CONGESTION
rivalions,la fatigue des longues marches , raffaiblissement des forces moraes , et toutes les causes dépressives analogues. Avant de succomber, les sujets Dmbent alors constamment tiaus un état de mort a])parenle ou d'asphyxie , iisceptible de se prolonger pendant plusieurs heures, ou même quelques jours .uis entraîner la mort réelle. On a dans ces cas d'autant plus d'espoir de rapeler le sujet à la vie qu'il jouissait , ayant d'en être frappé par le froid , d'une nergie vitale plus grande , qu'il a lutté pendant moins long-temps contre l'iniience débilitante de la soustraction du calorique, et qu'il avait moins souflert uparavant de la privation des alimens. L'ivi'esse favorise singulièrement l'acion stupéfiante du froid, et rend ses atteintes beaucoup plus profondes et plus Mves.
Les sujets frappés par un froid excessif peuvent se présenter dans trois situaoiis différentes, selon qu'ils sont sous l'influence d'une réaction sanguine trop ive, ou considérablement affaiblis, quoique encore libres d'e.\^cuter des mouemens musculaires, et jouissant de toutes leurs facultés, ou enfin frappés d'ashyxie , et privés en ai)parcnce de toute action organique.
Dans le premier cas , il convient de recourir à des moyens caïmans et tempéans, tels que le séjour ilans des lieux fiais, l'usage de boissons délayantes ièdes et le repos au lit. Par l'effet du calme et de la douce température qui l'eiiironne, le sujet reprend presque toujours sa tranquillité normale , et les mouemeiis désordonnés de l'organisme s'apaisent graduellement. Si cependant des Iiénomènes de congestion cérébrale , si de l'agitation dans la circulation indiuaient re.\istence de désordres plus profonds dans les principau.\ viscères , il audrait recourir à des évacuations sanguines modérées, et à l'appareil ordiaire du traitement anliphlogistique. Il s'agit alors de combattre les accidens 'excitation qui se manifestent , sans trop s'occuper s'ils ont été occasionés par es stimulations directes , ou provoques par l'excès d'énergie avec laquelle organisme animal repousse fréquemment les causes d'affaiblissement qui lui 3nt insupportables.
Lorsque les individus sont transis de froid et raidis par la difficulté d'agir , n doit user de plus de précautions et se garder de les réchauffer trop promptelent. 11 conviendra, après les avoir dépouillés de leurs vètemens, de leur faire ratiquer sur toutes les parties du corps, en commençant parle centre, des iclions douces avec des flanelles d'abord froides, puis successivement échaufes. Il seront couchés ensuite dans un lit sec et chaud , et on leur administrera uelques tasses de boisson légèrement aromatique. Si par l'effet de ces moyens réaction devenait trop intense et annonçait des congestions encéphaliques, iilmonaires ou autres , il faudrait combattre encore ces nouveaux accidens à lide des moyens indiqués pour le cas qui précède.
Si enfin l'engourdissement étant complet, le corps entier semble privé de louvement et de vie, on devra mettre en u.sage les frictions avec la neige ou glace pilée, en évitant l'approche du feu, et se conduire selon les règles ;ablies à l'article Asphyxie. ( F ayez ce mot. )
Enfin, lorsque, ce qui est assez fréquent et ce qui augmente la gravité du ronoslic , des congélatioiis locales s'unissent au refi oidissement général du ijet , on doit allier les moyens thérapeutiques iniliqués contre le premier de îs états à ceux dont il vient d'être question.
Lagoice. Des effels généraux du f'ioiil et des moyens de rappeler à la vie les personnes igourdies, in-8°. Paris , an xu,
ÏSlocklj. De la gangrène par congélation , in-4''. Paris, i8i4.
\\1)esmoiiUns . De la gangrène par congélation dans la campagne de Russie, in-4''. Paris, 1 81.5. Mornay . Sur la gangrène des extrémités supérieures et inférieures par congélation , în-4**. rasiiourg, 1816.
l' Bforic/ieau-Benttpré. Des effets et des propriétés du froid, avec un aper<^'u îiîilorique et idical sur la campagne de Russie , in-S». Montpellier, 1817" Bunoust. Considérations générales sur la congélation pendant l'ivresse, observée en Russio , ■4». Paris, 1817.
Bigiienr. Do la gangrène par congélation , in-4°, Paris, 1817.
( L.-J. BÉGIK . )
CONGESTION , congestio , de cum gereie , porter avec; expression dont la ileur n'est pas généralement bien déterminée dans le langage médical , et par quelle nous désignons ici tout afflux du sang dans un organe ou une région leiconque de l'économie , dii à l'exagération de la force impulsive du centre rculatoire. Envisager de cette manière la congestion est nécessairement liée quelque désordre habituel ou passager de la circulation , et peut-être tout-hit indépendante de la vitalité actuelle de la partie qui en est le siège; aussi marque-t-on qu'elle se manifeste particulièrement chez les sujets dont le Eur jouit d une force prépondérante sur les autres organes de l'économie, est par cette raison qu'on l'observe dans l'enfance , dans l'adolescence et ins l'âge adulte; qu'elle est l'effet nécessaire du mouvement fébrile , des imressions moiales et surtout des passions vives, de la course, de la danse, une hypertrophie du cœur, en un mot de toutes les causes physiques et orales, physiologiques et pathologiques, qui impriment au fluide sanguin un ircroît d'impulsion vers telle région du corps.
Les effets tle la congestion varient non-seulement suivant l'intensité de la luse qui la produit, mais encore suivant l'iniportaiice et la disposition tuelle de l'organe qui l'éprouve. Ainsi , chez les jeinies gens , elle se borne le us ordinairement h produire la coloration de la face, des ètourdisseniens , is épistaxis et autres phénomènes de pléthore locale; chez les adultes, elle a |uvent des effets plus durables et plus fâcheux , tels ipie des lirmoplisies , des pmatémèses , des fluxions hémorroïdales , et même des symptômes apoplectibes; mais en général, ces derniers symptômes n'ont guère lieu que dans le cas i les parois vasculaires, ayant perdu de leur force de cohésion et de résistance, tr suite d'une inflammation ou des progrès de l'âge , il s'opère en elles des
DICT. DK MÉDECIKB ET DE CHIRURGIE FP.ATIQl'ES.