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CHOCOLAT

CHOLÉRA

CHLOnuRE d'étaiu , voyez étain.

d'or, voyez Ot,.

de calcium , voyez Calcium.

tle potassium , Z'o)- e3 Potassium.

de sodium , voyez Sodium.

A.-G. Lahairaque. De l'emploi des chlorures d'oxîde de sodium el de rhiiux , ia-3. Pans, 182.5.

J.-G. Robin. Uecherciios sur l'emploi du chlorure de chaux et du chlorure de soude , iu 4. Paris, 1827. ,

A. Chei'alier. L'art de préparer les chlorures de ch;iux , de soude et dépotasse, etc., l.i-8. Paris, 1829. ' (P. JOLLY. )

CHOCOLAT [pharm.). Le chocolat est un médicament alimentaire principalement composé de cacao broyé et de sucre. Quelques personnes le prennent dans cet état de simplicité; mais le plus nrtlinairement on y ajoute un aromate , tel que la canelle ou la vanille. Souvent aussi on y fait entrer du lichen , du salep , du tapioka , ou d'autres substances réputées analeptiques.

Le cacao est la semence d'un arbre peu élevé de l'Amérique centrale , nommé theohroma cacao, rangé dans la famille des malvacées , et plus récemment dans celle des byttnériacées. Le fruit entier a quelque ressemblance avec un concombre ; il est rempli h l'intérieur d'une pulpe mucilagineuso et aigrelette , au milieu de laquelle sont disséminées des semences d'une forme analogue à celle des amandes , mais brunes à l'intérieur, et forme'es de lobes irréguliers. On retire ces semences après avoir brisé le fruit et en avoir ramolli la pulpe , par un commencement de fermentation. Alors on les fait sécher immédiatement, ou bien, comme on le pratique pour le cacao caraque et pour quelques autres sortes estimées , on les recouvre tie terre pendant quelques jours pour achever de leur faire perdre leur àcreté. Le cacao qui a été ainsi préparé se nomme cacao terré.

On emploie généralement deux sortes de cacao à la préparation du chocolat : le caraque et celui des Antilles ou des îles. Les doses sont ordinairement de trois livres du premier et de six livres du second, tous deux préalablement torréfiés et mondés de leurs coques et de leurs germes. On les pile dans' un mortier de fer échauffé, afin de les réduire en pâte ; on y ajoute neuf livres de sucre pulvérisé, et l'on broie le tout sur une pierre dure, chauffée en dessous avec un réchaud de charbon et à l'aide d'un rouleau de fer. Lorsque la pâte est devenue fine au point de ne plus manifester de particules grossières sous la langue, on y ajoute les aromates ou le salep, le lichen, etc. , préalablement préparés, pulvérisés et mélangés avec une livre de sucre; enfin on divise la masse dans des moules de fer-blanc , où elle se refroidit et se solidifie.

Lorsque le chocolat est composé de substances pures et de bonne qualité , il est encore d'un prix assez élevé; aussi la plupart des fabricans chocolatiers, pour satisfaire au bon marché des acheteurs, y introduisent-ils des substances étrangères , telles que de l'amidon ou de la fécule de pomme de terre , des lentilles ou des pois pulvérisés, de la pâte de cacao privée d'huile par expression, etc. Le bon chocolat, bouilli dans l'eau, laisse surnager des yeux ou des gouttelettes de beurre de cacao fondu; il ne doitformer aufonddela tasseaucun sédiment rude ni terreux; ne doit pas se prendre en gelée par le refroidissement, à moins qu'il n'ait été prescrit au salep ou au tapioka; enfin il ne doit offrir aucun goût d'acreté ni de rancidité.

Le chocolat partage , avec le thé , le café et le tabac , la gloire d'avoir envahi les deux mondes , et d'être devenu un objet de nécessité pour des peuples entiers. Un Espagnol privé de chocolat ne peut être comparé qu'à un Français qui manque de pain. Des hommes éminens en science et en dignités , des princes de l'Eglise, n'ont pas dédaigné d'en décrire la préparation, et d'en vanter les excellentes qualités. Au moins paraît -il certain que ce mixte , formé d'une Luile très -douce, d'un principe astringent et légèrement tonique , et d'une substance fortement animalisée , le tout joint au sucre et à quelque aromate, compose une nourriture également propre à rétablir les fondions du canal digestif, suspendues par une longue irritation maladive suivie d'une grande débilité , ou énervées par l'existence nonchalante des peuples soumis au despotisme , ou troublées par la vie trop active de nos cités. (Gcibourt.)

CHOLERA, s. m., choiera, choiera moi-bus, passio cholerica j diarihœa cholerica ; cholérée , chulerragie ; Ac y^oW/j , bile, et je coule ; évacuation bilieuse , flux bilieux ; maladie aiguë , rapide dans sa marche , très-douloureuse et très -grave, dont les symptômes les plus apparens consistent en des vomissemens nombreux et des selles répétées de matière bilieuse. En raison de la mort rapide qu'elle entraine fréquemment à la suite, elle est encore désignée sous le nom vulgaire de trousse-g'dant.

Hippocrate admettait deux espèces de choléra , l'un humide et- l'autre sec, Xo't'tfM ^-of'K, yy^'p'J- v/pn , le premier accompagné de déjections , et le second sans évacuation, mais avec formation de gaz ; il ne se prononce sur la nature ni de l'un ni de l'autre, et se borne à les définir en ces termes : Humida choiera dicitur in qun inagn.i conleiitione viriuin jactura , sursum deorsum excretio fit putrium iiicoclovnm<iue... ah arida choiera venter injlatur , strcpitus Jiunt dolor lateruin et luinboruin , rnhilque aluus dcjicit sed asLringitur. ( Dewiclu aculorum, sect. 4 ). Galion , adoptant la distinction établie parle vieillard de Cos, attribuait le choléra humide à la présence d'humeurs acres engendrées par la corruption des alimens, et le choléra sec à un àcre gazeux. A quelques légères modifications près , la doctrine de ces deux célèbres médecins devint celle de la plupart des auteurs qui traitèrent après eux de cette maladie; on la retrouve dans les écrits de Fernel, Gaillou , Sydenham , F. Hoffmann , Blanchi , Sauvages et Vogcl. Cullen nous parait être le premier qui ait émis sur la nature du choléra une opinion indépendante el distincte de celle des anciens ; il le

considéra comme un spasme de l'estomac et des intestins. A la fin du siècle nier, Pinel classa cette maladie parmi les fièvres, et en fit une espèce du geie fièi're méningo gastrique. Mais il faut venir jusqu'à ces derniers temps p(|r voir enfin le choléra-raorbus rapporté à sa véritable cause. M. Geoffroy rec|i. nut son caractère inflammatoire , et publia , en 1813 , dans le tome 5 du Ltionnaire des sciences médicales , son opinion à cet égard ; M. Brousss développa plus tard cette idée dans ses cours et dans ses écrits; enfin M. Gvier démontra , en 1827 , que cette maladie consiste en une inflammation d(j meud)rane muqueuse gaslro- intestinale, qui d'abord se présente sous la for 3 nerveuse, et peut, à raison des sympaties qu'elle excite , devenir mortell i ce degré , en épuisant les forces par les convulsions et la douleur , mais q , pour peu qu'elle se prolonge, ne manque jamais de revêtir le caractère • flammatoire. [Annales de la médecine physiologique , mars 1827.)

Causes. Le choléra - morbus est endémique dans l'Inde. D'après Topinii générale des médecins qui l'ont observé dans cette contrée , il y prend naissai» sous l'influence des fortes chaleurs jointes à luie grande humidité, et surtijl quand elles succèdent tout à coup à une température froide et humide, aili que cela avait eu lieu lorsque l'épidémie meurtrière de 1817 à 1825 éclal, C'est presque toujours dans les mêmes circonstances qu'on le voit se dévehj. per en Europe; aussi est-il beaucoup plus fréquent dans les contrées mérid. nales de cette partie du globe, en Espagne, en Italie, el dans le midi de 1 France, par exemple , que dans le nord. On sait que l'un des effets principe de la chaleur atmosphérique est d'exalter la sensibilité de la membrane n|. queuse de l'estomac ; le désir des boissons froides , aqueuses , acides , et le gdt des alimens végétaux qu'elle excite, l'aversion qu'elle fait naître contre touii les substances stimulantes , alcoholiques , et contre les alimens tirés du rèj,; animal , témoignent assez que tel^e est sa manière d'agir. Il est donc facile ! concevoir comment elle peut produire le choléra par son intensité et, sa coi • nuité; l'accroissement de l'irritabilité .gastrique, qui en est l'effet ordinaii, n'est-il point un premier pas vers l'inflammation de cette partie, un des élémti nécessaires et préalables de tout travail inflammatoire?

Cependant la chaleur humide suffit rarement seule pour produire le cholé Dans les contrées même où il est endémique , d'autres causes concourent or • nairement avec elle pour en préparer le développement ou provoquer son < ■ plosion. D'une part, la constitution molle et lymphatique des habitans *! l'Inde les livre sans puissance de réaction à l'influence des causes de maladi; une pareille constitution devrait toujours être une anomalie dans les p;i chauds; il en est ainsi du moins dans tous les lieux où les lois hygiéniques se ap[)ropriées aux climats ; dans l'Inde au contraire ce tempérament est en qu • que sorte national. D'une autre part , la njauvaise alimentation des Indiens ji général, composée de riz, de millet, de lait caillé , de légumes, defeuili tendres , et d'eau tiède pour boisson à leurs misérables repas, en relâchant» membrane muqueuse gastro-intestinale, de la même manière que des émollit; appliqués pendant long-temps sut la peau relâchent ce tissu , le rendentnécess ■ rement plus impressionnable à l'action des causes d'irritation^ et moins propi! réagir contre elles. Et telle est surtout l'influence du régime sur la production la maladie, que les Européens , mieux logés et mieux nourris que les indigèni|jj conservent généralement leur santé au sein de l'épidémie la plus meurtrièifl que, parmi eux, ceux qui veulent vivre à l'indienne sont plus fréquemment J| teints du choléra ; enfin, que parmi les Indiens ce sont les plus faibles et les plu misérables , les parias par exemple, qui périssent en plus grand nombre. Oïl remarqué en outre que la maladie sévissait avec plus de fureur sur les bords dl fleuves, après les grandes inondations, et dans les lieux marécageux; mm comme elle se développe très-fréquemment aussi dans des conditions opn seés , on ne peut rien conclure de ce fait , qui mérite cependant d'être miel observé qu'on ne l'a fait jusqu'ici ; on ne peut rien en conclure, dis-je, sil n'est que la présence des miasmes ajoute à la gravité du mal. La réunion d'il grand nombre d'hommes atteints du choléra-morbus peut former un foyer d'ib fection qui propage cette maladie. I Dans nos climats, les causes que je viens d'énumérer se trouvent raremel réunies au mêmie degré, et par suite elles agissent avec beaucoup moins d'il tensité que dans l'Inde; aussi n'y voit-on jamais le choléra régner épidémiqul ment. C'est d'une manière sporadique qu'il s'y montre d'autant plus fréquel que la saison et la contrée sont plus chaudes, et surtout qu'il existe une pli grande différence entre la température des jours et celle des nuits. Le plus ord| naireiTtent même il faut encore que d'autres causes viennent porter directemeil leur action sur l'estomac pour que le choléra-morbus se déclare. L'observalic démontre en effet qu'il se manifeste principalement après l'ingestion de viandi ou de poissons salés, fumés ou faisandés, de la chair ilu porc, des moules oud( huîtres malsaines; des œufs de certains poissons , tels que ceux du barbeau, d brochet ; de plusieurs végétau.x, comme les ognons crus, les champignons, les pt ches, les prunes, les fraises, le melon, le concombre; enfin, de quelques substanci médicamenteuses administrées à contre-temps ou à trop fortes doses, telles qu le tartrate d'antimoine etde potasse, les purgatifs salins et les drastiques. Que ques auteurs font encore entrer les poisons minérau.x parmi les causes d choléra-morbus; on le peut sans doute; mais n'est-ce pas abuser un peu A l'analogie? On l'a vu aussi se déclarer immédiatement après-une boisson trc; froide , comme de l'eau glacée ou de la bière très-fraîche , ou bien après un glace , prises à la suite d'un repas copieux, dont la digestion n'était que com mencée. Enfin, il survient quelquefois à la suite d'un accès de colère ou d'uu grande frayeur; les enfans à la mamelle en sont quelquefois atteints à l'occasio d'une forte impression morale éprouvée par leurs nourrices. On conçoit que sons l'influence des plus énergiques de toutes ces causes, le choléra-morbu

CHOLÉRA

CHOLÉRA

''Wlisse se développer dans toutes les saisons, et sous toutes les latitudes; c'est 1 effet ce quia lieu.

'h Le choléra-raorbus attaque les individus de tout âge , et les deux sexes à peu ■ * 'rès également. Cependant il est un peu plus fréquent chez les adultes que chez s enfans et les vieillards ; il paraît aussi que les femmes y sont un peu moins sposées que les hommes.

Symptômes, marche^ durée, pronostic. L'invasion du choléra-morbus de Inde est presque toujours subite , et a lieu le plus constamment pendant la uit; celui d'Europe débute aussi très-fréquemment de la même manière ; il est jpendant le plus souvent annoncé par des symptômes précurseurs. Ces symp- (mes consistent en céphalalgie, éructations, nausées, hoquets, soif vive, ouleur et chaleur épigras tiques , coii([ues , borborygmes , accélération du îouls, et quelques crampes dans les jambes ; ils acquièrent orilinairement en uelques heures leur plus haut ilegré d'intensité.

Mais, soit que le choiéra-morbus ait débuté ou non d'une manière brusque, se manifeste toujours par les phénomènes morbides suivans : d'abord ce sont es vomissemens limpides d'un liquide ressemblant à de l'eau légèrement lousseuse, mêlé quelquefois de vers ou d alimens h demi digérés , si les acciens surviennent peu de temps après le repas ; des garderobes de même nature ,e tardent pas à se déclarer ; elles sont accompagnées de tranchées et de coliues, dont la violence s'accroît rapidement; en même temps le poids est petit, erré, le malade s'agite en tous sens, l'anxiété est considérable. La matière des omissemeus et des selles change bientôt de nature; elle devient verdùfre, rugineuse , porracée, puis noirâtre ou sembbible à de la lie de vin ; les évaluations se succèdent avec une rapidité effrayante ; les douleurs de l'estomac et les intestins , déplus en plus vives, deviennent atroces ; la face s'altère; les taux sont hagards , ternes , enfoncés ; l'agitation est extrême ; une soif ardente léfore le malade , la langue se dessèche , elle est rouge , contractée et allongée p pointe. Bientôt les extrémités se refroidissent; la figure, le col et la poitrine ^ couvrent d'iuie sueur fioide; les urines sont supprimées; les vomissemens , es selles, les douleurs abdominales ne laissent plus de relâche; le malade ne tti Utttplus se coucher sur les côtés; le pouls est insensible, les yeux sont fixes, a voix s'affaiblit, la respiration devient courte et suspirieuse; la carjiliologie * les crampes très-douloureuses et des mouveraens spasraodiques se déclarent. l'B ijnfin le malade ne peut bientôt plus avaler la plus petite quantité du liquide 4 B plus doux, ou, s'il y parvient, il le rejette iuimédiatement ; l'atrocité des 'if (ouleurs abdominales fait naître d'horribles convulsions ; tout le corps, forte- '<i' aent fléchi en avant, se ramasse en boule ; puis la voix s'éteint, lesyeux se cafent, les traits se décomposent; le hoquet, le délire et le coma surviennent ; wi e pouls devient intermittent, filiforme, et la mort met enfin un terme à ces Ifiî truelles souffrances.

luii ; Telles sont la marche et la gradation que suivent en général les symptômes ufc lu choléra-morbus, abandonné à lui même ou traité par la nif-thode incen- (S liaire des médecins anglais. Mais le développement des phénomènes morbides ! iist souvent si rapide dans les contrées où cette maladie est endi'uiique , qu'au lout de quel([ues minutes d'invasion les accidens convulsifs sont déjà déclarés- I. lUissi n'est-il pas rare de voir, dans l'Inde, le choléra-morbus tuer les hommes tel iés plus robustes en une heure ou deux ; on ne l'y voit presque jamais se pro- (i- bnger au delà de vingt-quatre heures ( Gravier). En Europe il marche beau- 6; foup moins rapidement en général ; rarement la mort arrive avant le second 3ur ; assez souvent au contraire la maladie se prolonge jusqu'à quatre, cinq, ix, et quelquefois même sept jours. Quand de prorapts secours ne sont pas ad- :: ioinistrés , le choléra-morbus est extrêmement meurtrier ; on a évalué approxitaativement la mortalité de l'Inde, dans l'épidémie de 1817 à 1825 ,à quatre r-. millions d'individus ; et celle de Pondichéry et des pays voisins à six cent pille (Gravier). Beaucoup moins grave dans nos climats, il ne laisse pas d'être Incore fort dangereux. Sa gravité diffère d'ailleurs suivant la nature des causes ; tjui l'ont fait naître. Lorsqu'il est produit par l'ingestion des alimens ou des )oissons que nous avons indiqués au nombre de ses causes , il se termine presjuc toujours assez promptement et d'une manière heureuse. La mort en est au jiontraire fréquemment la suite, lorsqu'il s'est développé sous la seule influence

ie la température. Enfin, le sexe et l'âge paraissent influer aussi sur sa graité ; les femmes y résistent mieux que les hommes, les adultes mieux que les nfans et les vieillards. Dans presque tous les cas les rechutes sont mortelles. Iroute diminution des symptômes est d'un favorable augure; des sueurs abon- Ipantes , et surtout le retour des urines, annoncent ordinairement une terminaison heureuse.

Caractères iinutoiniques. Les recherches cadavériques nombreuses faites par il. Gravier sur le théâtre même des ravages du choléra-morbus, confirmées ar celles de M. Chauffard d'Avignon, ne permettent plus de doute sur la naure de cette maladie. Ces deux observateurs signalent comme lésions constanes ila rougeur de l'œsophage ; le gonflement, le rétrécissement, la teinte violacée, |et quelquefois l'ulcération de l'orifice cardiaque, qui laisse transsuder le sang la pression ; l'injection profonde , par marbrures, l'épaississement , la coloation brunâtre de toute la membrane muqueuse de l'estomac; dans quelques Icas rares , l'ulcération de cette membrane , d'autres fois la perforation de l'orjgane; des altérations semblables dans le duodénum, une injection capilliforme plus ou moins étendue de la membrane muqueuse de l'intestin grêle ; enfin la distension de la vésicule du fiel par de la bile jaune. M. Gravier a de plus rencontré, très-souvent, la vessie phlogosée, et semblable h un morceau de parchemin froissé ; M. Chauffard a trouvé une fois la rate doublée de volume, tandis que M. Gravier l'a constamment vue dans son état normal ; tous deux s'accordent à dire que le foie et le pancréas sont exempts d'altération , de même

que les organes pectoraux et encéphaliques. En général, les traces d'inflammation gastro-intestinale sont d'autant moins apparentes que la mort a suivi de plus près l'invasion de la maladie , elles sont à peine marquées et quelquefois nulles dans les cadavres des individus morts subitement, et qui ont succombé à la violence de la douleur et à l'intensité des convulsions.

Traitement. Hippocrate conseillait contre cette maladie des boissons abondantes pour délayer les matières putrides et crues , causes , selon lui , de tout le désordre , et des purgatifs pour les expulser. Galien, pour dissoudre et pour évacuer les humeurs acres, donnait le même précepte. Etayée de ces deux autorités imposantes, cette pratique devint presque générale et traversa plusieurs siècles sans recevoir la plus légère modification. Baillou , un des premiers, remarqua que les lavemens irritans étaient nuisibles dans cette affection , et que l'on retirai? de grands avantages de l'emploi des lavemens adoucissans et des fomentations tle même nature. Mais ce fut Sydenham surtout, qui, tout en conservant la théorie galénique, signala le danger des purgatifs dans le choléra-morbus et contribua le plus puissamment à les proscrire de cette maladie ; administi er ces agens en pareil cas , c'était disait-il , jeter de l'huile sur le feu. Sydenham fit plus, il établit d'assez bons préceptes pour le traitement du choléra-morbus. 11 conseillait de faire prendre aux malades, dans l'espace de trois à quatre heures , dix à douze pintes d'une eau légère de poulet (un jeune poulet bouilli dans toute cette quantité d'eau) , soit en boisson , soit en lavemens , en y ajoutant , si on le voulait , du sirop de laitue , de violette , de pourpier, ou de nénufar. Après ce lavage, il prescrivait du laudanum liquide dans un véhicule Dans les cas seulement où le médecin était appelé trop tard , et lorsque le malade épuisé avait déjà les extrémités froides , il voulait qu'on eut recours immédiatement au laudanum. Par cette méthode, fruit de son expérience , il guérissait beaucoup plus sûrement et plus promptement le choléra-morbus que par les purgatifs et les astringens généralement usités de son temps ; elle méritait d'être adoptée, et le fut en effet bientôt par tous les bons praticiens.

Jlais tout en restant fidèles à l'esprit d'observation qui avait dicté ces sages préceptes, plusieurs médecins par la suite crurent devoir y apporter quelques modifications. Alphonse Le Roi conseilla de n'accorder aucune boisson aux malades, attendu que l'estomac ne pouvait pas les garder, et de se contenter de leur humecter la bouche avec quelques gorgées d'eau froide qui devaient Être aussitôt rejetées ; poiu- tout traitement, il prescrivait d'heure en heure un tjuart de grain d'extrait d'opium piivé de narcotine. Pinel et M. Eccamier préconisèrent les boissons froides acidulées , une eau légère de groseilles, par exemple, à petites doses fréquemment répétées. D'autres praticiens y ajoutèrent le conseil des fomentations émollientes et narcotiques , des bains tièdes prolongés (GnoFFEOY, Feerus , etc.), et un vésicatoire sur la région épigastrique dans les cas désespérés (Geuffroy , Fouquier, ORFiLA.)|Mais la modification 1.1 plus iaiportante ([u'ait reçu le traitement du choléra-morbus, depuis Sydenham , est Celle que M. Broussais, fondé sui- la nature du mal, a récemment introduite, et qui consiste dans l'application des sangsues sur la région épigastrique.

La plupart de ces modifications apportées successivement au traitement de cette maladie étaient avantageuses; mais tandis que les bons esprits marchaient ainsi sans dévier dans la route que Sydenham avait ouverte, plusieurs médecins, égarés par de fausses théories, ne craignirent pas de conseiller contre le choléra , l'usage du camphre , du musc , du Colombo , de l'émétique, de l'eau de-vie. du piment et d'une foule d'autres médicamens incendiaires. C'est en Angleterre surtout , c'est parmi les compatriotes de Sydenham , que l'emploi des médications antispasmodiques et toniques dans la maladie qui nous occupe trouva des partisans. On peut même dire que c'est là qu'elles prirent naissance , dans les théories de Cullen et de Brown. Il serait difiicile de calculer les maux sans nombre qu'elles ont produits. Si la dernière épidémie de l'Inde a fait quatre millions de victimes ,on peut affirmer hardiment qu'elles ont beaucoup contribué à cet affreux désastre. Nos lecteurs en pourront d'ailleurs juger par quelques détails curieux de cette épidémie que je crois utile de mettre sous leurs yeux.

Peu de temps après l'apparition du fléau qui devait semer la terreur et la mort dans l'Inde, une instruction fut publiée dans la gazette de Madras par les médecins de cette ville. Au lieu d'y retracer les sages préceptes de Sydenham, on y conseille 1° les frictions sur l'épigastre avec l'esprit de térébenthine, des vésicatoires liquides et des esprits camphrés , pour ranimer Us pouvoirs vitaux languissans ; 2° le laudanum, l'eau de menthe , et l'inévitable calomélas, pour rélahlir la circulation , l'action de l'estomac et des intestins ^ et pouj' rompre les spasmes ; 3° un bain chaud avec un dixième d'arack , et uii large vésicatoire sur le thorax, si les symptômes s'exaspèrent ; des liqueurs fortes, du laudanum , de l'élher, encore du calomélas, et du chili en poudre, si le pouls devient insensible ; et enfin une mixture faite avec une demi-once de piment, d'opium, de camphre et de cardauiome dans trois onces d'eaude-vie, pour étancher la soif des malades. Un des symptômes les plus

marquans de la maladie, disent les auteurs de cette terrible instruction, est une soif ardente et un grand désir d'eau froide; mais nous avons décidé qu'il ne faut pas satisfaire ce désir : c'est un moyen de destruction qui serait suivi d une mort proinj>te.

Dès l'instant que le public fut muni de cette recette , dit M. Gravier , les selles , les vomissemens , suites d'indigestion, furent accueillis par trois cuillerées de la mixture, étendues dans cinq d'eau - de-vie. Chaque chef de maison ajoutait de nouveaux ingrédiens, ou variait les doses; il distribuait son remède avec une effroyable sécurité. D'un autre côté, les médecins subordonnés, maîtrisés par l'idée du choléra spasmodique et par le désir de relever les forces,

CHOLÉRA

CHORiE.

surpassèrent les chefs. Si nne demi-bouteille d'eau-de-vie exaspérait la maladie, augmentait le froid des pieds, annulait le pouls, le patient était tenu d'en avaler une entière. Cette pratique incendiaire a porté ses fruits : des familles ont élé moissonnées , des cites populeuses ont perdu la moitié de leurs habitans , l'Inde entière a été couverte de deuil.

Opposons à ce triste tableau quelques faits consolans empruntés à la même épidémie.

M. Gravier voulut en vain donner des conseils, on ne Técouta pas; il fit alors comme ce philosophe de l'antiquité, pour prouver le mouvement, il marcha. D'abord, il fit administrer à ses malades de l'eau tiède acidulée pendant toute la journée , et, le lendemain , il la remplaçait par de l'eau de riz édulcorée. Quelques succès couronnèrent cette pratique; mais ces moyens, suffisans dans les cas simples et récens , cessaient de l'être dans les cas graves; il eut recours à la saignée , et des guérisons plus nombreuses vinrent lui prouver qu'il était dans la bonne voie. Dans ces entrefaites, un médecin indien , nommé Rassendren , homme d'un grand sens , reuiarquait que les individus atteints du choléras-morbus à deux ou trois heures du matin vivaient jusqu'au soir en buvant de l'eau. Il fit part de son observation à M. Gravier, qui résolut de mettre ce temps à profit pour employer les sangsues, que jusqu'alors il avait regardées comme trop peu expéditives , et auxquelles la crainte de perdre un temps piécieux l'avait empêché d'avoir recours. Le succès surpassa son attente. Des applications de trente à cinquante sangsues sur l'épigastre, et de l'eau froide pure pour boisson , lui procui èrent des guérisons nombreuses et souvent inespérées. Souvent les symptômes alarmans disparaissaient aussitôt que les sangsues étaient gorgées. Le retour de la chaleur aux extrémités, le rétablissement du pouls, l'apparition des urines et un sommeil paisible , pendant lequel la peau devenait toujours moite, annonçaient la fin de la maladie. La joie des malades, à leur réveil, était inexprimable ; ils n'éprouvaient plus ni anxiété ni souffrance. Le rétablissement de leurs forces surtout mettait le comble à leur contentement, et frappait d'étonnement les médecins imbus de la théorie consignée dans l'instruction de Madras {Annales de la Médecine physiologique , mars 1827 , pages 267 à 297).

De tous ces faits , nous pouvons hardiment conclure que le traitement antiphlogistique est le seul qui convienne dans le choléra-morbus. Mais en raison des causes diverses sous l'influence desquelles la maladie peut se ilévelopper, en raison surtout de la différence do gravité qu'elle présente en Europe et dans l'Inde, ce traitement est soumis à quelques règles et réclame cjuelques modifications qu'il nous reste à faire connaître.

Dans le choléra léger, peu intense, dans celui qui succède à l'ingestion des substances alimentaires et autres que nous avons signalées parmi ses causes , il suflit en général , pour dissiper les accidens, d'administrer des boissons abondantes , mncilagtneuses ou simplement aqueuses , et de faire prendre plusieurs lavemens adoucissans. ( Ployez Indigestion.) Si les accidens persistent cependant, mais sans augmenter d'intensité, il faut avoir recours au laudanum ou à l'extrait gommeux d'opium par doses fractionnées. Il est rare que ce médicament n'arrête pas promptement les vomissemens et les selles en même temps qu'il calme les douleurs abdominales ; nous l'avons employé, après mille autres, avec le plus grand succès ( Sydenham , Quarin , Alphonse Le Roi , Geoffroy , Deville , Chatjfi ard , etc. )

Ces moyens simples , secondés par des bains tièdes prolongés et par des fomentations èmollientes et narcotiques sur la région abdominale, suffisent assez souvent encore contre le choléra sporadique d'Europe, et quelquefois même contre celui de l'Inde. Mais dans le plus grand nombre des cas, ce serait une grave imprudence que de se borner à leur emploi ; un traitement plus énergique est alors indispensable. Sans se laisser arrêter par la petitesse du pouls elle froid des extrémités , pourvu toutefois que le malade ne soit pas expirant, il faut faire appliquer immédiatement de quinze à trente ou quarante sangsues h l'épigastre , suivant la gravité du mal et la force du sujet , et ne pas craindre de réitérer cette application quelques heures après la première , autant de fois que le besoin s'en fait sentir. En même temps , on fera prendre de l'eau pure , froide , et même glacée , à petites doses fréquemment répétées. L'eau pure doit être préférée dans ces cas à toute autre boisson; M. Gravier a remarqué que l'eau acidulée provoquait des nausées , et que l'eau gommée était tropmourrissante; il considère cette différence de l'eau pure à l'eau acidulée ou gommée comme d'une importance majeure. On cherchera aussi à rappeler la chaleur vers les extrémilés , par des frictions: par l'application de corps chauds, etc. Enfin, s'il est possible de plonger le malade dans un bain, immédiatement après la chute des sangsues, c'est un puissant moyen qu'on ne devra pas négliger. Ce n'est qu'après avoir beaucoup diminué les accidens par cette médication active , ou bien lorsque l'état du malade ne permet plus de recourir aux évacuations sanguines , qu'on peut commencer à prescrire le laudanum ou l'extrait d'opium. Ce médicament si puissamment utile dans les choléra-morbus de faible et de moyenne intensité , n'est pas toujours sans inconvéniens , lorsque l'inflammation est des plus violentes; cependant il ne faut pas balancer à y avoir recours dans les circonstances que nous venons d'indiquer; c'est à l'expérience d'ailleurs à servir de guide dans les cas difficiles. Enfin , si malgré tous ces moyens le mal fait des progrès et menace incessamment la vie du malade, on peut appliquer un large vésicatoire sur la région épigastrique ; on cite dans les auteurs plusieurs exemples de guérisons rapides obtenues par cette révulsion énergique.

Parmi les antispasmodiques que plusieurs médecins ont vantés contre le choléra , le plus innocent , je n'ose dire le plus utile , parait être l'éther sulfu-

rique. M. Deville a fait cesser instantanément les vomissemens et les sel i chez plusieurs malades par trente ou quarante gouttes de ce médicament dsi un demi-verre d'eau sucrée ; mais il fait remarquer que , pour être eflicac l'éther doit être administré peu de temps après l'invasion de la maladie,!- M que dix minutes de retard suffisent souvent pour en rendre l'emploi inuli Que conclure de là? que l'éther n'est avantageux que dans les courts instai de l'état nerveux du choléra. Or, la marche de la maladie est tellement! pide , son passage à l'état inflammatoire suit de si près , en général , le njomc' de son invasion, qu'il sera toujours difficile de saisir l'instant opportun po l'administration de cet antispasmodique ; et comme aucun signe ne peut aver le médecin du changement d'état du choléra-morbus , et que l'éther n't propre qu'à aggraver les symptômes s'il est donné lorsque l'état inflammatoi! est arrivé, l'emploi de ce médicament, quelquefois utile, souvent dangereu: toujours incertain , ne saurait être érigé en précepte ; il serait peut-être pl prudent de le proscrire entièrement. On en atténuerait probablement les i: convéniens en le combinant avec le laudanum ; M. Deville paraît l'avoir f. avec bonheur dans quelques cas.

C'est donc en définitive au traitement antiphlogistique , comme le seul q soit en harmonie parfaite avec la nature de la maladie , le seul rationnel, seul dont l'expérience de près de deux siècles aitbien constaté les heureux effel qu'il faut s'en tenir dans le choléra-morbus de l'Inde , comme dans celui d'E rope. Parmi les moyens qui le composent, les saignées locales épigastriqu ' tiennent , comme nous l'avons vu , le premier rang ; elles l'emportent de beai; coup sur les saignées générales, auxquelles il est cependant bon d'avoir recoii 1 quelquefois chez les sujets très robustes et pléthoriques. A ce sujet, M. Gr vier a fait une remarque qu'il importe de consigner ici. Après les saignées g( iiérales les malades éprouvent un désir de manger qui va jusqu'à la fureur, on le satisfait , aussitôt les accidens reviennent avec plus d'intensité, et toi, les secours sont inutiles : la mort survient au milieu des symptômes les pl horribles. Cette faim dévorante ne se fait jamais sentir après l'application d sangsues.

Mais la médecine n"a pas seulement pour but de guérir les maladies, el| s'en propose un plus utile encore, celui de les prévenir, et c'est par l'hygièrj qu'elle l'atteint. Que n'a-t-elle pas fait déjà sous ce rapport pour la vieille Eil rope? Si cette partie du monde ne voit plus décimer sa population tous Idj quarts de siècle par d'épouvantables épidémies , n'est-ce pas en partie à l'Ir, giène, cette médecine publique, qu'elle le doit? Si la lèpre hideuse a presqi disparu de sa surface , si la peste vient expirer sur ses rivages sans pouvoir I franchir, si la petite-vérole y voit diminuer chaque jour son empire de morj n'est-ce pas encore à la médecine qu'elle est redevable de ces bienfaits ? L'Inc attend d'elle un pareil service; puisse-t elle ne pas le demander en vain à s dominateurs!

Que faudrait-il pour mettre dans l'avenir cette vaste contrée à l'abri di, ravages du fléau qui la dévaste? Il ne faudrait pas moins que changer la conil titulion lymphatique des habitans par un régime alimentaire mieux approprlll au climat, et par conséquent , avant tout , les instruire à secouer le joug defl loi religieuse qui leur impose le régime débilitant auquel ils sont soumis^H faudrait aussi dessécher les marais et diminuer les rizières qui infectent Ijfl qu'ils respirent , et prévenir les inondations en s'opposant autant que possi|H par des digues aux déboi demens des fleuves. 11 faudrait encore semer , par^B les Indiens, des germes d'une civilisation plus avancée, qui , en étendant aui i masses les bienfaits de l'aisance, leur permit de se préserver des intempérie des saisons par des vêtemens plus chauds et des habitations mieux abritées Mais pour pouvoir réaliser d'aussi grandes améliorations, il faudrait qu'ils ces sassent d'être dominés par des maîtres avides et égoïstes , qui n'apparaissCD au milieu d'eux que pour s'engraisser de leurs sueurs , et par conséquent intéi ressés à les maintenir dans la superstition et la misère , ces deux solides appup de tout pouvoir basé sur la force et qui ne se propose qu'un but , l'exploitatioi du faible. Disons-le donc avec douleur, l'Inde est vouée pour des siècles en core aux ravages de la terrible maladie qui déjà tant de fois l'a couverte d"ui crêpe funèbre.

Hippocrate. De victu aculornm , lilier quartus.

Bâillon. De cliolera morbo ; ronsilia 50 el 57, in lil). prim. consiliorum meUicîoaHum Gencv.ne , 1 762.

Sytlenham . Choiera mot bus anni 1669, in cap. 2 sectionïs quarlœ observalionum med!c8 rum circa moi borum aculorum liistoriam el curalionem . Generœ , 1769. Slahl. DisserlRlio de cbolcra morbo. Eifiii't. , 1733.

Quatin. Animadversioncs practicîe în diverses morbos. Vienne. 1786- ^ Geoffroy. Dictionnaire des sciences médicales, tom. 5. article choiera. ( Deville, Mémoire et observations sur l'épidémie de cbolera morbus , qui a régné au Bengale

pendant l'été de 1818. Paris , 1819.

Mureau de Jonnès. Rapport au conseil supérieur de santé sur la maladie pestilentielle, dé.

signée sous Je nom de cbolera morbus de l'Iude et de Syrie. Paris , 1824.

Gravier. Documens sur le choiera morbes de l'Inde. ( Annales de la médecine physlolo

gique , mars 1827. } I Chniip'ard. Mémoire sur le cbolera morbus , et parliculièremenl sur l'emploi el l'action d'

l'opium dans celte maladie. (Journal général de médeciDe, janvier 1829.)

( L.- Ch. Roche.)

CHOREE (de chorea , danse ).

§ Ii-r. Quelques réflexions historiques. — La maladie qui porte aujourd'hui 1«: nom de chorée a été long-temps désignée sous celui de danse de saint Guy L'origine de cette dernière dénomination mérite que nous nous y arrêtions ui instant. On prétend que , vers la fin du quinzième siècle ou le commencemen' du seizième , la maladie qui fait le sujet de cet article était endémique ei

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