‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 135 sur 234 · I CHORÉE · texte numérisé non relu

I CHORÉE

>uabe, et que les habilans de cette conirée se rendaient, chaque année , au ois de mai, à une chapelle rurale, près d Ulm , dédiée à un saint que les llemands appellent saint Weit , et les Français saint Guy , pour demander à : saint la grâce d'être guéris ou préserves de la maladie dont nous nous occu- )ns. Sydenham fait mention de l'affluence du peuple à cette chapelle, où les

firsonnes des deux sexes venaient, à un jour précis, sauter et danser d'une auière extravagante et fanatique. De là, ilit-on , est nôe la dénomination de insc de saint Weit ou de saint Guy.

C'est le docteur Bouteille, auteur d'une monographie publiée, en 1810, sur 'tte maladie , qui le premier remplaça par le mot choréc le nom de danse de int Guy.

Les médecins grecs ne nous ont rien laissé sur la chorée. On trouve, selon lurages, dans la maladie ilécrite par Galien sous le nom de sce'otji'be \es aits caractéristiques de la danse de saint Guy . Voici d'ailleurs la définition le donne Galien du scelotjrbe : u. Sceloty rbe in jjertui batione sou in specie solutionis Cl aris consiitit ; ità ut erecCus homo ambulare non polcst , et lalus aliàs in rectum, quandoque sinistrurn in dextruin , nonnumquain dextruni iii sinistrum circumjerl ; intei dàrnquc pedem non attol/il , sed trahit , valut ii qui magiios clifus ascendant. »

Les premiers pathologistes qui , après la renaissance des sciences en Europe, ;rivirent sur l'affection qui nous occupe , sont F. Plaler , G. Hortius , Daniel ennert; ils la désignèrent sous le nom de choren sancti Fili. En ISfiO, Bairo, édecin du duc de Savoie Charles II, traita de cette maladie sous le titre indisposition sautillante des membres [snltuosa membrorum indispositio). es auteurs n'ont tracé toutefois qu'une histoire fort incomplète de la chorée. ^ais Sydenham a dessiné de sa main de maître le tableau de cette bizarre aladiej c'est en marchant sur les traces de cet illustre auteur, que le docteur Duteille a composé sa monographie de la chorée, dont nous avons déjà parlé lus haut, et la meilleure que la science possède encore sur ce sujet.

II est fâcheux que les divers travaux qui ont été publiés sur la chorée n'aient ipandu aucun trait de lumière sur la nature intime, ni même sur le siège de lésion intérieure d'où dérivent les phénomènes observés,

§ II. Symptômes de la chorée , son tj-f)e, sa durée. — Le caractère essentiel , vraiment pathognomonique de la chorée , considérée sous le point de vue 'mptomatique , consiste en des mouvcmens désordonnés et irrésistibles d'un irtain nombre des organes qui sont mus par le système locomoteur volontaire, elle névrose est pour les fonctions locomotrices volontaires ce que sont pour s fonctions inlellecluellcs cei taincs formes de l'aliénation mentale. La lésion ;s mouvemens qui caractérise la chorée varie beaucoup, relativement au )mbre des parties qu'elle peut affecter : sous ce point de vue, la maladie jurrait être divisée en générale et en partielle. Toutefois la chorée partielle it beaucoup plus commune que la chorée générale. Chez la plupart des malais l'affection est bornée aux membres d'un seul côté.

'La description que Sydenham a donnée de la chorée ayant servi de modèle jx auteurs qui lui ont succétié , nous croyons convenable de la reproduire

Ii : 0 La chorée, dit ce profond observateur , est une espèce de convulsion à laquelle sont sujets les enfans de l'un et de l'autre sexe , depuis l'âge de dix ans jusqu'à quatorze. Elle se manifeste par une sorte de boitement ou plutôt de non stabilité de l'une ou de l'autre jambe, que le malade , en voulant marcher, tire à soi, à la manière des idiots. La main du côté de la jambe ! affectée l'est aussi, et cette main , appliquée à la poitrine ou à toute autre partie, n'y peut rester fixre même momentanément; entraînée par un mou- ?vement involontaire, elle change aussitôt de place, quelque effort que fasse le malade pour l'en euipêcher. Et si celui-ci veut, par exemple, porter un verre à la bouche, pour boire , il ne peut l'y porter directement, mais seulement [après mille gesticulations , à la manière des histrions : enfin., le hasard lui faisant rencontrer la bouche, il vide rapidement le verre , et avale le liquide qu'il contient d'un seul trait, comme, s'il voulait faire rire les spectateurs. » La description tracée par Sydenham s'applique à un assez bon nombre de as particuliers ; mais on se trom|)erail singulièrement, si l'on croyait qu'elle eprésente toutes les ftr.nes que peut revêtir la chorée, formes infiniment vaides, selon que le désordre musculaire est plus ou moins prononcé, et qti'il ccupe un plus ou moins grand nombre de parties. Ce ne sont pas seulement, n effet, les membres qui, dans cette maladie, peuvent être en proie aux [ontorsions les plus bizarres , aux agitations les plus étranges ; mais il en est (uelquefois de même des diverses divisions de la face : et comme ces conterions, ces aberrations produisent les saut.s , les bonds, les pas , les pirouettes jes plus extraordinaires ou les gesticulations les plus singulières, selon qu'elles ^ffeclent les membres inférieurs ou bien les supérieurs; ainsi quand leur siège |st au visage, il en résulte les plus folles grimaces, la mimique la plus ridicule, ll^es mouvemens du cou, et pai- suite ceux de la tête, présentent chez quelques ujets les mêmes irrégularités que ceux des parties déjà indiquées. Les mou- 'emens de la langue, ainsi que ceux du larynx , ne sont pas exempts de ces rregularités : de là des phénomènes particuliers, tels qu'une difiiculfé dans exercice de la voix et de la parole , le bégaiement , des éclats de rire sans mojf, etc. , etc.

i Ces mouvemens chore'iques des muscles du laryn.x et de la langue ont été [regardés à toit par quelques auteurs comme appaitcnant à une lésion esjfentielleaK lit (liflércnle de celle qui produit les mouvemens désordonnés des pieiubrcs. Si. loisque la lésion occupe les membres inférieurs , les malades, pu lieu de marcher comme dans l'état normal, boitent, courent, sautent, liansent pour ainai dire, tandis qu'ils prononcent de la manière la plus bizarre, iTianJ la lésion affecte le larynx et ses dépendances , cette différence tient

I DjCT. de MÉDJCISE ET DE CniRL'RGIE PRjlTIQUES.

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évidemment à celle qui existe entre les fonctions des premiers et celles du second ; et si la maladie tire particulièrement son nom de la lésion des mouvemens des membres, c'est que cette lésion aura frapjié plus vivement que celle des autres parties l'attention des premiers obseï vateurs. Ce n'est pas la première fois , d'ailleurs, que la dénomination d'une maladie qui affecte plusieurs divisions d'un même système ne signifie autre chose que la lésion d une seule de ces divisions.

Au reste, ce n'est qu'en parcourant un certain nonibre d'observations paiticulières de chorée, que l'on pourra se faire une juste idée de toutes les formes dont est susceptible cette espèce de Jolie musculaire.

Quelques-uns des auteurs qui ont écrit sur la chorée , tels que le docteur Bouteille, Georget , etc. , mettent au rang des symptômes de cette maladie un idiotisme lé^er , une légère altération des fondions intellectuelles. Ce phénomène se rencontre effectivement chez plusieurs îles individus atteints de chorée, quoique Sydenham n'en ait fait aucune mention; mais il n'en est pas moins vrai que, toutes les fois qu'il existe , il est l'indice il'une romplication , et que par conséquent il ne saurait être consiiléré comme un symptôme essentiel de la chorée. On expliquera facilement la fréquence do cette complication , si l'on réfléchit que les centres nerveux qui président à l'intelligence et aux mouvemens volontaires , font partie d'un même .système, et que partant, la lésion simultanée, de ces centres nerveux, doit être assez commune. Au reste, la coïncidence fréquente d'un léger degré d'aliénation mentale avec la chorée, n'est-elle pas une des circonstances dont on pourrait s'autoriser pour soutenir l'opinion émise plus haut, savoir que la chorée est une sorte de folie propre aux centres nerveux qui coordonnent les mouvemens volontaires ? .

La chorée simple n'enti aine aucun désordre notable dans les fonctions dont l'ensemble constitue la i>ie organique. Elle n'excite aucune réaction fébrile.

La chorée n'est point, en général, une maladie douloureuse; je dis en général , car, dans deu.\ des observations recueillies par le docteur Bouteille , il existait de la douleur à la tête. L'auteur ne fait pas mention du siège précis de la douleur dans un de ces cas; ilans l'autre, il dit que la douleur étnit surtout rapportée à l'occi/nit pendant la violence des accès. Le docteur Bouteille pl.ice la choree eéphalalgique dans l'espèce qu'il a désignée sous le nom de chorée secondaire ou deulho /iaihique ^ et l'on peut voir |)ar les obsi rvations de ce médecin, que cette espèce de chorée est ordinairement compliquée d'une autre maladie, telle que la manie, l'hystérie, l'épilepsie.

La chorée se déclare tantôt d'une manière subite, tantôt au contraire lentement. Sa marche peut être continue, rémittente ou intermittente. La durée de cette maladie est très-variable : elle peut être de quelques jours seulement , de quelques mois ou de plusieurs années.

5 III. Dis causes de la chorée. — Parmi les causes prédisposantes de la chorée su placent le sexe féminin , le tempérament nerveux , l'hérédité , i'enfance. Relativement k l'âge , ii paraît certain que c'est surtout depuis dix jusqu'à quatorze ans que sévit la chorée ; mais elle n'est pas l'apanage exclusif de cette période de la vie, comme l'avait avancé Sydenham dans le passage que nous avons cité plus haut; et l'on peut même dire qu'à la rigueur il n'est aucun âge qui en soit tout-à-fait exempt.

Les causes déterminantes de la chorée ne sont pas loujoi.rs faciles à saisir. Ou considère comme telles une vive frayeur, un accès de colère , des contrariétés violentes et répétées, la jalousie; quelques auteurs attribuent un grand nombre de chorées à la présence des vers, à la diïïicullé ou à la suppression de la menstruation, à l'onanisme. Quelquefois la maladie est le résult.il d'une chute sur la tête ( le docteur Bouteille rapporte deux faits de ce genre). Enfin la chorée se déclare, dans certains cas , par suite de l'extension d'.iutres maladies des centres nerveux, telles que l'épilepsic , l'hystéiie et l'.iliénaticn mentale.

§ IV. Sié^e et nature de la chorée. — lo Siège. Ce n'est point à l'inspection cadavérique qu'il faut demander le secret tlu siège de la choiée simple, puisque heureusement la maladie, dégagée de toute complication , ne se termine jamais parla mort. Dans les cas où les indi\idus clioiéiques succomberaient à quelque complication, peut-être des reclierthes attentives nous feraient-elles rencontrer, quelquefois du moins, une lésion t!e quelqu'un des centres nerveux. A défaut de faits dii ecls propres à éclairer la question que nous agitons, nous pourrions invoquer nos connaissances sur les fonctions dévolues spécialement à chaque centre nerveux, si ces connaissances étaient elles-mêmes plus positives. Effectivement si les recherches cliniques ou expérimentales avaient permis de déterminer rigoureusement à quels centres nerveux on doit i apporter la fonction de régir et de coordonner les mouvemens dont le trouble caractérise la chorée, nous connaîtrions par cela même le siège de cette maladie ; mais tous les mystères qui environnent ce point de physiologie ne sont pas encore révélés. Toutefois, si l'on considère , d'une part, qu'un des caractères fondamentaux de la chorée consije dans l'impossibilité de coordonner les mouvemens de progression, de station et de préhension, et que, d'un autre côté, le cervelet, d'après les recherches de MM. Rolando, Flourcns, Magendie, et celles propres à l'auteur de cet article, préside à la coordination des mouvemens de station et de progression ; si, dis-je , on réfléchit à ces deux circonstances, on sera naturellement conduit à penser que le cervelet peut être considéré, au moins dans certains cas, comme le siège de la lésion , quelle qu'elle soit, qui détermine la chorée.

2° Salure. En traitant ici de la nature de la choréc , notre intention est de chercher surtout à déterminer quel est le genre de désordre musculaire qui caractérise cette maladie. Ce désordre doit-il être rangé parmi les paralysies, comme le veulent Galien . Mcad , etc ? ou bien parmi les convulsions , comme

CHORÊE.

( GOf) )

CHOREE.

le prétend Sydenhatn, et avec lui la pluralité des auteurs? ou bien enfin ce désordre est-il , ainsi que le soutiennent Baumes, Pinel , et quelques autres nosoiogistes , un mélange bizarre de convulsion et de paralysie? Selon le docteur Eoutcille, c'est une erreur notdble que de croire, avec Sydenham , que la chorci; app.irtieiit à la classe des convulsions. Cet auteur reconimandable pense qu'elle tient plus de la paralysie que de la convulsion , et que c'est une espèce d'hémiplégie; mais ce qui prouve que ses idées à ce sujet n'étaient pas bien arrêtées , c'est qu'avant de soutenir l'opinion ci-dessus indiquée, il avait dit, dans sa définition de la chorée , que cette affection consiste dans les niouuemens commlsifs... ( page, 74 ).

Quiconque observera attentivement les mouvemens choréiques , ne tardera pas à se convaincre qu'ils ne constituent, à proprement parler, ni des convulsions, ni une paralysie incomplète; je dis incomplète, car on ne peut pas supposer qu'aucun auteur ait attribué des mouvemens , tels que ceux, de la chorée, à une paralysie réelle et complète. Mais, dira-t-on , si la chorée n'appartient ni aux maladies convulsives ni aux paralysies , qu'est-elle donc ? A cela je répondrai que les lésions que peuvent subir des mouvemens coordonnés, tels que ceux de progression , de préhension, etc., ne sont pas uniquement des lésions en plus ou en moins , mais aussi un trouble dans l'association , la combinaison , la coordination normale de ces mouvemens; et j'ajouterai que c'est à ce dernier genre de lésions qu'il faut rattacher la chorée. 11 me semble que telle est bien réellement l'espèce de désordre qui caractérise cette névrose. Si cette opinion était aussi juste qu'elle me le paraît , la chorée , je le répète encore , serait pour les centres nerveux qui coordonnent les mouvemens lésés dans cette affection , ce qu'est pour les centres nerveux qui président aux phénomènes intellectuels , cette espèce de folie dans laquelle les malades t/erajsonncnt invinciblement , jugent de trat'crs , associent vicieusement leurs idées, sans que ces idées soient nécessairement elle-mêmes ou exaltées ou affaiblies.

Quelques-uns des auteurs qui, les premiers, ont écrit sur la chorée, tels que Plater, Hortius , Sennert, Tulpius , Bairo , ont émis une opinion qu'il ne faut pas confondre entièrement avec celle que je viens de proposer. Ces médecins considéraient la chorée comme un désir effréné, une fureur insensée de danser. Celle manière de voir, que Sauvages et CuUen semblentavoiradoptéc, avec cjuelques modifications, ne me semble point exacte. La dansomanie ou choréomanie est une véritable vésanie qui diffère de la chorée proprement dite, 1° en ce qu'elle suppose nécessairement une lésion morale qui ne fait pas partie essentielle de la chorée; 2° en ce que cette exaltation d'un penchant naturel coïncide avec la possibilité d'exécuter les mouvemens qui s'y rattachent , tandis que la chorée suppose un désordre involontaire des mouvemens des membres incompatible avec la danse régulière.

Il ne suffit pas de savoir quelle est la nature de la lésion fonctionnelle qu'on observe dans une maladie ; il importe encore de déterminer à quel ordre de lésion oi\ganique correspond cette lésion fonctionnelle , puisque celle-ci n'est poui; ainsi dire que l'ombre de l'autre. Georget pose celte question ; « La chorée ne serait-elle qu'un mode de l'irritation du cerveau ? » Et il avoue que l'anatoniie pathologique ne nous a rien appris qui puisse éclairer cette question.

Privés , que nous sommes ici, du flambeau de l'inspection directe , nous ne pouvons employer àla sol ution du problème dont il s'agit que la lumière incertaine et douteuse de l'analogie et de l'induction. Or , si l'on ne perd pas de vue les rapprochemens que nous avons faits antécédemment entre la chorée et certaines aliénations mentales, et si l'on réfléchit ensuite que ces aliénations sont souvent le résultat d une phlegniasie cérébrale, on sentira que des observations idtérieures permettront peut-être de répondre affirmativement, au moins dans quelques cas , à la question posée par Georget.

Mais c'est assez et trop conjecturer ; il est temps d'arriver au traitement de la chorée.

§ V. TraiLemcni de la chorée. — Avant d'exposer les moyens que l'art peut opposer à la chorée , il n'est pas inutile de faire remarquer que , selon quelques auteurs, cette maladie guérit quelquefois par le seul bénéfice de la /zaii^y-f. Les circonstances sous l'influence desrpielles s'opère cette heureuse terminaison ne sont pas toutes bien connues ; néanmoins , il en est sur lesquelles l'observation parait avoir fourni quelques données^. C'est ainsi , par exemple, que l'on a vu , (lit Georget , la chorée se dissiper , chez les jeunes filles , à l'époque de la puberté, lors de l'éruplion du flux menstruel. D'autres fois, le même effet a coïncidé avec l'apparition d'une abondante hémorrhagic nasale; et, dans les cas où cette hémorrhagie n'a pas été suivie d'une entière guérison , on a observé que du moins les syniptôaies de la chorée avaient diminué d'intensité. Le docteur Bouteille afiirrae , de son côté , qu'il n'existe aucune observation qui prouvi! que la chorée ait élé guérie par quelque hémorrhagie naturelle. Il convient seulement que le cours des menstrues , en s'établissant d'une manière régulière , sert puissamment à consolider la guérison. Une des observations rapportées dans son ouvrage prouve aussi qu'une épistaxis peut exercer une influence salutaire sur la terminaison de certaines chorées.

Quant aux remèdes qu'on a recommandés contre la chorée , ils sont exlrêmement nombreux : il n'est peut-être pas une seule classe parmi les agens thérapeutiques qui n'ait été mise à contribution pour le trailcnient de celle névrose; d'où il est aisé de conclure qu'il lui a été opposé des méthodes curatives tout-à-fait contraires, ce qui n'a pas empêché chaque praticien de citer des cas de guérison "a l'appui de sa méthode. Ou peut voir dans la monogra]diie du docteur Douteillc le tableau de ces contradictions théi apeuliques , qu'il serait trop long de di rouler ici. Ce médecin conseille, à l'exemple de Sydenham , l'emploi alternatif des saignées et des purgatifs, méthode purement em-

pirique entre les niains de Sydenham , et que Bouteille , au contraire , a cher à rationaliser. Quoi qu'il en soit des raisons sur lesquelles se fonde le doct Bouteille pour adopter la méthode dont il s'agit, ce qu'il y a de certain, c que , dans les dix observations rapportées par ce praticien , cette méthode a mise en usage, et qu'elle a réussi. Au reste, il se l'est, en quelque sorte propriee par les règles auxquelles il l'a soumise; règles que l'on cherche vainemetit dans les ouvrages de ses prédécesseurs , et qui , pour la plupa sont marquées au coin d'une saine expérience. Il ne s'est pas borné , commta pourrait le croire, à la saignée générale, mais il a mis aussi en pratiquas saignée locale ou l'application des sangsues. Le nombre des émissions sangiii que le docteur Bouteille a prescrites aux jeunes choréiques a été ordinaireffl de deux ; il n'a jamais excédé trois. Souvent , la première émission ne proi sait aucun soulagement , tandis que la suivante était évidemment avantagei Outre les purgatifs et les émissions sanguines, le docteur Bouteille recomma les tempérans ou rafraichissans , ainsi que les caïmans, soit aiucilagineux, antispasmodiques.

Si je me suis un peu étendu sur les moyens employés par Bouteille , dl qu'ils comprennent presque tous ceux qui ont élé vantés par d'autres pr ciens', et que , d'ailleurs , l'auteur rapporte des observations détaillées à l'ap i de ses préceptes. Je crois, toutefois, que les idées un peu plus précises e nous possédons aujourd'hui sur le siège et la nature de la chorée, permeUIt de modifier avec quelque avantage les préceptes de ce praticien sur l'emiii des saignées locales. Peut-être conviendrait-il, dans les cas de chorée réce*!, d'insister sur les applications de sangsues derrière les oreilles et à la nuq;. Dans les chorées déjà anciennes , il ne faudrait pas , sans doute , négliger al lument ce moyen , mais il serait utile de recourir en même temps et princi leraent aux révulsifs , tels que cautères , moxas , sétous , également appliq » dans les régions indiquées tout à l'heure. C'est à l'expérience qu'il faut un remettre du soin déjuger ces préceptes, que l'induction seule nous aulois jusqu'ici à établir.

Parmi les antispasmodiques employés contre la chorée, il faut princip?;ment citer : |o le camphre , dont Poissonnier-Desperrières a publié le pren r les succès , dans le tome 6 des Mémoires de la société roy ale de médecine ; s|cès , à la vérité, contestés par d'autres praticiens; 2° l'assa-fœtida , empilé pour la première fois par Vanter , qui publia trois observations de guérisor|e chorée par cette substance , et que , plus tard , M. Jadelot prescrivit aussiajo succès; 3° la valériane. Un praticien dont le nom se trouve souvent cité dis cet article , le dpcteur Bouteille , ne connaissait aucun médecin qui eût eii(;ie administré la valériane contre la chorée , lorsqu'il y eut recours avec suce,, en 17Ci6 , chez une jeune paysanne , afleclée de la chorée la mieux cara|irisée. Plus tard, Murray rapporta trois cas de guérison de la danse.e Saint - Guy , opérée par la même substance. Enfin , plus récemmei , M. Guersent a constaté l'efficacité de cette substance, administrée sous foii6 de poudre, unie à une pulpe de fruit, qui en masque le goût désagréable. D • très antispasmodiques , tels que la pomme épineuse, la belladone, l'opiu , divers oxydes métalliques , etc. , ont aussi été mis en usage dans certains cas,B chorée. !

A une époque où quelques enthousiastes croyaient avoir trouvé dans rél|i tricité celte panacée universelle , dont la recherche n'est pas moins absu:^ que celle de la pierre philosophale ou de la quadrature du cercle ; à cette é que , dis-je , l'électricité fut appliquée à des individus choréiques. Un des p miers médecins qui traitèrent la chorée par l'électricité est le célèbre de Hacw qui parait en avoir exagéré l'utilité, mais dont les observations semblent pr ver que ce moyen ne doit pas être entièrement négligé.

Dans la chorée , comme dans une foule d'autres aHections des centres n veux , les bains et les effusions constituent des moyens dont on peut tirer» parti le plus avantageux. L'eau dont on se sert doit être à peine tiède ou mt froide. Depuis longues années , M. Dupuy Iren a recours , tians la chorée , ai un succès presque constant , aux bains froids ou aux aflusions de même espè 'Voici le procédé de ce professeur, tel qu'il a été exposé par M. le docteur Pails dans le tom. 7 du Journal hehdomaduire , pag. 421 : c> Le malade est sa » par deux hommes qui lui tiennent , l'un les deux bras , l'autre les deux ja )i bes , ( t qui font passeï rapidement tout son coi ps entre deux lames del'e' « froide conti nue dans une baignoire. Ce passage ne dure qu'un instant, n doit être répété cinq ou six fois dans l'espace d'un quart d'heure ou vir n minutes environ. Après celle immersion , on essuie les malades avec soil 1) et on les fait promener et prendre un exercice assez violent pendant une i n mi-heure ou une heure. Au bout de quelques jours, une amélioralioii noli » ble se manifeste presque constamment, et après un temps quelquefois tri » court , quinze jours , un mois , par exemple , une chorée qui durait depi » quelques années est entièrement dissi|jée.

» Les simples aflusions d'eau froide sur la tête, le malade étant assis dans i| » fauteuil , répétées sept ou huit fois de suite , sont suivies des mciues effe » avantageux que les bains froids, n

Les médicamens anlhclminliques devraient être administrés si l'on avait Ir de soupçonner que la chorée fut le résultat de la présence des vers dans le tu digestif.

Terminons ces considérations thérapeutiques en faisant remarquer qu'ils» d'une grande importance de favoiiser I "action îles remèdes qu'on oppose à la cl rée, par un heureux eoiploi des agens hygiéniques, et spécialemeni par l'éloigr ment des causes, soil physiques, soit morales, qui ont pu contribuer au dévelo pemeulde la maladie. Espérons , d'ailleurs, qu'un jour viendra où le siège la nature de la cliorée étant rigoureusement déterminés , les praticiens pourroj

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