‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 126 sur 234 · CENTAURÉE · texte numérisé non relu

CENTAURÉE

sont chargés : ces derniers sont liquides ou solides Tous ne sont pas également applicables à tous les cas.

On peut toujours produire à volonté la simple excitation sanguine à l'aide de la chaleur. Sous ce rapport, ce moyen est beaucoup plus sûr que les caustiques. Quelquefois on approche tout simplement la partie d'un foyer ardent; dans d'autres cas on approche de cette partie un charbon embrasé , ilont on entretient la combustion en soufflant dessus. Faure a cru pouvoir obtenir le même effet des rayons solaires , auxquels même il attribuait une force curalive particulière. MM. liCcorate et Lapeyre , imitant en cela Mattioii et Le Cat , ont imaj;iné des appareils consistant en un certain nombre de lentilles assez rapprochées et assez multipliées pour que leurs foyers , en se confondant , pussent couvrir une surface d'une certaine étendue. Mais le procédé dont on fait le plus communément usage, parce que les rayons solaires ne sont pas toujours à la disposition du chirurgien, que d'ailleurs rien n'a prouvé qu'ils soient doués de qualités particulières , que leur emploi est très-douloureux , et que les appareils de MM. Lecomte et Lapeyre coûtent cher, c'est le cautère objectif, dont le mode d'application a été décrit au mot Cautère. On doit continuer l'opération jusqu'à ce qu'une douleur vive et piquante se fasse sentir. Aux phénomènes indiqués plus haut comme appartenant à l'irritation sanguine en général , on voit, quand elle est provoquée par la cautérisation objective, la surface de la partie, d'abord desséchée, se recouvrir de gouttelettes de sérosité plus ou moins limpide , reconnaissables à la loupe , et quelquefois même à l'œil nu , à la surface des ulcères , moins marquées à celle de la peau.

On se sert rarement de la chaleur pour produire la vésication , parce qu'il est difficile d'en bien régler l'action. Cependant, quand il est urgent d'agir avec efficacité et promptitude, elle offre une ressource héroïque par la rapidité de son action et par la vivacité de l'irritation qu'elle détermine , beaucoup plus grande que celle que produisent les vésicans ordinaires. On se sert presque toujours alors pour excipient de l'eau bouillante, dont on fait usage comme de Vaniinuniaque liquide.

Quant à la cautérisation pratiquée dans le but de désorganiser les parties sur lesquelles on l'applique , c'est celle que l'on pratique le plus ordinairement. Elle peut être prolongée ou instantanée, et, entre les degrés de promptitude dont elle est susceptible, elle a jilusieurs nuances remarquables.

Veut-on , dans l'intention de produire beaucoup d'irritation, la prolonger autant que possible ? on se sert des diverses espèces de moxa. On peut, à l'aide de ces moyens, prolonger les souffrances des malades pendant dix minutes ou un quart d'heure, et obtenir une irritation et une fluxion proportionnées. Veut-on produire moins de douleur et d'irritation, et une désorganisation plus prompte? on appliquera le cautère gris. Une désorganisation plus prompte encore et une irritation et une douleur moindres seront le résultat de Tapplicution du cautère chaufl'é jusqu'au rouge cerise. Enfin desire-t-on obtenir la désorganisation la plus prompte et la moins douloureuse ? on appliquera le cautère chauffé à blanc.

La cautérisation par le feu off're au plus haut degré possible le développement de tous les phénomènes locaux et généraux qui accompagnent la cautérisation en général.

La douleur qu'elle excite est des plus vives : l'afflux consécutif qu'elle détermine est très-considérable, parce qu'elle produit beaucoup d'irritation. L'escarre formée est toujours beaucoup plus large lors de sa chute qu'au moment même de l'application du feu, parce que cet agent se répandant en rayonnant dans les tissus , il en résulte que ceux qui sont immédiatement en contact avec l'escarre sont tellement altérés par l'action du feu que lors du développement de l'inflammation éliuiinatoire consécutive , ils se gangrènent et ajoutent ainsi à l'épaisseur de l'escarre produite immédiatement par l'action du feu. A[)rès la chute de celle-ci, on trouve une plaie avec perte de substance, fortement irritée, et disposée à suppurer très-long-temps.

De- tout ce qui précède il résulte que les caustiques ont une action plus lente que les cautères actuels , qu'ils sont moins faciles à diriger et à modérer dans leur action, qu'ils n'agissent presque jamais à une grande profondeur. Il faut ajouter à ces inconvéniens celui de pouvoir être absorbés , et de produire , quand ils sont vénéneux, des symplôpnes d'empoisonnement. Mais aussi ils sont moins effrayans pour les malades, ils produisent en un temps donné moins d iiritation et de douleur. Us ont encore un autre avantage incontestable ; c'est qu'ils n'agissent qu'au contact et qu'immédiatement : à côté de la molécule à laquelle ils s'associent se trouvent des molécules parfaitement saines ; tandis que le feu , plus énergique , plus prompt , plus facile a conduire, a cependant l'inconvén'ent de se répandre au.K parties voisines; de sorte que les parties escarrifiées se trouvent environnées immédiatement par une couche de parties qui passeront h l'état de gangrène au moment de la chute des escarres, et qu'au delii de celle-ci se trouvent des parties fortement irritées par l'action expansive du feu.

Ces données étant établies, il sera maintenant facile de comprendre les effets thérapeutiques de la cautérisation, et de poser les principes d'après les([uels on doit se guider dans le choix des moyens à l'aide desquels ont veut la pratiquer.

La cautérisation offre en effet un moyen héroïque fort préconisé par les anciens, et rendu même célèbre par un aphorisme d'Hippocrate , mais qui, tombé peu h peu en désuétude, au moins quant au cautère actuel , ne s'est relevé que dans ces derniers temps, et p.nr suite des cfl'orts de Percy , de MM. Larrey, Dubois et Dupuylren.

Elle peut remplir une foule d indications qui dépendent de la désorganisation qu'elle détermine, et de l'irritation accompagnée d'afflux considérable qu'elle

produit. L'un et l'autre de ces effets peut être obtenu isolément, et on peu] l'appliquer dans la seule intention de modifier les tissus sur lesquels on agit ou dans celle de modifier sy mpathiquement d'autres organes plus ou moiii;! éloignés.

Veut-on seulement produire une irritation locale et passagère ? la cautéri sation objective atteindra parfaitement le but. Veut-on rendre cette irritatioijl plus permanente , et toujours locale? on emploiera avec avantage les cathérél tiques légers. C'est ainsi que, quand on veut réprimer les bourgeons charnu." qui végètent avec trop de force à la surface d'une plaie difficile à cicatriser quand on veut ilétruire les rétrécissemehs qui oblitèrent certains conduit; excréteurs, on emploie avec avantage le nitrate d'argent, qui agit moin! encore par la destruction tiès-légère qu'il opère que par la modification qu'i apporte dans la vitalité des tissus sous-jacens , modification qui en détermim le retrait. Quand on n'a poui' but que de produire une désorganisation locale le fer rougi à blanc est le moyen le plus prompt et le moins douloureux que l'on puisse employer; il offre encore cet avantage, qu'il peut être dirigé dan: tous les sens , et atteindre, jusque dans les dernières anfractuosités des plaies certains tissus morbides, certaines dégénérations ou certains virus dangereu: que l'on veut détruire en les vaporisant. Dans les cas de dégénérations fon gueuses ou cancéreuses, il offre sur les caustiques l'avantage d'agir avec uml plus grande énergie , de manière à détruire le mal plus promptement qu'il se reproduit, tandis que ks caustiques n'ont souvent d'autres résultats que d l'exaspérer.

Il ne le cède aux autres caustiques que dans les cas où ceux-ci , outre l'indi cation de détruire , en remplissent une autre. C'est ainsi , par exemple , que l'| nitrate de mercure a pour effet spécial de favoriser singulièrement la cautéri sation , et qu'on l'emploie quelquefois pour cicatriser certains ulcères carcinc mateux sur la base squirreuse qui les supporte : c'est encore ainsi que la pâti arsenicale est employée pour détruire les ulcères de même nature, et pei étendus , siégeant à la face, parce qu'elle produit une cicatrice ferme , blanch ' et peu apparente. '

Quelquefois, en employant le fer rouge, on n'a en vue que le gonflemen qu'il produit. C'est ainsi que M. Larrey emploie une aiguille rougie au feu pou' ouvrir les abcès par congestion , afin que le gonflement qui survient entre le' lèvres de la plaie, s'oppose à l'intjoduction de l'air dans la cavité du foyer.

Lorsque l'on n'emploie la cautérisation que pour agir par sympathie sur de organes plus ou moins éloignés , les moyens diffèrent encore comme l'indicalio ' particulière qu'on veut remplir.

Veut-on ne produire qu'une cautérisation modérée et passagère, que l'ô' renouvelle de temps en temps? on pratique la cautérisation objective. C'ei ainsi que l'on réchauffe certaines tumeurs froides, que l'on détourne certains' fluxions habituelles vers l'intérieur.

Veut-on provoquer une irritation vive, mais passagère? les vésicatoirés l'eau bouillante seront appliqués dans le cas urgent de congestion brusque vei la tête ou la poitrine. Enfin veut-on une irritation plus long-temps prolongéelfl la cautérisation transcurrente pourra être employée avec avantage ; c'est ain. qu'on l'emploie pour raffermir la peau et le tissu cellulaire sous -cutané, poti' dissiper certains engorgemens chroniques des articulations. Veut-on prodmi une irritation et une suppuration prolongées? on établira des cautères au moye d'un caustique.

Enfin veut-on produire l'irritation la plus violente possible et une suppuri tion longue ? on appliquera des moxas que l'on convertiiTJ en cautères après 1 chute des escarres.

M. -A. Sei>Grino. De cfficaci medîcina , etc. 1 Veicy. Pyrolecliiiie cliirurgicale. Paris, 1810. I

, ( L.-J. Saksok ) '

CAUTERISATION en particulier. Foyez RÉTnÉcIssEME^s.

CENTAUREE, centaurea. On connaît sous le nom de centaurée, et l'ondi' tingue par les épilhètes de grande et de petite , deux plantes dont la premièi appartenant à la famille des synantlierées , est inusitée bien qu'elle porte le DOr de centaurée officinale ; tandis que la seconde , qui porte le nom de petite cet ' taurée , et qui fait partie de la famille des grnliaiiées , est effectivement cel qu'on préfère, avec raison, pour l'usage médical. La petite centaurée est ui plante indigène et commune, qui croit sans culture , dans les bois. Ses fleuri d'une agréable couleur rose , sont la seule partie qu'on emploie comme ttiéd ' cament. Nouvel exemple de la légèreté capricieuse qui préside à l'adoption di substances médicamenteuses ! en elTet, ces fleurs peu sapides et peu odoranten ne renferment qu'une très-faible quantité de principes actifs; tandis queli| parties vertes de la plante sont pourvues d'une saveur amère trcs-prononcet l qui fait présumer l'existence des éléiuens qui se retrouvent à l'analyse da'' plusieurs gentianées.

C'est donc à la plante entière qu'il conviendrait d'avoir recours , et que 1 ' trouverait les propriétés toniques vermifuges qui n'ont rien, il est vrai , i ])articulier , et qui puisse mériter aucune préférence; mais que lacentaiinl possède autant, au moins, qu'une foule de substances amères vantées pari; autours. '

On préparait jadis avec les sommités fleuries de la centaurce, un extrait, ui | poudre, et une infusion fort usités. Les doses étaient, en poudre, un dcmi-gr j à un gros i dose très faible eu égard à l'inertie de la substance ; en infusion , ui once pour deux livres d'eau ; enfin en e.\lrait , un scrupule à un demi gros.

Dieu que les mômes préparations fai'cs avec les parties vertes de la peli centaurée soient plus actives que les précédentes, les doses peuvent icsterll mêmes; et, suivant le besoin , être cncoi e augmentées. 11 est inuiile traillci

CEPHALALGIE.

CEPHALALG[E.

d'exposer les applications spéciales de ce méilicainent; il suffitde renvoyer aux articles Amers, Gentiane , dans lesquels le lecteur trouvera les règles dont il pourra facilement faire l'application à la substance dont il s'agit ici.

(F. Ratier.)

CEPHALALGIE, x=-««)i«>/(x ; de y.ifxVii', tête, et de aJys;, douleur. Expression générique par laquelle on désij-ne toutes les douleurs qui occupent une région quelconque ou toute l'étendue du crâne.

La céphalalgie est une des affections qui se présentent le pKu fréquemment dans la pratique; et l'on en conçoit facilement la raison, quand on se rappelle que le cerveau auquel il faut la rapporter est l'organe dont l'action est le plus constamment mise en exercice dans tous les actes de la vie intellectuelle ou organique.

Comme tontes les sensations accidentelles ou morbides, la céphalalgie a pour cause nécessaire une sur-excitation du cerveau, due à une affection quelconque, soit de la substance cérébrale elle-même, soit de quelque organe plus ou moins éloigné du centre de perception ; en d'autres termes, le cerveau intervient nécessairement dans le phénomène de la céphalalgie, soit comme organe essentiellement affecté, soit comme instrument de perception. De là deux ordres bien distincts de causes capables de donner lieu à la céphalalgie, savoir des causes directes et des causes sympathiques. Au premier ordre se rapportent toutes celles qui agissent immédiatement sur le cerveau et par le seul fait de exagération de la force perceptive de cet organe; telles sont les impressions aaorales trop vives et trop prolongées, des travaux intellectuels trop soutenus, les veilles opiniâtres, etc. On doit aussi ranger parmi ces causes les çonges- ;ions sanguines dues au mouvement fébrile , à une hypertrophie du cœur, à la Menstruation, à l'état de grossesse , à l'usage des boissons alcoholiques , des narcotiques , etc., comme exerçant également une action directe et piochaine iurla sensibilité cérébrale.

Dans d'autres cas, au contraire, le cerveau ne fait que percevoir pour la apporter aux tissus affectés la douleur que détermine synipathiquement une iffection quelconque, soit de la périphérie du crâne, soit d'un point plus ou noins éloigné de cette région , sans être lui-même affecté. Ainsi, un coup, me chute sur la tête , un coryza , une affection rhumatismale des tissus fibreux t musculaire qui recouvrent le crâne, une phlegmasie des méninges, une »tite , la présence de corps étrangers dans les sinus , peuvent donner lieu à une léphalalgie plus ou moins violente, en exagérant la sensibilité des extrémités lerveuses qui appartiennent aux tissus affectés.

Enfin, la céphalalgie peut être liée à quelque affection d'organes plus on noins éloignés , dont la sensibilité, même dans l'état morbide , demeure plus u moins obscure, et semble alors s'exprimer autour du centre de perception, u lieu d'être rapportée aux organes malades. On observe , par exemple . que ans les maladies abdominales , soit aiguës, soit chroniques, dans les fièvres raves ou typhoïdes , dans les gastro-entérites, dans les irritations du foie , de utérus, dans la simple constipation même, en un mot, dans toutes les aifecons d'organes peu aptes à recevoir l'impression de la douleur ou à la manifesr par eux-mêmes, la sensibilité reste souvent obtuse, tandis que la céphalalie est des plus intenses; comme si la douleur, dans ce cas, ne pouvant être apportée aux organes souffrans , ni entrer comme élément de leur état moride, dut s'arrêter, pour ainsi dire, sur les limites du centre de perception. 11 st même d'observation que quand la sensation de la douleur est transmise aux rganes affectés , elle s'exprime bien plus dans les tissus voisins qui sont doués ,e sensibilité animale , que dans les organes spécialement affectés : ainsi, dans ss entérites, les hépatites , les métrites bien constatées , la douleur est surtout apportée aux parois abdominales, aux lombes, h la poitrine, à l'épaule, aux Lisses, etc. Une autre remarque importante, à ce sujet , et qui établit une prte de contre-épreuve du fait précédent, c'est que les irritations des Organes ni sont plus immédiatement sous l'influence de la sensibilité cérébrale, et qui accompagnent toujours de douleurs plus ou moins vives, sont assez ordinaiement exemptes de céphalalgie. Exemples: les névralgies externes, les plaies, s ulcères, etc. Je suis même fondé à croire que les accès de fièvres intermitinles ne s'accompagnent de céphalalgie que parce qu'elles ont pour siège le lus ordinaire le système nerveux ganglionnaire.

Il résulte de tels faits que le cerveau est constamment et nécessairement afcté dans le phénomène de la céphalalgie , tantôt comme siège de stimulation irecte et organe de perception tout à-!a fois , tantôt comme instrument de jnscience seulement; mais il est remarquable que dans aucun cas il ne resnt lui-même la douleur qu'il perçoit , et cette propriété singulière qui le rend □passible à toute sensation naturelle ou accidentelle est un des faits les mieux jnstatés de tous ceux que la science doit à la pathologie et à la physiologie spérimentale. On a comprimé , coupé , irrité de mille manières le cerveau ins y déterminer la moindre souffrance ; il semble que cet organe ait besoin être soustrait h l'action de la douleur pour comparer son état présent avec m état passé dans l'exercice de toute sensation , et bien qu'il possède exclusiîraent la faculté de percevoir toutes les impressions faites sur nos sens , le rveau ne sent pas plus la douleur qu'il ne voit les couleurs, qu'il n'entend les ma, qu'il ne distingue les odeurs; en un mot, chaque sensation , même celle î la douleur , est rapportée à des organes spéciaux. La peau , les méninges , iS os et autres tissus qui composent les parois du crâne sont les pai ties auxelles se rapportent alors la sensation de ladouleui-; par conséquent la céphalgie, quoique superficielle, n'indique pas plus l'inflammation des méninges Je celle de la substance cérébrale elle-même, comme on le répète sans cesse ns les livres , dans les écoles et au lit des malades. Cette remarque n'est pas

DiCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

seulement de pure spéculation, elle repose sur les faits les mieux constatés, et elle est importante en pratique.

La céphalalgie varie à l'infini dans ses degrés , ses symptômes, son siège, sa marche, sa durée et sa terminaison. Son intensité est subordonnée tout à-lafois à la susceptibilité de l'individu qui la ressent et à la violence de la cause qui la produit. Elle peut par conséquent affecter une foule de nuances diverses, depuis la simple seusation de ^jcia/ifcii/- jusqu'à celle de serrement , de déchirement, de brisement ou de têrcbratiun de la tête. La douleur n'est pas d'ailleurs le seul syratôme propre à la céphalalgie ; elle s'accompagne d'une exagération plus ou moins marquée dans l'exercice des fonctions sensoriales. La vue , l'ouie, l'odorat, etc., sont alors plus susceptibles, les perceptions plus actives, les facultés intellectuelles plus vives, les passions plus exaltées Quelquefois la céphalalgie occupe toute l'étendue du crâne; d'autres fois elle est circonscrite au front, aux tempes, à l'occiput, etc., d'où les dénominations de céphalalgie frontale ou orbitaire , temporale, occipitale, etc. Cette difi'crence de siège est encore une des circonstances li;s plus propres à justifier la théorie que nous venons d'émettre sur la production des céphalalgies syroptomatiques , en ce qu'elle permet quelquefois de saisir les corrélations qui existent entre l'affection de tel organe et le siège qu'affecte la céphalalgie. Sous ce rapport, elle peut conduire à la détermination d'un autre fait extrêmement important en pratique , celui de la localisation de l'état morbide dont elle est le symptôme. On remarque, par exemple, que les affections de l'appareil digestif donnent lieu à la céphalalgie frontale ou sur-orbitaire , que les maladies de l'appareil utérin s'accompagnent souvent de céphalalgie syncipitale. M. Barbier d'Amiens a fait la remarque et nous avons plus d'une fois constaté, que certaines formes de dyspnées avec tendance au suicide s'accompagnent de céphalalgie occipitale, etc.

La marche de la céphalalgie peut être aiguë ou chronique, suivant la nature de la cause qui l'entretient. Dans le premier cas, elle est ordinairement l'effet de causes purement accidentelles qui impriment au cerveau une sur-excitatiun passagère, telles que l'époque menstruelle, un accès de fièvre intermittente, etc. , et cesse en même temps que ces causes disparaissent.

La céphalalgie chronique , décrite par beaucoup d'auteurs sous le nom de céphalée, est tantôt continue, tantôt intermittente. La première est le plus ordinairement liée à quelque affection rhumatismale ou syphilitique, avec ou sans exostose , à une phlegmasie chronique des méninges ou du cerveau; ce qui en rend souvent le prognosfic plus ou moins fâcheux. La céphalée intermittente est toujours moins à redouter , mais elle a souvent une durée illimitée ; sa périodicité est plus ou moins régulière, et peut affecter les types quotidien , tierce, quarte, hebdomadaire, mensuel, annuel; elle est le plus ordinairement apyrétique comme la plupart des affections du système nerveux cérébrospécial. Néanmoins Sauvage, Pinel , MM. Alibert , Chomel l'ont observée avec tous les caractères d'une fièvre intermitente , tantôt simple , tantôt pernicieuse. Dans ce cas, les accès ont presque toujours lieu le soir, durent toute la nuit, et cessent le matin, pour reparaître la nuit suivante. Très-souvent la céphalée n'affecte qu'un seul côlé, ce qui lui a fait donner le nom d'héraicrànie ou vulgairement migraine. Dans celte variété, l'accès revient ordinairement le matin, s'accompagne de nausées , et est presque toujours suivi de vomissemens. Comme le plus grand nombre des affections intermittentes, elle est souvent héréditaire, et, comme la plupart des maladies nerveuses, elle est le plus ordinairement réfractaire à tous les moyens de l'art. Un examen attentif des faits relatifs à cette affection nous porte à penser que la différence que l'on observe dans l'époque du retour des accès tient à la différence de siège de la cause qui la produit. Ainsi, nous croyons que la céphalalgie intermittente dont les accès reviennent le soir, est en quelque sorte idiopathique , c'est-à-dire liée h quelque affection de l'appareil eiicéph.ilii[ue ; tandis que celle qui apparaît le matin est plutôt dépendante de quelques lésions des organes qui se trouvent sous l'iiiflueuce de la sensibilité ganglionnaire. Mais ce n'est point ici le lieu de no;'.s arrêter sur une remarque que noui trouverons plus tard l'occasion de ilévelopper avec quel([ues ilélails. (l^'ojez Névralgie.)

Les caractères anatomiques de la céphalalgie sont loin d'être bien déterminés, même dans les écrits qui ont été puliliés depuis le règne de l'anatomie pathologique. On s'est presque toujours contenté de les chercher dans l'appareil encéphalique, et l'on a vu , dans ce qui précède, que cet examen est loin de suffire à la détermination des causes pathologiques de la malailie dont il s'agit; il peut tout au plus éclairer l'étiologie de la céphalalgie idiopathique qui est la moins fréquente de toutes. Il n'est pas nécessaire d'ailleurs qu'il y ait lésion appréciable de la substance cérébrale, ni de ses annexes, pour produire la céphalalgie ; par conséquent , ce serait en vain cjue l'anatomie pathologique prétendrait fixer ses caractères anatomiques. On sait seulement, d'après les recherches de Th. Willis, de Morgagni , etc., que des céphalées continues ont eu souvent pour cause des altérations plus ou moins profondes des os des méninges et de la substance cérébrale. Quant à la céphalalgie symptomatique , on conçoit combien ses caractères anatomiques doivent être variables et par conséquent difficiles à déterminer.

Le traitement de la céphalalgie est aussi variable que les causes éloignées et prochaines qui peuvent la développer ; il importe donc , avant tout , de remonter à la connaissance de ces mêmes causes , et de s'attacher surtout à bien déterminer l'organe primitivement affecté, si l'on veut procéder d'une manière rationnelle dans l'emploi des moyens nombreux qui ont été proposés contre cette affection. Quand la céphalalgie est peu intense, qu'elle est le protluit de causes passagères , accitlentelles et directes , telles que la fatigue du corps ou de l'esprit, il suffit ordinairement, pour la dissiper, de garder le repos dans l'obscurité et de se livrer au sommeil. Quand elle est violente et opiniâtre,

CEPHALOMETRE.

que le sujet est plélhoi iqiie , accoutumé à une forte alimentation , que le pouls est plein , dur cl résistant , on a recours avec avantage à la saignée soit du pied, soit du bras. Nous ne voyons pas de raison pour préférer la première à lu seconde, malgré l'importance que beaucoup d'auteurs et de praticiens attacbent à cette préférence. Les motifs d'api es lesquels on a cru aussi pouvoir conseiller la saignée de la jugulaire , celle des diverses veines de la face et de l'artère temporale, ne nous semblent pas plus fondés. Les heureux efi'ets que produit souvent une épistaxis spontanée permettrait plutôt d'espérer quehjues avantages des saignées de la pituitaire , ainsi que M. Crtivcilliier l'a proposé dans le cas de méningite aiguë. Des bains de pieds chauds, des lotions ou des atfusions froides sur la tête, des boissons légèrement laxatives, des lavemens de même nature, concourent eflicaceraent, après les émissions sanguines, à calmer l'espèce de céphalalgie dont il s'agit.

Mais souvent la douleur est ancienne, rcfractaire à tous les moyens généraux, et elle est liée évidemment aune phlegmasie chronique ou même à quelques altérations du cerveau ou des méninges ; c'est dans ce cas qu'on a proposé tous les révulsifs cutanés, tels que les vésicatoires ou les sélons à la nuque, les cautères aux bras, et même les moxas au synciput ou h la nuque. Nous tenons d'un pralicien distingué de la capitale, M. Aupepin, qu'une céphalalgie ancienne, qui avait été rebelle à tous les moyens rationnels, a cédé en peu de jours h une éruption de pustules que des frictions faites sur le cuir chevelu avaient déterminée. On a osé proposer la trépanation quand on a pu supposi,>r que la céphalalgie était due à quelque collection de tluide épanché dans la cavité du crâne. Mais il est sans doute peu de praticiens qui osassent mettre en usage un pareil remède ; les purgatifs drastiques ont été cjuelquefois utiles , en stimulant vivement l'intestin et en augmentant l'afllux sanguin dans cette partie et ilans les vaisseau.x héraorrhoïdau.x. Lorsque la céphalalgie est intermittente on obtient les plus grands avantages des préparations de quinquina, et principalement du sulfate de quinine uni à l'opium. Il n'est pas même nécessaire que l'inlerraittence ait une périodicité régulière pour qu'on puisse eu espérer du succès. J'ai vu des hémicrânies ( et l'on sait que celte forme de céphalalgie est une des plus rebelles) céder à l'emploi de ce moyen , après avoir résisté pendant de longues années à une foule de remèdes. Dans la céphalalgie fébrile intermittente décrite par Sauvage, Moi ton , Comparctti , Alibert, sous le nom de ccphalalgiii Jebricosa ( fièvre céphalalgique) , le quinquina ou son alcaloïde, est d'autant plus indiqué et a des effets d'autant plus certains.

Quand la céphalalgie, au lieu d'être iiliopathique, dépend de quelques affections de l'estomac, du foie, des intestins , de l'utérus, il est évident que les moyens de traitement doivent être dirigés contre la cause même de la maladie. [Fojez Emekalgie, Gastralgie, etc.)

N.-G. Balewan. De ceplialalgia, împiiniis qui illâ quœ conseusualis ex iilidomine e.sl,in-4", n<^In)s(adii, 1755.

S--A.-D. Tissot. Trailé des nerfs et de leurs miiladies, în-12, i782.

J.-F.-L. Bcscliamps . Traité des maladies des fosses iî;isules el de leurs sinus, in-S", 1803.

(P. JOLLT.)

CEPHALEE. ^roj-e; Céphalalgie. ,

CEPHALOMETRE, CÉPHALOMETRIE. De x£o«).i,, tête, et //.-^ov, mesure. Stein avait nommé céphalomètre un compas d'épaisseur à branches courbes , et destiné à mcsun-r les diamètres de la tête du fœtus : mais cet instrument ne pouvait évidemment servir en aucune façon à découvrir les tlimensions d'une tête encore enfermée dans les organes de la mère, il est donc absolument inutile dans la pratique. Le même accoucheur adaptait aux manches du forceps une lame métallique graduée et pourvue d'un curseur, afin d'estimer, par leur écartement, celui de leurs cuillers .appliquées sur la tête de l'enfant et d'évaluer ainsi le volume de cette dernière; il nomme celte mesure lahimèire. Bien d'autres inaticiens ont senti comme lui les avantages qui pourraient résulter d'une connaissance exacte de la grosseur de la tête comparée aux dimensions du bassin qu'elle doit traverser; mais il sera toujours impossible d'arriver, avec précision, à une telle connaissance à l'aide de quelque instrument que ce soit. Un compas à branches droites , muni d'un rapporteur , semble au premier abord un instrument fort simple et fort convenable pour cet objet; mais on sent bientôt l'impossibilité d'en appliquer les extrémités sur les points saillans de la tête; la rectitude des branches empêche de l'accommoder aux convexités qu'elles devraient entourer ou côtoyer. Un compas à branches courbes est d'une introduction trop diflicile dans les passages où la tète est serrée de toutes parts , et il n'est pas possible non plus d'en appliquer le bouton sur des points bien déteimincs du crâne. Le forceps entin ne peut encore donner que des aperçus fort incertains. L'écai temcnt de ses crochets indiquera suffisamment à un œil exercé celui de ses cuillers, et les échelles ou rapporteurs qu'y ont voulu fixer Tenance , Coutouly et autres, la vis d'Aitken, de Delpech, etc., ne peuvent que tromper un opérateur inexpérimenté : selon que le forceps embrassera plus largement la tête; qu'il la tiendra au contraire plus près de l'extrémité des cuillers, qu'il appuiera sur elle par son plat ou par ses bords , l'écartement variera sans que le volume de la tête change. Le meilleur ciphalomèlre , c'est sans contredit un doigt exercé ; ce doigt peut à la fois mesurer les dimensions de la tête qu'on désire connaître en la parcourant aussi loin qu'il peut atteindre , et la comparer directement aux diamètres pelviens qu'elle doit franchir. A la vérité, il ne donne que des aperçus, mais il précise du moins exactement les points qu'il mesure, et ne laisse pas l'incertitude d'un instrument insensible. Il est bon seulement que les jeunes accoucheurs se prémunissent à cet égartl contre une illusion presque inévitable dans les premiers teni[/S de l'exercice de leur art; c'est de trouver toujours ;i la tête de grandes dimensions, aux sutures une grande longueur, etc. Ce n'est pas

(582) CÉPHALOTOME.

d'une manière absolue qu'ils doivent s'attacher à déterminer ces dimensionsc'est en les comparant à celles de l'excavation du bassin et des détroits qui les bornent. L'attention et l'exercice leur donneront bientôt, sur ce point, les avantages qu'ils chercheraient vainement dans l'instrument le plus parfait. Qu'ils n'espèrent pas pourtant arriver jamais à une certitude mathématique, ni pouvoir se mettre à l'abri de toute erreur; les plus grands maîtres en ont commis sur cette matière. La tuméfaction du cuir chevelu, qui a quelquefois beaucoup de consistance, et se moule à la forme de l'orifice et du vagin, ne les trompera pas sans doute ; ils ne la prendront pas pour la convexité d'un crâne peu volumineux , ils trouveront aisément plus haut le véritable crâne avec ses dimensions réelles ; mais cette tuméfaction leur ôteru la connaissance de la situation relative des sutures et des fontanelles, et les privera ainsi d'une source précieuse d'inductions.

Cette circonstance seule doit suffire pour faire rejeter une méthode de mensuration , d'ailleurs fort ingénieuse, proposée, il y a quelques années, par M. Fouilhioux. Toutes les régions d'une tête bien conformée ont entre elles des proportions à peu près constantes; en conséquence, en mesurant avec exactitude la région ipie la tête offrira directement aux passages , on pourra , scion ce médecin , déterminer par un calcul facile le volume de la totalité. Ce raisonnement serait juste , si les tégumens ne masquaient les points osseux propres à fournir des données aussi rigoureuses qu'il les faudrait ici, si ces points ne pouvaient aisément changer de rapport par la compression qu'éprouve la 1 tête, comme quand l'occipital s'enfonce sous les pariétaux el rapproche ainsi j la protubérance de l'extrémité postérieure de la suture sagittale, si enfin il j était possible de placer avec précision les extrémités d'un compas sur des points [ rigoureusement déterminés d'une tête encore au détroit supérieur et dans la j profondeur des organes génitaux : car c'est en pareil cas que la détermination , dont il s'agit acquiert surtout une véi itable importance. Ces conditions seraient cependant indispensables pour obtenir des résultats utiles ; on sait que le choix de la symphyséotomie ou de l'opération césarienne, du forceps, etc. {voyez Bassin), dépend souvent de quelques lignes de plus ou de moins supposées aux diamètres de la tète de l'enfant ou des passages osseux de la mère ; or, par la méthode de M. Fouilhioux, une erreur d'une ligne, dans l'appréciation de , la distance que nous donnions tout à l'heure pour exemple , en entraînerait une de quatre à cinq au moins pour l'appréciation du diamètre occipito-frontal. ^ Tenons-nous-en donc aux présomptions fondées sur le terme présumable delà grossesse, sur le volume du ventre, la quantité apparente des eaux, j si les membranes ne sont pas rompues ( fluctuation , convexité régulière du ^ ventre , etc. ), et , dans le cas contraire , aux résultats d'un toucher méthodique ' et réfléchi. j

(Ant. DuGÈs.)

CÉPHALOTOME, CÉPHALOTOMIE. Ces mots sont synonymes de crâiiiolonie et crdniotoinie , qui expriment plus nettement qu'il s'agit de la division , des parois du crâne et non de l'amputation de la tête ou décollation , opération dont il sera parlé ailleurs. [Fojez Dtstocie , etc.)

§ l". Les inst.rumeii s connus ious le nom de céphalotomes ou cràniotomes sont de trois gernes : 1" les uns percent, coupent ou déchirent plus ou moins largement les commissures fibro cartilagineuses qui unissent entre eux les os du crâne, tels sont le bistouri entouré de linge jusqu'auprès de la pointe, dont se, servaient les anciens accoucheurs, le crochet aigu, les perforateurs à gaîne ou sans gaine de Denys , Ould , Maygrier ; l'anneau scalpel de Simson , et mieus, encore les perce crânes de Smellie , de Lcvret ou de Stein. Celui de Levret, resté presque seul en usage parmi nous, est composé de deux branches à anneaux, et croisées comme celles des ciseaux ordinaires, mais dont les lanie8| sont tranchantes en dehors et mousses en dedans , c'est-à-dire du côté où elles | se touchent. | 2° Nous avons destiné un autre instrument, le lercbellum , à la dilacératioo^^ même des parties dures , de la base du crâne en particulier : il est formé d'une j vis conique et tranchante, d'un pouce et demi de diamètre à sa base, et d'une, hauteur h peu près pareille, montée solidement sur une forte tige, garnie d'un manche à facettes.

3" M. Baiidclocque neveu vient de faire connaître un instrument propre à écraser la tête et à la réduire à de très-faibles diamètres. Son céphalotribe es'' un forceps à cuillers étroites, pleines, fortes, et qu'on peut serrer à volojli au moyen d'une vis de rappel, mise en jeu par un levier puissant.

§ II. Il est à peine besoin d'avertir le praticien que de pareils instrumen: ne iloivent être appliqués sur le fœtus que quand on a la certitude la plus com plète qu'il a cessé de vivre ; il ne suffit pas , selon nous, que le fœtus soit sup-, posé no;i vifit/e pour qu'on puisse lui donner ainsi une mort certaine ; d'ailleurs l'hydrocéphalie , qui est presque le seul cas où l'on ait cru celte opéiatioi permise sur l'enfant vivant, l'hydrocéphalie, dis-je, sort du rang des indica lions qui la prescrivent, puisqu'une simple ponction , à l'aide du trois-quarls suffit alors pour réduire le crâne autant qu'il est nécessaire, si le bassin es | bien conformé. '

Une deuxi-^me condition, pour que la céphalotomie soit reconnue nécessaire ! c'est qu'il existe une disproportion réelle entre la tête et les passages mater ! nels , le bassin en particulier; car si ces passages ont une étendue suffisante ils seront tout aussi bien traversés par la têle d'un enfant mort que par celld'un enfant vivant; la mutilation serait donc inutile , même quand les signe de la vie ou de la mort d'un enfant nu seraient pas aussi souvent douteux qu'il le sont. Nous avons exposé au mot Bassin la manière de s'assurer du rétrécis j sèment des passages osseux, et nous y avons aussi établi les circonstances qu réclament l'application de tel ou tel céphalotoine ; nous les rappellerons ici ei

• CÉPHA.LOTOME. (

îux mots , et nous exposerons ensuite succinctement les signes principaux ixquels on reconnaîtra que le fœtus a perdu la vie.

Si le diamètre antéro-postérieur du détroit abdominal a de trois pouces un lart à deux pouces un quart, les céphalotomes simples ou du premier genre ffisent; si ces dimensions sont moindres, si elles sont réduites, surtout squ'à un pouce trois quarts ou dix-huit lignes , il faut recourir au terebellura I au ccphalolribe. L'expérience n'a pas encore appris lequel des deux est •éférable dans ces cas extrêmes.

Signes qui annoncent la mort du fœtus. — La violence , la longueur du tralil , et surtout du temps depuis lequel les membranes sont rompues et l'urus contracté , les tentatives d'extraction qui ont ëlé faites avec plus ou moins imprudence, peuvent faire présumer, mais non certifier cet événement. La issation des mouvemens spontanés du fœtus, l'impossibilité d'entendre, à lide du stéthoscope, les batfemens de son cœur, ne fourniront encore que îs présomptions. Les probabilités deviendront plus fortes si l'utérus laisse ihapper un liquide fétide , bourbeux et chargé de méconium ; elles équivau- •ont presque à la certitude, et indiqueront même l'état putride du fœtus )Ourvu qu'il n'y en ait qu'un seul dans la matrice ) , si des cheveux, des lam- ■aux d'épiderme , etc., sont mêlés aux matières expulsées parla vulve. Le ucher fournira alors des lumières bien propres à confirmer le diagnostic; la irlie qui se présente est-elle sans tuméfaction aucune , malgré un long séjour l'orifice, on doit croire que l'enfant était mort avant la rupture des meml'anes ; la tumeur, d'abord ferme et compacte, s'est-elle ramollie à l'excès en iême temps que l'épiderme s'en détache et qu'une odeur cadavéreuse s'exhale 1 vagin, il est probable qu'il a péri depuis cette rupture ; un membre sort-il is organes génitaux , sa putréfaction peut faire croire à celle de tout le fœtus, loique l'engorgement et la gangrène d'un bras aient plusieurs fois trompé imprudens opérateurs. Mais l'issue du cordon ombilical fournit des signes en plus complets ; depuis long-temps comprimé , immobile , froid , flétri, le )rAon appartient à un enfant sans vie; et l'on peut tirer les mêmes conséquences ! l'immobililé du cœur, du thorax, de la flaccidité des membres, etc., rand le tronc est en grande partie hors de la vulve. Il n'est pourtant , i vient de le voir, presque aucun de ces signes qui soit péremptoire quand il t isolé ; et c'est en effet sur leur masse qu'il faut s'étayer , si l'on ne veut lurir le risque d'assassiner un enfant, qui conservera parfois encore assez de e, après sa naissance, pour protester par ses cris contre les délabremens int 0X1 l'aura rendu victime. (Voyez Dictionnaire des sciences médicales , m. 40, pag. 201 ; Mœe Lachapelle, tom. l", page 85 ; tome 3, pag. 456.) 5 III. Pour pratiquer la céphalotomie sans danger pour la mère , il faut être l;n sûr de n'appliquer l'instrument que sur la tête du fœtus , ce qui suppose le l'orifice utérin est suffisamment dilaté; circonstance d'ailleurs nécessaire la terminaison ultérieure de l'accouchement ; il faut même avoir reconnu au oins une fontanelle on une suture si l'on veut se servir d'un simple perforaur. Un ou deux doigts de la main opposée à celle qui tient l'instrument en induisent la pointe jusque sur la partie à perforer ; ils restent là ensuite pour connaître la marche de l'instrument qu'on enfonce en le poussant avec force

le plus perpendiculairement possible à la surface du crâne , afin d'éviter des i^'ssemens dangereux. Le céphalotome a été' enfoncé fermé , on l'ouvre, et ses anchans agrandissent la plaie en divers sens; puis, de ses lames de nouveau pprochées, on broie l'encéphale, on le délaie même s'il le faut, et on en enaîne les fragmens par des injections d'eau chaude , conduite jusque dans le âne au moyen d'une canule.

La pointe du terebellum doit être conduite de la même manière sur la tête

I fœtus , mais il peut pénétrer à travers les parois osseuses ; c'est ce qui le ndra surtout avantageux quand le crâne présente sa base et n'offre aux perceânes ordinaires ni fontanelles ni sutures que sur des plans très-obliques et es-difïïciles à atteindre. (Mme Lachapelle, tom. 3, pag. 523 ). La pointe ipuyée , un mouvement de rotation, combiné avec une pression légère , la ra pénétrer jusqu'à ce que les os soient sépares , éclatés par la base de la vis li, les dépassant ensuite, broiera de même l'encéphale.

Qu'on ait employé l'un ou l'autre instrument, il vaut mieux, en général, :hever l'extraction que de la confier à la nature : un doigt ou un crochet ous,se porté dans la plaie du crâne , le terebellum lui-même à demi enfoncé ins ses parois , le forceps , le crochet aigu servent alors à terminer l'accoucheent. ( Foj-ez Crochet. )

II sera nécessairement terminé plus aisément encore à l'aide du céphalotribe iême,siron s'est servi de cet iusti'ument , qui du reste s'introduit et s'apique comme le forceps ordinaire.

iS'im.çort. DescripliOD d'uD auneau scalpe! propre à faciliter l'accouchement. (Essais d'£imbouig, (om. 5 , pag. 570.)

Boër. Natur. rned. obstetr. , lib. 7, de perforatione fœtus et dissectione. Becker. ïix.rJ'u.XTc-jta. inculpata ad servaudam puerperam. Giess., 1729.

Tf^inslow et Httellan. Non ergo ad servandam pro fœtu matrem obsteiricium hamatile minus iceps et œquè insons^ quàm ad servandum cum maire fœlum seclio cœsarea. {Thèses chirur~ cales de Hallet-, tom. 3. )

Beisch. De necessariâ in prnelernatuiali parlu instrumcntorum applicalione. [Thèses de 'aller, lom. 3.)

Wigan et Schweihaaeuser. Mémoire inséré en tête du 2"= volume des Archives de l'Art acconchemens . Strasbourg, an x. }

Naegelè. De jure vilse et necis quod compelit medico In partu. Heidelberg, 1828. I Jttdler. Varii perforalionîs modi. Diss. in-4'' » fîg.

Voyez aussi les Recueils d'observations de Delamotte , Ramssbolbam, madame LacbasUe , etc.

( Aut. DuGÈs. )

Page 1