COLOMBO
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( L. Ch. Roche. )
COLLYRE (z5),).u^î!5v). Dérive de colle, et de ou^k, queue. Nom donné
très-anciennement à des médicamehs composés auxquels un mucilage de gomme ou de sarcocolle communiquait une consistance de pâte ferme, el quittaient destinés soit à être appliqués sur les yeux , soit à être introduits dans l'anus sous la forme allongée de nos suppositoires actuels. Plus tard, ce nom a été appliqué plus spécialement aux médicamens destinés pour les yeux ; et sa sigiiiticalion , au lieu de se rapporter à la composition ou à la forme, n'a plus rappelé que la partie malade. Cienlot après , par une conséquence presque inévitable, le nom de collyre a été étendu h tons les médicamens quelconques destinés pour les yeux, tels que des mélanges d'eaux distillées, des solutés , des troeliisques, des poudres, des pommades et des on^tiens. Enfin, aiijourirhiii , on s'accorde assez généralement à le restreindi e aux seuls médicamens liquides destinés pourlesyeux. Il nous parait, au surplus, que ce mot potirraitèlre retranché sans inconvénient, delà momenclature pharmaceutique; car dès qu'un nom ne s'applique plus à mie classe distingue de compositions, et qu'il no sert plus dans la praliqite, que pour indiquer la partie pour laquelle le médicament est destiné, nous pensons que la simple éliquette , mélange, soluté, liqueur., etc., pour baigner les yeux , pour ùit'cr , bassiner , frictionner telle ou telle partie., est préférable aux mots collyre , J'omentation , einbrocatlon , Uniment, etc., ilontle malade peut ne pas connaître la signification. J'en ai vu un exetnple funeste dans un jeune homtne atteint d'une gastrite aiguë, auquel on avait ordonné des frictions sur la région épigastrique avec un liniment tout à la fois opiacé et ammoniacal, et auquel l'étiquette banale de Uniment selon l'ordonnance n'apprit pas que le mélange n'était pas destiné à être pris intérieurement. Il l'avala , el mourut proniptement , à la suite d'accidens qui ont pu faire croire que sa méprise n'était pas étrangère à cette issue malheureuse.
Les collyres les plus h ibitucls se prépaient avec des mélanges d'eaux distillées, ou des tiécoctions et infusions mucilagincuses ou astringentes, auxquelles on ajoute des préparations narcotiques, quelques sels stj'ptiques , tels que l'acétate de plomb, de sulfate de zinc , etc. Ce sont des médicamens tout-à-fait magistraux, et variables suivant les cas pour lesquels ils sont prescrits; il serait dilîicile d'en donner des exemples d'une application générale. (Guibourt.)
COLOMBO ou COLUMBO ( menispermum pnlmatum , ou cocculus palmalus). Celte pLinle , qui appartient à la famille des ménispcrraées , et h la diœcic dodécandrie de Linné, vient d'Afrique , et a été introduite dans la pratique médicale, précédée d'iuie réputation d'efficacité qui ne s'est pas souf-enuc; aussi esl-elle aujourd'hui bien peu employée. Sa racine, la seule partie qui fiit nsiléc, se présente en morceaux allongés ou en rouelles; elle est recouverte d'un épidcrme gris jaunâtre ou brunâtre, irrégulièrciiient strié. On débite d'ailleurs dans lé commerce, sous le nom de Colombo , diverses racines appartenant h des espèces végétales Ircs-difrérentes , et qui ne renferment pas les mêmes principes. Le Colombo olï're une assez grande ressemblance avec la racine de bryone. Comme elle , en cfTet , il a sur ses faces transversales , des lignes concentriques; le centre de la rouelle est aussi dépiimé. Enfin el c'est une analogie de plus, 'les deux racines contiennent une grande quantité de fécule. La poudre qu'on prépare avec le Colombo est d'un jaune verdàtre, qui devient plus foncé quand elle est vieille ; elle a une otleur faible et désa-^réable et une saveur d tine amerltine cxtième.
L'analyse chimique, faite d'abord par M. Planche, et répétée depuis par M. Guibourf , a donné les résultats suivans : lo un tiers de son poids de fécule
amylacée ; 2° une matière azotée Ircs-abondante ; 3° une matière jaune amer (jui ne précipitent point les sels métalliques; enfin des traces d'huile volatile du ligneux , des sels de chaux, de potasse ; de l'oxyde de fer el de la silice. L nialière amère du Colombo n'a pas été encore caractérisée d'une manière bie' précise. M. Duncan, d'Édimbourg, a cru y trouver de la quinine, mais cell présomption ne s'est pas réalisée. Peut-être des recherches ultérieures montrt ront-elles dans le Colombo un alcali organique.
Quoi qu'il en soit, el seulement avec les connaissances que l'on possède su ce médicament , on peut en concevoir, dès à présent, l'application médicali Le Colombo ne possède aucune propriété particulière qui puisse le faire préfère à nos amers indigènes , et qui explique la vogue dont il a joui, pendant qtielqu temps, comme tonique , stomachique et anti-diarrhéique. La grande quantil de fécule qu'il contient, et qui tempère l'activité du principe amer, fait com prendre les bons effets qu'on en a , dit-on , observés dans les diarrhées rhroiii ques , dans les dysenteries et autres afl'ections analogues. Cependant, pour agi d'une manière conséquente , il Vaudrait mieux isoler le principe amer, ( l'administrer séparément , dans les circonstances el aux doses convenables. Ca rien n'est moins propre h éclairer les questions de ce genre que l'emploi tl substances renfermant des principes aussi diîTérens que la fécule et la malièr amère, principes qui se trouvent , en général , dans des proportions variable! On a fait observer , Ircs-judicieusement , c{ue l'on obtient un médicament très dilT'éreiit, suivant qu'on emploie pour le préparer l'infusion ou la décoclior Dans le premier cas, en efFet , la matière amère seule se dissout dans l'eau dans le second , au contraire, le liquide se trouve chaigé d'une grande quantil de fécule , qui en change toiit-à-fait les propriétés.
On emploie le Colombo en substance, en décoction, en infusion et en teinUii ' spiritui'use. La pouilre se donne à la dose d'un scrupule , sous forme de bols'o > d'élcctuaire. Pour l'infusion et la décoction, on met depuis une demi-onc jusqu'à une once par pinte d'eau, enfin on emploie la teinture à la dose d'iil gros à quatre. L'extrait alcoholiqiie devrait être préféré h toute autre préparti tton, parce qu'il présente les principes actifs du médicament complèlemén dég agés de la fécule. On ne l'a pas encore introduit dans la pratique , el il e! peu probable qu'il y prenne place. Maintenant il est en effet reconnu quel Colombo , substance exotique , coûteuse et souvent falsifiée , n'est qu'un arae assez ordinaire , et qui peut être facilement remplacé par une foule de végétau indigènes. (F. Ratier. )
COLOPHANE, COLOPHONE, COLOFANE , COLOFONE. La colc phane est une substance composée , fort employée dans les arts , et qui raêm , 'autrefois a été utilisée en méilecine. Son nom lui vient de ce qu'on la tira auti efois de la ville de Colophon en lonie. C'est un mélange de deux parties (I résine, provenant du résidu de la distillation de la tércbentliine , et d'urj partie de poix blanche. La colophane est d'un jaune clair; elle a une cassiiii vitreuse , et se réduit facilement entre les doigts en une poudre assez fine. |
Son emploi médical est très-borné. Autrefois on l'administrail à l'intérieur comme astringente; mais cetlcapplication est maintenant tombée en désiiétudt el l'on n'a pas même expérimenté ses effets directs sur l'économie animale, i est probable d'ailleurs qu'ils seraient ceux de toute substance insoluble et put vérulente. Les pharmaciens s'en servent pour donner aux emplâtres la consis tance nécessaire. Enfin on la conseille comme un moyen d'arrêter les héqaor rhagics peu considérables qui ont lieu par les piqûres de sangsues par exemple ou par des plaies de peu d'étendue. Mais il faut observer que ce moyen nés montre efficace que quand il est secondé par la compression méthodifjiiemen exercée : sans elle il est presque toujours infidèle, à moins que l'hémonhagi ne soit de nature à cesser spontanément. (F. Ratiiîr.)
COLOQUINTE (Thérapeutique) , curumis colocynlhis; monoécie syngénési LiN. , cucurbilacécs Juss.
La coloquinte , connue sous le nom vulgaire de chicotin, est originaire di Levant, d'où elle s'est répandue dans diverses pal lies de l'Europe , où elle csi cultivée cornme plante d'agrément. La chair de son fruit, qu'on a utilisée) nu'docine, et qu'on s'obstine à tirer d'Orient, bien que ceux de noire payi prcseiitcnl les mêmes propriétés , est spongieuse , légère et blanchâtre quant! elle est sèche ; sans odeur, et d'une amertume extrême qui a passé en proverbe| Le."» semences . au contraire, qui se trouvent au centre du fruit, contienneni une amandedouce, el qui ne participe en rien des propriétés fortement irrilanlc de la pulpe. i
La coloquinte était depuis long-temps connue comme un purgatif des pli) violens , avant que la chimie eût songé à découvrir ses clémcns actifs. Vauqiic lin , qui s'en est occupé d'une manière particulière, y a reconnu l'existenci d'une matière résinoide qu'il a nommée colocynlhine ; matière peu solublii ilans l'eau, frès-soluble dans l'alcohol , et qui d'ailleurs a été retrouvée dan d'autres végétaux. C'est vérilablemcnt la partie active de la pulpe de colo quinte , dans laquelle elle est associée à des élémens peu importans , tels que \v mucilage, la gomme , la fécule, et dans l.iquelle elle se montre en proporfioi; as>-ez considérable. D'après des recherches inérlitcs , il est probable que la coIo cynthinc et la bryonine sont susceptibles d'une analyse plus délicate , dont U produit serait une base salifiable, identique dans les deux substances.
La coloquinte, introduite dans l'économie par les voies digcsiivcs ou pai l'absorption cutanée, produit des effets remarquables elconstans. Ce sont des évacuations alvines plus ou moins abondiintes, et , quand la dose est assez considérable, une entéro-périlonite qui peut devenir mortelle , ainsi qu'on a pu l'observci dans les expériences qui ont été faites sur cette substance médicamenteuse. ^
C'est donc comme un purgatif des plus énergiques que la coloquinte doit être considérée , et qu'elle peut être employée , avec avantage, dans les cas qui