‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 129 sur 234 · CHANCRE · texte numérisé non relu

CHANCRE

CHARBON

tel , qu'il est impossible d'y interposer un corps étranger. La respiration est agitée et comme convulsivc ; cet état persiste, et dans les premières vingtqualre heures Tiiulividu a ordinairement succombé.

Dans les deux genres d'empoisonnement, on letrouve après la mort à peu près les mêmes altérations du côlé du canal digesliT; rougeur plus ou moins vive de ses membranes ; destruction partielle de la tunique mu((uense et de la tunique musculeuse; taches noires gangreneuses sur diverses parties; invaginations; injections des cpiploons et du mésentère; engorgement des vaisseau.K et du tissu du foie, de la rate ; et, chez la femme , du tissu de l'utérus. Mais dans les cas où les symptômes cérébraux ont prédominé, on observe en outre une injection plus ou moins vive des membranes du cerveau , avec un engorgement de leurs vaisseaux, un état piqueté, plus ou moins prononcé, de la substance cérébrale, avec un épanchement de sérosité limpiile ou sanguinolente, variable en quantité.

Ces deux ordres île phénomènes et d'altérations morbiiles indi([uent assez que la conduite du médecin ne doit pas être tout-à-fait la même pour combattre les effets des champignons. Evacuer les restes de la substance vénéneuse , est d'abord la première indication qu'il faut remplir ; le médecin doit principalements'y attacher ; à cet effet il faudra qu'il administre au malade une dissolution assez concentrée d'émétique , mais par cuillerées h café seulement, et jusqu'à ce qu'il ait obtenu des vomissemens ; bien entendu qu'il les favorisera à l'aide de l'eau tiède. 11 faut en outre prescrire l'émétique en lavage , et faire prendre au malade des lavemens purgatifs ou seulement laxatifs. Mais , tout en agissant dans le but de produire l'éjection du poison , il ne perdra pas de vue ses propriétés acres et caustiques : aussi devra t-il , s'il y a lieu , combattre la phlegmasie locale soit par la saignée , soit par les sangsues , et prescrire des boissons mucilagineuses. Cependant la connaissance des propriétés irritantes des champignons ne doit jamais l'arrêter dans l'administration des évacuans. L'eau vinaigrée et le jus de citron pourront aussi être prescrits avec avantage; l" parce ju'ils paraissent avoir la propriété de neutraliser la matière vénéneuse des champignons; 2° parce qu'ils constituent des sédatifs puissans pour combattre , 'influence qu'ils exercent sur le système nerveux en général. Ces moyens doirait même être aiis en usage de prime abord, quand on est appelé auprès d'un ndividu qui est dans l'état comateux que j'ai signalé. Ils le rappelent ordinai- ■ement à la connaissance, et ils fournissent au médecin le moyen de lui faire irendre les émétiques. L'élher paraît même avoir plus d'efficacité que l'eau vilaigrée ; mais c'est l'élher à la dose d'un gros à une once , ou le sirop d'éther à 'orte dose. M. Dufour , médecin à Montargis , en a retiré de très-grands avanages dans un cas désespéré. Un enfunt est trouvé au milieu d'un bois , dans un ■ lai de mort apparente , ayant la pâleur de la mort , la peau couverte d une ueur froide et gluante , l'œil entr'ouvert, la pupille immobile et insensible à a lumière , le pouls et les mouvemens du cœur à peine perceptibles ; une raideur ;énérale ^ et un trismus tellement prononcé qu'il était impossible d'écarter les ■nàchoires ; il lui casse deux dents d'un coup de ciseau, lui fait avaler un méange à parties égales d'éther suli'urique et tie sirop de fleurs d'oranger, et lui ait prendre ainsi , dans le cours de quelques heures , jusqu'à une once d'éther, ;n même temps qu'il cherche à réchauffer le corps. L'enfant reprit connaisance, et peu à peu fut ramené à la santé. On ne tarda pas à se convaincre que >armi les champignons du bois se trouvaient Vamanitu viridis i]e Persoon , ^kj pophy llum virosinn de Paulet , l'oronge ciguë , et plusieurs autres espèces 'éuéneuses.

Plusieurs variétés de champignons ont été proposées comme médicament. On 1 conseillé contre la phlhisie le boleLus suaveolens , le boletus ke/jaticus dans les ITections du fuie, Wimanita nmscaria contre le cancer. Mais les observations [ui établissent les avantages que l'on peut en retirer, sont trop peu nombreuses t trop incertaines pour qu'on puisse rien établir de positif à cet égard.

Enfin on emploie dans les arts diverses espèces d'agarics pour faire de l'amalou , des étoffes avec lesquels on peut confectionner des vêtemens. En Russie n prépare de l'eau de vie avec le cham])ignon appelé oreilles de Judas. Au Lamtschalka on fait avec lagaricus muscarius et Vepilobiitm angnstifolium une loisson enivrante qui cause même souvent dos délires mortels.

( Alpli. Devercie. )

CHANCRE, cancer. C'est par cette dénomination vicieuse qu'on avait couuine de désigner, autrefois , tous les ulcères de mauvaise nature, et qui, dans surs rapicles progrès, semblent dévorer les parties sur lesquelles ils siègent, iien que diverses affections ulcéreuses aient ce caractère de destruction , il tait assigné , d'une manière toute spéciale . aux idcères vénériens tant primitifs [ue secondaires, qui, s'ils se montrent quelquefois rongeans , sont loin de préenter constamment celte forme dangereuse. On ne sait p;is pourquoi le nom de hancre est resté plus particulièrement attaché à celte forme de la syphilis ; car lie est loin d'offrir constamment cette activité destructive. Au contraire , antôt elle se guérit avec assez de facilite ; tantôt , il est vrai , elle demeure slaionnaire pendant un temps plus ou moins long, mais sans envahir, si ce n'est lans un petit norabie de cas , une grande étendue de parties.

On voit donc que le nom de chancre doit être rayé du vocabulaire médical , >arce qu'il ne présente à l'esprit aucune idée précise : il ne saurait convenir iiix ulcères vénériens primitifs, qui sont souvent de petites ulcérations peu loulonreuses, et qui disparaissent promptement , pourvu qu'on ne les irrite >as par des applications irritantes , ou par un régime vicieux. Quant aux ulcères :onsécutifs , ils ne prennent la forme rongeante que beaucoup de personnes leur attribuent toujours , que dans des circonstances analogues à celles dont lous venons de parler. C'est , comme il est facile de s'en assurer, un cas toutt-fait exceptionnel.

Ce serait consacrer encore une idée essentiellement fausse que de traiter ici

des ulcères syphilitiques , tant primitifs que consécutifs ; nous avons dû seulement exposer les raisons qui nous ont détourné d'adopter la marche ordinaire , et renvoyer à l'article Ulcères syphilitiques. ( k'oycz ce mot. )

( CULLERIER et RaTIER. )

CHARBON (Asphyxie par le). Ployez Gaz délétères.

CHARBON (tliàraiieulique ), cavbo , carbone. Nous n'avons, pas à nous occuper du charbon considéré sous le rapport chimique , mais seulement sous le point de vue des applications qu'on peut faire de ce corps au traitement de nos maladies. Nous étudierons donc le charbon tel qu'il se présente à nous spontanément, ou tel que nous l'obtenons par diverses opérations chimiques. Les seules espèces de charbon qu'on ait encore introduites dans la matière médicale sont celles qu'on obtient par la combustion de substances animales et surtout végétales ; car , jusqu'à présent au moins , on n'a pas encore utilibé en médecine la houille ou charbon de terre , au moins eu substance; car on a essayé quelques-uns des produits que fournit cette matière complexe , et dans laquelle le carbone se trouve associé à divers autres principes.

Les charbons les plus' usités sont le charbon de bois qui ne renferme guère que du carbone ; le charbon d'eponges qui, outre le carbone , contient de l'iode {voyez ce mot), substance active et capable de produire par elle-même des effets trcs-maïqués ; enfin le charbon animal, qu'on obtient en brûlant des os, et qui lorsqu'il est bien préparé ne renferme également que iln carbone. Les anciens , moins avancés que nous dans les connaissances chimiques , préféraient pour certains usages des chai bons préparés avec diverses substances animales, et leur attribuaient des propriétés que l'expérience n'a pas confirmées , et que le simple raisonnement devait faire considérer comme suspectes. Quant au charbon d'épongés, l'observation leur avait fait connaître qu'il possédait des vertus qui ne se trouvaient pas dans les autres , long-temps avant que la chimie fut venue y constater l'existence de l'iode.

Les effets du charbon sur l'économie animale sont assez curieux à observer; et de leur connaissance peuvent résulter d'utiles applications. D'ailleurs ces effets ne sont que la conséquence des propriétés chimiques qu'on lui connaît , et en vertu desquelles il est souvent employé dans les arts industriels ou économiques pour décolorer certains corps , et surtout pour absorber et neutraliser les exhalaisons putrides. Appliqué sur la membrane muqueuse, oculaire ou urétrale, le cliaibon pulvérisé n'y agit que comme toute substance pulvérulente insoluble ; il n'affecte pas autrement la membrane buccale, et porté dans l'estomac, il n'y manifeste sa présence par aucune sensation particulière. On le retrouve ensuite dans les matières fécales dont il modifie l'odeur; mais on n'a pas remarqué qu'il agit sur les organes sécréteui s, non plus que sur les produits qu'ils fournissent au moins quant à leur quantité. Si l'on couvre d'une poudre fine de charbon une plaie suppurante et fétide, l'odeur qui s'en exhale est sensiblement diminuée après un petit nombre de pansemens ; souvent même on voit la plaie prendre un meilleur aspect , et se recouvrir de bourgeons charnus de bonne qualité : comme si le pus fétide que fournissait l'ulcère avait perdu ses qualités irritantes par le contact du charbon. Si l explication que nous indiquons ici, il'après quelques expériences non terminées , n'est pas parfaitement exacte, elle ne change rien à ht valeur du fait qui a été fréquemment constaté. On voit d'après cela que le charbon agit moins sur les parties vivantes elles-mêmes, que sur les matières déposées à leur surface, dont elle change la composition chimique , et qu'elle ramène à la condition d'innocuité en détruisant leurs propriétés délétères.

On trouve peu de choses satisfaisantes, dans les auteurs anciens, sur l'emploi médical du charbon. Si quelqu'un a entrevu le parti qu'on en pouvait tirer, les autres, serviles imitateurs, l'ont vanté contre la phlhisie, la dysenterie, les fièvres putrides , comme un puissant antiseptique ; mais dominés par les théories et le considérant comme détruisant la tendance à la putridité, au lieu de voir en lui seulement un agent chimique , opérant sur les matières sécrétées ou excrétées , presque comme il le ferait dans un vase inerte, bien qu'elles soient contenues au sein des parties vivantes ou iléposées à leur surface. On l'a également considéré comme antiscrophuleux, et ses propriétés sous ce rapport sont loin d'élre constatées ; en admettant même qu'on emploie le charbon d'éponges dans lequel l'analyse chimique a fait reconnaître une faible portion d iode. Ce n'est pas d'ailleurs ici le moment d'examiner l'utilité de l'iode ilans les scropliules. Ce point sera traité avec détail aux articles Iode et Sceophules.

De nos jours, où généralement on n'exige pas d'un médicament plus qu'on n'a droit d'en attendre , d'après la connaissance de ses propriétés physiques et chimiques, l'application du chlore est plus utile et plus rationnelle, et l'on se borne à profiler de la vertu qu'il possède d'absorber et de détruire les odeurs fétides. On sait, en effet , que l'eau , salie par des substances animales et végétales putréfiées , perd sa mauvaise otieur et son goût désagréable, et même en partie ses mauvaises qualités, lorsqu'on la fait passer dans un filtre rempli de chai bon pidvérisé. On sait que ce moyen est employé à l'épuration des eaux potables, et l'expérience a démontré que, pour celte opération, le charbon animal jouissait de propriétés plus énergiques que le charbon végétal. Ce fait, dont l'explication n'est pas encore donnée, ne doit pas être perdu pour la pratique médicale , et doit faire préférer la première espèce de charbon.

Celte substance entre spécialement dans la composition des poudres dentifrices, dans lesquelles il parait exercer une double action. La principale est l'action mécanique, en vertu de la((uelle elle enlève, par le frottement, les matières étrangères qui recouvrent la surface des dents; c'est la plus positive : la seconde , qui est nécessairement faible, à raison de la petite quantité de charbon employé, est le résultat d'une combinaison chimique qui détruit la mauvaise odeur qu'exhale, dans quelques circonstances, la cavité buccale. Il faut

CHARBON

CHARBON

que le charbon soit réduit en poudre très-fine, sous peine de blesser les gencives , et peut-être môme d'endommager l'émail des dents.

Dans les cas de fétidité de Tbaleine provenant de causes diverses , on a recommandé des pastilles faites avec le charbon pulvérisé , le sucre et quelques aromates, incorporés avec un mucilage. C'est un moyen faible, mais qui n'est point à dédaigner cependant , lorsqu'on n'a affaire qu'à une incommodité poti considérable. On doit remarquer néanmoins que dans les cas dont il vient d'être parlé, de même que dans ceux dont il va être question , le charbon est fort inférieur , comme antiseptique, aux chlorures alcalins dont les effets sont tout à-la-fois prompts et énergiques.

C'est dans la gangrène surtout , et dans les ulcères sordides , comme on avait coutume de les appeler, qu'on employait le charbon en poudre, à la-fois comme absorbant et comme antiseptique , et l'on en a vu souvent d'assez bons effets. On se les explique facilement en remarquant que cette application empêche une suppuration fétide et irritante de baigner la surface de la plaie , et de se présenter sans cesse aux orifices des vaisseaux absorbans, outre qu'il en modifie les propriétés chimiques. C'est probablement de la même manière qu'il a opéré des effets favorables dans la teigne. Mais il ne faut pas perdre de vue que les cataplasmes émolliens qu'on applique sur la tête, en pareil cas, et dont la surface est recouverte d'une couche plus ou moins épaisse de charbon en poudre , peuvent bien avoir part aux bons résultats qu'on a oblenus par cette méthode, dont l'efficacité n'est pas constante à beaucoup près, mais dont l'application opportune peut avoir de l'avantage. ( Voyez Gangrène , Teigne. )

Son utilité contre la gale devient de plus en plus coiitestable depuis qu'on voit cette maladie guérir par les soins hygiéniques, secondés par quelques onctions huileuses ou grasses. C'était d'ailleurs sous forme d'onguent et incorporé avec l'axonge , que le charbon était employé dans la gale , et il ne semble pas qu'il ait pu communiquer à la graisse de bien grandes vertus.

L'usage interne du charbon dans les maladies n'a pas d'avantages bien constatés ; d'après ce qu'on a observé, il ne parait pas probable qu'on en puisse obtenir autre chose que ce qu'il produit à l'extérieur; aussi est-il assez peu employé. On continue cependant encore à l'administrer , surtout en lavement , dans les phlegmasies abdominales connues sous le nom de fièvres typhoïdes, adynamiques , etc., dans la vue de remédier au ballonnement, pénible pour les malades, qu'occasionnent les gaz développés très-abondamment dans le canal intestinal. Ou n'a pas de données bien précises sur le mode d'action de ce remède en pareil cas ; toujours est-il qu'on est parfaitement sur de son innocuité, et qu'on peut en continuer l'emploi. On peut continuer avec la même sécurité l'usage du suppositoire anti-hémorroïdal de Cadet, qui se compose de beurre frais, de cire et de liège brûlé, et dans lequel le charbon de liégr; n'est pas, assurément , l'agent le plus eflicace.

Telles sont à peu près les seules applications médicales que l'on puisse faiie du charbon. Les diverses préparations aiili-strumeuses ou anti-scrop huleuses dont sont remplis les formulaires, et dans lesquelles entre l'éponge brûlée, doivent être rapportées à l'iode, qui, en admettant ses propiiétés contre les scrophules , serait plus couvenablement administré séparément, que mélaugé à des substances inertes, à des doses indéterminées , cl presque toujours insignifiantes. Qui pourrait en effet préciser la proportion d'iode qui se trouve dans une quantité donnée de charbon d'épongés?

On a vu quelques personnes, d'après des considérations évidemment fausses, convertir en charbon des médicamens actifs, le quinquina, par exemple, et les employer sous cette nouvelle forme. Si l'on a eu pour objet d'administrer ou le quinquina, ou le charbon , il vaut mieux, dans l'un ou l'autre cas, administrer séparément chacune de ces deu.\ substances. Si, au contraire, on pense pouvoir obtenir de bons effets en associant au charbon les principes actifs du quinquina, il vaut mieux mélanger à volonté la poudre de charbon et la quinine, ou les sels qui en sont formés , que de soumettre à l'action d'une haute température, des substances qui en sont presque inévitablement décomposées. C'est ainsi qu'en examinant avec soin et en détail une foule de préparations vantées comme préférables à toutes les autres, on tinit souvent par trouver qu'elles leur sont tout au plus égales; et que, dans certains cas, l'opération réputée indispensable est précisément celle qui ôle au produit les élémens les plus importans et qui le réduit à une inertie plus ou moins complète.

(F. RATIEfl.)

CHARBON. Maladies chuTbonneuses. Le charbon ou anthrax matin est une tumeur inflammatoire essentiellement gangreneuse, qu'il ne faut pas confondre avec l'anthrax simple ou bénin. C'est une remarque qui a été déjà faite par l'auteiM' de l'aiticle Anthrax de ce Dictionnaire : « M. Dupuytren le premier, » dit-il , a fait voir que ces affections n'ont entre elles qu'une fausse analogie , » et que, tandis que la gangrène dans les tumeurs charbonneuses et pestilen- » tielles est une suite nécessaire de la nature du mal , elle ne dépend dans l'an- >i thrax bénin que de la texture des parties affectées. »

Nous ne traiterons point ici du charbon pestilentiel , attendu que son histoire sera plus convenablement placée à l'article Peste. D'ailleurs on pourra lui appliquer la plupart des considérations que nous exposerons sur le charbon proprement dit, lequel ne diffère guère du pestilentiel qu'en ce que celui-ci est consécutif à une affection interne scptique, tandis que l'autre se développe primitivement pour donner lieu bientôt à une affection interne de nature également seplique.

Nous renvoyons également à l'article gangrène la description spéciale d'une maladie de la bouche , assez commune dans le bas àgc , qui a été désignée par la plupart des auteurs sous le nom de cha/bon des en/ans. On trouvera aussi des considérations sur cette affection au mot stomatite , maladie qu'il ne faut

pas cependant confondre avec la gangrène de la bouche proprement dite. Re venons maintenant à notre sujet, tel que nous avons cru devoir le circonscrire]

§ Sj niptômos des é/uptions charbonneuses. — Les auteurs aduiellent pltij sieurs espèccsde charbon. C'est ainsi qu'ils prétendent que ce sont trois malan dies différentes que celle déciile par Fournier sous le nom de charbon maliriv du Languedoc, celle dont Thomassin , Euaux et Chaussier nous ont tracé Ici tableau sous]c XiUc àe ijusiule mcdigne , et celle que Bayle ;i fait connaiirel dans sa dissertation inaugurale sous la dénomination de maladie gangréneustà non décrite jusqu'à ce joor (aux, 1802 ).

Bien que ces distinctions, à mon avis , soient pour le moins, un tant soit peu subtiles, et que les différences qui peuvent exister entre les trois affections' ci-dessus indiquées soient des différences de/b/vne et non de nature , cependant, pour ne pas trop nous éloigner ici des idées reçues, nous décrirons séparément les symptômes de chac nie de ces affections.

A. Symptômes du charbon pi opremeni dit. — On donne le nom de charbon à une tumeur d'aborti peu saillante , peu profonde , mais très dure et extrêmement douloureuse , qui semble être à-la-fois le résultat d'une décomposition gangreneuse et d'une congestion inflammatoire ; la partie gangrénée occupe le centre de la tumeur, qui est nnir et livide, tandis que la circonférence de cette tumeur est d'un rouge vif et éclatant. C'est probablement en raison de la ressemblance de la couleur de la partie gangrénée avec celle du charbon qu'on a imposé le nom de chai bon à la maladie. Peut-être aussi ce nom lui vient-il de ce que la tumeur cause une douleur analogue à celle que produirait l'application d'un charbon ardent. D'abord petite, et surmontée d'une ou de plusieiir? vésicules remplies d'un liquide roussâlre , la tumeur parcourt ses diverses pé. riodes avec une extrême rapidité , et acquiert proraptement un volume considérable. La gangrène s'étant du centre à la circonférence, et détruit quelquefois' des masses considérables de peau, de tissu cellulaire et même de substance J musculaire.

Chez quelques malades , l'affection reste tout à-fait locale , ne déterminei|i j aucune réaction fébrile, et n'empêche pas les malades de vaquer à leurs affaire»,! j {voj ez à cet égard les observations de Pomaret, chirurgien distingué de lMoiit-j<s,| pellier). Mais le plus ordinairement l'infection locale est suivie de tous les syinp-bii . tomes qui caractérisent les typhus, et que l'on peut produire en quelque sorte*jî| artificiellement en injectant des matières septiqucs dans les veines , ou bien en i i inoculant à des animaux sains la matière contenue dans des tumeurs charbon- " neuses développées sur d'autres animaux. C'est au milieu de ces symptômes que succombent, au bout d'un espace de temps variable, mais ordinairement très-court, plusieurs îles malades atteints du charbon. Je n'insiste point sur description de ces symptômes, attendu qu'ils se retrouveront dans les deux | autres formes des maladies charbonneuses qui seront étudiées un peu plus loin.j

Abandonne à lui même , le charbon qui donne lieu aux phénomènes typhi-^ ques est presque constamment mortel. Au reste , considéré en lui même et in-j j, dépendamment de l'infection générale qu'il peut entraîner , le charbon est plu.'j jj,, ou moins grave selon son siège. C'est ainsi que le charbon qui affecte le visage.» ^ le col, est excessivement dangereux,' soit parce que l'irritation se communique ; i, facilement à l'encéphale , soit que le gonflement et le boursoufllement emphy-jj^, témateux deviennent tels , qu'ils s'opposent au libre passage de l'air dans le i i,i larynx et la trachée-artère ou au retour du sang veineux de la tète. , i

B. Sj mlômes de la pustule maligne ; sa marche ordinaire ; ses lerminaisonsMLf\ — Première période. Lorsque les molécules délétères, qui doivent donnen) naissance à la pustule maligne, sont appliquées sur la peau, elles Iraversenlj lentement l épiderme , s'insinuent peu à peu dans le corps muqucux , s'y éleD-| dent, s'y délaient : il est rare que la personne y fasse attention, et s'aperçoive| l^^ du. commencement du mal. Il n'y a ni rougeur, ni chaleur, ni tension à lu peau,| j,, mais seulement une démangeaison incommode, quoique légère, une vésicule,! « qui d'abord n'excède pas la grosseur d'un grain de millet, mais croît peu à peu, j devient ensuite brunâtre. La personne, toujours dans la plus parfaite sécurili,| se gratte , et lompt ordinairement, sans s'en apercevoir, la vésicule quire-i couvrele foyer du mal: il s'échappe une ou deuxgouttes de sérosité roussàtre,ce * qui fait cesser ordinairement la démangeaison pendant quelques heures.

Cette première période dure vingt-quatre ou trente-six heures, et quelqae-t fois beaucoup moins. |

Deuxième période. Lorsque la matière vénéneuse pénètre la peau, il se forme d'abord un petit tubercule dur, rénitcnt : ce n'est encore qu'un point .tan5 douleur, comme une elfiorescence ou tache superficielle. L'œil du vulgaire ne, distingue encore aucune altération bien sensible; mais le praticien attentif et expérimenté ne s'y trompe pas ; le tact lui fait connaître dans l'épaisseur de la peau une petite tumeur mobile , dure, circonscrite , aplatie , ayant ordinaire- 1 ment le volume et la forme d'une lentille. La couleur de la peau n'est point encore altérée ; seulement dans le centre et sous la vésicule première, elle est ordinairement citronnée, livide, grenue : cependant les démangeaisons sont i plus vives , plus fréquentes , plu.s incommodes ; il s'y joint un sentiment de chaleur, d'érosion et de cuisson; alors le tissu de la peau s'engorge, sa surfaeci paraît tendue et luisante; le corps muqucux se gonfle , et forme autour du i point central une seconde tumeur plus molle, plus superficielle, qu'on pcuti appeler aréole. C'est un cercle plus ou moins large et saillant , tantôt pâle , i tantôt rougeàtre ou livide , tantôt orange ou nuancé de différentes couleurs, i mais toujours superficiel et formé par le boursoufflement ilu corps muqueuxi de la peau; toujours parsemé de petites phlyclènesj isolées d'abord, maisqui| se réunissent par la suite , et sont pleines d'une sérosité roussâlre et acrinio-| nicuse : c'est alors que le caractère de la malignité n'est plus équivoque et qu£| les malades demandent des secours. Le tubercule central qui forme la tumeui

CHARBON

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imitive change de couleur; il devient brunâtre, tres-dnr; il est insensible ; it un point gangreneux qui prend tout à coup un nouvel accroissement. ZHte seconde période dure quelquefois plusieurs jours , mais le plus ordirement quelques heures seulement.

Troisième période. Le mal ne se bi)rnc pas a l'épaisseur de la peau , mais il lètre peu .t peu le tissu cellulaire; alors sa marche est fougueuse, alarmante: bord le centre de la tumeur devient plus dur, plus profond et entièrement r; l'escarre gangreneuse s'étend peu à peu ; l'aréole vésiculaire qui la borde

nonce les progrès de la mortification. On voit cette aréole s'avancei', s'élarpar degrés ; quelquefois elle s'élève , et forme autour du noyau primitif

1 5 sorte de bourrelet qui le fait paraître enfoncé ; mais toujours dans ses pros cette ai éole devient plus profonde ; elle n'est plus bornée à la surface de ^eao , coQtme dans le premier cas. Elle forme , autour de la tumeur prebre , ime seconde tumeur compacte, mais moins dure , eï'rncore sensible. Il vient en même temps un gonflement considérable , qui s'étend souvent fort loin, m;iis toujours avec un caractère particulier qu'il impoite de bien sai- . Il n'est ni simplement inflammatoire , ni oedémateux ; mais il tient à la fois et météorisme et de l'érysipèle. Il dépend uniquement de l'extrême irritation

Ecle l'espèce de fermentation putride occasionées parles progrès du poison )tiquc; aussi toutes les fibres de la partie engorgée semblent dans une rai-

C ir spasmodique; le tissu cellulaire parait distendu par de l'air et des humeurs queuses; la surface de la peau est luisante ; l'enflure est élastique , rénitente ;

S le malade , après avoir ressenti une chaleur acre , une douleur cuisante , n'é-

[)uve plus qu'un sentiment de stupeur, d'étranglement et de pesanteur dans

[partie. Ainsi la tumeur primitive parait un foyer d'infection, qui se propage 1 à peu et se répand dans tous les sens : le centre est entièrement sphact lc ; parties environnantes paraissent encore saines , et cependant elles sont déjà

ns un état prochain de mortification, et tandis que la peau forme une croûte

S)erficiel!e , la mortification glisse sourdement dans le lissu cellulaire, et dé-

I it tout ce qui se trouve sur son passage.

Zelte troisième période a une durée variable. En général, chez un sujet fort robuste , dont le traitement a été entrepris de bonne heure , elle dure quatre inq jours ; d'abord le mal s'arrête , l'enflure perd peu à peu cet état de tonsn et d'emphysème qui caractérisait l'éréthisme et l'irritation; l'aréole vésiaire prend une couleur plus animée; on y reconnaît le caractère de l'iiiflamtion vraie; le malade y sent une chaleur douce, des pulsations réitérées ; la igrène se borne, un cercle rouge borde la tumeur; il s'y établit une suppuion abondante, qui dégorge le tissu cellulaire , détache l'escarre et termine si la maladie. Mais chez les sujets faibles, cacochymes , lorsque les efforts jla nature Sont insufljsans , ou contrariés par un traitement mal entendu . la nladie fait de rapides progrès , et passe presque aussitôt à la quatrième péde.qui constitue une maladie interne plusou moins grave. Quoiquel'aff'ection iérne soit la suite et l'effet de la lésion locale, elle peut néanmoins en être itiiiguée, et être regardée comme une maladie surajoutée à la première, jutant plus qu'elle exige des soins particuliers, des secours nouveaux. Quatrième période. — Elle est caractérisée par la réaction sur les organes iérieurs; le pouls se concentre; il devient petit ; il est plus vif que dur, quel- ; ;fois mollasse, souvent inégal, toujours fréquent ; la peau est sèche, la langue îde , brunâtre ; la chaleur paraît modérée , et cependant le malade sent un F| intérieur qui le dévore ; souvent il demande à boire, et rien ne peut étan- :[r sa soif; il est dans un état d'accablement et d'affaissement : il éprouve des if)lesses, des cardialgies , des anxiétés continuelles; quelquefois, la respira- (1 est courte, entrecoupée par des sanglots et des soupirs; les urines sont r es , épaisses et briquetées ; rarement on voit survenir des diarrhées , des urs colliquatives et des hémorrhagies , mais si le mai parvient à son dernier tme, le malade tombe dans un délire obscur. Pendant ce temps, tous les idens locaux augmentent d'intensité ; l'enflure devient énorme , la mortifiion s'étend profondément, tous les liquides de la partie affectée sont dans ; sorte de décomposition , et le malade périt dans un état gangréneux, en r andant l'odeur la plus fétide, ja maladie n'est pas toujours tellement grave , qu'elle doive nécessairement courir les quatre périodes qui viennent d'être décrites. Quelquefois sur la E de la seconde , ou au commencement de la troisième période , le mal semble rêter , et l'engorgement prend même , sans aucun secours de l'art , le caract e de l'inflammation vraie ; alors la guérison s'opère par la seule puissance de I lature.

)ans la pustule maligne, la gangrène est réellement une suite inévitable , un !t essentiel de l'agent qui produit cette pustule, et non point une simple minaison de la maladie ; et l'inflammation est le moyen que la nature emploie ir borner le mal et séparer l'escarre.

"à. Symptômes de la maladie charbonneuse décrite par Bayle. — Cette maladie

c isistait en une pustule de nature gangréneuse , qui se développait sur diverses ties du corps ; son invasion était marquée par une enflure considérable, stique , sans changement de couleur à la peau , et présentant dans son centre i tumeur circulaire , circonscrite , ordinairement de la largeur de la cornée

tjnsparente, très-dure, pénétrant plus ou moins profondément, tantôt mobile , tôt comme collée aux parties subjacentes. Sur le milieu de cette tumeur , dépassait peu le niveau des parties environnantes, s'élevait une pustule

É lant la grosseur , tantôt d'un grain de millet , tantôt d'un grain de chènevis.

b'y avait aucune couleur particulière autour de la pustule; mais, après oir enlevée, on voyait à sa base seulement une tache brune, noirâtre ou de , s'enfonçant plus ou moins profondément dans le tissu de la peau. Quelîfois il découlait de la pustule un liquide transparent , incolore, coagulable DicT. DE Médecine et de ChirurgIie pkatiques.

à l'air. Cependant l'enflure poursuivait ses progrès; la partie était souiile, comme emphysémateuse , si ce n'est qu'elle ne crépitait point par la pression. La petite tumeur endurcie s'étendait un peu , et ne di'passait plus le niveau des parties environnantes , quoiqu'il n'y eut ni chaleur, ni rougeur; la peau qui en tourait la pustule était sèche et aride. A cette époque , quelques malades eui eiit des frissons, d'aulres des nausées, quelquesims des évanouissemens , et la |)lupart aucun symptôme particulier. Le plus ordinairement aucun d'eu.x ne se croyait malade. II n'y avait point de fièvre ni de perte d'appitit. A une époque très rapprochée de l'invasion , il survenait ordinairement dos jdilycièncs autour de la pustule. Peu de temps après , chez deux malades, le ventre se tendit le troisième jour, et la mort arriva presque inopinément, (^hcz un autre malade, au troisième jour aussi, l'enflure occupant le cou et la poitrine, l'assoupissement succéda à de fréquentes défaillances ; il était interrompu de temps à autre [)ar des angoisses inexprimables , accompagnées de carpliologie. Ces trois malades ne crurent véritablement l'être qu'à l'instant où se déclarèrent les douleurs intérieures qui annonçaient une mort assez prochaine.

Chez tous les malades, la tumeur qui soutenait la pustule était mortifiée et insensible , le tissu cellulaire sous cutané tombait en mortification de même que le tissu cellulaire iiitermusculaire ; les muscles étaient ordinairement épargnés par la gangrène; la peau se sphacelait sans changer de couleur, et quelquefois sans enflure préliminaire ; elle acquérait une dureté excessive , coriacée , qui la faisait crier sous l'instrument. Quand la gangrène se fixait, la suppuration éliminatoire survenait et détacliait les parties grangrénées des parties encore vivantes , et l'on voyait le tissu cellulaire sortir peu à peu les jours suivans , en lanières , en fragmens ou en larges lambeaux, venant de plus ou moins loin de dessous la peau. Chez les malades qui guérirent, quand la suppuration était prête à paraître , elle s'annonçait par un mouvement fébrile. A celte époque aussi , on remarquait le froid des extrémités, l'inégalité et l'intermittence du pouls, et une frayeur telle, que les malades croyaient toucher à leur dernière heure. Après la chute des escarres, la suppuration, auparavant grisâtre et souvent mal liée, devenait blanche el louable ; il ne restait bientôt qu'un ulcère simnledont la cicatrisation s'opérait assez promptement.

Telle est, d'après la propre description de Bayle lui-même, la maladie gangréneuse qu'il croit pouvoir considérer comme distincte du charbon et de la pustule maligne, et comme n'ayant pas été décrite avant lui. Quelque grande que soit l'autorité d'un observateur aussi distingué, il nous est diflicile de voir autre chose dans sa maladie gaii^réneuse non décrite jusqu'à ce jour, qu'une espèce de la maladie designée par Fournier sous le nom de charbon malin ^ à laquelle se rattache aussi celle décrite par Thomassin et par Enaux et Chaussier sous le nom de pustule maligne. (Thomassin emploie assez indifféremment le nom de charbon malin ou de pustule maligne pour désigner la maladie qui fait le sujet de sa dissertation.)

§ II. altérations analomiques. — Je ne sache pas qu'on ait encore disséqué attentivement, chez les individus qui ont succombé, les parties occupées par les tumeurs charbonneuses ; il serait bien important néanmoins de connaître l'état des vaisseaux et des nerfs de ces parties.

Quant aux altérations intérieures, ce que nous possédons à cet égard se réduit à bien peu de chose. Le voici : Fournier a fait l'ouverture de trois personnes qui succombèrent pendant l'épidémie charbonneuse du Languedoc , qu'il a décrite. Il trouva dans le voisinage de l'orifice inférieur de l'estomac, de petites pustules et quelques points rougeàtres vers les ramifications des artères de l'estomac, et des vers eu pelotons dans les intestins (un seul individu en avait dans l'estomac). Variccl , ancien chirurgien-major de l'Hôtel-Dieu de Lyon , dans un discours qu'il prononça , rapporte , d'après M. Reydellet , le cas suivant : un homme qu'il avait traité d'une pustule maligne, parla cautérisation, mourut néanmoins. A l'ouverture de son corps, on trouva une nouvelle pustule maligne dans le colon, que l'on regarda comme la cause de la mort.

M. Reydellet cite un tel tait pour prouver l'existence de la pustule mali-ne interne.

Les médecins vétérinaires qui ont ouvert des animaux morts du charbon, ont rencontre des altérations intérieures semblables à celles que l'on détermine en inoculant sous la peau, ou bien en injectant dans les veines d'aulres animaux, des matières putrides, telles que celles prises dans les tumeurs charbonneuses. Nous parlerons de ces dernières lésions dans le paragraphe suivant.

§ m. Cause essentielle du charbon. Contagion ; expériences à ce sujet. — Les tumeurs charbonneuses reconnaissent presque constamment pour cause, l'application immédiate d'un principe seplique sur quelque point de la surface de la peau. Le plus ordinairement, ce piincipe septique provient d'animaux atteints eux-mêmes d'affections charbonneuses; en sorte que cette maladie, chez l'homme, ne serait que la transmission, par contagion , d'une semblable maladie développée chez les animaux. Presque tous les auteurs qui ont eu occasion d'observer les maladies charbonneuses dans les contrées où elles sévissent fréquemment , telles que la Bourgogne, le Languedoc, etc., ces auteurs , dis-jc, regardent la contagion comme une des causes les plus manifestes de ces maladies. Je dis presque tous , et non tous les auteurs , parce que Bayle déclare que les causes de la pustule charbonneuse qu'il observa dans le département des Basses-Alpes , l'an IV de la république { 1796) , sont inconnues; et c'est uniquement sans doute cette ignorance des causses de la maladie qu'il observa, qui le conduisit à la considérer comme une pustule gangréneuse non encore décrite ; en effet , sous tous les autres rapports , on doit reconnaître une frappante analogie , pour ne pas dire une identité parfaite , entre cette pustule et celle décrite par Thomassin , Énaux et Chaussier. N'est-il donc pas excessivement probable que la cause inconnue de la pustule décrite par Bavie, n'était point d'une autre ^ ' 148

CHARBON

CHARB ON.

11 ituie que ci.llc qui proiliiil habiUicllemciit les tumeurs charbonneuses décrites par d'autres observateurs? Tl résulte de ce qui vient d"être dit sur la cause principale des pustules charbonneuses , que les individus que leur profession expose le plus au contact des animaux atteints du charbon , tels que les palefreniers, les laboureurs, les bouchers, les écarisseurs, les vétérinaires, etc., doivent être ceux pour lesquels ces pustules affectent une funeste préférence. Or, c'est précisément ce que démontre l'expérience. En effet, relativement a cette forme d'affeclion charbonneuse qui porte le nom de pustule maligne, Énaux et Chaussier assurent 1° qu'elle n'attaque jamais que les vachers, les patres, les laboureurs , les maréchaux, les tanneurs, les bouchers, et généralement ceux qui touchent, soignent le bétail, manient les peaux, lavent les laines ou les travaillent encore fraîches; 2° que, quoiqu'elle ait toujours son siège aux tégumens , on ne l'observe pas cependant indistinctement dans toutes les parties, mais seulement au visage, au col, aux mains, enfin aux parties habituellement découvertes et exposées à l'impression d'un agent extérieur.

Bien que la cause des pustules charbonneuses soit une et essentiellement la même , on conçoit qu'il est différentes manières de contracter la maladie. La plus ordinaire est le contact immédiat du sang , des chairs , des dépouilles d'un animal attaqué ou mort de quelque affection également charbonneuse. On trouve dans les ouvrages de Fournier, de Thomassin , d'Énaux et Chaussier, des exemples multipliés de ce mode de communication. Quelques personnes ont contracté la maladie pour avoir porté la main dans le fondement d'animaux affectés de charbons intérieurs ; d'autres pour s'être blessées avec nn instrument qui avait servi à faire l'ouverture d'un animal mort du charbon , etc., etc.

Suivant quelques praticiens, tels que Fournier, Maret, habile chirurgien de Dijon , la pustule charbonneuse maligne serait produite par un insecte particulier né sur le bétail , et dont la jiiqùre déposerait sur la peau un virus septique. Ce mode de production de la maladie n'est pas rigoureusement impossible ; mais il est une foule de cas où il ne saurait être admis. Il parait d'ailleurs que toute espèce d'insecte, en suçant le sang d'qn animal mort de charbon, peut porter et transmettre aux hommes le poison délétère qui engendre chez eux les pustules charbonneuses.

Une circonstance digne de remarque , c'est que, suivant plusieurs auteurs, on a quelquefois mangé impunément la chair d'animaux dont le simple contact avait suffi pour occasioner le développement de tumeurs charbonneuses. Néanmoins il est indubitable que, porté à l'intérieur , soit par la voie des alimens , soit par la voie de la respiration, le principe charbonneux déterminerait le plus souvent de gra\es accidens, et donnerait naissance à de véritables affections typhoïdes, lesquelles ne sont, .si l'on ose s'exprimer ainsi, que des charbons intérieurs. Des faits positifs viennent , du reste , déposer en faveur de cette assertion. Dans ces cas, on voit aussi quelquefois des tumeurs charbonneuses se manifester extérieurement, comme si une portion du principe septique introduit dans l'économie tendait à s'échapper parla peau.

11 païaît que les personnes atteintes de chaiboa peuvent, dans certaines circonstances, communiquer la maladie à ceux qui les approchent le plus ou qui leur donnent des soins. ïhomassin dit avoir vu plusieurs exemples de ce mode de contagion , et il rapporte la suivant , qui est fort remarquable : « En 17G3, « dans le mois d'août, un laboureur crut avoir été piqué par un insecte ; une )i pustule maligne ne tarda pas à se montrer à la paupière inférieure , avec une » enflure énorme de toute la tête et du cou. Sa femme lui peiça avec une n (fpingle les petites vésicules qui couvraient la pustule, et avec les doigts « mouillés de la sérosité qui en découlait, elle essuyait les larmes qu'elle laisn sait échapper. Environ deux heures après qu'elle eut rendu cet officieux » service à son mari, elle s'aperçut d'une tumeur à la joue, qui fit un progrès » étonnant dans peu d'heures. Ces deux malades furent guéris à l'hôpital de » Dôle , mais l'un et l'autre restèrent défigurés. >i

Les expériences qui ont été faites dans ces derniers temps sur les effets de l'inoculation du principe carbonculeux, trouvent trop naturellement leur place ici pour que nous les passions sous silence. Elles nous paraissent propres à éclairer quelques points de l'histoire des maladies charbonneuses. Les faits que nous allons rapporter sont empruntés d'un travail publié par MM. Leuret et Ilamonl dans la Nouvelle Bibliothèque médicale (1826, tom. 2 et 4 ; et 1827 , tom. 4).

Lorsqu'une portion, même très-petite, d'une tumeur charbonneuse, est introduite dans le tissu cellulaire sous-cutané d'un cheval, elle détermine la formation d'une tumeur également charbonneuse, à la suite de laquelle l'animal périt en très-peu de temps ; et l'ouverture du cadavre présente des lésions nombreuses et constamment les mêmes. Il survient d'abord une tuméfaction qui acquieit avec promjjtitude un développement très-considérable, accompagnée de doideurs vives et de crépitation emphysémateuse ; il suinte de la plaie un ichor excessivement fétide; le pouls, d'abord élevé, tendu, fréquent, s'affaiblit bientôt , présente des interniitlences plus ou moins rapprochées , et finit par devenir insensible; libre dans le début, la respiration devient plus tard entrecoupée, suspirieusc ; la conjonctive s'engorge, jaunit; il s'écoule des yeux une chassie abondante; la démarche est faible, l'animal chancelle, tombe quelquefois ; il semble ne pouvoir plus soutenir sa tête, et s'appuie sur tous les corps qu'il trouve à sa portée. Au milieu de tous ces désordres, il n'est pas rare que l'appétit se conseive presque dans toute son intégrité; cc|)enda)it de fréquent borborygmes se font entendre, les excrétions alvines, plus molles qu'a l'ordinaire, ont aussi une odeur plus fétide. La mort arrive au bout de trois, quatre ou cinq jours , si la partie iiifectée est pourvue d'un tissu cellulaire abondant , et si l'intégrité îles organes voisins est essentielle à la vie.

L'examen cadavérique montre les lésions suivantes. Tumeur extrêmement

volumineuse, ayant plusieurs pieds de diamètre, non circonscrite, cédant la pression et faisant entendre la crépitation de l'emphysème, exhalant une céir putride particulière , ayant son centre noire et comme brûlé , infiltré, à sa rconféren e, de liquides brunâtres ou jaunes et de gaz très-fétides; muscleet tissu cellulaire principalement affectés ; parois veineuses et artérielles infiltra, jaunâtres ou brunes ; nerfs ecchymosés en plusieurs points. Tissu du c-ir ordinairement ramolli, parsemé à l'extérieur d'ecchymoses, qui suivenle trajet des vaisseaux sanguins; les ecchymoses sont plus nombreuses enc(^, plus profondes à la face interne des cavités de cet organe , et plus considéra m aussi à gauche qu'à droite; membrane interne des vaisseaux quelquefois ngeâtre; sang souvent liquide, au moins en grande partie, surtout dans ss veines où il est très-noir; poumons emphysémateux, parsemés de petites chymoses nombreuses et superficielles , ofl'raut aussi des taches noirâtres, f ifondes , formées par une sorte d'engouement local; face externe de l'estoiic et des intestins, parsemée de taches et même de saillies noirâtres , suivante trajet des vaisseaux sanguins, et provenant d'une infiltration desang au dessta delà membrane péritonéale ; membrane villeuse de l'estomac quelquefois ï» chymosée; villosités de l'intestin grêle rarement noires, le plus ordinaireiuit rouges, injectées dans une très-grande étendue; membrane interne du §^ intestin présentant beaucoup de petites taches rouges , circulaires, plus n<|. breuses et plus fréquentes dans l'appendice cœcal que partout ailleurs (pif. chies internes) ; foie et rate friables , engorgés ; emphysème dans le tissu illulaire qui entoure les reins ; système nerveux en général sans lésion appréciait, excepté , toutefois, les nerfs pneumo-gastrique et grand sympathique , lors le la tumeur charbonneuse s'est développée dans leur voisinage. ,

Le charbon non inoculé artificiellement, ou développé spontanément cin les animaux domestiques , laisse à sa suite des altérations intérieures analogla à celles qui viennent d'être décrites. (Chabert , Dupuy , Valel.) ';

D'après des expériences de M. Leuret, on est porté à soupçonner quetjp sang éprouve pendant la vie des animaux charbonneux un commencementijB décomposition d'où résulterait la formation d'une certaine quantité d'acide cif bonique et d'acide hydrosulfurique. Il est vrai que ces gaz ont pu se dévelopijr pendant les expériences mêmes tentées par M. Leuret , pour constater chiili^ quement l'altération du sang. Ce qui paraît pouvoir être rigoureusement ]^ firmé, c'est que le sang, dans les affections charbonneuses, se putréfie avec ijè extrême rapidité , soit celui des cadavres , soit celui retiré par la saignée durp la maladie. |

M. Leuret a mis le sang des animaux affectés de charbon en contact avec||B organes des animaux sains ; or, il a transmis l'affection charbonneuse de cîijt manière, soit qu'il se soit servi pour l'expérience de sang recueilli aprèsJ^ mort, soit qu'il ait transfusé le sang d'un animal charbonneux dans les veifi d'un animal sain. Par cette sorte de réactif vital , suivant l'expression Ip M. Leuret, ou démontre évidemment l'altération du sang des animaux ch*bonneux.

Ces expériences confirment pleinement tout ce qui avait été avancé par w auteurs sur la propriété éminemment contagieuse des éruptions charbonneuse

Quant aux influences hygiéniques sous l'empire desquelles se manifesl ^ les maladies chaibonneuses des animaux , nous renvoyons aux auteurs ie traités de médecine vétérinaire, où elles sont très-bien exposées. Nous dir/fe seulement ici que ces influences sont essentiellement les mêmes que celles ("p président au développement des typhus chez l'homme. {F^ojez Ttphus.) i

§ FV^. Traitement des diverses espèces de charbon. — 1" Traitement exleri^ Les tumeurs ou éruptions charbonneuses étant une affection mixte, c'eslitdire à la fois gangréneuse et inflammatoire, il convient d'opposer des moy(* appropriés à chacun de ces deux élémens morbides. Et comme les éruplids charbonneuses sont produites par un virus déposé dans le sein des partiesii elles apparaissent, il est évident que I on doit, avant tout, s'efforcer de détiu ce virus. Pour remplir cette dernière et importante indication, on a recoi à la cautérisation, soit avec le fer rouge , soit avec divers agens chimiques. ( deux modes de cautérisation comptent chacun un grand nombre de suce Carré, praticien distingué de Dijon, n'employait d'autre traitement pour pustule maligne que l'application du fer rougi, et très-rarement ses malat éprouvaient quelque accident. Les principaux caustiques chimiques dont peut se servir sont : les acides sulfurique et hydrochlorique , le nitrate ac de mercure et le chlorure d'antimoine. Il convient de préférer ceux qui aaj sent le plus rapidement, et transforment pour ainsi dire instantanément 1 escarre le point gangréneux. Quant aux topiques qu'il faut ensuite appliqilf sur l'escarre, ils doivent être pris dans la classe des digestifs et des antisep' ques ( l'onguent égyptiac, la thériaque, la poudre de quinquina , les chloruisi désinfectans , etc. ) La plaie qui succède à la chute de cette escarre réclame même pansement que toute autre plaie simple.

Quelques praticiens, et entre autres Chambon et Bayle, recommandci; l'extirpation de la pustule charbonneuse Le dernier de ces auteurs affirme qi t n'a vu succomber aucun des malades chez lesquels l'extirpation a été pratiqu (, et qui ont été soumis d'ailleurs à des moyens internes que nous indiquert i plus bas ; à la vérité, il ajoute en note : « J'affirme que tous ont guéri ; maisi! ne dis pas que c'est à cause de ce traitement. » Dans un ouvrage récemmc ; publié sur la pustule maligne, son auteur, M. Régnier, pense que le caracti • de gravité qu'offrent la plujiart des observations de Chambon pourrait ê attribué à l'extii pation , qui était son procédé familier. Quoi qu'il en soit de reproche , peut être un peu trop sévère , il est incontestable que la méthode la canlérisation doit être préférée à celle de l'extirpation , comme moins dcj loureuse et permettant de détruire plus complètement le principe de lamaladi

CHARBON

Des incisions et tle simples scarifications ne sauraient également remplacer la cautérisation. Ces opérations doivent être seulement eraplo^'ées pour favoriser l'action des caustiques. Il est à peine besoin de dire que le but de la cautérisation étant surtout de s'opposer au développement des phénomènes dus à la résorption des matières sceptiques , cette opération doit être pratiquée , autant que possible , dès le début de l'éruption.

Tel était le traitement local généralement usité dans les tumeurs cliarboniieuses , lorsque tout récemment M. Régnier a proposé de lui substituer des moyens purement antiphlogistiques. Si ce médecin n'appuyait ses préceptes que sur le raisonnement, on pourrait s'abstenir de les exposer ici ; mais comme il rapporte des faits, cest-adire des guérisons à l'appui de ses préceptes, sa méthode mérite de fixer l'attention des praticiens. L'application des sangsues est, selon M. Régnier , un des meilleurs moyens locaux qu'on puisse opposer aux tumeurs charbonneuses. Il fait remarquer que l'idée d'attaquer ces tumeurs ni|par un dégorgement local n'est pas nouvelle , et qu'on la trouve exprimée dans sijles ouvrages de Guy de Chauliac et de Vigo. On trouve dans l'ouvrage de ii|:M. Régnier des cas où l'application des sangsues a triomphé de pustules malinjjgnes qui avaient résisté à la cautérisation. Sans doute, les faits contenus dans j|icet ouvrage ne sufiisent pas pour démontrer que l'on puisse s'abstenir de la i^jcautérisation dans le traitement des éruptions charbonneuses ; mais il n'en est pdipas moins vrai qu'ils doivent être pris en considération, et qu'on ne doit pas ifliseulement y répondre par un sourire de pitit'. Certes , il y a dans ces maladies !il|,un principe de décomposition gangreneuse qu'il est urgent de neutraliser. lîjjToutefois , il n'est pas un seul auteur qui n'ait placé ces mêmes maladies dans la classe des phlegmasies. Pourquoi donc ne ferait-on pas concourir à leur ctitrailemcnt les émissions sanguines locales? Ajouterai-je , d'ailleurs, que les ues n'agissent peut-être pas uniquement comme des antiphlogistiques ordinaires , mais qu'elles peuvent , psylles d'ime nouvelle espèce , soutirer , aspirer une portion plus ou moins considérable du poison carbonculeux , et partant remplir aussi , jusqu'à un certain point , l'indication fondamentale sur laquelle nous avons déjà insisté? Ce qui nous paraît erroné dans l'ouvrage de M. Régnier, ip[|c'est de penser que la douleur et l'irritation sont la cause première et esscnliiri tielle des accidens , et de ne pas tenir assez compte des effets produits par la présence d'un foyer gangréneux et septique , où lu résorption peut puiser les :n[ germes mortels d'une infection générale du sang , ce principe vital par excel- ■jjence. Au reste, cette opinion de M. Régnier n'est pas aussi nouvelle que pourraient le prétendre ceux qui voudraient rendre une certaine école responsable de toutes les erreurs qui pullulent en médecine. On trouvera, en efi'et, l'opinion ceidont il s'agit développée et soutenue dans l'ouvrage même de Thomassin. « 11 Il me semble, dit-il , que tous les accitlens de la pustule maligne ( comme nous eii» l'avons déjà fait remarquer, il emploie souvent l'un pour l'autre les mots » pustule maligne et charbon) ; il me semble, dit Thomassin, que tous les acci- |0 dens de la pustule maligne ne dépendent que de l'irritation qu'éprouvent les !» nerfs de la partie affectée. » ( Pag. 37 , l'e édit. ) 2°. Traitement interne. Au premier rang des moyens internes préconisés usijcontre les tumeurs charbonneuses considérables, se présente la saignée générale. sliFournier , Thomassin, Énaux, Chaussicr , Bayle , recommandent ce moyen, pourvu qu'il soit employé avec sagesse et discernement, o'est-à-dire lorsque la lire congestion inflammatoire locale est très-intense et réagit vigoureusement sur le iscsystcme général. Bien entendu que la saignée ne doit jamais dispenser de la cautérisation et des autres moyens locaux précédemment indiqués, it J'ai i» saigné , dit Thomassin , la moitié de mes malades , et j'ai toujours réussi, n epcndant , la saignée dans les maladies charbonneuses a trouvé de puissans adversaires , parmi lesquels il faut placer Chambon , qui la proscrit absolument dii traitement de la pustule maligne. C'est pour ne point réfléchir à la duplicité de nature , si l'on peut ainsi dire , des affections charbonneuses que l'on voit une foule de praticiens , d'ailleurs recommandables , divisés d'opinion dans le traitement de ces affections. " C'est ici le lieu de rappeler des expériences faites par MM. Leuret et Hamont. iico Considérant , avec beaucoup d'autres, que la mort, dans les affections charbonneuses comme dans les typhus , est le plus souvent produite par l'infection Isilllu sang , et sachant que Mercatus , Massa , Forestus , Botal , Sydenham , ont employé avec succès la saignée dans le traitement de la peste , MM. Leuret et Hamont ont expérimenté les effets de la saignée chez les animaux dans le sang desquels ils avaient introduit des matières putrides , et ces effets ont paru 'avorables.

Ce n'est pas, à leur avis, comme aiitiphlogistique que la saignée réussit, sef Suivant ces expérimentateurs, la saignée serait utile en ce qu'elle procure inir l'évacuation d'une certaine quantité du sang altéré Ce qui importe, d'ailleurs , 3st moins de savoir de quelle manière agit la saignée , que de savoir qu elle est 'éellement avantageuse. Ce ne sont point les explications ou les hypothèses qui ;uérissent, dit Baglivi , mais bien les remèdes dont l'expérience a démontré les 'ertus. Avouons cependant que les remèdes dont les bons effets se prêtent à des îxplications rigoureuses, sont les seuls qui laissent une entière satisfaction dans 'esprit du praticien philosophe, et que rien n'est plus louable que les efforts des homiïi,:s qui cherchent à pénétrer le mécanisme, si souvent obscur , des jad J^cns thérapeutiques.

Les autres moyens internes qu'il convient de melire en usage contre les iruptions charbonneuses sont : la dicte, toutes ies fois qu'il existe une réaction ébrile plus ou moins vive ; les boissons délayantes et légèrement acidulées j les avemens , soit simplement émoUiens , soit laxatifs. Du reste , comme les phéloniènes généraux qui se développent à la suite de l'affection locale ne diffèrent liliipoint essentiellement de ceux qui ont lieu dans les maladies dites putrides ou

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