CHICORÉE
CHÉLIDOINE. Chelidonium majus; éclaire , grande chélidoiae. Polyandrie raonogynie, Likn. Papavéracées , Juss.
La ciiélidoine est une de ces plantes qu'on a négligées parce qu'elles étaient indigènes, tandis qu'on allait chercher, à grands frais , à l'étranger les substances médicamenteuses que la France fournissait abondamment et sans dépense. En effet, elle est extrêmement commune, et croît sans culture dans les lieux stériles et pierreux, dans les décombres, sur les vieux murs , etc. Ses fleurs jaunes sont assez connues; toutes ses parties renferment un suc laiteux d'un blanc jaunâtre, qui s'écoule dès que l'on casse ou que l'on coupe sa tige ou ses feuilles, et qui est d'une telle àcreté qu'il irrite et enflamme les parties avec lesquelles il se trouve en contact. C'est dans ce suc que résident toutes ses propriétés , ainsi que cela résulte des recherches chimiques et des expériences thérapeutiques tentées à ce sujet.
MM. Lassaigne et Chevallier , dans l'analyse qu'ils ont faite du suc de chélidoine, l'ont trouvé composé d'une matière résineuse amère, de couleur jaune très-foncé ; d'une malière gommo-résineuse , d'un jaune orangé, d'une saveur araère et nauséabonde ; dcnitiatede potasse; de quelques sels de chaux; de silice ; d'albumine , etc. Cette composition chimique est analogue à celle du suc du gambogia gutla et du slalagmitis ^ végétaux qui fournissent la gomme gutle. V oj-ez GuTTE.
Les animaux auxquels M. Oifila fit prendre le suc de chélidoine, ou auxquels il l'appliqua sur le tissu cellulaire , périrent au bout d'un temps assez court , eu présentant les accidens propres aux empoisonnemens par les substances narcotico âcres. MM. Lassaigne et Chevallier disent avoir observé que ce médicament ne produisait point de mauvais effets , mais seulement un flu.x considérable d'urine. Ce fait, constaté par eux seuls , et contraire à ce qui s'est présenté aux autres expérimentateurs , mérite d'être examiné de nouveau : il en est de même de l'action élective qu'il est censé avoir sur la rate engorgée, d'api ès M. Récamier. Ce qu'il y a de plus positif dans ce médicament, c'est sa vertu purgative , qui n'est point équivoque, et qui doit suffire pour la faire placer au nombre des meilleurs drastiques indigènes. Quant à son action irritante sur la peau , elle n'est pas assez énergique pour que l'on puisse la préférer h celle des caustiques minéraux
Il y a très-long-temps que la chélidoine était employée en médecine, et l'on ne sait pourquoi l'on y avait renoncé. L'usage du sue acre était de corroticr les verrues et les cors. On l'a également administré à l'extérieur ; mais au lieu de reconnaître seulement et d'utiliser son action purgative, on lui a prêté, contre diverses maladies, des propriétés merveilleuses, et qu'un examen sérieux nesauraiteonstater.il est à peine nécessaire de rappeler qu'elle était considérée comme ophthalmique , parce que, disait-on , l'hirondelle guérit ses petits de la cécité par l'emploi du suc de cette plante. C'est des Grecs que nous vient cette rêverie; de même que celle qui la présentait comme un antiictérique des plus puissans. Chisait maintenant ce qu'on en doit penser. Adinettra-t-on que la chélidoine est un bon anti-scrofulcux, parce que son usage intérieur a guéri des ulcères et des ophthalmies qui avaient résisté à d'autres moyens? qu'elle est anti-goutteuse et anti-ealculeuse , et même anti-syphilitique , parce que des observations de guérison se trouvent rapportées par des auteurs trop peu se'vères dans leur appréciation ? Mais ces faits , en les supposant même aussi authentiques qu'ils paraissent l'être peu, ne seraient qu'une preuve nouvelle à l'appui d'une loi bien connue de l'économie , saiue ou malade, savoir : que les affections anciennes et opiniâtres cèdent souvent à des secousses imprimées à l'organisme en différens sens , pour ainsi dire ; et que , parmi ces commotions , celles que déterminent des purgatious énergiques et réitérées ne sont pas les moins efficaces. Ainsi , par exemple , il n'est pas difficile de s'expliquer les bons effets de la chélidoine dans les hydropisies.
C'est donc seulement d'après ces vues que la chélidoine peut être employée ; et cette manière d'envisager son action n'empêchera pas qu'on puisse l'appliquer avantageusement au traitement des affections dont il vient d'être parlé. Au contraire son usage mieux raisonné rendra plus de services qu'une application routinière et irréfléchie.
L'administration de cette substance doit être simple : et comme on n'y a pas découvert, quant à présent au moins , d'alcali organique , ou peut se borner a donner soit le suc, soit l'extrait qu'on en préprare. Leur grande activité doit engager les praticiens à ne les prescrire qu'avec précaution. La dose du suc est de vingt-quatre à trente-si.x gc/ultes; celle de l'extrait est de quatre à douze grains, que l'on peut administrer , soit d'un seul coup, soit par portions plus ou moins considérables , lorsqu'on veut l'employer comme altérant. Il est à remarquer que, malgré ses propriétés bien évidentes, la chélidoine ne figure que dans un petit nombre do composés médicamenteux.
. ( F. Ratier )
CHÉMOSIS. rayez Oputhalmie,
CHICORÉE SAUVAGE. C/< o;/u//2 intjbus. Syngénésie égale , Likn. Chicoracées , Jess. La chicorée sauvage est une plante très-commune et qui croît sans culture dans les bois, et le long des chemins dans toute l'Europe, où ses jolies fleurs bleues sont fort connues. Adoucie p^r la culture, elle devient plus douce et plus mucilagineuse , et constitue une plante potagère fort employée. Mais dans cet état elle a perdu les propriétés qui l'ont fait placer au nombre des médicameiis.
Les feuilles et la racine de la chicorée sauvage sont pourvues d'une saveur amère, franche et sans mélange, qui ne fait que devenir plus intense par la dessiccation, et qui la fiil considérer comme un des principaux amers indigènes. On ne possède point encore d'analyse chimique de la chicorée, qui cependant mériterait mieux qu'une foule d'autres substances d'occuper les loisirs ties