CLIMAT
substances médicamenteuses sur réconomie animale, pour les appliquer ensuite avec connaissance de cause, cherchait des remèdes pour guérir le cancer, la phthisie, la syphilis invétérée, les ulcères sordides. Trop peu attentif aux. circonstances qui peuvent seules donner quelque certitude aux résultais, il employait l'extrait de la plante desséchée , et par conséquent privée de la plus grande partie de ses propriétés; il en donnait d'abord deux grains par jour, et augmentait par degrés la dose, qu'il aurait pu tout d'abord rendre beaucoup plus considérable, sans avoir à craindre le moindre accident. Que doit -on penser alors des guérisons qu'il rapporte dans son ouvrage , et qu'il attribue à l'extrait de clématite? Storck essaya aussi, contre la gale, des frictions faites avec de l'huile , dans laquelle on mettait macérer de la clématite ; mais comme il employait toujours la plante sèche , on a lieu de croire que l'huile acquérait peu de vertus. Il en a été de même dans les essais tentés par les commissaires de la société royale de Médecine , qui employaient la racine et les tiges de cette plante un peu cuites ^ pour- leur ô ter une pai lie de leur force , avec un peu d'huile. Les réflexions se présentent elles-mêmes. Voyez d'ailleurs l'article Gale.
La décoction et l'infusion de clématite sont employées comme purgatives, chez les animaux domestiques et même chez I ho mme; les feuilles pilées sont utilisées , dans plusieurs pays , pour déterminer la vésication de la peau. L'eau distillée, qui a toute l'àcrelé de la plante , a été conseillée dans les lenteurs de la circulation. Les lenteurs de la circulation !!! D'autres auteurs enfin disent avoir guéri par ce moyen des affections syphilitiques, rhumatismales, sciophuleuses , la fièvre quarte , la gale invétérée.
La clématite ne mérite pas l'oubli dans lequel elle est tombée ; ses propriétés actives doivent la faire conserverau nombre des médicamens. Rappeler qu'elle ne jouit de toutes ses propriétés que quand elle a atteint sa maturité et qu'elle est fraîche ; que son principe actif est volatil ; qu'elle produit sur la peau et sur les membranes muqueuses tous les phénomènes de la brûlure , c'est avoir indiqué rapidement l'époque où il convient de la recueillir, la préparation qu'il faut employer, comme aussi les applications thérapeutiques qu'on en peut faire.
Les doses et le mode d'administration ne peuvent être déterminés que d'après de nouvelles expériences. Les préparations connues , telles que l'extrait de Storck , ne sauraient être employées avec confiance. (F. Ratier.)
CLIMAT, s. m. Ce mot signifie lésion ; il désigne un espace compris entre deux cercles parallèles à l'équateur. On sent, d'après celte définition, qu'il est impossible d'indiquer d'une manière absolue une somme d'effets appartenans à tout un climat , puisque , dans une section purement mathématique du globe , ces effets doivent varier totalement d'un lieu à un autre, suivant l'élévation de ce lieu et autres circonstances. On donne au mot climai une acception qui lui est tout-à-fait étrangère, et qui appartient aux mois /ocalité , pays , lieu , etc. On dit vulgairement qu'un homme est acclimaté. Mais veut - on sentir combien dans un même climat ces prétendus acdimatemens doivent se multiplier, qu'on parte de la Hollande , qu'on parcoure tous les pays situés dans le même climat, et l'on arrivera sur des chaînes de montagnes qui n'ont aucun rapport de sol et d'atmosphère avec la Hollande.
Maintenant si nous examinons quels sont les objets qui , dans tous les lieux possibles, ont le pouvoir de modifier l'organisation de l'homme , nous retrouvons toujours Vair, la lumière, le calorique , le fluide électrique , Veau , p\[is ou moins abondamment répandus, les émanations de matières végétales ow animales, et les productions du sol. Or , dans ce Dictionnaire, des articles spéciaux ont déjà été ou seront dans la suite consacrés à tous ces modificateurs. Nous avons, à l'article Ain, étudié l'influence de l'air, dense ci raréfié^ chaud et sec j froid et sec , chaud et humide , etc. ; nous avons , aux articles Aliment, Assaisonnement, Boisson , parlé de celles des productions du sol qui influent le plus surl'homme. L'influence des émanations délétères et les moyens de s'en préserver , les effets de la lumière , et c. , seront étudiés aux articles Contagion , Emabations, Epidémie, Lumière, Marais , etc. Ce serait donc un sacrifice à la routine bien superflu que de reproduire dans cet article de longs paragraphes sur l'influence des climats chauds . froids , tempérés , etc. ; ce serait un vrai hors-dœuvre de placer ici des détails géographiques sur les divisions des différentes zones ; c'est à la sagacité du lecteur à réunirions les effets de chacun des modificateurs physiques qui peuvent entrer dans la composition d'un climat , et à déduire de la connaissance de ces effets ceux d'un pays donné , ainsi que les règles d'hygiène qui conviennent aux habitans de ce pays. Quand on aura déterminé la latitude et l'élévation d'un lieu quelconque, qu'on en aura étudié la topographie , on conclura facilement , à l'aide des principes émis dans les articles indiqués plus haut, l» l'influence que ce lieu a sur la constitution de ses habitans; 2° la mesure qui doit régler pour eux l'emploi des modificateurs hygiéniques et pharmaceutiques ; 3» la direction que doivent recevoir leurs organes dans l'exercice de leurs fonctions. C'est à l'article Géographie médicale que doivent être présentées quelques généralités sur les différences physi(jues les plus tranchées des régions du globe connues.
Avant de terminer cet article , que nous avons réduit à ce qu'il doit être dans un Dictionnaire de médecine, examinons les deux questions suivantes.
PKEMiiîRE QUESTION. Lcs diflérenccs que présente l'homme, dans les diverses régions du globe , sont elles exclusivement dues aux seuls objets qui constituent le climat, en prenant ce mot dans l'acception que lui donnent les médecins, en le définissant l'ensemble des circonstances |)hysiquc's attachées à chaque lieu? Non certainement : il est bien vrai que l'ensemble des modificateurs qui constituent le climat imprime un cachet particulier à la constitution pli3-sique de l'homme , qui fait distinguer à la première vue l'habitant des zùnes équalorialcs , de celui des zones polaires ; il est Lien vrai que ces mémo» objets modi-
fient par la même raison l'ensemble des facultés tant physiques que morales et, par une conséquence naturelle , influent même sur les institutions politiqueîî et religieuses ; de telle façon que les lois de tel climat, ou mieux de tel pays, sont cruelles et sanguinaires , et que celles de tel autre sont douces et pater-i nelles ; de telle façon qu'il existe une espèce de rapport entre les bains , presJ dits dans le Gange comme une pratique de culte, et la température de l'Inde i qui rend ces bains si utiles; entre la proscription du porc et du vin en Arabie, e( le climat brûlant de ces contrées , qui dispose à la lèpre , affection dans laquelld sont certes plus contraires le vin et la chair du pore , si souvent malade dans ces climats , que la fécule de salep et les sucs de l'orange. Mais il est égaleraenti vrai que , à la fois cause et effet , ces mêmes institutions politiques et religieuses ont le pouvoir de changer l'organisation de l'homme de sorte que, importées chez une nation par des peuples d'un climat opposé , elles peuvent rendre, tant qu'elles sont rigoureusement maintenues, cette nation méconnaissablt sous le rapport physique et moral , bien que son climat n'ait pas changé. Rome n'est- elle pas toujours située à la même place? et cependant quel contrastt entre la Rome de nos jours et cette Rome guerrière qui marche pendant dij siècles de victoire en victoire? Qu'on n'accuse pas du changement survenu dam les Romains les modifications qu'ont subies les terrains voisins de Rome ; car ii serait facile de prouver que, bien loin que les changemens subis parle se! soient la cause des changemens survenus chez les habitans , c'est au contrairt la triste métamorphose survenue dans la constitution de ceux-ci, jadis dominateurs , aujourd'hui dominés , qui est la cause de la détérioi alion des terrains Pourqudi ces changemens de sol ont-ils eu lieu ? pourquoi des eaux croupis j santés et pestilentielles recouvrent-elles ces belles routes ouvertes du pieddi, Capifole au mont Taurus ? pourquoi d'infectes masures remplacent-elles le;' cirques elles amphithéâtres ? Parce que le gouvernement des Romains n'es' plus ce qu'il était ; parce qu'on a remplacé par de puériles coutumes ces grau-, des institutions qui faisaient de l'infatigable Romain, le précepteur de la raoiti<i de notre hémisphère, et le premier guerrier du monde. I
liCs institutions, de quelque nature qu'elles soient, agissent toujours su:: l'homme, soit en mettant en action , soit en laissant dans l'oubli certains or-l ganes; les mutations qu'elles déterminent soit au moral , soit au physiqueJ ressortiront naturellement de ce qui sera exposé à l'occasion de l'éducation di| cerveau ou de celle des muscles. Voyez Gïmkastiqce. (
Deuxième question. L'homme a-t-il , comme on le dit , sur tous les êtres vi \ vans y le privilège exclusif de pouvoir supporter les climats les plus opposés .\ En d'autres termes , jouit-il , sur les autres êtres vivons , du privilège d'acconi] moder son organisation aux divers climats ? îion , certainement, pas antanj qu'on l'a prétendu. Cette question intéressant les malheureux que l'on envoirj peupler les colonies, doit nous arrêter un peu. Comment a-ton cru quii l'homme puisse être moins sensible aux modificateurs qui l'environnent, quij ne l'est la plante ou l'animal qui ne possède que les premiers rudiraens de l'oi: ganisation ? Comment n'a-t-on pas vu que plus l'homme jouit à un haut degré ' des caractères qui le disfingent des autres espèces , plus il est susceptible d'êtr j influencé par l'ensemble des causes physiques qui constituent le climat? S H est des végétaux qu'on ne peut enlever à leur terre natale sans les faire périr! si des familles d'animaux ne peuvent supporter l'émigration sans être frappée de mort, soit dans les individus soit dans l'espèce , ce n'est pas qu'ils soien plus impressionnables que l'homme aux changemens du climat , mais c'est ton simplement parce qu'on prend moins de moyens pour pourvoir à leur conser vation. N'est-on pas d'ailleurs , de nos jours, parvenu à acclimater la plupar des races vivantes animales et végétales ? Si les singes , les lions et les autre animaux des climats brûlans meurent phthisiques dans nos ménageries , I ha bitant de nos contrées meurt encore plus rapidement de maladies de foie dan les climats chauds, et si l'on a vu l'homme s'avancer sous une latitude noni que ne pouvaient supporter ses animaux tlomestiques , c'est qu'il apportait dam sa nourriture et son habillementdes modifications qu'il négligeait pourccnx-cii Ils eussent supporté comme lui la rigueur du climatsi à leur boisson habituell' il en eût substitué une qui développât plus de calorique, et s'il eût ajouté, leurs véfemens naturels quelques ims tie ces tissus à l'aide desquels il bravai le froid.
On apporte encore une preuve du privilège que l'homme a sur les animaux , de résister au climat, sa rencontre dans tous les climats possibles où on ne ren' contre plus certaines espèces animales; mais cette raison est loin d'avoir tout: la valeur qu'on y attache , car il y a entre tel homme de tel climat et tel liommi de tel autre, une différence si grande, qu'on les dirait moins appartenant à 1. même espèce que le chien et le loup , et l'homme né dans un climat et trans porté dans un autre, a besoin, pour s'y acclimater . de subir des nnilalion profondes, souvent entravées par de graves altérations organiques. La con clusion d'hygiène publique qu'on peut tirer de la solution de cette question c'est que les gouvernemens . en faisant partir des troupes pour des climats op posés à ceux où elles ont été levées, devrait faire faire un choix des individus de façon à n'envoyer que ceux dont le tempérament et la constitution sont d nature , non-seulement à ne pas souffrir , mais encore à être améliorées par c changement de climat. Voyez Acclimatement , Tempérament. (Cn. Londe.
CLOPORTES. Les cloportes ou mille-pieds sont des insectes crustacés isci podes , dont la forme est bien connue. On les trouve dans des lieux bas et huci ■ des. L'analyse qu'on cn a faite n'y a démontré qu'une gelée animale insignifiant et sans traces des nitrates de potasse et de chaux , qu e les anciens chimiste avaient cru y reconnaître , et qui probablement, lorsqu'ils ont été observes dépendaient de ce que ces animaux vivent au milieu de nitrates, dontles iiioli cules avaient adhéré à leur corps. Ces sels . quand même ils auraient existe a