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ACCLIMATEMENT. (41) ACCLIMATEMENT

aiguë. Dans beaucoup de maladies chroniques, et même dans les irritations partielles de l'estomac, c'est moins l'abstinence que l'on doit mettre en usage , que la privation d'un ordre particulier d'alimens. Disons enfin, pour terminer ces propositions générales, que lorsque, par une abstinence prolongée, l'estomac a en quelque sorte perdu l'habitude de sa fonction , on doit , pour ne pas occasioner d'indigestion et d'irritation gastrique , ne procéder, dans l'alimentation, que par une gradation bien ménagée. (Ch. Lokde.)

ACARE, s. m. (« priv. , xa'^v? , tète). Les naturalistes ont donné le nom à^acares, à un genre d'insectes aptères. Sous le nom à'acarus scahiei , on a décrit une espèce de ce genre que quelques auteurs assurent avoir observée dans les vésicules de la gale, [f^ojez Gale. ) (P. Rayer. )

ACCABLEMENT. C'est une forme, si l'on peut ainsi dire, de l'abattement. Ce mot ne s'emploie, en pathologie , que métaphoriquement; toutes les fois qu'une maladie est accompagnée du sentiment qu'on éprouve quand on est soumis à l'action d'un pesant fardeau, il existe de l'accablement. Aussi les malades disent-ils alors , qu'ils ne peuvent supporter leur mal : c'est un fardeau qui les accable. Pour plus de détails, zioj-ez Abattement. (J. Bocilladd.)

ACCÈS, s. m. accessits. On désigne généralement par le nom d'accès une réunion de symptômes qui cessent et reviennent d'une manière périodique. C'est ainsi qu'on dit un accès de Jicvre , de névralgie, de goutte, etc. La plupart des médecins aujourd'hui se servent indifféremment des mots atiaf/ne , accès et paroxjsme, et c'est à tort, selon nous; des idées distinctes se rattachent à chacune de ces expressions, h'attacfue est une invasion soudaine de symptômes graves ; Yaccès est un développement successif et limité de phénomènes morbides ; le paroxysme est l'exaccrbalion de symptômes déjà csistans. 'L'attaque est un accident dont rien n'autorise à prévoir le retour; Vaccès suppose presque nécessairement un autre accès ; le paroxysme fait partie do phénomènes morbides continus. L'idée iVattac/ue et celle de paroxysme n'entraînent pas nécessairement l'idée de périodicité ; celle A'accès en est inséparable, tin homme peut avoir plusieurs attaques de goutte , par exemple ; chaque attaque peut se composer d'un certain nombre à' accès , et chaque accès présenter plusieurs paroxysmes. Enfin , pour finir ce parallèle par une remarque pratique , les médicamens doués de la propriété antipériodique , comme le quinquina, par exemple, préviennent en général le retour des accès; ils sont presque toujours sans effet pour empêcher les attaques ; ils exaspèrent presque constamment les paroxysmes.

Le début de la plupart des accès est ordinairement marqué par un Ji-isson; à ce frisson succède de la chaleur; une sueur termine en général la scène, et l'on a donné le nom de stades ou de périodes aux trois séries de symptômes auxquelles appartiennent ces phénomènes : frisson, chaleur et sueur. Mais ces stades ne sont pas constans ; certains accès ne sont pas précédés de frisson ; d'autres ne sont pas suivis de sueur ; ou en observe dans lesquels deux stades manquent à la fois ; enfin, il y a des accès qui n'offrent ni frisson , ni chaleur, ni sueur, et qui ne sont plus alors caractérisés que par le retour périodique des phénomènes principau.x de la maladie. L'ordre dans lequel se succèdent ces trois stades, lorsqu'ils existent, n'est pas lui-même invariable; ainsi l'on voit quelquefois l'accès commencer par la sueur et finir par le frisson ; toutefois cela est très-rare, et, comme tout ce qui s'écarte de l'ordre accoutumé, cette anomalie doit faire craindre un grand danger. La durée des accès dépasse rarement vingt-quatre heures.

Pourquoi certaines maladies ge manifestent-elles par accès? Chaque accès constitue-t-il une maladie isolée? Quelle est la cause de la périodicité des accès? etc., etc. Ces questions, et toutes celles qui s'y rattachent, seront discutées aux articles Imtermittekce , Iktermittentes. {ï^oyez ces mots.)

(L.-Ch. Roche. )

ACCLIMATEBIENT. Il n'est guère de point du globe terrestre où l'homme n'ait établi son séjour d'une manière passagère ou durable ; depuis le 60e degré latitude sud jusqu'au 70" latitude nord, et depuis le niveau de la mer jusqu'à 4,101 mètres de hauteur, on a trouvé des lieux habités par l'homme. Plus d'une fois même des voyageurs ont essayé de franchir ces limites Ainsi Saussure dans les Alpes , Bouguer dans les Cordillières , se sont élevés jusqu'à près de 6,000 mètres , et dans ces derniers temps le capitaine Parry s'est avancé dans les mers de glace jusque par-delà le 83« de latitudenord ; s'ilne s'est pas avancé plus près du pôle , c'est uniquement parce que les glaces l'ont arrêté, car son équipage et lui supportaient très-bien un aussi rigoureux climat. L'homme peut donc vivre à peu près sous toutes les latitudes , dans celle où la température extérieure est plus élevée que la température de son propre sang , et dans celle où cette température est assez basse pour faire congeler le mercure. En hauteur, il peut vivre momentanément dans des lieux où l'eau entre en ébullition à 60» R. (cime du Mont-Blanc) , et où la colonne barométrique ne s'élève plus que de 14 à 16° au lieu de 28 , c'est-à-dire dans des lieux où la pression atmosphérique n'est presque plus que la moitié de celle que l'iiomme supportait à la surface delà terre- Étudiée physiquement sur les divers points du globe, la race humaine présente dans son développement comme dans son organisation, des modifications importantes qui sont manifestement liées à la nature des lieux où elle a fixé sa résidence; partout elle porte l'empreinte du climat qu'elle habite. Cependant l'homme né dans un climat, ou qui y a long-temps vécu, tout en subissant les influences de ce climat , accommode en quelque sorte son organisation à ces influences, et l'ensemble de l'économie en est tellement modifié , que l'homme qui a constamment habité un même climat , quelle qu'en soit la nature , s'y porte bien , et ne peut pas , sans des inconvéniens plus ou moins graves, abandonner le sol natal pour aller habiter un autre pays où l'air n'a plus les mêmes qualités. Ce changement d'habitation ne devient sans incon-

DiCT. DE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PKATIQUES.

vénient pour l'homme que lorsqu'après quelque temps de séjour il commence à subir dans l'ensemble de ses fonctions un certain nombre de modifications qui le rendent apte à se mettre dans un rapport convenable avec les nouvelles influences atmosphériques auxquelles il vient à être soumis ; en d'autres termes , il est nécessaire qu'il s'acclimate.

Les principales influences qui tendent à modifier la constitution de l'homme lorsqu'il vient à changer de climat, sont la température, l'état hygrométrique de l'air, les variétés de pression atmosphérique , les-émanations marécageuses.

Toutes les fois que l'homme , comme tout être vivant , est soumis brusquement à une température très-difï'érente de celle à laquelle il était habitué , deux de ses plus importantes fonctions sont notablement modifiées , savoir : la calorification et la respiration. Les expériences de M. Edwards ont effectivement démontré que , sous l'influence d'une température basse , les animaux consomment plus d'air , et en même temps développent plus de chaleur que lorsqu'ils respirent dans un air dont la température est assez élevée. De là il résulte que lorsqu'un habitant des pays chauds se trouve tout à coup transporté dans un pays plus ou moins froid , il y arrive avec une faculté trop faible de calorification , et , pour se mettre en rapport avec le nouveau climat où il va vivre , il faut que la faculté de produire de la chaleur devienne rapidement chez UU plus active et plus énergique ; mais il y a chez tout animal une corrélation nécessaire entre la somme de chaleur produite et la quantité d'air consommée par la respiration : il faut donc que les fonctions du poumon commencent par acquérir un degré d'activité qu'elles n'ont pas dans les pays chauds. De là i la fréquence et la gravité des maladies de l'appareil respiratoire chez les individus qui abandonnent un climat chaud pour aller habiter un pays froid.

Que si , au contraire, un individu passe sans intermédiaire de l'habitation d'un pays froid à celle d'un pays chaud , il se trouve dans une condition inverse. La somme de chaleur qu'il produisait dans le premier de ces pays, où elle se trouvait en rapport avec le peu d'élévation de la température, continue à se produire encore , pendant un certain temps , après son arrivée dans un pays plus chaud ; de là , l'utilité des sueurs abondantes qu'éprouvent les étrangers pendant les premiers temps de leur séjour dans un pareil pays. Alors l'appareil respiratoire diminue d'activité; mais dans toute l'économie se manifestent les symptômes d'une pléthore générale. La circulation est accélérée, une chaleur incommode se fait ressentir, on observe un état de somnolence des plus pénibles, de fréquentes hémorrhagies ont lieu , et des congestions sanguines actives tendent à s'effectuer sur les différens appareils autres que l'appareil respiratoire , et principalement sur l'encéphale , sur le canal digestif, sur l'enveloppe cutanée. Si l'on suit sur un grand nombre d'individus les premiers effets du climat chaud qu'ils viennent habiter , ou verra qu'immédiatement après leur arrivée , quelques-uns n'ont qu'un léger malaise qui n'est suivi d'aucun accident grave , et qui se dissipe plus ou moins promptement. Chez ces individus l'acclimatement se fait rapiilement et sans danger ; chez d'autres , à ce malaise , qui dure un certain nombre de jours, succède une maladie grave qui les eraporte ou dont ils guérissent, et qui a principalement son siège dans l'encéphale , dans le foie ou dans le tube digestif. D'autres personnes , dès leur arrivée , sont prises comme d'emblée , sans prodrome , sans malaise antécédent, soit d'une gastro-entérite , soit d'une hépatite, soit d'une encéphalite. Plusieurs enfin ne semblent point d'abord péniblement affectés du changement de climat; mais peu à peu leur constitution se détériore visiblement, leurs forces se perdent , un état de langueur se dessine sur leur physionomie, et une affection chronique de l'estomac et surtout du foie se forme insensiblement.

Le centre de l'ile de Ceylan est habité , indépendamment des indigènes , par un mélange d'Européens et de nègres chez lesquels, sous un même climat, on peut observer les deux espèces d'influences dont nous venons de parler. liCs Européens, pour lesquels l'ile de Ceylan est un pays beaucoup plus chaud cfuc leur terre natale, meurent en grand nombre, soit de dysenterie, soit d'hépatite ; au contraire, les nègres , pour qui l'ile de Ceylan, couverte de forêts vers son centre, est un pays froid comparativement ;i la côte de Guinée, succombent la plupart à des pneumonies ou à des phthisies pulmonaires.

Deux pays chauds, situés sous une même latitude, peuvent exercer une influence très-différente sur les étrangers. Ainsi , par exemple , les individus qui vont séjourner dans les Antilles ou à la 'Vera-Crux , reçoivent à leur arrivée , ou pendant les premiers temps qui suivent leur débarquement , des influences bien différentes de celles qui s'exercent sur les individus qui abordent aux Lides-Orientalcs. Bien que dans ce dernier pays la chaleur soit beaucoup plus intense qu'en Amérique, la mortalité est cependant beaucoup moins grande parmi les Européens nouvellement arrivés à Madras , par exemple, que parmi ceux qui viennent de débarquer à la Vera-Crux. On a calculé que sur mille hommes de troupes anglaises qui venaient habiter la Jamaïque, il en périssait plus du tiers ou à peu près la moitié pendant les huit premiers mois de leur séjour, tandis que sur un égal nombre d'hommes delà même nation débarqués a Madras , il n'en succombait pendant le même temps que la treizième ou la quatorzième partie. Mais à mesure que dans ces deux pays le séjoui se prolonge , la disproportion de mortalité diminue etj enfin disparait. Aussi au bout de cinq à six ans d'habitation dans l'Inde , on trouve que ces mêmes troupes, qui avaient perdu peu de monde pendant les premiers mois de lenr séjour , ont été décimées les années suivantes par un grand nombre de dysenteries et d'hépatites : et, en définitive, l'on arrive à ce résultat , que le séjour prolongé est plus funeste pour les Européens dans l'Inde, tandis qu'en Amérique, ce sont les premiers temps de ce séjour qui leur sont funestes. Que si l'on cherche la raison de cette différence , on la trouvera facilement dans le# circonstances suivantes : en Amérique , la cause de la grande mortalité qui frappe

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