en jaune serin par I hydrochlorale de platine , précipité d'h'ydrochlorate de platine et de potasse ou d'ammoniaque, suivant que l'alun est à l'une ou à l'autre de ces deux bases; en blanc , par l'ammoniaque , dépôt gélatineux formé d'alumine. Enfin , il dégage de l'ammoniaque, si on la triture avec de la chaux et s'il a pour base cet alcali volatil.

Caractères de l'alun culciné. — Substance blanche, pulvérulente , d'une saveur très-acerbe , ne subissant pas de changement apparent quand on la chauffe; mais si l'on expose à la vapeur qu'il dégage un papier de tournesol . il le fait rougir. Traité par l'eau bouillante, il ne se dissout qu'en partie. I..a portion dissoute se comporte avec les réactifs comme l'alun cristallisé. La portion non dissoute, traitée par quelques gouttes d'acide sulfurique , hydrochloricjue ou nitrique, devient soluble , et fournit, par l'évaporation de la liqueur, des cristaux octaédriques d'alun. L'alim calciné , traité par l'eau froide , ne se dissout que très-difficilement.

Mêlé à du vin , l'alun lui communique une saveur très acerbe , sans clianger sa couleur; il serait diflicile qu'un pareil mélange pût être donné. Mais dans tous les cas , l'alun calciné ne se dissoudrait pas entièrement et produirait un dépôt qui pourrait encore céder à l'eau bouillante de l'alun en subst.^nce. S'il s'agissait de constater la présence de ce poison dans du vin, il faudrail décolorer d'abord la liqueur à l'aide du charbon animal, et la traiter par les réactifs indiqués ci-dessus; prendre ensuite le dépôt, le traiter par l'eau bouillante pour dissoudre ce qu'il a de soluble, et enfin agir sur la portion ii, soluble comme nous l'avons dit à l'occasion de l'alun calcine.

Cette même marche devrait être adoptée dans tous les cas où l'alun serait mêlé à d'autres liquitles colorés. S'il s'agissait de démontrer sa présence lorsqu'il est contenu dans l'estomac, on ilevrait isoler les portions liquides, les filtrer et les traiter comme une simple dissolution dans l'eau ; mais il faut que le médecin dans cette sorte d'empoisonnement examine avec soin la surface de la membrane muqueuse gastrique. J'ai très-souvent observé dans les expériences que j'ai faites sur les animaux, que, dans les cas où l'on administrait l'alun calciné, en partie dissous , en partie suspendu dans l'eau , la portion non dissoute venait adhérer à l'estomac et y former une trace blanche pulvérulente que l'on enlève avec le scalpel. Celte matière, qui est entièrement formée d'alun , devra être traitée par l'eau bouillante; elle s'y dissoudra en partie à la manière de l'alun calciné , en sorte que l'on pourra faire des recherches chimiques et sur la dissolution et sur le dépôî.

Jclion de l'alun sur l'écan'irnie anim-de. — L j silence presque absolu des ouvrages de médecine légale sur celte matière, et surtout les raisons que j'ai exposées précédemment, me forcent à entrer tians quelques détails d'expériences.

M. Orfila a fait avaler à un petit chien du poids de huit livres , successivement, et à un jour d'intcrvallf , 1° sept gros d'alun crisialiisé réduit en jioudre line ; 2° sept gros de même alun ; So^six gros et di'mi d'alun calciné en poudre ; cette fois, après avoir introduit l'alun, ;i ia l'œsophage. Dana les deu.x premières expériences, l'aniuial a vomi des matière- blanches filantes , contenant de l'alun, et une heure après il a mangé avec appétit. LV:tis la dernière , on n'a pas remarqué que le chien ait fait des efforts pour vomir : on lui a ôté la ligature après quatre heures de son application; le lendemain il était faible et tonrmciilé par la soif , il est mort trois jours après , sans avoir présenté d'autres symptômes qu'un état de faiblesse et d'abattement qui a été toujours croissant. L'autopsie n'a pas fait découvrir d'altération qui puisse rendre raison de la mort.

On a fait prendre à un autre chien du poids de dix livres . sept gros d'alun calciné.en poudre. L'animal a vômi des matières filantes , blanches , une demiheure après. Il a eu aussi une selle. Il a mangé vers la fin du jour. L'expérience avait eu lieu à midi.

Le jour suivant , à midi , étant à jeun , on lui a f.iit avaler cinq gros d'alun calciné; il a éprouvé les mêmes accidens que l'avant-veille , et n'a pas tardé à se rétablir.

Trois jours après , à midi , on a injecté dans son estomac quatre gros et demi d'alun calciné délayé et en partie dissous dans trois onces d'eau. Il a vomi au bout de dix minutes : demi-heure après, il a eu deux selles solides 'a peu de distance l'une de l'autre , et n'a plus éproxivé d'incommodité.

Le lendemain, ou a injecté daus son estomac sept gj os d'alun calciné en partie dissous , en partie délayé dans quatre onces d'eau froide. L'animal, qui était à jeun , a vomi au bout de six minutes une partie de la matière injectée : huit minutes après, nouveau vomissement, et dan^ les dix minutes qui ont suivis

CAUSTIQUES

CAUSTIQUES

il a encore vorai deux fois. Le soir , il était dans l'état naturel et mangeait avec appéiit.

Enfin , après avoir ouvert l'œsophage de ce chien , on y a introcliiit deux onces d'alun calciné délayé et en partie dissous dans trois onces d'eau. On a terminé ensuite la ligature. Deux heures après, abattement marqué, grande difficulté de se tenir debout, peu de sensibilité : car on peut le piquer et le pincer sans qu'il fasse le moindre mouvement. Il est mort cinq heures après l'ingestion de l'alun. A l'ouverture du cadavre . on a trouvé la membrane muqueuse stomacale enflammée dans toute son étendue , sut tout vers le grand cul-de-sac où elle est d'un brun foncé. Un peu de sang épanché dins le tissu Cfll'daire sous-muqueux, près du pylore ; les parois de l'estomac épaissies dans cet endroit, et comme tannées.

Deux onces d'alun calciné administrées de la même manière à un chien <lu poids de vingt-cinq livres , l'animal est mort au bout de quatorze heures. Le canal digestif offrait des altérations analogues.

Je vais maintenant exposer les expériences qui me sont propres , et d'abord celles qui ont été faites avec l'alun calciné en partie dissous, en partie suspendu dans l'eau.

Première expérience. — A onze heures et demie nous avons fait avaler à un chien quatre gros d'alun calciné dissous en partie dans trois onces d'eau ; quelques minutes après; afTaisseuicnt , écume à la gueule, vomissemens abondans de matière veidàfre, écumeuse , filante , au milieu de laquelle se trouve beaucoup d'alun. L'animal est resté dans l'abattement. A quatre heures il a mangé d'assez bon appétit, mais dix minutes après il a rendu les aliracns qu'il avait pris, et il a bu avec beaucoup d'avidité. Sa marche était gênée, et il piéscnlait évidemment une faiblesse dans le train postérieur. A sept heures du soir il mange peu ; il a de la peine h mouvoir ses pattes de derrière ; du reste, il est assez cahne. Le lendemain, à dix heures du matin, il paraissait rétabli , niais sa marche était toujours un peu vacdlanle. Le troisième jour il était dans l'état naturel .

Deuxième expérience. — A midi , six gros d'alun calciné sont introduits dans l'estomac d'un chien. Di.x minutes api-ès, vomissemens de matières muqueuses, écumeuses , très-blanches et parsemées d'alun ; même état d'aflaissement. A quatre heures, l'animal estefllanqué; son abdomen est contracté j la peau fortement appliquée sur les côtes qui se dessinent très-bien. Il existe une faiblesse marquée du train postérieur, il refuse de boire et de manger. Il y a eu une évacuation alvine de matières liquides. A sept heures, il paraît beaucoup Qiicux, prend quelques alimens Le lendemain il semble revenu à la santé.

Toutes nos expériences ont été faites sur des chiens très-forts. L'alun calciné que nous avons employé a été pris chez MM. Boudet et Delondre, pharmaciens, mais principalement chez Boudet.

Troisième expêinencc. — A tl'x heures et demie on fait avaler à un chien une once d'alun calciné mêlé et en partie dissous dans quatre onces (.l'eau. Cette ingestion n'est suivie que d'un peu de malaise; dix minettes s'ccoulent; l'animal grince des dents, et tombe bientôt dans un état d'affaisement très-prononcé. Une demi heure après, des vomissemens ont lieu avec des cfToi Is assez grands; il existe à la gueule de l'écume blanche, filante et en grande quantité; les vomissemens se renouvellent, et dans les matières vomies on dislingue beaucoup d'ajun. A quatre heure;", l'animal parait moins triste , mais il présente une faiblesse très-prononcée dans les pattes. .\ six heures il refuse de premlre des alimens. Le lendemain il mange et boit avec assez d'avidité; mais il vomit les alimens peu de temps après les avoir pris. Le troisième j our il paraissait rétabli, et mangeait avec appétit. L'ayant tué et ouvert au huitième jour , nous avons trouvé dans le grand cul-de-.';ac de l'estomac une plaque blanclie arrondie , de deux pouces de diamètre. La membx-ane muqueuse injectée s'enh vait dans ce point avec facilite. Le reste de l'organe était assez sain.

Quatrième expérience. — A midi un quart, on fait prendre à un chien deux onces d'alun calciné en partie dissous dans six onces d'eau. Aussitôt alTaissement, air inquiet, souffrant; un quart d'heure après , efTorts de vomissemens, puis vomissemens d'une petite quanti té île matière verte écumeuse; beaucoup d'écume à la gueule; frissons, horripilations ; abattement de plus en plus prononcé; à deux heures et demie l'animal est couché sur le ventre, les yeux mornes, tristes ; il est dans l'impossibilité de se tenir sur ses pattes. A quatre heures et demie il paraît un peu moins soufTranl ; il est assis sur son dernière, mais il porte sa tète très-haute et frès-raide; il respire lentement et avec peine; à s(:pt heures du soir il est couché en supination; sa respiration est stcrloreuse ; il parait dans t:n état profond de souflTrance, car il s'elForec à chaque instant de changer de position. A huit heures l'animal avait succombé.

Ouvert le lendemain, nous avons observé les altérations suivantes : couleur rouge de l'estomac et des intestins examinés exlérieurcment ; l'épiploon est lui-même fortement coloré; tous les vaisseaux des intestins sont remplis de sang La surface interne de l'œsophage est d'un blanc grisâtre; cellede l'estomac est blanche dans les quatre ciiicjuièmcs supérieurs de son étendue, et jaune dans le reste. Cet organe contient beaucoup d'alimens ; sa membrane muqueuse est comme chagrinée ; elle (;st fendillée dans plusieurs points. Eu général elle est tellement ramollie <pie des frictions faites avec la pulpe des doigts, suffisent pour la détacher; elli; parait désorg.inisée dans la presque totalité de son étendue; lorsqu'on l'enlève, on aperçoit une coloration rouge-brique de la tunique musculeiise, qui contraste avec la teinte grisâtre de la membrane muqueuse ; la consistance de la tunique musculeuse ne parait pas altérée. .\ partir de l'estomac ju qu'à la fin de l'intestin gicle, il existe une coloration rougebrique de la membrane muqueuse; les poumons sont œdémateux. Lorsqu'on les comprime, ils laissent suinter une grande quantité de sérosité sanguinolente.

Cinquième expérience. — A dix heures on a lié l'œsophage à un chien api ! avoir injecté dans l'estomac deux gros d'alun calciné en partie dissous dans deil onces d'eau. Peu de temps après l'animal est tombé dans un grand état d'affa s'ement; il a fait des efforts réitérés de vomissemens ; ils ont été suivis de ga gouillement d'intestin , d'une agitation assez grande , de contractions momd tanées des pattes ; l'animal s'est ensuite couché, et est resté dans raffaisscmen le soir le ventre était tendu et chaud ; le chien se déplaçait avec beaucoup i difficulté. Le lendemain il conservait la même situation; néanmoins on poiiv; le faire marcher un peu mieux que la veille.

Ayant tué cet animal dans la matinée , nous avons procédé à son ouvcrtui Examinés à l'extérieur , l'estomac et les intestins paraissaient être dans le état naturel, la membrane muqueuse de l'estomac était généralement injecté, elle offrait une couleur rouge-brique le long de sa grande courbure. Au cent du grand cul-de-sac existait une plaque blanchâtre d'un pouce et demi i diamètre , évidemment due à l'action de l'alun. La membrane muqueuse ét "fortement altérée dans ce point; on l'enlevait avec facilité, comme celle i l'estomac du chien auquel on avait fait avaler deux onces d'alun.

Expériences faitesavec l'alun dissous d.msl'eau. — Deux onces d'alun calci» furent traitées par neuf onces d'eau et soumises à l'ébuUilion ; la liqueur filtr fut injectée dans l'estomac d'un chien de forte taille,,;» l'aide d'une ouvertu pratiquée à l'œsophage. Ce conduit fut lié après rinjeclion. L'animal, aba donne a lui méine, ne présenta d'abord aucun phénomène remarquable; ma bientôt des efforts de vomissement survinrent , et ils se prolongèrent pendu' l'espace de deux heures, en devenant toutefois de moins en moins consid rables Pendant ces efforts, l'animal rendait par la gueule une grande quanti de salive épaisse , visqueuse. Il tomba ensuite dans l'affaissement ; souvent.' se tuméfia; une évacuation alvine eut lieu. Le lendemain il paraissait trèssoi frant, cherchait h changer de position; pi;u à peu l'affaissement devint de pl en plus grand , et la mort survint quarante-huit heures après l'ingestion c poison.

A l'ouverture du cadavre , nous trouvâmes l'estomac inégalement bilobé. I portion la plus étendue, et qui avait sept ou huit fois la capacité de l'aulr* faisait suite à l'œsophage. La membrane interne était d'un gris verdùtre , ch grinée et comme marbrée ; elle était parsemée de sillons noirâtres qui ne co respondaient pas au trajet des vaisseaux veineux. EWe était dense , racornie fendillée dans presque toute son étendue et principalement dans le grand eu de-sac de l'eslomac. Il n'en était pas de même 'a l'égard de celle qui tapiss.ait seconde division de l'estomac ; cette membrane avait conservé sa densité ord nairc , mais elle offrait une coloration rouge-brique extrêmement marque Cette couleur diminuait d'intensité dans le duodénum, pour se perdre dans le tic supérieur de l'intestin grêle. En général, tous les vaisseaux'des intestins étaïc gorgés de sang, mais particulièrement ceux de l'estomac et du grand épiploo:

Il est important de noter que l'eslomac et les intestins ne contenaient p d'alimens.

Celte expérience fut répétée sur deux autres chiens et de la même manier L'un mou tut dans l'espace de cinquante heures, et l'autre après cinquante quat heures d'ingestion du poison. Après avoir présenté les mêmes symptômes ,1e j tomac de ces deux chiens contenait des alimens. Leur membrane muqueu \ était d'un rouge vif, fortement plissée sur elle-même. Tous les vaisseaux t ( cet organe étaient injectés , mais nous n'avons pas rencontré cette augmentatic tj de densité résultant de l'action évidente de l'aUin sur l'estomac du premii . chien. ; |

Six gros et demi d'alun calciné dissous dans six onces d'eau , à l'aide de Lj , bullition, sont introduits, à deux heures , dans l'estomac d'un chien très-gn: • par une ouverture faite à l'œsophage. L'animal parait d'abord peu incommorM de l'action de celte substance ; une demi-heure après, il fait quelques effor • i de vomissement, et bientôt il tombe dans l'affaissement. Le lendemain , sc: , état offrait peu de changement ; le second jour , il paraissait souli'rir davantage ! i il se déplaçait avec peine, son ventre avait beaucoup diminué de volume, " < les côtes commençaient à se dessiner sous la peau. Le troisième jour , le cliiei : était couché sur le côté, la tête appuyée sur le sol, les pattes à demi fléchie.') I les côtes fortement dessinées, le ventre trèsamaigri. Une évacuation alviDjl sanguinolente avait eu lieu dans la matinée. Il succomba à trois heures de l'aji près-midi, soixante-treize heures après l'ingestion de l'alun. 1

Ce chien avait refusé des alimens avant d'être opéré. •

A l'ouverture de l'abdomen , l'estomac et les inte. tins paraissaient injectés <|i de couleur rosée. La muqueuse gastrique était d'un rouge très-foncé darlj presque toute son étendue ; elle paraissait un peu ramollie. ! ■

Voici maintenant les faits relatifs à l'administration de l'alun chez l'homine»' i Ils ne peuvent toutefois nous éclairer sur le modo d'action tic Yalun calcinés car on ne s'est toujours servi que de l'alun cristallisé. ;

M. le professeur Duméril emploie souvent, dans les diarrhées chroniqiiesij| une tisane composée d'un gros d alup et de deux livres de véhicule, à prendr dans les vingt-<[ualre heures.

M. IMarc fait souvent usage dans les hémorrhagies passives de deux gro d'alun dissous dans une livre de petit-lail.

M. Kap^ ler emploie l'alun dans le traitement de la colique des peintres. 1 en porte la dose à trois gros et même à six gros dans les vingt-quatre heurei Les malades n'ont jamais accusé la sensation de brûlure. Chez quelques mal <les , au lieu de faire prendre la dose d'alun dans les vingt-quatre heures , il I administrée à la fois à la dose de trois gros dissous dans six onces de véhicuU Mais généralement l'alun est donné en dissolution dans un ou deux pois de li saiic, qui sont pris dans les vingt-quatre heures.

CAUSTIQUES

CAUSTIQUES

Il est bon , je crois , de faire observer qu'il n'y a aucune comparaison à étalir entre un homme affecté île la colique des peintres et un homme dans l'état e santé. Aussi les faits de M. Kapeler ne sont-ils d'aucune valeur pour le cas ont il s'agit. Que l'on fasse prendre à un individu bien portant le traitemenl 'e la Charité, qui ne détermine journellement aucun accident , et dont on rcire au contraire de grands avantages , et l'on verra dans quel état sera la peronne au bout de quelques jours.

M. le professeur Orfila a conclu des expériences qu'il a faites sur les animaux t de ces derniers faits :

lo Que les chiens, même les plus faibles et les plus petits, peuvent supporter e très-fortes doses d'alun calciné sans éprouver d'autres accidens qne des volissemens et des selles ; qu'ils sont parfaitement rétablis une ou deux heures près l'ingestion de l'alun.

2° Que si , par suite de la ligature de l'œsophage ou par toute autre cause, ne forte dos'e d'alun calciné n'est pas vomie, la mort arrive au bout de quelues heures, mèrae chez les chiens robustes et d'une assez forte stature. 3» Qu'appliqué à l'extérieur du tissu cellulaire sous-cutané de la cuisse d'un liien, l'alun calciné, à la dose d'une once, déteruiine une brûlure profonde ui lionne lieu à une suppuration assez abondante pour tuer les animaux au out de quinze à vingt jours.

4° Que l'homme adulte peut avaler dans une journée, et sans inconvénient, lusieurs gros d'alun calciné et dissous dans l'eau.

5» Qu'il n'est pas douteux , d'après ce que l'on observe chez les chiens , qu'un omme adulte qui avalerait une ou deux onces d'alun calciné dissous dans l'eau prouverait des vomissemens et des selles, et n'en serait pas plus incommodé ue ces animaux.

jiu contraire j il est certain qu'en raison de sa plus grande stature et de sa lus t^rande Jorce, il faudrait pour déterminer chez lui des accidens aussi in- •nses que chez les chiens , une dose beaucoup plus Jorte d^alun.

Apres avoir exposé avec exactitude les expériences et la manière de voir de [. le professeur Orfila h l'égard de l'alun, je vais maintenant énoncer les conlusions que je crois devoir tirer de mes recherches et de l'ensemble des faits ue je viens d'exposer.

1" L'alun calciné du commerce contient toujours une quantité quelconque e sous-sulfate d'alumine et de potasse insoluble dans l'eau bouillante. £n sorte u'une once d'alun calciné ne représente jamais la quantité d'alun qui l'a fourie, c'est-à-dire près de deux onces.

2o L'alun calciné peut être assez mal préparé pour perdre toutes ses proriétés délétères et être transformé en une matière problablement inerte.

3° L'alun calciné que l'on fait bouillir dans une quantité d'eau suffisante, et endant un temps assez long, reprend toutes les propriétés de l'alun cristalsé, au moins quant à la quantité d'alun soluble.

4° L'alun calciné traité jiar l'eau froide s'y dissout difficilement et exige eaucoup plus d'eau que s'il était traité par l'eau bouillante; en sorte qu'une ortion d'alun peut échapper à l'action dissolvante de l'eau et y rester en susension. L'alun cristallisé ne se dissout que dans quatorze ou quinze fois son joids d'eau à quinze degrés, tandis qu'il n'exige pas même son poids d'eau ouillante : que s'il est à l'état d'alun calciné, il résiste long-temps à l'action e l'eau. (Orfila , Traité d^, chimie , pag. 466. )

5° L'alun calciné est une substance corrosive pour les membranes muqueuses.

6» L'alun calciné peut déterminer la mort des chiens à la dose de deux onces, lême dans les cas où on ne s'oppose pas aux vomissemens , et lorsque l'estomac antient des alimens.

7" Il peut amener la mort à la dose de six gros et demi , quand on a lié l'œsohage , et quoiqu'il ait été préalablement dissous dans de l'eau.

8o L'alim calciné , incorporé à de l'eau froide et en partie suspendu , constitue n mélange beaucoup plus délétère que s'il avait été préparé à l'eau chaude.

9» Je suis porté à penser que cette substance agirait avec beaucoup plus d'éergie chez l'homme, quoiqu à la même dose , Vestomac étant doué de heauoup plus de sensibilité , et ses sympathies beaucoup plus actit^es que chez le hien.

10" Que si l'estomac était malade, affecté par exemple d'ime plilegmasie hronique, nul doute que son action ne fût beaucoup plus énergique.

Dans le cas où l'ingestion de l'alun dans l'estomac déterminerait des acciens, le médecin devrait favoriser les vomissemens qui en sont presque tou- )urs la suite, en employant l'eau tiède, sans en exagérer toutefois la quantité. I faudrait ensuite ([u'il s'attachât à arrêter les progrès de la phlegmasie du ube digestif à l'aide des antiphlogisliqucs ordinaires. La magnésie a été emloyée dans un cas analogue; elle est tout-à-fait inutile , car l'abm n'est pas n sel tellement acide qu'il puisse agir sur l'estomac comme poison de ce enre.

Des poudres arsenicales de Rousselol , de M. le professeur Dubois et du frère lôme. — La poudre de Rousselot est composé de 16 parties de sulfure de merurc, de 16 parties de sang-dragon et de 2 parties d'oxyde d'arsenic. Celle de 'I. Dubois est ordinairement préparée avec 16 parties de sulfure de mercure, parties dcsang-dragon et 1 partie d'oxyde d'arsenic. Enfin celle du frère Côme ontient , sur 220 parties ; 142 parties de sulfure rouge de mercure , 48 parties l'oxyde blanc d'arsenic, 12 parties de sang-dragon, et 8 parties de cendres de ieilles semelles. Ces trois poudres sont les seules usitées aujourd'hui; mais il |*iste plusieurs autres poudres arsenicales : telles sont celle de Justamond, jîomposée de sulfate d'antimoine et d'oxyde d'arsenic : et celle de Plumquet, Ijlans' laquelle entre la camomille, la renoncule , la fleur de soufre et l'oxyde jl'arsenic. Les trois premières out entre elles beaucoup d'analogie , en égard

aux substances qui les composent , mais elles diffèrent par rapport aux proportions dans lesquelles ces substances s'y trouvent. Toutes ces poudres devraient être dites mercuriellcs plutôt qu'arsenicales , car le sulfure de mercure en forme la base : en effet l'oxyde d'arsenic ne constitue qu'un , vingtcinquième de la masse dans celle de M.Dubois, un treizième dans celle de Rousselot, et un peu plus d'un quart dans celle du frère C(5me ; le sulfure de mercure, au contraire, entre pour près de moitié dans celle de Rousselot , pour les trois quarts dans celle de RI. Dubois , et pour un peu moins des trois quarts dans celle du frère Côme.

Or, s'il est indifférent pour le chirurgien, qui ne voit dans ces poudres que leur propriété caustique, de tenir peu de compte de leur composition , il n'en doit pas être de même à l'égard du toxicologiste. l\ faut qu'il recherche quelles sont dans ces composés les substances actives , et parmi ces dernières celles qui peuvent exercer le plus d'influence sur l'économie. Les poudres dont il est ici question agissent I" comme caustiques; 2" comme substances vénéneuses susceptibles d'être absorbées et d'exercer sur l'économie en général une influence délétère. Si l'on envisage ces poudres sous le rapport de leurs propriétés caustiques , on y trouve une raison de plus de les appeler mercuritdies ; carie médecin qui réfléchira un peu sur la causticité de l'arsenic , ne pourra jamais attribuer l'action escarrolique de la poudre de M. Dubois , à I grain d'arsenic répandu sur une grande surface, en supposant que l'on ait employé pour la cautérisation 2.') grains de poudre. Établissons donc avec soin le véritable rôle qu« jouent le sulfure de mercure, l'oxyde d'arsenic, le sang-dragon et les cendres de savates brûlées.

Personne n'ignore que le sulfure de mercure appliqué sur une plaie ne la cautérise pas. M. Smith a d'ailleurs prouvé par des expériences directes, que ce composé appliqué sur une plaie faite à la cuise d'un chien , amenait la mort au deuxième ou au troisième jour ; qu'une grande quantité de sulfure ne tuait pas les animaux beaucoup plus vite qu'une assez faible proportion, et que , outre le phlegm -sie locale , on trouvait presque toujours des traces non équivoques d'inflammation aux poumons , aux: plèvres et à l'estomac. L'insolubilité du sulfure de mercure semblerait exclure de pareils résultats, en ayant égard a cet axiome : corpora non agunt nisi sint solula : mais l'axiome est faux et une foule de poisons insolubles en démontrent le peu d'exactitude. L'arsenic , si peu énergique localement, et si actif à l'égard du système nerveux en général , est-il donc si soluble ?

L'oxyde d'arsenic est-il escarrotique ? Une foule d'observations portent h le penser; cependant cette propriété n'est pas aussi prononcée qu'on pourrait bien le croire : car on cite plusieurs faits d'empoisonneraens par des doses considérables d'arsenic , dans lesquels l'estomac ne présentait même pas de traces d'inflammation. Mais l'arsenic est touj ours absorbé, et il exerce une action directe sur le système nerveux. Cette influence doit se faire surtout sentir dans la poudre arsenicale du frère Côme , où sa quantité est beaucoup plus consiilérable. Ce sont probablement les accidens que cette poudre a développés qui ont engagé M. le professeur Dubois à en diminuer considérablement la quantité dans la poudre qu'il a composée.

Le sang-dragon est une résine sans action sur les plaies. Quant aux cendres de savates brûlées, elles n'ont pas plus d'énergie que toutes les cendres animales , dont le sels sont principalement à base de chaux et de magnésie et par conséquent inertes.

En résumé, je suis porté àpenser que ces diverses poudres sontsurtout escarrotiques en vertu de la très-grande quantité de sulfure de mercure qu'elles, contiennent.

Si un empoisonnement avait lieu sous riiifluence d'une préparation de ce genre, il faudrait s'attacher à démontrer l'existence des trois substances principales. L'expert devrait en premier lieu traiter la matière par l'eau et faire bouillir La liqueur conlieiKUait tout l'oxyde irarscnic. On recueillerait la partie insoluble, et on la ferait bouillir dans de l'alcohol ; ce véhicule dissoudrait le sang - dragon , et laisserait le' sulfure de mercure, sous la forme d'une poudre l'ougtî. Les trois substances étant isolées on les reconnaîtrait à l'aide des réactifs, 1° de l'oxyde d'arsenic {voye'z AnsEKic ) ; 2° du sulfure fie mercure [xiojez Mercure); 3» du sang-dragon {voyez Sang-

BRAGON ).

Lorsque les pâtes arsenicales ont déterminé des accidens , ils ont toujours consisté dans une phlegmasie locale plus ou moins vive, et dans des symptômes généraux qui sont le fait de l'absorption et de l'oxyde d'arsenic et des préparations mercuriellcs. Le traitement est le même que celui de ces préparations.

( Alph. Devergie. ) CAUSTIQUES (Application des). Les caustiques n'agissent pas tous avec la même énergie. Quelques-uns se bornent à produire, lorsqu'on les applicpie aux parties, une escarre légère et superficielle ; d'autres les désorganisent profondément. Ou désigne les premiers sous le nom généxal de calhérèitques , les seconds sont les caustiques proprement dits , ou les escarrotiques. Quel que soit le temps pendant lequel on applique les premiers, il est rare qu'ils agissent comme escarrotiques; on sent qu'au contraire les derniers, quand leur application est instantanée, peuvent se borner à n'agir que comme cathéi étiques.

Quoi qu'il en soit, les caustiques peuvent être employés sous quatre formes différentes, qui sont l'eVai /J/i/p-eVu/e/if, Velatmou, Vécut liquide et l'état solide; et les règles à suivre dans leur application varient suivant celui de ces états sous lequel on les emploie.

On faisait autrefois un usage beaucoup plus grand qu'aujounTliui des caustiques à l'état pulvérulent. L'alun calciné, les poudres d'iris , de sabiuc , de

CAUSTIQUES

sulfate de fer, de sulfate de cuivre, et plusieurs poudres composées qu'employaient uos devanciers sont maintenant remplacées dans la pratique par le nitrate d'argent.

Quoi qu'il en soit, la manière d'appliquer les caustiques pulvérulens est très-simple ; elle consiste à saupoudrer d'une couche égale et fort légère toute la surface de la plaie ou de l'ulcère, ou seulement les points où existent des bourgeons charnus exubérans , en ayant le soin que le caustique ne dépasse pas les limites des parties sur lesquelles ils est nécessaire qu'il agisse. On peut encore, pour s'accommoder à la forme de certaines parties, rouler dans la poudre caustique une boulette de cliarpic que l'on place convenablement, et que l'on maintient à l'aide d'autres boulettes ou plumasseaus , de compresses et d'un bandage approprié.

Plusieurs applications sont ordinairement nécessaires. Mais on doit toujours attendre, pour recommencer, que la légère escarre qui résulte de l'action chimique des cathérétiques sur les tissus vivans soit complètement détruite. Quelquefois cette action est si légère que l'escarre est inaperçue et que les chairs paraissent seulement se retirer sur elles mêmes sous l'influence des topiques ; mais le plus souvent il se fait une escarre , et vingt-quatre heures sullisent ordinairement pour qu'elle se détache et pour qu'il soit possible de recourir à une nouvelle application.

C'est surtout à l'état mou que nos professeurs ont fait un grand usage de caustiques dans le traitement des plaies. Ils en avaient un grand nombre.

L'onguent brun , l'égyptiac, le baume d'acier sont aujourd'hui complètement inusités , ou à peu près. Au reste , on les appliquait tous sur des plimiasseaux ou sur des tentes de charpie dont on recouvrait les ulcères , ou que l'on introduis:iit dans les trajets fistuleux.

De nos jours, on n'em])loie plus guère de caustique mou que la /)«(c «/'icnicale et la pommade ammoniacale. On a déjà décrit dans cet ouvrage la manière d'appliquer la première. Voyez Arsenicale (pâte).

C'est toujours sur la peau que l'on applique la seconde. On l'étend pour cela sur un linge auquel on donne la forme et l'étendue de la partie ou de la surface du corps que l'on veut rubéfier, vcssier ou réduire en escarre; car, suivant le temps qu'elle reste appliquée, elle peut à volonté produire l'un ou l'autre de ces trois effets , et remplacer par conséquent les riibéfians , les vésicatoires, et les autres escarrotiques. On donne h la couche de pommade l'épaisseur proportionnée à l'effet que l'on veut produire , une ligne ou une ligne et demie au plus , et on applicjue sur la partie le linge sur lequel elle est étendue. Une à deux minutes suffisent pour produire la rubéfaction, quatre ou cinq pour obtenir une plilyctcne , et un quart d'heure après l'application , l'escarre est produite. Son action , même pour produire la cautérisation , est donc instantanée.

M. Gondret remplace par l'application de sa pommade la cautérisation par le feu, presque toutes les fois que celle-ci est indiquée comme i-évulsif. Elle a l'avantage de ne pas irriter les parties sous-jacentes , comme le calorique qui se propage en rayonnant; et sous ce rapport elle lui est de beaucoup préférable pour pratiquer la caulci isalion syncipifale à laquelle son auteur l'a plus spécialement consacrée. Mais on a observe que , à moins d'être préparée au moment même où l'on veut s'en servir , elle est infidèle, parce que quelque bien fermés que soient les flacons où on la conserve, l'ammoniaque s'échappe toujours en partie; ce qui diminue d'autant son degré d'activité. Aussi beaucoup de praticiens lui préfèrent-ils l'ammoniaque liquide.

Les caustiques à l'élat liquide oni été aussibeaucoup plus employés autrefois qu'ils ne le sont maintenant; plusieurs, d'ailleurs, étaient si peu actifs qu'ils agissaient plutôt sur les ulcères sur lesquels on les appliquait comme de simples stimulans, que comme des caustiques, même cathérétiques. L'eau phagédénique , le collyre de Lanfranc, etc , étaient dans ce cas.

On leur préfère maintenant le nitrate d'argent fondu , à l'état solide. Cependant j'ai vu employer avec avantage la solution de ce sel dans les cas d'ulcères rebelles difficiles à cicatriser.

Les autres étaient presque exclusivement réservés pour la caulérisation des plaies envenimées. Oli les emploie encore pour déti uire certaines verrues. Tous les acides minéraux , les dissolutions alcalines concentrées , ont été employés dans ce but ; mais les plus usités parmi les caustiques liquides sont, sans contredit , le deuto-thlorure d'antimoine licpiide et la solution de nitrate de mercure clans l'acide nitrique concentré.

On peut s'y prendre de diverses manières pour appliquer les caustiques li- . quides.

Quand ils sont très-faibles , on en imprègne un pluniasscau de charpie que l'on applique ensuite sur la plaie.

Veut-on détruire une verrue? après l'avoir ramollie au moyen d'un cataplasme, et favoir coupée au niveau de la surface de la peau, on y porte, au moyen d'une tige de verre que l'on trempe dans un acide concentré, une goutte de cet acide destinée ii en consumer les racines.

D'autres fois enfin , et ce sont les cas les plus communs, le caustique li<|uide s'applnjuc au moyen d'un pinceau de charpie que l'on plonge dans le caustique et que l'on piomèue ensuite, après l'avoir exprimé, sur la surface que l'on veut cautériser. C'est ainsi , par exemple , que l'on applique le deuto chlorure d'antimoine liquide et le nitrate acide de mercure. Lorsque l'on porte ces caus tiques au fond il'un canal dont on veut ménager les parois . on garantit celles-ci au moyen d'une canule ou d'un spéculum , qui ne laisse à découvert que la par- ' lie que l'on veut cautériser. 11 est bon d'emporter ai)iè3 l'opération , au moyen de lotions ou d'injections d'eau tiède, tout ce qui pourrait rester de caustique

Cautère.

non combiné, afin d'empêcher qu'il ne se porte ensuite sur des parties au. i on a intérêt à ménager. ^

C'est sûus/o; «2e solide que l'on emploie -le plus communément aujourd'hu les caustiques. On en faisait autrefois de composés auxquels on donnait la foiœ, tle trochisques que l'on introduisait dans les trajets fistuleux ou dans les tumeur que 1 on voulait détruire.

On employait encore des boul.ons de vitriol que l'on appliquait sur l'extrérail. des vaisseaux qui fournissent du sang et que l'on soutenait pendant viiiot quatre heures , jusqu'à ce qu'ils aient réduit en escarres les j.arties, au moyei, de boulettes de charpie que l'on entassait dessus , de compresses et d'une bande

Aujourd hui on ne se sert plus guère que du nitrate d'argent et de la potass, caustique. Le premier est souvent employé comme cathcrélique sur les plaie qui végètent trop fortement. Il est pour cela porté par un porte pierre , instru ment fait en forme de porte-cmjon. Pour s'en servir, on commence par ab sterger la plaie, et l'on promène légèrement le nitrate d'argent à sa surface avec le soin de ne toucher que les parties trop saillantes et de ménager les bord de la cicatrice qui seraient infailliblement détruits par le caustique. L'escarr tombe d'un pansement à l'autre, et l'on peut recommencer l'application toute les vingt-quatre heures.

On emploie encore le nitrate d'argunt pour détruire les couches les plu superficielles de la cornée transparente devenues opaques. Il faut dans ce ca que l'attouchement soit très léger, et faire laver l'œil avec de l'eau fraicli aussitôt après l'application. Enfin , on porte encore le nitrate d'argent dans le canaux nasal et de l'urèthre, pour en détruire certains rétrécisscmens 0ns! sert pour cela d'instrumens particuliers qui ont reçu le nom de pone-caustiquei\ et qui seront décrits 'a l'occasion des rétrécissemens de l'urèthre ainsi que leui mode d'application. '

La potasse sert ou à pratiquer le cautère ou à ouvrir certains abcès. La œa nicre de l'appliquer est décrite au mot Cautère.

On peut aussi s'en servir pour cautériser le col utérin cancéreux et le rélré'' cissemeut du canal de l'urèthre; mais son mode d'application dans ces cas ser' décrit à l'occasion des maladies qui en réclament l'emploi. (L.-J. Saksom.) ,' .CAUSUS. Voj: Fièvre. '

CAUTERE {exuloire) , s. m., cauterium , cauter. Le cautère est une espèc, d'ulcère que l'on produit artificiellement et que l'on empêche de se cicatriscj en y plaçant un corps étranger.

On appli que le cautère dans tous les points de la surface du corps qui, eilii en même temps qu'ils sont pourvus d'une certaine quantité' de tissu cellulaire iJild sont éloignés des saillies osseuses, du trajet des tendons et du corps des mu.'ilii des , sur lesquels le corps étranger retenu par les bandages pourrait comprimf In douloureusement le fond de l'ulcère , surtout pendant la contraction des org; nés musculaires , et de celui des vaisseaux et des nerfs principaux qui poui •( raient être lésés par les agens que l'on met en usage pour former cette espèc d'exuf oire.

C'est ainsi que l'on applique le cautère au bras , immédiatement au dcssoi « de l'insertion inférieure du muscle deltoïde; à la cuisse , à deux pouces ctden' environ au dessus du coudyle interne du fémur, sur l'espace celluleux borr en avant par le muscle vaste interne, et en arrière par le tendon du troisièm adducteur; à la jambe , au dessous de l'expansion tendineuse nommée la pal^ d'oie, derrière le bord interne du tibia , au devant du bord interne du musc!' jumeau interne et soléaire ; à la nuque, dans l'écartemeut des muscles sph iiiiis; au dos , sur toute la longueur des gouttières vertébrales; sur la poitrine' immédiatement au dessous des clavicules ou le long des espaces intercoslaus j aux hypocondres, le long du bord inférieur des dernières côtes; et enfin autoide beaucoup d'articulations dans les points intermédiaires aux parties osseuse', eu tendineuses qui sont remplis par une suffisante quantité de tissu cellulain| On peut s'y prendre de deux manières pour établir le cautère.

La première, qui est la plus expédilive, la plus facile et la plus simple, coi| siste à faire , au moyen du bi.>^touri , aux téguuiens , soulevés par un pli ou place , une incision de six à huit lignes de longueur , qui pénètre jusqu'au lisi cellulaire sous-cutané. On place dans cette petite plaie une boulette de charpi un peu ferme, qui la remplit exactement ; on la soutient à l'aide d'une coi presse et de quel(pies tours de bande, et on laisse l'appareil eu place jusqui ce que la suppuration soit établie, c'est-à-dire pendant quatre ou cinq joU: Au bout de ce temps le cautère est établi; j'indiquerai plus bas les soins qu réclame alors.

La secomle manière , plus longue et plus difficile , ne doit être préférée qu dans les cas où les sujets redoutent l'action de l'instrument tranchant, et d»l ceux où il convient d'exciter une plus violente irritation.

Elle consiste à faire au.v tégumens et au tissu cellulaire sous-cutané une pefi de substance par le moyen d'un causlic/ue ; c'est oï dinairement la potasse q' l'on emploie à cet effet. Pour l'appliquer on colle exactement sur la peau large et épais emplâtre bien aglutinatif, au centre duquel on a fait une ouveJ ture moins grande de moitié que l'escarre que l'on veut produire , et que l'o fait correspondre en collant l'emplâtre au lieu où l'on veut que soit établi I cautère. On place dans cette ouverture un morceau de potasse caustiL|ue Irè: pure et très-sèche, de la même grandeur qu'elle. On l'entoure d'un cercle < charpie, destiné à le maintenir en place et à absorber les sucs caustiques, n sultant de sa li(juéfaction et de sa combinaison avec les tissus vivans . qui d' colleraient l'emplâtre et formeraient des fusées sous la ])eau ; et on apjiliipie P' dessus le tout uu second emplâtre de même forme et de même grandeur que premier . mais (jui ne présente point d'ouverture à son centre. Quelques coi:

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