CAUTÈRE
CAUTERE.
I esses et une bande médiocrement serrée, on un Landatre approprié à la forme , la partie, empêchent l'appareil de se déranger.
Une heure environ après l'application, le malade commence à éprouver la iisation d'une chaleur bridante , qui augmente rapidement d'intensité, et qui
cesse qu'au bout de six à huit heures , et quelquelois plus tard. En général après douze heures l'action du caustique est complètemoiit épui- B , et l'on peut lever l'appareil. Toutefois quand l'application a été faite sur le cavité dont les parois sont fort minces , comme cela a lieu pour les parois
la poitrine chez certains phtiiisiques , il ne faut laisser séjourner le caustique le pendant un temps beaucoup moins long, afin d'éviter qu'il n'attaque les [isoles et ne pénètre à l'intérieur, où il ferait d'afireu.x ravages. Dans ce cas ,
peut relever l'appareil au bout de quatre ou six heures.
L'opération a bien réussi lorsque l'esc.irre produite occupe toute l'épaisseur lia peau, qu'elle est noirè et bien circulaire. On en accélère la chute en la couvrant d'onguent de la mère ou de quelque autre suppuratif. Elle se déche vers le douzième jour ; alors le cautère est établi.
II ne s'agit plus que de l'empêcher de se fermer et d'y entretenir la siippulion. Pour cela , on y place un pois , ou une petite orange , ou un globe de cine d'iris, fraîche ou sèche, d'un volume ajiproprié , ou plusieurs de ces rps , que l'on renouvelle tous les jours, et que l'on maintient en place à ide d'un emplâtre ou d'un morceau de |)apier agglutinatif destiné à cet usage, i tout simplement avec une feuille de lierre , et 1 on recouvre le tout d'une mpresse , d'un bandeau ou d'un bracelet.
Le choix ilu corps étranger que l'on place dans le cautère n'est pas tout à fait différent : les pois ordinaires sont inertes , mais ils se gonflent beaucoup , et nt très-bons quand on veut élargir l'ulcère ; mais aussi ils provoquent de la )uleur, et il faut avoir soin , .quand on s'en sert pour panser un cautère dont s dimensions sont convenables, de les choisir un peu petits, de manière l'ils ne fasiienl que remplir la cavité, quand ils sont gonflés par l'humidité; les lis d'iris sont aussi à peu près inertes, ils se gonflent moins, et, comme ils nt d'une forme régulière , et percés d'un canal central , à travers lequel on ut passer une anse de fil (jui sert à les retirer , on les préfère généralement, es petites oranges sont plus stimulantes : elles conviennent davantage lorsl'il est besoin d'exciter la suppuration.
Si celle-ci vient à diminuer , on l'excite en recouvrant le pois île l'onguent de
mère, dans de la pommade de garou ou dans de la pommade épispastique.
Si, ce qui arrive assez souvent, les chairs du fond ou de la circonférence de ilcère viennent à végéter trop fortement, il faut les répriuier en les saupou- ■ant avec de l'alun calciné , ou en les touchant avec le nitrate d'argent; et rsque ces moyens ne suffisent pas , les exciser à l'aide de ciseaux courbes . f'o;--. Cautkrisation et RÉVULSION. ) (L.-J. Sakson.)
CAUTERE (instrument), s. m. , de xxÎM,je brûle. Agent dont on se sert pour ratiquer la cautérisation.
On reconnaît en matière chirurgicale deux sortes de cautères : les uns agisint en se combinant avec les tissus qu'ils désorganisent en vertu de leurs proriétés chimiques , les autres en leur cédant da calorique ; les premiers sont s cautères potentiels dont il a été parlé à l'occasion du mot Caustique ; les lires seuls doivent nous occuper ici.
Pris dans cette dernière acception , le cautère est un instrument de cliirurgie )mposé d'un manche et d'une tige.
La forme de ces parties a varié à l'infini. Pendant long-temps le manche , 'nlôt volumineux , tantôt ténu , tantôt long, tantôt court , tantôt rond, tantôt lillé à pans , n'offrit aucun forme constante et régulière. La tige fut tellement )urte que la chaleur dont elle était imprégnée ne tardait point à se communiuer au manche et à le brûler, ou au moins à faire fondre le ciment qui les xait ensemble , et à en opérer la séparation, quand la soie qui terminait la ige n'était pas rivée. L'extrémité cautérisante surtout présentait les formes les lus arbitraires et les plus bizarres , d'où les cautères tiraient leur nom partiulier. Ainsi il y avait des cautères dacijlaires ou en forme de noyau de datte, es C3n\.ktei cunéij'ormes , des cautères tranchans, des pe'furans, des oUvaires, es circulaires , etc. Il y en avait qui avaient une forme et un nom difl'éreus, îlon la partie du corps sur laquelle il.') devaient être appliqués. Les Arabes iirtout les avaient multipliés à l'infini, et Abulcasis fait mention du cautère ns<i/ pour les lèvres, du myrlhilin pour les paupières , du claval pour l'omoilate , et d'une foule d'autres qu'il serait trop long d'énumérer ici. ScuUet en a jeprésenté jusqu'à quarante-cinq espèces dans son ouvrage.
On n'a pas moins varié sur la nature du métal qu'il convient d'employer à eur construction.
A en juger par le mot Jerrum candens , sous lequel le cautère actuel est déigné dans les plus anciens auteurs, on a d'abord construit ces instrumens avec lu fer. Plus tard on s'est persuadé que la brûlure produite par des métaux plus )récieux serait moins douloureuse et plus efficace. Déjà Celse parle ties cauères de cuivre ; les Arabes ont préconisé les cautères d'or, et ils ont été imités )ar Tagault, Cardan , Félix PJater, M. A. Severino et d'autres , tandis que pour plus d'économie Lanlranc et Guillaume de Salicet se sont servis de eauères d'argent. Cependant Guy de Chauliac avait déjà remarqué que ces métaux précieux n'avaient pas comuie le fer et l'acier l'avantage de faire connaître par Iles nuances de couleur bien tranchées le degré de température auxquels ils |ont élevés. On remarqua de plus qu'ils ne supportent pas comme ce dernier l'action d'un calorique trcs-iutense , et Vidus "V^idius prouva d'un autre côté que la cautérisation pratiquée avec les cautères de fer ou d'acier avait tous les avantages de la cautérisation faite avec les métaux les plus chers. Mais comme la cautérisation par le fer était peu à peu tombée dans un état de désuétude tel
DlCT. DE MEDECINE ET I)E CHIRURGIE PRATIQUES.
que vers le milieu du siècle dernier, Diouis ne la montrait à ses élèves que pour leur en inspirer l'horreur; ce ne fut qu'après que l'Académie royale de chirurgie eut de nouveau provoqué l'examen de ce sujet, que l'on substitua définitivement l'acier aux autres métaux, en même temps que l'on remit la cautérisation en honneur. C est surtout à Percy que l'on doitd'avoir porté la lumière dans tout ce qui est relatif à la cautérisation par le fer rouge.
Il a démontré qu'en raison de son prix peu élevé, de sa grande capacité pour le calorique, de son peu de fusibilité , de la facilité avec laquelle il le cède , et de celle avec laquelle on peut lui conserver sa trempe en le plongeant dans l'eau pendant qu'il est encore chaud , et enfin de la faculté qu'il a de prendre des teintes différentes à divers degrés de température, l'acier devait être préféré à tous les autres métaux, pour la fabrication des cautères.
Il a posé les règles de leur construction, et, faisant justice de toutes les formes bizarres qu'on avait données à ces instrumens, il a fixé ces formes à'cini] principales, qui sont le cautère en roseau, \e conique , le cnltellaire , le nummulaire et le cautère octogone. On a depuis ajouté une autre espèce; c'est le cautère olivairc des anciens.
'Voici donc, d'après Percy, suivant quelles règles doivent être construites les diverses parties de l'instrument.
Le manche, fait tie buis ou d'ébène , doit avoir quatre pouces environ de longueur ; il doit être d'un volume convenable pour remplir la main , et taillé à six ou huit pans pour pouvoir être saisi solideuient. Afin d'éviter qu'il ne soit brûlé par la chaleur du fourneau dans lecjuel on plonge le cautère pour le faiie chauffer ou par celle de la tige qu'il reçoit , il est amovible , et pour cela il présente à l'une de ses extrémités une colonne métallique longue d'un ou deux pouces , terminée par une vis qui traverse toute la longueur du bois , et est rivée à l'autre extrémité. Cette colonne est formée d'un canal quadrangulaire de deux lignes et demie à trois lignes de diamètre , et dont l'une des parois est traversée par une vis de pression. De cette manière, le manche peut être enlevé à volonté ; on peut faire chauffer le cautère isolément; et l'on ne court pas par conséquent le risque de se brûler ni même de s'échauffer. Un seul manche peut servir à plusieurs cautères.
La tige des cautères , faite d'acier, ainsi qu'il a été dit , tloit être arrondie , légèrement conique , plus épaisse du côté du manche que vers l'extrémité opposée, et terminée en ce point par un renflement ou initie, d'où part une soie carrée de deux pouces tle longueur qui s'engage dans le canal quadrangulaire du manche, où elle est fixée au moyen de la vis de pression. Ce mécanisme est beaucoup plus simple que celui qui consistait à visser un manche amovible sur la tige du cautère , ainsi que Garcngeot l'avait conseillé. Mais il faut avoir le soin que la soie du cautère entre très librement dans son manche ; car ; si le rapport entre le volume de celle-là et le diamètre du canal de celui-ci était trop exact, il arriverait que , au moment où l'on voudrait s'en servir , cette soie dilatée par la chaleur ne pourrait plus s'engager dans le niaiirhe , et qu'il faudrait suspendre l'opération. Enfin , pour éviter toute espèce de retard , il est utile d'avoir ileux manches , de telle manière que pendant que l'opérateur se sert d'un cautère, l'aide puisse tenir prêt celui qu'il aj)pliqui-ra ensuite. L'extrémité de la tige qui est opposée au manche est son extrémité cautérisante. A deux pouces de celle-ci , la tige est courbée à angle droit ou légèrement obtus , dans sa partie la plus mince, ce qui rend l'instrument plus fucile à diriger perpendiculairement à la surface des parties , sans que l'œil cesse de le guider. L e cautère en roseau est le seul des cautères ayant un usage général , qui fasse exception à cette règle.
C'est par leur extrémité cautérisante que les cautères diffèrent essentiellement.
Dans le cautère en roseau ou cylindrique , cette extrémité est formée par un cylindre long d'environ deux pouces , sur six lignes de diamètre , et dont l'e.xtrémité est obtuse et arrondie. Ce cautère est très-bon pour appliquer ce que l'on appelait un bouton de feu, et pour réduire en escarre les parois des trajets longs, étroits et profonds , ou la surface des plaies creusées en gouttières.
Dans le cautère conique ou pointe de Jeu , l'e.xtrémité cautérisante représente un cône d'un pouce de long et de huit lignes de diamètre à la base, qui se continue par son milieu avec la tige. La forme de ce cautère le rend propre à cautériser les cavités étroites que l'on veut agrandir, en élargissant leur entrée. C'est celui que l'on emploie ordinairement pour cautériser les |ilaies par morsures d'animaux enragés ou venimeux. Quoiqu'il n'agisse sur les parties que par une pointe , il les brûle cependant assez profondément, parce que sa base forme une sorte de récipient où la chaleur s'accumule en beaucoup plus grande quantité que s'il n'avait partout que des dimensions égales à celles de son sommet.
Dans le cautère cnltellaire , ou couteau de feu, l'extrémité cautérisante a la forme d'une hache de licteur; son bord correspondant au tranchant esl tièsobtus , et forme une courbe régulière appartenant à un ceicle de- dix-huit lignes environ de diamètre; son dos a quatre à cinq lignes d'épaisseur. Ce cautère sert à faire ce que l'on appelle des raies de feu. On peut aussi l'employer à couper le pédicule de certaines tumeurs et de certaines exostoses qui fournissent beaucoup de sang quand on les attaque avec l'instrument tranchant.
Dans le cautère nummulaire , l'extrémité cautérisante présente une plaque elliptique d'environ dix-huit lignes, épaisse de trois , cl plane ou légèrement convexe à celle de ses faces qui doit être appliquée aux parties; c'est par le milieu de l'autre face qu'elle se continue avec la tige. On s'en sert pour faire ce que l'on nomme la cautérisation objective, pour désorganiser la surface de certaines plaies fongueuses ou affectées de pourriture d'hôpital, et pour détruire certaines caries.
CAUTERE.
cautërî:.
Dans le cautère octogone la plaque forme iin carré dont les angles sont abattus. Elle est du reste semblable à celle que je viens de décrire. On a proposé de supprimer ce cautère comme différent trop peu tUi nummulaire; je ne suis pas de cet avis, parce que plusieurs cautères de la même espèce étant presque toujours nécessaires, il peut s'accomnïoder par sa forme à lu forme anguleuse de certaines plaies.
Je pense, avec M. le professeur Roux , qu'il faut ajouter à ces cautères le cautère olivaire ^ dont le nom indique suffisamment la fo:me. Il est utile pour porter le feu sur les parois de certaines cavités dont l'entrée est étroite. Appliqué sur les plaies par morsures, il agit aussi d'une manière à peu près semblable à celle d'un cautère conique.
Quoiqu'il n'y ait que six sortes de cautères , il faut plus de six de ces instrumcns pour compléter l'appareil instrumental destiné à l'application du fer rouge, parce qu"il est rare qu'un seul sufîise pour une opération , et qu'une forme ne peut que difficilement suppléer h une autre. 11 est utile aussi, quand on a plusieurs cautères de la même forme, d'en varier un peu les dimensions.
Les six formes de cautères qui viennent d'être décrites sont propres .î remplir toutes les indications générales de la cautérisation par le feu; mais, outre ceu.x-ci , que Percy a nommes ojflcinaux , il y en a plusieurs qui ne remplissent que des indications spéciales, et qu'il a appelés extcmporanès. Parmi ceux-ci on doit ranger le cautère annuluire on couronne de J'en, imaginé par Percy pour pratiquer la cautérisation .syncipitale. Il se compose d'un globe, monté sur une tige ilroite , et surmonté vers son côté opposé par une espèce de viroie h bord mousse , dont la cavité a deu.x lignes et demie de profondeur : c'est cette virole que l'on applique au cuir chevelu. Percy pense que cet inslrunaent est très-propre à produire des escarres circulaires sur le cuir chevelu , sans exposer les méninges et le cerveau à l'action de la chaleur. 11 y a encore d'autres cautères spéciaux , tels que ceux dont on se sert pour les maladies des yeux et des dent.;, et pour cautériser certaines fistules vésico-vaginales. Mais ils seront décrits à l'occasion des maladies au traitement desquelles ils sont plus spécialement destinés.
On se sert, pour cliauffer les cautères , de charbon de bois, contenu dans un fourneau assez profond pour que le poiils de la partie de la tige qui reste au dehors n'entraine pas l'extrémité cautérisante , et ne la fasse pas basculer et sortir du feu. On a dans les hôpitaux, pour cet usage, des réchauds en tôle, supportés sur un pied assez élevé pour les meltre à portée de la main , et percés sur les côtés d'ouvertures par lesquelles on engage les cautères pour les plonger au milieu des charbons ardens. Un aide doit toujours être chargé de surveiller ces inslrumens pendant qu'ils chauffent ; c'est lui qui doit aussi les présenter à l'opérateur, au fur et à mesure qu'il en a besoin: il ne doit pas manquer, au moment où il retire le cautère du feu , de le frapper contre quelque corps dur, afin de faire sauter les écailles oxydées qui se forment à la surface de l'extrémité cautérisante et qui nuisent à la cautérisation ; et, pour éviter toute perte de temps, il a soin de monter le manche de rechange sur l'instrument qui va servir , avant que celui dont on se sert soit complètement épuisé de calorique. S'il prévoit que l'on puisse avoir de nouveau besoin du cautère qui vient d'être appliqué, il se hâte de le replacer dans le foyer, api-ès en avoir séparé le manche. Enfin, quand l'opération est finie, il ne laisse pas refroidir les instrumens , en les laissant exposés à l'air; mais il doit les plonger dans de l'eau froide, ce qui aura l'avantage de les reticmper.
La. manière de se servir des cautères varie.
Quand on veut simplement déterminer l'afllux du sang, et que l'on pratique l'espèce de cautérisaliou que Percy a nommée objective, on approche de la partie, à une distance telle qu elle éprouve un sentiment vif de picotement , un cautère à plaque, rougi à blanc, qu'on maintient dans cette situation jusqu'à ce qu'il commence à se refroidir, et que l'on remplace immédiatement par un autre , de manière à produire pendant quinze ou vingt minutes la sensation dont il a été parlé.
Quand on veut appliquer ce que l'on appelle des raies de feu, c'est-à-dire pratiquer cette espèce de cautérisation qui a reçu de Percy le nom de tr.mscnrrenlc, on se sert du cautère cullellaire; on sent qu'un cautère conique dont on ne ferait servir que la pointe, pourrait à la rigueur le remplacer. Plusieurs instrumens sont ordinaireriieut nécessaires pour terminer l'opération. Pour plus d'exactitude le chirurgien trace avec de l'encre, sur la partie, des lignes dont le nombre , l'arrangement et la direction re[)résentent exactement celui des raies de feu qu'il veut former; c'est-à-dire qu'elles sont simples, parallèles entre elles , ou qu'elles partent obliquement d'une première ligne comme les barbes d'une plume de leur tige , suivant la disposition de la partie , son volume , et l'étendue de la surface que l'on veut cautériser. Il est pourtant utile d'éviter qu'elles se croisent, parce que les points sur lesquels le cautère passerait plusieurs fois seraient nécessairement brûlés plus profondément que les autres et ([ue cela n'est pas nécessaire. Il y aurait inévitablement là une suppuration longue, inutile au but qu'on se propose en pratiquant la cautérisation transcurrente, qui est d'irriter fortement la peau , plutôt que d'y déterminer une perte de sid)stance. Il faut aussi que ces lignes soient assez écartées pour que l'inflammation de l'une ne se confonde pas avec celle des autres. Les lignes dont il vient d'être parlé étant convenablement (racées , on fait maintenir le malade par des aides ; le chirurgien reçoit d'un de ceux-ci le cautère cuUellairc chauffé à blanc , et, le tenant d'une main ferme, il fait passer rapidement, légèrement et également sou boni convexe sur les raies qu'il a tracées. Les brûlures qu'il fait ne doivent pas aller au drlà du troisième degrémais pour que toutes soient d'ime intensité égale, il est bon, lorsque l'on à un certain nombre de raies de feu à faire , de changer de cautère, avant que
celui dont on se sert ait eu le temps de perdre une trop grande quantité dii calorique dont il est imprégné.
Lorsque l'opération est terminée , il faut se borner à envelopper ou recouvrir la partie d'un linge sec , et attendre la chute des escaries. Tou^ autre pensement auiait l'inconvénient de diminuer les effets thérapeutiques lie la cautérisation. Ce n'est que dans les cas où il survient des accidens inflammatoires graves que l'on doit metti e en usage les émolliens et les corps gras
Après la chute des escari es , qui ne doit jamais traverser toute l'épaisseur de la peau, on panse les plaies comme des plaies suppurantes simples.
Enfin, ([uand on veut désorganiser profondément la partie, on pratique la cautérisation dite inhérente.
Pour que cette opération soit bien faite , il faut que le cautère soit chauffé au degré convenable, que les parties voisines soient efficacement préservées île l'action du feu , et qu'enfin celles sur lesquelles on l'applique soient désorganii sées autant, mais ni plus ni moins que cela est nécessaire.
Il est bien constaté que les cautères désorganisent d'autant plus prompte-i ment les parties, et avec d'autant moins d'irritation et de douleur , qu'ils soufc plus iuiprégnés de calorique; de sorte que le plus actif, le moins irritant, et le moins douloureux de tous , est le cautère rougi à blanc , tandis que le plusi douloureux, le plus irritant et le moins actif est le cautère rouge- gris ou rouge^ brun. La nuance cjue la chaleur a donnée au cautère est donc d'une gramle> importance à observer, puisqu'elle sert à déterminer jusqu'à quel point il est imprégné de calorique.
Il n'est pas moins important de chercher à préserver les parties voisines de l'action du calorique rayonnant qui s'échappe du cautère incandescent. On' peut employer pour cela divers moyens.
Les linges mouillés , les éponges humides, la charpie, le coton, le chanvrei ou le lin écrus , imbibés d'eau , sont des moyens euiployés de tout temps. Maisvi outre que ces substances sont, à cause de leur mollesse, difficiles à appliquen; et à maintenir en place, l'eau dont elles sont imprégnées forme une vapeurij chaude , qui porte son action sur les tissus que l'on veut préserver , et y détCM mine au moins de la douleur. On peut employer ces substances sèches ; maisi| alors elles brûlent, et, en même temps que la chaleur qu'elles dégagent se,i propage aux organes qu'elles recouvrent, la fumée qui résulte de leur combus»i tion masque les parties à l'opérateur, et le gêne pour achever son opération.
Les plaques de bois plus ou moins allongées n'ont pas ces inconvéniens , mais elles ont celui d'être inflexibles et de ne pouvoir s'accommoder convenablement à la forme des parties qu'elles doivent garantir.
Pour avjir une substance qui fût plus flexible que le bois, et moins flexible que les linges mouillés , on a proposé de se servir de linge sec , plié en plusieurs doubles, trempé dans de l'eau gommée , et séché dans un état de compression^, Cette substance est sans contredit moins bon conducteur du calorique que le [ linge mouillé , et moins combustible que le linge sec; mais de tous les corps Uj meilleur est le carton lissé , dont Camper a proposé de se servir dans ces cas.l Il faut qu'il soit bien flexible, et taillé en bandes adaptées par leur largeur leur longueur, la direction et la forme de leurs bords, à la disposition des par-' ties qu'elles sont destinées à protéger. Dans quelques cas , ces bandes, engagées dans une cavité ou dans une plaie profonde , se maintiennent en place sans aucun secours. Le plus souvent il faut les fixer à l'aide de pinces , de spatules ou: d'autres instrumens analogues. ■
Mais quand il faut porter le cautère au fond d'un canal étroit que l'ofl nei pourrait sans danger agrandir avec l'instrument tranchant ou dilater d'une autrel manière, et sur un point parfaitement circonscrit, les bandelettes de cartoni ne conviennent plus ; elles tiennent trop de place. On se sert alors de canules?| d'acier, représentant une espèce de tube légèrement conique, coupé perpen-i diculairement à son épaisseur, à ses deux bouts , et dont l'extrémité la plus», large donne naissance à un manche de même métal , aplati, et qui en part àtj angle droit. Mais ces instrumens, très-bons conducteurs du calorique, ont l'in-l convénient de communiquer rapidement aux parties au milieu desquelles cIM sont plongées, la chaleur q ue leur transmet le cautère qui les parcourt. Pouri éviter cet inconvénient grave , on conseille de choisir une canule à parois cpais-.i ses, et dont le calibre soit assez large pour qu'il puisse rester entre sesparoiS| et le cautère un vide à la faveur duquel celles-ci sont préservées du contact, immédiat du fer incandescent. Il est bon aussi , pour empêcher que la canule ( ne s'échauffe trop et ne brûle les parties voi.sints, défaire la cautérisation !i| plusieurs reprises, en retirant le cautère souvent, pour le replonger après) quelques instans de repos , pendant lesquels on le fait réchaufler, ouoneni change. On a aussi conseillé, dans les cas où l'on ne veut qu'irriter fortcracntj un point ou un trajet , de se servir de canules fermées par le bout, et dans les- ; quelles on introduirait un cautère chauffé à blanc pour les échauffer juqu'a ce qu'elles produisent une douleur vive ou une brûlure légère. Mais il est beaucoup plus simple et plus sûr dans ce cas de .servir d'un cautère chauffé seulement au degré convenable. Quoi qu'il en soit, pour se servir des canules , quelle qu'en soit la forme, on les introduit dans le canal ou dans le trajet de plaie qu'elles doivent protéger; on place leur extrémité sur le point précis que l'on veut soumettre à l'action du feu; et tandis qu'on les fixe, en tenant leur manche de la main gauche, on y introduit le cautère que l'on tient de la mam droite, et que l'on a le soin de ne pas laisser séjourner trop long-temps , ainsi
qu'il a été dit. , .
Enfin , quand les parties voisines sont convenablement préservées , ci quand le' cautère est convenablement chauffe , il ne s'agit plus que de l'appliquer de manière à produire une cautérisation qui atteigne le degré nécessaire sans le dépasser.
CAUTERISATION.
En général, en pratiquant la cautérisation inhérente, on se propose de sorganiser les parties sur lesquelles on applique le feu; et pourvu qu'on inne rinstrument d'une main ferme, et qu'on le promène sur la surface que n veut brûler de manière à en toucher tous les points , quand cette rface est plus large que lui , on atteint le but ; car il suflit de l'application la us. instantanée du fer incandescent pour désorganiser les tissus par l effet du us simple contact. Mais souvent il ne suffit pas que la surface malade soit carrifiée ; il faut encore que les tissus soient brûlés à une certaine profonur, et c'est cette profondeur qu'il est difficile de juger. On ne peut, sous ce pport , établir aucun précepte c'est l'habitude, et la considération du mps pendant lequel on laisse appliqué le cautère , le nombre de ces instrueus que l'on a éteints sur la partie, et le degré de température auquel ils aient élevés au moment de l'application , qui sont les élémens d'après lesquels I juge de l'épaisseur de l'escarre que l'on a produite.
Toutefois, il ne faut pas croire qu'en appliquant successivement plusieurs utères incandescens sur une partie, l'escarre acquierre une épaisseur pro- ^rtionnée. Quand on a éteint deux ou trois de ces instrumens sur le même u, l'escarre a, en général, atteint toute l'épaisseur qu'elle peut avoir, !st-à-dire qu'elle comprend la peau, ets'étend au tissu cellulaire sous-cutané; ais elle est dure et sèche , et forme alors un corps mauvais conducteur du lorique qui préserve les parties sous-jacentes. Voilà pourquoi il est trèsfficile de détruire en un seul coup les tumeurs d'un certain volume. Quelquefois encore , c'est l'humidité , dont la partie est imprégnée , qui iapèche lescarre d'acquérir l'épaisseur qu'on désire lui donner, lorsque, ant d'appliquer le feu , on n a pas eu le soin d'absterger la partie avec une longe fine ou une boulette de charpie que l'on remplace par le cautère , issitôt qu'on l'enlève, et avant que le liquide n'ait eu le temps de se reoduire.
Enfin, dans d'autres cas, ce sont la douleur, les mouvemens incouside'rés ixquels se livrent les malades qui s'opposent à ce que la cautérisation soit impiété. Dans beaucoup de cas, cette douleur même est un élément de ccès, et il ne faut rien faire pour la diminuer. On doit se borner aux moyens ! persuasion pour décider le malade à supporter l'opération et le faire intenir par les aides pour prévenir les mouvemens désordonnés auxquels il mrrait se livrer s'il ne parait pas doué d'une volonté assez ferme pour ibstenir de ces mouvemens. Mais , si la désorganisation des tissus est le seul it que l'on se propose, si la douleur n'entre pas comme élément de succès , ut-on la diminuer ? On emploj'ait autrefois plusieurs moyens pour cela :
principal consistait à comprimer fortement les parties , soit au dessus I lieu où l'on se proposait de faire la cautérisation , soit en serrant tte partie elle-même entre des plaques ou des pinces présentant des ouverres qui laissaient à découvert la partie sur laquelle on devait appliquer le u; mais ces moyens usités pour la plupart pour pratiquer la cautérisation ns des cas où on ne la pratique plus aujourd'hui, comme, par exemple, 3ur ouvrir des fonticules, et pour des sétons , sont aujourd'hui abandonnés. Au reste , la crainte de la douleur fait souvent plus agiter les malades que
douleur elle-même; et ils ont plus de peine à se décider à laisser comencer l'opération qu'à la subir. Lorsque cette crainte est insurmontable , et
nécessité de l'opération bien démontrée , il y a différens moyens de ménager
sensibilité des malades. Scultet leur faisait bander les yeux. Dans le temps 1 l'on ouvrait les abcès avec le feu , Casserio avait fait construire une petite )îte métallique, percée d'une petite ouverture que l'on appliquait aux U'ties , et par laquelle sortait le cautère dérobé jusque là à la vue du malade, ercy a plusieurs fois profité d'un accès d'épilepsie pour appliquer le feu sur ;s enfans pusillanimes. Mais le moyen le plus usité consiste à faire chauffer 1 point convenable le cautère dans un réchaud soustrait à la vue du malade , . à lui en présenter un dans lequel est un autre cautère qu'on lui assure ne evoir être appliqué que tiède. Tandis que les aides le maintiennent et délurnent son attention, on présente au chirurgien le cautère chauffé convenalement et celui-ci l'applique aussitôt.
Mais s'il ne faut pas rester en deçà du but, il ne faut pas non plus 1er au delà. Il faut savoir qu'au moment où les escarres se détachent , elles )Dt toujours plus larges et plus épaisses qu'elles ne le sont effectivement au ioment où elles viennent d'être fuites , parce que le calorique agissant en
yonnant , il en résulte qu'immédiatement autour des parties qui sont réduites n escarres, il existe une couche de parties trop altérées par l'action du feu pur pouvoir supporter sans se mortifier les frais d'une inflammation vive qui i développe inévitablement.
L'expérience seule peut guider dans cette circonstance.
Après l'opération la partie ne réclame d'autre pansement que celui des nilures au quatrième degré. (L.-J. Sakson.)
CAUTERISATION , s. f. , cauterisaiio . On entend par le mot cautérisation emploi chirurgical des caustiques ou du feu, et l'action de ces agens sur les ssus vivans.
On a décrit, à l'occasion de chaque agent de cautérisation, la manière de appliquer; on trouvera aussi à l'article Brclcre fout ce qui est relatif à action accidentelle du feu. Nous n'aurons donc à nous occuper dans cet article ue de l'emploi et de l'action de ces agens sur les corps animés , et par conséuent des indications thérapeutiques qu'ils peuvent remplir, j Considérée d'une manière générale, la cautérisation est employée ou pour ietermiuer seulement un afflux de sang dans les parties , c'est à-dire la rubèaction , ou pour provoquer en même temps que cet afflux celui des fluides lancs, effet qui appliqué à la peau prend le nom de vésication , ou enfin
( 570 ) CAUTERISATIOPT.
pour détruire immédiatement la vie des tissus , c'est-à-dire pour produire la désorganisation.
Quel que soit l'agent que l'on ait employé , ces divers effets offrent des circonstances qui sont à peu près les mêmes pour chacun d'eux. Ainsi la rubéfaction est accompagnée d'un sentiment de chaleur plus ou moins vive ou même de douleur, de gonflement, de rougeur et de tension de la partie : et, quand cette espèce de cautérisation est appliquée à une surface suppurante , de dessèchement immédiat de cette surface, suivi bientôt d'une suppuration plus abondante. Peu d'heures suffisent en général pour que les effets immédiats de la rubéfaction disparaissent; ce n'est que dans quelques cas rares que l'on voit le sang appelé par l'irritation se combiner avec le tissu de la partie , et constituer une véritable inflammation ; mais , en général qui dure peu.
Une cautérisation plus forte , c'est-à-dire portée au point de produire l'afflux rapide île fluides blancs, est toujours accompagnée d'une douleur vive qui persiste jusqu'à ce que l'afflux soit terminé , et d'une inflammation assez forte qui dure nécessairement plusieurs jours, (/^oj'cz Vhsication et Crull'res.)
Enfin la cautérisation portée jusqu'à la désorganisation des tissus est accompagnée d'une douleur vive qui dure jusqu'à ce que les tissus qui y sont soumis soient complètement privés de la vie, et qui cesse presque aussitôt après. Mais au bout de quelques jours, la douleur se réveille , une inflammation franche s'établit, et précède la chute de l'escarre, qui laisse en tombant à découvert une plaie avec perte de substance, qui suppure pendant long-temps. On sent que ces phénomènes sont d'autant [dus marqués que le tissu cautérisé est plus irritable et plus sensible , et qu;^ l'escarre est plus profonde. On sent aussi que , quand la douleur et l'inflammation locale sont très-vives , il ne tarde pas à se joindre à ces phénomènes de la chaleur à la peau , de l'accélération du pouls, l'agitation, la soif , et tous les symptômes dépendans de l'irritation sympathique du cerveau , du cœur et de l'estomac.
Les phénomènes que je viens d'indiquer varient entre eux d'intensité , non-seulement selon que l'on emploie telle classe d'agens plutôt que telle autre ; mais encore, ils ne sont pas tout à- fait les mêmes , après l'emploi des agens d'une même classe.
Pour mettre quelque ordre dans ce sujet , il faut donc que d'abord j'examine séparément l'action des agens de cautérisation qui agissent en se combinant avec le tissu, et ensuite celle des agens qui cautérisent ces tissus en leur cédant du calorique ; après quoi je comparerai l'action des caustiques à celle des cautères actuels, et je terminerai par l'indication des utilités thcrapeuli({ues de la cautérisation.
On n'emploie jamais les caustiques à l'état solide ni à l'état pulvérulent pour produire la simple excitation sanguine des tissus ; on les emploie quelquefois à l'état liquide, c'est-à-dire en solution assez étendue pour en diminuer l'action; mais c'est surtout à l'état mou qu'ils ont été le plus mis en usage.
L'onguent brun, l'onguent égyptiac , la pommade ophthalmique de Desault ne sont que des rubéfians, puisqu'ils ne produisent point d'escarre appréciable. Leur action est lente et incertaine , et quand elle a lieu, elle est accompagnée de tous les phénomènes indiqués plus haut comme étant ceux qui accompagnent le plus faible degré de la cautérisation.
Jamais on n'a cherché à produire la vésication avec les escarrotiques ; leur action est pour cela trop difficile à régler ; et quand ils produisent cet effet , c'est qu'ils ont outrepassé leur but ou qu'ils sont restés en deçà.
L'etiet que l'on cherche le plus ordinairement à obtenir des caustiques , c'est la désorganisation des tissus sur lesquels on les applique. On a vu , à l'article Caustkjoe , que l'on n'emploie que très-rarement ces substances à l'état pulvérulent , et que , excepté les pâtes arsenicales , il est aussi fort rare qu'on les applique à l'état mou. Les formes liquide et solide sont celles sous lesquelles on s'en sert le plus ordinairement alors , à part quelques spécialités. Lorsque l'on ne veut produire qu'une cautérisation superficielle , il e^t presque indifférent de se servir d'un caustique liquide , que l'on applique au moyen d'un pinceau promené pendant quelques instans sur la surface que l'on veut désorganiser, ou d'im caustique solide, que l'on promène légèrement et avec célérité sur celle surface. La douleur et l'irritation sont proportionnées à la durée de l'application. Toutefois elles sont, en général , plus considérables après l'emploi d'un caustique liquide qu'après celui d'un caustique solide. Il y a plus encore ; c'est que, tandis que le premier produit toujours de la douleur, le seconti souvent n'en produit aucune. On applique tous les jours le nitrate d'argent a la surface des plaies en suppuration , sans que les malades eu ressentent la moindre douleur.
Mais, quand on veut produire une escarre de quelque épaisseur, on ne peut guère se servir avec confiance que des caustiques solides ; il serait trop diliicile de fixer sur la partie une quantité de liquide assez grande pour qu'il pût pénétrer à la profondeur convenable. Les caustiques solides eux-mêmes no sont point tout-à-fait exempts de cet inconvénient , car il ne peuvent agir qu'en se liquéfiant ; et sous ce rapport ils se rapprochent des caustiques liquides : mais, comme ils ne peuvent se fondre qu'en se combinant avec les liquides de la partie , leur fusion est lente , et , leur combinaison ayant lieu presque à mesure , il en résulte qu'ils se répandent beaucoup moins sur les parties voisines. Toutefois cette circonstance empêche de les employer toutes les fois qu'il s agit de désorganiser une grande épaisseur de parties.
La douleur résultante de l'action de ces caustiques est toujours long-temps prolongée, très-vive, et l'irritation qui la suit très- considérable.
Les agens qui servent à pratiquer la caulérisalion par le moyeu de l.i chaleur sont de plusieurs sortes. Les uns sont des corps combustibles que l'on fait brûler à la surface des parties, les autres leur cèdent le calorique dont ils