CHIENDENT
chimistes. Il est à croire qu'on y découvrirait une substance crisfallisable ana
10 gue a celles qu on a obtenues de diverses substances amères. L'action de la chicorée sauvage sur l'économie animale n'est pas différent
de celle des autres amers purs, (f^ojez Amers.) Mais on peut dire avec véril qu'elle n'a jamais été l'objet de recherches suivies, et qu'elle n'a été générait ment administrée que d'une manière peu favorable à donner une idée juste d ses propriétés. D'ailleurs les élémens actifs ne se trouvent dans cette plant que dans une faible proportion, de telle sorte que, pour en obtenir des effel bien sensibles , il faudrait l'administrer à forte dose , ou choisir une préparatio qui en concentrât les principes médicamenteux. Mais quand même on l'em ploierait toujours dans cette direction, il est peu probable qu'on arrivât à coi stater les propriétés presque spécifiques qui lui ont été accordées contre le engorgemens de la rate et du foie, propriétés que nous voyons vantées par de auteurs modernes avec un ton de conviction fait pour dissiper tous les doutes Cependant si l'on en vient à l'indispensable examen des faits, on trouve que sans admettre rien de particulier dans l'action de cette substance médicamen teuse , ou peut expliquer ses bons effets , dans les cas où elle a bien évidemmen! agi par ses propriétés excitantes et toniques. Car il faut , dans l'appréciation' faire une large part à ceux dans lesquels la guérison est due évidemment à toutl autre chose qu'à ce médicament.
Sa propriété fébrifuge est contestable , car elle n'a guère réussi que contr, des fièvres printanières qui se terminent souvent d'elles-mêmes ou sous l'inl fluence de médications peu énergiques. Quant à sa propriété stomachique , elli lui est commune avec une foule d'autres substances , dans les cas bien rares oiî la langueur des digestions , comme on l'appelle , ne cède pas à l'abstinence qui en est le véritable remède. Dans ces circonstances on devra la préférer à beau coup d'autres substances analogues, parce qu'elle est indigène et peu coûteuse
11 est à peine nécessaire de dire que son amertume la rend propre à être em ployée contre les vers intestinaux, que les amers, en général, chassent di canal digestif quand ils sont employés d'une manière convenable.
A l'époque où le café n'arrivait qu'à grands frais, on a imaginé de cherche dans la chicorée un succédané à cette substance exotique , et l'usage en a survéci aux circonslanees qui l'avaient fait naître, sans qu'on puisse se rendre raisoi de la confiance qu'on lui accorde encore. En faisant torréfier la chicorée sau vage, on obtient une poudre brune analogue pour l'aspect , mais non pour l parfum , avec celle du café. L'infusion qu'on en prépare est noire et amère, e! peut faire illusion à ceux qui se contentent du coup d'œil. Mais l'arôme propn; au café n'est pas même rappelé par cette préparation mensongère, et, à pliii forte raison, l'effet si remarquable qu'il produit sur l'économie animale. Mail on continue de l'employer comme plus saine que le café; ce qui est vrai poui les personnes qui ont à redouter l'influence de cette boisson sur le systèmi nerveux. D'autres mélangent cette poudre à celle du café, qui en devient, dit on, plus refraîchissant. Il serait plus exact de dire que la proportion du caf étant moindre , le breuvage est moins stimulant.
Quoi qu'il en soit, la torréfaction , si elle ne développe pas dans la chicoré( de nouveau.x principes , modifie , et surtout concentre la matière amère qu'elli renferme, en diminuant la proportion de l'eau et du mucilage auxquels elle si trouve associée. Ainsi cette jn éparalion n'a rien qui répugne aux saines idée en chimie et en malière médicale; elle peut être conservée et utilisée au besoin Cependant il ne paraît pas que jusqu'à nos jours elle ait été employée er médecine, et l'on ne prescrit d'ordinaire la chicorée qu'en infusion , en décoction , en sirop et en extrait. L'infusion et la décoction se font avec la plant( sèche ou fraîche suivant la saison, et dont on emploie une quantité plus ci moins considérable, suivant l'effet qu'on veut produire. L'extrait se prépare ei: évaporant en consistance convenable une décoction chargée de la plante sèche ( ou le suc exprimé de la plante récente ; la dose est d'un à deux gros. On se sert également de la chicorée mêlée à d'autres plantes plus ou moins analogues pour composer des sues amers, ou des apozèmes (voj^cz Apozèmes) et dis suc; d'herbe. Enfin le sirop de chicorée se prépare avec la décoction de la plante et du sucre. Mais il est fort peu usité , et l'on doit éviter de confondre avec lui unsirop de chicorée composé, qu'on emploie très-fréquemment. Ce dernier daus' lequel entre , en effet, la chicorée est purgatif, et renferme entre autres ingrcdiens une certaine quantité de rhubarbe. (F. Ratier.)
CHIENDENT, trilicum repens. Triandrie digynie, Limk. Graminées, Juss. Le ciendent est une plante vivace qui croît dans les champs cultivés , malgré tous les soins qu'on prend pour la détruire ; et les services qu'elle rend à la médecine, sont bien loin de compenser les dommages cpi'elle cause à l'agriculture. On emploie, comme médicament, ses racines ou plutôt ses tiges , qui sont longues, noueuses, minces, d'un blanc jaunâtre, ayant une saveur douce, faiblement sucrée et légèrement astringente. Mais les principes auxquels sont dues ces nuances fugitives de saveur, sont en si faible proportion , qu'il faudrait, pour en obtenir quelques clfets sensibles , employer le chiendent en quantité plus considérable qu'on ne l'a jamais fait, et qu'on ne pourra probablement jamais le faire.
On n'avait pas même songé à faire l'analyse de cette substance, quoiqu'elle soit depuis long-temps employée en médecine, lorscjuedans ces derniers temps M. Chevallier s'en est occupé. Ce chimiste y a trouvé du sucre , en assez grande quantité , pour qu'on puisse espérer d'eu obtenir de l'alcohol de manière à encourager cette fabrication. Il y a ilécouvert aussi une malière extractivc d'une odeur aromali([ue analogue h celle de la vanille, et qui se trouve également dans l'avoine. Mais ces découvertes fort inléressanles, sans doute, pour l'inilustrie et l'économie domestique , sont restées sans application utile pour la matière médicale et pour la thérapeutique. Le médecin qui se borne à l'obscr-
CHLORE
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ation des faits, ne voit et ne peut voir clans les tisanes de chiendent, qui 'ailleurs ne sont généralement que des décoctions peu chargées, autre chose ue dcl'eau ayant subi l'ébuUition, et contenant une infiniment petite quantité e sucre , et, si l'on veut, de matière extractive aromatique. Il attribuera donc l'eau seule , à raison de sa quantité ou de sa température, l'accroissement de a sécrétion urinaire ou de la transpiration cutanée, qui se manifeste après son •inploi.
Ces idées, d'ailleurs, sont admises maintenant parmi les médecins , relativetient aux substances cjui, comme le chiendent, ne renferment qu'une petite [uantité d'élémens actifs ; et les défenseurs de la polypharmacie commencent . se replier sur les médicamens véritablement actifs. Mais il ne faut pas moins •rendre acte de ce fait que le chiendent a été long-temps considéré comme liurélique et sudorifique.
Les doses d'un pareil agent sont bien indifférentes et se mesurent arbitrairenent. L'infusion de chiendent, édulcorée avec la réglisse, forme dans les hd- )itaux de Paris la tisane commune dont se désaltèrent les malades, qui crain- Iraient de boire de l'eau pure. On fait souvent à cette tisane des additions liverses qui modifient ses propriétés, ou plutôt qui lui en communiquent de out-à-fait étrangères. L'extrait de chiendent , qui renferme du sucre et un peu |iie matière aromatique, et qui figurait autrefois au nombre des médicamens jliurétiques et apéritifs, est maintenant tout-à-fait abandonné. (F. Ratier.) 1 CHLORATES. (Chimie médicale.) Sels résultant de la combinaison de l'acide fchloriqiie avec les bases. Us sont presque tous solubles dans l'eau, et se dépmposent au feu qui les convertit, soit en gaz oxygène et en chlorures, soit en ).xygène, en chlore et en oxydes. Ils brûlent et détonnent, souvent par le simple plioc, avec un grand nombre de corps combustibles. Il n'y a guère que celui le potasse qui ait été employé en médecine, f^ojez Potasse (chlorate de). Ils ml porté pendant long-temps le nom de muriates sur-oxygénés.
( G. GuiBOURT. )
1 CHLORE, de x^oi/ioi, vert; substance simjile et gazeuse, signalée pour la bremière fois par Scheele , célèbre chimiste suédois , qui , s'occupant, en 1774, île l'examen de la substance nommée alors manganèse ^ fut conduit à l'impor- |,ante découverte de ce corps également utile aux arts et à la médecine. En taisant agir de l'acide muriatique sur le manganèse en poudre , il obtint une Inalière gazeuse, dont il étudia les principales propriétés et qu'il nomma acide nurialique dé/jhlogislir/ué , devinant ainsi , plus d'un quart de siècle à l'avance , jue ce corps , en absorbant l'hydrogène , l'econstiluait de l acide marin : car, (lit-il , aussitôt quiL rencontre une substance phlogistique , it redevient un vé- •Ltahle acide muriatique , ce quil rusait cessé d'être parce que le manganèse ui avait enlevé le phlogistique qui n'' était plus déjà pour lui que de l'hydrogène. !1 ajoute : « Ce que j'ai soumis à Texamen de cet acide muriatique déphlogis- 'iqué , était dans le cou du ballon que j'avais bouché ; le bouchon a jauni ^omme par l'eau forte , le papier bleu de tournesol est devenu presque blanc ; outes les fleurs rouges , bleues et jaunes , même les plantes vertes, ontjauni pn peu de temps , et l eau du ballon a été changée eu un pur acide muriatique faible. »
j Depuis celte époque, tous les chimistes se sont occupés avec zèle de l'étude ;Ju chlore. Berthollet l'avait appelé acide muriatique oxy géné; et c'est sous cette iJénominaiion que ce savant l a apj)liqué avec tant de succès au blanchiment des oiles , découverte immense que l'envie n"a pu ravir à sa gloire et aux services ju'il a rendus aux arts , quoiqu'on eut pu tenter de le faire en citant les déclarations rapportées par Scheele dans son mémoii-e , et déjà perdues de vue ilepuis un grand nombre d'années. M. Davy lui a donné le nom de chlorine |:t M. Ampère celui de chlore, h cause de sa couleur verdâtre. j Les travaux de MM. Gay-Lussac , Théuard et Davy ont démontré jusqu'à l'évidence que le ciilore est un corps simple. On ne le trouve jamais à l'état de pureté dans la nature; on le rencontre le plus souvent uni à des métaux , à l'état de chlorure et d hydro chlorates.
On l'obtient en faisant agir deux parties d'acide hydrochlorique ou d'acide lydro-chloro-nitrique sur une partie de peroxyde de manganèse pulvérisé groslièrement , comme l'avait déj.î indiqué Scheele , ou bien en versant cinq parties /l'acide sulfurique du commerce, affaibli avec trois parties d'eau sur un mcjange de trois parties d'hydrochlorate de soude , et d'une partie et demie de oeroxydcde manganèse en poudre. Dans l'un ou l'autre cas , les substances sont introduites dans un ample ballon , à I cxtréraitô duquel on adajjte les tubes et iiécipiens qui constituent l'appareil de 'Woulf. Le chlore se dégage à l'état de |;az qu'on peut recueillir dans des vases en verre, ou dans l'eau, qui, à la ienapérature ordinaire, en dissout plus d'une fois son voiume. Pour le conserver dans toute sa pureté, il faut le mettre à l'abri de la lumière, le rejaouveler souvent.
î Le chlore se distingue des autres gaz par sa couleur jaune verdâtre, par i>on odeur suffocante, par sa saveur àcre et astringente; il coagule les mucoiilés de la bouche et des bronches , ce qui le rend dangereux à respirer soit pur, soit même répandu en trop grande quantité dans l'atmosphère. Mais lOiêlé à l'air dans des proportions mesurées , il a été appliqué à son assainisseiiiient avec des avantages incontestables. En se conibinant avec l'hydrogène, l-pour lequel il a une affinité remarquable, il donne naissance à l'acide Hrono- CHLORiQUE. ( Voyez ce mot.) Il s'unit à l'oxygène pour former les acides chlol'ique et perchloriqiie , à la plupart des métaux, et à plusieurs oxydes, pour constituer des chlorures métalliques et des chlorures d'oxydes dont quelquesuns ont une application |rapor(anle en médecine.
! Bien qu'il ignorât à priori la théorie de son action chimique , Guyton-Morireau parait être le premier qui se soit occupé spécialement de ce gaz sous le
rapport hygiénique ; et cela long-temps après avoir découvert la propriété désinfectante de l'acide marin réduit en expansion , après avoir fait pendant plus de quinze ans la plus heureuse expérience des fumigations d'acide muriatique, et avoir en plusieurs occasions fait pressentir tout ce que l'on devait espérer de celle d'acide muriatique oxygéné (chlore ).
Toujours plein de cette idée , que les acides très expansibles étaient les désinfectans les plus certains , Guy ton-Morveau adopta en 1790 l'emploi du chlore désigné alors sous le nom d'acide muriatique oxygéné. Il est pourtant vrai de dire que, dès l'année 1785, Hallé avait proposé l'emploi de celle substance pour désinfecter les fosses d'aisance; que Fourcroy l'avait recommandé en même temps que Guyton-Morveau dans l'assainissement des hôpitaux , des prisons , des étables , des effluves marécageuses , etc. {Instruction sur les moyens d'entretenir la salubrité , etc. , an 2 de la république.) Mais le chimiste de Dijon , par une infatigable opiniâtreté de travail et de zèle , s'en appropria pour ainsi dire l'application; il pensait , contre l'opinion de Fourcrov, que le gaz muriatique oxygéné (chlore) désinfectait l'air en oxj'géuant la matière fétide, et c'est en professant cette erreur qu'il féconda de la manière la plus heureuse l'emploi du chlore, comme désinfectant. Il proposa et eut assez de crédit pour faire exécuter des fumigations avec le chlore dans les salles des hôpitaux, des prisons, dans les amphithéâtres , dans les casernes , et enfin dans tous les lieux infectés ou insalulsres. Des instructions furent rédigées par le conseil de santé des armées , et adressées à foules les administrations civiles et militaires, aux chefs des hôpitaux, des dépôts de chevaux delà république, aux artistes vétérinaires , etc. On obtenait son gaz désinfectant d un mélange pareil à celui que nous avons indiqué qu'on plaçait dans une capsule en terre, en y ajoutant de l'acide. En agissant dans une salle non habitée, l'expansion du gaz était sans inconvénient; mais dans les salles remplies de malades , on devait craindre des accidens , et c'est ce qui détermina Chaussier à proposer de verser en plusieurs fois l'acide sur le mélange , en pi omenant successivement l'appareil dans toutes les parties du local ; telle fut aussi la méthode adoptée par Desgencttes et Parmentier dans le service des hôpitaux militaires.
Guyton-Morveau voulant rendre populaire son procédé désinfectant , imagina un appareil portatif et permanent de désinfection. C'est un vase ou flacon placé dans un étui en buis, dont le sommet, terminé en dôme, est percé d'un trou formant un pas de vis pour donner passage à une vis également en buis qui ferme le flacon , en forçant un obturateur de verre de s'appliquer sur le goulot du vase intérieur. Ce vase contient à peu près le tiers de sa capacité totale de peroxyde de manganèse en poudre grossière et d'acide nilro-murialique. En tournant la vis on enlève le disque de verre, et le chlore se répand dans l'atmosphère en passant par les trous pratiqués latéralement; et en la tournant dans l'autre sens on produit le contraire ; le dégagement du gaz est impossible. Dans tous les cas , il faut que les vases soient tenus debout pour éviter la perte du liquide. Le chlore se dégage pendant un assez long espace de temps , mais eii petite quantité, et encore faut-il veiller à ce qu'il ne puisse pas s'accumuler de manière à gêner la respiration , ce qui jiorte à penser que ce moj'en d'assainissement, qui ne peut être constant, doit être circonscrit; c'est aussi ce qui explique pourquoi les fumigations de chlore n'ont pas toujours été suffisantes pour faire cesser des épidémies ou des maladies contagieuses, en détruisant leurs causes ou au moins en enchaînant leurs funestes effets ; c'est ainsi qu'elles n'eurent qu'un bien faible succès contre les fièvres jaunes qui ont désolé la péninsule en 1800, 1803 et 1801; contre celle d'Auxer rc en 1812, et plus récemment encore contre l'éjiidémie de Barcelone en 1822. Les désinleclions étaient réelles sur l'air infecté qu'edes touchaient, mais l'air qui se renouvelait ensuite , lorsqu'il n'y avait plus de chlore en expansion , était infecté ou contaminé; en un mot, le chlore n'attaquait pas la cause , qui se reproduisait constamment, tandis que ce gaz n'agissait que par intervalles.
Le chlore a été employé pour neutraliser les elfets délétères des gaz qui se dégagent des '"osses d'aisance , quand on les vide. (V oyez les Mémoires de Thénard , Dupuytren et Barrnel , insérés dans la Bibliollicque médicale , vol. IX. ) Par la même raison, il a été conseillé pour l'asphyxie produite par l'acide hydro-sulfurique , l'hydro-sulfate d'ammoniaque, et même par l'acide hydrocyanique ; mais on a observé que quelques sujets qui avaient respiré ce gaz avaient succombé à des inflammations des bronches ; cependant on ne peut nier que le chlore n'ait eu dans ce cas des succès remarquables.
On a surtout préconisé ce moyen dans le cas d'épidémies ; il a été employ é avec succès dans les épidémies de typhus qui ont désolé la France en 1813 et 1814, à la suite des invasions étrangères. Toujours son action s'est montrée efficace, quand elle a été dirigée contre des causes épidémiques de nature organique , animale ou végétale. Ainsi il a été appliqué avec avantage par Kapp dans les dysenteries putrides, par Bralhwaite et Braun contre les scarlatines malignes. Guyton-Morveau pensait que la peste même devait céder à iaclioa oxigénante des acides minéraux , et l'on sait qu'il rapprochait des acides minéraux, le chlore qu'il regardait, avec les chiiuistes de celte époque, comme composé d'acide muriatique et d'oxigène. Aujourd'hui que la théorie chimique du chlore a subi la révolution que nous avons indiquée, on pense généralement que la grande affinité qu'il possède pour l'hydrogène donne lieu à la décomposition des miasmes putrides dans le cas d'épidémies, à celle des matières altérées dans l'économie, dans les affections des humeurs qui ont pour cause un principe contagieux. C'est, à n'en pas douter, à cette propriété qu'il faut ra]^porter les succès que quelques praticiens disent avoir retirés de son emploi dans quelques maladies contagieuses, et en particulier dans les épidémies de variole, de scarlatine, de typhus, de fièvre jaune, etc.
CHLORE
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Dissous dans l'eau , le chlore a été employé intérieurement ; et Hallé qui , le premier, en a conseillé l'usage en 1787, rapporle que l'acide muriatique oxygéné, le plus fort que put lui fournir B. Pelletier, était délayé à la dose de demi-once dans deux livres d'eau pour être employée en 21 jours. Dans cet état il avait agi comme astringent, et, d'après le témoignage même des malades, il avait paru produire une augmentation d'appétit et accélérer la digestion. 11 avait pu arrêter les progrès de la phthisie pulmonaire. Huilé ajoute que par le même moyen il avait vu disparaître subitement des douleurs rhumatismales opiniâtres, qui paraissaient être la suite de travaux anatomiques sur des cadvres infects. Lui-même en pareil cas avait tenté inutilement un grand nombre de moyens, quand l'emploi du chlore dissous dans l'eau lui avait complètement rendu la santé.
Crawfort rapporte des accidens occasionés par l'usage interne du chlore , même à très-faibles doses; mais il est probable que ce corps n'était pas parfaitement pur, car Rollo l'a prescrit sans faire les mêmes observations.
Fourcroy avait proposé cet agent pour détruire les virus , et plusieurs faits récens sont venus attester son efficacité dans le traitement préservatif ou curatif de la rage et de la syphilis. Ou trouve dans le Journal général de Médecine , vol. 59 et 62, plusieurs faits dignes de remarque , observés par Brugnatelli en faveur de l'action préservative de l'hydro-chlore employé en lotion sur les morsures d'animaux enragés. Previsali en Italie, Schœnberg à Naples, assurent même l'avoir prescrit avec succès dans la rage bien confirmée. Le chlore liquide a été employé par Roussille Chamseru et Vauquelin dans les maladies syphilitiques; mais le peu de succès qu'on en a retiré l'a fait presque aussitôt abandonner. D'autres l'ont conseillé dans les maladies cutanées , telles que la teigne , la gale, les dartres et les engelures. M. Bretonneau , de Tours , l'a aussi employé dans le croup; mais que n'a-t-il pas employé contre cette maladie? et quelle induction en tirer pour la pratique?
Enfin, au commencement du siècle , peu d'agens thérapeutiques recevaient un plus grand nombre d'applications et excitaient un plus vif enthousiasme : mais, comme il est arrivé tant de fois que, après l'avoir préconisée outre mesure, telle substance a été livrée au plus entier oubli, le chlore était presque généralement abandonné, lorsque des succès proclamés en faveur des chlorures d'oxydes dans un grand nombre de maladies , firent naître à MM. Gannal , Bourgeois et Cottereau l'idée d'employer le chlore gazeux dans le traitement de la phthisie pulmonaire.
M. Gannal ayant cru observer que l'habitation des blanchisseries, manufactures et autres éfablissemens où on emploie le chlore , était favorable aux individus atteints ou menacés de phthisie pulmonaire , eut l'idée de l'administrer en fumigations sèche ou aqueuse dans le traitement de cette maladie : des faits assez nombreux qu'il a recueillis en 1827 , et qui ont été communiqués à l'Académie des sciences , ont été bientôt l'occasion de nouvelles expériences faites dans plusieurs hôpitaux de Paris , notamment à THôtel-Dieu , dans le service de M. Husson, et à la Charité, dans le service de M. Chomel. Voici comment on a procédé à son administration , d'après le conseil de M. Gannal. Cinc| à six gouttes de chlore liquide concentré , mêlées à quatre onces d'eau distillée , sont placées dans un flacon à deux tubulures et garnis de deux tubes disposés comme dans l'appareil de Woulf. Le flacon est placé dans un vase de fer-blanc contenant de l eau élevée à la température de 20 à 25 degrés audessus de zéro. La solution de chlore ainsi échauffée a plus de tendance h se vaporiser ; et de plus , le gaz inspiré se trouve être pénétré d'une douce chaleur. Le malade adapte à sa bouche le tube recourbé , dont le diamètre est de cinq h six lignes , aspire la vapeur d'eau et de gaz qui se dégage , et expire par les fosses nasales. La fumigation dure dix à douze minutes , et se répète deux fois par jour. On augmente successivement la quantité de chlore , qu'on porte jusqu'à douze et quatorze gouttes.
M. Cottereau a modifié l'appjreil de M. Gannal, en y ajoutant un thermomètre et une auge pour maintenir l'eau à une température convenable, mais ces appareils ont toujours l'inconvénient de fatiguer les malades par la position et les efforts que nécessite leur emploi ; ils ne dégagent pas plus de chlore que les chlorures d'oxydes, quoi qu'en dise M. Cottereau, et ne peuvent guère servir que le charlatanisme qui les préconise : aussi les médecins qui ont recours à cette médication se coiitentcnt-ils de l'emploi des chlorures d'oxydes abandonnés à l'air de la chambre.
Les malades éprouvent pendant l'opération un sentiment de constriction dans la poitrine ; ilans les cas les plus heureux ils ne toussent pas plus que de coutume , et l'on a vu, au bout de quelques jours, l'expectoration diminuer sensiblement. Mais très-souvent au contraire , la toux est plus sèche, plus fatigante ; l'expectoration plus difficile; souvent il se développe de la gène, de la douleur au larvnx : ce qui oblige de suspendre le remède. Nous avons suivi les e.tpériences qui ont été faites à l'Hôlel-Dieu et à la Charité, et il nous reste cette conviction, que les fumigations de chlore sont loin de répondre aux espérances qu'on en avait conçues. Elles peuvent tout au plus offrir quelques avantages dans le cas de suppuration ou de gangrène du poumon , de vomique et autres affeclions accidentelles dont le danger dépend principalement du travail de la suppuration et de la présence du pus. En général leur efficacité est d'autant plus certaine que les cas clans lesquels on les met en usage sont exempts d'irritation et de symptômes fébriles. Mais dans ce cas même nous croyons que les chlorures d'oxydes sont d'une application plus facile , plus innocente , pour le moins aussi certaine, et par conséquent préférables sous beaucoup de rapports. ( f^ojcz Chlorure. )
If^, Jf^allace. Des i>ro|iriélés im-ilicales du cblore et d'une nouvelle inanicre de faire usage <le ce remède ; (ra'luit «le l'anglais, I vol. îa-3. Lonilius, 1 823.
Wetzhr. Sur l'ulililé du gaz muriatique oxygéné, comme moyen de dé.'iinfccler l'aii l comme remède, traduit de l'allemand, in-80. Augsbourg, 1825.
(P, JOLLT.)
CHLORE GAZEUX. ( Toxicologie. ) Voyez Gaz béiétères.
CHLORE LIQUIDE et CHLORURES ALCALINS. ( ro.rïco/o^/e.) A. jourd'hui que le chlore liquide et les chlorures alcalins sont devenus d'un use; presque journalier, il m'a paru convenable d'en faire un article à part , en h envisageant sous leurs rapports toxicologiques. Leurs propriétés délétères parti, peut en effet des deux élémens qui les composent, et comme ils ont des caractèii chimiques communs j'aurais été obligé de les reproduire aux articles Chaï, Potasse et Soude. Le médecin peut être chargé de reconnaître ces liquei; tant à l'état de pureté qu'à l'ctat de mélange; c'est aussi sous ce double rappi; que je vais les envisager.
Dissolution de chlore dans l'eau. — Liquide jaune verdàtre, transparent , t' gageant une odeur forte de chlore, décolorant la teinture de tournesol, ce de curcuma , en un mot , presque toutes les couleurs végétales.
Chauffée , elle laisse dégager du chlore ; mise en contact avec le nitrate d'; gent dissous, elle donne un précipité blanc , caillebotté , lourd, insoluble da l'acide nitrique même à chaud., soluble dans l'ammoniaque. Ce précipité, q est du chlorure d'argent, acquiert une couleur violette par son exposilior l'air libre, et mieux encore à la lumière solaire. L'iodure d'amidon, ou le bl de composition (solution d'indigo dans l'acide sulfurique), versés dans cel dissolution, perdent leur couleur bleue; enfin, une lame d'argent, ou u ' pièce de monnaie, deviennent noires instantanément quand elles sont plonge dans ce liquide.
La solution de chlore dans l'eau peut subir à la longue une altération qij est important de connaître : elle se transforme peu a peu en acide hydrochl rique , et elle en présente alors toutes les propriétés. On remarque que, quelq concentrée qu'elle ait été , le liquide qu'elle fournit n'est plus ou presque pl coloré, [yojez, pour les caractères de cette altération, le mot Htdrochloriq acide).
Il est impossible de supposer un mélange de vin ou de boisson colorée et c chlore liquide ; ces mélanges prennent bientôt une teinte jaune qui n'est pl la leur propre. Le café à l'eau est la seule boisson qui résiste le plus à son tion ; mais encore est-il presque toujours altéré. D'ailleurs , l'odeur et la savei que prend la liqueur répugnent tellement, qu'il est difficile de supposer l'ail ministration d'une pareille substance comme poison. Néanmoins, deux expi riences faites par M. Orfila sur des chiens démontrent évidemment qu'elle d délétère ; elles démontrent que cinq onces de dissolution de chlore moyenn' ment concentrée , peuvent faire périr un chien dans l'espace de douze à quin'l he ures ; et que deux onces de la mcme dissolution , encore affaiblie par quat' onces d'eau, amènent la mort au bout de quatre jours. Des vomissemens rt térés et un état d'abattement de plus en plus prononcé jusqu'à la mort, so les seuls symptômes que ces animaux aient offert.
Il parait que l'action de cette substance est tout-à-fait locale, qu'elle déte' mine une inflammation intense de l'estomac, et, par conséquent, qu'elle comme irritant, si ce n'est même comme caustique. Je suis porté à pens> qu'elle doit altérer chimiquement la membrane muqueuse, lorsqu'elle est sul fisamment concentrée.
Aucun antidote n'a été conseillé pour combattre cet empoisonnement. J propose l'eau albumiiieuse en grande quantité. Il résulte des expériences failli à ce sujet que le chlore se combine très-facilement avec l'albumine suspendi! et forme une matière blanche, grumeleuse, insoluble, dont on peut ensui) provoquer le vomissement par l'eau tiède et les moyens ordinaires. C'est ui' combinaison de chlore et de matière animale qui n'a presque plus d'action si| l'économie. Cette eau albumineuse a encore l'avantage d'être très-adoucissan j pour les parois de l'estomac. Il serait nécessaire de traiter la phlegmasie ga; trique immédiatement après l'administration du contre-poison.
Chlorures alcalins. — Ils sont au nombre de trois : ce sont ceux de potasse| de soude et de chaux. Les deux premiers sont encore connus l'un sous le noif, d'eau de javelle (chlorure de potasse), et l'autre sous celui de liqueur de U barraque, quoique ce pharmacien n'en ait pas fait la découverte; puisque ct| deux substances ont été , pendiut un certain temps, préparées à Javelle, < désignées sous le nom collectif d'eaux de Javelle. Ces trois chlorures, qu'il ni faut pas confondre avec les chlorures de potassium, de sodium et de calciumi ont des caractères chimiques communs comme participant du chlore , et d'autrt. caractères différens qui dérivent de leurs bases. '
Le chlorure de chaux est solide , blanc , pulvérulent ou grumeleux , altiranj l'humidité de l'air : il devient pulvérident et sec s'il est exposé à l'air pendanj long-temps. Dans ce cas, il se transforme en carbonate de chaux et perd I ' chlore qu'il contenait. Les deux autres chlorures sont liquides, incolores 0' colorés en rose , celui de potasse surtout. Dans le commerce on estime plus l'ea de Javelle coloréeque cellequiest incolore; aussi les fabriçans colorent-ils ave un peu de sel de manganèse celles qu'ils obtiennent dépourvues de couleurs. Ce; trois composés ont une odeur fade , qui a quelque chose de celle des lessives elle peut ilevenir très-forte quand le chlore domine. Leur saveur est acre brillante ; elles peuvent verdir le sirop de violettes ; c'est même leur efl'et I plus commun, mais quelquefois elles le décolorent immédiatement. Ces deu. résultats différens s'expliquent avec facilité. Si l'alcali prédomine . le sirop es verdi; si au contraire c'est le chlore , il est décoloré. Traitées par un acide elles font effervescence, dégagent du chlore gazeux reconuaissable à son odeui et se colorent en vert si l'acide a été employé en assez grande quantité. Si ai moment où l'on va verser l'acide on met dans la liqueur une lame d'argent 01
CHLORE
CHLOROSE
Uhe pièce de monnaie, sa surface devient d'un gris noirâtre; mais comme plusieurs acides en contact avec l'argent produisent seuls le même effet, il est convenable d'employer pour faire cette expérience de l'acide sulfurique qui n'offre pas cel inconvénient. La coloration est due à la formation d'une certaine quanlilé de chlorure d'argent. Le séjour prolongé d'une lame d'argent parfaitement décapée dans ces trois chlorures à l'état liquide produirait le même effet ; mais dans l'expérience précédente on a ravantagc de développer le phénomène instantanément; aussi n'hésitons-nous pas à donner ce moyen, comme un procédé plus avanlageu.x que ceux qui ont été proposés jusqu'à présent. Enfin , quand on verse une petite quantité d'un chlorure dans du nitrate d'argent, il s'y forme un précipité blanc caillebotté analogue à celui que produit la dissolution de chlore. Tels sont les moyens qui peuvent servira caractériser ces liqueurs comme chlorures ; le phénomène qui les distingue le mieux de l'eau simplement chlorurée, est leffervescence qu'ils produisent par leur contact avec les acides , car elles agissent encore sur le sulfate d'indigo comme l'eau chlorurée , et dans certains cas , suivant leur niotle de pre'paration , elles peuvent décolorer les couleurs bleues végétales et l'iodure d'amidon.
Envisagés par rapport à leur base, celui de chaux dissous dans l'eau précipite en blanc par l'acide oxalique et l'oxalate d'ammoniaque , précipité insoluble dans un excès d'acide oxalique, soluble dans l'acide nitrique ; le précipité recueilli et décomposé par le feu donne de la chaux vive pour résidu. Celui de potasse précipite en jaune serin par l'hydrochlorate de platine , et se comporte avec les autres réactifs comme les sels de cette base. ( F'oycz Pdtassidm, Potasse. ) Celui de soude n'est pas troublé par les sous-carbonates solubles. Il ne précipite pas par l'hydrochlorate de platine ; il ne dégage pas d'ammoniaque , quand on le traite par la chaux. Évaporé jusqu'à siccité , il donne un résidu très-blanc qui verdit fortement le sirop de violettes.
Quand on verse de l'eau de Javelle ou du chlorure de soude dans du vin , il devient immédiatement d'un vert foncé. Après quarante-huit heures de contact il a l'aspect de la bière. Mèlë à du café au lait , il n'en diminue que la consistance et en altère peu l'aspect. Ce dernier mélange peut donc être donné, et un cas de ce genre s'est déjà présenté dans la pratique de la médecine légale. M, Orfila , qui a été chargé de faire celte analyse, conseille (leçons de médecine légale), dans les cas où ce chlorure a été mêlé à du café ou à des liqu des colores, de chercher à démontrer la présence du chlore et de la potasse. A cet effet il propose , 1» de rechercher si la liqueur n'exhale [)oint une odeur de I chlore , et si elle n'offre pas une saveur alcaline ; 2" de procéder à la découverte de 1 alcali , et pour cela de laisser pendant vingt ou vingt-cinq minutes dans le liquide suspect un papier de tournesol rougi par un acide. L'expérience prouve que le papier est bleu dans un mélange d'une partie d'eau de Javelle et de vingt parties de café au lait ; quel que soit le lésultat de cette expérience de trailer une partie de la liqueur par six à sept fois son volume d'alcohol à 36», et d'agiter ia masse. Le lait et le café sont caillés au bout de quelque temps. On filtre et on obtient un liquide alcoholique jaunâtre qui rétablit la couleur bleue du papier de tournesol rougi par un acide, et qui fournit par l'hydrochlorate ■ de platine un précipité jaune serin assez abondant. Ces caractères sont plus [sensibles si on concentre le liquide en dégageant une partie de l'alcohol par l'évaporation. Or le café au lait sans addition d'eau de Javelle , et caillé par I l'alcohol, donne un liquide qui n'agit point sur le papier de tournesol. A la jvérité il précipite légèrement l'hydrochlorate de platine en raison des sels à base de potasse qui font partie du sérum du lait , mais ce précijiité est beaucoup moins abondant que celui qui est formé par le café avec addition d'eau de Javelle. Donc il sera permis de conclure qai\ y a de la potasse libre dans la [(liqueur dont il s'agit, parce qu'elle est alcaline , qu'elle précipite par l'hydrochlorate de platine , et qu'elle ne contient pas d'ammoniaque.
3o Pour démontrer la présence du chlore dans le café au lait, on fera chauffer 1 autre partie avec une lame d'argent pur et exempt de cuivre , et l'on ne tardera pas à s'apercevoir que le métal sera bruni et noirci : en effet il se formera du chlorure d'argent noir ; on lavera la lame avec de l'eau distillée , puis on la traitera avec l'ammoniaque liquide qui dissoudra le chlorure d'argent. La lame
i reprendra le brillant métallique : on saturera la dissolution ammoniacale par de l'acide nili iciue pur qui s'emparera de l'alcali et laissera précipiter du chlorure d'argent blanc qui ne peut parvenir que du chlore libre , les liydrochlorates contenus dans le lait ne pouvant pas agir sur la lame d'argent.
Ce procédé me paraît devoir devenir la source d erreurs entre des mains peu e.\ercées. En effet quand on traite du lait par de l'alcohol , on obtient un liquide qui donne avec l'hydrochlorate de platine un dépôt assez abondant. Lorsque le lait contient de 1 eau de Javelle, le dépôt est plus considérable iquoique le précipité d'hydrochlorate de potasse et d'oxide de platine soit en faible quantité. Cet effet est dû , je crois , non pas seulement à ce que le lait conlient, dans l'étal ordinaire, des sels à base de potasse ( car sur mille parties il n'en renferme que sept, et pour précipiter par l'hydrochlorate de platine, jles sels de potasse doivent être assez concentrés ) , mais à ce que l'alcohol mis en Contact avec le lait coagule une partie de la matière animale et dissout ('autre. C'est cette portion de matière animale dissoute, qui se dépose, et forme presque à elle seule le précipité. Ou en acquiert facilement la preuve , soit en volatilisant complètement l'alcohol qui a macéré sur le lait, et alors on obtient un résidu décomposable par le feu à la manière des matières animales ; soit en tiaitant cette liqueur par le chlore, lorsqu'on y a fait naître un dépôt avec l'hydrochlorate de platine , ou même avant d'y faire naître ce dépôt , et dans ces deux cas la matière du dépôt et celle qui se trouve en dissolution changent lie nature , deviennent blanchâtres et solides comme toutes les matières animales traitées par cet agent ; lorsque l'eau de Javelle est mêlée avec du lait ,
DlCT, DE IMÉDEClNE ET UE CHIRURGIE PRATIQUES.
la présence de la potasse ne peut que favoriser la dissolution de la matière animale , et par conséquent augmenter sa quantité.
Il résulte de ces faits que la quantité de précipité obtenu dans les liquides vénéneux, étant la mesure de la quantité de poisons qu'ils renferment, ce modî d'analyse peut être une source d'erreur, erreur susceptible de devenir d'autant plus grande entre des mains d'experts peu habitués à faire des opérations de chimie, que M. Orfila a terminé le paragraphe de son ouvrage qui a trait à l'eau de Javelle par cette phrase : u Si par une raison quelcon((ue l'expert n'obtenait pas des résultais propres à démontrer la présence du chlore dans la liqueur dont il s'agit, il s'attacherait particulièrement à découvrir la potasse à laquelle l'eau de Javelle doit ses propriétés vénéneuses. »
Nous proposons donc le mode d'analyse suivant , qui nous paraît plus simple et plus certain dans ses résultats.
10 Prendre une portion de lait ; l'introduire dans un verre à expériences, y ajouter de l'eau distillée s'il paraît contenir une grande quantité de matière animale: agir directement sur lui s'il est très-liquide. Y plonger une petite rondelle ou une lame d'argent bien décapée , et y verser de l'acide sulfurique de manière à y faire naître une vive effervescence dépendant de la décomposition du chlorure par cet acide ; ne cesser l'addition d'acide qu'au moment où il ne se produit plus d'effervescence. A pprécier l'odeur de chlore qui se manifeste immédiatement, et qui est extrêmement forte; constater la coloration en noir de ia lame d'argent , effet instantané. On peut remplacer la pièce d argent par un papier de tournesol, qui sera non-seulement rougi par l'acide ajouté, mais encore décoloré ; ou traiter le lait par du bleu de composition étendu d'eau ; au fur et à mesure que l'on ajoutera celte liqueur, elle sera décolorée. Filtrer la liqueur , la traiter par quelques bulles de chlore gazeux , afin de s'assurer si elle ne se trouble pas par cet agent. (Dans le cas où elle se troublerait , il fa\idiait y faire passer un courant de chlore jusqu'à ce qu'elle conservât sa limpidité ) La traiter ensuite par l'hydrochlorate de platine pour constater la présence de la potasse.
Ce procédé me parait offrir les avantages suiyans : I" Il met instantanément à nu toute la quantité de chlore que renferme l'eau de Javelle , et dès lors l'odeur de chlore devient très-sensible; 2" le chlore dégagé agit immédiatement sur la lame d'argent, et la colore en noir, effet que l'on n'obtient qu'au bout d'un temps plus ou moins long par l'autre procédé; 3° le chlore dégagé, soliilifie tonte la matière animale en suspension, ou en dissolution dans le mélange d'eau de Javelle et de lait, en sorte que l'on obtient immédiatement un liquide privé de matière animale, ou au moins dont la quantité est tellement faible qu'elKî ne peut plus être précipitée par l'hydrochlorate de platine;- 4° dans les cas où la quantité de chlorure serait trop faible pour que le chlore dégagé enlevât toute la matière animale , on obvie à cet inconvénient par un courant de clilore gazeux ; .^o si le liquide est coloré par une matière végétale comme dans le café, le vin , la décoloration s'en effectue immédiatement ; 6^ on obtient avec l'hydrochlorate de platine un précipité jaune serin puLérulent, grenu , se rassemblant facilement au fond du vase; et tout-à fait isolé de matière animale, en sorte qu'il peut servir à faire connaître la quantité de potasse contenue dans le mélange, et qu'il ne peut plus induire en erreur. En effet, l'alcohol qui a macéré sur le lait, et dans lequel on a fait passer un courant de chlore , ne ]ii écipite pas par l'hydrochlorate de platine. Nous pensons qu'il est important d'appeler l'attention sur les propriétés physiques de ce précipité, qui seules pertnellent d établir qu'il ne renferme pas sensiblement de matière animale.
11 est bien entendu que dans les cas où l'on n'obtiendrait pas de précipité avec l'hydrochlorate de platine , il serait nécessaire , pour acquérir la preuve qu'il n'existe pas d'eau de Javelle dans le lait, de rapprocher l.i liqueur par évaporatioii , et de l'essayer de nouveau par ce réactif. Je dois ajouter qu'il est nécessaire de se servir d'acide sulfurique pour décomposer l'eau de Javelle, attendu que les acides hydrochlorique et nitrique noircissent immédiatement une lame d'argent.
Ce procédé pourrait être employé, lorsqu'il s'agirait de démenti er la présence des chlorures dans les matières contenues dans l'eslomac.
On a peu étudié l'action des chlorures alcalins sur l'écononiie M. Orfila dit dans sa Toxicohi^ie , que l'eau de Javelle a exercé sur les animaux unc'action semblable à celle du chlore liquide; mais il ne cite pas les expériences qui la démontrent. Il me semble que la potasse étant souvent prédominante, l'action exercée par ce composé doit être plus énergique , et doit développer plus d'inflammation.
Si un médecin était appelé dans un cas de ce genre, il faudrait d'abord qu'il se gardât bien d'administrer aucune substance acide. La quantité énorme de chlore combiné avec l'alcali étant dégagée par ces substances , amènerait des émanations ou nausées répétées ; le malade respirerait ce gaz au fur et à mesure qu'il se dégagerait, e! pourrait être asphyxié. Le chlore, d'ailleurs, ne serait pas sans action sur ia membrane muqueuse de l'eslnmac. Il faudrait donc s'attacher à faire vomir le malade, et administrer des boissons mucilagineu.^es ou de l'eau albumineuse, ainsi que je l'ai conseillé pour le chlore li(juide.
(.'\lph. Devkrgie. )
CHLOROSE, s. f. Chlorosis ^ de x^^u/:»;, pâleur, couleur jaune ou vc rdàtre. Maladie dont le ]irincipal symptôme consiste dans une pâleur cxirêrae de la face, assez souvent nuancée de jaune ou de vert. On la trouve dcsigi>;'e dans les auteurs sous les noms de J'(edi colores , Jcedus virginnin rolor , chlorosma , icleritia alha , icterus albus ,/chris nlha,febris nmaloria , i>allidus morbus , pallor virginum , morhuf virgineus. Enfin, on la nomme vulgairement pâles couleurs.
La nature de cette maladie , comme celle de toutes les affections que l'ana-
CHLOROSE
CHLOROSE
lomie pMlIioljgir[iie n'a pas éclairées de son flambe. ui, est encore un sujet d'iiicurtitude et de doute. On penche à croire cependant qu'elle consiste dans un état d'asthénie des organes génitaux, et des considérations assez puissantes protègent cette opinion; ainsi, la chlorose se montre principalement à I cpoque de la puberté chez les lilics, et lorsque la menstruation ne peut pas s'établir ; elle cesse aussitôt que les menstru^ s coulent et se régularisent ; enfin , les cxcitaus tie l'utérus sont en général les meilleurs moyens à lui opposer , etc. Il semble, à voir 'me jeune chlorotii|uc , que tous ses organes soient arrivés à ce point de développement où la puberté doit nécessairement éelore , mais ipie l'utérus en retiird, ne recevant pas le degré île vie dont il a besoin pour devenir apte à la fonction qui lui est destinée , et ne donnant pas consé(|ucmment l'impulsion sans laquelle ne peut s'opérer l'importante révolution prête h s'accomplir, retienne tout le reste de l'organisme dans son état de langueur et d'inertie. En un mot, une jeune fille atteinte de chlorose peut être considérée comme un être qui se développe, et qui, passant d'un état de vie h un autre, est arrêtée dans son évolution commencée et reste en quelque sorte à l'état de chrysalide engourdie , parce que l'organe qui doit présiiler à sa nouvelle existence ne reçoit ni le développement ni la vitalité nécessaires.
Plus tl'iine objection s'élève sans doute contre cette hypothèse. El d'abord , on dira que la chlorose se montre aussi quelquefois à d'autres époipies qu'à celle de la puberté, mais presque toujours alors elle est accompagnée d'aménorrhée, et la suspension des règles peut , tout aussi, bien que leur non apparition , dépendre de l'asthénie de l'utérus. On ajoutera peut-être que les jeunes garçons n'en sont pas à l'abri ; mais il est facile de répondre que c'est aussi à l'époque de la puberté qu'on les en voit atteints, et qu'il est tout naturel que l'inertie ou l'engourdissement des organes génitaux chez l'homme produise les mêmes phénomènes morbides que chez la femme. On pourra dire encore que la chlorose est quelquefois l'effet de la phleginasie chronique d'un organe important, et que cela prouve qu'elle n'est pas nécessairement liée à l'asthénie des organes de la génération ; la réponse à celte objection est encore facile : si un organe important est en proie à l'inflammation lorsque la puberté commence , sa soufî'rance s'oppose nécessaireuient au développement de l'utérus , et c'est alors de cet état d asthénie sympa tliique , et non de la phlegmasie, que la chlorose est l'effet direct. Enfin , si l'on objecte que dans toutes les chloroses les fonctions digeslives sont aussi profondément troublées que celles de l'utérus , ce qui tendrait 'a faire croire que cette maladie peut tout aussi bien dépendre d'un état morbide de l'estomac que d'un état morbide de l'utérus , je ferai remarquer que toutes les grandes fonctions sont troublées, dans cette maladie, ainsi que l'attestent les palpitations et l'œdème des extrémités inférieures , la dyspnée, les étoufTemens, la tristesse, la mélancolie, etc ; et qu'alors on pourrait à tout aussi bon droit rapporter la chloi ose à une an"eelion du cerveau ou du cœur ; que par conséquent il ne faut voir dans tous ces symptômes que les eff'ets consécutifs de la langueur des organes génitaux , les autres circonstances de la maladies concourant pour îa plupart a démontrer que sa cause première réside en effet dans ces organes.
Une autre opinion a été émise par le docteur Boisseau sur la nature de la chlorose ; il attribue cette maladie à un état d'asthénie du système sanguin, consistant principalement dans l'aff'uiblissement des qualités stimulantes du sang. J'ai long-temps [)artagé cette ojjinion , qu'd est facile d'appuyer de fort bonnes raisons, mais j'avoue quela premièrcme paraît aujourd'hui mieu.x fontlée.
Causes La chlorose s'observe surtout chez les jeunes filles à l époque de la puberté , et , comme nous l'avons déj'a dit, c'est principalement lorsque la menstruation ne peut pas s'établir ou ne s'établit qu avec difficulté, que l'on voit se manifester cette affection. Mais on l'observe aussi quelquefois chez les jeunes garçons à la même époque, probablement produite par la même cause, c'est-àdire par l'aslhenie des organes génitaux. Les femmes mariées , et surtout les femmes veuves, en sont encore assez fréquemment affectées. On dit enfin qu'on l'a observée chez dos enlans en bas âge ; mais je pense que dans ces cas on s'est trompé sur la nature du mal, et que l'on a pris pour des chloroses des affections vermineuses , ou des névroses de l'estomac, ou des anémies, affections avec lesquelles il est souvent facile de confondre la maladie qui nous occupe. Le tempérament lyraphati pie et une constitution faible prédisposent à la contracter.
La chlorose se développe assez fréquemment sous rinfluence des causes suivantes : l'habitation dans les lieux bas , froids et humides, les alimens peu nourrissans ou de difficde digestion, l'abus des boissons aqueuses fioiiles et surtout chauilcs, l'usage immodéré «.les bains chauds , l'usage prolongé de vins de mauvaise qualité, les veilles excessives, le sommeil trop prolongé, et l'oisiveté. 11 est presque superflu d'ajouter qu'aucune de ces ca uses agissant isolément ne peut produirr la maladie, et qu'il faut toujours à cet eff"et le concours de plusieurs d'entre elles. Le plus ordinairement même, il faut encore l'intervention d'autres causes e'xerçant une action directe sur les organes de la génération , pour que la chlorose puisse se développer; les principales sont : un amour contrarié ou malheureux, la privation des plaisirs vénériens chez une jeune fille très-ardente ou chez une femme qui lésa déjà goûtés, la suppression prolongée du flux menstruel , et dans quelques cas , l'écoulement immodéré des régies. Les affections morales tristes , de quelque nature qu'elles soient , paraissent aussi exercer (|uel((ue influence sur la proiluction de cette maladie. Enfin, elle parait être quelquefois symptomatique d'une phlegmasie chronique ayant son siège dans un organe important , le plus ordinairement dans les voies digestives ; nous avons dit précédemment comment elle se rattachait à ces phlegraasies.
Syinplômes , marche^ Jurée, etc. Les symptiimes de la chlorose consistent dans la pâleur extrême , la coloration jaunâtre ou verdàtre et la bouffissure du
visage, la lividité des paupières et leur infiltration au réveil, la décoloration de la conjonctive et des lèvres , l'expression morne des yeux , la sécheresse et la I teinte terne , plombi-e et terreuse de la peau , la flaccidité des chairs , l'œdématie tles pieds , la diminution graduelle de l'appétit jusqu'à l'anorexie com plète , souvent le désir d'alimens fortement sapides , et quelquefois une telle dépravation du goût que les malades mangent de la craie , du charbon , et milld autres substances entièrement dépourvues de propriétés nutritives. A ces syinp tômc3 se joignent ordinairement des nausées et des vomissemens , de la dyspné( et des palpitations que le moindre exercice augmente , principalement quan( les malades montent un escalier ou une pente un peu rapide, la petitesse eti, fréquence du popils , un sentiment continuel de lassitude et de fatigue, et um grandi; répugnance au mouvement. En même temps les malades sont tristes mélancoliques ; elles recherchent la solitude, elles soupirent et pleurent invo lonlairement et sans motifs.
Le défaut de menstruatioii ou la suppression des règles accompagnent, avons nous dit, presque toujours la chlorose. Quelquefois cependant l'écoulemenl menstruel s'opère encore, mais |)eu à peu les époques s'en éloignent, le san,j qui s'échappe diminue chaque fois de quantité et devient de plus en plus pâli et séreux , jusqu'à ce qu'enfin il cesse tout-à-fait de paraître. Cette menstruaj tion incomplète, loin de soulager les malades, semble au contraire aggrave leur état, et l'on voit presque toujours s'exaspérer les accidens au retour d chaque époque des règles : les maladies deviennent encore plus tristes que d'oi dinaire, elles sont même assiégées d'idées sinistres , et des syncopes et de cardialgie s'ajoutent aux accidens habituels. Enfin la maladie continuant s'aggraver, il se déclare une douleur fixe de la tête ayant son siège ordiuair ment à l'occiput, le ventre devient tendu et douloureux , la soif s'allume, pouls s'accélère , quelquefois une petite tou.x se déclare , de la diarrhée survien des exacerbations ont lieu tous les jours , l'amaigrissement fait des progr' rapides , et les malades succombent dans un état complet de marasme.
La chlorose est toujours une maladie de longue durée; elle guérit souven mais souvent aussi elle entraine la mort. En général, on peut s'en fjromeltreî guérison tant qu'elle n'est pas accompagnée d'une phlegmasie viscérale. Simp et récente , c'est-à-dire exempte de complication et n'ayant qu'un ou deux m" d'existence, elle n'offre aucun danger; elle est peu grave encore si la constit tion de la malade est forte , et si les règles n'ont pas encore paru ; toutes chosi égales enfin , elle est d'autant moins inquiétante que la malade peut plus facili ment se placer dans des conditions hygiéniques nouvelles et favorables. Lor qu'au contraire elle est ancienne et compliquée , on doit la regarder com une affection très-grave en général ; toutefois sa gravité dépend surtout dans i cas delà nature et de l'intensité de la malailie chronique qu'elle aecompagti C'est encore d'un fàclieux augure de voir les règles diminuer graduellement ( se supprimer tout-à-fait sous l'influence de cette alfection. Enfin, lorsqu'il n'e pas possible de soustraire les malades à l'action des causes qui ont provoqué maladie, on doit craindre qu'elle n'ait un issue funeste.
Cnactères anatoiniques. A l'ouverture des cadavres des individus qui succo: bent à la chlorose, on trouve les vaisseaux sanguins vides de sang et les chai décolorées, comme à la suite de l'anémie, maladie avec laquelle elle a ph d'un trait de ressemblance; ce sont là les seuls caractères anatomiques qui l soient propres. On rencontre bien aussi des traces diverses de phlegmasie i d'un autre état morbide, telles que des épanchemens de sérosité dans 1 plèvres, dans le péricarde ou le péritoine, des tubercules pulmonaires , d desorganisations du foie, de la rate, ou des ovaires, etc.; mais la variété mer de ces lésions prouve qu'elles n'appartiennent pas à la chlorose, et presq' toujours , pendant la vie , elles se sont manifestées par des symptômes propre, indépenilans de ceux de cette affection. '
'I vailcment. Quelle que soit l'opinion que les auteurs aient adoptée sur : nature de la chlorose, soit qu'ils l'aient considérée comme un état généii d'aslhénie, soit qu'ils l'aient attribuée à l'affaiblissement des qualités stiiii| lantcs du sang, soit enfin qu'ils y aient vu une asthénie des organes génitaii: presque tous se sont accordés à conseiller contre elle un traitement toiiiq général et des excitans de l'utcrus. Ce traitement est sans doute le seul convn nable dans la plupart des cas ; mais il devient nuisible dans quelques circo . stances que généralement on n'a pas assez précisées, et qui même n'avaic pas encore appelé l'attention avant la nouvelle direction imprimée à la raédeci par les ilécoiivertcs de IM. Broussais. Cherchons donc à l'établir sur des ba; plus solides qu'on ne l'a fait jusqu'ici.
En général . c'est plutôt par des moyen.s hygiéniques que par des médicame qu'il faut combattre la chlorose, lorsqu'elle est simple et récente. Ainsi, ; vètemens de flanelle appliqués immédiatement sur la peau , les frictions sécl; ou aroniatiqi;es souvent répétées sur tout le corps, les bains froids dans u eau courante et exposée aux rayons du soleil, mais surtout les bains de me le séjour à la c.impagne , dans un lieu élevé et sec et dans un climat chaii une nourriture composée d'alimens sains et nourrissans, tels que les vianc rôties ou grillées, l'usage d'un vin tonique, celui de Bordeaux, par exempi pris en petite quantité cependant, toujours étendu d'eau, et seulement a| repas , beaucoup d'exercice, maigre la répugnance des malades, soit a picj soit à cheval , soit en voiture , et surtout à la danse , enfin , les. voyages , t sont les moyens qui suffisent orilinairement pour la guérir dans ce cas. U • bon, cependant , pour en assurer le succès , de prescrire en même temps a| nialad(;s ujie bois.son amère , telle qu'une infusion légère de houblon, de pctj centaurée , d'absynthe, de rhubarbe , de (juinquina , ou mieux encore de l'cj ferrée ou les eaux minérales ferrugineuses de 'Vichy, de Scitz, de Spa , ^ Plombières ; le fer , sous toutes les formes , est en effet le plus puissant mcj H
Chlorose. ( 599
(le combattre la chlorose; on peut le mélanger au chocolat, et composer les (léjeiiiiers des malades avec cette préparation.
Lorsque la chlorose est déjà ancienne, quoiqu'cxempte de complication , elle résiste souvent au traitement que je viens d'indiquer. Il faut alors diriger des excitans vers l'utérus, soit pour provoquer l'apparition des règles si la jeune Ifilie n'est pas encore raenstruée , soit pour les rappeler si elles sont supprimées, soit enfin pour en accroître l'écoulement trop peu abondant. On prescrit, en conséquence, les pédiluves irritans, l'emploi des ventouses sèches k l'h^'pogastre, aux lombes et à la partie supérieure des cuisses, les vapeurs d'eau i|chaude ou d'infusions aromaliques , alcoholisées ou non, dirigées vers Tiiférus, let quelquefois avec succès le galvanisme et l'électricité. En même temps , on administre à l'intérieur quelques-uns des emménagogues connus, tels que l'armoise , la rhue, le safran, l'aloès , les pilules de Fuller, etc.; mais on doit apporter beaucoup de circonspection dans l'emploi de ces derniers médicamens , car souvent il arrive qu'ils enflamment l'eslomac ou l'utérus sans produire l'effet désiré. On fera bien , en outre , de ne les prescrire qu'aux approches des époques j menstruelles , parce que c'est fatiguer inutilement les organes digestifs et goni- Itaux et s'exposer à les enflammer, que de donner ces stimulans dune manière continue. Le mode d'administration le plus convenable consiste à les prescrire quelques jours avant l'époque présumée des règles , ou si ce flux sanguin n'est pas encore établi ou s'est supprimé , pendant quatre à cinq jours chaque mois , |k une époque toujours la même, afin de déterminer une fluxion périodique Ivers l'utérus , et à les suspendre aussitôt que les règles paraissent, et, dans le icas contraire, cinq à six jours après en avoir commencé l'emploi. Enfin , il est I encore un choix à faire parmi ces agens ; tous ne sont pas également eflicaces : P'aloès et le fer méritent la prélércnce. Si les forces de la malade le permettent, et en général il ne faut pas trop se laisser arrêter par la crainte de la faiblesse , on fait suivre avec de grands avantages l'emploi des emménagogues de l'application de quelques sangsues à la vidve , immédiatement, quand les règles ne coulent pas, et seulement après la cessation de cet écoulement sanguin dans le cas contraire. Le coït, en excitant l'utérus , provoque souvent le flux menstruel, et devient ainsi un moyen de guérison de la chlorose. Quelques auteurs ont conseillé d'avoir recours à la saignée générale du bras ou du pied , mais les bons praticiens (Sydenham, Hofi'uian , Van-Swiéten , Gardien, Désormeaux) la regardent comme beaucoup plus nuisible qu'utile; je n'y ai jamais eu recours dans cette maladie , mais je l'ai vu employer deux fois sans inconvénient chez, la même personne , mais aussi sans autre avantage qu'un peu de diminution des palpitations, et la disparition momentanée de l'œdématie des extrémités inférieures et de la bouffissure de la face.
ïel est le traitement qu'il convient d'opposer à la chlorose exempte de complication ; mais il devient nécessaire de le modifier lorsqu'une autre affection l'accompagne. Le plus ordinairement, c'est avec une inflammation chronique de lia membrane muqueuse gastro intestinale qu'on l'observe. Il ne faut pas cependant toujours regarder comme des signes de gastrite , les troubles dans les tLjgcstions dont elle est si fréquemment accompagnée. Dans le plus grand nombre des cas, ces dérangemens des fonctions digestives sont sympathiques Je l'état de l'utérus , ou bien, ce qui est plus ordinaire , ils dépendent il'une névrose et non d'une phlegmasie gastrique , et dans l'une et l'autre circonstance, ils n'exigent pas tie traitement particulier , ils s'améliorent et cèdent avec la chlorose sous l'influence des moyens précédemment indiqués. Mais enfin , dans quelques cas, cette phlegmasie gastro-intestinale existe réellement, et l'on conçoit qu'alors il faut coniuiencer le traitement par celui de celte afl'ection , puisqu'elle serait nécessairement exaspérée par la plupart des moyens qui conviennent à la chlorose, {f^oyez Gastp.ite. ) Ces cas sont en général fort embarrassans , parce qu'en raison de l'état de langueur et d'anémie de malades, !on ne peut pas employer les évacuations sanguines avec autant de persévérance que l'exigerait la phlegmasie II faut prendre en quelque sorte un terme moyen, emprunter au traitement de la chlorose tous les moyens hygiéniques qui ne peuvent pas accroître la gastrite , comme les vèteinens de flanelle , les frictions , les bains froids , l'habitation à la campagne , et 1 exercice au grand air ; et d'un autre côté, prendre du traitement de l'inflammation gastrique tout ce qui ne peut pas aggraver la chlorose , comme les cataplasmes sur la région épigastrique, les frictions avec la pommade émétisée , les boissons froides , et le régime maigre , mais non féculent. Je no parle ici que de la gastrite chronique ; car si elle existe à l'état aigu, on ne doit pas hésitera employer les évacuations sanguines, la diète, etc., en les proportionnant à la force de l'inilividu.
Les mêmes réflexions s'appliquent à toutes les phlegmasies qui peuvent compliquer la chlorose. Mais Iors(|u'elle est accompagnée de tubercules pulmonaires , complication peut-être aussi frétjuente que celle de la gastrite , comme icllé est toujours incurable , le médecin doit se borner à épargner à la malade tout ce qui pourrait hàler la marche de l'une ou de l'autre affection ; pour cela nous n'avons point de règles à lui tracer, son exi>érience peut seule lui servir de guide.
Si je n'ai pas parlé de l'emploi des vomitifs dans le traitement de la chlorose | non compliquée, c'est parce que je n'ai jamais vu employer ni n'ai jamais employé moi-même ce moyen, et que je n'en comprends pas la manière d'agir dans ce cas. Plusieurs auteurs cependant disent en avoir retiré d'excellens effets ; c'est là l'essentiel, et je ne vois nul inconvénient à en tenter l'emploi quand les voies digestives ne sont pas enflamuiées.
Peu (le travaux imporlans ont éLe pubfiés sur la chlorose, je me bornerai à indiquer les Jeus écrils suivans :
Fied. Hoffmann. Disserlatio de gcnuiua cblorosis indole. Genevre , 1753. I J~-P. Ciignion. 'Vues sur la puberté de la femme et sur la chlorose, in-4. Paris, 1809. •
) CHLORURE
On peut lire encore avec quelque fruit l'arlicle que M. Gardien a consacré à celle maladie dans son Traité complet d'accouchemens et des maladies des femmes et des enfans , iom. 1. pag. 314, 2» édil. Paris, 1816. (L.-Ch. RocHE. )
CHLORURE. (C/ii'mz'e médicale et Thériipeutiqtie.) On désigne sous ce nom les corps composés de chlore et d'une substance simple autre que l'oxygène et l'hydrogène. On les distingue 1° on chlorures non mi':talliqdes , tels que ceux d'azote, de carbone, d'iode, de phosphore, de soufie, etc. ; 2" en chlorures MÉTALLIQUES, OU inuriates secs, tels que ceux d'antimoine, d'argent, de barium , de mercure , etc. ; 3° en chlorcres d'oxydes , dont nous avons k nous occuper ici, k cause de leur communauté de propriétés avec le chlore, renvoyant les deux autres classes aux différentes bases ou substances avec lesquelles ils se combinent et auxquelles ils empruntent leur action thérapeutique. ( f^oj. pour ces derniers Antimoine , Argent , Étain , Mercure , etc. )
Les CHLORURES d'oxtdes sont en grand nombre, mais les principaux et les plus employés en médecine sont ceux de chaux, de potasse et de soude. Tous partagent les propriétés ilu chlore et ont sur ce dernier des avantages réels dans leur application à l'hygiène et k la thérapeutique , en ce que leur odeur est moins sulTocante, leur administration plus facile, et par cela même leur action plus certaine.
On obtient le chlorure d'oxyde de caLium en faisant arriver le chlore gazeux soit dans un lait de chaux , soit k travers de la chaux hydratée qu'on place sur des tablettes en bois et qu'on met dans une chambre parfaitement close.
Le chlorure d oxyde de potassium s'obtient en faisant passer un courant de chlore au travers d'une faible dissolution de potasse du commerce; si la dissolution est concentrée, on obtient , au lieu de chlorure, un chlorate qui se précipite au fond du vase sous forme de paillettes. Ce sel ne jouit point des propriétés désinfectantes comme le chlorure d'oxyde de potassium, dont l'usage est tl'ailleurs assez restreint par la difficulté de l'obtenir pur.
On prépare chlorure d'oxyde de sodium en faisant une dissolution de souscarbonate de soude cristallisé et pur , marquant douze degrés au pèse-sel de Baumé. Ou met cette dissolution dans un vase convenable , dans lequel on reçoit le chlore qui déjà a été lavé en traversant les flacons qui composent l'appareil de Woulf. On fait saturer la liqueur jusqu'à ce que le mélange décolore vingt parties de sulfate d imiigo préparé au millième.
La découverte des chlorures, comme combinaison chimique, date de fort loin ; dès la publication fies premiers travaux de Berthollet sur le blanchiment, on a cherché à fixer le chlore sur des bases alcalines pour l'appliquer ensuite k cette nouvelle branche d'industrie. Berlliollet pensait que le chlore ainsi combiné avait moins d'efficacité que quand il est dissous dans l'eau. Toutefois , un de ses élèves les plus distingués, Wellher, a démontré plus tard que dans les chlorures d'oxydes , tout le chlore contenu dans ces faibles combinaisons jouissait de propriétés décolorantes.
Les heureuses applications du chlore pour assainir l'air infecté , cjue Guyton- Morveau avait faites avec tant de zèle et de persévérance , auraient dû déterminer les savans k rechercher la même propriété désinfectante dans les chlorures d'oxydes, et à s'assurer si dans ces combinaisons où le chlore se trouve faiblement retenu , quoi([u'il y soit dans d'énormes proportions , on ne trouverait pas le même avantage cjue dans le chlore gazeux, sans avoir k redouter les accidens qui ont fait abandonner l'usage de ce dernier. Guyton-Morvcau , dans la deuxième édition de son Traité des moyens de désinfecter l'air , de préi'enir la contagion et d'en arrêter les progrès (1802) , écrit ces mots, qu'on ne retrouve pas dans la troisième édition publiée en 1805 : v Pour ceux dont l'imagination pourrait encore se laisser effrayer par les dangers de manier un vaisseau contenant cet acide en état de liqueur, la cliiaiie peut leur offrir aujourd'hui. dans la composition du muriate o.\ygéné de chaux (chlorate de chaux), un moyen d'obtenir ce gaz sous forme solide et sèche, d'une odeur plus douce et pourtant aussi expansible, pouvant former autour d'eux et au besoin une atmosphère du plus puissant anti-conlagieux. » M. Masuyer a fait usage de ce moyen qu'il a indiqué dans son Mémoire sur le typhus, publié en 1811 ; et il observe que Tliomjjson avait imprimé dans sou Traité de chimie cette propriété désinf(!ctante du muriate suroxygéné quatre ans auparavant.
Le professeur <le Strasbourg disait qu'en ajoutant un acide , on obtenait un plus grand dégagement de chlore: il est évident que, dans ce dernier cas, c'était le procéilé de Guyton-Morveau qui était mis en usage ; que dans l'autre , ce n'était pas une observation qui fût propre k M. Masuyer , pas plus qu'à Thompson, puisque Guyion-Morveau et Alyon l'avaient signalée, le premier, dans la deuxième édition île son ouvrage, publiée neuf ans avant l'écrit de M. Masuyer; le deuxième , dans le cinquante-troisième volumç des Àiinales de chimie j publié en 1803. Du reste , il faut ilire aussi que ces premières notions étaient k peu près oubliées ou perdues depuis "long-temps, lorsque la Société d'encouragement pour l'iniluslrie nationale , sur la sollicitation du Conseil de salubrité, mit au concours, pour l'année 1820, la question suivante : « Trouver » un procède chimique ou mécanique pour enlever la membrane muqueuse » des intestins traités dans les boyauderies, sans employer la macération , et » en s'opposaiit k la putréfaction , etc., etc. n Cette question devait être résolue avant le mois de mai 1822; elle le fut par M . Labarraque , qui , aussi bien que les savans qui ont été appelés k juger son travail , ignorait sans doute l'observation de Giiyton-Morveau ; ce qu'il y a de bien remarquable c'est que le jury n'avait pu deviner , même après plusieurs mois d'examen, la nature de la substance qui servait k arrêter ainsi la putréfaction et k détruire subitement la fétidité des substances organiques ; ce qui le mit dans le cas d'inviter l'auteur du mémoire couronné k lui faire connaître l'agent qu'il désignait sous le nom de mon réactif'. (Voyez Art du boyaudier, page 64. )
CHLORURE. ( 600
Encouragé parles suffrages de la Société d'encouragement, M. Labarraque poursuivit ses premiers essais avec un zèle et une persévérance dignes d'éloges : non-seulement il a étendu les applications des chlorures à plusieurs parties de l'hygiène, mais il a sollicité avec constance et accueilli avec empressement tous les faits qui pouvaient fournir à la médecine des ap[)lications utiles; et si d'autres avant lui on ont conçu l'idée et même expérimenté quelques effets, personne assurément n'a plus de titi es que lui à la gloire de l'heureuse application des chlorures à I hygiène et à la thérapeutique.
L'action désinfectante des chlorures d'oxyde étant bien constatée sur les matières animales en putréfaction, il était facile de prévoir l'effet que ces agens produiraient dans un cas d'exhumation ordonnée par des magistrats interesses à connaître les causes d'une mort violente, et datant d'une époque plus ou moins éloignée : l'autopsie du corps de B... est venue confirmer ce que M. Labarraque avait annoncé dans son Art du hojaudier. L'adoption de son procédé pour la désinfection et la conservation des cadavres 'a la Morgue, procédé qui consiste à arroser les corps infects avec de l'eau chlorurée, a également justifié son opinion, appuyée déjà d'im grand nombre d'expériences, cl'où l'on a pu déduire que toutes les fois qu'on met en contact une matière putréûée avec une liqueur contenant du chlorure, l'odeur fétide est nécessairement détruite.
Il suffit, pour désinfecter le heu où est déposé le corps en putréfaction, de verser une bouteille de chlorure d'oxyde de sodium dans un baquet contenant dix à douze litres d'eau, ou bien délayer dans la même qu.mtité de liquide demi-livre de chlorure de chaux et décanter la liqueur. Ensuite on étend un drap de toile qu'on trempe dans l'eau chlorurée, de manière 'a retenir sur les bords du vase les bouts du drap. On pose le baquet près du corps, et l'on prend les deux bouts du drap ; un aide fait la même manœuvre en prenant les deux autres bouts et on pose avec promptitude le drap mouillé sur le corps, qui est subitement désinfecté , ainsi que l'air de l'appartement. L'opération ne dure pas une minute, c'est-à-dire qu'on n'a pas besoin de respirer l'air saturé d'émanations putrides.
Bientôt les chlorures sont devenus d'une application générale à tous les arts où l'on opère sur des matières animales, par conséquent, dans tous les lieux contenant des substances qui donnent naissance à des émanations putrides; mais , si l'on n'a pu nier le fait de la désinfection d'une matière putride, par le contact des chlorures, on a pu douter de leur action sur l'air infecté. M. Labarraque a pensé que le chlore abandonnerait peu à peu la base à laquelle il était combiné, et que le dégagement progressif suffisait pour neutraliser les effluves au fur et à mesure de leur formation ; il a cru que l'affinité du chlore pour la base , pouvait être plus faible que celle des gaz fétides pour le chlore ; en cela il a exposé un fait que quelques chimistes ont cherché à expliquer, en disant que l'acide carbonique contenu dans l'air chassait le chlore de sa base. Mais si cette théorie était fondée, il faudrait attacher à la présence de l'acide carbonique dans l'air une importance beaucoup plus grande que celle qu'il possède réellement, puisque l'acide carbonique n'est pas dans la composition de l'air atmosphérique pour plus d'un millième ; et d'une autre part , il faudrait que le dégagement du chlore fut aussi prompt que la désinfection; il faudrait surtout que la désinfection du gaz contenant de l'ammoniaque en excès, n'eût pas lieu, et pourtant l'expérience nous démontre que leur fétidité est détruite avec la plus grande promptitude. Du reste, quelle qu'en soit la cause, le fait existe, et il est certain que toutes les fois que des uialicres animales seront en décomposition , on pourra arrêter la fermentation putride par une aspersion d'eau chlorurée qui agira non-seulement sur la matière infectée, mais encore sur l'air chargé d'émanations fétides. De cette observation , on a déduit l'application des chlorures désinfectans , non-seulement dans les salles de dissection, mais dans l'intérieur des navires, dans les lazarets, les hôpitaux, les casernes , les prisons , les dépôts de mendicité , les salles de spectacle , les ateliers divers, et particulièrement ceux où l'on exploite des matières animales ; enfin l'on y a eu recours dans les contagions miasmatiques, vindentes, les épizooties, et généralement dans tous les cas où il est nécessaire d'assainir les lieux infectés ou contaminés.
Guidé par les vues philaniropiques dont il a donné tant de preuves , le Conseil général des hôpitaux de Paris demanda, en 18^3, à M Labarraque si son procédé désinfectanl pourrait être employé à rampithéâtre de dissection de la Pitié, et si , dans ce cas , la santé des élèves ne serait pas garantie de l influence parfois funeste des émanations putriiles. L'expérience eut lieu en présence de M. Desportts , administrateur, de M. Lisfranc et de M. S<^rres , chefs du service de santé de l'hôpital. Le succès en fut constaté sans que les tables, recouvertes en cuivre étamé , fussent aucunement altérées. Il a suffi d'arroser les cadavres en putréfaction avec de l'eau chlorurée , de faire des aspersions avec le même liquide dans les amphithéâtres.
En 1824 , le minisre de la marine , d'après un rapport de l'inspecteur général du service de santé , et sur la proposition de M. Labarraque , ordonna des expériences sur les vaisseaux du roi et dans les hôpitaux. Les Anglais adoptèrent avec empressement ce procédé désinfeclant qui depuis est généraleuient employé dans la marine. Il consiste à faire, dans les bàiimens, des arrosages journaliers avec de l'eau chlorurée. Dans un navire de commerce naviguant dans les mers de l'Inde en 1823 , et amplement pourvu de comestibles préparés par la méthode Appert , on vit un grand nombre de boites s'altérer. En les ouvrant , l'odeur était insupportable; on la détruisit d'abord avec des arrosages d'eau chlorurée ; et par la suite on put utiliser les alimens et empêcher la fétidité de se répandre dans le navire, eu ajoutant une certaine quantité de chlorure d'oxyde de sodium dans chaque boîte, au moment où on l'ouvrait.
A la même époque, M. I/abarraque fit conii.iiire au ministre de l'intérieur
CHLORURÉ.
ses vues pourTassainissement des lazarets, et l'espoir qu'il avait conçu d'arrêt la propagation de la fièvre jaune , et surtout de la peste , au moyen des chl rures. Il sollicitait des expériences au lazaret de Marseille, lesquelles fure ordonnées sur le rapport de M. Pariset au Conseil supérieur de santé. Ma avant de présenter son travail, M. Pariset voulut s'éclairer des lumières (' MM. Ampère, Chevreul et Thénard, membres de l'Institut. M. Labarraqi' offrit de faire des expériences sur des matières fétides , en observant que , poi agir sur des miasmes, il fallait se trouver dans un milieu infecté , et que ( motif le portait à réclamer l'appui du gouvernement pour les faire tenter dai plusieurs hôpitaux.
Des arrosages d'eau chlorurée furent pratiqués 'a Bicêtre à l'instant où 1 salles répandaient le plus d'odeur, et la désinfection fut effectuée dans p( d'inslans. La dépense ne s'éleva pas h plus d'un franc , quoiqu'on eût dépouil de toute odeur plusieurs baquets contenant des matières fécales. Des lames ( cuivre et de fer poli conservèrent leur éclat après l'opération , résultat précioi pour la marine , qui voyait les fumigations guytoniennes altérer les mctaij polis qui font partie des constructions navales. Un rapport de M. Pariset si| ces expériences fut adopté par le Conseil supérieur de santé, et les vues ( M. Labarraque furent transmises par le ministre à l'intendance sanilaire ( lazaret de Marseille , qui nomma à cet effet une commission composée de ne médecins, chirurgiens et chimistes. Cette commission, dans son rapporte 8 décembre 1825 , conclut à l'adoption pleine et entière du procédé proposé, elle termina son travail par l'exposé des expériences qu'il y aurait à faire daj le Levant.
Le gouvernement, avant d'adopter les vues de l'intendance sanitaire i Marseille, renvoya les pièces au jugement de l'Académie des sciences, qui oublié de faire un rappoi t sur cet important sujet. Toutefois les médecins c Marseille, trompés dans l'espoir qu'ils avaient de ne point voir de maladii contagieuses au lazaret, ont eu à traiter, en mai et août 1826, quinze maladi affectés du typhus nautique. 'Voici comment ils s'expriment dans leur rappoi à ce sujet : «Le capitaine Bosch, Espagnol, commandant le bateau Ze i9aiH Joseph , équipé de dix hommes , parti (le Ficamicino , état de Rome , le 23 juill dernier, est arrivé le 6 août h Marseille. Ce bâtiment avait à son bord hii malades atteints du typhus, dont l'un succomba la première nuit de son cntr(| au port. I » Les malades de ce bateau , introduits au lazaret, ont été renfermes daii l'enclos de Sainl-Roch. Un chirurgien quarantenaire et deux gardes de satij leur ont donné des soins pendant quarante-quatre jours , étant dans un conta immédiat avec eux. Par l'usage des chlorui es, ils ont tous les trois ete exemp de contagion , comme on venait déjà de l'observer à l'égard du vaisseau grec Spartiate. Dans ces deux cas les fumigations guytoniennes n'ont pas ete en, ployées, par conséquent l'on n'a pu attribuer qu'aux chlorures cette prese vation. Les fumigations guytoniennes contiennent sans doute le même pnnci|i désinfectant que les chlorures , mais elles ne peuvent être pratiquées que daij les lieux inhabités , parce quelles fatiguent la poitrine des malades et incon! modent même les personnes (jui se portent bien ; ce qui rend leur usage iuipai fdit ou très-précaire, tandis que les chlorures , qui peuvent les remplacer avt, le plus d'avantage sous tous les rapports hygiéniques , n'ont aucun de cesinco) véiiiens et jouissent d'ailleurs d'une grande propriété désinfectante. »
Le consul général de France à Alep , ayant été pourvu d'une petite cai.sf des chlorures désinfectans de M. Labarraque, a fait parvenir au gouvernemei, son rapport relatif à l'action de ces agens sur la peste de 1827 , qui a fait perii pendant l'espace de quatre mois, vingt-cinq mille individus dans la seule vill, d'Alep. Ce rapport a été envoyé par le ministre à l'Académie royale de Méiie cine qui , l'ayant mis à l'ordre des lectures, n'a pas encore , depuis plus de deu: années, trouvé un moment pour en prendre connaissance. Toutefois , sur Ij demande de M. le consul-général, le ministre de l'intérieur en a fait égalemi-t remettre une copie à M. Labarraque, qui a bien voulu nous la communiquer ce qui nous permet de faire connaître quelques-uns des faits qui y sont relate: Deux de mes janissaires , dit ce consul , qui , à cause des affaires de service étaient constamment en communication avec des pestiférés et dans des lieux o la contagion exerçait le plus de ravages , ont eu chez eux et dans leurs fauiillf beaucoup d'accidens qui ont coûté à l'un son frère et sa fille, et à l'autre so lîls et sa femme. Ils étaient chaque jour munis par moi il'eau chlorurée ; et j veillais moi-même à ce qu'ils en fissent usage. Us ont été absolument garanti L'un d'eux a touché devant moi nn pestiféré. Des janissaires des consuls étraii gers s'en sont servis aussi avec le même succès. Tout le monde se portail cl)£ moi pour avoir de l'eau chlorurée, dont les merveilleux elfets préservalit avaient attiré l'attention générale. J'éprouvais le regret de devoir refuser bear coup de solliciteurs, ayant presque usé ma petite provision. Cependant, ! consul-général d'Autriche m'ayaiit envoyé instamment prier d'en munir deii employés qui , sur un ordre impératif, devaient aller visiter des marchandisi évidemment infectées, je leur en fournis : ils achevèrent leur périlleuse opér; tion , et n'éprouvèrent aucun accident, n
Après avoir rapporté une foule de faits analogues, M. le consul -géiiéii poursuiten ces termes : Et sans prétendre que mon opinion doive fairedéciile que les chlorures du sifur Labarraque soient un préservatif contre la peste. ; puis en ame et conscience déclarer que toutes les expériences indiquées Aai les nos 1, 2, 3 et 4 louchant la vertu préservative des chloiuies du sieti Labarraque , ont été exactement faites, et ont obtenu selon moi un liès-graii^ succès.
» J'ai confié au médecin turc précité des portions de chlorure d'oxyde il sodium pour <:n l'aire un usage curatif, et. outre les instructious verbales qu
CHLORURE
CHLORURE
je lui donnai, je lui remis celles que vous avez bien voulii me transmettre, iraduiles en arabe, elle chargeai de me donner les noms de fous les pestiférés [sur lesquels il aurait failles expériences que jehii indiquai. Effectivement, peu de jours après il vint rae parler avec enthousiasme des effets merveilleux de ce remède , me cita des cures qu'il avait faites de bubons de la plus mauvaise [apparence (cures qui ont été vérifiées), et me demanda encore des chlorures, n ! Outre le résumé des rapports des divers médecins que le consul général relate Ijans son travail, il transmet au ministre de l'intérieur le rapport particulier |du docteur caporal , médecin en chef du paciia , qui contient plusieurs observations remarquables. Le médecin s'est préservé lui-même delà peste, quoiqu'il ie soit trouvé en contact avec des pestiférés. Toutes les personnes qu'il a chlo- •urées dans le palais ont été garanties , tandis que celles qui ne l'étaient pas jnt contracté la maladie.
On voit que l'efficacité des chlorures, comme moyen de neutraliser, de détruire les miasmes pestilentiels, était déjà de toute évidence, lorsqu'une jommission, composée de MRJ. Pariset, Darcet, Bosc, etc., fut envoyée au Levant par le gouvernement français pour constater l'exactitude des rapports qui précèdent, pour recueillir de nouveaux faits, et répéter les expériences dont il a été parlé. Malheureusement , la composition de cette commission n'a pas !recu l'assentiment général: et, sans rappeler ici les raisons qui doivent au moins jjffaiblir tout le résultat que le gouvernement en espérait , on peut dire qu'elle Ajoutera peu de chose aux documens que nous possédons sur l'efficacité des chlorures, même contre la propagation de la peste.
Des arrosages avec de l'eau faiblement chlorurée et plus ou moins souvent renouvelés , suffisent pour assainir les salles des hôpitaux et celles des prisons. jUn fait de désinfection qui nous a été communiqué par tin témoin raérited'ê re (rapporté. Un cachot du fort du Ha , à Bordeaux, était tellement infect que la icommission chargée de visiter les prisonniers ne put y pénétrer. Une aspersion d'eau chlorurée détruisit instantanément les émanations fétides, et le galérien, de corvée pour nettoyer ce cachot, déclara que cet arrosage le rendait à la vie.
La désinfection des ateliers nombreux, des salles de spectacle, et généralc- Énent de tous les lieux où habitent un grand nombre d'individus , s'opère de la Inême manière. Ces désinfections sont surtout indispensables dans les navires , ';t un exemple remarquable en a démontré l'efficacité. Deux vaisseaux de Inême tonnage, occupés à faire un trafic infâme , avaient un nombre à jieu brés égal de nègres. Leur traversée fut à peu près de même durée; et pourtant 'un de ces navires, pourvu de chlorure , qui servait à faire des arrosages fréijuens avec de l'eau de mer chlorurée, ne perdit pas un vingtième de ses esilaves, tandis que le navire où l'on ne prenait aucune précaution sanitaire en jerdit quatre fois davantage.
L'épizootie qui a sévi avec tant de violence en 1825 dans plusieurs de nos iépartemens a cessé d'exercer ses ravages dans les écuries qui ont été chlorurées. Cette observation a déterminé le ministre de la guerre h accepter la proposition de M. Labarraque, de faire une série d'expériences pour désinfecter ■t remettre à neuf les harnais qui ont déjà servi à des chevaux morveux. Il
uffit dans ce cas d'étendre le chlorure d'oxyde île sodium dans douze fois auant d'eau; de lessiver avec ce mélange, et au moj'en d'une brosse de chienlent , toutes les parties du harnachement , de laver h grande eau , et au moyen le la même brosse , les objets déjà chlorurés , de les laisser sécher , et de grais-
erles cuirs avec de l'huile de pieds de bœufs ; de battre et brosser la schabraijue et les coussinets ; on peut ensuite sans aucun danger recouvrir les chevaux ains avec ces harnais.
j; ^e lessivage des écuries infectées se fait avec le même liquide, et elles peulent être occupées impunément par des chevaux bien portans ; ce qui a été îirouvé par le séjour d'animaux sains dans une écurie qui depuis plus d'un demiiècle n'avait servi qu'à contenir des chevaux affectés de morve. Un séjour de ix mois n'a communiqué la morve à aucun des six chevaux qui y ont été plaés après la désinfection. De même aussi, les chevaux qui ont été couverts avec es harnais qui avaient servi à des chevaux abattus pour cause de morve, ont té portés impunément pendant plus de six mois par des chevaux sains dont la anté n'a été nullement altérée. ( Voyez le Recueil de M édecine V étéviiuiive , om. 6 , pages 75 et suivantes. )
Jusqu'alors nous nous sommes surtout attaché à faire sentir les heureuses Applications des chlorures à l'hygiène publique et à l'économie domestique. Il lous reste maintenant à apprécier les avantages que la thérapeutique peut en [spérer d'après les essais qui en ont été faits depuis quelque temps. Déjà , par e qui précède , l'on a pu apercevoir quelques-unes des indications qui ont lirigé les praticiens dans leur emploi. Il suffit pour cela de se rappeler leur iction chimique sur tous les fluides organiques qui ont subi des altérations de a part des gaz hydrogène , hj'drogcne sulfuré , hydrogène carboné, etc. , ainsi [ue par l'effet des divers principes miasmatiques , virulens , venimeux et autres )ouvant modifier les différens produits des sécrétions animales , donner lieu à icrtaines maladies générales ou locales des humeurs. Ainsi tout ce que nous vons dit de l'application du chlore et du chlorure à la désinfection de l'air entre nécessairement dans la prophylactique de cette classe de maladies ducs videmment à des émanations putrides ou marécageuses , qu'il faudrait nomner, pour cela , épidémies infectieuses , pour les distinguer de celles qui sont ndépendantes de l'action de ces mêmes émanations , et contre lesquelles le hlore et ses composés nous paraissent tout-à-fail impuissans. [Voyez Constit.
lÉmCALE. )
On peut par conséquent espérer de l'emploi des chlorures les oièmes succès
DlCT. DE MÉDECINE ET DE ChITUEGIE PHATiQUES.
que ceux que l'on a obtenus de l'usage du chlore gazeux, dans toutes les épidémies de typhus, de dyssenterie, de fièvre jaune et de peste. (Fojez Chlori;.) Il faut en.^dire autant des maladies contagieuses proprement dites. Ainsi on a proposé contre la gale une solution de chlorure de chaux, de soude ou de potasse, à la dose de 3 onces par livre d'eau commune. M. Coster a publié une série d'expériences tendant à prouver l'efficacité des lotions chlorurées pour se préserver de la contagion des virus syphilitique et rabique, ainsi que de l'action délétère du venin de la vipère et autres animaux venimeux; mais ces expériences ont besoin delre répétées pour acfpicrir toute la force de vérités bien démontrées.
Les chlorures ont eu surtout des effets remarquables dans les suppurations abondantes dues à des solutions de continuité avec perte de substance, tels que les ulcères de différente nature, les fistules, les brùhncs, les dartres rongeantes , etc., etc. MM. Bourgeois et Fabré-Pahqnat ont vu un ulcère variqueux ancien et taché de points gangréueux guérir en peu de jours par des lotions avec le chlorurede soude. 3'ai vu, il y a peu de jours, Temploi du cérat chloruré être suivi d'une prompte guérison dans un cas à peu près analogue.
On a égalementobservé les plus heureux effets de l'emploi des chlorures dans toutes les maladies où il y a augmentation et altération des produits de sécrétion , telles que les ophthalmies purulentes, les otorrhées, l'ozène, la carie des dents , les bronchoriées , les leucorrhées , etc. J'ai souvent employé dans ce dernier cas, etavec un succès remarquable , les injections d'eau deratanhia aiguisée avec le chlorure de soude à la dose d'un gros par^livre de liquide. J'ai maintenant sous les yeux une malheureuse femme atteinte d'une affection cancéreuse de l'utérus, qui , apiès avoir envahi successivement le col et une parlie du corps de cet organe , le vagin , le rectum et la vessie , qui se trouve perforée, semble demeurer stationnaire sous l'influence des injections et boissons chlorurées dont elle fait usage depuis plusieurs mois.
J'ai déjà dit ce qu'il faut penser de l'emploi du chlore et des chlorures dans le traitement delà phthisie pulmonaire, en indiquant les cas dans lesquels cette médication pourrait êti e suivie de quelques succès ( voyez Chlore ). Peu satisfait des expériences dont j'ai été témoin à l'Hotei-Dieu et à la Charité sur l'emploi du chlore, je n'ai eu recours qu'avec une sorte d'hésitation à l'usage des chlorures , même dans les affections de poitrine : mais je dois avouer que chez deux malades , affectés presque en même temps de suppuration du poumon , de véritable vomique, à la suite de pneumonie aiguë, j'ai obtenu ile ce moyen les plus heureux effets. Ces deux malades, à peu près sexagénaires étaient d'ailleurs dans les conditions physiologiques que j'ai indiquées comme les seules qui pussent autoriser l'emploi du chlore. Ils étaient sans fièvre, sans dévoiement, presque sans toux ; dans les deux cas, je rae contentai, comme M. Bourgeois l'a proposé, comme d'autres praticiens le pratiquent, de placer, dans la chambre des malades , des vases contenant une certaine quantité de chlorure de chaux , que l'on renouvelait tous les deux ou trois jours. C'est aussi de cette manière que, sur le témoignage de "Wetzler , et d'après quelques essais heureux , tentés par notre collaborateur le docte ur Roche , je fis usage du chlorure de chaux dans un cas de coqueluche qui avait résisté à tous les moyens ordinaires. En trois ou quatre jours les quintes de toux, qui se répétaient de trente à quarante fois par nuit , furent réduites à quatre ou cinq , et bientôt la coqueluche disparut entièrement.
Les chlorures ont presque toujours été employés à l'extérieur, soit comme désinfecfans , soit comme toniques et astringens. Cependant , chez les deux malades dont nous avons parlé précédemment , nous avons prescrit le chlorure de soude à l'intérieur jusqu'à la tlose de vingt à trente gouttes dans une potion de cinq à six onces. Nous savons aussi que des vétérinaires ont adopté depuis quelques temps ce mode d'administration, et en retirent chaque jour des avantages.
La dose à laquelle on emploie les chlorures diffère d'ailleurs, suivant l'espèce de chlorures que l'on met en usage, le mode d'administration que l'on adopte et la nature de l'affection que l'on a à combattre. On sait que le chlorure de potasse est presque uniquement employé dans les arts. Toutefois, d'après le conseil de M. Payen, on pourrait, en cas de besoin , le substituer aux chlorures de soude ou de chaux, étendu dans environ cinq fois son volume d'eau. Le chlorure de chaux s'emploie soit en poudre, qu'on place dans des vases au milieu de l'appartement que l'on veux désinfecter , soit bien dissous dans une suffisante quantité d'eau , depuis dix jusqu'à cent fois, et plus, son poids d'eau.
Le chlorure de soude a été plus généralement préconisé par M. Labarraque, et mérite en effet quelque préférence , sur les deux autres , en ce qu'il est moins altérable dans ses élémens, et qu'il ne coagule pas comme le chlorui e de chaux les matières animales; on peut en faire entrer depuis un demi-gros jusqu'à un gros dans une potion de six onces, h prendre par cuillerées toutes les deux heures. Pour les injections , lotions et applications externes , la dose ordinaire est du dixième au vingtième de chlorure étendu dans une quantité donnéed'cau. Dans certains cas, notamment d.uis ie charbon et autres affections gangréneuses, on peut employer le chlorure d'oxide de sodium sans mélange.
Les chlorures métalliques ou muriates secs qui ont reçu des applications thérapeutiques , sont les suivans :
Chlorure d'argent , voyez Argekt.
d'antimoine , voyez Antimoikf.
de barium , vnyez Baruim.
de mercure , voyez Merccre.
de fer , voyez Fer.